( février 21, 2008 )

REPRISE

La discussion de la fois dernière où je contestais la pertinence du concept de “Renaissance” et formais un doute sur l’apport réel de l’humanisme

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ayant connu un lamentable dérapage du fait, entre autre,

d’un crétin congénital qui ne m’a jamais pardonné de lui avoir dit que le singe de Desmond Morris avait infiniment plus de talent que lui,

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(Peinture réalisée par un chimpanzé nommé “Congo”)

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(Peinture réalisée par un abruti nommé Song)

j’ai dû fermer les commentaires . Je les rouvre maintenant grâce à l’intervention de Harry qui pour discutable qu’elle soit présente du moins le mérite de maintenir une certaine hauteur de débat.

C’est donc cette intervention que je reproduis ici.

” Il est évident que la Renaissance n’est pas une réalité brusquement sortie du néant mais aboutissement d’un long processus de maturation commencé avec Giotto. La perspective inventée par Brunelleschi, méditée par Paolo Uccello et qui effectivement traduit un effort sans précédent de fusion de la raison logique et de la raison esthétique

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découlait elle même d’études en matière d’optique menées par des savants médiévaux tels Roger Bacon ( Au passage et je te le dis pour dissiper un peu de ta parano de la persécution, le terme “Moyen-Age” ne fût pas inventé par un protestant par haine anti-catholique mais apparût la premier fois sous la plume d’un écrivain bien catholique lequel en 1464 écrivit l’oraison funèbre de Nicolas de Cuse rappelant que le “‘divino” avait lu tous les livres, les modernes , les anciens ainsi que ceux de la “période intermédiaire”.)

Ancien, , période intermédiaire, moderne, Burckhardt n’écrira que 4 siècles plus tard et pourtant c’est bien au bout de cette chronologie que se pensent et se positionnent les humanistes de l’époque, tel se situe entre autre Giorgio Vasari

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qui dans une perspective vaguement pré-hégélienne, pense la Renaissance pour ce qu’elle fût vraiment , aboutissement d’un long processus par lequel l’homme prend pleine possession de lui-même ou encore possession pleine et entière de la “norme”, ce qui est tout un. Qu’est ce en effet que la norme pour Vasari? Le principe inaltérable découvert par les grecs, perdu par la suite mais qui toujours plus ou moins attira les hommes du Moyen-Age parce que ce principe aimante en ce qu’il réalise l’essence de l’homme qui n’est autre que l’équilibre du classicisme mais que seuls les italiens seront amenés à redécouvrir progressivement jusqu’à ce que le XVIème siècle finisse par le réaliser dans sa pleine expression.
Ce n’est ainsi que dans la perspective vasarienne qu’il convient de comprendre la Renaissance, émancipation intervenue avec Giotto et sur ce point la rupture opérée par sa “révolution spatiale” est incontestable mais aussi réalisation progressive d’un homme total fusionnant toutes les possibilité humaines tant poétique que scientifique. A cet égard, le XVIème siècle ne doit effectivement pas être considéré comme une rupture mais comme le point culminant de cette évolution, siècle où les savants furent aussi poète et artiste

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, où le rationnalisme le plus mathématique était aussi capable de donner la vie , d’en épouser le mystère divin et la dynamique irrationnelle comme le montre par exemple les compositions de Léonard de Vinci.

. Toi qui te piques de mépriser un humanisme “anthropocentrique” que tu connais mal, je te rappellerai seulement que cet humanisme qui pose le caractère central de l’homme, la noblesse de l’homme , la prééminence de l’homme en ce qu’il est le reflet du divin doit en même temps , pour se saisir l’homme comme central, poser la possibilité d’une fusion en un seul homme de la totalité de l’esprit à la fois logique, esthétique et éthique, l’humanisme c’est la raison retrouvant toutes ses composantes et il est tout de même curieux que toi qui est toujours obsédé par l’idée de l’unité tu te montres aussi négligeant à l’égard de cette idée de synthèse, harmonie suprême réalisée par Raphaël

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plus ou moins en écho à Bramante,

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ainsi que par Corrège assurant la conjonction entre Léonard et Raphaël. L’humanisme de la “Renaissance” nous restitue le sens exact du mot ” individu”, non l’homme séparé du monde comme pourrait le croire une analyse superficielle, mais l’homme « indivis » au sens où ses composantes ne sont pas disjointes parce qu’il a pu ramasser en son être intime la totalité de l’esprit. ”

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30 commentaires to “REPRISE”

  1. Falcophil says:

    Ma réponse sera très brève. Cet équilibre dont tu parles il aura fallu 3 siècles pour le réaliser et au bout du compte, il ne se sera maintenu que durant quelques décénnies puisque c’est Michel-Ange qui apporta les premiers ébranlements à cette prétendue “totalité”.

    La période antérieure réalisa une fusion autrement plus totale et qui se maintint sur une période beaucoup plus longue.

    D’une manière générale on peut constater que les périodes parfaitement “classique” sont toujours de très courte durée, il en est ainsi aussi bien pour celle de Périclès que pour le XVIIème siècle français. Il y aurait matière à réfléchir sur la question d’un équilibre toujours précaire et fragile dès lors qu’il relève d’un esprit que l’on peut qualifier d’”humain trop humain”.

  2. Harry says:

    Des périodes classiques il y en a eu bien plus que cela, il ne s’agit que de cette récurrence d’alternances entre les deux grands pôles stylistiques , classicisme et baroque, loi du cycle vital fort bien dégagée par Heinrich Wölfflin, inutile de revenir là-dessus, on en a déjà parlé à plusieurs reprises.

  3. Falcophil says:

    Comment peux-tu alors prétendre que l’humanisme du XVIème ait intégré la totalité de l’expérience humaine puisqu’il résulte des constats même de Wolfflin qu’il existe en nous cette part d’ombre dont ne peut rendre compte la clarté classique?
    Il m’apparaît bien, au contraire, que cette loi de l’alternance binaire dégagée par Wolfflin rejoint cette incapacité propre aux temps modernes à retrouver le 3ème terme soudant les opposés et dont j’ai parlé dans un précédent billet:

    http://falcophil.info/blog/esthetique-de-lebranlement/

    A ce niveau, l’humanisme, pour avoir été très en deçà du débordement vital n’exprime qu’une part tronquée de l’homme, tout comme chaque période ultérieure n’exprimera qu’une autre part tronquée.

  4. Thierry says:

    Je crains que cette ambivalence ne relève d’une fatalité, il y des oppositions aussi inéluctable que la courbe ou la ligne droite, c’est de vouloir les concilier qui du coup pourrait aboutir à une complète implosion de la forme.

  5. Falcophil says:

    Absolument inexact!

    La ligne droite et la courbe sont parfaitement conciliables, la preuve puisque si tu marches sur la surface de la terre qui est courbe tu auras pourtant toujours l’impression de marcher sur un ligne droite.

    Les oppositions les plus tranchées peuvent très bien être conciliées, le tout est de reculer le plus loin possible leur point de conjonction. Ce fût la grande erreur des humanistes rompant en celà avec la pensée “médiévale” dont notamment la “docte ignorance” de Nicolas de Cuse que de croire qu’il était possible de faire se rejoindre le écarts sur un plan strictement horizontal. Hegel reprît cette erreur dont pâtissent désormais la plupart.

    L’opposition entre, par exemple, la ligne et le pictural, la forme fermée ou ouverte, directrice ou flottante n’est pas une fatalité,

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    le tout est d’accepter que le plan qui les unie soit le plus éloigné possible au point d’en devenir inaccessible ne pouvant alors être atteint que par l’acte de foi et non plus par l’acte de raison.

  6. Harry says:

    Tes notions sur certains aspects de la pensée médiévale semblent un peu évasives. Nicolas de Cuse est justement un théologien des temps nouveaux qui a rompu avec la scolastique . Lorsqu’il parle d’infini, il évoque aussi l’infini de l’univers , décentre la place de l’homme dans le cosmos et, de la sorte, le soumet aux contingences d’un monde autonome, sortant de l’univers clos de la philosophie scolastique et ouvrant ainsi la voie à Giordano Bruno. et à Galilée (C’est dans cette perspective qu’il parle de la droite et de la courbe qui , à l’infini, finissent par se rejoindre).

    Concernant ton image , elle n’est pas convaincante comme illustration de la fusion des opposées, c’est une image essentiellement lyrique relevant de l’irrationnel, au même titre que le fait d’opter pour la Foi. Je ne vois pas en quoi la raison y trouve son compte.

  7. Falcophil says:

    Je n’ai pas parlé de pensée scolastique mais de pensée “médiévale”, la scolastique est un aspect de cette pensée mais la mystique en est un autre et c’est bien de cette deuxième pensée dont se réclame de Cuse, d’une mystique héritière de la théologie négative du Pseudo Denys, de Grégoire de Nysse et de Maître Eckhart, quête d’un infini enfermant les énoncés les plus contradictoires parce que résorption du multiple dans l’unité.

    Réduire de Cuse à n’être qu’un précurseur de Galilée, tout comme d’autres le réduisent à une préfiguration du positivisme kantien n’est que trop révélateur d’un mouvement commençé avec la mentalité humaniste et qui a fini par tout ramener au seul plan de l’immanence. La conséquence est, entre autre, que l’acte de foi t’échappe complètement parce que tu le confonds avec l’irrationnel alors qu’il est intuition de la totalité relevant du supra-rationnel.

  8. Thierry says:

    N’empêche que je suis d’accord avec Harry sur un point, cette fusion des termes opposés, au moyen d’un plan elevé à l’infini, tu n’en donnes pas d’application concrète vraiment convaincante!

  9. Clio says:

    Il serait effectivement interessant de nous expliquer un peu mieux ce que tu entends par ce terme d”infini” et de nous dire également en quoi les humanistes furent incapables de l’atteindre. Il me semble que l’infini bien compris n’est pas un vague non-objet de non-spéculation mais une pleine harmonie où chaque chose se tient à sa juste place par rapport au tout. Si, comme je le pense tu confonds l’infini avec l’indéfini alors ce n’est pas cette saine mesure de l’équilibre que quant à moi, j’aime justement à retrouver dans l’humanisme de la Renaissance. Ici, dans la stricte mentalité grecque, les choses obéissent à des proportions restant à hauteur humaine, exemple dont ferait bien de s’inspirer notre”modernité”, l’attrait pour la démesure étant toujours l’anti-chambre du chaos.

  10. Falcophil says:

    Je ne peux t’expliquer ce que j’entends par infini, on ne peut faire entrer dans un concept ce qui dépasse le concept. L’infini n’est pas un “non objet de non spéculation”, il ne peut se comprendre qu’en terme de force de mise en relation qui tel un aimant assure la rencontre des pôles les plus éloignés. L’attraction universelle pourrait en constituer une image mais à la condition de n’y voir qu’une image et de ne pas confondre comme on le fait avec la pensée de Nicolas de Cuse , le signifiant avec le signifié. Car on ne peut que donner une image de ce qui dépasse la formulation discursive.

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    “Le tao qui est nommé n’est pas le Tao” dirait Lao Tsé. Au delà des métaphores inévitablement insuffisantes, il faut marcher vers le dedans , là où se trouve , au coeur du plus intime silence, l’image sans image, la parole qui est dite dans un total néant de paroles où pour reprendre les termes de Denys l’Aréopagite, ” à force de ne pas voir et de ne pas connaître, on voit ce qui est au delà de la vue et de la connaissance”. Il est révélateur que l’on veuille faire de Nicolas de Cuse le père de l’humanisme alors qu’il se réclame surtout de cette école de non savoir mystique auquel étaient étrangers les humanistes, incapables de dépasser le plan de la rationalité. Tu me demandes ce que je reproche aux humanistes ? Tu l’as expliqué toi même en quelques mots “Dans la stricte mentalité grecque les choses obéissent à des proportions restant à hauteur humaine”. C’est en voulant réduire l’homme à ses seules dimensions humaines que les humanistes sont responsables de cette dégradation du savoir où la connaissance coupée de la dimension théologique est ramenée à ses aspects logiques et discursifs , eux- mêmes mis au service de fins purement pratiques.

    . Les humanistes ont pâti de ces mêmes carences qui affectaient cette Grèce classique (Image très réductrice de la Grèce au demeurant, la même image réductrice que reprendra plus tard Winckelmann) dont ils se réclamaient. Trop de mesures, aucune dimension “inhumaine”, un excès de clarté refoulant la part de l’étrange, des constructions qui sont tout au plus de beaux agencements géométriques et de délicieuses combinaisosn mathématiques mais privées de souffle sacré

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    bref, un orgueil anthropocentrique qui ne sera pas étranger à certaines réactions outrancières comme Savonarole incitant Botticelli à brûler ses Venus ou la réforme luthérienne qui dans son intransigeance anti-pélagienne basculera elle même dans un excès inverse d’anti-rationalité. Une synthèse certes mais sur le stricte plan de l’horizontalité du savoir dans un monde qui de plus en plus sera réduit à n’être plus qu’une mécanique livrée aux ingénieurs.

  11. THITRA says:

    Moi aussi, je ne vois pas très bien comment tu peux surmonter les contraires par l’idée d’infini ( Peut-on d’abord avoir une idée adéquate de l’infini ?) comme dirait Thierry mais cela va bien au delà d’une simple question de courbe ou de ligne droite, il y a des antinomies d’autant plus fortes qu’aujourd’hui, le savoir devient de plus en plus fragmenté, c’est tout le problème de l’unification de la connaissance, je serais curieux de voir comment ton principe pourrait résoudre certaines antinomies irréductible entre par exemple entre ton « Moi » et ton « ça » , la relativité et la réalité du monde quantique, de simples exemples relatifs à la relativité de la simultanéité ou ce qui est contemporain peut tout aussi bien être chronologique en fonction du système réferentiel , tout celà montre l’improbabilité croissante d’arriver à une unité réel du connaître qui soit autre chose qu’une rêverie de poète.

  12. Falcophil says:

    “je serais curieux de voir comment ton principe pourrait résoudre certaines antinomies irréductible entre par exemple ton « Moi » et ton « ça »”

    Je n’ai jamais hésité à plonger un regard dans l’incohérence de mes fantasmes

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    tout en m’efforçant de les réinsérer dans une cohérence rationnelle

    “la relativité et la réalité du monde quantique”

    Ma façon de les concilier n’a certes rien de très rigoureux

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    Si c’est le côté scientifique qui t’interesse mieux vaut alors laisser faire les physiciens sans trop se mêler de ce à quoi, personnellement, je ne comprends rien.
    Pas plus d’ailleurs que toi tu peux comprendre ce que moi j’entends par infini car si tu ramènes la poésie à une simple fantasmagorie et non à un moyen de connaissance alors il est sûr et certain que dans l’optique qui est la tienne tu ne parviendras jamais à l’unification de la connaissance ,

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    ce qui te rend très à plaindre parce que celà veut tout bonnement dire que tu ne parviendras jamais à te connaître toi-même.

  13. THITRA says:

    Je constate simplement que tu es incapable de dépasser le domaine de la rêverie poétiQUE; SI TU VEUX COMprendre ce qu’est réellement la conjonction de la poésie et de l’observation scientifique dans un effort pour tenter de percer le mystère de la nature humaine, c’est Leonard de Vinci qu’il te faut méditer. comme dirait Harry, c’est en ce sens, au niveau de ses plus hautes réussites bien sûr, que l’humanisme est parvenu à saisir la totalité de l’homme.

  14. Falcophil says:

    ” SI TU VEUX COMprendre ce qu’est réellement la conjonction de la poésie et de l’observation scientifique dans un effort pour tenter de percer le mystère de la nature humaine, c’est Leonard de Vinci qu’il te faut méditer ”

    OK alors méditons

    Leonard de Vinci a été sans doute l’un des premiers à pousser très loin l’étude de l’homme sur le plan de la question de savoir comment chez lui certains rouages s’articulent par rapport à d’ autres ou comment certaines pièces s’emboîtent les unes dans les autres ….

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    Une question se pose. A t’il tenté de percer le mystère de la “nature” humaine ou plutôt le mystère de la “machine” humaine ?

  15. THITRA says:

    Ta vision de Leonard est réductrice , il y a des tas d’autres images qui pourraient la contredire, il est inutile de les montrer tant elles sont célèbres surtout dans un site comme le tien où l’on cherche à montrer des artistes peu connus. Je voudrais seulement évoquer un grand nom du cinéma scientifique,

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    Jean Painlevé, qui présente un fort bel exemple d’une réelle possibilité de conciliation de la vision fantastique et de l’observation scientifique.

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    Pour le reste, que l’on considère aujourd’hui le monde comme une vaste mécanique, cela me paraît relever d’une évidence mais dans cette optique, l’humanisme m’apparaît davantage comme un sommet sur lequel nous avons été incapables de nous maintenir (Ce qui était inévitable vu le perfectionnement du savoir) que comme un cause responsable de l’actuelle désintégration. Car si nous sommes d’accord pour dire qu’il y a disjonction, , je ne vois toujours pas en quoi tes évasions mystico-poétiques peuvent nous aider à retrouver une nodosité qui relèverait peut-être plus du pathologique que d’autre chose. Le cinéma reste certes un excellent moyen de réunification, nous en avions parlé déjà mais force est de reconnaître son peu d’impact face à cette évidence qu’il n’y a plus d’homme, il ne s’agit que d’une illusion, la définition cohérente qu’en donnait le judéo-christianisme a volé en éclat, toi même tu en es plus conscient que tu ne veux l’admettre car à considérer comment ta propre maison est hantée

    http://falcophil.info/ifotos/?dir=Bernard+MAUFFRAT&pic=Evanescence

    on peut alors voir en toi la lucidité qui s’évapore dès que tu ouvres la bouche pour construire ce blog et une analyse objective aboutit au constat inévitable que dans ce magma constitué de l’inconscient freudien,
    les structures historiques (Foucauld),

    économiques, sociales (Levi-Strauss),

    les agrégats , des structures éphémères qui nous définissent,

    structures très hétérogènes dont il est illusoire de tirer un plan pour une avancée vers un centre.

    Le constat de la modernité est là et c’est ce tableau d’Erato qui en dit le plus long,

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    en dehors de cette fluide pulvérisation faite de dynamiques éphémères et contradictoires, le chiffre Un devrait alors être rayé du système décimal.

  16. Falcophil says:

    Tu ne dis rien d’autre que ce constat que je développe depuis plusieurs mois sur ce site. Prétendre que l’humanisme n’est pas responsable de la vision mécaniste du monde, c’est ne rien comprendre à l’humanisme. Tu méditeras simplement pendant le week-end cette phrase de Pic de la Mirandole

    “Nous ne t’avons créé ni du ciel ni de la terre, ni immortel ni mortel, afin que, par ton libre arbitre, tu puisses choisir de te façonner dans la forme que tu choisiras. Par ta propre puissance, tu pourras dégénérer, prendre les formes les plus basses de la vie, qui sont animales. Par ta propre puissance, tu pourras grâce au discernement de ton âme, renaître dans les formes les plus hautes, qui sont divines”

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    Ton incapacité à dépasser une vision compartimentée de l’homme découle de ton incapacité à te penser autrement que comme objet. Se penser comme sujet et se penser comme objet, c’est là qu’est toute la différence entre la vision synthétique et la vision purement analytique à laquelle appartient la science.

  17. Clash says:

    Cette phrase de Pic de la Mirandole , je l’adopte dans réserve. Tu dis que l’humanisme a été très en deçà du débordement vital, la preuve que c’est faux puisque les propos que tu rapportes nous parlent de la pleine possession de l’homme par lui-même. C’est déjà du Sartre avec 5 siècles d’anticipation.

  18. Falcophil says:

    et c’est justement pour cela qu’on peut appliquer à Pic la même critique qu’il faut adresser à Sartre, si l’ essence n’est pas préexistante, on ne voit pas comment un libre choix qui est toujours particulier pourrait entraîner une valeur d’essence laquelle valeur est forcement universelle en tant qu’essence, sauf à admettre que l’universel est relatif , outre l’absurité d’un tel constat force serait alors d’admettre que n’importe quoi pourrait en ce cas être un humanisme dès lors que tout repose sur une autonomie sélective où la seule force est tirée de soi. La mondialisation capitaliste serait un humanisme même le nazisme deviendrait un humanisme, On se demande d’ailleurs au nom de quoi Pic de la Mirandole établit une différentiation qualitative entre le haut et le bas. Pourquoi la forme animale ne serait-elle pas aussi divine que la “forme haute” ? Si la liberté du choix devient le seul critère, alors un choix en vaut un autre et il n’y a aucune raison de dire que tel objet du choix rend divin au contraire de tel autre.

  19. Erato says:

    Je voulais remercier Thitra pour ses remarques sur mon travail même si j’ai l’impression qu’il perçoit mal mes intentions. Il ne s’agit pas dans mon esprit de déplorer un état de désintégration mais au contraire d’y aspirer , de vouloir la séparation de chacune des parties de ma personne un peu comme un nageur fatigué voudrait se transformer en étendue liquide. J’aspire à l’irréalité et toutes vos joutes philosophiques n’ont pour moi aucun sens car je ne vois pas de quelle position stable vous pouvez parler et lancer vos jugements si le sol lui même est irréel. Ma démarche est de ne pas refuser une réalité qui se dérobe contrairement à Falcophil dont je ne comprends pas de quoi il peut parler quand il évoque l’unité de l’être. Chez moi, cette unité ne serait q’un sentimen de pesanteur un peu comme la voracité obsédante d’une tumeur ou comme un obstacle qui boucherait un trou par lequel je pourrais m’enfuir. Quand je peins j’ai l’impression d’avoir trouvé le trou par lequel j’ai la joie de pouvoir partir en lambeaux. Chaque soir, quand je rentre chez moi et que je regarde dans la glace les traits tirés de mon visage fatigué, je sens alors ou je crois sentir la vraie signification du mot « être » qui n’est autre que la tâche qui vous obsède, le petit grain de sable qui bloque tout l’engrenage, la misérable petite touche de peinture mal plaçée et qui met à bas toute l’harmonie du reste. La désagrégation et le chaos c’est là que moi je crois sentir la véritable harmonie du tout et le désordre est justement l’irréalité d’un mot, ou encore les différentes faces de son irréalité par lesquelles on prétend souder différentes expériences, diverses sensations mais qui ne sont en fond que les déchets de toutes les heures inutiles accumulées tout au long des jours, des mois, des année, des décennies . En l’espace d’une vie ne restent que quelques mots dont on doit se débarrasser. Seul le chaos des souvenirs est délicieux et l’on doit se noyer avec joie dans les débris d’une vie comme on coule dans le coeur chaud d’une mer houleuse. Au fond, je ne peux dire que la peinture me comble et j’envie Falcophil quand il parvient à créer avec le silence de l’inanimé

    http://falcophil.info/ifotos/?dir=Cataclysmes&pic=Le+desagreable+calme+des+vents

    mais dès que l’on sent que des mots peuvent traverser la tête d’un corps pourtant mort,

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    on sent alors toute l’insoutenable pesanteur de l’être.
    J’ai très tôt cessé d’être une petite fille car j’avais toujours l’impression que mes poupées souffraient chaque fois que je les touchais et que le mystère d’être présente au monde finissait par déteindre sur la lointaine absence de leur regard. Déjà, inconsciemment, je redoutais cette unité du connaître dont je ne sais trop là encore ce que cela peut signifier mais dont une secrète intuition provenant peut-être de ce sentiment que mon irréalité n’est autre que l’irréalité du monde, me dit qu’elle est un peu analogue à une cible où plus on se rapproche du centre plus on se trouve obsédé par la pointe de la flèche que l’on doit y planter. C’est pourquoi toute la raison d’être de ma peinture pourrait se résumer en quelques mots: “viser le plus mal possible de façon à toujours manquer la cible…”

  20. Falcophil says:

    Je constate simplement que tes figures conservent une expression angoissée

    http://falcophil.info/ifotos/?dir=ERATO

    comme si elles n’étaient pas convaincues decette prétendue jouissance que devrait leur apporter la désagrégation que tu veux leur imposer.

  21. Erato says:

    Il peut en effet être douloureux de reconnaître certains faits voire de dévoiler certaines illusions. L’idée de l’unité de la conscience est l’une de ces impressions fallacieuses dont il est aussi difficile de se débarasser que de se convaincre que le dur n’existe pas et ne recouvre que des charges electriques. Mon rêve de désagrégation n’est qu’une aspiration à me réconcilier avec la véritable nature du monde suivant laquelle tout n’est que flux d’energie et interactions de dynamiques diverses. Prétendre que tout cela s’unifie quelque part dans une région du cerveau n’est qu’un impression subjective pas plus consistante qu’une ombre sur un mur. Si mes personnages ont un air si malheureux, il faut en chercher la cause dans notre incurable narcissisme.

  22. Falcophil says:

    Mon cerveau n’est pas qu’un flux d’énergie, il est aussi un outil dont je me sers pour penser, dans le but de résoudre les multiples problèmes posés par le monde et d’ailleurs, plus s’élève l’intelligence humaine, plus le cerveau est moyen au service de la réflexion, à contrario plus l’intellect regresse plus le cerveau sera subi comme simple réseau de neurones. Ta description du cerveau est peut être bonne pour rendre compte de l’intelligence animale mais devient inopérante lorsqu’il s’agit d’expliquer ce qui se passe dans la tête d’un homme dès lors que se mettent en mouvement les circuits neuronaux dans le cadre d’une volonté consciente d’ atteindre tel ou tel objectifs ou de résoudre tel ou tel problème. Si tu étais en toi dépourvue d’instance et de capacité d’unification, tu n’aurais jamais été capable de peindre le moindre tableau parce que tu aurais tout bonnement été incapable de presser ne fût-ce qu’un tube sur ta palette.

  23. Thierry says:

    Cette conception d’Erato je crois d’autant mieux la comprendre que chaque matin je ne peux voir mon visage dans une glace tellement je suis obsédé par l’idée d’une grosse limace qui sort de mon anus et rampe le long de mes jambes. Tu me diras qu’au delà de la limace, il ya ce qui se passe dans ma tête, je veux dire ce point focal où se forge l’image de la limace et qui devrait normalement être situé hors toute limace mais c’est alors qu’essayant de visionner le processus même de formation de la limace, je ne peux voir qu’un enchevêtrement de tuyaux tous convergeant vers le fond d’un puits recueillant le dépôt d’une énorme morve. D’où viens alors la vision de la morve? Il me faut pour le comprendre devenir comme un cafard qui chemine le long des parois du puits pour tenter de s’introduire dans l’un des tuyaux, tout à fait en vain d’ailleurs tant les conduits sont obstrués par la morve.
    En haut du puits brille certes une lumière mais la morve est plus respirable que la lumière de la haut. A mesure que le puits s’élargie ses parois devienne blanches comme l’émail vers des contrées où l’on ne peut rester sans qu’aussitôt la brillance vous fasse payer son prix par le coup qui vous écrasera.

  24. Falcophil says:

    Je lis chez Saint Jean Climaque (L’echelle sainte) “C’est vraiment un triste spectacle de voir ceux qui étaient restés saufs en mer faire nauffrage au port”. Par extension je dirais que nous en arrivons à ce point où nous ne pouvons plus envisager autre chose qu’un port synonyme de nauffrage.

  25. Thierry says:

    La limace et la morve ont tout envahi, même les bateaux qui fuient voiles au vent…..

  26. Falcophil says:

    mais comment la limace et la morve peuvent-elles habiter dans le vent ?

  27. Thierry says:

    C’est bien ce que je dis, du fond du puits, de cafard tu deviens lumière et alors tu n’es plus que du vent…..

  28. Erato says:

    Falcophil répondra que l’infini est là pour réconcilier le cafard et le vent

  29. Falcophil says:

    Non,

    c’est plutôt le vent qui réconcilie la limace et la lumière.

  30. Clio says:

    ????????

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