( août 14, 2010 )

SUR MON CATAMARAN par Cristina

J’ai souhaité que Falcophil publie ce bref billet, commencé sur le catamaran qui me violente et me berce

catam

pour réagir à son article de la fois dernière, dépréciant le rire, méprisant la fête, ô combien significatif de cette virale obsession du monde à venir qui depuis trop longtemps nous embue, nous embrume et nous emboutit. D’abord, cet argument spécieux qui voudrait que

le rire gêne la pensée. Si nous admettons que l ‘authentique pensée nous libère des entraves d’un présent vu comme un champignon sur le tronc pourri d’un passé sacralisé parce que mangé de légende, alors le rire, le vrai, celui qui balaie le passé comme le présent, n’est autre que la pensée qui fait son oeuvre. La pensée redresse ce qui est tordu, celui qui courbe l’échine est tordu et la déférence vous fait courber l’échine mais comme c’est le propre du rire que de ne pas s’encombrer de révérence, la pensée sera donc d’autant plus irrévérencieuse qu’elle sera riante.

Sachant qu’il n’existe à ma connaissance aucun philosophe qui nous fasse franchement rire, j’en déduis qu’il n’en existe à mes yeux aucun dont la pensée nous rende vraiment libre. Tout au plus accorderais-je du crédit au chien qui lève sa patte pour lancer son jet, me vantant d’être alors la chienne en chaleur aimant à se laisser couvrir par le mâle portant la meilleure des semences

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(Salvator Rosa)

Aristote/Aristophane, Descartes/Rabelais, un ruminant pour un rutilant. Le ruminant nous rend pareil à lui, non pas penseur mais pansu et je troquerais sans peine le penseur qui nous alourdit la panse pour la non pensée du rire qui n’est que la vraie pensée qui panse. Celui donc qui ne sait pas rire ne sait pas penser puisque la pensée se trouve enchaînée quand c’est la gravité qui la mène. Et que vaut une pensée enchaînée ? Rien, une pensée enchaînée n’est pas une pensée. Une pensée qui prétend être une pensée, fût-ce une pensée libre n’est elle même qu’une pensée enchaînée, pensée qui se prétend pensée voulant imposer la déférence et qui donc est menée par cette gravité qui nous enchaîne.

La pensée, non-pensée, vous dit: « Rappelez -vous de moi »,

ainsi, coule t’elle sur vous comme une eau qui alourdit vos vêtements

La non-pensée, vraie pensée, rit de bon coeur et vous dit: « Oublie moi »

ainsi vos débarrasse t-elle de vos guenilles et vous invite t-elle à bronzer nu sous le « high noon » du grand Sud.

Le vrai penseur n’a donc rien à vous apporter, il n’amène avec le rire que le vent qui vous caresse. Rire et connaître sont ainsi une seule et même chose, riant de ma connaissance, de ma prétendue connaissance, je me débarrasse de mes pitoyables petites connaissances pour atteindre le grand cosmos eternel de ma non -connaissance. Notre savoir est étriqué, notre ignorance est infinie et si je ris de mon savoir, c’est donc pour mieux jouir de mon ignorance afin de mieux plonger dans l’infini.

Mais bien sûr quand on vit sous l’égide du parangon paulinien de cette haine de la vie vous préconisant qu’il est bon de s’abstenir de la joie du touché suprême, que peut-on savoir de ces hasards des grands vents qui nous font accoster sur ces rivages

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à l’heure où, sable, mer, ciel, tout est rire parce que sous la lumière qui darde à plomb, le pieu enfoncé bien en terre ne projette plus son double irréel. Le grand rire c’est l’heure où la grande brûlure du corps vous enseigne la pyrotechnie subtile vous permettant d’exploser pour mieux vous répandre et vous prodiguer en millions de gouttes de rosée, l’ heure où les anciennes visions

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(Jérôme Bosch)

ne sont plus que vestiges pour flâneur amusé.

H

Je songe à ces morbides oiseaux de nuit aux ailes charbonneuses, au ventre pâle et mou, aimant à se masturber dans les ombres creusées par leur lumière factice.

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Il fut évoqué la fois dernière l’aspect anti-aristocratique du rire . Quelle ineptie! C’est au contraire le rire qui est olympien puisque consubstantiel à l ‘éblouissement de l’évidence irradiée par le plein soleil. Là nul mystère, cela est et donc, cela rit.

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Vous êtes à la fois puissant et langoureux, vous vous coulez dans cette paresse qui méprise ce travail dont les esclaves ont fait leur valeur cruciale tout en ayant cette force qui dédaigne le confort dont les mêmes ouailles ont fait leur consolation. Il fut aussi évoqué le satyre seul être représenté rieur parce qu’être impudique. Moi je ne respecte que ceux qui s’astiquent en public. Indécence et bonne santé se complètent car l’impudeur crève l’abcès. Ce qui se fait en cachette se fait dans la honte et ce qui se fait dans la honte vous empoisonne la vie et votre vie empoisonnée, tôt ou tard viendra empoisonner la notre. Quand à celui qui rit, on oppose ce genre d’image

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moi j’ oppose alors les fesses d’un Gargantua s’écartant pour lâcher sa vesse. Les fonction fécales n’étant que les fonctions vitales, nous leur accorderons en ce cas d’être avec l’éjaculation et le rire, vecteur de la vraie connaissance. Certains professent cette idée curieuse suivant laquelle connaître c’est se fermer pour se diriger vers des choses encore plus fermées, de sorte que pour eux, sujet et objet du connaître sont comme l’huitre plaquée sur son rocher. Faîte l’expérience, un soir, de déposer sur l’herbe fraîche une glace reflétant un pan du ciel noir. Allez chercher le lendemain matin votre glace, et vous aurez alors la désagréable surprise de la retrouver couverte d’escargots. Je m’amuse souvent à ce jeu. Certes non sans dégoût je dois décoller un à un les mollusques fixés au miroir mais ensuite, intense est le plaisir , tout en le voyant de nouveau refleter le bleu du ciel, de sentir les coquille se briser sous mon talon. Connaître est pour nous ce qui se brise,

ce qui éclate, part en lambeaux pour se recomposer dans un grand tout qui se brise à son tour. Nous ne cherchons pas la vérité au fond d’un puits car nous avons le dégoût de ce qui est humide et sent la pénombre. Nous préférons allez chercher la connaissance au coeur de la grande bouffonnerie cosmique, là où les étoiles qui naissent et meurent sont comme des pantins tirés par les fils d’un dieu qui déconne. On me reprochera de vouloir être une marionnette mais pourquoi ne me plairait-il pas d’être une marionnette ? La vie se fiche de nos pensées, nous le savons et c’est pourquoi abonder en pensée c’est croître en douleur. Que l’on abandonne toute pensée alors notre philosophie ne se figera plus dans le prétentieux boulet d’un livre ou d’un système mais se fondera dans l ‘immense rire de l’écoulement de tout ce qui vit. Être ballotée ça et là, comme la feuille par le vent d’automne, tombée de son attache en compagnie du fruit mûr, emportée

Vent feuilles

par les seules lois du hasard ou du non-sens des vastes enchaînements sidéraux, me paraît infiniment plus séduisant que de se triturer le cervelle pour ces pauvres choses que l’on appelle des idées; être la créature d’un démiurge fou et farceur, d’un auteur qui méprise la tragédie mais ne prise que le vaudeville stupide et gai où se succèdent les cocuages et les quiproquos, les portes qui claquent et les coups de vent, voilà qui me semble bien mieux qu’un triste monologue où l’on prétend trouver une fumée de zombie programmant le monde par une quelconque poussière mathématique.

Cristina

67 commentaires to “SUR MON CATAMARAN par Cristina”

  1. Cristina says:

    Très cher Philippe, à l’avenir, quand vous déciderez de m’attribuer la maternité d’un texte, pensez d’abord à me consulter, non que cela me dérange de passer pour l’auteur de ce billet, bien au contraire, si vous aviez préalablement pris mon avis sur ces lignes, je vous aurais répondu de n’en point changer le moindre iota, tant elles rendent compte avec exactitude de ma “non pensée vraie pensée” mais enfin, la plus élémentaire des courtoisies exigeait tout de même que ces propos que vous me prêtez fussent d’abord frappés de mon ” imprimatur”.
    Cela dit, je suis plutôt intriguée par cette propension à revêtir à chaque fois un costume différent, la dernière fois, vous endossiez la défroque du religieux intégriste, maintenant vous tenez un discours de libertin jouisseur et athée. S’il s’agit d’exercer là votre ironie , je n’y vois nul inconvénient mais j’attire tout de même votre attention sur le côté dangereux de votre jeu, on sait ce qu ‘il en advint du docteur Jekyll qui s’adonnait à de douteuses expériences. Quand on joue au schizophrène, c’est qu’on doit déjà l’être un peu. Prenez garde, c’est le conseil d’une amie.

  2. Falcophil says:

    avatar3D’abord, je ne vois pas en quoi j’ai joué la dernière fois le rôle d’un « religieux intégriste ». Il faudrait que vous m’expliquiez. Ensuite, il n’y a aucune schizophrénie dans ma démarche, je n’ai fais que synthétiser des idées qui sont les votres. Des idées trop nuancées sont ennuyeuses et manquent de saveur littéraire mais comme d’autre part les positions trop tranchées manquent de profondeur, j’en suis alors réduit à rebondir d’une antithèse à l’autre. Entre flux et reflux, retrait et déploiement , extension et rétention, je souhaiterais que quiconque vienne en cet endroit saisisse des harmonies plus secrètes et des correspondances plus intimes que ce qui pourrait de prime abord paraître comme d’inconciliables contraires. L’être n’apparaît que revêtu mais comme c’est sa destinée que d’être mis à nu, il lui faut alors disparaître aussitôt pour se tenir à nouveau placé sous le scellement de la dalle, au plus profond de sa propre tombe.

  3. Erato says:

    Peu importe que votre billet soit un canular. Des personnes susceptibles de partager les idées que vous venez d’exposer, j ‘en connais moi aussi. ça aime les mondanités, la vie sociale, la lecture des romans, les grandes bouffes, les gang-band, elles se complaisent tout simplement au sein de l’univers du pantin., c’est tout à fait leur droit mais la question serait plutôt de savoir ce que l’on construit à partir d’un tel univers ? J’ ‘entends bien que les défoulements sont parfois nécessaires, le Moyen Age les connaissait, on les tolérait, au travers des charivaris, les chrétiens d’autrefois avaient aussi leur débordement dyonisiaques mais je demande à voir ce qu’il en sortait de concret. Une fois la cuite passée on devait le lendemain se réveiller avec la gueule de bois. Rien de solide ne se construit sur les flatulences et les tas d’excréments, qu’on le veuille ou non, il faut bien tôt ou tard en revenir au sérieux.

  4. Falcophil says:

    Ah Erato ! Heureux de vous savoir de retour.

    Oui, bon, en effet, les charivaris, les fêtes d’âne, on devrait d’abord se demander si l’on ne commet pas quelques anachronismes en y voyant des revanches sur l’ordre établi. Il me semble que la signification de ces manifestations est bien plus subtile que ce que peuvent en dire les non-spécialistes. N’étant pas médiéviste, je ne m’attarderai pas sur ce point mais me contenterai de répeter qu’effectivement, j’ai le dégoût instinctif pour tous ces débordements populaires par simple souci de « style ».
    On m’a reproché la fois dernière d’être complètement fermé au rire mais j’avais pourtant pris soin de bien distinguer le rire de l’humour. L’humour est discret, délicat et raffiné alors que le rire est bruyant et tapageur. L »humour cherche la métaphore insolite et rare , le rire se contentera plutôt de la grosse farce et de l’effet facile, de la plaisanterie gratuite ou purement tape-à l’oeil. Erasme est du côté de l’humour, Rabelais du côté du rire. L’humour est une recherche d’esthète alors que le rire tendrait plutôt vers la démagogie. Jacques Tati est du côté de l’humour, Louis de Funès plutôt du côté du rire. Il y a de l’humour chez Kafka, il n’ ya que du rire chez Feydeau. Le rire est facilement accessible à l’oeil et à l’ouië , l’humour exige plus d’attention pour être capté, on riera facilement à la lecture de Don Quichotte mais l’humour de Cervantès sera plus difficile à cerner. Cela posé, on ne voit dès lors pas pourquoi un philosophe devrait se passer d’humour, on en trouve chez Platon, chez Schopenhauer, chez Nietszche, chez ceux dont la pensée n’a jamais étouffé l’artiste ou l’écrivain et je pense plus particulièrement à cette image si drôle de Schopenhauer comparant la condition humaine à l’homme dévalant une pente à toute vitesse, maintenu debout par le seul mouvement de sa course descendante, sachant qu’il tombera s’il s’arrête parce que jamais dans sa course il ne trouvera l’être mais rien que l’instabilité de la fuite en avant.
    C’est à dessein que je cite cette image. Quand on ne peut s’empêcher de dévaler ainsi une pente, , je ne vois pas trop moi aussi quel renouveau on pourrait attendre d’une démarche qui n’est rien qu’une irrésistible descente.

  5. Thierry says:

    Tu dis, Erato, qu’on ne construit rien avec du rire, mais il ne s’agit pas d’isoler le rire de la gravité ni la gravité du rire, il s’agit de les amener à collaboration. Le rire est une arme pour l’offensive tout comme le sérieux. Le plus sérieux des articles contre les choix économique du gouvernement sera encore plus percutant accompagné de quelques caricatures des dirigeants. Votre problème à vous autres, c’est que vous avez le mépris du peuple. C’était patent lors du dernier billet. Il ya la haute culture, les hautes sphères cérébrales, celles où on discute de Heidegger, de l’être,, de Parmenide, de la poésie de Pindare. Et puis en bas, il ya le peuple, le peuple qui rigole, le peuple avec ses fêtes , ses joies, sa gouaille, son franc-parler,ses insolences qui d’ailleurs ne sont là que pour mettre un peu de baume sur ses souffrances. En fonction de cette approche, le culturel sera discriminé, suivant ce qui est aristocratique ou ce qui est populaire, Eschylle pour les aristos, Aristophane pour le populo,
    Eh bien désolé moi toute votre haute culture, elle m’emmerde, moi, je fais confiance au peuple, à son bon sens, à la sûreté de son instinct, à la spontanéité de sa joie de vivre. La poésie sera plus vivante quand elle ira prendre ses forces dans l’humus du peuple, c’est pourquoi Prévert est vivant alors que Valéry me fait chier. Les intellos avec leur mine sévère, prétentieuse et posées, ils emmerdent tout autant le peuple que les politicard de l’UMP. Allez vous faire foutre! vivre la joie! Vive la merde qu’on balance à la gueule des bourgeois! La merde je vous le rappelle, c’est bon pour le fumier et c’est avec le fumier qu’on maintient la bonne santé du sol en disant non à tous les phosphates et artifices mensongers de ce monde qui ne pense qu’à nous empoisonner de tous les côtés.

  6. Erato says:

    mais qu’est ce que tu racontes là ? Où t’ as vu que je méprisais le Peuple ? c’est peut être le cas de Philippe, mais c est pas le mien. Il ne s’agissait pas dans mon post de mépriser la culture populaire mais de se méfier des défoulements tant collectifs qu’individuels. J’aie il y a peu suivi une thérapie et je suis bien placeé pour savoir que la frénésie et l’ivresse enthousiaste sont dangereuses. Quand on est joyeux on perd sa lucidité. remonter jusqu’à la source du malaise exige de la rigueur et de la tenacité, rien à voir en effet avec la pente du rire qui n’est qu’un bref moment d’illusoire euphorie. mais tout ça est bien sûr sans rapport avec une sois disante culture d’en haut contre une culture d’en bas, opposition à laquelle j’étais à mille lieues de penser.

  7. Mimosa says:

    On pourrait poser une question bateau :  » Peut-on rire de tout ? « 

  8. Falcophil says:

    je pense que oui mais à la seule condition d’avoir perdu toute envie de rire.

  9. Erato says:

    Interessez vous un peu à l’actualité (Une fois n’est pas coutûme) :

    en ce moment, il y a certains coins de la planète,

    http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2010/08/19/97001-20100819FILWWW00214-quatre-millions-de-sans-abris-au-pakistan.php

    où la question de Mimosa serait carrément insultante !!!

  10. Thierry says:

    Il ne s’agit pas de rire de tout mais de souligner que le rire est une arme efficace. il détend, décontracte et de ce fait il entretient notre scepticisme, il nous met à distance des démagogues et des enthousiasmes fallacieux. C’est par le rire que Chaplin nous fait comprendre qui était vraiment Hitler, rien qu’un pitre, un pauvre type qui basait son importance sur une ébriété collective, si tout le monde avait su rire d’Hitler, on l’aurait trouvé tout bonnement grotesque et minable

    dictateur

    et l’on n’aurait accordé aucun crédit à ses discours. paradoxalement, on pourrait soutenir que le rire est une sorte d’enivrement qui nous rend à jeun parce qu’il nous montre tout le ridicule des gens qui se prennent au sérieux. Les défoulement populaires du Moyen-Age étaient bien des moments d’extrême lucidité où le peuple comprenait enfin ce qu’il fallait penser de tout le fatras de rites et de cérémonies religieuses grâce auquel on a toujours tenté de lui faire courber l’échine.
    Le rire est peut-être la réaction la plus efficace pour nous rendre libre pour la bonne raison qu’il ramène au niveau du relatif tout ce qui prétend se poser comme réalité absolue.

  11. Erato says:

    en disant ça, toi même, tu absolutises le rire alors qu’il n’est lui aussi que chose très relative.

    Le rire efficace contre Hitler ? Peut-être que justement ceux qui ont voté pour lui étaient trop malheureux pour avoir envie de rire. Sans compter que ce n’était sûrement pas par le rire qu ‘on pouvait prendre toute la mesure du danger que pouvait représenter un tel type.
    Rire est une chose, y voir clair en est une autre et le rire, pas plus que la colère ou que la tristesse ne permettent d’y voir clair. Ce ne sont là qu ‘émotions qui te voilent la vue comme de la buée sur une vitre.

  12. Thierry says:

    Je vois cependant mal comment on pourrait vivre sans émotions, à moins d’aspirer à une condition de légume…

  13. Clio says:

    Et il faut rappeler que le film de Chaplin a été interdit en Allemagne par la censure nazie. Et que dire de Molière qui s’était fait tant d’ennemis à la cour et chez les médecins ou de Daumier emprisonné pour une caricature de Louis XVIII ! C’est bien la preuve que le rire dérange et si le rire dérange c’est qu’il dit le vrai , autant et peut-être mieux que l’esprit de sérieux.
    Et quant à vivre sans émotions, sans rire, sans colère, sans tristesse, sans joie, sans aucun entrain, ni allant, ni enthousiasme pour quoi que ce soit, en effet, je rejoins Thierry, la seule solution pour vivre votre idéal serait qu’on vous transforme en citrouille !

  14. Mimosa says:

    Il faudrait peut-être en ce cas corriger l’aphorisme de Spinoza:

     » Rire d’abord pour prendre du recul mais comprendre ensuite pour prendre de l’avance ».

  15. Falcophil says:

    avatar3Je ne sais trop si le rire permet un recul vis à vis du monde extérieur ou s’il ne serait pas plutôt un moyen facile pour contourner l ‘abîme du réel. Concernant la question du nazisme, il peut ainsi s’avérer trop facile de s’en tirer par le spectacle comique du SS présenté comme un gros crétin borné alors qu’un tel problème dépasse de loin celui de la simple bêtise humaine en ce qu’il touche à la dimension métaphysique du mal dont je ne vois pas très bien comment elle pourrait être abordée par le rire . Il est toujours plus simple de contourner par le rire ce que l’on ne veut pas regarder en face dès lors qu ‘on sent qu’il ne s’agit là que de notre propre précipice.
    En admettant même que le rire permette un certain recul vis-à vis du monde extérieur, je ne pense pas qu’il l’autorise au regard de notre univers intérieur. Quand on rit, c’est trop souvent sous l’effet des stéréotypes et des clichés, fruits de notre ignorance et de notre fainéantise intellectuelle et ce n’est certes pas rendre service au spectateur que de provoquer son rire en sollicitant son ignorance et sa paresse. Ayant vu hier soir pour la première fois ce consternant monument de bêtise intitulé « Les visiteurs », je pose alors la question de savoir qui méprise vraiment le Peuple; ceux qui vantent une vision aristocratique et rafinée des choses ou plutôt ceux qui encouragent son peu d ‘exigence en lui proposant les divertissements les plus ineptes ?
    Pour prendre un vrai recul, il faut d’abord vouloir comprendre et quand on a vraiment compris , je ne pense pas que l’on ait envie de rire, on aura plutôt envie de sourire. La vraie connaissance ne donne pas le rire qui n’est qu’une réaction nerveuse laquelle en tant que telle, provient d’un niveau inférieur de la conscience. Ce que donne la vraie connaissance, c’est plutôt la sérénité car si vouloir connaître est une passion, c’est du moins une passion qui recherche la densité sereine.
    Le rire donne une impression trompeuse d’ allégement, une impression trompeuse de force, une impression trompeuse de plénitude, une impression trompeuse de connaissance mais une fois passés ces fallacieux instants ne reste que l ‘authentique impression de vide. La question n’est pas tant de supprimer l’émotion que de l’affiner, de la purifier toujours plus au point de la rendre si délicate et si tenue qu’elle pourrait en effet disparaître à la manière dont elle disparaît dans ce portrait img107

    nous invitant vers un au delà du rire et de la tristesse, vers la zone supérieure de la densité sereine.

    Ce n’est certes pas cette partie là que certains prônent ici car au lieu de tirer l’émotion vers le haut, il la tirent plutôt vers le bas pour la dégrader en sensation, sans rapport avec ce par quoi l’esprit imprime son cachet de dense légèreté s’évertuant à contrecarrer cette loi de pesanteur croissante qui en bonne part mène l’histoire et dont à plusieurs reprises il fut déjà question sur ce site.

  16. Song says:

    moi j’adorre joué à ce truc la

    http://www.jeux.fm/jeux-crade/chute-d-estrons-1087.html

    allais z’y c’est trô poiland

  17. Mimosa says:

    Ce que je ne comprends pas c’est pourquoi il faudrait s’en tenir à tout prix au niveau des alternatives rigides., Jacques Tati contre De Funès, Kafka contre Feydeau, Racine contre San Antonio. Pourquoi ne pourrait-on pas concilier les deux ? J’ai moi aussi vu l’autre soir « les visiteurs », comme j’ai vu également avant hier « Oscar » avec De Funès. Ce ne sont que des films sans prétention dont le seul but était de faire rigoler. Et sur ce plan, c’était bien réussi car je peux dire que je me suis bien marrée mais ce qui ne m’a pas empêché de me plonger après dans la lecture de Proust. La grosse rigolade c’est pour moi la simple détente avant de repartir à l’assaut des choses difficiles. Je t’accorde que c’est une zone inférieure de la conscience tout comme le sommeil en est une autre mais on a tout autant besoin de bonne rigolade que d’un bon sommeil parce que l’un et l’autre sont des régénérations salutaires. On a besoin de Rimbaud comme on a besoin de De Funès parce que les deux nous aident à vivre , à leur façon chacun.
    Je comprends donc mal pourquoi il faudrait mépriser « la bêtise », je crois bien au contraire que nous avons besoin d’être bête pour revigorer le sérieux qui nous rachète d’avoir été si bête.

  18. Falcophil says:

    Si par « bêtise » tu entends le simple plaisir du délassement, cela n’a rien de bête, c’est tout simplement aussi naturel que l’alternance du jour et de la nuit, le seul ennui est que pour ce qui concerne les niaiseries dont tu me parles, le délassement perd ici son caractère de spontaneité naturelle pour se muer en produit commercial fabriqué à de strictes fins de rentabilité financière, participant d’une entreprise plus globale d’asservissement des esprits; Quand le délassement n’est plus que la routine quotidienne de celui qui chaque jour à la même heure vient s’affaler dans son fauteuil pour se vider la cervelle en face de son petit écran, il ne s’agit plus alors de régénération salutaire mais bien plutôt de dégénerescence délétère. On peut certainement avoir besoin d’une bonne nuit de sommeil avant d’attaquer la lecture de Proust mais pour regarder « les visiteurs » on n’a sûrement pas besoin d’une nuit de sommeil, une journée de travail suffit. En principe,, on ne regarde pas « les visteurs » pour lire Proust ensuite, on regarde les visiteurs parce qu’on est trop éreinté par une journée de travail pour avoir envie de quoi que ce soit d’autre, on regarde , juste pour remplir un peu l’heure qui précède le moment d’aller se coucher. Le travail te prend tout, ta force intellectuelle, ta résistance physique, ton enthousiasme, tes aptitudes au rêve, le peu d’energie qu’il laisse à ton esprit , c’est pour permettre de faire fonctionner ta télé pendant une ou deux heures. Quand on a besoin de Christian Clavier pour se consoler d’être en vie, c’est que quelque part on doit être inconsolable, normal, le matérialisme moderne ayant évacué la foi religieuse, il fallait au peuple un nouvel opium.

  19. Sophie says:

    J’en déduis que le soir, ta volonté doit être aussi vidée que celle du citoyen lambda, au point de n’opposer aucune résistance à cette nouvelle forme d’addiction, étant donné que tu as tout de même regardé le film.

  20. Falcophil says:

    On peut s’interesser à ce qui divertissait le plébéien de la Rome antique, il y a 2OOO ans sans pour autant se passionner pour les courses de chars ou les combats de gladiateurs. Ne confondons pas l’insecte avec l’entomologiste!

  21. Song says:

    un jeux super déggueux qu’es pas mal

    http://www.jeux.fm/jeux-crade/chiotte-2300.html

  22. Clio says:

    Concernant la stupidité lamentable des « visiteurs », d’ »Oscar » et autres « petits baigneurs », je plussoie mais le problème me semble être à un autre niveau. On peut faire rire tout en faisant réfléchir, exercice certes fort difficile mais dans lequel le cinéma Français n’a jamais me semble t’il beaucoup excellé. Je pense surtout à ces comédies si marrantes, ces sketchs si désopilants que produisait le cinéma italien des années 60 au travers de cinéastes comme Dino Risi ou Ettore Scola. Quelle drôlerie dans le jeu d’un Vittorio Gassmann ou d’un Ugo Tognazzi et pourtant combien des petits films comme les « Monstres » nous contraignent à réfléchir sur l’hypocrisie sociale et les tares du monde moderne! Sur ce point, il ne m’apparaît pas que nous nous soyons montrés dignes successeurs de Molière !

  23. Falcophil says:

    Cela rejoint ce distinguo que je proposais entre humour et rire lequel, en l’occurrence, recouperait « les monstres » et, mettons, le « dîner de cons ». Quelque chose d’un peu plus ambitieux comme « Une époque formidable » n’arrive sûrement pas à la cheville des meilleurs moments de la comédie italienne, elle-même traversée par ce clivage. Il ya des réalisations de Dino Risi comme « Il sorpasso » qui sont des bijoux d’humour, à la composition remarquablement bien enlevée et qui, en effet, n’en sollicite pas moins la réflexion alors qu’avec « Affreux , sales et méchants » de Scola , on serait davantage dans l’histoire grasse , tirant vers le rire

  24. Clash says:

    Bien sûr, dès qu’un film évoque la réalité du bidonville et de la misère, tu te voiles la face car la réalité, tu ne veux pas la voir. La pauvreté , c’est sordide alors je deviens un rat de bibliothèque pour mieux oublier les rats des favellas. tu croupis dans ton pauvre univers artificiel et aseptisé qui n’est que ton pauvre petit idéal. Tu organises tes propres obsèques où tu te mets dans ton propre cercueil, avec ton propre service de pompe funnèbre, ça ne te coûte pas un rond et le système est très simple , rêver à son essence. Je ne ris pas parce qu’il y a une essence de l’homme qui n’a rien à faire avec le rire, elle prend l ‘image d’un visage coincé qui surmonte un corps raide et figé. Ton modèle : se rapprocher le plus possible de l’essence, c’est à dire, aller vers sa buée, vers sa vapeur et sa disparition. Vous n’avez même pas le courage d’avouer que si vous ne savez pas rire, c’est parce la vie vous fait peur mais comme vous êtes à la fois trop orgueilleux pour vivre et trop lâche pour mourir, alors vous vous suicidez symboliquement en appelant l’idéalà votre secours. Ta devise, c’est finalement ne pas changer aujourd’hui du moment que je peux très bien rêver que demain je commencerai à changer. facile. Demain deviendra un autre aujourd’hui où je continuerai à ne rien commencer et auquel j’accrocherai un autre lendemain où je serai de nouveau censé commencer quelque chose. Et ce mensonge, vous l’enrobez d’ une autre parure d’ouate et de mirage que vous appelez le « style », auquel vous confiez une mission à laquellle vous accolez l’euphémisme de « décantation » parce que vous n’avez pas même l’audace de dire qu’il s’agit d’étouffement. Vous ne comprendrez sans doute jamais que de même que les vieux monuments d’autrefois sont plus poignants lorsqu’une une certaine couche de crasse suggère la patine des siècle, de même, l’oeuvre est toujours plus parlante quand on y laisse cette autre
    couche de crasse déposée par la vie, plutôt que la polir pour la rendre pareille à une statue de plâtre et de chaux. Si vous detéstez le ventre, ce n’est pas parce que vous voulez dépasser le ventre mais parce que votre tube digestif est tellement défectueux que le moindre petit bout de viande ou la moindre petite gorgée de vin vous donne des crises d’acidité à n’en plus finir. Résultat, tes seuls repas sont fait de feuilles de salade que tu ingurgites en te vantant de ta frugalité parce que tu ne veux pas voir en face ton pauvre petit destin d’escargot.

  25. Falcophil says:

    Tu devrais changer de registre, à la longue, c’est un peu monotone. Prends plutôt modèle sur moi qui paraît-il suis doué pour changer de rôle car je précise que l’un des buts du billet était aussi de jouer au pique-boeuf soulageant le mastodonte de ses parasites…

  26. Clash says:

    Comprends pas ce tu racontes.

    Dis ce que t’as à dire et dis le clairement et franchement, après on pourra peut-être discuter.

  27. Falcophil says:

    Il me semblait pourtant que mon billet était assez clair.

    Autrefois un certain gros animal a servi d’hôte à certaines tiques au nationalisme le plus étriqué, aux préjugés raciaux les plus stupides ainsi qu’ à la force la plus brutale.

    aujourd’hui, le pachyderme attire des tiques d’une autre espèce. Chaque époque comme comme chaque région de l’organisme produit ses propres parasites, il ya les morpions pour le bas ventre de même que la tête attire les poux.
    pour les poux du monde consommateur, à quoi est ramené le grand zénith ? Au sable chaud sur le soleil aoutien où l’on enduit son corps de crême solaire. A quoi est ramenée l’ivresse dionysiaque ? A un vaudeville traversé de cocuages, d’étreintes à la sauvette, ponctuée de ces divertissements stupides servant à gonfler le chiffre d’affaire de l’industrie des loisirs. A quoi est ramenée la volonté de puissance ? a une éjaculation pendant une prise en levrette ou au jus de crâne versé pour la préparation du concours de l’ENA. Vous vous dîtes les disciples de Zarathoustra lequel vous chasse pourtant d’un revers de main comme il chasserait quelques mouches à merde venant perturber sa méditation, vous autres qui avez inventé le bonheur avec vos petits poisons pour le jour et vos petits poisons pour la nuit.

  28. Clash says:

    Des quantités de lectures mal assimilées et mal comprise t’ont probablement détraqué le cerveau, pire encore, ont certainement foutu ta libido par terre. Malheureux homme réduit à vitupérer ce qu’il est incapable de faire !

  29. Falcophil says:

    qui est le plus incapable ? Moi qui en dépit de tout, s’entête à vouloir créer ? Ou ne serait-ce pas plutôt toi, justifiant ton impuissance à forger quoi que ce soit par une prétendue force de déracinement censée t’amener à rejeter les valeurs établies pour imposer les ruines de tes propres arrières mondes,, ceux là, bien illusoires et bien fantômatiques !!!!

  30. Clio says:

    Critiquer un pachyderme à cause de ses parasites est plutôt de bas étage

  31. Falcophil says:

    Je dis simplement que le pachyderme n’ a fait que forger un idéalisme de plus à l’usage de la même espèce de médiocres. Si les bénitiers sont remplis de grenouilles, certaines statues sont en revanche couvertes de fientes à pigeons

  32. Clash says:

    Pauvre petit être chétif et déficient qui jamais ne comprendra qu’il vaut mieux détruire au grand jour par accès de rage, plutôt que de se complaire dans la sécurité du cloître étriqué de sa somnolence nocturne. T’es même pas capable de sombrer dans un de ces profond sommeil sans rêves d’où le Moi revient nettoyé de toutes ses scories, tu n’es bon qu’à passer des nuits blanches où le noir et le blanc se mélangent pour des pensées grisâtres et des obsessions malsaines. Il suffit de voir défiler ceci

    http://falcophi.wordpress.com/

    et de s’attarder sur n’importe laquelle de tes images , par exemple celle-ci

    histsan652

    Ah quel esprit morbide que cette atmosphère pathologique et toute poisseuse de lune! Tu méditerais quelques crimes en secret que ça ne m’étonnerait pas. Cristina avait bien raison de parler de dédoublement de la personnalité, le jour, Docteur Jekyll le bureaucrate et la nuit, Mister Hyde le photographe en proie à ses ruminations maladives. Tu peux ironiser tant que tu veux sur le grand zénith, le soleil tu le fuis pour un pastiche de film noir, parce que tu as tout simplement peur qu’il brûle la pâleur d’aspirine de ton pauvre corps qui ne voit jamais la vraie lumière,

  33. Falcophil says:

    Vraiment n’importe quoi

  34. Cristina says:

    Je dois dire que cette ambiance film noir américain, (Vous avez beau y ajouter de la couleur, cela reste une couleur noire!), je la trouve moi aussi quelque peu morbide. Entre le visage glabre, un tantinet voilé de vapeur de cigarette, du flic en trench-coat et le beau mâle qui se bronze au soleil, j’avoue ma préférence pour la deuxième figure, je préfère de loin Steve Reeves à Bogart.

    revbog

    Certes, le péplum est un peu futile mais, et je crois que vous l’avez dit, il peut y avoir plus de profondeur dans une légèreté de duvet diurne que dans une lourde opacité nocturne. L’erreur serait justement de confondre la profondeur avec les espaces glauques et lugubres. Si les eaux limpides paraissent plus légères que les eaux troubles, elles permettent également d’y plonger plus profondément le regard.
    De cette atmosphère malsaine, Thierry aussi a beaucoup de mal à se défaire et l’on se demande qui des deux a contaminé l’autre.

  35. Sophie says:

    Que le vraie pensée redresse « ce qui est tordu », c’est évident mais cette pensée ne peut être le rire. Ne dit-on pas « se tordre de rire » ou encore « être plié en deux » ? Le rire n’est donc pas du côté de cette « densité légère  » évoquée par Philippe ou cette  » légèreté de duvet diurne  » dont parle Cristina et qui est sans rapport avec la torsion. Le rire est en effet proche de la convulsion et quand on ploie et fléchit, c’est toujours sous l’effet d’un poids, d’une pesanteur or si le rire peut momentanément soulager, jamais cependant il ne délivre du poids, c’est le pessimisme qui bien plus souvent mène au rire mais la vraie joie, elle, fait sourire et c’est d’ailleurs la propre du rire que d’être bref, un rire continuel frise l’imbecillité, de celle relevant de cet esprit lourd effondré sous son propre poids alors que le sourire perpetuel est délivrance et ce qui donne cette joie, n’ est pas la grimace plébéienne mais l’aristocratique légèreté qui a pour nom: « simplicité ». Par simplicité, il ne faut pas entendre le simplisme de celui qui fuit le complexe bien au contraire, la simplicité se charge du complexe mais pour le filtrer , pour lui oter sucharge, superflu, ornementations frivoles et futiles, délayage et disgression afin de se rapprocher au plus près du noyau, le fondamentalement simple de l’essence…

    Chant6

  36. Thierry says:

    Si je comprends bien, tu fais une distinction entre l’esprit « aristocratique » qui priserait la simplicité et un esprit « plébéien » qui n’aurait d’autre idéal qu’une aspiration futile d’accumulation et d’abondance. D’abord, je n’ai pas l’impression que les nobles qui pataugeaient dans le luxe de Versaille faisaient particulièrement preuve de simplicité, ensuite, il peut y avoir une simplicité populaire, souvent même le peuple n’a pas beaucoup d’autres choix que d’être autre chose que ‘ »simple », la simplicité c’est encore un choix d’esthète nanti, c’est plutôt de la caste aristocratique que venaient ces ornementations clinquantes et de mauvais goût comme le rococo, c’est bien les monarchies qui vivaient dans le faste inutile et futile alors que la vraie simplicité, je parle de la grandeur « simple » telle que la pratiquait un Vermeer ou un Chardin était plutôt de souche populaire.

  37. Falcophil says:

    Sophie n’étant pas là pour te répondre, je prends la parole à sa place. Je pense que lorsqu’elle parle d’ « aristocratie », cela n’a rien à voir avec les nobles de la Cour de Louis XIV dont le goût de luxe était davantage un indice de dégénérescence que de vraie noblesse. Lorsqu’il y a goût pour le luxe, c’ est que l’essence est perdue ( en l’occurence, l’essence aristocratique) et que ne subsiste que du paraître. De même qu’un homme vraiment puissant n’a jamais besoin d’étaler sa puissance et que s’il le fait, c’est alors que sa chute n’est plus très loin, de même, la vraie noblesse aura le faste en horreur et se servira d’une certaine froideur d’apparence pour mieux tenir son cœur au chaud.

  38. Mimosa says:

    Autrement dit, le véritable aristocrate serait comme l’élégance, on ne devrait jamais le remarquer

  39. Falcophil says:

    Le tapage et le tape à l’oeil relèvent de l’auge où viennent s’abreuver la plèbe et le bourgeois et en ce sens, la « jet set », le « people », ce papier pas même bon pour le nettoyage anal, tel que « Paris Match » ou « Gala » et qui mettent en scène des princesses ou des marquis, tout cela n’est que de l’esprit plébéien embourgeoisé aussi éloigné de la noblesse que Troie version USA peut l’être de la poésie homérique alors qu’il peut y avoir de la plus haute aristocratie dans l’attitude discrète et réservée du plus modeste ouvrier.

  40. Fructidor says:

    Attitude discrète et réservée donc attitude soumise, autrement dit tu n’aimes le prolétaire que quand il s’écrase

  41. Falcophil says:

    Je n’ai pas dit ça, au contraire, être réservé permet de mieux prendre ses distances de sorte que te mettre le grappin dessus n’en sera que plus difficile.

  42. ICHTHUS says:

    Le plèbe, c’est ce qui est proche de l’animalité, les romains le disaient déjà, que demande le Peuple ? ” Panem et circenses”. le Peuple est comme l’animal, son aspiration ne tend qu’à se vautrer, se lâcher, s’étaler, s’écouler, se répandre. loin de l’animalité du peuple il ya l’essence aristocratique s’exprimant effectibement par le style, comme dirait Falcone. La fois dernière , il a été pertinemment reproché à Rabelais d’être un écrivain n’ayant pas le grand style parce que trop contaminé par la vulgarité de la plèbe. En effet, le grand style se veut le contraire du Peuple. Flaubert, entenant quelques vestiges du grand style, vomissait sur la Commune et il avait raison. La vrai grand style est anti-démocratique. Lâcher la bride au peuple et il se met à chier partout comme les chiens livrés à la rue. Au moyen age , il fallait bien la caste des prêtres, des évêques et du souverain Pontife pour tenir la bride à cet animal. Dès qu’on lui enlevait sa laisse alors c’était pour se rouler dans sa fiente et son fumier. C’était là certes une action charitable de la part des aristocrates qui le gouvernait que de le laisser parfois s’adonner à ses débauches, Aujourd’hui , où trouvera t-on la caste des aristocrates dont la tâche est de tenir le peuple en laisse ? Certainement pas chez les politiciens démocrates dont les campagnes électorales sont toute vautrées dans la basse flagornerie de la démagogie. c’est inévitable, qui veut plaire au Peuple doit se vautrer dans la boue. la démocratie ne dégage aucun modèle mais que des caprices contingents. L’aristocrate, lui, n’est pas là pour plaire au peuple, il est là pour le commander et lui imposer sa loi. car la loi du peuple, c’est la loi du ventre, de l’anus et du méat et contre cette loi, le vrai grand style institue la contrainte, le retenue, la litote et la maîtrise. Mallarmé, Valéry, voilà le raffinement du grand style, Rabelais, Zola et Céline voici l’outrance et le débordement qui pue la populace. Contre l’écoulement du délayage inutile, le grand style veut le barrage bloquant les scories. Contre le fleuve qui charrie les ordures, le grand style veut le filtrage laissant passer l’eau purifiée. Le peuple est boursouflé, emphatique, débordant, comme ces clameurs de crétins sur les estrades entourant d’autres crétins qui tapent dans un ballon.La prise de la Bastille est une exemple typique de cette saleté de la bassesse populaire. Une foule avinée prenant d’assaut une forteresse où il n’ y avait plus personne, qu’un évènement ausi dérisoire soit devenu fête nationale en dit assez long sur la déchéance d’une culture dès l’instant où celle-ci veut fonder se légitimité sur le peuple en célébrant son comportement vil et sordide. Le grand style c’est là, la forteresse autrement plus consistante à laquelle part d’assaut l’aristocrate. Le grand style est solitaire, hautain , distant et anti collectif, et une fois prise cette forteresse, l’aristocrate se mure dedans et du haut de ses remparts, il donne l’ordre de tirer sur la foule des croquants méphitiques.

  43. Fructidor says:

    gggSale pourriture de gros con de facho, Dommage en effet que les charivaris n’existent plus, ça permettait sûrement de se défouler en allant bombarder de tomates et d’étrons les racailles comme toi. Tu te crois donc autorisé à mépriser la « populace » mais toi t’es qui au juste ?!?!? Espèce de grosse enflure bien planquée derrière son écran d’ordinateur qui ne lui sert qu(à taper ses conneries. A Sao Paulo, les riches circulent en hélicoptère au dessus de la ville pour ne pas avoir à se mêler au peuple qui lui, circule dans les rues. Les minables taches dans ton genre qui se disent aristos, sont là, dans l’air impalpable, complètement exsangues parce qu’ils ont perdu le contact avec la terre, avec la vie, avec l’instinct, bref avec l’en bas de la force vitale. C’est vous autres les authentiques décadents nihilistes.La surhumanité c’(est dans la rue qu’elle se fait contre les sous-merde de sous-hommes auxquels tu appartiens et les bastilles où vous trainez vos existences ratées pourraient bien tomber un jour. C’est ce que voulaient signifier les charivaris d’autrefois. Justement la contingence! Vous êtes persuadés que votre système est nécessaire mais il n’est pas plus nécessaire qu ‘une mouche sur un tas de merde. Elle est là; l ‘instant d’après, elle n’y est plus. .A n’importe quel moment tout peut se renverser. Le roi devient mendiant et le mendiant devient roi, l’âne devient philosophe et le philosophe est envoyé à l’étable.. Un de ces jours, les « croquants méphitiques » pourraient bien foutre en l’air ta forteresse réputée imprenable et ta tête pourrait alors se retrouver fichée sur une pique comme celle à Delaunay.

  44. ICHTHUS says:

    « A n’importe quel moment tout peut se renverser. Le roi devient mendiant et le mendiant devient roi… »

    Avec tes révolutions « rouges » les rois sont peut-être devenus des mendiants mais les mendiants ne sont sûrement pas devenus des rois, ils n’ont été que de pauvres numéros manipulés par des parodies de rois.

     » l’âne devient philosophe et le philosophe est envoyé à l’étable..  »

    J’en conclus que ta révolution a déjà eu lieu car ce que tu me décris là, c’est tout simplement l’univers des médias

  45. Falcophil says:

    en tout cas Nietzsche chez une marxiste , c’est un peu détonnant. Curieuse mixture !

  46. Fructidor says:

    gggNon pas « détonnant » mais « détonant » , avec un seul « n » car la mixture en question peut exploser à tout moment, elle a pour nom « nitoglycérine »

  47. Falcophil says:

    avatar3Bigre! ça va donc chauffer entre Ichtus et toi. Je m’en vais quant à moi chercher le Mont Testaccio au sommet duquel je m’assierai pour compter les points

  48. Clash says:

    péculEntre Ducon-Ichthus et toi , je préfère encore le premier, lui, sur le plan politique, a du moins le courage de prendre position !

  49. Falcophil says:

    Entre droite rigide et gauche fanatique, je refuse en effet de choisir mon camp !

  50. Clash says:

    Exprimé autrement, tu te places au point où les couleurs se mélangent pour former une teinte pâlotte, ce n’est pas du rouge mais du rose bombon avec un peu de bleu délavé

  51. Falcophil says:

    Il ne s’agit pas d’une position centriste entre droite et gauche mais d’une position médiane entre extérieur et intérieur, à ne pas vouloir dépasser le plan politique , on reste superficiel.

  52. Cristina says:

    Le bonhomme ICHTHUS (A moins qu’il ne s’agisse encore de Monsieur Falcone toujours en proie à ses dérapages schizophréniques ?) prétend donc être en droit de penser que l’amour du grand art doit nécessairement passer par le mépris du peuple considéré comme inculte, grivois, tapageur et qui n’apporterait que parodie décadente là où l’aristocrate ne mettrait que du raffinement et de la délicatesse. Je dirais pour ma part que le rire apporté par la parodie, ce rire un tantinet vulgaire, et qui sent la bonne grosse farce, je l’assimile à cette bonne santé du wisigoth qui venait balayer le romain engoncé dans l’artifice de sa culture émolliente et valétudinaire.
    Le sursaut de santé conte la décadence vient en grande part du rire et de son chahut provocateur. Ce sont les raffinés qui sont les maladifs. Contre un Mallarmé qui s’enfonce dans l’impuissance du langage se dressent les flots de la parole éructante et ordurière d’un Céline. La décadence vient essentiellement de l’esprit de sérieux, c’est lui qui nous conduit aux pires catastrophes, qu’est ce donc qui conduisit au carnage de la guerre des tranchées ? l’esprit de sérieux, de celui qui nous parlait toujours d’honneur, de patrie, de vrai, de beau, de bien, d’idéal, esprit de sérieux contre lequel il ne pouvait y avoir de regain que par la dérision rigolarde de Dada.
    Le rire est offensif parce qu’il affronte le côté sombre et tragique de notre condition, il est thérapeutique et salvifique parce qu’il neutralise ce qui nous faisait peur en nous montrant que cela n’avait rien d’effrayant parce que cela n’était tout au plus que ridicule. Loin donc de relever d’un “niveau inférieur de la vie” comme cela fut affirmé dans le dernier billet, le rire procéderait plutôt d’un état supérieur de la conscience. Pas de conscience plus aiguë que le rire provoqué par les “pantins lunaires” d’un Beckett. Le Moi atteint ainsi sa quintessence qui est la faculté parodique ou pour mieux dire, le Moi parodique qui n’est qu’une forme du grand Moi cosmique.
    Finalement, ce qui doit vous gêner dans le rire, c’est qu’il pointe le ridicule de l’homme, le ridicule de sa condition; vous le voyez grand, le rire le voit stupide. Mais l ‘homme n’est vraiment grand que lorsqu’il se sait ridicule et c’ est lorsqu’il se croit grand qu’il devient alors vraiment ridicule. C’est pourquoi d’ailleurs le rire émane plus spontanément du peuple, parce que l’homme populaire est sans prétention et qu’il se gausse des pédants tels que vous qui se prétendent supérieur mais qui au fond ne dégagent que remugle à force de vivre enfermé dans leur pauvre petit bagage intellectuel. Au grand art que vous percevez comme aristocratique, il manque ce quelque chose par défaut duquel il m’apparaîtrait plutôt comme sans vie et guindé. Ce quelque chose serait la bonne et franche rigolade de la plèbe, de cette plèbe si bien peinte par Brueghel débordantes de gaieté impudique

    Brueghel

    et contrastant avec cette raideur artificielle des danses aristocratiques.

    fytfytdyocfoèydg166
    Robert Crumb « Mister Nostalgia »

    C’est la bonne et franche plaisanterie qui permet l’éclosion du véritable élan créateur. Ne prenons pas trop l’art au sérieux, mettons-y plutôt ce détachement de la plaisanterie, nous n’en sortirons que plus libre et moins vulnérable. Le fait que l’on ait jamais représenté le Christ en train de rire, serait assez représentatif de la mélancolie malsaine que traîne cette religion qui sur ce point a pris le relai du platonisme. Le Bouddha du moins sourit toujours mais le Messie que j’attends c’est avant tout un Dieu qui rigole. Le curé d’Ars entendait paraît-il mettre fin aux paillardises paysannes, ce en quoi la castration du saint homme est horripilante et que je lui préfère l’ érection de l’homme sain. Car je suis ainsi nous dit cet homme, bouffeur, buveur, baiseur. Pourquoi me dissimuler à moi-même ? Je suis ainsi parce que je suis la vie. Et Je ne me sens point diminué ainsi parce que je ne suis pas embourbé dans de prétentieuses cuistreries et de vaines mortifications. Peut-être n’acceptez vous pas vous-même de vous trouver ridicule, sans doute êtes vous trop imbu de votre personne, sans doute vous attribuez vous des qualités que vous n’avez pas, alors, sans doute accepterez vous mal que l’on puisse rire des autres parce que vous vous dîtes que c’est peut-être avant tout de vous que l’on rit.

  53. Thierry says:

    Je me demande au fond si vous tous qui parlez tant du rire, savez vraiment de quoi vous parlez. quand on rit, quand on rit souvent, on n’a aucune envie de parler du rire, on rit, un point c’est tout. Si vous aimez tant disserter sur le rire, c’est qu’il doit y avoir longtemps que vous n’avez pas vécu de bonne et de franche rigolade. Ce qui est vrai pour le rire, l’est aussi pour la création artistique ou l’activité sexuelle, lorsqu’est tarie la source vitale qui donne naissance à toutes ces réalités, ne reste plus que la consolation de la simulation, de l’artefact et du virtuel laquelle dans vos cas se résume à faire des mots et à jongler avec des concepts.

  54. Falcophil says:

    C’est qu’il faut bien l’esprit de sérieux pour expliquer que le rire est supérieur au sérieux. D’ailleurs, en un certain sens tu n’as pas tort. A quoi bon justifier le rire puisque celui qui rit a toujours raison, ne tenant jamais compte de tes propres raisons et se tenant toujours à ton égard en position de mépris, d’indifférence voire d’agressivité. Inutile même de raisonner contre le rieur, il ne t’écoute pas, trop occupé par son rire ainsi que trop borné par la suffisance du point de vue simpliste que lui donne sa gaieté.

    rircom

  55. Sophie says:

    « Finalement, ce qui doit vous gêner dans le rire, c’est qu’il pointe le ridicule de l’homme, le ridicule de sa condition; vous le voyez grand, le rire le voit stupide »

    J’aimerais tout de même que Cristina me dise ce qu’elle entend par ces termes. « Ridicule » et « stupide » par rapport à quoi ? Au regard de quel critère trouve t’elle « ridicule » la condition de l’homme ?

  56. Cristina says:

    Un critère que je qualifierais de « Pascalien ». Mais il s’agirait plutôt d’une parodie de Pascal, il trouvait « effrayant » les espaces infinis moi je dirais plutôt que ce sont eux qui m’autorisent à trouver l’homme « ridicule ». La parodie nous met face à notre ridicule pour neutraliser notre frayeur.

  57. Sophie says:

    Philippe s’est donc trompé sur votre compte, vous n’êtes pas aussi frivole que ça puisque vous avouez que quelque chose vous fait peur.

  58. Cristina says:

    Quand la profondeur n’est plus pensée mais sentie, elle quitte alors le jargon du philosophe pour un jeu d’acteur où elle apparaît sur les planches avec un masque qui s’appelle « frivolité », il ne s’agit là que de quitter un néant qui donne la densité mais que l’on subit pour un néant donnant l’inconsistance mais que l’on a choisi.

  59. Falcophil says:

    Je constate que le grand zénith n’aura pas duré longtemps, le sud et le soleil d’août sont désormais très loin, à midi et une seconde, le pieu enfonçé bien en terre déjà commence à projeter son ombre. Tout cela n’était que trop prévisible.

    vvvvvggg

    Je serais en revanche plutôt étonné par vos propos sur le masque et le jeu d’acteur. Je n’aurais sur ce point qu’une question à vous poser : que cherchez vous au juste dans la culture ?

  60. Cristina says:

    Je crois vous l’avoir exposé, une détente et un plaisir

  61. Falcophil says:

    En ce cas, vous ne devez pas être trop exigente, De Funès ou Jean Marie Bigard devraient vous suffire

  62. Cristina says:

    A leur niveau , ils donnent en effet du plaisir, vous en avez déjà parlé, et je ne vois pas où est le problème.

  63. Falcophil says:

    Si je comprends bien, vous placez Bach et Bigard sur le même plan dès lors que tous les deux vous donnent du plaisir ?

  64. Cristina says:

    Le premier donnera sans doute un plaisir plus fort que le second, et encore, je parle de mon point de vue qui n’est sûrement pas le point de vue de tout le monde!

  65. Falcophil says:

    A ce stade, la culture devient un bric à brac où le plus grand cabaret du monde peut très bien côtoyer Racine, je comprends dès lors que vous prisiez tant le rire, la culture est finalement pour vous quelque chose qui se rapprocherait assez d’un centre commercial

  66. Thierry says:

    Et pourquoi pas ? Effectivement, où est le problème, ?

  67. Mimosa says:

    Il me semble qu’à cet égard, un thème intéressant de discussion pourrait porter sur l’actuelle expo Murakami à Versailles. Est-il légitime de placer sur le même plan création ludique de souche populaire et création « aristocratique » ? Je réponds à priori que oui. Le caractère festif de Versailles le rend finalement aussi ludique que Murakami. Et puis , je vois là , d’autre part, une intéressante opposition entre cette spontanéité populaire et la langue artificielle de la gente réputée « cultivée », ce qui est très bien illustré par cet extrait d’une BD de Crumb montré plus haut. C’est le stéréotype du rituel de la culture savante avec toutes ses ennuyeuses références mythologiques qui se trouve ici percuté par le « vulgus » de la langue de l’instinct naturel dont la vigueur conserve encore suffisamment de racines au sein du monde de l’enfance pour jeter ses « étoiles dansantes » dans l’espace vermoulu de la vieille Europe

    Murakami

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