VASES PERDUS
Une probable erreur de manipulation a entraîné la disparition de toutes nos discussions relatives au précédent article, lui-aussi évaporé et qui avait pour titre « VASES BRISES » lesquels sont ainsi devenus des « VASES PERDUS ».
Dommage.
Les réflexions des intervenants étaient pourtant interessantes, notamment celles de Cristina employant à propos de ces deux portraits

les termes d’ « ontologie » et de « phénoménologie »
termes peut-être inadéquats mais restant tout de même utiles dans l’optique d’une approche plus serrée de démarches artistiques à l’esprit opposé. Au cours du précédent billet, nous en étions en effet venus à évoquer l’une des 5 dichotomies exposées dans un célèbre ouvrage dont il fut déjà question
http://falcophil.info/blog/en-relisant-wolfflin/

Classicisme = forme fermée

Baroque= forme ouverte

La plupart des intervenants prenaient bien sûr la défense de la forme ouverte, celle-ci , au travers de la brisure ne pouvant se comprendre que comme libération à l’égard de l’ espace clos qui étouffe l’élan de la vie et gêne le dynamisme créateur.
C’est à l’occasion d’une nouvelle visite chez mon ami Paul Orcian que j’ai songé à cette idée d’illustrer de façon plus pratique ces discussions relatives à ce type d’ambivalence.
Ma première visite dans le taudis servant de logis à Orcian avait déjà été relatée l’année dernière,
http://falcophil.info/blog/lebenswelt-2/
Ayant revu Orcian il y a quelque temps, il avait tenu à ce que je lui fasse une nouvelle visite car il souhaitait me montrer au travers de la nouvelle orientation prise par son travail à quel point j’avais tort en soutenant une conception fermée de la forme.
Quand je parle de la nouvelle orientation du travail d’Orcian , je force certes un peu trop l’expression. Jadis Orcian travaillait dans une veine figurative

http://falcophil.info/ifotos/?dir=ORCIAN
qu’il a fini par abandonner, préférant désormais, comme nous allons le voir, opter pour le moindre effort.
ORCIAN passe maintenant son temps à squatter des appartements abandonnés en instance de démolition.

Inutile de frapper à sa porte, Orcian n’a plus de porte et quand on en trouve une, elle n’a pas de serrure mais peu importe, notre bonhomme s’en fiche, il n’ y a rien à voler chez lui parce qu’il n’a plus de chez lui.
Je le trouve donc au milieu d’une pièce dans un état d’ébriété suffisamment avancé pour qu’il peine à me remettre. La scène me touche car elle me rappelle un dessin de lui que je possède

datant de cette heureuse époque où il s’adonnait au travail, trop occupé à représenter le désespoir pour se laisser gagner par la déchéance.
D’une voix hésitante, entrecoupé de hics et de rots, il me soutient qu’il travaille encore d’une certaine manière. Il tend alors l’index, me désigne le mur, m’invitant à le photographier car c’est là que se trouverait selon lui sa nouvelle démarche.

Il poursuit en me précisant que son seul et unique travail consiste désormais à observer les configurations toujours changeantes opérées par les ravages du temps au coeur des bâtisses vides et délabrées qu’il occupe précairement, avant d’être tôt ou tard expulsé. Il avoue avoir été emballé par la démarche de Clash qu’il m’est arrivé plusieurs fois d’évoquer dans le présent blog
http://falcophil.info/blog/quod-ergo-deus-coniunxit/#comment-760
et je commence alors à saisir.
Cette néfaste influence alliée à la malchance et à l’incompréhension d’un monde imbécile pour qui l’art oscille entre impressionnisme et Damien Hirst, a donc eu raison de l’énergie créatrice de mon ami car voici ce qu’est devenue sa démarche :

C’est dans une sorte de passivité jubilatoire qu’il contemple la beauté qui émerge sous l’action du temps qui détruit, travail de sape qu’il m’invite à photographier :

La thèse de mon ami est simple. L’action de la vie passe par l ‘action du temps et l’action du temps passe par les ravages que la chronologie opère sur la forme. Celle-ci doit donc en passer par la dégradation apportée par l’entropie pour être régénérée en s’ouvrant à l’action de la vie. La forme fermée que je défends ne peut donc que procéder d’un refus malsain de la vie.
Son état d’ébriété ne l’empêchant pas de discerner la moue de désaccord qu’esquissent mes lèvres, il semble soudain se déssoûler quelque peu et m’expose un simple exemple.
Me désignant un volet entrouvert,

il pointe d’abord son doigt là où la peinture n’est pas encore entamée.

Quoi en effet, de plus monotone, de plus plat et de plus ennuyeux? C’est la forme fermée que je défends
Mais que la forme commence à s’ouvrir, au travers d’un peu de peinture qui s’écaille quelque part ailleurs sur le même volet

et vous voyez aussitôt l’existence reprendre ses droit contre une forme qui de par la fermeture de son calme régulier ne faisait qu’ emprisonner le flux de l’ écoulement vital.
Je tente de lui objecter que rien n’est monotone et que c ‘est la paresse du regard qui rend les choses ainsi . Concernant par exemple son volet, il n’était pas nécessaire de faire un gros plan sur sa partie dégradée pour le rendre captivant, la difficulté étant justement de trouver l’angle de vue sous lequel sa partie intacte pouvait devenir intéressante.

Alors qu’ Orcian veut s’approcher pour voir en gros plan son volet qui se dégrade

Moi je me recule pour voir au contraire ce même volet s’affirmer dans le mystère de la lumière qui l’éclaire.

Dans cette optique la lumière ne sera pas là pour désagreger la forme mais pour la purifier, la synthétiser, l’alléger de ses éléments superflus afin de la rendre plus dense et plus présente.

Pourtant rien n’y fait, sourd à mes objections mon ami ne veut pas en démordre, reste opiniâtre dans sa passion ruderale et m’invite alors à photographier d’autres aspects de sa baraque en ruine

Il me faut en effet admettre que je n’ai que l’embarras du choix, partout il n’y a que plâtre qui s’ effrite, peinture qui s’ émiette, lattes de bois mangées d’humidité. Ce dessin jadis exécuté par lui
rend assez bien compte de la misère de ces lieux qui depuis longtemps lui servent désormais de décors.
et il est indéniable que souvent les aléas des intempéries et les outrages du temps donnent sur les façades abimées des résultats que certains artistes abstraits n’auraient pas renié.


Autant j’éprouverai beaucoup de mal à tirer quelques photos interessantes des quelques rares parties intactes de son immeuble, autant partout là où c’est dégradé, je n’aurai qu’à enclencher pour obtenir une image sortant de l’ordinaire.

Se figurant que je commence à me rendre à son opinion, Orcian s’enhardit alors pour se lancer dans une diatribe contre la bassesse du philistin. Les nombreux hoquets qui interrompent sa loghorrée chaotique me permettent tout de même de comprendre qu’il s’en prend maintenant au bourgeois stupide, à son esprit étroit et borné, aimant la propreté, les façades bien peintes et bien ravalées
.
Voici l’ennui que l’on trouvera sur la sécurité indigente d’un mur de bourgeois

et voici le crépitement de la vie que l’on trouvera sur la pauvreté d’un mur de poète

le créateur cherchera autant le sordide du toit délabré que le misérabilisme du mur pisseux et décrépi, l’avant goût de l’infini se trouvant là, dans ce qui donne le malaise de l’insécurité. Ce qui nous divertit, l’art du kitsch, peut-être que cela d’emblée nous rassénère voire nous rend gaie mais certainement que cela nous rabaisse et pour cette raison tôt ou tard cela finira par nous rendre triste . Inversement, l’art du poète qui nous rend d’emblée triste parce qu’il nous arrache à la rassurante mais combien médiocre réalité de nos routines , pour sûr toutefois qu’il finira tôt ou tard par nous donner la joie parce que c’est un art qui nous élève.
De même, le bourgeois pronera t’il la valeur du travail, alors qu’un vrai créateur vantera la fainéantise. Mon ami, rappelons le ne fait rien, il laisse faire, rien n’ étant plus créatif que de laisser faire le temps,

les choses se modifiant d’elle même, de façon plus efficace que tous nos efforts prétentieux,
mon ami est humble, il se contente de n’être rien, c’est déjà beaucoup car de par le rien , il rejoint le simple fait d’ « exister » à l’état pur.
Attardons nous un peu sur ce terme « exister ». De quoi parle t’il au juste ? Il existerait quant il contemple telle partie déglinguée des lieux qu’il habite mais il existerait moins quand il contemple quelque chose d’intact?
Qu’est à dire ?
Que je me serve d’un morceau pourri de sa maison pour forger ensuite cette image,

j’ »y gagnerai certes en excitation visuelle mais cette image suivante,

m’indiquerait de façon sourde que la part d’intelligible dans le visuel sera en proportion d’un certain gommage d’existence. Si la première image s’attardera sur une horizontalité de l’étant, le seconde tentera dans l’étant une certaine percée vers l’ être.
Dans le cadre d’un autre billet consacré à l’extase de Sainte Thèrèse par le Bernin
http://falcophil.info/blog/456/
Il avait été noté que les termes expression et extase présentaient ce même préfixe, « ex » signifiant , « en dehors » , la même remarque vaut pour le terme d’existence tout comme pour le terme d’ excitant. Un art de l’expressivité tel qu’il se mit en place à partir du baroque et tel qu’il culmina avec maintes formes de l’expressionnisme contemporain relève ainsi d’une approche où la forme n ‘enrobe plus le mystère absolu de l’unité qui la sous tend mais veut au contraire extérioriser cet absolu au travers du déroulement et du processus même de l’apparaître.
Que les mots existence et excitant présentent le même préfixe « ex » suffirait ainsi pour mieux saisir le lien qui unit les deux termes. Plus je suis excité plus j’existe et plus j’existe plus je suis « ex » c’est à dire en dehors de…De quoi donc?
De Moi-Même.
Moi-même?
C’est à dire?
Qu’est ce que « Moi-même »?
Si je réponds « rien », je garde l’intuition tenace qu’il ya tout de même quelque-chose.
Si je dis « quelque-chose », naît alors la crainte qu’il n’y ait rien.
D’où cette idée que « Rien » et « Quelque-chose » seraient deux termes qui s’entrelacent tellement qu’ils en deviennent synonymes. Que nous tentions de comprendre ce paradoxe et nous aurons aussitôt le sentiment que notre tête va éclater. Les contraires ne peuvent se rencontrer que sur un point situé vers l’infini et nous éclaterons tout autant si nous tentons d’atteindre l’infini, de sorte que si l’infini où se concilient les contraires ne peut être que suggéré, il ne le sera en ce cas que par quelque chose de non-éclaté, par la plénitude de la forme. Telle plénitude de l’objet

pourra dès lors suggérer du non visuel qui se présente à la vue mais qui ne peut intuitivement qu’ être saisi par l’esprit. Je peux ainsi percevoir la totalité de cette objet mais ce à quoi renvoie cette totalité, à savoir, la substance, l’unité, l’individualité , l’indivisibilité et l’essence ne sont que de l’ordre de l’invisible et du caché. L’unité du vase où est-elle ? partout et nulle part, elle subsiste à la fois comme évidence et comme secret.
Que je brise maintenant la totalité de l’objet dans la totalité de sa forme:

quelque chose alors s’en va de son unité, de son essence, de sa substance, quelque chose se perd de son secret . Son « invisible raison d’être » s’évapore au travers de la blessure et de la béance que je viens d’infliger à la forme.
Saisir ainsi dans sa totalité ce contre-vent

C’est le saisir dans le mystère qui sous-tend sa forme
Le saisir au travers des blessures que les intempéries infligent à sa forme

C’est le saisir au travers des accidents provenent des contingences « ex » térieures.
Dans le 1er cas, l’objet sera davantage contemplé que perçu alors que dans le second, il sera beaucoup plus perçu que contemplé.
Partout donc, là où le temps fait ses ravages, Orcian cherchera le titillement par la perception ainsi que l’influx nerveux émoustillant la fibre optique, il est, autrement dit, en phase avec une époque où l’existence est devenue l’ être, par désacralisation, mise à jour du caché et sacralisation de la simple relativité de l’apparaître, esthétique du dévoilement, de la mise en scène qui est négation de la substance ou du moins de sa mise à nue au moyen du mode opératoire érigé en valeur absolue.
une image montrée la fois dernière

Scène de Loft Story
nous a suggéré combien la révélation de l’intime était décevante voire franchement sordide. La fille en question était pourtant assez belle pour qu’elle se rendit attrayante en masquant l’essentiel. Toute la séduction qu’opèrent certaines tenues est d’ailleurs là,

le désir se nourrit de caché et donc de mystère et si la vie ne peut subsister sans désir, c’est bien qu’ une partie inaccessible et cachée la met en mouvement. L’impudique quant à lui soulèvera pour regarder en dessous et que verra t’il? Quelque chose de fort décevant à vrai dire, un morceau de peau flasque et ridé, du Francis Bacon en somme, c’est la démarche expressionniste.
Le pudique préfèrera plutôt ne pas voir ce qu’il y a en dessous, non par timidité mais parce qu’il sait d’expérience qu ‘il faut montrer afin que l’essentiel n’en paraisse que davantage interdit à la vue, chose que notre époque aura bien du mal à comprendre, elle dont l’absence de pudeur et de retenue la porte à toujours prétendre dévoiler ce qu’il n’est pas permis de voir.
Quittant la minable bâtisse d’ORCIAN, je ne peux m’empêcher de songer à cette chambre aux ruines peinte au XVIIIème par Clérisseau et décorant la chambre d’un moine du couvent de La Trinité des Monts à Rome.

Choses sans rapport de prime abord, la chambre de Clérisseau fut occupée par un contemplatif, la chambre d’Orcian est occupée par un éthylique

Cette chambre peinte pour une cellule monacale était sans doute censée inviter l’esprit à réfléchir sur le mirage d’un monde éphémère

je me serais peut-être en ce cas trompé sur le compte d’Orcian. Il se pourrait en effet que nous nous trouvions ici en présence d’ un ermite vivant seul dans ses ruines comme Saint Antoine dans ses hypogées, abîmé dans une intense méditation sur l’ irréalité du monde.

37 commentaires to “VASES PERDUS” »
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septembre 1st, 2009 at 3:14
Je pense que ton ami (imaginaire???) Orcian existe pour une raison qui va bien au delà d’une simple question d’ « ex » citation sensorielle. Il se tient « hors » , c’est à dire en dehors du conformisme moutonnier, il est rebelle, marginal, il rejoint le véritable sens du mot « exister ». la plupart font semblant d’exister parce qu’ils sont « in », lui, existe vraiment parce qu’il est « out », à la périphérie, dans l’underground, il est excentrique parce que radicalement « ex » centré, hors du centre quotidien où barbottent ses semblables, exister c’est cela, c’est être éjecté…Tu as frôlé la question mais tu ne l’as pas vraiment approfondie…Dommage.
septembre 1st, 2009 at 9:38
Le fait que l’ existence d’ Orcian se résume à l’ « ex » centricité montre bien qu’il ne fait que s’en tenir à un déplacement centrifuge. Il ne s’agit finalement que d’ une certaine forme de positionnement dans l’extériorité qui n’aura pour effet que de le maintenir en constant porte-à-faux par rapport à lui-même
septembre 2nd, 2009 at 6:43
Je dois reconnaître qu’il y a quand même des morceaux savoureux dans ce que tu écris, par exemple ça:
« le créateur cherchera autant le sordide du toit délabré que le misérabilisme du mur pisseux et décrépi, l’avant goût de l’infini se trouvant là, dans ce qui donne le malaise de l’insécurité »
Mais concernant ce qui se ramène à l’ « existence », comme dirais Clio , tu n’as pas compris grand chose ou alors, ce qui serait plus probable, tu n’aurais peut être que trop compris.
Ce personnage que tu as imaginé en soulignant que tu t’inspirais de mon travail, c’est probablement celui que tu voudrais être.. Celui qui parvient à se libérer définitivement des conventions et accède à la véritable « ex » » sistence » parce que pour reprendre un terme de Sartre, pour lui maintenant tout est en « trop » car plus rien ne va de soi. Créer fabriquer, produire ? Pour quoi faire? Il fait encore mieux que Dubuffet avec ses terrains et matières,
toi tu te sens toujous obligé à produire des images parce que tu ne peux échapper à ton besoin de justification, tu vis constamment dans cette culpabilité de n’avoir rien fait, d’être un raté parce que dans ta pauvre cervelle se trouvera toujours scotché la norme qui fixe le critère de la réussite, « Faire », « produire » , « accumuler ». Le bonhomme lui se marre puis déboutonnant sa braguette, il sort son braquemart et se soulage. Avoir son petit chez soi bien propre et bien rangé ? Peuh! Médiocre jusqu’à la » Nausée » ! Sa progression de carrière et son petit boulot bien pépère ? Beuk! A gerber! Le « on » visqueux de la Babel des gastropodes ! Chacun appelant « exister » le parcours idéal, à 18 ans le Bac , Brevet d’ Avachissement dans le Conformisme et à 25 ans l’ENA, Ecole Nationale de l’ Arthrose! Tu dis qu’il se fuit lui même mais « Lui même » , « moi même » c’est quoi ? Il n’a pas de réponse, il vit, un point c’est tout. Toi tu prétends avoir une réponse, tu parles d’unité, de substance, d’essence mais tu ne fais que poser des abstractions, tu ne vis pas, tu t’évapores dans les concepts. Tu as posé l’exemple d’un véritable « vivant » mais maintenant que tu l’as posé tu le dénigres parce que ça te fiche la trouille que l’on existe vraiement et que l’on ne fasse pas semblant et que tu préfères tout compte fait ton état de mort vivant. Abstiens-
toi donc alors de parler de ce que tu ne connais pas, contente toi de vivre comme un zombie parmis les autres zombies du Ministère des cloportes, effectivement, contrairement à Mister Roquentin, l’existence, tu ne sauras jamais ce que c’est.
septembre 2nd, 2009 at 12:16
Mais toi même le sais-tu ? Comment définis-tu l’existence ?
septembre 2nd, 2009 at 11:01
Pourquoi diable veux tu absolument définir?!?!? C’est bien là cette manie de catho scolasticard, Rabelais aurait dit de « sorbonagre » Depuis que vous avez tonsuré Aristote vous n’en finissez plus de définir avec votre quiddité, votre essence, votre substance, vos hyposthases, sur ce point ,les protestatnts auraient beaucoup à vous apprendre, relis donc Kierkegaard !
il n’y a rien à définir parce que chaque fois que l’on défini , il n’y a plus rien , plus rien de vivant, rien que du concept qui tue ce qui vit, va tu donc définir la chaleur ? qu’est ce que l’idée de chaleur à côté de la sensation de chaud qui se répand le long de ton corps ? définis et tu meurs C’est comme pour l’art, tu passes ton temps à disserter sur le beau, le laid, le classiscisme et le baroque et pendant ce temps tu ne créés rien, plus tu parles d’art et plus l’artiste meurt en toi, l’art ne peut plus te porter parce que tu es trop gavé de ces concepts qui pourtant ne pèsent rien, contente toi de vivre et tu sauras enfin ce que veut dire « exister ».
septembre 3rd, 2009 at 10:04
Il est tout de même extraordinaire que tu me reproches de conceptualiser alors que c’est bien toi qui présente des idées schématiques et arrêtées sur les gens, pour toi je ne suis qu’ un « zombie » qui travaille dans un ministère de « cloportes », n’ est -ce pas des concepts que tu emploies là? Les pires de tous à vrai dire, parce que non pas destinés à comprendre ou à connaître mais servant uniquement à l’ habillage de tes à priori sommaires sur les êtres et les choses. Comme si la vie d’un homme avec toutes ses tendances contradictoires pouvait se laisser enfermer en un seul mot! C’ est pourtant à cela que vous passer votre temps, toi et les autres, à juger, à fossiliser, Untel est un « con » et telle autre une « connasse ». J’entends assez , à mon travail, les collègues croupir dans ce genre de réductions à l’emporte pièce pour n’avoir pas envie de les retrouver sur mon site et toi tu n’es pas différent quand tu enfermes cette complexité des vivants dans le cercueil de tes sentences caricaturales et lapidaires.
C’est toi qui tue les vivants en voulant les réduire à des « morts » car ce qui vit, tu es le dernier à savoir ce que c’est de par ton manque d’ intérêt pour les autres.
et puis ça me fait bien marrer que tu puisses évoquer Kierkegaard,
lui du moins tentait de diriger son bateau en sachant qu’il y avait un havre quelque part, toi, tu navigues à l’aveuglette, au gré du vent et des vagues, incapable de t’emparer du gouvernail.
septembre 4th, 2009 at 5:30
Je n’ai pas lu Kierkegaard et j’avoue ne pas comprendre grand chose à toutes ces arguties philosophiques ni saisir exactement à quoi peuvent mener les masturbations cérébrales de Monsieur Falcone sur ces question d’existence, d’essence ou de substance mais il me semble retrouver là un thème de discussion que nous avions déjà eu , il ya un peu plus d’un an
http://falcophil.info/blog/lebenswelt-2/#comment-1556
Me tromperais-je?
septembre 6th, 2009 at 5:57
Brise les limites et la main moite et vicié de l’air chaud
Viendra souiller
le blanc sommeil du mur frais
Dans le soleil purifié
Par le filtrage du verre et du plomb
Ouverture ne sera plus alors
Qu’ éventrement et sommeil mécanique
Et la volubilité deviendra sacrilège.
Car les mots prolifère sur un cadavre
Quand la vie est invisible mais pourtant bien
Là.
Du dedans vécue et recouvert du dôme
de ta muette présence
Mais chaque jour,
chaque mot de la crevasse
s’égouttant
d’un ciel de plâtre
Quand nos salives deviennent épaisses d’imprégnation
D’un goût d’essence
Alors l’ ESSENCE n’ est plus
La statique danse
De cette dense plume
Duvet d’un milliard de tonnes
Caressé de l’aile
D’un ange d’angoisse
Mais s’appelle
Total ou Shell
Ou n’importe lesquelles
De ces paroles
d’un ciel de plâtre
de la crevasse
qui s’ égouttent et puis s’étalent
En une tâche d’huile sur un virage
Comme une liqueur
Suintant grasses
D’une bièle coulée
Et qui me font rêver à l’hémostase
Du silence
septembre 7th, 2009 at 5:50
La philosophie est en effet à elle seule impuissante pour rendre cette idée de la perte de substance qu’entraîne l’éclatement de la forme, tu l’as très bien exprimé en parlant d’une esthétique du dévoilement où seule compte comme modalité de l’être, le simple mode opératoire, de l’entropie ou de la mécanique , c’est tout un car dans les deux cas, la mise à jour est triomphe du vide par étalage de l’intérieur et donc mise à mort du secret. Subtile analyse. L ‘être en quelque sorte s’autodétruit par révélation de lui même, je voudrais donner à cela une illustration supplémentaire au travers de cette réalisation ou plutôt anéantissement proposé par Arman
et qu’il suffit de comparer à n’importe quelle représentation du même objet, fût-elle la plus médiocre,
pour comprendre toute la substance qui meurt quand plus aucun respect de la forme objective ne subsiste pour préserver l’indicible et que la vie réduite au seul choix d’existence n’ est qu’un synonyme du néant. On pourrait soutenir que cette mystique du dévoilement relève d’un triomphe de l’ossuaire et du squelette, Cioran avait raison en un certain sens, le stade final de l’ontologie ne serait plus en ce cas que la paléontologie.
septembre 8th, 2009 at 4:51
L’argument est en effet imparable.
Le deuxième violon cache indéniablement un secret, on ne peut dire ce que c’est, on sait seulement que cela s’est enfui quand on regarde le violon d’Arman.
septembre 10th, 2009 at 3:54
. Je ne comprends toujours pas quel secret vous voulez préserver par l’objectivité de la forme si ce n’est que cette objectivité, je la trouve en effet analogue au concept froid n’ayant aucun rapport avec ce que je suis ou ce que je ressens.
Qu’ à cette réalisation audacieuse d’Arman vous ne puissiez opposer qu’un médiocre tableau est d’ailleurs assez significatif.
septembre 10th, 2009 at 5:59
Tu n’as pas lu Kierkegaard mais tu as très bien résumé l’un de ses plus fameux dilemmes :
« le héros tragique renonce à lui-même pour exprimer le général, le chevalier de la foi renonce au général pour devenir l’individu. »
(Crainte et tremblement).
Il y a aussi, celui qui n’est ni héros tragique ni chevalier de la foi mais simple bricoleur essayant quelque chose d’à la fois plus modeste et de plus ambitieux: trouver le mince espace pour se frayer un chemin entre les deux…
septembre 12th, 2009 at 2:53
Mais de quoi nous parle t’elle donc cette image, si ce n’est d’un monde de zombie capté par un zombie ? Ce n’est pas comme il le prétend la vie porté à sa quintessence, c’est tout bonnement la haine de la vie par refuge dans l’univers des abstractions.
Le pire est qu’il me reproche de conceptualiser quand je le traite de mort vivant et que je qualifie de « cloporte » ceux avec lesquels il travaille. J’ai assez travaillé en administration centrale pour connaître ces gens là et me sentir effectivement en droit de les qualifier de momies ambulantes car leur idéal relève bien d’une non-existence, ils sont « dedans », enfermés dans leur propre tombe, ils travaillent à devenir « attaché », ignorant tout de la véritable « ex » istance laquelle ne commence que lorsque l’on veut être détaché voire dé « taché », c’est à dire hors du monde des » taches ». Sophie en est l’autre démonstration quand elle se permet d’opposer au travail créateur parce que « dé »-créateur d’Arman, une réalisation de facture médiocre pour ne pas dire nulle. Ils sont dans la nullité parce qu’ils sont précisément dans l’objectivité qui ne veut rien dire car l’objectivité ne provient de personne. Il ne s’agit pas de nier la subjectivité des autres en les ramenant au concept de » cloporte ». Ce sont eux qui de par leur propre paresse sont devenus des cloportes justement parce qu’ils ont eu peur de « sortir du rang » en écoutant la seule voix qui compte, celle de la subjectivité de leur moi profond. Oui, c(‘est bien à Kierkegaard que je fais référence, à sa révolte contre tout ce qui prétend objectiver l’ existence par l’universel, le général au détriment du particulier. Osons en effet qualifier cela du nom d’esthétique du « dévoilement, dévoilement par le geste qui brise et qui par la brisure révcèle l’ existence car seule l’existence est l’absolue, le relatif c’est l’idée, la substance, champignons fantômes qui prolifèrent sur le tronc pourri de la cervelle qui fuit la vie
Arman existe tout simplement parce qu’il détruit et , il y aura d’autant plus d’existence qu’il y aura de volonté de détruire et d’autant plus de non vie, qu’il y aura de concept, d’objectivité et de général
La mort est générale et en cela elle ne vaut rien.
Seule l’ existence est unique et en cela d’une inestimable richesse.
C’est la mort la grande perdante parce que c’est elle qui revient toujours mais c’est nous les gagnants parce que nous savons que nous ne reviendrons jamais plus.
septembre 14th, 2009 at 9:48
Mais vous n’avez donc rien d’autre à faire que de passer votre temps à vous engueuler?!?!?!
ça fait au moins 3 ans que vous échangez des insultes, et votre dialogue est un dialogue de sourd sans rien de constructif. Essayez donc de vous rencontrer ailleurs que dans le monde virtuel et de faire autre chose que de vous envoyer vos boutades vénimeuses en réflechiisant sur le moyen de fusionner des démarches à l’esprit opposé, ce serait plus fructueux que de manipuler du vent en débattant sans cesse sur les mérites respectifs du classicisme et du baroque!!!!
septembre 15th, 2009 at 3:51
1.- je n’insulte jamais qui que ce soit, sur ce plan là, les gens comme Clash n’ont pas besoin de sollicitations extérieures pour envoyer leur venin, étant parfaitement capables de se mettre d’eux-mêmes en mouvement.
2.- Si dialogue de sourd il y a, il suffit de lire les posts à l’emporte pièce de Monsieur clash pour comprendre que je n’en suis pas responsable
3.- Les altercations sont quoiqu’il en soit inévitables dans tout espace de liberté, le consensus n’étant que la paix morte du cimetière
4.- j’ai, à maintes reprises, tenté de voir de quelle manière concilier les contraires, si toi aussi tu me lis sommairement, là encore je n’en suis pas responsable.
septembre 17th, 2009 at 11:02
Entièrement d’accord avec cette phrase, le consensus ce n’est pas seulement le cimetière c’est aussi le contraire de la démocratie
septembre 18th, 2009 at 12:09
Entièrement d’accord moi aussi
septembre 18th, 2009 at 3:29
Je suis également du même avis. Sans aller jusqu’à dire que le consensus est le contraire de la démocratie , il est certain qu’il distille un ennui mortel, la preuve en est que la présente discussion se traîne laborieusement et donne envie de bailler, du simple fait que nos interventions se résument à dire que nous sommes d’accord
septembre 18th, 2009 at 4:34
Le consensus est en effet comme ce classicisme que veut défendre Falcone, il entrave la palpitation du vivant et à ce propos, je voudrais apporter ma contribution par un simple exemple:
L’année dernière,
http://falcophil.info/blog/lebenswelt-2/#comment-1495
j’avais moi même , envoyé la photo d’un mur abîmé
Or, il y a quelques jours, repassant devant ce même mur, j’ai constaté qu’il avait été repeint
Falcone a fort bien exprimé la chose: l’ennui de la propreté et de l’uniformité lisse et laquée, médiocrement sécurisante contre le « crépitement » qui se fait entendre sur le mur de l’exilé, de l’exclus, de l’expulsé, de l’extradé, être poète, signifie en effet être « en dehors. », à la limite un poète ça fait bien pour orner une bibliothèque ou pour agrémenter une conversation de salon mais quant à ex « sister » comme un poète, là, c’est une autre histoire.
Falcone a forgé une démarche, celle du fictif Orcian, qui aurait pu être la sienne si effectivement il était moins engonçé dans son refroidissement cérébral causé par sa peur de vivre, son aversion pour la bonne chaire, la bonne bouffe , le bon vin et la bonne rigolade, enfin bref, de tout ce qui peut faire qu’un homme est un homme , un être qui vit c’est à dire qui pense avec ses tripes et ses couilles et non avec de la symbolique désincarnée pour corps anémique et châtré.
septembre 22nd, 2009 at 4:27
J’ai parlé de forme, un monochrome n’est pas une forme, ton souci est ici d’echapper à la monotonie au moyen de l’exitation visuelle et non de pressentir le secret par l’intermédiaire de la stabilité formelle.
septembre 22nd, 2009 at 8:25
Un secret pouvant être enfermé dans de strictes limites comme les limites d’un vase, ne doit pas valoir grand chose, ce qui se laisse enfermer dans les limites ne mérite pas beaucoup d’intérêt
septembre 22nd, 2009 at 10:45
Bien dit Erato, l’intéressant, c’est l’audace de briser les limites pour dévoiler le secret, n’importe quel secret pour mettre à jour le simple néant.
Tu m’accuses Falcone de propos à l’emporte pièce contre les fonctionnaires, je te recommanderai en ce cas vivement la lecture de cet ouvrage…..
septembre 22nd, 2009 at 11:10
Quel est ce bouquin?
septembre 23rd, 2009 at 12:43
Celui-ci,
septembre 23rd, 2009 at 6:45
Je ne comprends pas, de quoi parlez vous ?
septembre 23rd, 2009 at 11:29
De Orcian à ses débuts. Depuis il a évolué pour se fixer au milieu de la cellule de Clérisseau.
Installé au coeur de la décomposition, il détruit l’objet et devient le centre d’un secret. S’inscrivant au centre du secret, il n’est plus que voué à disparaître.
septembre 23rd, 2009 at 2:57
mais pointer du doigt un objet, cela vaut-il mieux ? Je pense que c’est un pis-aller.
septembre 23rd, 2009 at 3:48
objet, non-objet , la situation est donc sans issue
septembre 27th, 2009 at 9:17
Personne ne répond, c’est donc qu’en effet nous sommes bien dans une impasse
septembre 28th, 2009 at 4:42
Faudrait demander à Monsieur Orcian ce qu’il en pense, qu’est ce qu’il devient? Est-il toujours en train de croupir dans sa ruine ?
octobre 1st, 2009 at 7:11
Finalement, c’est un type interessant, se contenter de regarder les choses se dégrader, pourquoi faudrait-il absolument faire quelque chose ? Sommes nous vraiment ici pour faire quelque chose ?
octobre 2nd, 2009 at 4:29
le « faire », c’est l’essence même de l’homme, non?
octobre 5th, 2009 at 5:50
Eten vertu de quel décret il faudrait que j’accepte cette définition? C’est ta définition, pas la mienne, la seule nature de l’homme c’est l’aptitude à refuser ce qui lui est imposé du dehors, les prétendues définitions que l’on est sommé d’accepter comme des vérités incontournables. L’animal subit sa nature, l’homme refuse toute nature, c’est là sa seule réalité qui lui est antérieure. Pour les tocards comme toi, c’est le travail,,parce que tu ne fais que te soumettre à des choix que d’autres ont fait à ta place, pour d’autres, ce sera le non rendement, parce que ceux-là auront eu le cran de chosir eux-mêmes, leurs propres valeurs.
octobre 7th, 2009 at 10:10
On nous à donné à plusieurs reprises, un aspect de votre travail !
http://falcophil.info/blog/nuit-blanche/#comment-1930
En matière de non-rendement, effectivement, on peut dire que vous vous y connaissez !!!!!
Désolé mais un type comme vous, moi j’appelle ça un « raté ».
Et en vous définissant comme un raté, je ne pense pas forger un qualificatif arbitraire. J’atteins au contraire l’universel puisque n’importe qui conviendra que je ne fais que désigner ce qui constitue votre essence !
octobre 8th, 2009 at 11:37
Mais il ne te vient donc pas à l’idée, pauve merde, que c’est moi qui aurait pu faire le choix du ratage ? Et ceci parce que je crache sur les valeurs de succès que vénèrent les philistins dont tu fais partie. Succès/ratage, que siginifie d’ailleurs ce binôme ? si ce n’est l’adoption d’un critères de référence toujours et encore imposé par les bourgeois, ce qui pour toi est raté peut tout à fait correspondre à ce qui pour moi relève de l’épanouissement. A cet égard, être un raté me semble présenter beaucoup plus d’intérêt que le fait d’avoir réussi, le succès n’étant jamais que la consécration donnée par le conformisme ambiant.
octobre 8th, 2009 at 4:28
Je crois moi aussi qu ‘il n’y a rien de plus passionnant que la vie d’un raté, c’est pour ça que j’aimerais connaître ta vie Clash, tout comme il serait peut-être été plus interessant que Falcophil nous raconte la vie d’Orcian et nous explique comment il en est arrivé là.
juin 24th, 2010 at 8:41
Pas mal la conclusion.