L’ECONOMIE SELON WALRAS
A ceux qui me reprochent souvent mon tempérament quelque peu réactionnaire et mon désintérêt pour l’art contemporain, je répondrai simplement par le présent billet évoquant le travail d’un jeune artiste, Jean Paul Walras (né en 1971) et celà afin de bien montrer une fois pour toute que je ne suis pas insensible à certaines démarches qui, à défaut de susciter mon admiration, m’intriguent et me laissent assez perplexe.

( “Xerox, Carrefour,Sporever, Ersnt &Young”, tiré de la série ” Direction des ressources humaines”, Acrylique sur toile 300×100, également disponible en version anglaise)
Je me contenterai de reproduire ici une critique extraite du catalogue d’une exposition consacrée à cet artiste et qui se tient actuellement à Montpellier.
“Pour qui ne connaît pas Jean Paul WALRAS, l’identification de son répertoire formel de départ semble assez simple. Le choix des aplats aux couleurs pures ainsi que l’opposition des horizontales et des verticales pourraient évoquer Mondrian, de même que l’on sent la double présence mystique de Duchamp et de Warhol pour la récupération et le détournement sémiotique

(”Alcatel, Axa, Paribas” tiré de la série “Haute tension” : acrylique sur toile , 200×600, également disponible en version anglaise)
Le parcours de Walras est en fait plus complexe. C’est en en 1995 que Walras sort de l’Essec. C’est pour lui un moment crucial car il découvre alors (ou redécouvre) Mondrian à l’occasion d’une exposition organisée au musée d’art moderne de la ville de Paris.
Pour Walras, l’art n’est alors pas autre hose que ce que peut en connaître tout fils de bonne famille aisée et cultivée. Mais avec Mondrian, le choc est frontal, direct et viscéral. “J’ai été alors stupéfait-confiera t’il plus tard- de découvrir que Mondrian et moi utilisions le même répertoire formel, lui pour concevoir ses tableaux en quête d’absolu moi pour élaborer mes tableaux en quête d’évolution de PNB ou de chiffre d’affaire. La lecture de Mondrian m’a fait alors comprendre que chacun porte en lui-même la juste intuition de l’universel et que la perversité de notre système était de se servir de nos aspirations vitales pour assouvir sa haine du vivant.”

(Mondrian:”Broadway Boogy Woogie”)
Mondrian sera pour Walras l’anti destin. Un nom comme Walras (l’économiste est un lointain parent de l’artiste) pouvait en effet prédestiner au monde du commerce et de l’économie. Au grand dam de sa famille, il décide cependant, en 1999, de se consacrer à l’art.
Si Mondrian est l’anti-destin , il n’est toutefois pas question de verser dans ce vague hégélianisme qu’affectionnait le hollandais et tous les minimalistes qui ont suivi. Il ne s’agit pas pour Walras d’abolir le tragique mais bien au contraire de l’exprimer par l’antithèse entre l’universalité de la figure pure et la localisation d’un discours marquant la phase la plus agressive du capitalisme.
C’est alors que se mettra en place ce deuxième pôle du répertoire de Walras, la réappropriation des signes marquant notre monde obsédé par la finance et la vente, travail de détournement dont le tableau “données” inspiré du Broadway-Boogy-Woogie de Mondrian sera la jalon initial.
“Données”, présente un état comparatif entre les principales puissances économiques dont on ne sait ce qu’il compare puisque celà n’est pas précisé.

(Données: acrylique sur toile,400×350, 1998 .Coll part)
Les oeuvres suivantes, dans la même veine, s’enrichiront de divers apports telle que l’abstraction purifiée d’un Barnett Newman ou d’un Robert Ryman et travailleront à brouiller nos repères habituels par des productions d’états tronqués ou incomplets et qui, en dépit de leurs réponses précises et quantifiées, n’en demeurent pas moins des énigmes faute de connaître l’exacte nature de la question posée.

(”Enquête, avril 2000″ huile sur carton entoilé, 600×400, coll. François Pinault)
La stratégie plastique de Walras est désormais en place et ne cessera de s’affiner dans cet effort pour creuser toujours davantage le travail de récupération de la symbolique quantitative, anonyme et froide impregnant nos vies et dont l’absurdité saute aux yeux dès lors qu’un simple changement de support la place en porte à faux par rapport à l’observateur, tout en exploitant le mystère de l’épuration plastique opérée par le simple déplacement contextuel.

(Planisfère: huile sur toile, 2006)
Les ” Directions des ressources humaines” constitueront la première des approches séquentielle sur lesquelles ne cessera de travailler Walras.

(Paribas, Axa, Alcatel, Bouygues, direction des ressources humaines n°3, 100×600, acrylique sur toile)
Cette série de 25 tableaux combine l’ investigation exhaustive sur le terrain, 50 firmes ont à cet égard fait l’objet d’une rigoureuse enquête, avec le détournement des signes de l’univers économique, lesquels sortis de leur cadre utilitaire invitent à focaliser le regard sur l’aburde et l’arbitraire qui les conditionnent. Joignant l’esthétique et l’étude économico-sociologique dans une double démarche qui n’est pas sans rappeler le travail d’un Emile Zola, cette approche sérielle à l’acrylique se penche en même temps sur les liens étroits entretenus entre les “Ressources Humaines” des entreprises et le monde de la finance sur lequel on peut soutenir que Walras porte un regard quelque peu narquois. Certains observent à cet égard que les rectangles de couleur que Walras se plait à peindre sur des tableaux empruntés à la vie économique ne sont pas sans rappeler le geste iconoclaste de Duchamp dessinant des moustaches à la Joconde.
Ce serait en effet une erreur de croire que l’oeuvre de Walras relève seulement de la banale mimesis

“Promotions” ( huile sur toile, 2006, coll.part)
car de façon plus subtile, le dérisoire duplicata se teinte d’irréverence et d’ironie en ce que le signe extrait de la logique aliénante qui le produit affirme pleinement son caratère en soi dépourvu de sens, dès lors qu’il n’a plus de rapport avec son contexte.

( Fast-food: Acrylique sur toile, coll.Sarkozy)
Avec la série “haute tension” walras poursuit son travail seriel de déplacement sémiologique des logiques commerciales dont la réappropriation doit favoriser un nouvel espace de rapport au réel par une lecture critique
d’un environnement dominé par la loi du profit”.

(Renault, Société Générale, Totale, série “haute Tension”, Acrylique sur toile , 2006, également disponible en version anglaise)
Actuellement à la tête d’un véritable cabinet d’étude technique en matière de marketing, de conseil et d’assistance aux entreprises ainsi que de travaux statistiques, Walras forge des oeuvres qui dans un premier temps constituent le résultat d’investigations exhaustives menées par des experts du monde économique collaborant avec des artistes plasticiens. Ainsi en est-il de “Dégradation”, aboutissements d’une étude sur les mauvais résultats financier d’une entreprise.

(”Dégradation”, 2006, photocopie, format A4, coll. Bernard Arnault)
Walras qui jusque là avait utilisé des procédés traditionnels telles que l’huile ou la toile, abandonnera ces techniques pour se contenter désormais d’une pure transposition d’encadrement spatial par simple voie de photocopieuse, sans autre intervention plastique que l’acte le plus neutre et le plus dépouillé consistant à appuyer sur un bouton.
“Dégradation” ferme un cycle et peut être une page d’histoire. La plupart traduiront ce terme par déchéance mais les plus avisés auront compris que “Dégradation” est l’autre nom par lequel on désigne l’ascèse. Car c’est bien avec ces derniers travaux que Walras rejoint la nudité la plus extrême de la démarche artistique, là où la quintessence advient par la seule direction transfigurante du regard et du geste qui choisit et déplace, instant magique où, pour paraphraser Roland Barthes, l’art à l’instar du phosphore brille plus que jamais au moment même où il sait qu’il est sur le point de s’éteindre.
’Extrait du catalogue de l’exposition”
(Jean Paul Walras, exposition de tableaux, peintures, encres et photocopies, Corum de Montpellier du 15/03 au 25/06/2007)
33 commentaires to “L’ECONOMIE SELON WALRAS”
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mars 30th, 2007 at 10:09
Allez sur google et taper le mot “fdgetgfhdbdbgsdvdgdgh”, il est sûr à 100% que le moteur vous répondra qu’il n’existe aucun document répondant à cette demande, tout comme je suis également à 100% certain (Je n’irais même pas vérifier!) qu’il donnera la même réponse si vous tapez les mots “Corum”, “Montpellier” et “Walras”.
Je serais en revanche interessé par la question de savoir ce que tu as bien voulu signifier par ce nouveau canular.
mars 30th, 2007 at 11:00
Libre à toi d’interpréter celà comme tu l’entends.
Tu affirmes que c’est un canular, moi je te dis que c’est du sérieux; Mais la question de savoir si c’est vrai ou pas est-elle au demeurant pertinente ? On en a déjà discuté mais la question peut de nouveau être posée: un artiste a t’il besoin d’exister pour être interessant? Si l’on considère d’une part les gros avantages que peut présenter le fait de ne pas exister et d’autre part, le fait que la majorité des artistes qui existent ne présente pas beaucoup d’intérêt, je ne vois pas en ce cas en quoi le fait que Jean-Paul Walras n’existe pas peut te poser un problème.
mars 30th, 2007 at 2:44
ça ne me pose aucun problème, je voulais simplement savoir quel était l’objet exact de ton billet car lorsque l’on fourre Duchamp , Mondrian et Warhol dans le même sac, celà ne va pas sans une certaine impression de confusion.
Je ne sais pas à quoi rime cette histoire du type qui peint du Mondrian sur des tableaux d’études empruntés aux revues d’économie mais je crois avoir vaguement compris l’histoire du tableau de dégradation du chiffre d’affaire qui devient une oeuvre d’art alors qu’il ne subit aucuie transformation mais par”simple déplacement contextuel”. Celà pourrait être un bon sujet de discussion mais il aurait été plus interessant de citer une oeuvre réelle plutôt que de s’appuyer sur quelque chose de fictif. Il serait ainsi plus fructueux de prendre pour point de départ de la réflexion l’urinoir de Duchamp et de se poser la question de savoir pourquoi il est une oeuvre d’art alors que rien ne le distingue, en apparence, des urimoirs de la vie courrante.
mars 30th, 2007 at 3:53
Je ne vois pas où est la différence entre l’urinoir et le tableau sur le chiffre d’affaire. Dans les deux cas il s’agit de prétendre qu’il existe une différence de qualité entre deux réalités, celle de tous les jours et celle qui est présentée comme étant une oeuvre d’art alors que physiquement rien ne les distingue l’une de l’autre . Pourquoi, effectivement ne pas pousser l’absurdité jusqu’au bout en affirmant qu’un simple tableau faisant état des données chiffrées d’une entreprise devient beau dès lors qu’il est simplement choisi comme étant une oeuvre d’art ?
Peu m’importe personnellement que ce Walras existe ou pas, pour moi cette histoire est assez révélatrice d’un certain état de la mentalité contemporaine. C’est je crois toi falcophil qui avait déjà évoqué les délires d’une mentalité nominaliste par laquelle on peut arbitrairement appliquer des qualicatifs aux choses dès l’instant où elles n’ont plus d’essence. En plus de l’élucubration , il y a l’hypocrisie par laquelle on prétend s’interesser à la souffrance de l’homme de la rue en peignant des bandes horizontales ou verticales sur des tableaux retraçant les profits réalisés par les actionnaires alors que l’on prévoit des plans sociaux. Désolé mais moi quand je m’interesse à un homme au chômage, j’essaie de me représenter ce que peut être le malaise d’un homme au chômage.
Je ne vais pas aller noyer le poisson avec toutes vos conneries de sémiotique ou je ne sais pas quoi d’autres. Ne vous en déplaise, la peinture vit encore et reste toujours une affaire de tripes!
http://falcophil.info/ifotos/?dir=Bernard+MAUFFRAT
avril 1st, 2007 at 11:02
Je ne doute ni de tes tripes, ni de ta sincérité quand tu nous dis t’interesser à la souffrance de l’homme au chomage. L’ennui est que la façon dont tu t’y prends n’est pas très convaincante.
Ces tableaux montrent un bonhomme qui n’est visiblement pas à son aise. Il se peut que ce soit un homme au chomage et qui subit les contre-coûts d’un plan social décidé pour les dividendes des vieux cons installés en Floride. Mais il pourrait tout autant s’agir d’un type qui dort en ronflant ou qui a envie de dégueuler à la suite d’une bonne cuite. L’intérieur aux parois décépies peut effectivement évoquer la pauvreté des lieux. On peut certes imaginer que toujours à cause du vieux con actionnaire de Floride, un type s’est retrouvé à la rue et qu’il est devenu un SDF qui après avoir squatté une vieille cahute abandonnée passe maintenant son temps à l’intérieur pour s’y soûler la gueule. Mais il pourrait tout autant s’agir d’un bourgeois bourré au fond de sa remise ou de sa cave à pinard. Et puis la scène qui est censée se passer à l’époque de la mondialisation du capitalisme actionnariale pourrait tout autant être contemporaine du capitalisme sous Louis-Philippe, il pourrait même s’agir d’un paysan du XVII ème siècle accablé de brimades par l’aristocrate seigneur et maître des lieux.
Ce que je veux dire par là est qu’en concevant l’oeuvre d’une manière aussi traditionnelle (Avec la connaissance du “métier” en moins), tu passes à côté de ce qu’est le véritable art contemporain.
Car le grand art contemporain est celui qui d’une part, s’en va explorer les contrées nouvelles de la création, celui qui propose de nouvelles formes d’expression plastique en s’appuyant ou en réutilisant les matériaux de son époque. C’est pourquoi, l’artiste vraiment contemporain, contrairement à toi, a depuis longtemps abandonné, le fusain, le chevalet et les tubes de couleur.
Mais l’art contemporains est également celui qui s’interesse vraiment à son époque, c’est un art dont le discours évoque vraiment notre vie quotidienne, celui qui répond aux exigences de modernité qui furent amorcées par Baudelaire.
Toi, tu n’es ni moderne ni contemporain, tu es aspatial et intemporel. C’est sans doute pour cela que tu n’arrives pas vraiment à nous parler ou que pour du moins parvenir à nous toucher quelque-peu tu uses d’artifices fondés sur l’opposition facile entre les complémentaires (Le bleu contre le jaune, tu as bien retenu les leçons de Vermeer et de Van Gogh, bravo) ou encore sur le pathos en exagérant par exemple l’aspect de la bouche grande ouverte ou le décrépi des murs. Mais le pathos c’est un peu comme une femme qui se surcharge de maquillage pour faire oublier que son visage n’a ni fraîcheur ni beauté. On donne un autre nom à cela, celui de “mélodrame”.
Désolé pour ma franchise.
En espérant ne t’avoir pas trop froissé.
avril 2nd, 2007 at 6:24
Je pensais que Mauffrat t’aurait répondu mais apparemment il préfère rester muet non qu’il se soit froissé, celà fait désormais trop longtemps qu’envers et contre tout il continue de suivre la voie qu’il pense être la sienne , sans se laisser décourager par des arguments comme les tiens.
Il doit donc penser que le silence est encore le meilleur des arguments mais je me sens tout de même obligé de répondre à sa place parce- que pour l’avoir invité sur mon site de galeries, je suis un peu concerné par tes propos et que tu tiens par ailleurs un discours trop agaçant pour que l’on reste sans réagir.
Tu lui reproches donc de faire une peinture “traditionnelle”.
Qu’est ce que celà veut dire au juste?
Etre “traditionnel” c’est quoi?
En principe celà veut désigner quelqu’un qui se conforme aux usages de ceux qui nous ont précédé sans vouloir y changer quoique ce soit. Dans le cas de Mauffrat celà voudrait donc signifier qu’il peint en représentant les formes de la même manière que les peintres qui ont créé avant lui. Je n’ai pourtant pas souvenir d’avoir déjà vu des peintres représenter les figure humaines de cette façon, avec ces bouches grandes ouvertes qui selon toi auraient un caractère mélo.
Celà pourrait tout au plus vaguement rappeler certains Picasso mais s’il faut descendre un artiste au motif qu’il présente certaines réminiscences de créations antérieures, c’est dans ce cas un pourcentage élevé de réalisations artistiques ou littéraires que tu risques de condamner.
Je n’ai pas non plus souvenir d’avoir déjà vu des peintres représenter des corps aussi circulaires avec une tête absente dont l’ombre est pourtant projetée contre un mur.
Alors? De quoi parles tu avec ta tradition?
Veux tu parler du fait qu’il utilise la peinture à l’huile, ce qui selon toi serait sacrilège pour un artiste contemporain qui se doit d’abandonner la toile et les pinceaux pour utiliser des tubes au néon, des bouteilles de coca , des bouts de ficelle ou des affiches déchirées?
Titien était différent de Van Eyck,Rembrandt était différent de Titien, Daumier était différent de Rembrandt, Modigliani était différent de Daumier et Bacon était différent de Modigliani et pourtant tous peignaient à l’huile, preuve que l’on peut peindre à l’huile sans être pour autant “traditionnel”.
Alors?
Serait-ce que tu le trouves traditionnel parce qu’il n’a pas radicalement rompu avec le passé? Je crois que c’est surtout toi le conformiste. Tu vis dans le conformisme du tout moderne. Comme beaucoup de tes semblables, tu vis avec cette obsession du moderne au point de ne plus voir que l’oubli du passé n’aboutit qu’à nous amputer d’une partie de nous même. Tu cites Baudelaire et son impératif de modernité mais tu le cites bêtement. Baudelaire parlait certes de modernité mais sans jamais perdre de vue l’autre face de la création, l’eternel exprimé par le biais de la référence au passé, qualifiant ainsi le travail poétique de “rêve de pierre”.
Mauffrat crée lui aussi sans jamais perdre de vue la necessité de concilier le moderne avec l’immuable car il a compris que la référence au passé permet de prendre une certaine distance vis à vis d’un présent dont on ne veut pas subir la totale emprise sous peine d’obéir aux caprices des modes passagères. Mais il a aussi compris que la référence au présent permet de ne pas vouloir subir la totale emprise du passé sous peine de tomber dans le pastiche.
Car ne t’en déplaise, Mauffrat est bien un artiste contemporain. Il a hérité du passé une certaine manière caravagesque de traiter le clair-obscur mais il emprunte au présent l’usage de la couleur agressive et pure ainsi qu’un certain sens de l’irrationnel rappelant le surréalisme. La façon dont il représente la solitude humaine est là encore bien moderne. Ce n’est pas la solitude méditative d’un vieillard de Rembrandt, ni la sérénité nocturme d’un Georges de la Tour. Ses intérieurs n’ont pas la calme plénitude de ceux des intimiste hollandais, ils ne donnent pas sur la douce lumière extérieure comme chez Pieter de Hooch mais sur une lumière crue qui dilue plutôt qu’elle n’éclaire.
Les intérieurs de Mauffrat sont en fait assez proches de Bacon ou de Lucien Freud et un fossé les sépare de Vermeer malgré quelques vagues souvenirs du maître de Delft. Mauffrat nous parle bien de la solitude contemporaine, la solitude de l’homme anonyme sans visage, coupé du monde , expulsé du corps social, d’ores et déjà étranger à tout ce qui vit et oublié avant même d’avoir disparu, la solitude de l’homme polarisé sur sa douleur, n’aspirant qu’au vin de sa bouteille, pas le vin de l’extase mystique comme chez Rumi mais le vin de l’abrutissement et de la dissolution dans la cuite.
Les toiles de Mauffrat sont donc bien de notre époque parce qu’elles oscillent entre le dégoût de soi et l’aspiration à la désintégration de l’ être. Chez Mauffrat, si le personnage se replie sur lui même ce n’est pas pour méditer sur Dieu ou sur l’eternité mais pour devenir masse informe privée d’yeux, de bouche et d’oreille parce qu’ici la créature ne veut plus ni voir, ni entendre, ni parler, ni crier, et celà non pour accéder à quelque au delà à la manière de Maître Eckhart mais pour sombrer dans l’en deçà à la manière de Samuel Beckett.
Ainsi la solitude dont nous parle Mauffrat est-elle bien une solitude de notre temps mais pas une solitude “mélo” comme tu l’affirmes si superficiellement car les bouches réprésentées par ce peintre ne sont pas plus mélo que celle de la Méduse du Caravage,
du cri de Munch ou de la crucifixion de Bacon. Je constate qu’au contraire cette peinture évite toujours à temps le pathétique par le sens de l’équilibre, de la mesure et de la retenue. Les bouches sont grandes ouvertes mais sans plus. Elles paraissent silencieuses parce que Mauffrat a pris bien soin de ne laisser voir aucun regard et si ses créatures en viennent souvent à “perdre la tête”, c’est entre autre, parce que le peintre n’a dû que trop bien sentir qu’il était sans cesse menacé de l’écueil du sentimentalisme ou des effets outrés.
J’espère donc avoir pris correctement la défense de Mauffrat et montré tout ce que ta mentalité “moderne” peut comporter d’étroitesse d’esprit et de jugements à l’emporte pièce, ce qui te rend d’autant plus ridicule que dans notre contexte de “post modernité” beaucoup observent désormais une coexistence de philosophies plastiques dont aucune ne saurait avoir la prétention d’occulter l’autre.
C’est toi, en fait, qui retarde mon pauvre Harry car nous ne sommes plus dans les années 60 mais bien en 2007.
avril 6th, 2007 at 6:39
Merci Falcophil de prendre ainsi ma défense mais tu te trompes complètement en faisant de moi un proche de Bacon ou de Beckett. Je ne suis absolument pas partisan de cette exaltation de la décomposition humaine. Si mes premiers travaux peuvent trahir une certaine influence de Schopenhauer, mon évolution ultérieure me rend plus proche de Ruysbroek, de Tauler ou d’Eckhart. Dans un certain sens , j’en suis redevable à Schopenhauer puisque c’est grâce à lui que j’ai découvert ce genre de litté rature. Mais ma démarche n’a rien à voir avec l’en deçà de la déliquescence mais, au contraire avec l’au delà de l’indivisibilité.
Pour mes choix plastique, comme je n’ai pas beaucoup de talent pour écrire, je préfère citer le passage d’un roman qui m’a toujours beaucoup captivé: “L’homme sans qualité” de Robert Musil. Dans la 1ere partie du roman, satire d’un monde qui court vers son effondrement, on trouve cette phrase (je cite de mémoire) :” Le vrai poète n’a rien à voir avec l’esprit de son époque. Il n’a pas à se salir avec les pensées de son époque, il n’a pas à se rabaisser en reproduisant les attitudes ou les grossièreté de son temps car le vrai poète ne peut que rêver à quelque-chose de mort. C’est peut-être parce que le grand art n’est plus possible aujourd’hui ou qu’il est anachronique, qu’il est plus que jamais nécessaire de rêver au grand art. Le vrai poète rêve a quelque chose qui est peut-être perdu pour toujours car il sait que c’est ainsi qu’il atteint cette étrange densité qu’il découvre au coeur de lui même, comme un aérolithe brûlant descendu sur terre et provenant d’un autre monde……”
avril 6th, 2007 at 11:27
Pas étonnant, Falcone, que tu défendes Mauffrat étant donné que Bernard Mauffrat c’est toi!!!! Tu ne fais donc que défendre ta propre peinture!!!
On a tous compris que derrière tous ces artistes fictifs, il n’y a qu’une seule personne. Il faut reconnaître que tu possèdes un certain talent pour pasticher tous les styles,mais le hic, c’est que le talent est une chose et la profondeur en est une autre. et je doute que tu sois réelelment profond parce que le talent, enfin, ce que l’on appelle ainsi, n’est que la capacité à imiter ce que font les autres, ta polyvalence te donne sans doute cette capacité mais tu n’as pas sû échapper au danger qui guette les gens comme toi, celui de la dispersion au détriment de la dimension intérieure. Car je crois que là est ton problème, tu t’amuses, tu joue avec des formes, tu jongles avec des concepts, celà peut faire un temps illusion mais à la longue on n’est pas dupe car il arrive un moment où, quand on comprend qui tu es vraiment, tout ce scintillement devient alors franchement fatiguant.
avril 12th, 2007 at 6:04
Il importe effectivement peu de savoir si les artistes dont tu parles existent vraiment , l’important étant de discuter à propos de l’art que tu défends et qui me semble être révélateur d’un certain aspect de ton univers mental, ,un univers coupé du vivant, imprégné de ressentiment contre la vie, oui, je dis biien ressentiment car lorsque tu compares l’art à l’aérolithe venu d’un autre monde, c’est à mes yeux symptomatique de ces blocages par lesquels tu te détournes du vivant pour rêver à des espaces froids et vides.
Cette peinture que tu soutiens, je la trouve, quoique tu puissse en dire, coupée de son époque, détachée de toute contingence et beaucoup trop intemporelle pour qu’elle puisse réellement nous toucher.
Je vais te dire maintenant ce que moi j’entends par “artiste contemporain”.
L’artiste est contemporain lorsqu’il saisit à bras le corps son époque pour en faire la matière de son oeuvre. L’artiste contemporain n’a pas peur de la ville avec son agressivité bruyante, sa publicité racoleuse aux couleurs criardes , sa vaisselle en plastique, ses emballages et ses détritus, son kitsch et sa production industrielle. L’artiste contemporain n’a pas peur de s’interesser aux paquets de lessive, aux boites de conserve, aux petits Mickey, il aime toutes ces choses non pas parce qu’il accepte le système comme le dit une critique trop facile mais parce qu’il assume le fait d’être pleinement de son époque et d’en vivre intensément le décors, les sollicitations et les mythes.
Ayant ainsi appris à accepter son époque au lieu de se réfugier dans quelque monde faux et imaginaire, l’artiste contemporain est en quelque sorte récompensé par cette même époque qui va lui donner les moyens de forger et d’inventer sa propre technique. Chaque artiste authentiquement contemporain est un peu comme un Van Eyck qui invente pour lui même sa propre peinture à l’huile, c’est Hains, Mimmo Rotella et leurs affiches lacérées,
César et sa ferraille, Rauschenberg et ses “combine paintings”, Lichtenstein et sa bande dessinée,
Flavin et ses néons, Nam June Park et ses télés, Wharol et ses sérigraphies, Koon et sa bimbeloterie. Inventant sa technique à partir des éléments propres à son époque, ce à quoi nous invite l’artiste contemporain, c’est au fond à devenir nous même un artiste. Pas besoin des beaux arts pour être désormais artiste. Flavin se sert de tubes au néons, Koons de panthères roses et de lapins gonflables , toi tu peux très bien utiliser des pots de yaourth, on en a fini avec ce mythe de l’artiste, homme hors du commun qui vit à l’écart parce que provenant d’un autre monde comme l’aérolithe dont tu parles. L’artiste contemporain, c’est avant tout “l’homme du commun à l’ouvrage” , c’est toi, c’est moi, c’est l’un d’entre nous, comme toi et moi il vit dans notre monde, se sert des mêmes objets, la seule chose qui pourrait à la rigueur le distinguer de nous est qu’il nous invite à aller au delà de nos routines non pas en nous imposant le “chef d’oeuvre ” que l’on regarde passivement mais en nous invitant à être nous même artiste en nous arrachant à nos habitudes de perception afin que nous soyons chacun le véritable inventeur de notre propre histoire.
Comment puis-je être à mon tour un artiste? C’est la question essentielle que te pose l’artiste contemporain. Quand tu vois un urinoir, ne pense pas uniquement à pisser dedans, pense aussi à sa beauté,
et quand on sacralise ce même urinoir, rejette alors sa beauté pour pisser dedans. L’art contemporain c’est le grand “oui” qui est dit à la vie par un effort pour dire toujours “non”. Nul besoin d’ailleurs de fabriquer ou de produire pour être artiste, au hasard de tes démabulations, tu apprendras à aimer telle affiche lacérée, tel mégot ou tel morceau de papier sale qui traîne par terre, la réalité banale ne sera plus déprimante ou sordide parce qu’elle ne sera plus appréciée à l’aune du ” chef d’oeuvre” enfermé dans son musée mais à l’aune de ton propre regard qui aura compris, grâce à l’art contemporain, que la vie est plus interessante que l’art.
C’est à celà que se mesure l’artiste contemporain, à cette manière de nous rendre libre et responsable. L’art contemporain est plus qu’une esthétique, c’est une sagesse, il fait de la philosophie à la manière d’ Antisthène qui se contentait de marcher pour se moquer de tel philosophe qui niait le mouvement ou en tendant un poulet déplumé à tel autre qui prétendait donner une définition de l’homme.
Tu déplores cette espèce de “nominalisme” au nom duquel chacun pourrait désormais faire n’importe quoi faute d’avoir une définition exacte de l’art, moi je pense qu’au contraire c’est bien parce que l’art contemporain a fait voler en éclat toute définition de l’art qu’il nous rend beaucoup plus responsable car c’est désormais à chacun de se forger son propre musée imaginaire en fonction de sa propre définition de l’art. En ce sens , oui, on peut dire que tout est art mais ce n’est pas un relativisme facile car c’est au contraire entrer dans une certaine forme d’inconnu que de se dire qu’au fond , pour qui sait se remettre en cause, un rayon de Carrefour peut comporter autant de beauté et de sensibilité qu’un tableau accroché au Louvre, il y a dans une telle attitude non du relâchement mais je dirais un certain courage, une volonté de joie et de débordement vital, authentique morale de vainqueur aux antipodes d’une certaine esthétique de looser déprimé et puant de ressentiment face à la vie etdans laquelle tu sembles te complaire, toi, et tes “créatures
avril 12th, 2007 at 11:54
Je te présente cette photo réalisée ce week-end dernier.
Tu noteras que je n’ai certainement pas attendu tes conseils pour réaliser moi aussi ma propre “technique” à partir de pots de yaourt et de différents emballages de notre vie moderne. Tu noteras également que le “chef d’oeuvre ” ne m’inspire pas autant de respect religieux que tu le dis puisqu’un morceau déchiré (par moi-même) d’une fresque de Michel-Ange est jeté au milieu des détritus produits par le monde consommateur. Tu noteras également le caractère provocateur de ma démarche puisque je pose implicitement la question de savoir si après tout, il ne pourrait pas y avoir tout autant de beauté dans un emballage pour potage que dans une peinture de Michel-Ange. Tu noteras ainsi que je n’ai pas peur de m’aventurer dans les sables mouvants du relativisme au risque de “brouiller” mes propres repères.
(Il est vrai que ce travail pourrait également poser la question de savoir ce que notre monde a fait de l’homme dès lors qu’il lui enlève ce que Michel-Ange croyait y déceler, le reflet de la divinité, mais c’est un autre problème quoique pourtant très lié à la question qui nous occupe).
En résumé, tu pourras ainsi constater que je ne répugne pas à me servir moi aussi d’éléments tirés de l’environnement moderne et que le pop art est loin de me laisser indifférent puisque j’ai beaucoup appris de Rauschenberg, de Rotella ou de Jacques de la Villeglé, que j’utilise moi aussi le coca et le jouet et le kitsch
http://falcophil.info/ifotos/gallery/Triptyques/Ecce%20Ancillae%20Domine.jpg
même si mes détournements sont loins de l’esprit d’un Koons ou d’un Warhol.
Je suis simplement moins dogmatique que toi car si je reconnais que l’on peut créer sa propre technique avec de la simple ficelle, celà n’autorise pas pour autant à dire que l’on est moins contemporain sous prétexte que l’on continue à céer à partir de matériaux “traditionnels”
car après tout, on peut tout de même se poser la question de savoir laquelle de ces deux oeuvres nous parle le mieux de la vie moderne,
celle-ci?
ou celle-ci ?
Je préfère ne pas répondre parce que tu vas encore me traiter de looser qui pue la haine de la vie……..
avril 14th, 2007 at 2:14
Ton image de l’été dernier, je l’ai toujours sous les yeux
Ces pratiques de “réappropriation” tournent assez vite à des jeux futiles dès lors qu’elles n’ont plus assez de force pour une mise à distance du monde d’où elles sont tirées. Le vrai problème est là. Cette femme qui prie a la force nécessaire pour refuser le système mais cette force est surnaturelle et faute de l’avoir, la plupart ne font que proposer un simple duplication du système
avril 16th, 2007 at 11:43
La manière avec laquelle tu nous somme de choisir entre un tableau de Warhol et un autre de Hopper oriente déjà la réponse dans un sens ou dans un autre. Du coup, c’est toi l qui retombe dans le dogmatisme.
refusant d’entrer dans ton petit jeu , je te répondrais pour ma part en te disant qu’à leur manière ces deux tableaux “témoignent” de leur époque. Hopper, parle de l’isolement de l’homme dans la ville moderne et Warhol illustre Walter Benjamin et sa thèse sur l’oeuvre d’art à l’ère de sa “reproductibilité technique”.
J’ajouterais simplement que si Hoppper est un témoin de son temps, on ne peut pas en dire autant de Mauffrat (ou de Falcophil?) et que n’en déplaise à Sophie , Les marylin de Wharol (tout comme les boites de soupe campbell, ou les cènes de Léonard de Vinci) )sont bel et bien une pratique de mise à distance du monde par le simple effet des jeux de miroir alliés à la mimésis.
avril 17th, 2007 at 2:43
Je vois mal en quoi la simple “mimesis” et le le jeu de miroir constituent une véritable “mise à distance”.
Je veux bien que les marilyn soient une satire du système mais quand une production ne propose rien d’autre que le décuplement technique d’une image, elle peut certes singer le système mais, à ce que je sache, la force artistique d’une satire n’a jamais reposé sur le seule fait de reproduire les travers du système, Chaplin ne se contente pas de reproduire les travers des “temps modernes”, il y apporte un plus qui est précisément ce qui relève de son art et ce par quoi il dépasse son époque.
Toute la question est là. Warhol dépasse t’il son époque? Je pense que non. Il se contente de reproduire le système en se comportant à son tour comme une “machine” qui multiplie des images sans profondeur et n’en tire aucune conséquence quant à une vision nouvelle de la forme.
Etre représentatif de son époque n’est pas tout, l’art véritable consiste à représenter son époque par un “je ne sais quoi” qui n’est d’aucune époque. Or, ce “je ne sais quoi”, je ne le vois pas chez Warhol. Pour moi, sur le plan artistique, Warhol est d’un intérêt nul pour la simple raison qu’il est entièrement le produit de son époque.
avril 17th, 2007 at 6:03
Pas d’accord avec toi , le tableau de Warhol et celui de Hopper sont 2 formes de réalisme qui tous deux évoquent un aspect du monde moderne. Au nom de quoi peux tu prétendre que ce “je ne sais quoi” existe chez Hopper alors qu’il n’existerait pas chez Warhol? ce dernier apporte bien une touche personnelle et rythmée ainsi qu’un style qui n’appartient qu’à lui.
Je suis de l’avis de Harry, avec les marilyn, le système est bien dépassé par un effet miroir. de même en effet que le miroir te permet par exemple de voir ton visage que la plupart du temps tu ne vois jamais, de même l’oeuvre reflet de Warhol attire l’attention sur la stupidité d’un système avec toute sa profusion d’images futiles, stupidité que nous ne remarquons plus parce que nous y sommes désormais trop habitués. Il ya bien dépassement dès lors que nous devenons “voyant” alors que d’ordinaire nous sommes aveugles!
avril 19th, 2007 at 11:56
L’apologue chinois dit que l’imbécile regarde le doigt qui montre et non ce qui est montré.
Mais une oeuvre n’est rien d’autre qu’un doigt particulier qui montre.
Les marilyn ne sont pas le doigt qui montre, elles ne sont que la chose montrée. Sans doute que la chose montrée sera montrée sous un jour beaucoup plus vrai, mais c’est dans la mesure où nous ne sommes plus alors dans la situation de l’imbécile qui regarde le doigt que ces oeuvres ne dépassent pas la logique ordinaire des choses.
avril 23rd, 2007 at 6:54
Retenir Hopper contre Warhol dénote en effet une certaine forme d’étroitesse d’esprit. Comme le dit Thierry, il ne s’agit là que de 2 manière de concevoir le réalisme laquelle recoupe, à mon sens , les clivages qui autrefois séparaient la peinture réaliste. IL y avait en gros, les partisans d’un réalisme total qui essayaient de transcrire la réalité le plus fidèlement possible même dans ses aspects les plus triviaux ou les plus terre-à-terre, c’était le cas des flamands ou des allemands, les artistes du pop-art comme Warhol ( Mais les ready-made duchampiens sont également à mettre de ce côté là) sont leurss héritiers et d’autre-part, il y avait les artistes italiens qui étaient les tenants d’un réalisme idéalisé et s’efforçaient de mettre en place une réalité qu’ils voulaient plus belle que la réalité qu’ils représentaient, un peintre comme Hopper serait leur descendant (Je pense également aux magnifiques piscines de Hockney mais Jeff Koons serait peut-être de ceux -là aussi).
En art comme en philososphie, les antagonismes qui ont opposé les hommes de jadis se retrouvent toujours dans le présent, ils sont simplement posés d’une manière différente…………
avril 23rd, 2007 at 10:09
Tu n’auras qu’à mettre côte à côte un portrait de Hans Holbein et une Lise Taylor de Warhol ou encore une scène peinte par Quentin Metsys et un flag de Jasper Johns ou un ready-made, pour voir tout ce que tes comparaisons peuvent avoir de contestatble.
avril 23rd, 2007 at 4:22
Tous ces noms, je les ai bien en tête, j’adore tout autant Holbein que Jasper Johns aussi ai-je du mal à voir l’aspect “contestable” de mes “comparaisons”.
Si tu pouvais éclairer de ta si lumineuse lanterne la non-voyante que je suis, j’en serais ravie……..
avril 23rd, 2007 at 11:02
Tu as peut-être les noms en tête mais quant aux oeuvres ton souvenir doit être des plus approximatif
Voici pour te rafraîchir la mémoire.
Maintenant, si tu ne vois toujours pas le doigt qui montre et la chose montrée, c’est que ton cas est vraiment désespéré.
avril 24th, 2007 at 6:28
Tu ne cesses de privilégier le doigt qui montre par rapport à ce qui est montré, preuve que tu ne comprends rien à tout ce qui peut faire l’essentiel d’une vraie démarche artistique.
Je veux parler du doigt qui se retire.
Car si le doigt montre, c’est avant tout pour se retirer
Quand le réel est là, le doigt n’a d’ailleurs plus besoin de montrer
Si l’imbécile s’obstine à regarder le doigt
Alors retire ton doigt pour que l’imbécile devienne aveugle
Car c’est peut-être en devenant aveugle que l’imbécile accèdera enfin à la raison
Autrefois le doigt se retirait toujours pour une absence vaste et anonyme
Maintenant, le doigt se retire toujours pour ce qui est vaste et anonyme
La seule différence étant que l’absence est devenue présence.
avril 24th, 2007 at 9:51
Défendre le doigt qui se retire est tout à fait pertinent, Encore faudrait-il être cohérent avec soi-même. Si ton doigt se retire, en ce cas que viens tu faire sur ce blog ? Si le flag de Jasper Johns est également un doigt qui se retire pourquoi Clio déclare t’elle le trouver beau?
avril 25th, 2007 at 7:15
Je n’ai jamais dit que le drapeau de Johns était beau, j’ai dit que je l’aimais, il ya une nuance. Quand on aime une chsoe, ce n’est pas forcément parce qu’on la trouve belle, on peut également l’aimer pour ce qu’elle donne à voir, en l’occurence, comme le dit Clash, il s’agit de voir le monde comme chose en soi où tout est déjà là.
avril 25th, 2007 at 2:27
Si tu regardes le monde comme “chose en soi où tout est déjà là”, celà veut alors dire que tu es morte et que ce n’est que ton fantôme qui parle…
avril 26th, 2007 at 11:06
Non rassurez-vous , je suis bien vivante car voir le monde comme “chose en soi” exige au contraire un effort constant de la volonté laquelle doit se tenir vigilante pour ne pas se laisser prendre aux dérives de l’imagination. “Chose en soi’ veut dire qu’il n’y a rien d’autre à voir que ce qui “est”,
avril 26th, 2007 at 2:58
La question posée reste la même: si tu te contentes de ce qui est, c’est que tu es pleinement satisfaite mais si tu es pleinement satisfaite pourquoi viens tu dialoguer sur ce forum?
avril 26th, 2007 at 4:47
Tu ne m’as pas comprise, j’ai parlé d’effots de la volonté pour me maintenir dans le pur contact avec le fait brut de ce qui est. Je viens sur ce blog pour la même raison que je fais deriver mon imagination, par relachement de la fibre intérieure.
avril 27th, 2007 at 9:50
Si ta fibre intérieure se relâche c’est bien sous le poids d’une insatisfaction.
Si tu es insatisfaite, c’est la preuve que ce qui “‘est” ne te suffit pas.
Ce qui est ne te suffit pas pour la bonne raison que ce qui est ne peut être contenu dans la seule immanence.
Ce qui est ne peut être contenu dans la seulme immanence parce que ton esprit déborde l’immanence.
Ton esprit déborde l’immanence parce que ton esprit à l’intuition que ce qui “est” ne peut qu’être au delà de l’immanence, d’où la raison de la non-coïncidence de ton esprit avec l’immanence.
Si l’esprit ne peut coïncider avec l’immanence celà veut dire alors qu’il fait oeuvre fausse, menteuse et inutile lorsqu’il prétend te réconcilier avec l’immanence.
avril 27th, 2007 at 11:11
C’est ta mentalité de judéo-chrétien qui parle. Les spiritualité orientales comme l’hindouisme montrent qu’il est possible d’accorder le moi et le monde dans l’unicité d’une fusion.
avril 27th, 2007 at 11:33
Toute la question est de savoir si tu accepterais toi-même de brader ton moi pour une dilution dans une impersonnalité panthéiste. Je ne vois pas comment tu peux être consciente d’une non-distinction entre toi et le monde car être conscient implique toujours séparation. Tu as beau dire que tu vis dans l’auto-suffisance du monde, si tu en fais l’expérience c’est que tu es ancrée dans la séparation inhérente à ton moi et que tôt ou tard , cette séparation ne peut qu’être l’expérience de la discordance entre toi et le monde.
mai 1st, 2007 at 5:02
J’ai l’impression que tu faiblis Falcophil. On dirait que tu as peur de leur rentrer dedans à tous ces cons qui sont fiers de leur camelotte. Mais dis le donc bordel que tous ça c’est de la merde! Dis le franchement que Jasper Johns, Warhol, le pop art, le nouveau réalisme, que tous ça c’est à chier, que c’est dénué de toute envergure poétique, que ces soit-disant artistes sont comme des huitres collées au rocher dérisoire du réel, qu’ils ne dépassent pas le vulgaire, le chaotique, le sordide parce qu’il leur manque quelque chose d’essentiel, la dimension du poétique, et comment auraient-ils cette dimension étant donné qu’ils sont incapable d’envisager autre chose que la seule sphère de l’impact sensoriel. On avait pas attendu toutes ces taches et leurs saloperies pour savoir que le dérisoire et le banal pouvaient être dignes d’intérêt, Vermeer, Chardin l’avaient compris avant eux, seulement voilà, ces gars là, étaient capables de sentir qe la réalité ne se limitait pas à ce que l’on voit ou à ce que l’on touche, car ils étaient capables de pressentir un ordre de chose complètement différent du notre, derrière l’immédiateté du réel.
Voilà a peu près ce que tu aurais pu écrire si t’avais eu un peu plus de couilles. Au lieu de ça , tu préfères les compromissions avec tes histoires de pot de yaourt et d’emballage et tout ça parce que t’as peur de dire franchement que Rauschenberg ça pue l’excrément et le résultat le voilà, tu deviens comme eux, t’es pas capable de créer comme Dürer ou comme Rembrandt alors tu dégrades leurs tableaux en les déchirant et en les mélangeant avec des ordures ménagères. C’est lamentable! Tu as finalement été ramené au village par les rôdeurs contre lesquels tu prétendais lutter quand tu as commençé ce blog.
http://falcophil.info/blog/le-village-et-ses-rodeurs/
mai 4th, 2007 at 5:51
iL SUFFIT DE VOIR vos oeuvre à tous deux, surtout toi Falcone pour saisir aussitôt le côté morbide de votre inspiration.
Lui et ses ivrognes ou ses ectoplasmes ou toi et tes jouets et tes poupées.
Votre désir de poésie est malsain et je n’y vois pour ma part qu’une pulsion de mort qui ne veut pas s’avouer telle.
mai 31st, 2007 at 6:10
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mai 31st, 2007 at 6:11
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