( janvier 2, 2009 )

MACHINE A DEGUEULER, MODE D’EMPLOI.

Une oeuvre dont je ne suis pas l’auteur me vaut curieusement critiques, sarcasmes et mépris. Rappelons d’abord que cet engin bizarre

fut conçu par l’italien Michelangelo Salamida et que son but était de reproduire

de manière mécanique le processus du vomissement.

A quoi cela doit-il servir ?

question de philistin à laquelle je ne veux pas répondre.

Bien sûr pour Fructidor invoquant la nécessité pour l’artiste d’épouser la cause du peuple, telle réalisation ne sera que passe-temps de bourgeois désoeuvré. Clio, l’esprit plus ouvert, m’accordera que son effet présente un intérêt poétique mais pour me lancer aussitôt une autre critique consistant à me dire que son résultat visuel est plus saisissant que sa narration littéraire plutôt ennuyeuse , preuve que je me trompe quand je soutiens dans cet article

http://falcophil.info/blog/couvertures-auxquelles-vous-avez-echappe/

, la supériorité du littéraire sur l’effet plastique.

Petite précision, la présente narration

çà

n’est pas de moi mais de Clash dont je vous accorde que les talents d’écrivain laissent à désirer.

Je précise par ailleurs que je n’ai pas tant affirmé la supériorité du littéraire que la supériorité de ce qui n’existe pas.

Je tiens ce qui n’existe pas comme appartenant à un ordre supérieur parce que la non-existence est plus proche de ce qui “est”.

Qu’est ce en effet que l’existence, si ce n’est ce qui relève du doute et de la défaillance ?

Ce qui n ‘est la proie ni du doute, ni de la défaillance soit cela n’existe pas et dans ce cas cela ne peut être que le dépouillement le plus extrême, le dépassement de la limite imposée par notre cadre existentiel, dépassement dévoilant l’ultime réalité de ce qui “EST” car même en ce plus radical néant du non-existant, pour que celui-ci soit il faut bien qu’il relève de l’être,

soit, Il est possible d’exister sans être la proie du doute et de la défaillance, en ce cas, l’existence coïncide avec une autre réalité, celle dont relève cette “machine à dégueuler” que je voudrais maintenant vous présenter en corrigeant la maladroite relation de Clash.

Nous allons donc étudier cette belle mécanique de manière un peu plus pédagogique afin que vous  en perceviez mieux la fondamentale inutilité.

La machine à dégueuler donc, “Vomica” puisque c’est son nom, se présente ainsi.

Un entonnoir (1) dans lequel vous versez de la nourriture, ce que vous voulez, n’importe quoi peut faire l’affaire, il doit bien vous rester quelques vestiges de ces périodes de grandes ripailles qui fort heureusement ne sont maintenant plus qu’un souvenir.

Si c ‘est le cas, vous pouvez les déverser dans la “bouche” de La machine à dégueuler, elle n’est jamais écoeurée n’étant pas programmée pour cela et elle a toujours faim parce qu’on l’a planifiée pour cela.

Donc, les aliments versés dans l’entonnoir dégringolent le long du tuyau (2) pour s’en aller finir dans une sorte de cuve (4) déjà remplie d’eau et faisant fonction d’estomac.

Par l’intermédiaire du tuyau (3) est introduite une composition chimique analogue au suc gastrique produit par notre estomac, substance également destinée à terminer dans la cuve (4) afin de s’y mélanger avec les aliments.

Le câble (7) commande la mise en marche d’une sorte de mixeur interne à la cuve. Aliments et substance chimique sont alors mélangés en une compacte marinade.

Maintenant, suivez moi bien parce que cela devient un peu plus complexe.

L’oeil électronique (5) contient une mémoire interne dans laquelle se trouvent informatisées certaines images. Ont par exemple été mémorisées quantités de photos représentant sa sainteté Benoit XVI.

Si vous présentez ainsi tel objet à l’oeil électronique

celui-ci trouve alors dans sa mémoire interne d’autres images analogues à la photo figurant sur la couverture du livre

et réagit aussitôt par la production d’une décharge électrique passant par le câble (6) de façon à mettre en action un piston situé à l’embouchure du tuyau (3).

L’action immédiate du piston est d’activer une plaque à effet de compression située contre une paroi de la cuve(4), de sorte qu ‘est violemment poussée hors de la cuve, la masse liquide qui de ce fait emporte la bouillie d’aliments et de suc gastrique, laquelle devra d’abord repasser par un filtre passoire qui se sera automatiquement mis en place à l’embouchure du tuyau (2), pour être ensuite évacuée de manière brutale au travers de l’entonnoir (1), en éclats de vomissures.

Précisons que l’entonnoir est un tantinet incliné vers le mur sur lequel on a pris soin de coller du papier noir afin de recueillir les éclaboussures du dégueulis.

D’où le nom de machine à dégueuler, “à points d’impact sidéral”.

Le papier souillé de vomissures est aussitôt décollé pour, ensuite, être photographié. Puis le tirage est agrandi de façon à former un poster qui sera plus tard exposé en galerie et vendu comme oeuvre d’art à part entière.

Notons qu’un nombre important des dégueulis mécaniques de Salamida fut présenté à la FIAC de 1998

Ajoutons que par la suite Salamida tenta un perfectionnement de sa machine par certains ajouts

destinés à provoquer la vomissement par audition ainsi qu’olfaction, tentatives qui toutefois se soldèrent par un échec.

Programmée par exemple pour vomir à l’audition d’un chant grégorien ou d’une pièce de Satie, la machine resta inerte, son oeil unique demeurant grand ouvert sur le vide, lorsque lui furent passés “Introït jubilate Deo” ou “gymnopédie n°3″.

Pour l’instant donc “Vomica” n’entend rien et ne sent rien.

C’est d’ailleurs à peine si elle voit puisque prévue seulement pour réagir à certaines images, son but essentiel est de manger pour mieux vomir.

Insistons sur ce point, s’il est vrai que la machine a toujours faim, elle ne prend toutefois que pour rendre, comme si sa fonction était moins d’ingestion que de rejet d’où cette étrange impression qu’elle voudrait signifier le détachement ou du moins, son simulacre.

La machine à dégueuler incarnerait-elle donc la sagesse de celui qui peut tout vomir parce qu’il n’accorde aucune importance aux choses?

Ou exprime t-elle encore une illusion de liberté, la machine se croyant libre de tout vomir alors qu’elle ignore qu’elle est en fait programmée pour vomir parce que prévue pour ingurgiter ?

Il peut y avoir du vrai dans les deux interprétations.

Salamida, interrogé sur ce point répondit qu’en effet “Vomica “n’est attachée à rien, sa raison d’exister ne pouvant résider que dans le vomissement. Mais il tint toutefois à souligner le curieux paradoxe d’un déracinement de connivence avec l’ancrage car c’est un fait que la machine est solidement attachée au sol et ne peut fonctionner que par un réseau de câbles électriques eux même reliés à d’autres réseaux électriques.

Salamida invoque souvent quelques lectures qui le marquèrent, entre autre “L’ homme unidimensionnel” de Marcuse ainsi que “De l’esprit” de Helvétius.

Il cite plus particulièrement certaines gravures du XVIIIeme

ainsi que le canard automate qui mangeait et déféquait.

adre-copie.jpg
(Canard automate de Vaucanson XVIIIème)

Mais par dessus tout, Salamida tient à rendre hommage à cet autre incroyable automate du XVIIIème siècle, capable de dessiner aussi bien qu’une main humaine

Salamida aime à cet égard narrer une anecdote.

L’auteur de l’automate, Jacquet-Droz, fut présenté à Louis XVI pour lui montrer le fonctionnement de son invention. Annonçant au Roi que son “dessinateur” allait exécuter le portrait de feu son grand-père, Louis le 15ème, l’émotion de Jacquet-Droz fut cependant telle que l’inventeur commit une erreur de “programmation” de sorte qu’ au lieu du portait du “Bien Aimé”, l’automate dessina un chien accompagné de la légende “Mon gentil toutou”.

.

Au malaise qui parcourut alors l’assistance, on devine à quel point Jacquet-Droz dût rougit de confusion ou disons plutôt d’humanité car comme le conclut Salamida, l’homme sera toujours sauvé par ses défaillances, ajoutant que sur ce point sa machine peut faire mieux.

Ainsi, un jour, alors que l’on exposait Vomica dans le cadre d’une foire d’art contemporain, la machine se mit à vomir sans motif au point qu’il fallut la débrancher. On chercha la cause, on ne trouva point, on insista et l’on finit par trouver. La machine avait été installée en face d’un mur où l’on avait accroché une oeuvre de Jaspers Johns

tete.jpg

L’explication rendait toutefois le dysfonctionnement encore plus incompréhensible, la machine n’ayant jamais été programmée pour vomir à la vue d’un tableau de l’artiste américain.

Salamida ne peut raconter cette anecdote sans se souvenir d’un passage des mémoires du souterrain de Dostoiëvsky et se demande alors si sa machine ne recélerait pas quelques traces d’humanité corrélatives à ses caprices imprévisibles.

Salamida souligne souvent, s’efforçant vainement de rester modeste, que si l’automate de Jacquet-Droz ne peut guère improviser, le chien ou le portrait du Roi n’obéissant qu’à un tracé linéaire fixé à l’avance,

en revanche, les vomissures projetées par sa machine présentent chaque fois une image inattendue

Il termine alors par une autre boutade, paraphrasant Schopenhauer: ‘ la machine à dégueuler est comme l’histoire, elle produit chaque fois une configuration nouvelle

alors qu’il ne s’agit toujours que d’une même vomissure.”

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41 commentaires to “MACHINE A DEGUEULER, MODE D’EMPLOI.”

  1. Clash says:

    Tu te donnes beaucoup de mal.

    Si tu veux voir dégueuler en présence de la photo de Benoit XVI pas besoin de te fatiguer à imaginer ta machine à la con. Tu m’appelles, tu me présentes la photo de Ratzinger et, spontanément, je te dégueulerais les restes de mon dernier repas.

    Je serais toujours à ta disposition pour vomir en présence de l’obscurantisme religieux, qu’il soit chrétien ou islamique.

  2. Falcophil says:

    A l’école on a voulu te programmer pour que tu saches écrire sans faute le futur simple, tu as oublié et c’est ce qui fait que tu es humain.

    Tu es né avec en puissance la capacité de faire fonctionner ton sens critique mais tu réagis par réflexe conditionné en vomissant sur ce que tu ne connais pas et c’est ce qui te rend semblable à cette machine.

  3. Zardoz says:

    Les dégueulis sont quand même un peu trop beau pour ressembler à des vomissures!

  4. Falcophil says:

    Oui, cela est probablement dû à la substance reproduisant le suc gastrique. Cette compositions chimique contient certains colorants qui donnent aux vomissures ces couleurs un peu acidulées.

  5. Zardoz says:

    Est-ce un sarcasme pour signifier que ce qui sort de nous n’est jamais que du dégueulis mais que nous avons cet art hypocrite de le faire passer pour autre chose afin de lui donner une apparence faussement attrayante ? Et que donc l’art participerait d’un mensonge visant à nous dissimuler notre vraie nature ?

  6. Falcophil says:

    C’est une interprétation possible, mais attention, ce n’est pas non plus si simple.

    Ne pas oublier que la substance qui donne au dégueulis une si belle couleur ne passe pas par le tuyau relié à l’entonnoir

    mais par un autre tube (Pièce 3) qui provient du noir et dont on ne voit pas très bien sur quoi il peut déboucher.

  7. Zardoz says:

    C’est fort interessant mais, à vrai dire, qu’est-ce qui différencie cette macine de la machine à faire de la merde, fabriquée par Delvoye ?

  8. Clash says:

    Pour avoir été le premier à évoquer Vomica, création malheureusement oubliée, je te répond Zardoz que ta question est sanbs intérêt.

    Vomica fut l’ancêtre de Cloaca.

    Sa version définitive présentée en 99

    (Salamida “Vomica” , dernière version 1999)

    était une subtile et ingénieuse construction où étaient explorés tous les aspects du phénomène du vomissement, aussi bien par réaction nerveuses que par inflammation des parois gastriques ou par occlusion intestinale, en collaboration avec des médecins et des chimistes Salamida avait tenté cette incroyable synthèse d’une collaboration entre science et poésie, essayant même de relever scientifiquement le défi de savoir s’il y avait moyen d’objectiver le malaise ou la nausée.

    (Salamida : “Vomica ” version 1999)

    Rien à voir donc avec ce pastiche ridicule de surréalisme derrière lequel s’abrite Falcone pour mieux faire passer ses croyances moyennageuses.

    J’ajoute que je n’ai pas besoin de réflexes conditionnés pour vomir sur ton Benoit XVI et sur tout l’obsurantisme qu’il représente, Il s’agit chez moi d’une discipline salutaire qui m’a été donnée par les encyclopédistes, auteurs sur lesquels tu craches mais que tu ferais bien de méditer plutôt que de perdre ton temps à écrire ces plaisanteries de potache pour flatter la vanité de l’intello futile et prétentieux que tu es.

  9. Falcophil says:

    Objectiver le malaise!

    Comme si le subjectif pouvait être rendu visible au moyen d’un tas d’alambics!!!!

    Voilà encore une de ces idées absurdes héritée du matérialisme des lumières!!!!

    Je te retourne la compliment Clash, plutôt que de perdre ton temps à lire d’Alembert ou Diderot, médite un peu ma propre conception de Vomica

    Regarde un peu son oeil qui, certes la plupart du temps semble vide

    mais qui pourtant, parfois, durant ces moments où la machine n’ingurgite aucune nourriture

    et où rien ne vient l’exciter, semble alors traversé par une étincelle de conscience, au point que l’on croirait presque qu’il te regarde avec intensité pour te demander

    Qui es-tu?

  10. THITRA says:

    Qui je suis?

    Eh bien tu l’as toi même très bien suggéré dans ton ingénieuse machine. Ici un oeil,

    ailleurs, un nez (Ou un groin peu importe) ailleurs encore une oreille et encore ailleurs, des tubes ou des tuyaux et derrière…une mémoire traitant les informations venues de l’extérieur (La seule source de la connaissance comme cela fut dit) et commandant l’action appropriée, plus ou moins, en effet, conditionnée par les circonstances ou l’histoire personnelle.

    Autrement dit, pas tellement plus qu’une mécanique, la plus merveilleuse des mécaniques mais une mécanique tout de même.

    Je ne sais trop ce que veut dire Clash quand il parle d’objectiver le malaise mais s’il entend pas là de créer artificiellement de la subjectivité, on peut très bien imaginer demain de créer un automate doté d’une conscience subjective reliée à une sorte de cerveau artificiel.
    Puisque tu es toi même capable de bricoler(fût-ce de façon imaginaire) une machine capable de créer une oeuvre d’art chaque fois nouvelle, pourquoi des savants ou des ingénieurs de haut niveau ne seraient-ils pas en meusre d’inventer une machine susceptible de sensibilité poétique?

    En attendant l’avénement probable d’une telle invention, je pourrais même te suggérer de perfectionner ta machine en y ajoutant une bouche qui traduirait les états intérieurs, par exemple le malaise ou le dégoût précédant le vomissement, ce serait une étape supplémentaire dans la construction de son “humanité”.

  11. Falcophil says:

    Comme ceci par exemple ?

  12. Thierry says:

    Mais cette machine ne pense pas. comment y mettre de la pensée ?

  13. THITRA says:

    Qu’est ce que la pensée ? Des mots, des bribes de phrases et d’images suscités par les choses du monde objectif. On pourrait imaginer d’ introduire dans la mémoire informatique de la machine des quantités voire des milliers d’images ainsi que les mots qui leur correspondent et ensuite de provoquer leurs recombinaisons sur un écran d’ordinateur. Ainsi serait objectivée la pensée de la machine, pensée qui n’en serait pas moins subjective puisque nouvelles combinaisons d’images et de mots propre à ses réactions face à telle ou telle circonstance particulière.

  14. Thierry says:

    MMMH!!!!

    Pourrait-on vraiment reconstruire ainsi une pensée subjective ?

    J’ai beaucoup de doute, je crois que tu surestimes un peu trop le pouvoir de la science

  15. Sophie says:

    Et que devient la photo dans tout ça?

    As tu donc laissé tomber pour mieux t’adonner à tes inventions bizarres?

  16. Falcophil says:

    Produire des images ne présente en soi qu’un intérêt limité.

    A quoi bon ajouter une image aux milliards d’images déjà existantes?

    Plus intéressant est d’insérer une image dans le contexte d’un discours plus global embrassant non seulement l’esthétique mais aussi la logique et l’éthique.

    Je sors ainsi pour prendre une photo

    Puis je rentre et me sers de cette image pour répondre à Thitra.

    Si j’applique les critères par lesquels il définit l’intériorité pensante, la présentation de l’image précédante devrait susciter ceci sur l’écran de son ordinateur.

    Effectivement, comme dit Thierry, comme tentative pour objectiver l’intégralité de la conscience subjective, c’est un peu court!

  17. THITRA says:

    Ce dont je parlais était tout de même un peu plus compliqué que ça ! J’évoquais une interconnexion d’images et de mots (il faudrait même y ajouter les sons).

    Seul le cinéma pourrait, à la rigueur, rendre compte du grand maelström de la pensée.

  18. Thierry says:

    Mais je ne vois pas n’importe comment à quoi Philippe veut en venir, le même problème se pose avec le principe d’indétermination de Heisenberg, on ne peut mesurer en même temps la position et la vitesse d’une particule, ce qui es déjà vrai pour la “matière”, l’est à fortiori pour la pensée.

  19. Falcophil says:

    On a posé le problème de l’objectivation de la pensée.

    Non pas dans un sens surréaliste car ce ne serait alors qu’une reconstruction de poète mais sous un angle scientifique. Il ne s’agit pas de positionner quelque chose dans l’espace par un calcul de probabilité, il s’agit de rendre dans l’espace ce qui n’est nulle part dans l’espace et qui pourtant, selon Thitra, aurait été causé par quelque chose situé dans l’espace.

    Si j’en crois donc M. Tran, la simple perception d’un homme assis sur un ban dans un paysage de neige, qui ne serait qu’interconnexion d’images et de mots, pourrait comme représentation mentale donner à peu près ceci:

  20. Thierry says:

    Je crois que c’est encore trop simpliste. au moment où tu perçois la scène, même durant qelques secondes, des images du passé peuvent venir téléscoper celles du présent. par exemple , l’été dernier tu étais au même endroit et tu as vu passer une fille en maillot de bain avec un superbe cul

  21. Falcophil says:

    Je ne suis pas un obsédé comme toi mais bon, si ça peut te faire plaisir

  22. Thierry says:

    Il manque encore quelque chose. Certes, durant quelques secondes , la mémoire peut faire intervenir un incroyable mélange de visions, d’images, de mots et de couleurs arrivant de tous les côtés, d’un passé aussi lointain que présent, sans parler de tout ce que je peux enregistrer dans le présent par la vue ou l’ouie
    . vu de l’extérieur, cela pourrait effectivement ressembler au fatras montré ci-dessus. Mais justement, ce qui est incohérent vu de l’extérieur, ne l’est pas du tout vécu de l’intérieur, si mon état mental présentait une telle incohérence, je me sentirais désintégré de l’intérieur, je perdrais pobablement tout sentiment d’indentité, je serais incapable d’agir parce qu’incapable de me projeter dans le futur. Le “fonctionnement réel de la pensée “, n’en déplaise à André Breton, ce n’est pas çà, il est ailleurs, il est justement dans ce centre mystérieux et absolument non localisable qui assure la mise en cohérence de tous les éléments disparates qui envisagés de l’extérieur ne seront jamais que l’informe bouillie que tu as présentée plus haut.

  23. Falcophil says:

    Je crois que tu commences à voir à quoi je veux en venir

  24. Erato says:

    Il a bien de la chance d’avoir compris à quoi vous voulez en venir!

    Si vous voulez démontrer qu’il existe derrière les différents aspects du psychisme une réalité unitaire, je pense que c’est démenti par les acquis de la psychanalyse, du moins tels que je pense les avoir compris. La psychanalyse a en effet amplement démontré la multiplicité des instances psychiques, c’est ainsi que nous avons le “je”, le “sur je” et le “ça”. On ne trouve aucune unité dans tout cela

    En psychanalyse freudienne, parler d’unité ne veut donc pas dire grand-chose, sauf à ce que celle-ci se révèle à titre de symptôme, d’obsession (Serait-ce le cas de Thierry ?) mais, plus qu’un signe de “plénitude” , ce n’est là qu’un signe d’altération et de défectuosité.

  25. Thierry says:

    Je ne suis pas un expert en psychanalyse , je n’y connais d’ailleurs rien mais il me semble nécessaire que quelque part soit assurée une coordinnation de ces différentes instances, sinon par quel mécanisme chacune pourrai-elle se trouver empêchée de prévaloir totalement sur l’autre? Qu ‘est ce qui empêche par exemple le surmoi d’étouffer complètement les pulsions inconscientes du ça?

  26. Erato says:

    Le ça, centre des pulsions, somatiques ou animales, des désirs refoulés, est apporté avec notre naissance.

    Le moi, instance de contrôle de la conscience et qui oriente les mouvements volontaires, provient du ça, sous l’effet de l’ impact du monde extérieur.

    Le surmoi exprime les interdits parentaux de l’enfance ; il juge et critique en fonction de ces interdits.

    Entre moi et surmoi vont s’établir des rapports complexes qui ont pour but d’assurer la défense contre les pulsions et les désirs refoulés du ça. Moi et surmoi vont donc résister au ça.

    Il n’y a donc pas de centre de stabilité coordinatrice mais une sorte d’ “équilibre des pouvoirs”, où chaque instance contrôle l’autre ou la freine.

  27. Falcophil says:

    C’est une nouvelle interprétation de la “Machine à dégueuler”

    (1) représente donc le “Moi”

    (2)représente le “surmoi”

    (3) le “ça”

    Merci pour votre contribution docteur Freud

    La “Machine à dégueuler” est donc bien le point de conjonction de la poésie et de la science.

  28. Clash says:

    Je ne vois pas ce qui te fais rire espèce de gros con. Ce n’est là qu’une hypothèse de travail destinée à une approche rationnelle des conflits intérieurs, loin des mythes, légendes et des élucubrations théologiques de l’obscurantisme calotin dont tu fais partie.

    Il faut au contraire remercier les gens comme Freud, Darwin, Galilée ou Copernic d’avoir eu le courage de lutter contre les préjugés de leur époque.

    Ce n’est que le combat inlassable de l’intelligence contre la connerie religieuse.

  29. Falcophil says:

    Je n’ai rien contre la psychanalyse, je m’en prends seulement aux imbéciles comme toi qui se croient intelligents en reprenant passivement et sans esprit critique des idées rebattues que d’autres ont forgées avant eux.

    La psychanalyse ne m’interesse que moyennement parce qu’elle ne répond pas à la question beaucoup plus essentielle à mes yeux de savoir comment l’on passe du cerveau comme fatalité ou destin, au cerveau comme instrument.
    La question fondamentale est non le cerveau que je subis mais le cerveau dont je me sers pour élaborer des choix, des hypothèses voire pour étudier le “ça”. comment le “ça” peut-il basculer dans la décision consciente par laquelle il va tout mettre en relation pour s’étudier? L’unité relève donc bien me semble t-il d’un centre décisionel apte à coordonner des éléments disparates. Des instances qui se tiennent en respect ne peuvent suffire à rendre compte du pouvoir d’activer et de diriger la pensée, de même que des interconnexions de neurones ou de mécanismes cérébraux ne peuvent par elles mêmes se coordonner sans une centralisation qui les coiffe. Dans ma volonté , il y a un inconnu fédérateur qui transcende tous les éléments hétérogènes de ma psyché et qui m’apparaît bien comme une sorte d’en soi irréductible à une multiplicité d’instances ou de connexions.

    Comment l’on passe des “topiques” au “Soi” voilà ce qui selon moi constitue l’interrogation la plus importante.

  30. THITRA says:

    Il ya trop de philosophie dans ce que tu écris. La philosophie n’est qu’interprétation moi je veux des faits et rien que des faits. la seule façon d’aborder honnêtement le problème de la conscience reste la voie empirique.

    Il y a sur ce sujet un très intéressant texte d’Axel Cleeremans, chercheur à l’université de Bruxelles

    http://srsc.ulb.ac.be/axcWWW/papers/pdf/03-Unity.pdf

    je retiens , entre autre ce passage:

    “…quand on a analyse la manière dont le cerveau traite l’information, en place
    d’unité on ne trouve qu’un vaste ensemblage de circuits neuraux qui convergent vers…
    rien du tout!! Il n’est donc point d’unité dans le cerveau, pas de lieu particulier où se
    réaliserait une ultime convergence!: La glande pinéale de Descartes, si elle existe bel et
    bien, ne remplit pas les fonctions d’intégration qu’il lui avait attribuées. De la même
    manière, aucune des zones de convergence existantes dans le cerveau (comme par
    exemple l’hippocampe, certaines parties du cortex pariétal et du cortex préfrontal) ne peut
    remplir seule la fonction d’intégrer l’ensemble des informations traitées.”

  31. Falcophil says:

    Prétendre trouver dans le cerveau l’endroit précis de l’unité est aussi ridicule que de prétendre y localiser l’écran sur lequel se déroule le film de tes souvenirs ou le défilé de tes images mentales. Il ne s’agit pas de pointer à tel endroit de Paris l’administration centrale qui va coordonner les différents services déconcentrés, cela ne peut être localisé pour la simple raison que ce n’est pas à l’extérieur qu’il faut chercher mais en nous-même;, nous ne sommes pas dans le domaine de l’espace et du corporel mais dans celui de l’aspatial et de l’incorporel. Parler d’empirisme à ce propos est d’ailleurs absurde, peux tu me localiser exactement où se trouvent le “ça” et le “surmoi”?

  32. Fructidor says:

    Un excellent schémas de la division freudienne de l’esprit est donné par l’image de l’iceberg

    Si le conscient se ramène à la partie immergée de l’iceberg, on s’aperçoit qu’il se réduit en fait à peu de choses.

    L’unité dont parle Falcone serait un peu comme un roi régnant sur un territoire dont la majeure partie serait entre les mains de populations rebelles incontrôlables et n’en faisant qu’à leur tête.

  33. Falcophil says:

    Ton dessin est aussi intéressant que ton commentaire est nul.

    Tu confonds “immergé” avec “émergé”, tout comme tu fais une confusion entre le psychisme et l’esprit. Dans le deuxième cas on ne peut trop t’en vouloir car la plupart à force de vouloir trop vivre à la périphérie, ne comprennent pas le sens du mot “esprit”. La psychnalayse comme les autres sciences, si tant est que la psychanalyse soit une science, n’est qu’une connaissance périphérique, un peu comme les murs extérieurs d’une maison qui restent à l’écart de la pièce centrale.
    La poésie permet de faire un pas en direction du centre

    http://falcophi.wordpress.com/

    mais en reste toujours assez loin. Se rapprocher toujours plus du centre c’est atteindre la connaissance par union ce dont vous êtes tous incapables puisque vous ne voulez voir rien d’autre que la connaissance qui dissèque, qui analyse, qui compartimente, tout ce qui relève de la connaissance par séparation.

    Connaissance par séparation et connaissance par union, c’est ce qui sépare l’intellect de l’esprit.

    Tu remarqueras que ton iceberg flotte dans une eau qui doit probablement être celle d’un océan. Romain Rolland aurait demandé un jour à Freud ce qu’il pensait du “sentiment océanique”, ce à quoi le viennois répondît qu’il n’entendait rien à ce type de sentiment, ne l’ayant jamais éprouvé.

    Une chose essentielle manquait à Freud, celle d’être poète.

  34. Thierry says:

    Ouais bon mais la connaissance par union, c’est quoi?
    Tu pourrais un peu nous la décrire…..

  35. Falcophil says:

    Cela ne serait plus connaissance par union si je la décrivais, cela deviendrait du coup, connaissance par séparation.

  36. Harry says:

    C’est là justement qu’est ton problème, tu es quant à toi trop poète et pas assez scientifique. Même quand tu fais de la philosophie, ce n’est en fait que de la poésie camouflée. La métaphysique n’est d’ailleurs qu’une vaste poésie conceptuelle. des mots comme “soi”, “être”, “absolu”, “un” n’ont de sens que subjectif. On peut sentir leur résonnance comme on sent un coucher de soleil, toi tu appelles cela l’esprit encore un autre mot de poète mais si par esprit tu entends auto-dépassement, je ne pense pas que l’on se dépasse en restant replié au coeur de sa personne par une caresse de son imagination au moyen de vagues concepts qui nous procurent une sensation agréable. Le dépassement se fait par la quête du vrai et la quête de vrai se fait justement en se détachant du centre pour aller vers ce que toi tu nomme la “périphérie”, là où les choses se donnent non en tant qu’objet de rêverie ou d’imagination mais en tant qu’ objet d’observation.
    C’est bien au coeur de la science et de son exigence d’observation positive que s’opère la triple rencontre du vrai, du beau et de l’honnête.

  37. Falcophil says:

    Selon toi donc, seules n’ont droit de cité que les réalités empiriques, descriptibles, objectivables et quantifiables. Ainsi l’Amour doit-il être exclu de ton système parce que cela ne peut être l’objet ni de quantification, ni de définition empirique ou mathématique.
    Je te fais ensuite remarquer que les phénomènes extérieurs pris dans leur aspect objectif ne comportent en eux mêmes aucune valeur. Un coucher de soleil, par exemple, n’est qu’un enchaînement de réactions physiques et de phénomènes atmosphériques, reposant sur des déterminismes atomiques ou des réalités de mécanique quantique.

    Si tu y trouves pourtant du “beau”, de l’”honnête” et du “vrai”, c’est uniquement parce que ces phénomènes objectifs se colorent de valeurs que tu portes en toi et qui ne sont sûrement pas situées à la périphérie de ton être.

  38. Clash says:

    Je crois que tu aimes à te réfugier dans la poésie pour ne pas voir la réalité en face car la réalité est ecore pire que ce que Freud avait imaginé. La majeure partie de l’activité mentale est inaccessible à l’introspection, la partie émergé de l’Iceberg n’est en fait que de quelques centimètres. Une simple action, voire un simple perception, implique un nombre incalculable d’opérations mentales dont le sujet n’a même pas idée. . J’ai , entre autre, pris connaissance des travaux très interessants d’un neuro-chirurgien américain, Benjamin Libet,

    http://www.mutageneses.com/2008/10/sur-benjamin-libet-et-la-rtrodatation.html

    lequel a par exemple pu démontrer que dans l’acte le plus rudimentaire, par exemple le simple fait de plier l’annulaire,, l’agent ne devenait conscient de sa volonté que 350 millisecondes après que le cerveau ait élaboré et planifié cette action. Avant même que l’on soit conscient d’une action, celle-ci a donc déjà été préparée par le cerveau sans qu’on le sache.

    Où est-elle en ce cas l’unification de la conscience quand les actions les plus ordinaires sont déjà modelée par l’inconscient ? C’est bien là la 3me humiliation infligé à l’homme après Copernic et Darwin!

  39. Falcophil says:

    Personne ne nie les impulsions inconscientes qui nous déterminent, seulement, il y a moyen d’y résister par la volonté. D’ailleurs je ne parle pas d’actes rudimentaires comme le fait de bouger un doigt mais d’actes complexes comme la réflexion philosophique, au moment où je tape ceci, je fais un effort de réflexion pour contrer tes arguments, je pèse le pour et le contre, j’évalue les thèses en présence, iras tu soutenir que cet effort n’est que le résultat d’impulsions inconscientes ?

    Si vous réflechissiez un peu mieux , vous seriez beaucoup plus conscients de ce que la pensée est un effort de construction mentale lequel effort ne peut être qu’ une victoire sur l’inconscient, la preuve en est que le conscient est capable de réfléchir sur l’inconscient voir de l’explorer mais que l’inconscient est quant à lui incapable de comprendre le conscient au sens de s’en saisir comme objet de réflexion. C’est le conscient qui a la capacité d’englober la totalité de la personne , pas l’inconscient.

    mais vous ne réfléchissez pas vraiment, j’en veux pour preuve ces contradictions dans lesquelles vous vous débattez, par exemple Fructidor admiratrice de Robespierre parce qu’il aurait- prétendument-sauvé la liberté, une liberté en laquelle pourtant elle ne croît pas puisqu’elle estime que la majeure partie de notre personne est déterminée par notre inconscient!

  40. Erato says:

    ” C’est le conscient qui a la capacité d’englober la totalité de la personne…”

    Il serait très interessant en ce cas de faire votre psychanalyse au travers de ces choses bizarres que vous concevez.

    Que signifie vraiment par exemple la présence d’un groin à proximité d’une bouche (de femme)laquelle semble hurler de douleur? Interessant de voir de quelle manière ce pauvre groin tente vainement de sortir de son cadre doré! Et pourquoi donc ces réalités sont-elles séparées par un réseau de barreaux rigides ? Comme si toutes deux elles se cherchaient sans pouvoir se rencontrer! Et cet oeil isolé? Ne serait-ce pas plutôt l’isolement effrayé d’un éternel état de voyeurisme? Et cet entonnoir d’où jaillit (Devrais-je dire éjacule?)

    cette vapeur lactée mêlée de fumées bariolées comme un refus de la réalité de latrine des tuyaux dont elles proviennent mais dont on sent qu’elles sont malgré tout condamnées à leur destin d’entropique solitude au sein de l’espace noir.

    Si votre conscient est capable de tout englober alors essayez de répondre clairement à ces questions.

  41. Falcophil says:

    Je vous proposerai mon auto analyse psychanalytique quand vous aurez vous même tenté votre introspection rationnelle à partir de vos propres travaux non moins bizarres.

    http://falcophil.info/ifotos/?dir=ERATO

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