GROTTE et PALAIS.
A la question posée la fois d’avant sur le sacré, je tentai d’ en présenter mon sentiment, cherchant d’ illustrer cette intuition

d’une absolue nécessité qui tel un liquide subtil et nutritif circule sous l’écorce de la contingence,

fond de lumière infiniment plus délicat, plus lointain et plus profond que ces écoulements de photons captés par les calculs des physiciens.
L’ami Clash se crut alors aussitôt en droit de qualifier ma composition de « dégoulinante du plus écoeurant sirop kitsch » pour y opposer ce que lui considère comme le « vrai sacré authentique »

Je pourrais à ce stade poser la question de savoir quelle démarche est susceptible d’ écoeurer le plus entre ma façon de voir la vie et cette autre qui consiste à la découper à coups de tronçonneuse pour la figer ensuite sous verre dans une solution d’antiseptique.Mais il est somme toute assez futile de présenter son travail comme meilleur qu’un autre, plus judicieux étant de se demander de quoi telle ou telle approche est révélatrice.
Me vient alors le souvenir d’un poème concernant cet Iceberg avec lequel Henri Michaux avouait se dire « familier », cette limpidité de la ligne glacée que dessine la solidification forgée par l’air froid, ce temple compact, évidé de transcendance parce que seul présent à lui-même, « libre de vermine » (Faut-il en conclure loin du vivant ?) , que je ne trouve pas sans rapports avec certaines démarches plastiques où l’on ne se repose que sur le circuit fermé des déplacements de signes au sein de l’ espace auto-référentiel du créateur

(Robert Morris)
Par association d’idée ou de personnes et sur un tout autre registre mais qui n’est pas sans affinités avec ce qui précède, je me souviens aussi de Cioran, ami du même Henri Michaux et qui vantait quant à lui la fréquentation du fossile, de l’os et du sépulcre comme prolégomènes à la blancheur finale, suprême délivrance donnant l’avantage d’oublier toutes les couleurs sauf celle qui les nie :
(Malévitch)
J’oserai donc aller plus loin encore et soutenir que cet attrait pour le monochrome et son extrême simplification létale n’est pas non plus sans évoquer cette même démarche où l’on avoue sa fascination pour une nature défunte, pérennisée grâce au savoir-faire du thanatopracteur.

Mais arrêtons là sinon, une fois encore, on nous accusera d’être du côté de ceux qui brisent les sauveurs plongés dans l’urine. J’ajouterai simplement qu ‘en ce qui me concerne, je ne sais trop ce qui peut susciter le plus mon dégoût entre l’artiste incapable de concevoir l’animal autrement que sous cette forme

et l’agriculteur moderne pour qui la truie n’est que viande montée sur pattes, gavée d’antibiotique, génétiquement programmée pour être dotée de 20 mamelles alors que la nature ne lui en avait conféré que 10, très bon exemple d’application pratique de la théorie cartésienne de l’animal machine elle même issue de l’humanisme « Renaissant » par lequel l’homme ne cesse de sanctifier son pouvoir de s’arracher à la nature, de cet ensemble découlant l’idéalisme philosophique ou pour le dire autrement, un monde de plus en plus ramené au pouvoir de créer circuits et réseaux de stricte tautologie narcissique aussi coupés du vivant qu’une vache plongée dans le formol.
Pour ma part, je voudrais juste rappeler le sens étymologique de « photo » « graphein » qui renvoie à cette idée que l’on se sert de la source de toute vie comme élément premier de sa démarche et donc comme principe de l’action mais aussi et surtout comme ce qui en marque la limite, sorte de « dead line » où l’on se voit stoppé par une lumière qui nous aveugle. Pour paraphraser une formule célèbre, nous dirons qu ‘en tant que photographe, la lumière est notre départ éternel mais qu’en tant que croyant, elle est aussi notre éternel arrêt.
Mais de telles considérations n’auront que peu d’effets dans un contexte où l’on porte aux nues un photographe héliporté que l’on ne nous pardonne pas d’avoir dénigré si j’en juge par les 4 courriels reçus à ce sujet. Là encore, je suis étonné, je ne le savais pas si intouchable. Nous avons pourtant consulté la liste des personnalités préférés des français, cru 2011 publiée par le journal du dimanche, nous ne trouvons pas même son nom parmis les 20 premiers lauréats, on rencontre des vedettes du cinéma, des stars du sport ou de la chansonnette mais point de photographe
Et puisque pour reprendre une autre célèbre formule, nous sommes dans « la société du spectacle », nous décernerons la palme d’or de l’ineptie à Sylvette laquelle terminait nos discussions de la fois dernière par cette lumineuse remarque:
« Face à Yann Arthus Bertran, tes photos c’est de la merde. Lui du moin il mets son talens et son originalitée au service de la planète et nous interpele sur les dangers qui la menace. s’est la preuve qu’on peux conjurer le talent et l’efficience technique. »
J’avais pourtant déjà demandé à cette cruche d’aller massacrer l’orthographe ailleurs mais après tout, la stupidité peut aussi avoir du bon car le point soulevé par cette cervelle d’oiseau mérite que l’on s’y arrête un peu.
Sur la question d’abord de mettre son talent photographique au service de la planète , il serait déjà permis de se demander si un tel travail nous rend réellement proche de la terre .
Quelle vision nous en donne t-il ?

Dans la plupart des cas, des lignes, du pur graphisme, des taches colorées, des tracés confinant au géométrique, la terre vue du ciel se rapprocherait plutôt d’une représentation non-figurative car il s’agirait ici moins de la terre que d’une sorte d’ abstraction opérée par la distance. Ce n’est pas la terre que je veux sentir avec plus de profondeur, plus de contact charnel mais une sorte d’hallucination chromatique et formelle que je crée en mettant plusieurs milliers de mètres entre elle et moi.

On dira qu’une telle démarche, Kandinsky l’avait déjà inventée il y a un siècle mais ce ne serait pas tout à fait exact. D’ abord parce que Kandinsky n’avait pas besoin de kérozène, la seule force de son imagination et de sa vitalité lui suffisant largement. Ensuite parce que si Kandinsky s’éloignait du réel, c’était du moins pour tenter d’ en synthétiser les mystérieuses et sous-jacentes lignes de force et remous profonds. En d’autres termes, Kandinsky voulait s’éloigner pour mieux revenir. Si nous émettons un doute sur le résultat, nous louons la démarche. Mais dans le cas de notre photographe on ne revient pas vraiment,

on s’élève à plusieurs milliers de mètres d’altitude et on reste là haut dans sa bulle d’idéalisme ou d’onirisme pour capter les flaques de couleurs ainsi que les sillons et lacets que l’on distingue encore, l’effet relève du pur titillement rétinien et ne dépasse pas le stricte plan du divertissement optique. On trouvera donc spécieuse cette manière de se prétendre proche de la terre tout en la tenant à distance au point de ne plus la reconnaître, une telle approche pourrait tout au plus s’apparenter à un médiocre continuateur de la peinture abstraite

et fort bien, d’autre part, traduire l’esprit même de la démarche scientifique qui prétend mieux s’approcher du vivant par voie de réductionnisme schématique et de mutilation mathématique.
A ceux qui donc voueraient une admiration excessive pour ce genre de travail, nous opposerons une fois encore l’éloge de la simplicité. C’est au fond de notre jardin qu’en nous approchant au plus près d’un vieux tronc d’arbre nous avons découvert d’étranges continents sur son écorce.

Nous sommes ici loin, tout en étant proche de la matière même du vivant, nous sentons la chaude caresse de la proximité du tellurique dans la mesure même où celle-ci nous transmet l’échos de l’indicible océan de l’être d’où elle émerge:

Par voie de conséquence mon doute n’en sera que plus fort concernant l’action écologique de notre vedette, là encore, je me contenterai de signaler qu’avec un peu d’encre de chine et de papier Robert Crumb en fait beaucoup plus pour nous interpeller sur le destin de la planète qu’avec un hélicoptère, du kérosène et le sponsor d’une multinationale !




Encore une fois, artisanat contre technique, la deuxième ne disant que peu de chose par effet de puissance, le premier disant beaucoup par effet de faiblesse. Se confirme ainsi de nouveau cet axiome voulant que si la puissance matérielle porte la forme, il est en revanche assez rare qu’elle porte le fond. Quand on dispose de la force matérielle, on ne dispose finalement que de peu de choses. Nous rappelerons cette histoire d’un combat où l’un possédait la masse musculaire et la taille gigantesque, alors que l’autre

n’avait d’autres ressources que de se rattraper par le maximum de dextérité dans l’usage d’une petite chose toute simple. Face au maniement de l’objet modeste, il s’avéra que la force du géant n’était qu’un leurre. Voyez vous une machinerie complexe et sophistiquée ? soyez certain que c’est un colosse aux pieds d’argile. Le Colisée a donné prise à l’érosion mais non Sénèque ou Pétrone. Frédéric de Prusse possédait canons, infanterie et cavalerie, l’un de ses contemporains n’avait que des notes de musique

mais pourtant lequel des deux nous parle encore ? Phénomène qui n’a fait d’ailleurs que s’aggraver de nos jours car il est inhérent à la société du spectacle. Dans notre système où tout est spectacle, tout sera forcément technique car le spectacle est nourri de technique et la technique est-elle même relancée par le spectacle, n’en déplaise aux designers, c’est là l’unique collaboration (Devrais-je dire « fornication »?) qui m’apparaît viable entre artistes et logique productive. Qu’est ce que la vente ? La mise en spectacle des yaourt par la technique publicitaire. Qu’est ce que facebook ? La mise en spectacle de son ego par la technique informatique. Qu’est ce qu ‘une campagne électorale ? La mise en spectacle du politique par la technique du marketing. La technique en tant que focalisation sur les moyens, présente déjà une propension à vouloir effacer le sens et pour compenser le malaise inhérent au sentiment de vide intérieur qui en résulte, elle achèvera de tuer la substance en multipiant le spectacle, lieu de la distraction dans la pleine acception de l’étymologie latine, « dis » « trahere », tirer en divers sens, tirer hors de soi,se détacher d’un tout, le tout de sa personne, de l’unité de son propre fond, ce qui revient donc à se séparer de sa propre hypostase. C’est pourquoi technique et spectacle s’évertuent à faire du monde le lieu d’un continuel feu d’artifice où à défaut du sens, nous aurons les étincelles qui partent en tous sens. Yaourts, facebook, politique, que reste t-il de la valeur nutritionnelle, de l’essence de la personne ou de la politique ? Prestations de bateleur et productions sur les planches, guère davantage, hélas. Si la technique porte au spectacle, c’est que l’adulation du moyen qui la sous-tend n’est qu’adulation de l’action pour l’action et c’est pourquoi au final, la technique porte à l’évaporation parce que l’action pour l’action n’est que chute hors de soi qui nous confine aux périphéries de l’être ainsi qu’à l’orée de nous-même. Dans le contexte du spectacle où l’on offre d’autant plus à la vue que l’on donne d’autant moins au voir, les étants se dépouillant d’un être à contempler se réduiront alors à des choses que l’on manipule au coeur d’émanations vaporeuses, la révolution industrielle c’est aussi le constat physique de la seconde loi de thermodynamique ayant comme corrélat philosophique le constat d’une puissance mécanique génèrant la perte de substance :

Arrivé à ce point, je m’arrête pour considérer cette autre profonde intervention par laquelle Mme Sylvette me traite de » Pauvre mec de la prèshistoire qui n’a qua resté dans sa grote pour laissé aux autres le palais de la modernitée »
Nous n’avons sans doute pas la même conception de la grotte et du palais. Pour moi, ce palais de la modernité ferait plutôt référence à ce palais de cristal évoqué par Dostoïevski dans les mémoires du souterrain. Je n’insiste pas sur ce point, Sylvette n’a sans doute pas lu cet auteur, je la laisse donc à Marc Levy pour m’occuper plutôt de cette notion de grotte. Remonte alors un vieux souvenir de Florence. Lors de déambulations dans les jardins de Boboli, j’y trouvai cette étrange grotte conçu par l’architecte Bernardo Buontalenti.

Curieux homme que ce Bernardo Buontalenti. Organisateur de fêtes et de spectacles au service des Médicis, artiste peu connu et pourtant, bien plus que la plupart de ses contemporains, véritable précurseur de notre modernité. Les parois de la grotte de Boboli offrent de scènes pastorales où les personnages semblent toujours sur le point de se dissoudre sous des coulées de lave, toujours menacés de l’imminente dissolution en magmas de combustion volcanique.

Plus rien n’a de consistance, les formes se liquéfient en dégoulinements boueux. La seule substance est celle de l’ébullition, la seule perennité , le réciproque et continuel passage de la forme au chaos.

Mais en bon annonciateur du baroque, Bernardo Buontalenti est maître de théâtralité. Organisateur de fêtes avons nous dit, orfèvre en feux d’artifices , grand spécialiste de pyrotechnie, Buontalenti émerveillait ses contemporains en éclairant les nuages, en faisant scintiller l’Arno par des boules de feu lançées dans le ciel, expert en tuyauterie multipliant les configurations de jets d’eau, ingénieur en mécanique concevant automates et machines, hormis les épanchements des matières en fusion de sa grotte, il ne reste rien de son art de la girandole, fort bon exemple du technicien qui est artiste de l’éphémère pour cette bonne raison que la technique porte à la désagrégation de la secrète densité, un peu comme un luthier trop habile finirait à force de manipulations trop insistantes par débarrer son violon.

Les façades de la grotte de Boboli où la terre se détrempe et se décompose semblent inséparables des manifestations par lesquelles eau, feu et vent sont enfermés dans les manipulation de l ‘art mécanique et de ce que l’on pourrait considérer comme l’aube de la puissance industrielle.

Pour mettre le monde à notre merci, il faut le rendre ductile à volonté , en faire une masse molle, malléable, sans résistance, l’étirer en tous sens faute là encore d’être capable d’en contempler le sens. Plasticité inlassable et technicité sans limite sont le Janus ouvant les portes de notre modernité parce que l’incessant pétrissage de la pâte à modeler reste encore le meilleur moyen que l’on a trouvé pour occuper l’enfant désoeuvré.
Quel sens peut dès lors avoir de nos jours ce mystère de l’être auquel se heurtait Parménide? Pas davantage que la voix du buisson ardent. Beaucoup plus intelligibles nous seraient alors ces mots que Goethe place dans la bouche de Faust:
Au commencement était le verbe.
Le verbe ?
Devrais-je dire l’esprit ?
Non…
Disons plutôt
Au commencement était l’ ACTION.
Quoiqu’il en soit, il est bien dommage qu’il ne reste plus rien des prouesses technologique de Buontalenti car Sylvette les eut aimé, elle qui affirme que l ‘un des plus grands génies du cinéma américain s’appelle Steven Spielberg ( John Cassavetes, elle ne doit pas connaître !) et qu’elle me reproche d’avoir la prétention de comparer mes compositions à Jurassik Park

En terme d’investissement et de recettes, je reconnais que je suis battu, l’entreprise se chiffre en milliers de dollars alors que chez moi, c’est quelques centimes de bouts de papier et autres dérisoires petits matériaux ainsi que zéro de résultats financiers. Economiquement, mon entreprise est non-viable, trois fois rien d’utilisations de matière première, néant sur le plan du PNB, encore moins que néant de taux de croissance, tout à fait nulle de rentabilité, cela d’autant plus que je fonctionne à perte et comble du scandale, je rappelle que mes images sont gratuites. J’ai donc déjà quelques sérieux indices pour m’autoriser à qualifier mon travail de « poétique ».

Car c’est en effet sur ce dernier plan que j’ai au contraire la prétention d ‘affirmer n’avoir rien à craindre des super productions cinématographiques et que n’importe qui peut en faire autant s’il refuse de réduire sa vie au spectateur passif ingurgitant du pop corn.l
Au demeurant, n’avons nous pas eu ces jours-ci confirmation de cette inanité à laquelle aboutissent les plus forts déploiements de technologie, n’offrant guère qu’ une grostesque gesticulations de pantins

mais où l’on ne retrouve rien de la délicate beauté du tracé d’un dessinateur qui lui aussi n’avait besoin que d’encre et de papier pour forger la mystérieuse limpidité d’un univers graphique

d’une grâce enfantine et d’une finesse harmonisant maîtrise et naîveté lesquelles parfois même ne sont pas sans rappeler la pureté d ‘une gravure d’Hokusaï ?
Les ingénieurs diplomés des écoles d’architecture édifient leurs horreurs qui toute se disputent l’exploit d’aller toujours plus haut gratter non le ciel mais le vide
Voyez plutôt ce qu’a fait un pauvre petit employé communal.

Ignorant d’architecture, de maçonnerie, de sculpture, ne sachant rien du maniement de la truelle ou du ciseau, n’ayant que la seule force de ses rêves et de ses bras au moyen desquels , chaque jour , pendant trente ans, il transportait quelques pierre, pour patiemment, avec acharnement, poursuivre une oeuvre sous les quolibets de ceux qui le traitaient de demeuré.
Au regard des procédés permettant de bâtir des hideurs de 600 mètres, le sieur Cheval était un faible mais de cette défaillance il fit son atout en comblant son impuissance technologique par la tenacité de sa volonté, par la seule énergie de son imaginaire, par la seule force d’une âme demeurée candide. Magistral exemple de ce dont nous parlions la fois dernière à propos de la faiblesse de l’adjuvant mécanique compensée par les redoublements d’ingéniosités alliés à l’ acharnement de la main et à la patience de l’humilité.

Il n’était pourtant que pauvre facteur et il contribue aujourd’hui à notre gloire culturelle tandis que l’histoire n’a pas rétenu le nom des puissants d’alors qui passaient pour l’élite, hauts fonctionnaires , députés ou ministres. Terminons précisément par une interrogation sur le sens exact du terme « élite » car société de croissance démentielle ou société de sagesse frugale, aucune communauté humaine ne peut vivre sans son élite. Le carrieriste, énarque ou HECiste, formaté dans ces pépinières de fécondations in vitro pour fabrication de clones conformistes , pusillanimes et obséquieux et dont notre République a le secret, est-ce vraiment cela l’élite ? La plupart répondont que oui, rien de plus normal, nous avons les élites que nous méritons, si elles ne valent pas grand choses, c’est sans doute que nous ne valons pas mieux.
Plutôt donc que ces interrogations futiles sur le point de savoir s’il faut voter A ou B, posons alors la question de savoir quelle conception nous devons avoir de l’élite, beaucoup plus fondamentale parce qu’ au bout du compte elle ne fait que renvoyer à la conception que nous devons nous faire de l’humain.
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84 commentaires to “GROTTE et PALAIS.” »
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décembre 13th, 2011 at 11:08
Si la puissance porte la forme mais pas le fond, il me faut donc en déduire que ce texte que je viens de lire n’est qu’un ramassis de mots creux puisque s’il peut exister, c’est bien grâce à cette puissance technique que tu dois toujours dénigrer et dont tu es pourtant le premier à profiter
D’autant par ailleurs qu’il existe d’indéniables manifestations de puissance qui portent un fond réel, je pense que tu ne vas pas nier que c’est par exemple le cas de ce type d’édifice…….
http://toutartfaire.com/wp-content/uploads/2010/04/cath%C3%A9drales-gothiques-class%C3%A9es1Amiens.jpg
décembre 13th, 2011 at 10:53
Certes mais il s’agit tout autant d’un fond qui porte une manifestation de puissance qu’une manifestation de puissance qui porte un fond.
Entendons par « fond » la partie essentielle comme pourrait être essentiel le fond d’un lac. La question posée devient dès lors la suivante, quel peut être le fond, la pro « fond » eur ( de « pro » « fundus », pour le fond), le soubassement de la puissance actuelle, à savoir la puissance technique si celle-ci n’est que pure vénération de moyens déconnectés d’un logos qui tente quelques vagues et timides suggestions pour dire ce qu’est ce fond et qui précisément parvient à garder cette présence du fond dans la défaillance de son dire ? Le fond du lac est toujours ce qui échappe au regard, c’est pourquoi il ne peut y avoir de fond ni pour la science ni pour la technique dont les visées plus ou moins avouables est de tout offrir au regard. Si cette chose m’échappe, c’est que je n’ai pas encore la bonne équation qui me permettra de construire le bon instrument au moyen duquel je pourrai en explorer le fond dans ses moindres recoins. La défaillance du logos peut nous dire l’essentiel en ce que par elle il serait vaguement possible de cerner le fond, tandis que la puissance de la techno-science, à trop vouloir dévoiler le fond ne rencontre qu’un trou. On veut supprimer le fond caché du lac, dévoiler cette partie « fond »amentale qui toujours se dérobe, fût-ce au prix d’en évacuer les eaux par complet assèchement avec au final un grand creux entièrement offert à mon regard et en ce sens, objet de spectacle.
décembre 14th, 2011 at 8:00
Curiosité étymologique, dans l’ancien français, profond se disait « parfunt » de « par » ( très) et « funt » ( Apparenté au « grund » allemand ?)
décembre 14th, 2011 at 10:05
« Parfunt » n’est plus
« Parfum » demeure.
décembre 15th, 2011 at 8:32
Parfum venant de « Per fumo » , c’est à dire : à travers la fumée
décembre 17th, 2011 at 7:58
Image qui me paraît plus pertinente que celle du lac asséché car si nous admettons la prédominance de l’écoulement incessant, des éphémères produits du glissement, l’essence toujours renouvelée que suppose une existence par définition sans définition, le tout auquel s’ajoute la continuelle excitation des divers papillotements alors oui, les temps sont d’eau et de vapeur.
décembre 17th, 2011 at 2:35
Les extrêmes s’appellent et se repoussent.
Inutile de toujours répéter les mêmes choses. Relis plutôt le dernier paragraphe du précédent billet.
http://falcophil.info/blog/eloge-du-ratage-4/#comments
décembre 19th, 2011 at 7:44
Puisque tu sembles apprécier les rappels étymologiques, je te signale l’origine du mot « grotesque » qui précisément vient de grotte. C’était en effet la mode en Italie au XVIIème de fabriquer des grottes. Sur leurs parois les artistes peignaient des fantaisies bouffonnes toutes pleines de figures caricaturales. Dans ce registre, la grotte de Boboli n’est pas la pire, au contraire, c’est d’ailleurs à peu près le seul point positif de ton billet de rappeler cette curiosité artistique, très intéressante, j’en conviens et dont la tonalité est fort juste puisqu’elle ne fait que représenter le perpetuel mouvement de la matière. Les grottes au motifs les plus grotesques ça serait plutôt du genre de celle où tu passes ta vie de reclus et sur les parois desquelles tu projettes les ombres difformes de ta scientophobie et de ta technophobie, mamelles d ‘une décroissance inspirée d’une religiosité intégriste qui fourre du mysticisme partout. C’est toi qui vit dans ta bulle et qui ne veut pas comprendre qu’on est au XXIème siècle et qu’il ne peut pas y avoir de retour en arrière. J’ose à peine imaginer ce que ça donnerait si des types dans ton genre étaient au pouvoir, ne pas rire, ne pas bouffer, ne pas prendre son pied, interdiction des bagnoles, privation d’Internet, de télé, restriction généralisée, les femmes au foyer à laver le linge à la main, peut-être même le port du voile, suppression des TGV, des airbus, des centrales nucléaires, d’une manière générale abolition de la grande industrie pour le petit artisanat local, autrement dit, chömage de masse multiplié par 95%, enfin bref, revenir 10 siècles en arrière quoi, à l’époque où les boeufs tiraient la charrue et qu’on pataugeait dans le fumier, à la limite, pourquoi pas, l’Islam des talibans. Et puis une fois pour toute , ne t’en déplaise, les physiciens qui captent les photons, ce sont eux qui pensent rationnellement et correctement le monde et se trouvent au plus près du réel tout comme il y a plus de 2000 ans, ce n’était sûrement pas le paysans grec lambda qui était près du réel quand il se figurait qu’une comète était un mauvais présage mais bien plutôt un Thalès de Milet qui faisant fonctionner son esprit logique,pouvait déjà comprendre qu’il ne s’agissait là que d’un phénomème naturel.
décembre 20th, 2011 at 1:35
Oui mais il ne faudrait pas pour autant en déduire que l’auteur serait privé de logique, Bien au contraire, il raisonne et il raisonne même très bien, le seul ennui étant qu’il raisonne trop, c’est même là une définition du schizo, il a tout perdu sauf la raison. Car son raisonnement est tout bonnement déconnecté du réel en ce qu’il relève d un idéalisme philosophico-utopique, ce qui est plus particulièrement le cas en l’espèce quand on emploie du charabia du style « absolue nécessité qui tel un liquide subtil et nutritif circule sous l’écorce de la contingence ».D’ailleurs, je pense que le philosophe est désormais devenu un schizo par incapacité de coller aux découvertes scientifiques. Il pense être capable de discerner des vérités pérennes alors qu’il n’y a rien de durable mais que des hypothèses plus ou moins vérifiées par des faits tels qu’on peut les connaître au jour d’aujourd’hui. Que pourrait-on d’ailleurs dire du réel si une proposition aussi simple que « tous les cygnes sont blancs » ne relève même pas d’une certitude absolue ? Sur le monde quantique, par exemple, la philosophie ne peut rien dire preuve que selon moi elle n’est plus que discipline surranée tout juste bonne à être reléguée sur les étagères poussiéreuses des bibliothèques.
décembre 20th, 2011 at 6:40
Mais que fais tu d’autre là, toi-même, si ce n’est émettre à ton tour des à priori philosophiques ?
La vraie déconnexion à l’égard du réel se manifesterait plutôt quand une discipline donnée sort de son périmètre d’intervention pour emprunter sa démarche et son langage à d’autres disciplines. Ainsi l’artiste n’est-il plus en phase avec le réel quand il perd contact avec la dimension charnelle pour se faire « conceptuel ». Un artiste qui travaille sur des concepts se fait tout bonnement parasiter par la philosophie ou par la linguistique. Que dirait-on par exemple d’un physicien qui s’exprimerait dans la langue de Baudelaire ? Tout simplement qu’il a perdu son sens parce qu’il a perdu contact avec le réel dès lors qu’il n’est pas gêné que sa discipline soit perturbée par une langue inadéquate. La même chose peut se dire de manière plus générale quand la science prétend se substituer à la philosophie. C’est alors qu’elle n’est plus en phase avec le réel en ce qu’elle sort de son périmètre d’intervention. Ce que l’on demande à la science, c’est uniquement de dire ce qui se passe sur un stricte plan d’horizontalité mécanique, sans plus. Qu’elle affirme cependant que l’univers se réduit à de l’horizontale et à de la mécanique, alors elle extrapole et sort illégitimement de son champ d’investigation pour faire de la bien mauvaise philosophie, tout en manifestant son mépris pour les artistes, les musiciens et les poètes qui ont pour leur part tout autant de choses à nous dire sur le monde.
En fait, c’est vous qui êtes les religieux intégristes, vous avez le Père, qui est la science, vous avez le Fils qui est la technique et vous avez le Saint esprit qui n’est que la volonté d’unir science et technique pour mettre au point l’étouffante liturgie de la production, de la consommation et de l’efficacité qui veut encercler la planète pour au bout du compte la mener au désastre. La trinité en laquelle je crois est sainte, celle en laquelle vous croyez est démoniaque.
décembre 21st, 2011 at 6:30
« Que dirait-on par exemple d’un physicien qui s’exprimerait dans la langue de Baudelaire ? «
Et pourquoi pas ?
je peux très bien trouver la plus stricte rigueur logique alliée à un certain mystère poétique lorsque tel ou tel travail de physique est illustré par des images de ce type,.
décembre 23rd, 2011 at 7:40
Entièrement d’accord
décembre 26th, 2011 at 5:17
Il vous faut donc reconnaître qu’une formule telle que « absolue nécessité qui tel un liquide subtil et nutritif circule sous l’écorce de la contingence.. » n’est en rien du charabia puisqu’elle ne fait que dire autrement ce que vous exprimez à votre manière.
décembre 27th, 2011 at 3:43
???????????????????????
Désolé mais je ne vois pas le rapport ?!?!?!,
décembre 28th, 2011 at 11:02
Peut être que mes images n’étaient pas très adéquates.
Reprenons donc le début du billet :
A la question posée la fois d’avant sur le sacré, je tentai d’ en présenter mon sentiment,
cherchant d’ illustrer cette intuition
d’une absolue nécessité qui tel un liquide subtil et nutritif circule sous l’écorce de la contingence,
décembre 28th, 2011 at 3:51
Re-désolé mais je ne comprends toujours pas !!!
décembre 28th, 2011 at 6:04
Moi non plus ! ! ! !
décembre 28th, 2011 at 11:06
C’est que vous êtes pleinement des types de gauche non seulement au sens politique mais aussi en ce sens où votre état d’esprit correspondrait plutôt à la partie gauche de l’image.
décembre 29th, 2011 at 11:02
Tu as le sens de l’éclairage concernant tes photos mais sûrement pas concernant tes pensées!
décembre 31st, 2011 at 3:52
Si tu estimes que la science doit côtoyer la poésie, c’est que tu reconnais qu’elle ne capte que des éléments contingents de l’ordre de la stricte observation rationnelles. Eléments qui ne se suffisent pas à eux mêmes puisque nous avons beau multiplier les efforts pour les enserrer dans les analyse de notre pauvre petite logique, nous ne pouvons nous empêcher de les percevoir comme se profilant sur un fond de la plus noire pro « fond » eur..
janvier 5th, 2012 at 9:55
Moi aussi je rêve d’une synthèse entre art, poésie et science où l’imagination intuitive du poète pourrait stimuler les scientifiques dans l’échaffaudage de leurs hypothèses et où les découvertes concrètes de ceux-ci pourraient- à leur tour alimenter l’imagination intuitive. Le savant se servant de l’image pour rendre plus parlant son travail, et l’artiste se servant du savant pour que son image ne soit pas une drogue embrumant l’esprit mais un acte de connaissance.Dialogue qui relèverait cependant d’une démarche un peu plus rigoureuse que les formulations absconses dont nous abreuve toujours notre blogueur. A cet égard, cette curiosité artistique qu’est la grotte de Boboli, ainsi que de manière plus générale la personne de Buontalenti, effectivement trop négligée par les traditionnelle histoire de l’art, eut été un bon point de départ pour ce type de travail inter-disciplinaire. Ce que nous suggère Buontalenti par son art de la transformation, tant par ses talents d’organisateur de fêtes que par les parois de sa grotte, c’est qu’il n’existe en effet aucune forme stable, rien ne se trouvant durablement installé dans son idée pérenne parce que l’idée n’est elle même que le reflet passager d’un état éphémère d’où elle s’élève comme la fumée sort du feu. Un nuage devient soudain fleurs, une fleurs devient jet d’eau et le jet d’eau devient montagne laquelle devient vapeur laquelle vapeur redevient nuage.
. Rien n’existe sinon ce perpetuel va et vient de chaos et de formation , la formation etant elle même appelée à redevenir chaos. On pense à cette mystique de la transition perpétuelle qui fait la thématique de la peinture Song.
On pense à Lucrèce et à son « De rerum natura ».:reprenant la conception de Démocrite pour qui la matière formée d’ une infinité d’atomes n’est que mouvement perpetuel dans la vacuité incommensurable.
On pense à Diderot et son rêve de D’ Alembert :
« Quelle comparaison d’un petit nombre d’éléments mis en fermentation dans le ceux de ma main et de ce réservoir immense d’éléments divers, épars dans les entrailles de la terre, à sa surface, au sein des mers, dans le vague des airs !…
Ou comment l’intuition de l’artiste préfigure les grandes révolutions scientifiques , Lamarck et surtout Darwin ainsi que toutes les découvertes ultérieures confirmant le terrain perpetuellemnt mouvant de la vie, nulle espèce stable car nul autre fondement que la mouvance du biologique (Continuel transformation moléculaire touchant l’ADN, mutations génétiques aléatoires entraînant avantages ou handicaps) ainsi que tellurique (Tectonique des plaques indiquant la mobilité des continents) et l’ensemble qui met bien en cause cette fameuse « Ousia » du stagirite sur laquelle le christianisme et plus particulièrement les théologiens scolastiques ont bâti leurs spéculations.
Je ne sais donc trop quel est ce fond de noirceur évoqué ici, sans doute l’aspiration morbide a quelques situation létale et stationnaire, le besoin métaphysique ne serait-il pas autre chose qu’une envie de mourir parce qu’envie de non-être ? (Car ainsi doit se comprendre ce « fond » tellement inconceptualisable qu’il en devient d’une couleur de deuil).
janvier 10th, 2012 at 11:35
Un truisme voudrait que le savant découvre et que l’artiste invente mais on pourrait tout autant inverser la proposition. Quand un scientifique échaffaude une hypothèse, il doit bien faire preuve d’imagination puisqu’il lui faut aller au delà de ce qui apparaît de manière immédiate pour envisager l’ explication cachée derrière l’apparence. D’une certaine façon le savant est donc lui aussi obligé d’inventer. Inversement, on pourrait tout autant dire que l’artiste , dans sa démarche poétique, est capable de découvertes que corrobore la science. L’impressionniste qui décompose la matière en quantités de petits point de couleurs non mélangés mais juxtaposés n’a t’il pas eu la révélation de cette illusion du solide qu’ ont pu systématiser par la suite les calculs de la physique nucléaire démontrant que tout n’est qu’énergie ?
janvier 12th, 2012 at 11:09
Rien en effet que jeux d’eau,
mouvances infinis de reflets, chatoiements sur les peaux nacrées, irrisations sur voiles de vapeurs. Pas même les couleurs ne sont réalité en soi mais
rien qu’ effet d’énergie.
Nul besoin pour cela du fond endeuillé car pour reprendre le mot de Clémenceau :
« Pas de noir sur la tombe à Monet, le noir n’est pas une couleur ! »
janvier 13th, 2012 at 8:04
Il me semble que dans l’esprit du blogueur, le noir n’évoque pas le deuil mais l’énigme
janvier 18th, 2012 at 7:08
Je veux tenter de résumer vos propos de la manière suivante
janvier 20th, 2012 at 6:27
Une forme s’ébauche sur l’ immensité de la feuille spatio-temporelle et puis se trouve effacée pour être reconfigurée l’instant d’après, quelle énigme à cela ? Le sentiment de l’énigme n’est qu’un malaise issu d’un refus de ce qui est et ce qui est, entendons , la plénitude de l’être, est sans rapport avec cette illusion (fantomatique et inconsistante comme toute illusion) d’une réalité stable et figée comme le veux la pensée de l’école mais rien que processus évolutif et dynamique…
janvier 22nd, 2012 at 11:54
Si les réalisations artistiques du blogueur sont d’une qualité indéniables, il est dommage qu’elles arrivent toujours comme un cheveu sur la soupe et qu’on veuille introduire dans un discours qui tente de donner du sens, des images qui ne signifient rien.
Marier savoir et poésie, très haute ambition certainement mais le blogueur n’est hélas pas à la hauteur de la tâche !
janvier 22nd, 2012 at 8:28
Pourquoi vouloir que mes images signifient quelque-chose alors que vous ne cessez de dire que le monde n’ est que choses en perpetuels clignotements ainsi qu’en incessants chatoiements sans que leur soit imprimée la moindre ligne directrice ?
D’une manière générale, je vous mets face à votre fondamentale contradiction.
Vous vous dîtes convaincus que l’univers n’est qu’un vide dans lequel flottent des objets sans consistance au milieu de vapeurs colorées et pourtant vous recherchez au travers des mots un enchaînement aboutissant à quelque -chose qui pourrait relever de la charge et du poids. ( « LOAD » en anglais).
janvier 23rd, 2012 at 2:05
Tu t’en tires toujours en t’exprimant par énigmes, sans doute que tu masques ainsi la confusion laborieuse où se débat ta pensée. Rien de plus clair pourtant que l’inconsistance et rien d’autre à faire que de nous installer dedans.
janvier 23rd, 2012 at 3:54
C’est donc là qu’est toute ta sagesse ?
janvier 23rd, 2012 at 4:45
Je ne sais pas trop ce que tu entends par sagesse, je sais seulement que nous sommes appelés à connaître et que de cette exigence de savoir naît la science, si sagesse il doit y avoir , elle ne peut être issue que de la connaissance, c’est à dire de l’acceptation de ce qui est en tenant le mors à notre imagination quand elle s’emballe afin de l’empêcher de nous faire miroiter des paradis dans les nuages.
janvier 23rd, 2012 at 6:23
Nous avons donc fait un pas. Nous sommes enfin d’accord pour reconnaître que l’homme est appelé à quelque chose, preuve que tout n’est pas inconsistance puisque nous tendons vers une direction, la connaissance et la sagesse ( La mentalité bourgeoise qui doit tout avilir, dirait plutôt efficacité pratique et bonheur mais c’est un autre débat…) Que l’homme soit appelé à quelque chose doit bien signifier qu’il a une vocation ( du latin « Vox », voix et « vocare » appeler) nous entendons comme une voix qui nous appelle. Allez vous dire que cette voix n’est qu’inconsistance ? Comment le pourriez vous puisque vous reconnaissez que l’homme n’est pas au monde pour faire n’importe quoi mais qu ‘il est appelé à la connaissance et à la sagesse ?
Venons-en maintenant à cette contradiction dans laquelle vous êtes empêtrés. Vous conviendrez que connaissance et sagesse sont impossibles sans la pensée. Les animaux sont incapables de vraie connaissance et de vraie sagesse parce qu’ils sont incapables de vraie pensée. Or, comment la pensée peut-elle être possible si tout n’est qu’inconsistance ?Qu’est-ce en effet que penser si ce n’est vouloir trouver quelque réalité stables derrière les apparences ?Or vouloir trouver la stabilité n’est-ce pas chercher malgré tout la consistance ( du latin « CUM SISTERE » avec la stabilité). Tu me définis la sagesse comme le fait de s’installer dans l’inconsistance, curieuse antinomie alors que s’installer vient de « in stalla », c’est à dire se poser sur une stalle, ( un fauteuil ou un siège), là encore sur quelque chose de stable. Notons d’ailleurs que penser vient de « pendere » autre terme latin signifiant « peser ». Autrement dit, celui qui pense fait comme une pesée, il apprécie le poids des choses, il évalue les données du réel suivant leur plus ou moins forte présence et dans cet acte de pesée, il va retenir les choses qui ont le plus de poids plutôt que des poussières ou des plumes toujours menacés d’être emportés par le vent. La pensée est donc nécessairement dirigée vers la consistance, elle vole certes mais elle vole vers des charges et des poids.Ce qui ne veut pas dire que la pensée cherche la pesanteur. Le poids qui pèse est celui que nous ne remarquons jamais pour y être trop habitué, la pesanteur des préjugés par exemple, le poids vers lequel vole la pensée n’est pas la pesanteur mais il a plutôt trait à la densité du tout autre
janvier 24th, 2012 at 11:48
« nous entendons comme une voix qui nous appelle. »
Personnellement, je n’entends pas grand chose
janvier 25th, 2012 at 11:02
Il y a ceux qui entendent la voix
Et puis il y a les autres, ceux qui n’entendent rien, trop occupés qu’ils sont à vaquer à leurs petites occupations dérisoires, compter leurs petites pièces de monnaie, par exemple….
janvier 25th, 2012 at 3:34
Je ne suis personnellement pas intéressée par l’argent, ce que je voulais dire c’est que si la pensée doit voler vers des charges et des poids alors elle doit voler vers sa propre prison
janvier 25th, 2012 at 5:34
Reprenons cette image déjà citée
La lourdeur de l’un finit par le rendre léger de la légèreté de l’ insignifiance tandis que la légèreté de l’ autre confère à une simple pierre un poids extraordinaire enlevant de son piédestal ce que l’on croyait invincible, à vouloir trop confondre force et gigantisme.
janvier 29th, 2012 at 5:50
On notera que si penser vient de « pendere », le mot « dépenser » a même étymologie « dispendere » autrement dit, s’écarter de la pesée et donc se détourner de la pensée. Certes, dépenser c’est toujours s’alléger un peu, ne pas vouloir dépenser c’est l’avarice et cela participe de l’esprit de lourdeur. Une pensée non ponctuée de « dé pensée » serait une pensée atrophiée.Se « dé » « penser » c’est trouver l’énergie hors de la pensée pour relancer la pensée..
. Mais quand tout un système est fondé sur l’acte de dépenser (Une économie saine est une économie où chacun doit dépenser au maximum aurait dit Keynes ») alors, cela veut dire que le système veut que l’on s’écarte radicalement de la pensée, autrement dit que l’homme soit séparée de ce qu’il a en propre, la pesée intérieure par la rentrée en soi, qu’il soit détourné de lui-même.
janvier 30th, 2012 at 4:59
Notons aussi cette déliquescence que connaissent certains mots. Jadis « consommer » signifiait « accomplir son destin » Celui qui meurt en disant « Consummatum est » signifie par là qu’il a réalisé sa mission. Aujourd’hui consommer ne signifie plus que manger, absorber, ingurgiter et donc dégrader, ramener à son corps pour transformer en déchets comme si tout l’accomplissement du destin de l’homme moderne ne se résumait plus qu’à n’être qu’une bouche et un tube digestif pour fabriquer de la merde.
février 1st, 2012 at 12:31
Je crois que tes propos pèchent par leur radicalité. D’abord; eu égard aux mesures d’austérité commandées par la crise, je ne pense pas que les systèmes incitent à la « dé pense ». Et puis surtout, je n’ai pas l ‘impression que l’époque soit caractérisée par un oubli de soi, j’y verrais plutôt des signes d’un retour vers le soi-même.
février 1st, 2012 at 12:58
Que l’on restreigne notre consommation n’est pas le résultat de notre vertu mais un effet de grippage dans la mécanique du système, ce que- me semble t-il- beaucoup d’ économistes keynésiens auraient tendance à déplorer. Attention, nous disent-ils , l’austérité risque d’enrayer le robot consommateur, ce qui à son tour paralysera le robot production et ainsi toute la mécanique va se dérégler encore plus gravement. On se tourne vers les gourous modernes, les économistes, et donc les techniciens, non pour que nos vies aient une meilleure qualité mais pour qu’il n’y ait plus de graviers dans les roues dentelées que nous sommes afin que le grande mécanique de l ‘économie puisque poursuivre son fonctionnement.
février 1st, 2012 at 3:48
Si la mécanique s’arrête, c’est le chaos, peut-être même la fin de l’homme donc c’est bien au bout du compte dans l’intérêt de l’homme que la mécanique doit continuer de fonctionner
février 1st, 2012 at 6:01
Donc pour que l’homme puisse continuer à être homme , il doit continuer d’ être un rouage ou un robot, curieuse conception des choses
février 1st, 2012 at 6:53
Répond d’abord à la question de savoir ce que signifie le mot « homme »
février 1st, 2012 at 7:18
Pas avant de t ‘entendre répondre à celle de savoir ce que signifie « soi même ».
février 3rd, 2012 at 4:41
La question n’est pas là, je voulais seulement dire qu’on n’avait jamais autant parlé de « réalisation de soi »
février 3rd, 2012 at 5:07
Mais qu’entend-on par là ? Si tout n’ est qu’instabilité ainsi que perpétuel changement comme d’aucuns le soutiennent plus haut, où peut-on espérer trouver le « soi » ?
février 5th, 2012 at 2:06
Cristina te l’a dit, au sein du changement perpétuel, précisément.
février 8th, 2012 at 11:03
en effet, ce n’est autre que cela….
février 9th, 2012 at 5:01
ramené à ce niveau, la mode est le Soi, le music hall est le Soi, une partie de foot est le Soi, « surfer » sur le « web » est le Soi, la pollution est le Soi. Dégrader , épuiser, abîmer, détériorer, n’avons nous pas ici la suprême manifestation de ces continuelles opérations de transformation censée caractériser le soi ?
Dire que le soi n’est « autre » que cela , relève d’une vision qui veut précisément exclure l’autre, entendons, l’éventualité d’une « autre » dimension. C’est une vision étriquée refusant de sortir de ce conformisme moderne pour lequel seule existe cette incessante agitation et ce perpétuel tapage caractérisant le monde de la ville et de la toile (Twitter ne signifie t-il pas aussi « être excité » ?) lesquelles semblent avoir oublié jusqu’à la signification du mot « recueillement ».Il est d’ailleurs piquant de constater que le terme « soi » qui sert en principe à désigner n’importe quel sujet ( « chez soi », « chacun pour soi ») vous sert ici à nommer le mouvement extérieur. Vous confirmez ce qui est dit dans le billet, l’effet de la technique étant de porter à toujours plus de mouvements ainsi que d’accélération, on ne voit plus que « cela » au point d’entraîner la progressive évaporation de la substance même du sujet pensant
(Boccioni)
Maintenant, considère ceci : de deux choses l’une, soit par changement, il s’agit de désigner le principe voulant que rien n’est stable et alors ce principe en tant que principe doit nécessairement se trouver au delà de tout changement et de ce fait être compris comme non déterminé, soit, le changement veut désigner chacune des phases de n’importe quel changement et dans ce cas, on ne saurait parler de Soi puisque l’on se trouverait alors sauter de fragments en fragments, incapable d’envisager la moindre parcelle de totalité qui les englobe.
février 17th, 2012 at 6:50
la substance c’est quoi ?
février 20th, 2012 at 6:45
Il sera sans doute tenté de te répondre qu » étymologiquement » ça veut dire « ce qui se tient sous » mais il ne te répond rien parce qu’il sait parfaitement qu’une telle réponse ne veut en fait rien dire ( Que peut-il y avoir d’autre en dessous que de la vitesse, du mouvement et de l’attraction ?) et qu’elle n’est tout juste bonne que pour des rêveries de mystiques
février 21st, 2012 at 1:05
Tu me fais penser à mon chat qui court après une balle tant qu’elle se trouve en mouvement mais qui s’en désintéresse sitôt qu’elle s’immobilise. Chose normale pour un chat puisque privé de cette faculté qui n’appartient qu’à l’homme et consistant à pouvoir contempler une réalité immobile. Autant dire qu’en ne voyant que du mouvement, en ne ramenant ton attention qu’aux réalités qui bougent et qui sont instables au point que seules ces données peuvent la mettre en éveil, tu te ravales tout simplement au niveau de l’animal.
février 22nd, 2012 at 8:47
Un chat est lui aussi capable de rester d’interminables moment sans bouger, les yeux mi-clos, à ne penser à rien dans cet espèce d’abrutissement. C’est à ça que me fait penser la contemplation de ta boule immobile.
février 26th, 2012 at 6:35
Je suis tout de même étonné d’apprendre que tu « penses » car il me semblait plutôt que tu flottais dans l’espace, n’ayant d’yeux ( à défaut de Dieu) que pour les multiples points et traînées qui papillotent autour de toi.
C’est ainsi que j’imagine ta vie, enfermé dans ta petite navette spatiale.
février 27th, 2012 at 11:36
Les chiffres et les lettres ça représente quoi ?
février 28th, 2012 at 10:36
peut-être quelques bribes d’une émission de télé
mars 5th, 2012 at 7:11
Plutôt effectivement que de perdre ton temps en considérations sur la « substance » terme qui en effet ne veut pas dire grand chose, tu ferais mieux de prendre comme modèle (puisqu’en plus tu parles aussi de la question de l’élite et donc du modèle) des artistes vraiement libres de toute peur, sincèrement révolté contre le système et qui de manière simple et lumineuse peuvent nous dire quoi penser de ce sacro saint respect de la forme
allié au sacro-saint respect imbécile du poids des traditions, l’ensemble censé représenter de prétendus secrets divins. Il n’y a de contemplation que celle des débris et c’est là que la grandeur sereine rejoint l’audace de danser sur la mort.
Mais pour ça il faut ce qui te manque le plus, du courage, on devient grand quand à ses risques et péril on fait le choix d’ être emmerdeur, toi tu fais le choix inverse, plutôt que d’être un emmerdeur par le geste tu deviens chiant par le web en pondant tes petits textes prétentieux qui pastichent Debord et Jacques Ellul. Tu changeras jamais, pauvre type tu es, pauvre type tu resteras.
mars 6th, 2012 at 3:20
Toi aussi jamais tu ne changeras, aigri et fielleux tu es, aigri et fielleux tu resteras.
En un sens je te comprends, tu espérais réussir par le même type de prestations
non seulement tu n’as produit que des oeuvres ratées mais tu n’as même pas réussi à te faire un nom.
Je t’ai peut-être rendu un mauvais service en publiant tes « performances ».
De telles choses publiée sur mon site
ne sont que des bouffonneries alors qu’exposées au jeu de paume elles deviennent des « gestes artistiques ».
mars 9th, 2012 at 12:00
Il y a tout de même une petite différence, les bouffonneries de Ai Weiwei dénoncent un système, en l’occurence une dictature. dans le cas de Clash on ne dépasse effectivement pas le plan de la pitrerie voire du canular, dans la cas du chinois le pitre pose un acte de courage et la bouffonnerie se trouve de ce fait dépassée.
mars 9th, 2012 at 11:29
Je reconnais qu’il y a un problème, en Chine on s’intéresse à toi si tu causes trop, en France, c’est cause toujours tu m’intéresse….
mars 10th, 2012 at 9:14
l’autre problème est que par ailleurs, un acte de courage ne saurait suffire à produire un résultat artistique…
mars 10th, 2012 at 4:13
Et pourquoi pas ? Eh, tête de bite !
mars 16th, 2012 at 6:24
Le courage ne relève pas en soi de la valeur esthétique mais de la valeur éthique. Si une valeur éthique présente également un intérêt esthétique comme tu le soutiens, il faut alors en déduire que moi qui m’efforce de garder mon calme et ma patience face à ton agressivité ordurière ainsi qu’à tes insultes inutiles, j’atteins à l’effet esthétique de par le fait même de mon résultat éthique.
Il est maintenant évident qu’il n’ ya rien d’esthétique dans ma présente réponse, tout comme il est non moins évident qu’il doit y avoir relation adéquate entre le mot et la chose qu’il veut désigner. Que l’on utilise le mot « artiste » pour désigner ce qui relève d’une toute autre réalité que l’art est révélateur de l’une des tares rongeant le monde moderne et que dans ce billet –ci
http://falcophil.info/blog/cliche/#more-4317
nous avions désigné du terme de « nominalisme » lequel ne se définit pas tant comme isolement de telle ou telle réalité particulière que comme incapacité de relier des antinomies dont chaque pôle devient circonscrit et enfermé dans ses frontières.
. Nous prenons un terme d’une bipolarité pour le poser comme valeur absolu isolée de tout rapport de relation à son antithèse, voilà le nominalisme, seule compte telle réalité particulière séparée de son altérité. Face à l’absolu du particulier, le reste n’est qu’ outil, instrument et moyen. Il y a l’absolu de mon particularisme subjectif en dehors duquel son altérité, l’universel n’est alors qu’un simple outil pratique de « connotation » ne servant qu’ à désigner des réalités dont on peut dire tout au plus qu’elles comportent des aspects semblables, c’est la premier aspect du nominalisme mais il ya aussi cet autre aspect que l’on voit moins, l’absolu de l’universel, état, révolution, nation, esprit absolu, sens de l’histoire, lutte des classes , technique, mondialisation, approches macro-économiques, que sais-je encore, et face à cet absolu, les individus ne sont à leur tour que des instruments. De par cette incapacité à relier universel et local, j’isole mon particularisme et j’aboutis à l’expressionnisme violant et sans nuance alors qu’à l’inverse, isolant l’universel j’atteins la froide impersonnalité effaçant la réalité subjective et locale. La véritable défaite de l’intelligence est ici, dans cette incapacité de mettre en rapport d’harmonie des réalités différentes.
. Nous ne savons plus relier l’éthique et l’ esthétique alors je prends comme seul critère la libre intervention de mon action pour en déduire que dès lors que j’ai voulu tel résultat, du seul fait de mon audace, je pose nécessairement un effet esthétique. . Ton attitude est elle même significative de cette incapacité de mise en rapport de par cette confusion sémantique t’amenant à te servir n’importe comment des mots suivant ta subjectivité impérieuse au point que tu qualifies d’artistique ce qui n’est que de la pure provocation( qui peut relever du courage ou du combat politique, là n’est pas la question) attitude significative d’une incapacité à mettre en relation la réalité conceptuelle avec la réalité concrète. Quand nous tentons une mise en rapport, nous sommes généralement incapable d’une mise en harmonie et n’ aboutissons qu’au mélange indigeste plus communément nommé confusion dont tu donnes un bon exemple en désignant telle réalité par un mot destiné en fait à en désigner une autre. La marque du nominalisme c’est en fait un monde éclaté composé d’une juxtapositions d’entités isolées, individus, atomes, concepts ou structures politiques ne pouvant qu’instrumentaliser l’altérité faute de pouvoir se relier au tout autre sans réduire ce tout autre au simple outil parce que chaque entité est vue comme la singularité unique à laquelle tout le reste doit se rapporter. Dans un contexte nominaliste particulier par exemple l’approche moderne du fait social telle qu’on la trouve chez Hobbes et son Léviathan, fondement des approches politiques ultérieures, qu’est ce qui peut vraiment unir ces réalités singulières que sont les individus ? Une force de coercition qui est l’Etat, autrement dit, rien de profond, rien de substantiel parce que rien d’autre qu’un instrument froid et anonyme de contrainte sans lequel chacun est un loup pour l’autre. De cette incapacité de saisir l’alternative dans l’interpénétration de ses termes découlera , autre exemple, votre incapacité de comprendre ou de sentir la stabilité d’une permanence du fait même que vous saisissez l’énergie ou le mouvement comme entité unique, absolutisée, privée de toute relation à son tout autre.
mars 21st, 2012 at 3:10
Heu! oui, bof! bon, en bref, ça veut dire quoi ?
mars 28th, 2012 at 5:49
Logomachie scolastique complètement fermée à ce qui veut suggérer que l’esthétique ne se résume pas à la production de petits objets mais que c’est toute notre vie qu’elle doit englober.
mars 29th, 2012 at 11:45
Encore un typique exemple d’effet nominaliste! Je prends une partie de l’humain, sa partie sensible, s’exprimant plus particulièrement au travers de l’esthétique et incapable de la relier à mon autre partie logique, j’en fais une réalité unique qui doit englober toute ma personne ! Soutenir que ma vie ne doit être qu’esthétique signifie que je ne peux être que sensibilité, ce qui alors n’est pas loin de nous mener à l’hypersensibilité. Comment puis-je en ce cas me dégager du monde de la seule image et de son seul impact sensoriel dont on sait que tous deux constituent le meilleur terreau pour la propagande publicitaire et politique si je suis incapable de dépasser mes émotions primaires au moyen de la logique et de l’éthique ?
avril 4th, 2012 at 5:01
il n’empêche que Clasch a raison quelque part. Trop d ‘abstractions chez toi. Concrètement, quelles seraient les applications des généralités de ton discours ?
avril 7th, 2012 at 3:53
C’est à toi qu’il appartient de tirer des conséquences car je n’ai pas à te dicter ta conduite. Ce que je dis simplement pour ma part, c’est qu’en isolant une entité singulière, non reliée à l’altérité de son antithèse, j’aboutis à un monde où règne la religion des moyens déconnectée de tout rapport avec la fin. Si l’essence n’est qu’un nom alors a quoi bon se poser la question de la finalité dès lors que celle-ci ne porte pas au delà du simple outil sémantique ? A quoi bon par exemple se poser la question de la finalité du Droit si le mot « droit » ne sert qu’à désigner un amas de lois, de règlements, de jurisprudences ou de normes ponctuelles nécessités par les besoins ou la mentalité du moment ? Et c’est ainsi que j’aurai le positivisme juridique d’un Ihering pour qui le droit n’est qu’un résultat de rapports de force ou la stricte neutralité scientifique d’un Kelsen, étudiant le pur fait juridique, que ce soit celui découlant de la constitution de IIIème Reich ou de la République de Weimar, abstraction de la question de savoir vers quelle finalité doit tendre la justice. Je me contente de décrire le droit positif, point final. A quoi bon s’interroger sur la finalité du « faber » ? Ne voyons que les incidences concrètes et pratiques de nos réalisations. Nous construisons des TGV qui roulent de plus en plus vite et cela doit suffire. Le pourquoi de la vitesse sera d’autant plus dénué d’intérêt que le mot « vitesse » ne désigne rien de substantiel et que seul doit compter le TGV qui doit relier Paris à Lyon en 2 heure en attendant que la liaison se fasse demain et une demie-heure. A quoi bon même « définir » c’est à dire , trouver la finalité si ce que tente de cerner la définition relève précisément de l’universel alors qu’il n’y a pas d’entités universelles mais que juxtaposition d’entités singulières saisies dans leur stricte auto-référentialité ?
avril 11th, 2012 at 10:38
Philo pour classe terminale
avril 12th, 2012 at 10:56
Je n’ai pas souvenance que l’on m’ait parlé du nominalisme en terminale et puis mieux vaut de la philo pour terminale que pas de philo du tout comme c’est hélas ton cas….
avril 12th, 2012 at 3:51
pas de philo du tout c’est encore de la philo et bien plus subtile que la philo pour terminale.
avril 14th, 2012 at 8:46
Pas de philo dans ton cas ce n’est pas de la subtilité mais de l’impuissance.
avril 15th, 2012 at 6:22
Ce que tu racontes ressemble en tout cas à un plan de dissert pour classe Terminale;
Thèse
Anti-thèse
Synthèse
Là encore Clash n’a pas tort…
avril 15th, 2012 at 11:25
OK, alors voyons voir:
- Thèse: je suis une substance
- Antithèse: je ne suis pas une substance
- Synthèse: Qui suis-je ?
avril 16th, 2012 at 1:38
Un devenir
avril 17th, 2012 at 3:01
Et il reproche aux autres d’être scolaire!!!
avril 23rd, 2012 at 11:26
En l’ occurence la synthèse « devenir » a t’elle vraiment dépassé l’anti-thèse non substance ?
avril 23rd, 2012 at 12:57
Le devenir ?
Qu’est ce à dire ?
Ce qui n’est plus tout à fait
Mais qui n’est pas encore ?
Ce qui n’est déjà plus
A peine est-il apparu ?
Ce qui coule de l’avant
Et qui a déjà disparu
Vers là où il se jette
Une mer
Que jamais tu ne vois ?
Passe une seconde
Le temps
D’un battement de cil
présent
qui déjà
N’est plus qu’un passé ?
Futur
Vol de mouche
qui plus jamais
ne sera ?
De la non-substance
Au devenir
Il ya reformulation mais non pas dépassement
avril 24th, 2012 at 10:16
Autrement dit, la synthèse ne serait autre que ce monde liquéfié des parois de la grotte de Boboli fruit de l’imaginaire d’un technicien du spectacle.
avril 25th, 2012 at 9:03
En tant que fleuve, le devenir est liquide et cette idée d’y voir un synthèse n’a pu que surgir en contexte liquide.
Philosophie du devenir et mercantilisme, sont d’ailleurs fruit d ‘un même état d’esprit sorti du même cadre liquide. Dans un telle optique nous sommes fascinés par ces chatoiements irisés , évoqués plus haut par certains. Rien de stable, tout en ondulation molle ou en flots déchaînés, voici le devenir.
avril 25th, 2012 at 2:30
Tu n’aimes pas le liquide parce que tu croupis sur ton plancher de vaches pour ne pas dire dans la bauge fétide de l’immobilisme et la sclérose de ton trou à rat.
A ta mauvaise poésie je préfère les vrais mots du poète:
« Homme libre toujours tu chériras la mer…
avril 25th, 2012 at 5:44
Ainsi que les romans de Joseph Conrad.
avril 26th, 2012 at 11:06
Odyssée du nihilisme et de la déliquescence avec le colonel Kurtz en fin de parcours.
avril 29th, 2012 at 5:28
L’horreur! L’horreur!