( mai 13, 2010 )

Sur le rire et sur le reste….

Il avait donc été promis une réponse à Clash qui la fois dernière s’était permis de me reprocher d’ être dépourvu de la grande qualité du rire, ce qui selon lui ne pourrait que traduire un autre type de déficience. Entendons nous bien, je n’ai aucune hostilité de principe à l’égard de l’humour dans lequel je verrais plutôt moi aussi le pudique refuge de quiconque refuse d’étaler l’incongruité du ton geignard. Si toutefois l’intervention de Clash mettait les zygomatiques en rapport avec le bas ventre,

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je note également qu’une

feuille de chou récente les place quant à elle en rapport avec le porte- monnaie

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Sexe , argent et rire, nous aurions donc ici la sainte trinité du monde moderne, tout cela ne faisant quoiqu ‘il en soit que confirmer ma méfiance envers le rire qui n’est trop souvent que manifestation de trivialité, de superficialité , d’esprit grégaire et de sécheresse du coeur.

Un individu tel que Clash démontrerait en tout cas que l’on rira d’autant moins que l’on se hissera vers les émotions les plus fines et d’autant plus que l’on descendera vers les sensations les plus grossières.

C’est essentiellement cet aspect dégradant du rire que veut exprimer cette oeuvre de Jacques Mauduit,

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(Jacques MAUDUIT, crucifixion, 1940)

Ici, le rire relève de la bêtise et du caractère impitoyable du groupe parce que c’est toujours en groupe que l ‘on rit et la plupart du temps, au détriment de l’homme seul dont la souffrance laisse indifférent.
Spinoza disait : « Ne pas rire, ne pas se moquer mais comprendre ». Il y a donc de la paresse et de la déliquescence dans le rire qui est au rebours de l’effort intellectuel, un peu comme la différence séparant la pente sur laquelle on se laisse glisser de la falaise que l’on escaclade. On rit d’autant plus que l’on ne comprend rien et que l’on ne veut pas fournir le moindre effort pour essayer de comprendre, Aristophane et d’autres poètes comiques grecs riaient ainsi de Socrate parce qu’ils ne faisaient que reprendre les préjugés que le conformisme ambiant nourrissait sur le penseur, tout comme aujourd’hui de médiocres esprits se gausseront d’un homme

Ben

dans la mesure où précisément, ils ne comprendront rien à la subtilité de son discours.

Mais au delà de cette bêtise et ignorance que le rire traîne à sa suite, ce que nous voudrions ici souligner c’est d’une part, son aspect anti-aristocratique et, par ailleurs, son caractère de simulacre.

Concernant le caractère anti-aristocratique du rire, il suffira de proposer un bref survol de l’histoire de l’art, en nous demandant tout d’abord à quel moment les artistes ont commencé à s’interesser au rire.

Dans la statuaire grecque ont ne rit jamais

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sauf peut être quand on est un satyre

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autrement dit, un être impudique et vil. De même, dans l’art chrétien, c’est en enfer que l’on rit, les anges eux sont dignes et solennels.

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(Van Eyck: polyptyque de Gand)

Rappelons au passage que s ‘il est effectivement dit dans les béattitudes « Heureux vous qui pleurez maintenant car vous rirez plus tard », il s’agit cependant d’un rire surnaturel, impossible à représenter parce que sans aucun rapport avec le rire de l’ ‘ici bas dont la cause procèdera surtout de la surexcitation nerveuse, du tremblement frénétique, de la distraction frivole, de l’à priori imbécile ou encore du plaisir de rabaisser autrui pour mieux oublier la nécessité de se corriger soi-même. Le texte de saint Luc ajoute d’ailleurs, « Malheur à vous qui riez maintenant car vous serez dans le deuil et dans les larmes « . C’est pourquoi le péché sera représenté par les faces ricanantes entourant le Christ aux outrages

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(Jérôme Bosch: chemin de croix)

lequel demeure bouche fermée, tout comme il ne répondait rien à Hérode lui demandant qu’il s’ exhibât comme un phénomène de foire. Un athlète grec

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(Lysippe: l’Agias de Pharsale)

porte cette même gravité que l’ on retrouve dans les figures grandioses et sereines des christs pantocrator,

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(Christ pantocrator: Cefalù, cathédrale)

imprimant au visage ce scellement qui tel un écrin enveloppe les profondeurs du soi. Ce fut une question dont débattirent certains théologiens que de savoir si le Christ riait. La réponse était en général négative, il n’ était ni triste, ni gai mais certainement qu’il souriait. De fait, une divinité grecque ou une madone et son enfant pourront tout au plus sourire mais rire, jamais et s’il existe certes des bouddhas riants

ils me font personnellement davantage l’effet de gros imbéciles que de véritables sages.

Il semble donc bien qu ‘en principe, les sociétés traditionnelles, d’essence aristocratique, sacerdotale et liturgique ne voyaient qu’avec mépris l’image de l’homme riant. En application de la dichotomie de Wollflin, forme fermée forme ouverte, on pourrait dire que le rire rebute le classique parce que celui-ci veut maintenir l’intériorité par la solidité de la forme, alors qu’il attirerait plutôt le baroque qui veut délaisser l’intériorité pour dissoudre la densité de l’être dans le magma de l’expression. C ‘est par le recul de l’esprit sacré et par l ‘avancée du monde profane et bourgeois que l’on commence à percevoir le rire comme digne sujet d ‘une oeuvre d’art, ce qui explique pourquoi l’on voit, à partir du XVIIème siècle, c’est à dire l’époque baroque, émerger ce type d’oeuvre où la forme tend à se relâcher

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(Rembrand)t

ou sinon à s’ouvrir d’une béance tapageuse d’où suinte une humeur sale,

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(Velasquez: « les ivrognes »)

comme un anus qui se fend pour déféquer.

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(Adriaen Brouwer)

Mettre en effet le rire en rapport avec le profane et le trivial ne peut éviter de le relier au fécal en ce qu’il porte frequemment avec lui vent méphitique et coprophilie,

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(Reiser: « Gros dégueulasse »)

rien de plus normal, rire soulage de ce qui pèse sur le coeur comme déféquer libère ce qui oppresse le bas-ventre.

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Il n’est que de rappeler qu’après la mort du dernier grand tragique grec, le scatologique s’impose sur la scène au travers d’Aristophane. Sur le plan plastique, c’en est alors fini de ces grandes oeuvres sculpturales où le grec excellait dans la quiétude virile de la mesure. Bornons-nous pour l’instant à constater que lorsque triomphe le rire au théâtre grec, la statuaire héllène donne la sensation de l’ instable et du gracile avec Praxitèle tout comme elle deviendra expressive et tourmentée à partir de Scopas,

Scopas

Nous avons dit que la thématique du rire comme sujet en soi s’impose au XVII ème siècle, pour la peinture du moins car il faut rappeler qu’au siècle précédent Rabelais en faisait le propre de l’ homme ainsi que la matière même de son oeuvre. On connait toutefois les défauts de l’écrivain, manque de mesure et de retenue allant de paire avec un relâchement des sphincters, raison supplémentaire pour se méfier du rire du fait de ces risques fréquents d’ écoulements malséants accompagnant l’élasticité faciale. Qu’est ce en fait qu’un visage hilare ? Un dessinateur réputé pour son rire bruyant l’a très bien exprimé dans ce portrait

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(Roland Topor)

Un rictus, une figure qui se crevasse, des rides qui se forment, des yeux exorbités ou plissés, bref un ensemble qui perd de sa cohésion et qui manifeste quelques prémisses de désagrégation. Le rire est proche de la décomposition, rire c’est montrer ses dents et montrer ses dents c’est déjà faire voir un petit bout de son squelette, une tête de mort semble figée dans un rire perpétuel,

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(Damien Hirst)

pas étonnnant donc que Rembrandt se représente riant à la veille de sa mort , entre le jeune homme ardent et fier et le vieillard ratatiné, revenu de tout,

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nous trouverons, là encore, la différence séparant la noblesse de la caricature. On pourrait de fait établir des relations entre rire, décomposition et caricature. On comprendra mieux alors pourquoi le XVIème siècle qui au travers de Rabelais place le rire au centre de la vie est aussi celui qui au travers de Leonard de Vinci invente la caricature.

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Si l’on atteind le pinacle du sublime avec Léonard, c’est encore avec lui que semble s’amorcer la descente par la « profanation du visage « selon l’heureuse formule de René Huyghe. Car il s’agit bien ici de passer du sacré au profane et par le profane de se laisser glisser vers toujours plus de rire et donc vers toujours plus de laideur et de trivial. Déjà au Moyen-Age le peuple parodiait les rites par les charivaris et autres simulacres de cérémonie sacrée où la merde remplaçait l’encens. Une évolution plus radicale s’opère alors avec Rabelais

rabelais

car ce qui n’était jusqu’à maintenant que défoulement passager ou symbolique du repoussoir sera systématisé dans une oeuvre. Chez Rabelais, la pisse, la vesse et la merde sont revendiqués comme droit au libre épanouissement et l’on commence alors à se détourner de l’abîme du divin pour lui préférer les délices de l’orifice anal. Aux propos « torcheculatifs » d’un Pantagruel, répond un siècle après l’art de la flatulence exposée dans le « Simplicius Simplicissmus » de Grimmelhausen. C ‘est qu’au XVII ème le trivial semble se défouler comme jamais et, avec lui, l’inévitable parodie. Telle sera en particulier la vogue picaresque où le vaurien remplace le chevalier, les combats d’épée devenant des bastonnades, la noble dame une fille de joie et le Saint-Graal n étant plus qu’un pichet de vin. Le portrait de ce médecin examinant de l ‘urine

Visite
(Gabriel Metsu)

est donc bien représentatif de ces temps nouveaux où la science fait chuter la connaissance vers une extériorité de niveau inférieure.

L’importance croissante accordée au rire est donc proportionnelle à la montée du profane, profane conquérant ou pour le dire autrement, au triomphe de la vulgarité. Cette contamination du monde par le profane sera en rapport inverse avec le retrait de son antithèse, le sacré liturgique et sacerdotal ainsi que de l’ aristocratisme qui l’accompagne. Sur ce point, si les temps modernes naissent en bonne partie avec Rabelais, ils auront, de façon plus importante encore, leur racine chez un autre grand nom du XVIème

Luther
(Lucas Cranach)

Je ne sais trop si le réformateur prisait beaucoup le rire mais c’est un fait qu’ à l’instar de Rabelais, il aimait beaucoup les gazs et les étrons, il n’est que de voir les gravures immondes contre l’Eglise romaine qu’il compléta de sa signature

gravluth

Ce n’est donc pas un hasard si les temps modernes s’amorcent avec ces deux obsédés de la déjection. Pour Luther et Rabelais, il n’ y a pas de saint mais uniquement l’homme qui chie. Pour Luther, la merde est une fatalité parce que l’homme ne peut s’extraire du péché, pour Rabelais, la merde est bonne parce qu’elle est signe de la mécanique bien huilée de la nature, la pure immanence commençant alors à recevoir l’exclusivité du regard. Dans le deux cas, l’homme, durant sa courte vie terrestre, ne pourra prétendre à rien d’autre qu’à ses basses fonctions , nutritionnelles, sexuelles ou fécales.

Limiter l’homme à ses activités de dégorgement ou d’accumulation,

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ne pouvait ainsi que donner toutes ses chances à la dérision impliquée par le rire. Les temps dit modernes inaugurent le temps du grand rire parce qu’ils tirent le rideau sur l’homme et sa grandeur. Plus de grandeur tragique avec Rabelais, ses géants coïncident avec l’avènement du nain, le médiocre s’impose alors au sein de mascarades d’épopée que les swift et autres Céline se feront un plaisir d’exploiter. Sauf rares exceptions dans le domaine musical , un déplorable appauvrissement de l’art sacré après Luther, du moins dans les zones de mouvance protestante. Dans l’esprit calviniste, l’art sacré n’est qu’une vaine prétention orgueilleuse visant l’absolu, la mystique alors sera détournée du ciel pour se fixer sur le terre à terre du labeur quotidien. Quand l’homme est ramené à cette nécessité de boire et de manger, ne nous étonnons pas si, en dépit de cette dégénérescence d’ascèse apportée par le calvinisme, l’artiste bascula dans le prétexte de l’hypocrisie moralisante par laquelle la bouffonnerie du sordide devait jaillir tôt ou tard

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(Jan Steen)

C’est pourquoi, puisqu’il est ici question d’hilarité, je saisirai l’occasion de rire à mon tour en évoquant Zardoz qui nous présentait, dans son billet de la fois dernière, la peinture hollandaise comme une version séculière du sacré qu’aurait inspiré le calvinisme. Séculière oui mais sacrée, certes pas. Lui même d’ailleurs le notait, plus de madone mais une femme cherchant des poux dans les cheveux de sa fille, plus de prêtres mais des savetiers, des remouleurs ou des tenanciers. Les débauches, beuveries, bagarres,

Brouwj
(Adriaen Brouwer)

escroqueries, scènes de bordel ou misérables détails du quotidien dans les bauges et les bouges seront désormais parmi les thèmes préférés des maîtres hollandais lesquels hormis deux ou trois exceptions peineront à hisser leur peinture vers ce complément de surréel que doit nous inspirer cette juste intuition d’incomplétude et d’insuffisance causée par un réel séculier voulant demeurer refermé sur sa stricte autonomie.

c ‘est alors le temps de l ‘homme déchu parce que réduit à la pure immanence laïque, ce qui devait prêter d’autant plus au rire que cet homme abdiquant progressivement toute aspiration au surnaturel, jamais ne manifestera autant d’orgueil et de suffisance à l’égard de sa pauvre personne. .
La fête vue par Véronèse avait encore quelque-chose de cette dignité dont le classique auréole tout ce qu’il dépeint

Veronese
(Les noces de Cana)

mais vue par un baroque,

Jordaens
(Jacob Jordaens: »Le festin des Rois » )

elle ne tardait pas à sombrer dans cet attrait pour l’infâme dont on allait de plus en plus désormais se repaître. Certes, ne jetons pas trop la pierre au calvinisme, s’il précipita largement la déchéance des temps ultérieurs, c’est que l’époque était d’une manière générale depuis un certain temps prête pour l ‘ère de l’ « âge sombre », ère du grand rire coincidant avec la perte du grand style.

Nous en venons au deuxième aspect de notre propos, le rire et son simulacre. On riait certes autrefois. A en en croire Régine Pernoud, l’homme médiéval riait de tout et pourtant nous avons vu qu’ il faut attendre les temps modernes pour que le rire devienne sujet artistique. Philosophiquement , il faudra même attendre 2000 ans puisqu’avant Bergson aucun penseur n’avait songé à écrire un ouvrage entier sur le rire

C’est pour les besoins de sa démonstration qu’Umberto Eco imagina un « traité sur le rire » d’ Aristote que pourtant jamais le stagirite n’avait composé. On ne s’est jamais donc autant interessé au rire, on n’a sans doute jamais autant voulu rire. La feuille de chou citée plus haut nous dit que c’est pour oublier notre angoisse liée aux caprices des marchés financiers ce qui sans doute n’est pas faux mais davantage d’analyse ferait alors découvrir que le rire est surtout lié à l’impuissance. Les marchés financiers sont une mécanique, Bergson

analysait le rire comme une revanche de la vie contre la mécanique mais qu’il nous soit autorisé cette légère correction par laquelle nous parlerons de petite revanche de l’esprit contre notre impuissance quotidienne. Nous l’avons vu, le rire prend de plus en plus d’importance au regard de ce sentiment de l’homme impuissant et déchu, le ‘ » temps de l ‘age sombre », notre temps, le temps qui débute en gros aux XVème et XVIème siècle, le temps où advient le mécanique. La prédominance de la mécanique et de la technique allaient en effet créer toujours plus de simulacres et de réalités artificielles détournant chaque chose de sa vocation initiale de par l’obsession pour les moyens au détriment des fins poursuivies. Quand disparaît le surnaturel, c’est le naturel qui tôt ou tard tourne à l’anti-naturel et l’anti-naturel toujours prête au rire, ainsi pensait Chesterton qui s’y connaissait fort bien en matière d’humour. Le protestantisme avait fait de l’homme un pantin métaphysique en lui déniant toute faculté de libre arbitre, la science en fera un pantin mécanique en le voyant comme pur résultat des forces naturelles. Ce que Léonard étudie au travers de ses dessins, c’est déjà une mécanique et si Rabelais insistait tant sur le fécal c est que le médecin qu’il était, autrement dit l’homme de science, réduisait l’essentiel de l’homme à un mécanisme physiologique. Ce que Arcimboldo s’amuse à faire dans ses peintures

arcim4 saisons

relève d’un libre jeu combinatoire où les éléments de la nature sont réassortis comme les pièces détachées d’une vaste mécanique. Le monde n’est plus soutenu de présence surnaturelle, il est cette mécanique au bout de la lorgnette d ‘un Galilée. On sait combien le Matérialisme du XVIIIème siècle dit « mécaniste » aura la passion des automates, ce qui naît au XVIème siècle, c’est donc le pantin, non seulement au travers du scientisme mais aussi au travers de la création de la commedia dell’arte, les temps étaient donc venu pour la grande parade des polichinelles, des pantalons et autres Capitans,

qui ne cesseront d’inspirer les générations ultérieures d’artistes et d’écrivains, depuis Molière aus clowns modernes, en passant par les marionnettes de Voltaire ou de Jarry, réduisant l’humain à une mécanique gestuelle ou langagière sans grande épaisseur psychologique.

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Schopenhauer voyant le monde comme la mécanisme d’une boite à musique d’où retentit chaque fois la même ritournelle, reliera précisément l’histoire à la commedia dell’arte où de siècle en siècle reviendront toujours les mêmes lazzis et les mêmes coups de pieds au cul, Tartaglia n’ ayant jamais plus de conscience, ni Colombine plus de moralité, ni Brighella plus de courage..

Mais laissons là les lettres et reprenons un peu l’histoire de la peinture en ce XVI ème siècle où nous l’avions laissée. Au siècle suivant, nous voyons se confirmer cet attrait pour le rire et c’est alors que l’on peut noter qu’ à mesure que l’artiste se dépeint riant ou rieur

img127 (Jean-Etienne Liotard: autoportrait)

quelque chose change peu à peu dans l ‘idée qu’il se fait de lui-même. D’ humble mais de génial artisan qu’il était jadis, voire de saint ou de seigneur, il tend de plus en plus à devenir

ducreux1 (Joseph Ducreux: autoportrait en moqueur)

l’être grotesque qui entre en scène pour endosser le rôle du bouffon. Quelques décennies plus tard, un médiocre tableau d’un artiste à juste titre oublié

img126 (Péguilly l ‘ Haridon: Pierrot présente à l’assemblée Arlequin et polichinelle)

eut néanmoins à son époque une forte résonnance. De Baudelaire aux frères Goncourt, on le prît en référence afin de rappeler la nécessité pour l’artiste de capter l ‘esprit du temps. Mais il était moins question d’esprit que de temps car il s’agissait de dépeindre avant tout l’heure venue de l’instabilité d’un monde à l’ombre du grand rire. « Monde  » serait beaucoup dire, parlons plutôt du spectacle et de ses pitres.
Le Christ inspirait les artistes de jadis, le clown fascinera beaucoup plus les créateurs d’aujourd’hui, de Daumier à Fellini, en passant pas Lautrec ou Buffet. Au XIX ème siècle , si l’argent roi triomphe avec Guizot (Encore un protestant!), le pitre roi triomphe avec Debureau.
Notons que si l’artiste moderne présentera certaines propensions à être représenté sous les traits du pitre

img129 (Robert Capa : Picasso)

Jamais en revanche il ne montrera de clown riant. Cette photo de Bruce Davidson

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est fort bien représentative de la façon dont l’artiste perçoit le clown, on est de plus en plus attiré par le rire parce que le rire et la joie se sont abstenus de venir, on ne représentera donc pas le clown parce que l’on a envie de rire mais parce que l’ on perçoit tout le faux-semblant du rire.

P1070526e (Paul Orcian: 1993)

L’artiste contemporain, à l’instar de Lautrec ou de Picasso, sera désormais plus à l’aise au coeur du cirque avec les clowns, qu’au voisinage de la théologie avec les prêtres. On pouvait autrefois être moine et artiste, comme Andrei Roublev ou Fra Angelico, on préferera aujourd’hui être artiste et pitre comme Ben ou Cattelan.

(Maurizio Cattelan)

L’idéal de Fra Angelico était de vivre avec le Christ pour mieux le peindre, Van Gogh pourrait encore, à la rigueur, être appelé le christ de la peinture, on sait pourtant que déjà Lautrec aimait à se déguiser en clown, en cela lointain ancêtre de Cindy Shermann et de certaines prestations actuelles où l’artiste en se laissant bombarder de tartes à la crème revendique clairement son rôle de pendant clownesque de la figure salvifique.

img132 (Pierrick Sorin: portrait de l’artiste entarté, installation vidéo)

Au coeur de cette déchéance, il était finalement 2 attitudes possibles, l’aristocratique ce sera celle d’un Stendhal ou mieux encore la manière d’un Paul Valery proposant le minimalisme épuré de son Monsieur Teste s’abstenant du moindre geste pour mettre à bas le pantin mais l’on réagira surtout par le rire. Entre Fabrice del Dongo et Bouvard et Pécuchet, triompheront les clowns, la dérision sied mieux à un monde qui ne croit plus au surnaturel. Le Christ dépassait le système en s’offrant comme holocauste, le clown, version moderne du Christ ne dépasse pas le système mais s’offre à lui en miroir par la singerie.

Chardin
(Chardin: le singe peintre)

Le clown singe en effet la mécanique, Le théâtre porté à sa suprême mécanique sera le vaudeville, mécanique du quiproquo à propos de la mécanique sexuelle en cette fin du XIX ème siècle où le mécanique renforce toujours plus son emprise. Le médium lui même devient mécanique et ce faisant renforce encore la quête du rire au moyen du pantin toujours plus mécanisé, ainsi aurons nous le cinéma burlesque américain puis viendra le pitre qui revendiquera son statut mécanique, Andy Warhol star de la singerie sérigraphique tout comme les machines de Tinguely ou la cloaca de Wim Delvoye n’ auront elles-mêmes d’autres vocations que d’être d’autres singeries mécaniques.

Le Christ aurait sans doute pu sauver sa vie s’il avait accepté de faire le pitre pour plaire à Hérode, il savait cependant qu’il avait chose plus importante à sauver, à l’opposé d’aujourd’hui où l’on rêve de faire le con pour la gloire et l’argent parce que nous n’avons plus guère d’autre espoir que quelques instants de fou rire…..


(a suivre)

61 commentaires to “Sur le rire et sur le reste….” »

  1. Thierry says:

    Paraît-il que le Saint curé d’Ars fulminait contre ses ouailles quand il les voyait rire et qu’il leur avait interdit de danser. Tu devrais envoyer ton billet au Saint-Siège, peut-être que Benoit XVI proposerait ta canonisation !!!

  2. Falcophil says:

    Le curé d’Ars fulminait surtout contre les dépravations qu’Adriaen Brouwer se plaisait à décrire.

    adbrouw

    (PS: Je te croyais dans le Morbihan ?)

  3. Thierry says:

    Ton aristocratisme de parigo te pousserait-il à croire que la toile ne parvient pas jusqu’aux fins fonds de la province ?

    J’ai passé toute la journée à photographier dans un cimetière marin,

    vvvvvggg

    la pluie m’a poussé à revenir me réfugier dans un cyber-café. Tout çà me fout un peu le cafard alors je me console comme je peux, ne pouvant sûrement pas compter sur ta prose pour me remonter un peu le moral
    Tiens à propos de Florence Foresti mate un peu

    http://www.toutlecine.com/images/star/0026/00262216-florence-foresti.html

    elle me rappelle une fille que j’ai connue, chaudasse comme pas possible

    Ce qui me fascine c’est qu’ une gonzesse puisse être un clown tout en étant aussi baisable, une femme qui fait autant rire que bander, je trouve que c’est le top, en tout cas, j’échangerais bien quelques bon moments de rigolade avec elle ainsi que d’éjaculation entre ses cuisses contre une éternité avec ton Dieu ,

  4. Falcophil says:

    avatar3J’aimerais tout de même que tu n’éxagères pas trop avec ce genre de propos qui n’apportent pas grand chose au débat.

  5. Thierry says:

    C’était histoire de rigoler un peu mais c’est vrai que puisque tu n’aimes pas rire…Ce que je voulais simplement dire c’est que je ne vois pas ce qui peut te choquer dans la rencontre des zygomatiques et de la quequette, tout ce qui peut mobiliser les différents aspects de nos aptitudes vitales me semble être du meilleur aloi. C’ est Wilhelm Reich qui je crois disait que réprimer le  » bas-ventre » était le meilleur terrain d’election pour le fascisme, il en va de même pour le rire, la quequette et le rire sont finalement les meilleures armes pour lutter contre tous les autoristarismes. Le nom de la rose de Eco que tu évoques, décrit fort bien un système d’incarcération totalitaire, celui du monachisme médiéval où l’on n ‘a le droit ni de rire, ni de baiser et c’est ainsi qu’un moine pervers fait assasiner tous ceux qui veulent s’emparer de ce fameux traité sur le rire d ‘Aristote parce qu’il sait pertinemment que c’est le rire qui donne la connaissance, celle qui nous fait comprendre que rien n’est sacré, ou que plutôt, il n’y a de sacré que le rire parce que c’est le rire qui nous délivre de toutes les chaînes que l ‘ homme aime à se forger. Contrairement à ce que tu dis, le rire n’est pas anti intellectuel, moi je le tiendrais plutôt pour de l’intelligence pure, celle qui n’est entravée ni par la peur, ni par l’émotion, ni par les préjugés , ni par les tabous. Rire est une musique

    ep

    dans le sens où rire contribue également à l’adoucissement desmoeurs en créant des rapports de sympathies, mais le rire privé de cette réalité que tu méprises et que tu appelles le « bas-ventre », sera un peu comme une musique faite uniquement de rythmes et dépourvue de mélodie, autrement dit, une musique amputée, l’un et l’autre sont liés, celui qui rit sans baiser rira méchamment, celui qui baise sans rire sera sadique ou maso. Ton texte comme toujours est passionnant, fort bien écrit mais gâté par des outrances et des dérapages. je ne vois pas trop , par exemple, l’intérêt de ces attaques contre le protestantisme ni d’ailleurs le rapport entre le calvinisme et le thème du rire. J’ai pas l’impression que Calvin était un type qui aimait beaucoup rigoler,

    il me semble même au contraire qu’un art inspiré du calvinisme devrait aboutir à une certaine sobriété du fait de l ‘ iconoclasme prôné par son fondateur. La chose peut se vérifier dans maints exemples de l’art, il y a aura par exemple une abstraction très froide et très sobre quand elle émane d’un homme culturellement d’origine protestante, tel sera le cas d’un Mondrian ou alors, une abstraction plus lyrique quand elle naît dans un pays de culture catholique, ce sera celle d’un Mathieu ou d’un Bazaine. La même chose pourrait d’ailleurs se vérifier quant au cinéma, la frugalité iconographique des films de Jean Luc Goddard voire d’Ingmar Bergman pourrait s’expliquer par le terreau calviniste où ont grandi les intéressés alors que les films manifestant des débordement d’images, voire des outrances baroques comme ceux de Fellini s’expliqueraient par un contexte catholique. Mais, en tout état de cause, il y a un paradoxe dont tu n’as pas rendu compte de façon convaincante, comment expliquer que la peinture de genre hollandaise, née précisément dans une ambiance calviniste, moralisante, ascétique et austère ait pu diriger son intérêt vers des scènes de dévergondages telles que les beuveries dans les tavernes ou les débauches dans les bordels ?

  6. Falcophil says:

    avatar3 Je trouve assez significatif que tandis que tu me vantes la vitalité du rire, tu t’appliques à photographier des cadavres de navires sur les côtes de Bretagne. C’est une assez bonne confirmation de ce faux-semblant du rire dont il était question dans ce billet. Tout comme en est une autre cette information évoquée dans la feuille de chou citée dans l’article, concenant l’arrêt de maladie d’Anne Roumanoff causé par un surmenage. Je ne ris peut-être pas beaucoup mais en 20 ans de vie professionnelle je n’ai jamais eu aucun arrêt de maladie pour surmenage , ayant plutôt une certaine propension à tirer au flanc afin de m’adonner aux délices du dolce far niente. Ce ne sont pas toujours ceux qui blaguent le plus qui sont les plus « cool », bien au contraire, paraît-il qu(il n’y aurait pas plus stressé qu’un comique. Et quant à l’atmosphère de sympathie causée par le rire, méfie toi, lorsque tu connais uun peu mieux les plus rigolards tu te rends compte que ce sont les plus lourdingues, les plus insignifiants voire les plus vachards, ceux qui seront les premiers à te laisser tomber ou à te tirer une balle dans le dos. Les gens qui rigolent le plus sont toujours ceux dont je me suis le plus méfié, ce qui m’a évité bien des déceptions par la suite.

    La dichotomie Sobriété/ Protestatntisme, exhubérance/catholicisme reste des plus contestables . Le catholicisme de contre-réforme n’est pas tout le catholicisme, Un indéniable renouveau de l’art sacré, que l’Eglise Catholique a pu inspirer ces dernières années

    vitrailsoul
    (Soulages , vitrail, cathédrale de Conques)

    se caractériserait plutôt par un retour à un minimalisme de la vision et une certaine austérité cistercienne, voire à la sobriété de l’art chrétien du haut Moyen Age.

    cathev
    (Cathédrale d’Evry)

    Je te rappelle d’ailleurs que Van Gogh dont la peinture ne peut certainement pas être qualifiée de sobre était un ancien pasteur protestant ainsi qu’un fils de protestant, alors que Cézanne qui tenait à pratiquer un peinture plus méditative et plus mesurée était un catholique pratiquant. S’il fallait d’ailleurs rester dans le domaine du cinéma, on trouverait d’autres exemples qui contredisent ce que tu soutiens, Robert Bresson était un cinéaste catholique alors que ses films sont travaillés jusqu’à l’épure.Ce n’est pas sur ce genre de séparation discutable que le texte axe la réflexion mais sur une montée du profane dont le protestantisme était largement responsable. Aux temps dits « Modernes », nous voyons le rire prendre de plus en plus d’importances au travers de créations s’imprégnant de plus en plus de caricatural, de bouffonnerie ainsi que de parodie, parce que le rire n’est que la petitesse de la conscience livrée à elle-même. C’est pourquoi, il prend de plus en plus d’ampleur quand l’homme se détache de la tradition, au profit de sa seule subjectivité et de sa seule impression, c’est alors que le rire tend à remplacer le rite. On ne peut nier que cela soit contemporain de la naissance du protestatntisme tout comme le protestantisme est lui même contemporain de la montée en puissance des négociants. La caste des marchands en rivalité avec l’aristocratie forgea sa propre littérature au travers du roman de Renard, de Rabelais , de Voltaire, elle forgea sa propre hostie au travers de la pièce de monnaie, elle forgea sa propre esthétique au travers de la peinture de genre, et du naturalisme, son propre sytème politique au travers de la Révolution Française, tout comme elle devait forger sa propre religion au travers du protestantisme. Que le calvinisme ait pu fermer les yeux sur certains thèmes sordide de la peinture de genre, le paradoxe, il me semble qu’Ichthus a tenté de l’expliquer par cette idée de « dégénérescece de l’esprit ascétique » lequel dans la théologie protestante ne devait pas être mis au service de l’effort vers la sainteté mais tourné vers la pure immanence du travail. La contradiction n’est en fait qu’apparente, le mercantilisme a tout autant besoin d’austérité qu’il a besoin d’un rélâchement des moeurs, sans austérité, on ne peut produire de façon intense, sans la prodigalité inhérente au relâchement moral , on ne peut davantage écouler ce que l’on produit.

  7. Clio says:

    Je constate à te lire que les catholiques ( Mais j’espère qu’ils ne sont pas tous comme toi!) possèdent non seulement l’art de rejeter sur les autres leurs propres turpitudes mais présentent en plus un certain art de l’usurpation.
    Robert Bresson catholique ? Ah non s’il vous plaît! un puriste du cinéma dont la quête relevait d’une quintescence du « cinématographe » quasi « religieuse » certes, mais un catho, enfin bon, demandons à Thierry ce qu ‘il en pense puisque c’est notre spécialiste. Mais je suis assez agacée par cette propension à vouloir faire entrer des auteurs dans votre giron alors qu’ils n’ont pas grand chose à voir avec vous! Ainsi ai-je aussi entendu tout recemment des papistes qualifier Eric Rohmer de « catholique » tout comme j’ai lu récemment un ouvrage qui comble de l’abérration considère que Bach le luthérien était catholique

    http://www.via-romana.fr/?pageid=fiche&prod=105&ftitre=La+pens%E9e+catholique+de+Jean-S%E9bastien+Bach+%3A+la+messe+en+si.

    Oui, parce que en outre quand tu considères que « sauf rares exceptions » dans le domaine musical, il n’ y a pas d’art sacré protestatnt, Bach était en tout cas une exception et de taille! Et puis d’ailleurs que connais tu à la musique ? Pas grand chose, il me semble car sans cela tu ne commettrais pas de telles bourdes consistant à employer le mot « rare » , visiblement, le psautier huguenot, tu ne connais pas, tout comme tu n’as probablement jamais écouté les oeuvres de Claude Goudimel , de Claude Le Jeune, de Clément Janequin, de Nicolas Vallet, d’ Alexandre Cellier, de Georges Migot, d’ Arthur Honegger et tant d’autres encore, la liste est trop longue…

    Passe encore que vous accusiez les protestants de collusion avec le mercantilisme cupide (Comme s’il n’y avait pas de capitalistes verreux chez les cathos! Bébéar , ça ne te dis rien ? Et l’Opus Dei non plus ? Comme si l ‘Eglise catholique ne s’était pas elle même complue dans le luxe et l’argent! Comme si Martin Luther n’avait pas été avant tout un résultat du scandale du trafic des indulgences orchestré par le pape rapace Léon X !), tout ça pourrait à la rigueur prêter à rire (Puisqu »‘il est question de rire!) mais avec la cerise sur le gâteau de l’usurpation, là , je commence à retrousser mes babines et à montrer les crocs. C’est exagéré , certes, mais un esthète comme toi devrait me comprendre !

  8. Thierry says:

    L’image du protestant cupide, vouant un culte à l’argent, créateur du capitalisme, c’est un avatar de la vieille thèse de Max Weber dont on sait qu’elle est discutable et discutée ( Il est prouvé que la capitalisme est né en fait dans l’Italie des XIV et XV ème siècle et que les premiers banquiers de l’Europe ont été des lombards).

    Quant à Robert Bresson cinéaste catholique, il me semble que c’est un peu en effet forcer les choses. Son inspiration était indéniablement chrétienne, mais axée sur le thème du mal et de la rédemption, thème qui n’a rien de spécifiquement catholique , il était plus proche en fait de Dostoiewsky que de la théologie romaine , . Comme tu le dis avec justesse, Clio, sa véritable ontologie portait sur le cinéma dont il cherchait la substantifique moelle, et je ne pense pas que ces les divergences théologiques entre catholiques et protestants devaient l’interesser (Si tant est qu’elles interessent encore l’ensemble des catholiques et des protestants ! ).

  9. Falcophil says:

    avatar3La dépravation de nombreux dignitaires de l’Eglise catholique n’ a jamais été niée par personne, encore moins par les catholiques et elle ne constitue en rien un argument contre le catholicisme mais une simple illustration de la faiblesse humaine. Le magistère de l’Eglise a du reste toujours rappelé combien l’Eglise était pécheresse en tant qu’institution terrestre, soumise aux défaillances de la nature humaine, par exemple l’encyclique « Ut Unum sint  » de Jean Paul II

    http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/encyclicals/documents/hf_jp-ii_enc_25051995_ut-unum-sint_fr.html

    nous dit plus particulièrement :

    « L’Eglise catholique reconnaît et confesse les faiblesses de ses fils, consciente que leurs péchés constituent autant de trahisons et d’obstacles à la réalisation du dessein du Sauveur «

    D’une manière beaucoup plus générale l’avidité de plaisir, de lucre, de jouissance ainsi que la concupiscence se trouve chez tous les hommes. On ne juge pas plus la culture grecque que la culture musulmane à partir des appétits de certains de ses membres puisque ces appétits sont partout, sous toutes les latitudes et à toutes les époques. L’essence d’une culture ne réside donc pas dans les défaillances de ses membres puisque ces défaillances sont un produit de nos faiblesses et que la faiblesse humaine est partout la même , l’essence d’une culture et en l’occurence d’une culture confessionnelle concerne l’idéal quant à la manière dont il faudrait se conduire. Ne confondons pas l’essence d’une chose avec sa caricature. Dans son essence, le catholicisme et plus particulièrement le catholicisme médiéval condamne l ‘attrait pour l’argent, fondant l’essentiel des rapports sociaux sur la charité. Aux temps médiévaux, la cupidité était alors avec l’avarice le pire des péchés. Les catholiques lombards représentaient peut-être la première forme organisée de système bancaire mais ces gens là étaient détestés dans toute l’Europe parce que l’ on détestait tout simplement ceux qui maniaient l’argent. Ce à quoi l’ on assiste au XVème siècle n’est pas à la naissance du capitalisme mais à un simple infléchissement de la position de l’ »Eglise sur la question de l’usure laquelle reste condamnée dans son principe. Il faut précisément attendre Calvin pour que soit levée la condamnation de l’usure et du prêt à intérêt. La première pierre d’une rationalisation d’un système organisée autour de l’argent et de l’usure, autrement dit du système capitaliste a tout de même été mise en place en terre calviniste puisque la première bourse d’Europe a été créée à Amsterdam, au tout début du XVII ème siècle

    de witte
    (Emmanuel de Witte: la bourse d’Amsterdam)

    alors qu ‘une telle institution n’avait jamais réussi à s’imposer auparavant . Si l’on ajoute à ces données les idées d’angoisse inhérente à la prédestination et de la richesse matérielle comme signe de l’élection divine, je pense qu’au contraire la thèse de Max Weber reste tout à fait convaincantes.

    L’argument s’appuyant sur certains papes cupides est donc de peu de valeur.
    Rappelons que le catholicisme ne se fonde pas seulement sur l’autorité romaine mais que sa force, et je dirais même l’essentiel de sa force est tiré de l’ exemple de ses saints. La malhonnêteté intellectuelle qui attaque l’Eglise Catholique se focalise uniquement sur les travers de certains papes et balance les sempiternelles tartes à la crème comme les affaire Galilée ou Giordano Bruno mais de la vie des saints catholiques, elle n’en a cure. Qui s’interesse d’ailleurs encore au saints, qui donc lit encore des vies de saint ? Le héros moderne n’est pas le saint mais James bond ou le footballeur. On préfère se distraire en rigolant bêtement avec Dubosc ou Bigard, plutôt que de s’intéresser à la vie des saints.
    Or, précisément, ce dont parle un film de Robert Bresson comme « Au hasard Balthasar » est de l’histoire d’un saint, d’une version moderne de l’échelle sainte,

    Balth

    de la confrontation au travers d’un âne du mal et de la sainteté . Seul un homme de culture catholique pouvait échafauder une telle histoire. Le protestant lui ne croit pas à la sainteté, tout au plus fondera t’il sa vie sur la morale. Martin Luther a condamné le culte des saints, n’y voyant qu’idolâtrie paienne car lui même, moine raté, à moitié ivrogne, haineux, scatologique et incapable de maîtriser ses élans de concupiscence trouvait impossible que l’on pût surmonter ses pulsions animales par cette olympienne victoire de l’esprit sur le corps que l’on nomme l’ascèse. Ne disait-il pas dans sa fameuse lette à Mélanchton: « Sois pêcheur mais pêche fortement ? ».

    PS @ Clio: de tous ces noms cités par toi, je ne connais guère que Clément Janequin dont c’est la première fois que j’entends dire qu’il a composé de la musique sacrée, le tenant plutôt pour un compositeur essentiellement auteur de chansons profanes. Pour les autres, hormis Honneger, ils me semblent tellement peu connus que cela ne fait confirmer ce que dit le billet , hormis quelques rares exception dans le domaine musical (Je pensais bien sûr à Bach), un appauvrissement de l’art sacré (Connais tu un art sacré protestant dans le domaine sculptural, pictural ou architectural ?). N ‘ayant plus le domaine de l’être ou de la sainteté à explorer, les plasticiens protestants devaient fatalement se tourner vers le terre à terre du quotidien et de là à basculer dans le sordide, il n’y avait qu’un pas .

  10. Thierry says:

    Oui mais l’âne est un saint non parce qu’il a surmonté sa nature mais parce que sa nature est ainsi. je me demande si Bresson ne serait pas davantage janséniste, se rapprochant de ce fait beaucoup plus du protestantisme.

    Mais peu importe, car je ne vois pas en tout cas l’intérêt de ces divergences entre catho et protestants, sachant que dans les deux cas , on se réclame d’un homme dont, à supposer même qu’il ait existé, la vérité historique est sûrement très loin de ce qu’en disent les Evangiles, textes douteux qui ont enjolivé et transformé en fables des évènements d’une réalité hélas, plus prosaïque. Jamais, en effet, il n’ y a eu d’homme enfanté sans rapport sexuel, tout comme un tel homme n’a jamais marché sur les eaux, ni n’est ressuscité et n’a encore moins voulu fonder une quelconque église.

    Il n’ y a pas à désigner l’autre du doitg lorsqu ‘on est fondamentalement d’accord avec lui sur les balivernes véhiculées par le christianisme.

  11. Falcophil says:

    avatar3Tout à fait hors sujet.

    Il n’est pas question de débattre ici de la véracité historique des Evangiles. Un problème aussi vaste ne peut être traité en quelques mots à l’emporte pièce et pas davantage être balayé d’un revers de main aussi superficiel et aussi péremptoire. On pourra si tu veux examiner la question une autre fois , à l’occasion d’un autre billet. Mais pour l’instant, nous discutons de certaines évolutions des mentalités, ainsi que de certaines causes historiques pouvant aider à mieux comprendre l’état du monde actuel. Il s’agit avant tout de se pencher sur un passé récent pour mieux éclairer le présent.
    Ne mélangeons pas les problèmes .

  12. Clio says:

    puisqu’il faut parler du présent, eh bien parlons de ces prétendus modèles de sainteté que l’Eglise a recemment proposé à notre admiration, au travers des béatifications de Mgr Stepinac, collaborateur de Ante Pavelic et des ses oustachis exterminateurs, Pie XII, pape autruche dont on ne voit pas qu’il ait manifesté un courage exemplaire face à Hitler voire encore, Charles de Foucauld, partisan de la guerre des tranchées et du colonialisme français en Afrique.

    J’entends bien que les saints peuvent aider l’Eglise à traverser de mauvaises passes mais je doute que de si piètres exemples puissent compenser ces scandales à répétition sur les curés pédophiles qui ne cessent de défrayer la chronique !

  13. Falcophil says:

    Tiens, pour Mgr Stepinac, voici un lien :

    http://membres.multimania.fr/csg/vieeglise/stepinac.html

    pour te faire comprendre le caractère simpliste de tes propos . A moins que je ne te propose des noms moins sujets à la polémique, tels Edith Stein ou Maximilien Kolbe ?…..

  14. Cristina says:

    Encore faudrait-il savoir ce qu’est un « saint ». Qu’entendez vous exactement par ce terme de « sainteté » ?
    S’il s’agit de désigner un héros ou un martyr, un Jean Moulin ou un Gandhi pourraient tout autant faire l’affaire. S’il s ‘agit par là de désigner un être sans défaut, il faut alors en déduire qu’en refusant d’honorer des « saints » les protestants feront preuve de beaucoup plus de bon sens et de réalisme. Un homme sans défaut serait-il encore un homme et pourrait-il même servir de modèle ? Et d’ailleurs, n’est ce pas un peu naïf que de chercher des « modèles » ? Chacun est différent, chacun est un résultat de circonstances différentes et chacun doit tout simplement vivre suivant sa différence. Ce culte des saints relève d’un idéalisme forcement fallacieux, comme tous les idéalismes, prétexte hypocrite par lequel on tente d’oublier sa condition corporelle pour se complaire dans l’évocation de réalités chimériques. Notre lieu , c’est la terre, l’ici et maintenant, en invitant à renoncer à ces ascèses stériles qui ne sont finalement qu’ haine malsaine du corps et refus de notre condition terrestre, le protestantisme fut en effet un progrès dans la sécularisation du monde et il faut lui être redevable d’avoir contribué à nous délivrer de l’emprise du catholicisme romain plus enclin à fabriquer des névrosés et des pervers que des êtres épanouis n’ayant d’autres prétention que d’aimer la vie.

  15. Falcophil says:

    avatar3Personne n’a jamais dit que le saint était un homme parfait. Le saint est plutôt l’homme qui se rapproche le plus du divin, c’est à dire du monde renversé . Ici bas où notre esprit est dominé par le corps, là-bas, chez le saint, sera le monde renversé où le corps se trouvera soumis à l’esprit. On n’est pas saint parce qu ‘on est ascète mais ascète parce qu’on est saint. Dans l’ascèse, le corps n’est pas méprisé, mais simplement remis à sa place, sous la loi de l’esprit qui lui imprime son vouloir, un peu comme l’automobiliste mène son véhicule là où il veut. Tu ne comprends pas le sens du mot « saint » parce que tu ne connais pas le sens du mot « sacré ». Ce qui est saint est sacré et ce qui est sacré est saint parce que saint et sacré sont séparés de la logique du monde profane. Tout ce que vénère le monde profane, le saint et le sacré le méprise, à l’inverse le monde profane méprise ce que vénère le saint et le sacré, ou pour demeurer dans notre sujet, il en rit , ce qui pourrait constituer une stratégie de défense, on rit pour rabaisser, à défaut de pouvoir s’elever en direction de ce qui nous dépasse, on rit . Aux yeux du profane, ce qui est saint et sacré passe pour « pervers » , pour reprendre ton expression ou bien , pour le dire autrement, pour fou, au sens de cette folie dont parle Saint Paul et qui confond le monde et sa prétendue sagesse.
    Je conçois que pour une personne telle que toi, ne dépassant pas le petit niveau du petit plaisir consistant à titiller sa vulve, ce qui est saint et sacré te paraîsse aussi lointain qu’une symphonie de Mozart pour le malheureux aux tympans altérés. Tu tiens pour saint et sacré ce qui fait plaisir à ton corps , un homme te drague, il te plaît, l’adrénaline monte, tu l’entraînes dans ton lit, puis c’est l’ orgasme, c’est à dire que saint et sacré sont pour toi, non ce qui est séparé du profane mais ce qui en découle de façon déterministe et mécanique , un peu comme la boule de billard se déplace parce qu’elle est heurtée par une autre boule, elle même heurtée par une autre précédente boule,
    et puisque, hélas, tes yeux ne veulent pas voir au delà de ces basses réalités profanes, je t’adresse alors ce tableau de Jan Steen

    Steen1

    car autant vaut que les réalités de bas étage qui font tes délices soient du moins de la main d’un artiste de haut niveau.

  16. Thierry says:

    Tu n’as toutefois pas répondu à Clio,

    Un Pie XII silencieux face aux exactions du IIIème reich, peut-il être considéré comme un saint ?

  17. Falcophil says:

    Nous avions déjà eu-me semble t-il, une longue conversation sur la question avec « Thitra », un certain 31 décembre de l’année dernière et je crois me souvenir vous avoir fait remarquer qu’il ne fallait pas entretenir une vision exclusivement spectaculaire, voire théâtrale de la sainteté, celle-ci pouvant tout autant, et peut être même mieux, se manifester au travers de figures qui de prime abord ne paient pas de mine.
    Relire à cet égard le « Journal d’un curé de campagne » de Bernanos.

  18. Cristina says:

    On disait jusqu’à maintenant qu’il fallait tourner la langue 7 fois dans sa bouche avant de parler, disons que désormais et plus particulièrement dans votre cas, il faudrait tourner 7 fois son clavier avant de taper. Vous devriez réfléchir un peu avant de dire tant de sottises sur les autres et de vous empêtrer dans de telles contradictions à l’intérieur de vous même. Vous parlez du péché de l’Eglise mais c’est pourtant votre crédo qui définit l’Eglise comme étant « Une et sainte », chose curieusement irrationnelle quand on voit à quel point les chrétiens sont divisés, ainsi que le cortège de crimes que l’Eglise a commis au cours de l’histoire. Il est vrai qu’il serait vain d’attendre la moindre rationalité de votre part quand tout ce qui fait l’essence de la religion repose sur la rationalité récusée. Qu’on ne s’étonne donc pas des déclarations plus que délirantes de Benoit XVI sur le préservatif ou encore du fait d’excommunier le médecin qui avorte la fillette violée mais non le violeur. Comment peut-on avoir une attitude rationnelle face à des problèmes comme le sida ou l’enfance bafouée dès lors que c’est toute sa vie qu’ on assied sur une idéologie dont la substance est irrationnelle ? La croyance, n’importe quelle croyance (Et sur ce point, cathos et protestants, vous n’avez pas, comme dirait Thierry, à vous montrer du doigt) est irrationnelle et obscurantiste parce que fondée sur le déni d’une évidence,

    Mortslachaise
    Père lachaise: monument aux morts

    celle de notre mort, de la disparition de tout notre être après la mort. . Vous ne pourrez jamais dès lors comprendre une philosophie comme la mienne , fondée sur l’acceptation d’autant plus joyeuse de ma personne que la sachant précaire et vouée pour toujours à la disparition.
    Vous me qualifiez comme étant une personne ne cherchant que le chatouillement de mes parties intimes, réduisant superficiellement de la sorte l’hédonisme aux sensations les plus grossières alors que ma philosophie de la vie est fondée sur une quête du plaisir qui doit mobiliser toutes les parties du corps, des plus basiques jusqu’aux plus subtiles, le chatouillement de ma « vulve » y trouvant sa place comme l’audition d’une symphonie de Mozart. Je ne crois qu’à l’intensité du moment présent mais je ne discrimine pas, encore moins je ne hiérarchise et je ne vois pas pourquoi l’esprit devrait comme vous dites dominer le corps, réalité dont il est tant tributaire. Comment pourrais-je écouter Mozart sans le truchement de mon corps ? Comment même le plaisir de lire un poème, voire de saisir le plus subtil des raisonnements philosophiques pourrait-il se concevoir sans la présence de mon corps ? Que devient d’ailleurs mon esprit une fois le naufrage du corps ? La relation corps –esprit est certes dans un premier temps une dialectique maître esclave mais dialectique devant, comme toute dialectique être dépassée par une synthèse où chacun est à la fois maître et dépendant de l’autre. Pas d’esprit sans la vigueur et la santé du corps mais à l’inverse, sans l’esprit, un simple corps de brute ramené aux fonctions animales. . Ce rapport de dominant à dominé que vous instituez entre l’esprit et le corps n ‘est là que pour servir de prétexte à un mépris du corps, , le dominant finit toujours par mépriser ce qu’i veut dominer et vous méprisez votre corps parce que vous ne l’acceptez pas et vous ne l’acceptez pas pour la simple raison que vous savez pertinemment que son naufrage ne fera qu’entraîner le naufrage de l’esprit. Le véritable sentiment de l’unité n’est donc pas dans le désir chimérique de l’éternité pour l’esprit mais dans la collaboration étroite et précaire de l’esprit et du corps. Par peur de l’éternité de l’instant présent, vous introduisez une éternité des siècle à venir, démarche complètement absurde car autant l ‘éternité de l’instant présent est synonyme de jouissance, d’orgasme et de paroxysme, autant celle des siècles à venir n’évoque que le plus effroyable des ennuis. Votre désir d’éternité n’est à vrai dire qu’une pulsion de mort car qu’est ce que cette obsession de la sainteté , du sacré contre ce monde profane que vous méprisez si ce n’est l’obsession de la pureté ? Or qu’est ce que la pureté? Le sans mélange. Et qu’est que le sans mélange ? Une réalité mortellement appauvrie. Ce qui vit est mélange. Une peinture ne vit que parce que les couleurs y sont mélangées. Une peinture monochrome est pure et sans mélange et pour cela elle ne fait que renvoyer au néant de la monotonie.

    Klein
    Yves klein

    Une eau pure est sans mélange mais ce ne sera qu’une réalité transparente de tout son néant. On sait de même que les rapports consangunins n’entraîne la plupart du temps que tares et dégénérescence, autres cas des conséquences catastrophiques de la pureté. Vous qualifiez le mélange de souillure et c’est la vie que dès lors vous récusez. Vous la recusez en parlant de l’être lequel est anti-vie parce qu’en dehors de toute vie, ce que vous qualifiez d’ontologie devrait plutôt s’appeler pathologie à laquelle il faut opposer l’eudémonologie. Et Je ne vois d’ailleurs pas pourquoi l’oubli dans quelques secondes de jouissance serait impur. Ce qui est impur ce serait plutôt vous autres qui voyez le péché là où deux amants seront à des millions de lieux de voir le moindre mal parce qu’ils seront entièrement fondus dans toute l’intensité de la sensation présente. Ce qui est sacré et pur, c’est avant tout ce qui vient d’une réalité toute profane qui est le coeur. Le coeur n’est absolument pas séparé du corps. Il est le corps dans toute sa sensation, il est sensation du corps nourrissant la vie de l’esprit ainsi que sensation de l’esprit, joyeux d’être dans un corps. Agapé ne se conçoit pas sans Eros et comme dirait Nietzsche , en mettant partout la malice, le christianisme a donné du poison à boire à Eros alors que seul Eros peut stimuler Agapé. Souvenez vous que ce qui vient du coeur ne voit pas le mal car le mal est avant tout la focalisation des puritains dans votre genre qui vivent dans l’obsession de la contrainte morale, du précepte glacé , du mépris pour les autres, ceux qui vivent selon la chair, en dehors de la sphère gelée de votre monde que vous dîtes « ‘sacré » par incapacité d’une insertion harmonieuse au sein de cette réalité que vous affublez de ce qualificatif dédaigneux de « profane ».
    Sacré/Profane, pur/Impur, Corps/Esprit, en voulant séparer ce qui doit fondamentalement être uni et tenu en étroite solidarité réciproque, c’est vous qui, au bout du compte, vivez cette disjonction que vous prétendez voir chez les autres, cliniquement, cela porte un nom, cela s’appelle « schizophrénie ».

  19. Catamaran says:

    Qu’il me soit permis d’intervenir dans vos discussions, fort interessantes au demeurant. Je suis le compagnon de Cristina, (Celui-là même dont l’inestimable bonheur est de toucher les intimes parties!). Si vous ne me semblez certes pas partager avec moi ma passion pour le libertinage, de toute évidence nous avons une passion commune pour l’art. N’ayant rien à retrancher ni à objecter de tout ce qu’a pu dire ma compagne, j’ajouterai en revanche cet autre point, ayant trait à notre commune passion où, là encore, vous dîtes des choses inexactes. Lors d’un voyage récent à Rome où après m’être une fois encore émerveillé des chefs d’œuvre du Vatican durant le jour et des prouesses de ma compagne durant la nuit (Là encore le plaisir tous azimut!!!!!) nous sommes ensuite passés chez certains antiquaires . Quelques bambochades d’époque se trouvaient exposées là dont l’une que nous avons acquise pour un prix raisonnable. La bambochade précisément, première scènes de genre avec celles du Caravage, non pas née en terre calviniste mais en terre bien catholique et prisée aussitôt par les plus haut dignitaires de l ‘Eglise puisque l’on sait que les évêques et cardinaux raffolaient particulièrement de ces tableaux à sujet pourtant triviaux !
    En prétendant par ailleurs qu’une influence calviniste aurait poussé les artistes vers la trivialité, vous perdez de vue la principale raison d’être de la peinture de genre hollandaise, la visée moralisante. Le but de la peinture de genre était de dresser un catalogue des vices et des travers à des fins de contre-exemple. Ce médecin examinant de l’urine

    Visite
    (Gabriel Metsu)

    et sur lequel vous semblez tant vous acharner relèverait donc davantage d’une vision satirique que d’une exaltation du scientisme comme cela a été ici soutenu à tort. On nous propose plutôt ici de rire du savoir prétentieux qui se drape dans un faux semblant de connaissance. il est possible que la technique et le mécanique naissent au XVI siècle mais prétendre que les personnages de la commedia dell’arte ou de Molière soient le produit d’une mentalité mécanique naissante est franchement discutable puisque cette forme de théâtre releverait plutôt de la raillerie et de la contemption de cette mentalité. On sait par exemple combien Molière se moquait des médecins. On noterait donc plutôt ici la persistance d’un bon sens populaire tout de méfiance envers la science Mais, pour en revenir à la peinture de genre, celle de Jean Steen ou d’Adriaen Brouwer, il ne s’agissait pas de se complaire dans la débauche ou l’orgie mais bien au contraire, de les dénoncer. Les peintures de Jan steen relèvent d’un enseignement moral, elles veulent être un avertissement, une mise en garde contre les outrances et les excès des comportement déréglés, c’est là que se résout le paradoxe, c’est bien l’ascétisme calviniste qui commandait ces peintures afin d’étaler ce que l’on présentait comme relevant des turpitudes humaines pour que les ouailles n’en soient que mieux convaincues de s’en détourner. Le calvinisme s’est en effet détourné du mysticisme, du moins sur le plan plastique, pour inciter les artistes à créer un genre nouveau: la peinture moralisante, un genre qui de Jan Steen à Greuze ou Hoggarth devait avoir de beaux jours devant lui.

  20. Clio says:

    Merci Cristina pour toutes ces remarques fort justes et de fort bon sens. A toutes ces abérrations relatives à l’oscurantisme catholique , j’ajouterai pour ma part, le retour à la messe en latin, la réintégration de l’evêque négationniste sans parler de toutes les folies de l’Islam, depuis les journalistes que l’on décapite aux homosexuels pendus et aux femmes adultères lapidées. N’oublions pas que c’est notre laîcité qui en ne reconnaîssant plus aucune religion a permis chez nous la marginalisation de l’Eglise catholique et enrayé de la sorte toutes les dérives intolérantes que le religieux traîne à sa suite. On ne dénoncera jamais assez les religions qui par leurs injonctions à l’ascétisme, au renoncement , à la mortification;, nous poussent a gâcher ici bas notre vie qui existe bel et bien, au profit d’un au delà qui n’est qu’un mirage.

  21. Song says:

    Ma fasson a moi d’aimé mon corp c’est de m’enfonssé mes doits dans le cul et ensuite de les faire sentire aus autres.

  22. Falcophil says:

    avatar3Tiens! Il ya vait longtemps qu’on l’avait pas vu celui-là!
    Toujours aussi crade et aussi doué en orthographe!

    Ce qui me frappe dans tout cela, c’est que l’on me taxe d’irrationalité tout en m’opposant un inventaire à la Prevert où la Messe en latin cotoie le préservatif et où l’évêque négationniste se retrouve aux côtés de la charia, bric à brac de choux et de carottes qui est tout sauf cohérent et rationnel. Si vous voulez être en conformité avec votre prétendue rationnalité, commencez d’abord par ne pas mélanger les problèmes.
    En admettant même, Clio, que je gâche ma vie eu dépréciant l’ici bas pour un au delà illusoire, je ne vois pas où est le problème. Le sentiment d’avoir gâché sa vie est un acte de conscience or, comment pourrais-je avoir un tel sentiment s’il devait s’avérer qu’il n’y a rien après ma mort et, par voie de conséquence, plus personne pour avoir conscience? Si ton hypothèse était juste, j’aurais peut-être gâché ma vie mais qu’en aurais-je à faire puisque jamais je ne le saurais. ? D’ailleurs, encore faudrait-il que tu m’expliques ce que tu appelles une vie réussie. Quels seraient donc pour toi les critères de la vraie vie ? passer des concours pour être mieux payé afin de pouvoir s ‘acheter les dernier produit de chez Apple ? Rentrer fatigué le soir et s’écrouler devant sa télé pour écouter Pujadas, ou collectionner sur facebook des milliers d’amis que tu n’as jamais vus et que jamais tu ne verras ou encore partir en vacance sous les tropiques pour ramener des photos médiocres, d’évanescents souvenirs ainsi qu’ un bronzage éphémère? Je n’ai pas l’impression que je perde au change à troquer toutes ces niaisetries contre ma frugalité parcimonieuse. Il faudrait du moins qu’on en reparle.

    Cristina m’a certes donné sa définition de la vraie vie. Jouir autant de son corps que de son esprit, le plaisir, de la tête à la queue, du bas ventre jusqu’à la voûte de la Sixtine. En bref, la somme maximum de plaisirs jointe au minimum de douleurs, votre hédonisme, Cristina n’est au fond que la justification philosophique du capitalisme et de sa pure logique d’accumulation au service du profit, on sait très bien de quelle façon le « jouir sans entrave » des soixantes huitard a pu tourner au conformisme consommateur dont un Cohn Bendit n ‘est pas le moindre des apôtres. Et puis, expliquez moi en quoi le plaisir rend heureux, c’est une constatation banale que l’on peut très bien éprouver du plaisir à boire un verre d’eau quand on a soif tout en étant très malheureux. Je ne pense pas que quelqu’un de vraiment heureux soit avide de plaisirs, il se contente de ce qu’il a , celui ou celle qui est obsédé par le plaisir chercherait plutôt à oublier son sentiment d’être malheureux par l’étourdissement du tapage mondain. Maupassant était un libertin effréné mais voyez pourtant cette sourde tristesse qui imprègne ses contes et récits. j’ai connu certains moines pauvres et complètement dénués de tout

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    mais dont le visage respirait pourtant un épanouissement que je n’ai jamais retrouvé nulle part ailleurs dans le siècle. A l’inverse, il ne m’apparaît pas que le visage toujours guindé, austère et plutôt renfrogné du chantre de l’hédonisme respire particulièrement la joie de vivre.

    Vous ne faites d’ailleurs que répéter les mêmes insanités que ce penseur superficiel débite sur le christianisme, ce préjugé, entre autre, voulant qu’il s’agisse d’une religion méprisant le corps. Rappelons sur ce point que l’une des premières tâches du christianisme naissant, au travers d’auteurs patristiques tels Saint Irénée, fut de combattre certaines hérésie d’inspiration néo-platonicienne, comme le gnosticisme qui dépréciaient la matière et considérait le corps comme mauvais. En quoi, par ailleurs, le fait de dire que l’esprit doit dominer le corps doit-il nécessairement impliquer le mépris du corps ? Je peux très bien aimer mon corp tout en reconnaissant qu’il est inférieur à mon esprit, tout comme je peux très bien aimer mon chat tout en sachant que je lui suis supérieur, ce n’est pas du mépris , c’est du simple bon sens, on ne méprise pas plus son corps que son chat quand on reconnaît qu’ils nous sont inférieurs, on remet simplement les réalités à leur juste place en les insérant au sein d’une hiérarchie correcte. Vous dîtes qu’il doit y avoir plutôt solidarité entre corps et esprit puisque chacun a besoin de l’autre, en un certain sens c’est vrai mais qui affirme cela , si ce n’est votre esprit dans sa dimension intellectuelle ? La mode d’être du corps, l’orientation philosophique de votre vie au sein de laquelle doit s’insérer votre corps, c’est bien votre esprit qui en décide et c’ est donc bien qu’il vous faut admettre sa supériorité sur votre corps.

    Pensez donc à cela puisque vous dîtes aimer le rationnel et d’ailleurs, à propos de rationalité, il faudrait que vous m ‘expliquiez un peu mieux cette soi-disante évidence de la non-vie après la mort. Sur quoi la fondez vous? Pouvez vous m’en produire la démonstration rationnelle? Pouvez vous m’en fournir la justification mathématique? Non, certes pas. Vous avez donc votre religion, l’incroyance, vous prétendez vous aussi à cette irrationalité du bond hors de l’expérience, vous avez vous aussi votre métaphysique, irrationnelle, comme tout ce qui peut servir de postulat, cessez alors d’accusez la raison d’autrui d’incapacité justificative car la votre est tout aussi incapable de rendre compte de ce qui vous sert d’à priori.

  23. Cristina says:

    Je vous accorde que tous deux nous faisons un certain pari sur l’après mort. Le croyant veut parier pour le « oui » parce qu’il a peur de disparaître pour toujours, l’incroyant opte pour le non parce qu ‘il veut assumer l’intégralité de sa personne, sa réalité comme sa disparition. Il préfère choisir l’absolu de l’ici et maintenant de l’homme, bien réel, bien vivant , bien palpable contre l’hypothèse invérifiable et d’ailleurs plutôt inconsistante de l’absolu d’un être impalpable et non-vivant. De quoi pourrait bien du reste me servir un Dieu qui reste incompréhensible dans son acte créateur et inaccessible en lui même ?. L’amant que je serre dans mes bras m’est d’une plus grande importance que votre abstraction relative à cette vague entité. Je maintiens qu’il s’agit de folie et que vous gâchez votre vie. Et il n’est pas vrai que vous n’en saurez jamais rien car vous le savez d’ores et déjà, maintenant, au fond de vous même, seulement, vous ne voulez pas l’admettre parce que vous avez trop peur d’affronter l’éventualité de votre disparition pour toujours. L’athéisme contre la foi, c’est selon moi le pari du courage contre celui de la lâcheté.

    Concernant la question des rapports avec le corps, je n’ai pas tant évoqué le christianisme que sa version catholique dont la conception du corps, réellement me semble malsaine. Considérer son corps comme un animal qu’il faut dompter, pour moi c’est bien le mépriser. Le considérer comme une bête hostile, c’est le traiter comme chose ne nous appartenant pas , chose qui nous menace et dont il faut se défendre, c’est donc bien nourrir à son encontre une attitude schizophrénique.

    Concernant mon hédonisme comme justification à tous crins de la folie consommatrice, l’argument est ridicule, ce dont je parle c’est d’une savante combinaison des plaisirs , un peu comme on laisse retomber ses doigts sur les touches d’un clavier de piano pour en tirer d’exquises combinaisons sonores , sources de jouissances tant auditives que spirituelles, si vous confondez la délicatesse du libertin avec la brutalité du bouc de sauna, mieux vaut laisser tomber, vous ne pourrez jamais comprendre ce que j’essaie de vous expliquer.

    Vous pouvez ergoter tant que vous voudrez sur la littérature patristique que je ne connais pas et que je n’ai point envie de connaître car j’en connais assez sur quelques vies de ces saints que vous vénérez pour en avoir suffisamment tiré tout le dégoût que m’inspire votre foi. Depuis Saint François d’Assise qui selon ses hagiographes se jetait dans l’eau froide ou dans les buissons d’épines dès qu’il éprouvait le moindre désir à la vue d’une femme, jusqu’à Jean Paul II qui paraît-il se flagellait deux heures par jour, tout cela n’est à mes yeux que véritable dérèglement cérébral d’esprits malades, folie allant jusqu’à pousser un peintre à recouvrir de pagnes les nudités de Michel Ange comme si en créant le monde votre Dieu qui n’existe pas n’avait pas aussi voulu créer les quéquettes et les trous du cul !
    Mais je ne veux plus insister sur ce point, vous êtes vous même un esprit malade, déconnecté d’une vie qui vous effraie. j’espère sincèrement pour vous que la tenue de ce blog vous fasse du bien mais sincèrement, je pense que c’est plutôt un psy qu’il vous faudrait consulter car lorsqu’ on vit tel que vous dans ce déni du réel, le monde virtuel reste encore la pire des solutions.

    Dommage, votre blog n’en reste pas moins passionnant, certains de vos arguments ne manquent pas de poids, votre esprit est fin, vos raisonnements sont subtils et par ailleurs vous donnez des idées de lecture. Je viens de terminer ainsi un ouvrage sur Martin Luther. On sait qu’il fut le premier à se révolter contre le célibat imposé aux prêtres, ainsi qu’à pousser les moines et les nonnes à quitter leur couvent pour se marier. J’aime particulièrement ce passage du livre où apaisant un jeune homme qui culpabilise parce qu’il désire les femmes, il lui dit simplement de continuer à désirer dans la confiance et la joie parce que ce genre de désir est conforme à l’ordre naturel voulu par Dieu.

    La réforme protestante, en dépit de ses nombreux excès, ne fut que la révolte du bon sens contre l’obscurantisme et l’autoritarisme romain, ce que Luther annonçait, au travers notamment de la libre interprétation des écritures et donc, de la liberté individuelle, n’était que la naissance de l’homme moderne.

  24. Falcophil says:

    avatar3Je trouve assez curieux de justifier votre athéisme, à savoir, la négation de toute transcendance par le recours à la valeur. Vous êtes donc courageuse et moi je suis lâche, étant sous-entendu que le courage est supérieur à la lâcheté mais sur quoi fondez vous donc une telle supériorité ? Comment d’ailleurs aurait-on pu forger ces notions de courage et de lâcheté sans l’intuition de l’à priori d’un monde de valeur, d’un plus de l’en haut opposé au moins de l’en bas , autrement dit de la transcendance d’un outre-monde peuplé de valeurs dont le courage est l’un des habitants ? Et si n’existe que la matière, c’est à dire la réalité non pensante, au non de quoi la valeur devrait-elle s’imposer à moi ? En vertu de quel à priori opposerez vous votre valeur à ma non valeur, ma lâcheté à votre courage ? Et puis d’ailleurs, votre courage, qu’en est-il réellement de votre courage ? Vous répétez ce poncif , voulant que le croyant soit nécessairement un lâche mais si l’on se lançait un peu dans la psychologie de l’athéisme on trouverait tout autant de peur et de refoulement à la base. Vous l’avez dit vous même, l’éternité a quelque chose de tellement effrayant que vous lui préférez l’idée du néant. On peut croire en Dieu par lâcheté mais c’est peut-être une frayeur plus grande encore qui nous pousse à ne pas croire, cette même frayeur dont parlait Pascal à propos des espaces infini et qui nous pousse à nous détourner de l’abîme pour nous attacher au néant dérisoire de nos petites réalités terre à terre, un peu comme on préfère la nullité de la télévision à la lecture d’une poète génial mais qui nous effraie comme tout ce qui relève de la grande poésie. « Auream quisquis mediocritatem diligit…» comme aurait dit Horace. Et sur ce point, le choix de votre néant, l’option pour cette idée que vous ne survivrez pas à la pourriture qui mine votre corps n’est que la défaite de l’esprit face aux diktats de l’immédiat sensible, c’est un choix de lombric, de limace et de chenille, c’est la capitulation propre à cette larve qui croupit dans sa boue, héroïne du « comment c’est « de Samuel Beckett », votre athéisme n’est qu’un manuel de savoir vivre à l’usage d’une mentalité vermineuse incapable de vouloir l’incroyable , le fou et l’effrayant. La pureté n’a rien à voir avec la dérisoire platitude d’un monochrome qui confond le supra-sensible avec l’impuissance, la vraie pureté n’est effectivement pas de ce monde où il nous faut accepter le mélange, elle relève avant tout du rêve ambitieux d’un absolu dont vous refusez d’avouer qu’il vous effraie en vous réfugiant derrière un prétendu courage qui n’est invoqué que pour mieux masquer ce qui tient plus de la reptation que de la véritable audace.

  25. Clash says:

    péculJ’ai photographié ma bite en gros plan.
    Puis j’ai imprimé la photo que j’ai ensuite collé sur un carton rigide.
    J’ai ensuite découpé le carton en suivant les contours de ma bite.
    Ensuite, quand j’ai eu entre les mains cette bite en carton
    je me la suis alors introduite dans le cul.
    J’avais l’impression de m’en culer moi même et c’était bon……

  26. Falcophil says:

    avatar3Pauvre type!

  27. Clash says:

    péculToujours heureux de venir outrager ta pudibonderie de catho coincé

  28. Falcophil says:

    avatar3Ce n’est nullement ma pudibonderie que tu outrages mais le respect dû à la raison, en venant ici pour sortir des blagues débiles qui feraient à peine rire le plus imbécile des potaches, plutôt que de faire l’effort de tenir un discours cohérent et argumenté.

  29. Clash says:

    péculTu veux argumenter ? Fort bien, alors on argumente. Je viens de terminer un bouquin :

    récit des incroyables et démentes auto-tortures que s’infligeaient les premiers ascètes chrétiens des désert du proche Orient, délirants défilés de mecs s ‘imposant de terribles macérations, passant toute leur vie enfermé dans une tombe ou au sommet d’une colonne ou encore renonçant à manger comme tout le monde , préférant au nom de leur Dieu brouter comme des vaches ou même encore allant jusqu’à bénir la vermine qui venait grouiller sur leur corps que bien sûr, mépris oblige, ils ne lavaient jamais.

    . Qu’est ce donc que tout ça si ce n’est de la folie procédant d’une haine anti somatique? Et ce n’était que le début de tout un cortège d ‘élucubrations masochistes qui partant de ces pauvres demeurés du désert , devait plus tard passee par les flagellants médiévaux pour aboutir aux coups de fouets quotidiens du pape polonais, sans oublier bien sur les délectations gores d’un Mel Gibson. Oui ! Je sais ce que tu vas répondre, la fameuse répartie de Paul, misogyne au corps chétif ainsi qu’à la probable petite bite,

    « folie pour les gentils, sagesse aux yeux de Dieu », revanche de la maladie du corps rabourgi sur la pleine santé du corps puissant.
    . C’est bien là qu’est justement pour moi le détraquement, quand ce qui relève habituellement de la folie, devient sagesse pour peu qu’on le place sous les auspices de l’outre tombe. Faire plaisir à sa queue est chose normale pour le commun des mortels, c’est à dire envisagé du simple point de vue d’un dynamisme d’ordre vital mais s’émasculer deviendra néanmoins de la sagesse du point de vue de l’au delà, autrement dit, du point de vue de de l’arrière monde glacé émergeant du naufrage de toutes les fonctions vitales. Si ce n’est pas se trouver alors dans une démarche de folie anti-vie ou dans un délire malsain exaltant le maladif , le sale et le répugnant , qu’est ce que c’est d’autre ? N’est ce pas une folie anti-vie que ces moines du mont Athos qui , conformes à cette injonction de Paul invitant à s’abstenir de la femme en vue du parachèvement spirituel, s’enferment dans des forteresse où on va jusqu’à s’interdire de manger des œufs parce que ce sont là choses pondues par des animaux femelles ?
    Ta religion est bien une religion fondée sur la haine de soi, sur la haine du corps , sur la haine de la jouissance et je comprends bien qu’une croyance basée sur des tels présupposés puisse amener quelqu’un à se méfier du rire. Moi je crois que Jésus devait rigoler au contraire et qu’il rigolerait encore plus fort s’il voyait tout ce ramassis d’insanités qu’on a bâti sur son dos. Sûr que quand on forge d’ineptes branlettes de cervelle comme la trinité, alors que l’Evangile n’en parle même pas, sûr qu’on doit pas trop aimer se fendre la pêche !. N’oublions pas d’ailleurs que le vrai fondateur du christianisme n’est pas Jésus mais ce petit être cagneux rachitique et maladif de Paul de Tarse. Pauvre hystérique et pauvre exalté malingre et fébrile que ce type qui d’abord prend plaisir à persécuter les chrétiens, et puis qui soudain, par un effet de théâtralité digne de ces mises en scène dont l’hystérie à justement le secret, se trouve soit disant foudroyé puis ne peut plus ni boire ni manger et se met à prêcher ce même christianisme qu’il pourchassait, fustigeant le plaisir, fustigeant les femmes, proclamant sa haine du corps, sa haine des homosexuels et préconisant la soumission à l’autorité du pouvoir romain. Toute l’Eglise romaine est déjà là et 2000 ans après, c’est encore le comportement ad nauséam des catho hypocrites, on vénère Jésus le pauvre et le continent mais on admire Berlusconi le milliardaire et l’homme aux putes, ou alors on trouve normal d’encaisser 9500 euros de salaires par mois pour un prétendu travail d’intérêt général, s’il est vrai qu’un riche entrera aussi difficilement au royaume des cieux qu’un chameau par le trou d’une aiguille, alors sûr que ça va quelque part coincer au niveau du gros cul de la mère Boutin!

    Mon histoire de bite cartonnée voulait simplement être un pied de nez à toutes les élucubrations des pauvres jobards dans ton genre qui placent leurs espoirs dans des contes à dormir debout. Se faire plaisir en pétant ou en déchargeant vaut infiniment plus que toutes vos pitoyables génuflexions qui constituent, elles , les véritables outrages à l’intelligence.

    Le seul point où je t’approuves c’est quand tu prends un rouleau de pécul pour me servir d’avatarpécul . Bien trouvé et mille remerciements! Chacun sa symbolique, finalement, toi t’es fier de ton crucifix et moi de mon papier-chiotte car c’est bien avec ça que je nettoie ce qui reste quand j’ai chié toute cette vaste merde que représentent à mes yeux les religions abrahamiques.

  30. Falcophil says:

    Quand on s’exprime avec une violence et une véhémence aussi ordurière et de façon aussi catégorique à propos de choses qui appelleraient infiniment plus de nuances, c’est que l’on est fermé à tout dialogue et il devient alors inutile de répondre.

    Ce n’était pas la peine de me faire un si mauvais condensé du « traité d’athéologie », je m ‘en doute bien que tu possèdes et que tu connais par coeur ce médiocre et méchant livre, à l’inverse des épitres paulinienne dont tu n’as probablement jamais pris connaissance, à en juger par toutes les bêtises que tu profères sur l’apôtre des gentils.

  31. Clash says:

    péculSi quelqu’un est fermé à la discussion, c’est bien toi au contraire, qui traite avec arrogance et mépris tous ceux ne partageant pas ton avis. Pour toi, les autres sont toujours imbéciles et ignorants du seul fait qu’ils rejettent les bobards auxquels tu crois. Ta propre argumentation ne va pas très loin, tu te contentes de hausser les épaules et de cracher ton dédain. Trop facile !
    Pour ma part, il me semblait pourtant avoir expliqué mes raisons. J’ai suffisamment lu Saint Paul, contrairement à ce que tu prétends du haut de ta suffisance pour pouvoir dire qu’il ne s’agissait là que d’un déséquilibré, d’un masochiste enfermé dans un pauvre petit corps rachitique et qu’on imagine fort bien scrofuleux ou atteint de quelques dermatose, un être pour qui en tout cas le corps était comme un fardeau, perçu comme une « écharde dans la chair », un être physiquement déficient qui bandait mou ou bien même qui ne bandait que trop mais qui vu sa laideur maladive ne devait pas obtenir beaucoup de succès auprès du beau sexe, un être qui, en tout cas, pour se venger de son anatomie délabrée, vitupérait la santé physique ainsi que tout ce qui peut se rattacher à cette santé, l’amour de la femme et la joie de sa présence, l’amour du corps et la joie de sa vigueur, tout comme tu le fais toi même mais sur un autre registre (avec le talent en moins) par ton médiocre et présent billet dont les illustrations ne peuvent suffire à pallier les faiblesses mais qui ne montre que trop ton propre dégoût de la corporéité au travers de ton hostilité au rire et à la franche rigolade entre copains autour d’une bonne bouffe et de bonnes bouteilles. Les yaourth natures sont la seule chose qui te sert de gueuleton, les poèmes de Mallarmé sont la seule chose qui te donnent la trique. Pauvre mec ! pauvre hère !

    . Tu déprécies tout ce qui est vitalité corporelle et plaisir de vivre pour te complaire dans ta vie malsaine de bureaucrate sclérosé de torpeur et embourbé dans son amas de paperasse.
    Tes goûts artistiques et littéraires ne sont eux mêmes que trop révélateurs. Non au dynamisme vital du baroque mais oui aux figures figées et guindées de la froideur classique, non à la joie de vivre et au bonheur somatique d’un Rabelais mais oui au Monsieur Teste de Valéry, oeuvre qui vante la disparition corporelle ainsi que la désincarnation vers un personnage fantômatique et sans épaisseur, à force d’être rongé par une intellectualité froide et dépourvue de sève..

    Je ne crois pas, contrairement à ce que pense Cristina, qu’il puisse y avoir quelque chose de sain dans le christianisme, le protestantisme ne fut qu’une réaction contre les insupportables aberrations de l’Eglise catholique, ses innomables crimes et son totalitarisme étouffant mais il reste lui-aussi malsain dans son principe lequel n’est autre que cette idéologie insalubre et pathologique théatralisée par celui qui ne fut qu’un misérable avorton frénétique, fanatique et fébrile.

  32. Clio says:

    « Je me sens plus en sécurité à l’ombre de Pyrrhon qu’à l’ombre de Saint-Paul  »
    CIORAN

  33. Syl says:

    Bien vu, ton billet a propos du rire. Le rire trahirait le desespoir, autrement dit le manque de foi… Et que pensait du cynisme?

  34. Falcophil says:

    Le cynisme ? Demande à l’ami Clash, en bon élève de Diogène, il s’y connait. Le problème n’est pas de mépriser le conformisme social mais de se complaire dans l’ordure et la saleté et de ce point de vue, il y a effectivement beaucoup de rapport entre rire et déchéance,

  35. Cristina says:

    Si Clash est un « chien » alors moi aussi je suis une chienne qualificatif dont je tire pleine fierté.

    Quoiqu’il en soit, Je souscris entièrement à tout ce que dit Clash sur Saint Paul, névrosé taraudé par la présence du corps et il est d’ailleurs assez significatif que l’auteur du billet s’en prenne à l’ image du Bouddha riant. Daniel da Volterra recouvrant de pagnes les nudités de Michel-Ange, en soi, cela ne diffère pas tellement de l’attitude consistant à soutenir que des images de personnages hilares n’auraient pas leur place dans une église au motif que la chose aurait une odeur de blasphème. L’incapacité de s’ancrer dans le physique conduit à la peur du sexe comme cela peut conduire à la peur du rire. Personnellement, je vomis toutes les religions mais un Dieu qui rigole m’est tout de même un peu plus sympathique que tous ces visages proposés par le billet et qui m’ont l’air aussi aimables que des portes de prison. Le billet soutient que l’on ne saurait concevoir un christ en train de se bidonner, qu’il me soit permis alors d’envoyer ma contribution à l’art chrétien

    jui

    Maintenant, que l’on m’explique en quoi l’image d’un christ qui rit serait sacrilège ? Si le sauveur était un homme , il devait rire comme tout le monde. Il me semble en tout cas que le rire nous le rend plus proche voire plus messianique parce qu’assumant plus pleinement la condition humaine. Mais l’ on sait de quelle façon les bigots se sont scandalisés à cause d’un film de Scorsèse où une image de deux ou trois seconde montrait Jésus faisant l’amour avec Marie Magdaléna, tout comme on sait comment les mêmes bigots furent choqués à propos d’un livre de Dan Brown s’appuyant sur des manuscrits gnostiques pour évoquer la possibilité que le Christ ne fût pas célibataire. Si tout cela ne procède pas d’un dégoût des fonctions organiques et donc d’un rejet du corps, je ne sais ce qu’il vous faut !

  36. Françoise says:

    gggJ ‘acquiesce à mon tour,

    ces bouddhas qui se fendent la pêche, moi aussi je les trouve sublimes, je dirais que c’est au contraire ce que la religion a pu produire de plus beau, preuve que contrairement à ce qui est soutenu dans le billet, le rire n’a nullement une apparence triviale et vulgaire mais qu’il est bien signe d’épanouissement et de liberté !

  37. Catamaran says:

    Voir ce lien

    http://www.bouddharieur.fr/bouddha_rieur_rubriques.html

    beaucoup plus engageant en effet que ces images de torture que peut affectionner un certain dolorisme catholique

  38. Falcophil says:

    Christ aux lèvres pinçées, Christ aux lèvres ouvertes, c’est finalement la continuelle opposition entre forme fermée, forme ouverte, déjà évoquée à maintes reprises sur ce site

    http://falcophil.info/blog/photos-de-vacance/

    La confrontation entre les deux images se résume finalement à une seule et unique question:

    jui

    Voulez-vous être excité ou préférez vous être converti ?

  39. Cristina says:

    Sans hésiter je choisis l’excitation

  40. Falcophil says:

    Alors en ce cas sors de mon site et retourne dans ton époque avec laquelle tu n’es que trop en phase.

  41. Cristina says:

    Je ne partirai pas avant que tu n’aies mise en ligne la photo que je t’ai envoyée.

    Aurais-je donc pour de bon heurté ta, pour reprendre le mot de Clash , « pudibonderie de catho coincé » ?

  42. Clash says:

    Je ne sais de quelle photo il s’agit mais s’il ne l’a toujours pas publiée, c’est qu’elle l’aura probablement choqué, c’est donc que toi et moi nous avons visé juste, lui aussi n’est rien d’autre qu’un pauvre minable avorton coincé ainsi que bon à rien du membre.

  43. Falcophil says:

    Navré de devoir vous répondre que vous n’avez en rien visé juste. Si je ne voulais pas publier cette photo, ce n’était que par simple respect envers la personne de Cristina mais ne voyant, à vrai dire, plus très bien pourquoi je devrais me préoccuper à sa place de ce dont elle n’a, semble t-il, aucunement cure, je publie donc cette image qui à défaut d’offenser ma pudibonderie ne fait qu’attiser ma profonde pitié envers la sous humanité que vous représentez

    ff

  44. ICHTHUS says:

    il fallait publier cette image et vous avez bien fait de la publier car elle ne fait que confirmer votre pertinente comparaison entre la bouche qui se fend pour rire et l’anus qui se fend pour déféquer. Chez Cristina, on ne sait trop en effet ce qui différencie son orifice bucal de son orifice anal.

  45. Clash says:

    Ce qu’exprime Cristina c’est tout simplement les droits de la vie pauvres nases, c’est plutôt vous autres qui êtes des pantins mécaniques avec vos dégaines compassées ainsi que vos mines gourmées, la vie c’est ce qui s’ouvre comme la bouche pulpeuse de Cristina, ce qui se ferme, tels vos visages que le rire ne vient jamais éclairer, n’étant que la loi du tombeau.

  46. Thierry says:

    Sur la bouche avide, gloutonne et assoiffée de Cristina, je confirme, elle rit autant qu’elle engloutit, un continuel va et vient,
    Pour la photo, t’aurais pu me consulter avant publication; Que fais-tu donc de la propriété littéraire et artistique ?

  47. Falcophil says:

    Désolé, fallait mettre un copyright

  48. Ichthus says:

    il est inutile d’insiter, les dévergondées qui viennetn sur votre site n’ont aucune idée de ce qui est sacré, l’ascèse libératrice leur est aussi étrangère que la couleur pour un aveugle parce que chez elles comme au sein de toute la société dontelles ne sont qu’un fidèle reflet, c’est le ven,tre, le pénis ou le vagin qui édicte sa loi, l’esprit n’ayant qu’à se soumettre. qu’un prêtre ne soit pas marié cela evidemment pourra choquer parce que ces gens là sont dépassés par tout ce qui ne se réduit pas aux exigences du ventre, aussi ne pourront-ils comprendre qu’un homme soit consacré, un homme se réduisant pour elles au slip, au pénis, à l’orgasme, à la réussite sociale et au compte en banque.
    Concernant ces bouddhas , je pense moi aussi qu’ils ont l’air de gros cons, d’ailleurs, d’après ce que j’ai pu comprendre, les bouddhistes les vénèrent parce qu’ils exerceraient une sorte de pouvoir protecteur sur leurs biens matériels, ils seraient donc plutôt signes d’une dégénérescence du bouddhisme où l’on ne cherche plus la libération par le nirvana mais plutôt la plus confortable des réincarnations.

  49. Sophie says:

    A quoi bon, en effet, discuter avec tous ces gens là , tous aussi présomptueux les uns que les autres. Ce que je voudrais quant à moi verser au débat, c’est ce très beau portrait de Saint Dominique par Baccio della Porta.

    img145

    Pour mettre un point final à la discussion

  50. Mimosa says:

    Les discussions que je trouve ici sont en effet très intéressantes en ce qu’elles illustrent très bien ce problème fondamental d’une profonde incompatibilité entre celui qui croit au sacré et celui qui n’y croit pas. Le premier se méfie du rire , le second s’en sert contre le premier. Le désaccord esthétique est total et sans doute peut-il recouper le clivage classique/baroque, le classicisme étant fait de mesures , le baroque étant porté à s’en débarrasser pour mettre au premier plan l’énergie vitale. le premier inclinerait au respect de la tradition et plus particulièrement du « sacré liturgique », le second porterait à l’irrévérence. On pourrait d’ailleurs se demander si en favorisant l’art baroque à des fins de propagande, l’Eglise romaine ne sciait pas la branche sur laquelle elle se trouvait assise. Cela étant dit, s’il faut se sentir plus à l’aise à l’ombre de Pyrrhon que de Saint Paul, moi je dirais plus, je me sens certainement plus en sécurité sous le grand rire de Rabelais que sous le regard d’un Saint Dominique plaçant son doigt sur ses lèvres closes pour me signifier « Tais-toi ! ». N’oublions pas en effet que Saint Dominique, dont ce portrait nous dit « Chut », fut le fondateur de l’inquisition ! Dans le couvent imaginé par Umberto Eco, on avait interdit le rire mais souvenons nous aussi que le rire était également interdit dans l’univers concentrationnaire des khmers rouges. Rabelais eu d’ailleurs beaucoup à souffrir de la part des tenants du sacré, c’est à dire de ceux qui n’aiment pas le rire. Sans doute qu’il s’agissait de la lutte entre le Dieu hilare et le Dieu absent. Mais qui étaient réellement les pitres , Rabelais ou les sorbonagres ? Les vrais bouffons sont finalement ceux qui n’aiment pas rire, il n’est en effet pas sérieux de se prendre au sérieux, tout comme ne rien prendre au sérieux serait la chose la plus sérieuse qui soit.

  51. Falcophil says:

    avatar3Relis cependant , Mimosa, ce passage du billet :
    « On connait toutefois les défauts de l’écrivain, manque de mesure et de retenue allant de paire avec un relâchement des sphincters, raison supplémentaire pour se méfier du rire du fait de ces risques fréquents d’ écoulements malséants accompagnant l’élasticité faciale. »
    Ainsi que cet autre :
    « l ‘ère de l’ « âge sombre », ère du grand rire coincidant avec la perte du grand style. »

    Ce n’est pas tant son rire que je reproche à Rabelais que son relâchement et son débordement au niveau de la forme, consécutifs certes à son envie de rire. Si je me méfie du rire par respect du sacré, il faut comprendre que par sacré ce que j’entends est avant tout une question de style, c’est à dire question de décantation .
    Si je dis que notre époque vit plus que toute autre à l’ombre du grand rire, ce n’est pas qu’elle rit plus qu’une autre mais c’est que prisant plus que tout le relâchement, le défoulement et l’excitant, elle a perdu de vue la question du grand style.

  52. Mimosa says:

    Il faudrait savoir comment tu définis le « grand style » ?

  53. Falcophil says:

    cela recoupe à peu près la différence entre l’image de gauche et celle de droite.

    jui

  54. Mimosa says:

    D’accord mais en ce cas, ce que tu nommes « sacré » n’est plus qu’un prétexte pour une question de formalisme

  55. Falcophil says:

    Pas si l’on considère avec Buffon que  » Le style est l’homme même ».

  56. ICHTHUS says:

    Alors il ne s’agit que d’humanisme !

  57. Falcophil says:

    Dieu m’en garde!
    S’il s’agit de trouver l’homme au travers du style, c’est afin de trouver la valeur au travers de l’homme.

  58. Clash says:

    Si le style est décantation, alors la valeur qui se manifeste au travers du style pourrait trahir l’aspiration à une réalité amoindrie. Sous couvert de purification tu cherches en fait moins le sacré que le repos par un minimalisme de réalité, voire peut être, une certaine léthargie. Ton aspiration au sacré n’est probablement que l’ appel de la tomate ou du poireau. Quand on veut vraiment le beau alors on finit par laisser tomber le beau pour s’engager dans le terrible mais quand on ne veut pas vraiment du beau alors on s’accrochera d’autant plus au beau parce qu’on y trouvera le meilleur prétexte pour masquer son envie de sommeil.

  59. Falcophil says:

     » Quand on veut vraiment le beau alors on finit par laisser tomber le beau pour s’engager dans le terrible  »

    tu prétends regarder le soleil en face alors que tu n’es même pas fichu d’observer son reflet dans une vitre.

    « …le meilleur prétexte pour masquer son envie de sommeil. »

    Je n’ai jamais prétendu masquer mon envie de sommeil, je prétends seulement vouloir y ajouter l’éveil le plus intense.

  60. Thierry says:

    explique nous alors comment tu surmontes un tel clivage !

  61. Falcophil says:

    nous en avons déjà parlé:

    http://portraits.fayoum.free.fr/fayoum/fayoum1c.php

    Inutile de répéter qu’il ne peut s’agir que d’une vague ébauche.

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