( septembre 5, 2008 )

LIBRES PROPOS D’UN FASCISTE SUR L’ART DEGENERE

Je suis donc un fasciste.

On m’avait déjà traité de merde, de pédé, de minable, de fonctionnaire, de cafard puant et de cadavre ambulant, de rat et de raté, il ne manquait plus que le mot “fasciste” .

On se croirait revenu il ya 10 ans, durant l’année 1997 où Art Press sonnait le tocsin de sa parano


(art press, avril 1997)

et où l’on croyait voir surgir le révolver de Goebbels pour la moindre remarque sur l’affligeante et pourtant si évidente nullité de Warhol


( Entretien avec Philippe Sollers, Beaux Arts magazine de juillet 1997)

On vous soumettait alors à des parodies d’inquisition, on vous humiliait publiquement, quelques lignes sur certains aspects vernaculaires de la peinture française de Jean Fouquet à Matisse suffisaient à vous soupçonner de vous rapprocher d’une certaine idéologie de la Race.

Je pensais pourtant qu’il s’agissait là de polémiques désormais dépassées, la pauvreté d’argument consistant à traiter de beauf ou de fasciste tout contempteur de l’art contemporain n’étant que trop évidente.

L’année 1997 se trouvant désormais bien loin, je serais d’abord tenté de ne pas répondre à d’aussi lamentables propos. Il semblerait même à première vue que les crétins qui visitent mon blog retardent un peu car aujourd’hui où la menace du FN se trouve fortement diminuée par l’age avancé de son leader ainsi que par la victoire d’un ami des milliardaires lesquels financent les plus importantes stars de l ‘Art Contemporain, il paraît un peu déplacé de soutenir que celui-ci se trouve entouré de fachos prêts à l’envoyer au crématorium.

Si certaines insultes ne semblent plus d’actualité, ce n’est toutefois qu’une apparence car pour n’être plus proférées à voix haute, elles n’en sont pas moins plus que jamais tapies dans les pensées et rejaillissent de manière aussi spontanée que la fois d’avant , à l’occasion de mon dernier billet.

Il suffira d’ailleurs d’évoquer Catherine Millet qui dans la préface de la réédition 2006 de son ouvrage sur l’art contemporain qualifie encore d’extrême droite les critiques à l’égard d’une certaine création d’aujourd’hui, laissant sous-entendre qu’en tout état de cause ces mêmes critiques ne sauraient être dangereuses puisqu’elles auraient depuis longtemps ” fait long feu.” Au travers de l’évident mépris émanant de ces propos à l’emporte pièce, on pourra voir que sont toujours prêtes à gicler les mêmes éructations aux relents de malhonnêteté et de paresse intellectuelle. Qu’en 2006 et 2007 aient paru quelques ouvrages ne partageant pas les vues de Mme Millet

qu’il y a peu encore, en aout 2008, ait été publié dans Le Monde Diplomatique (que l’on ne pourrait certes pas qualifier d’extrême droite!) un article titrant, “l’art(contemporain) de bâtir des fortunes avec du vent”, tout cela restera malgré tout de piètre importance, les Jean Clair et consorts ne seront jamais que des mélancoliques paralysés par un conformisme attaché aux normes d’un passé révolu,


(Mario Sironi)

incapables de saisir le train de la modernité, à l’instar de certains gauchistes cripés sur des acquis sociaux d’un temps préhistorique à l’heure d’une mondialisation où le seul mot d’ordre est de faire des profits.

Dans un précédent article consacré au plasticien Jean Paul Walras, il avait déjà été question d’une certaine collusion entre création artistique et capitalisme triomphant, l’objet de ce billet serait d’expliciter en quoi le conformisme et la paralysie ne sont pas là où l’on croit et qu’un art prétendument “vivant” , loin d’être contestataire, comme l’était vraiment les ancêtres Dada ou surréalistes dont il prétend avoir récupéré le message, n’est que complaisance envers un ordre économico-financier qui le fait vivre.

Prétendre tout d’abord que l’art moderne ou contemporain est de nature anti-conformiste et contestataire, c’est oublier qu’une oeuvre ne fera souvent que traduire l’esprit prédominant propre à son époque et celà d’autant plus qu’elle sera de médiocre qualité, ce qui entre-autre expliquera pourquoi, par exemple, la production d’un Lichtenstein ne fait que reprendre l’ imagerie tape à l’oeil et vulgaire des comics

La chose ne regarde pas du reste que les médiocres car sont aussi concernés les moins inintéressants tel un Pollock déclarant vouloir peindre à la plus extrême vitesse possible parce qu’à l’ère des avions et des trains, le peintre ne peut désormais faire autrement. On reste confondu par ce genre de motivation. Si le rôle du poète doit être de représenter l’antithèse du monde, pour reprendre une belle expression de Musil, c’est qu’il doit toujours plus ou moins se refuser à un comportement qui en adopterait les dérives . En Pollock, nous voyons ici, au contraire un homme se croire obligé de reproduire dans sa pratique artistique les défauts d’un monde obsédé par la vitesse et l’agitation fébrile.

A vouloir en effet être témoin de son époque en se calquant sur ses pratiques et sa mentalité, surgit alors cet inconvénient que l’oeuvre, loin de se détacher du systèmes, apparaitra beaucoup plus comme un résultat de ses défectuosités psychiques.

La même chose pourrait s’observer chez Warhol lequel constatant que l’oeuvre d’art est entrée dans l’ère de la ” reproductibilité technique”, l’artiste ne peut en ce cas que proposer le pastiche et le duplicata d’un processus de reproduction quantitative et mécanique.

On répondra certes que Warhol déclarant travailler comme une “machine” ou Wim Delvoye s’evertuant à faire en sorte que cette machine ne soit bonne qu’à ingurgiter pour n’émettre que vents méphitiques et déjections ne font que détourner les pratiques du système pour le mettre face à ses vices et déréglements. On reste pourtant très dubitatif car le pur mimétisme est davantage facteur de démultiplication du modèle et donc de sa prééminence que facteur d’authentique antithèse. Tourner en dérision le stupide ramassis de distractions vulgaires avec lesquelles on détériore l’esprit du citoyen lambda est en soi une démarche fort légitime, le seul problème étant que lorsque la démarche tourne à la banale imitation

on ne fait qu’ajouter une nouvelle distraction imbécile à l’énorme masse déjà existante.

On a d’ailleurs souvent souligné qu’Andy Warhol et beaucoup d’autres tenants du pop-art n’ont jamais contesté la société de consommation mais qu’ils en ont bien plutôt adopté les tics et les tares. Warhol déclarait lui même qu’il n’avait jamais pensé sa pratique comme une contestation mais qu’il la vivait ” comme ça…”. Oui, comme ça, autrement dit, l’homme machine s’impose désormais avec une telle force que même l’artiste, à son insu , se transforme lui aussi en machine vomissant la pacotille que vomit n’importe quelle machine sur n”importe quel rayon de supermarché.

Arrivé alors à ce stade, il sera permis d’observer que les artistes contemporains passant pour “originaux”, enfin disons plutôt ceux qui sont “grands artistes originaux” parce qu’ainsi l’a décidé l’ensemble du “réseau ” de l’art, ceux là, donc, loin de proposer une contestation du système, entendons du système consommateur et capitaliste, sont bien au contraire si imbibés de son esprit qu’ils n’en constituent que la spectaculaire mise en scène.

Interrogez les jeunes désaxés des banlieues, les prolos des usines, les SDF et autres exclus du systèmes, combien se retrouveraient dans les oeuvres d’un Damien Hirst ou d’un Maurizio Cattelan? Les artistes actuellement les plus en vue comme Jeff Koons fréquentent beaucoup plus les milliardaires à la François Pinault que les pauvres smicards aux fins de mois difficiles. A cet égard, on s’attardera sur une significative anecdote concernant Wim Delvoye . Après en avoir fini avec sa passionnante ” machine à fabriquer de la merde “, l’artiste belge crée une porcherie en Chine où l’on élève de vrais cochons sur lesquels sont tatoués des dessins kitsch du plus mauvais goût, l’animal pouvant alors être vendu comme véritable ” oeuvre d’art vivante “.

Dans l’esprit de Delvoye, toujours fidèle à ses préoccupations, il est en effet plus interessant de fabriquer une oeuvre d’art qui grogne et se goinfre, qui pète et qui chie plutôt qu’un tableau inerte qui ne fait rien de tout celà. Donc M.Delvoye s’en va installer sa porcherie en Chine. Pourquoi en Chine? Eh bien parce qu’ayant d’abord voulu monter sa porcherie en Belgique, Delvoye s’est aussitôt heurté à des difficultés, la réglementation imposant des normes rigoureuses en matières d’hygiène. Ce qui lui donne alors l’ occasion, dans un entretien accordé au Monde, de vitupérer le bureaucratie de nos pays à laquelle il oppose le capitalisme chinois où un formidable esprit de libre entreprise permet de tout faire sans aucune entrave aux initiatives.

Comme quoi, l’artiste le plus en vue ainsi que le plus d’ “avant garde” peut fort bien rejoindre les récurrentes réflexions à courte vue dont nous abreuve toujours le Medef, en reprenant à son compte les pratiques de délocalisation nécéssitées par la logique du système, tout en manifestant, par ailleurs, ce même mépris propre à l’occident technique à l’égard d’une nature et d’un monde animal réduits à l’état de simples moyens aux services des infantiles caprices du bipède.

Pour approfondir cette collusion entre l’ esprit du système et certains noms de la création contemporaine, il faudrait citer de nouveau Jeff Koons car avec lui fini l’artiste créant seul dans son atelier. On est au contraire en présence d’un chef d’entreprise où l’on fabrique ces machins

à peine plus intéressants que la camelotte qui sort de chez Mattel mais qui rapportent tout autant de dollars, ce qui, assez significativement, vaut à Koons d’être invité à l’émission “Capital”, dans un reportage où les collaborateurs de Guy Lagache visitent sa boite avec le même intérêt qu’ils apportent à visiter toutes celles méritant d’être “vues” à la télé, étant entendu que le seul critère qui permet ici d’évaluer un tel mérite n’est point la qualité artistique mais uniquement d’avoir fait fortune. On ne fera jamais croire à personne que c’est la production de choses si indigentes

qui donne à l’auteur ce privilège d’être l’artiste vivant le plus coté.

L’explication est ailleurs, elle a pour nom ” réseau” , capacité de se “vendre”, de peaufiner son “image médiatique”, d’avoir le sens du “marketing”, une stratégie de “communication”n’hésitant pas jusqu’à pousser vers le people, autrement dit, d’ être si bien coulé dans le conformisme socio-économique qu’un soi-disant artiste n’utilisant plus ni burin ni pinceaux mais uniquement téléphone et carnet d’adresse est désormais plus proche du management que des authentiques créateurs de jadis. . Il faudrait encore s’attarder sur la manière dont un Damien Hirst a pu lui même se hisser aux premiers plans de la scène artistique, non par la qualité de ses oeuvres qui n’en présentent aucune

mais par des liens noués avec tel milliardaire propriétaire de l’un des plus grandes agences de publicité du monde, fondateur d’un prix prestigieux décerné par un grand musée avec lequel le dit milliardaire entretient d’étroites relations, ce qui vaudra ainsi à l’artiste de recevoir le “Turner prize” pour son veau coupé en deux plongé dans un récipient rempli de formol.

Là toutefois n’est pas le plus significatif car au delà de cette évidente collusion entre puissance financière et création, demeurre la question de la substance commune et secrète par laquelle existe cette étroite complicité entre le milliardaire et l’artiste. Certes, l’ artiste eût toujours des mécènes mais ce que cherchait autrefois un Laurent de Médicis ou un Jules II relevait d’une essence tout de même un peu plus délicate qu’une blague de potache à la Cattelan

Oui, certes, nous l’avons vu, Jeff Koons, Damien Hirst, Wim delvoye, reproduisent le système, en adoptent les logiques, du fond de leur bureau, ils créent avec leur mobile, arme du “battant” accompli, ne se salissent point les mains dans le désordre d’un atelier et n’affrontent pas la résistance du matériau car ce ne sont là que comportements du parfait looser, eux maîtrisent au contraire un art bien plus intéressant parce que bien plus en phase avec notre époque, l’art de remplir un CV de la liste des plus offrants auxquels ils se vendus pour très chers.

Je crois pourtant deviner que l’internaute qui me lit reste toujours sur sa faim, que les explications données jusque là ne l’auront pas encore tout à fait convaincu et qu’à juste titre, il continue à s’interroger sur ce qui pousse le milliardaire à payer si cher les plaisanteries scatologiques ou porcines d’un Delvoye ou les bouffonneries d’un cattelan. Bouffonnerie avons nous dit, le mot n’est même pas de nous , il est de Harry Bellet qui dans un article du monde titrait “Cattelan le bouffon des riches” , tant il est vrai d’ailleurs que l’italien présente bien le physique de l’emploi

Les riches, on le sait, eurent toujours leur bouffon mais toutefois, il ne serait jamais venu à l’idée d’un “grand” d’Espagne de sacrer grand artiste un Don sebastiano de Mora

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ou un Diego de Acedo ,

au motif qu’ils le distrayaient de son existence inutile, on avait encore à l’époque le sens de la mesure et le titre de grand artiste, on l’aurait plutôt réservé à Velasquez auteur des précédents portraits.

Il faut de nouveau souligner cette évidence que les réalisations d’un Wharol, d’un Cattelan ou d’un Hirst quoiqu’elles prétendent s’inscrire dans le sillage de Dada n’en sont plus que la coquille vide comme l’art sulpicien n’est que la coquille vide de Raphaël ou du Corrège. Dada était contestataire et subsversif , Cattelan n’est ni contestaire ni subversif . S’il intéresse les riches, c’est qu’il ne les dérange pas et il ne les dérange pas parce qu’il se trouve parfaitement intégré dans leur système. Un Pinoncelli, lui, dérange, la preuve en est que le riche lui fera un procès pour n’avoir pas respecté le principe sacro-saint de propriété auquel ni un Cattelan , ni un Damien Hirst ne s’attaqueront, trop soucieux quant à eux de maintenir intact leur réseau d’influence. Pas davantage un Koons ne sera contestataire ou subsversif puisqu’il ne fait que produire les duplicatas de la même merde dont nous abreuvent les riches,

En principe, un milliardaire devrait donc être porté à aimer Koons aussi naturellement qu’il aimera Berlusconi ou Sarkozy. On répondra certes que la plupart des milliardaires ont des choses plus importantes à faire que de s’intéresser aux mascarades de Koons. C’est vrai, le milliardaire a chose plus importante à faire, le milliardaire doit vendre, vendre tout et rien, vendre n’importe quoi pourvu que celà fasse monter le chiffre d’affaire, acheter des titres pour pas cher et les revendre ensuite au plus vite pour plus cher, produire le superflu sans apport qualitatif mais vous convaincre tout de même que vous avez besoin de ce superflu et puis quand vous en êtes convaincu, vous mettre au chômage parce que vous gagnez trop, pour s’en aller très loin faire travailler des bridés qui ne gagnent rien. Produire pour produire, vendre pour vendre, acheter pour acheter, gaspiller sa vie dans une activité n’ayant d’autre but que son propre renouvellement, celà porte un nom, celà s’appelle le jeu.

Jouer au ping -pong n’a pas d’autre fin que de faire rebondir une balle pour le simple délassement, c’est en celà que le Ping pong est un jeu, il ne viendrait à personne cette idée que faire rebondir une balle est, au delà du délassement, une fin en soi ou alors c’est que le ping pong perdrait du coup sa nature de jeu pour se muer en dérapage mental. Que néanmoins des hommes puissent, en tapant dans un ballon, gagner en une soirée ce que d’aucuns ne gagneront même pas en une année et peut être même pas en 10 ans, voilà qui n’étonne que peu ou prou et qui pourtant devrait nous interpeller davantage sur le degré d’avilissement de notre époque.

A cet égard, c’est tout le monde moderne qui voit triompher le jeu parce que ce monde dresse un autel pour idolâtrer son action sans voir que celle-ci n’est tout au plus que fébrile soubresaut. On joue avec Internet, on joue avec les mobiles, on joue avec le sexe, on joue au maillon le plus faible, on joue avec la semence humaine, on joue avec les gênes, on joue à la politique,

on joue à la finance, on joue avec des hommes que l’on fait jouer au soldat pour protéger le pétrole dont on a tant besoin pour jouer avec des voitures, la capitale du monde n’est pas New York ou Washington mais Las Vegas. Le triomphe spectaculaire du milliardaire margoulin c’est donc moins le triomphe de l’argent que le triomphe plein et entier du jeu et quoi d’étonnant alors si certains de ces milliardaires se tournent vers de prétendus artistes qui ne sont eux même que de grands enfants dont les productions ne sont que d’autres jeux parmi l’ensemble des jeux d’un monde qui n’a d’autres occupations que de tourner à vide ?

Peut-être en avons nous trop dit, peut-être même que parler de Koons , fût-ce pour s’en gausser n’est pas autre chose qu’un jeu, peut-être même que ce blog n’est lui même qu’un jeu. Mais il s’agit aussi d’ un effort pour comprendre et en cela , il est déjà dépassement du jeu.

Que cherche à comprendre un François Pinault ? Rien, il joue à dépenser ses dollars pour gagner encore plus de dollars et quand il est fatigué de jouer à gagner ses dollars, il joue à collectionner les jeux des autres.

Que cherche à comprendre un Cattelan? pas davantage , il joue au plus con et gagne à tous les coups la gloire, les femmes et l’argent, un François Pinault qui se pâmera devant telle dérision nihiliste figurant parmi les pièces les plus chères de sa collection

se pâmera tout autant devant la dérision de la dérison,

le geste qui profane étant de valeur égale au geste profanant le profanateur, je t’encense parce que tu pisses sur les valeurs mais j’encense aussi celui qui te pisse dessus , on pourrait penser à Hegel et à son rêve d’un troisième terme réconciliant les ambivalences de la conscience malheureuse mais la vérité est qu’il ne s’agit là encore de rien d’autre que de l’esprit du jeu où tout est récupéré par le système parce qu’aux yeux de ce même système tout se vaut et s’équivaut, les crachats qu’il reçoit comme les honneurs qu’il dispense, la rigolade comme le tragique, on joue avec son galeriste à qui l’on demande de se déguiser en chaud lapin géant

tout comme on joue avec Hitler que l’on déguise en petit enfant bien sage

ni un Pinault, ni un Cattelan ne croient en quoique ce soit d’absolu,

le relativisme relève encore de l’esprit du jeu puisque ce n’est rien d’autre que jongler avec des idées ou des images dans le seul plaisir de voir des balles qui partent en l’air et qui retombent et qui rebondissent et l’ on sait fort bien d’ailleurs que les margoulins du commerce sont les premiers à jouer avec n’importe quoi, avec les icônes comme avec les vérités transcendantes et sacrées , le seul sacré n’étant à leurs yeux que le meilleur slogan permettant les plus fortes ventes.

Qui donc pourra nier qu’est à peine plus évolué qu’un enfant jouant au play mobil le milliardaire qui demande à Jeff Koons de décorer ainsi son bateau ?

Qui donc pourra nier qu’est à peine plus évolué qu’un garnement celui qui s’amuse à de telles choses?

Placer une bite à la place du nez, celà permet d’additionner des zéros sur un compte en banque, moi aussi je dessinais déjà ce genre de blagues à l’école mais je n’additionnais que les zéros de conduite et les heures de colle.

Dans cet effort de la connaissance, il serait d’ailleurs interessant de remonter loin dans le passé pour trouver des ancêtres aux Hirst et cattelan , chez certains dont la vision superficielle

(Fragonard)

n’était déjà qu’un jeu n’ayant d’autre sens que de relancer le jeu. Roger Caillois s’était déjà attiré certaines foudres par un article publié dans le Monde en 1975, où il faisait remarquer que Picasso avait lui aussi en son temps poussé le plus loin possible cet esprit du jeu, ce que Picasso lui même n’aurait nullement contesté à en juger par cette étonnante confession donnée à Giovanni papini dont on reprendra ce bref extrait :

” A force de m’amuser à tous ces jeux, à toutes ces fariboles, à tous ces casse-tête, rébus et arabesques, je suis devenu célèbre et très rapidement”

et dont on trouvera l’intégralité en allant sur la page “Ils ont osé le dire

Picasso, personnage plutôt pueril et capricieux qui jouait avec ses formes comme il jouait avec ses femmes, déconstruisant celles-ci pour les recomposer en être disloqué reprenant forme de suicidée (Jacqueline Roque ou Marie Thérèse Walter) ou d’aliénée (Olga Kokhlova, Dora Maar) rien de surprenant donc que l’espagnol poussant si loin le jeu avec l’image humaine, vît alors sa propre image devenir elle-même objet d’un autre jeu auquel s’amusera un Cattelan

Puisque l’on est dans le jeu , je voudrais quant à moi vous inviter à jouer au flipper, jeu il est vrai un peu démodé mais plutôt actuel tout de même car il est assez surprenant de voir comment le réseau fonctionne à merveille aussi bien qu’un flipper bien huilé où la boule rebondit aux quatre coins tandis que le score affiche des sommes faramineuses. Un François Pinault épicier au trois quart inculte qui a passé sa vie à jouer en spéculant sur le sucre ou aux rachats d’entreprises en liquidation, aussi grand artiste en la matière qu’un Bernard Tapie, s’interessera donc à un Cattelan tout aussi inculte mais qui passe lui aussi sa vie à jouer, les deux intéressant un troisième passant également sa vie à jouer en les accueillant dans sa galerie sur le mur de laquelle il se fait complaisamment scotché,

le tout intéressant un quatrième lequel, là encore, passe aussi sa vie à jouer en écrivant pour “Le Monde” des critiques sur les jeux des trois autres, on est étonné de voir à quel point les pièces s’imbriquent les unes dans les autres de façon à reconstituer le tout d’un autre jeu, un grand jeu de puzzle dont le thème n’est autre que la connaissance pervertie parce que tournée vers le seul service et profit de la plus basse immanence.

Le jeu, sans doute, exista toujours, Pascal y consacra de longs développement mais du moins alors le jeu n’était-il pas encore assez triomphant pour contaminer l’ Art, le vrai, tout comme le plus médiocre d’ailleurs car on aura beau appliquer à Gérard Dou les déterminismes dégagés par un Taine voire un Marx,

toujours en Gérard Dou quelque chose malgré tout échappe à l’ambiance cupide et commerciale de son temps. Marcuse observait que face à l’horizontale fébrilité du mercantile jeu du bourg, se dressait en vertical contrepoint le déni de la cathédrale. Certes me direz vous, le contrepoint vertical existe encore de nos jours , quel plus bel exemple de verticalité que ce homard

actuellement suspendu par Jeff Koons dans une salle du palais de Versailles !

Allez tenez, puisqu’il ne s’agit que d’un jeu moi je vous en propose un, le jeu du dico, vous connaissez? Je vous propose une définition tirée du Larousse et vous devez trouver le mot qui correspond. Vous êtes prêt ? Alors voici:

” En parlant de l’être humain, perdre de ses qualités morales et intellectuelles, de son mérite”

A quel mot correspond cette définition?

ça commence par un “D”, vous ne trouvez pas?

Allez je vous donne la solution :

“DEGENERER”

Je sais bien, c’est de mauvais goût et de sinistre mémoire, le genre de trucs à vous valoir le lynchage médiatique mais je m’en fous, je suis inconnu , je vis dans un anonymat dont je ne veux pas sortir ne cherchant nullement la reconnaissance d’un monde que je méprise. Pourquoi d’ailleurs devrais-je m’interdire d’employer le mot “dégénéré” fort à propos pour les Hirst et les Koons sous prétexte que les nazis l’employèrent mal à propos pour Renoir et Gauguin ? et puisque Maurizio Cattelan peut faire de la provoc qui lui rapporte des poignées de dollars, quel mal y aurait- t’il à ce que je fasse quant à moi de la provoc qui ne me rapportera jamais rien ?

14 commentaires to “LIBRES PROPOS D’UN FASCISTE SUR L’ART DEGENERE”

  1. ICHTHUS says:

    Franchement rien à rajouter. Excellent, percutant et fort bien écrit. A faire lire à tous les artistes qui sont relégués dans l’anonymat parce qu’ils n’ont pas le sens de la communication de tous ces bouffons et n’ayons effectivement pas peur d’employer le mot de “dégénérés”. Il faudrait un grand autodafé pour anéantir toutes ces saloperies ainsi que le système qui les produit.

    Merci encore pour cet article…

  2. Song says:

    Cattelan et Hirste vallent infiniement plus que tois et tes photos a la con sale pédé d’en culer de gros fils de pute et grosse fiotte et de pauve soous merde de ta race de ta mer sodomisées dans les partouses de fachos.

  3. Clash says:

    ” Placer une bite à la place du nez, celà permet d’additionner des zéros sur un compte en banque, moi aussi je dessinais déjà ce genre de blagues à l’école mais je n’additionnais que les zéros de conduite et les heures de colle ”

    Et alors? Qu’espères tu prouver avec cette remarque digne d’un gros nase de beauf? Ton prof était un con, c’est tout. Le temps où t’étais à l’école, c’était le temps béni où tu pouvais encore faire preuve d’audace et de créativité , t’avais pas peur de faire des dessins où tu collais des bites au milieu des visages parce que tu ne pensais qu’au libre plaisir de ta fantaisie débridée , les bons points et 10 de conduite, l’instit pouvait alors se les carrer dans le cul ! C’était un grand avenir qui s’ouvrait devant toi mais t’as pas sû le saisir, t’as voulu les bons points mais tu n’as eu ni les bons points ni la reconnaissance et maintenant ta bite elle végète toute ratatinée, bouffée par les morpions dans ton slip plein de merde où tu ramasses ces mouches crevées d’un pauvre vocabulaire qui a fait les beaux jours de la démagogie fasciste.
    Avec le temps, t’es devenu aussi coincé et aussi con que tes profs, voilà tout.

  4. Harry says:

    « la menace du FN se trouve fortement diminuée par l’age avancé de son leader ainsi que par la victoire d’un ami des milliardaires lesquels financent les plus importantes stars de l ‘Art Contemporain, il paraît un peu déplacé de soutenir que celui-ci se trouve entouré de fachos prêts à l’envoyer au crématorium. »

    Cette phrase à elle toute seule, pourrait très bien résumer ce que tu écris, de plus en plus faux, de plus en plus simpliste, de plus en plus crétin avec maintenant quelque chose d’odieux qui donne une puanteur de souffre.

    Tu es aussi crétin que ces auteurs qui donnaient des verges pour se faire battre en publiant dans une revue d’extrême droite dirigée parAlain de Benoist et venaient ensuite s’étonner de ce que l’on soupçonne certaines accointances. Tu accueilles sans broncher sur ton site un sombre imbécile, qui éructe son mépris pour les « bamboulas », parle d’épuration, d’autodafé, tu fais de la pub pour un ouvrage de Mavrakis publié aux éditions de Paris, dont on sait très bien qu’il s’agit d’un éditeur d’extrême droite, tu recycles toi même un terme de la terminologie nazie et tu t’étonnes ensuite d’être traité de facho.
    Pour moi, il ya pire encore que facho, il ya l’esprit beauf, ce qui à vrai dire serait tout aussi dangereux parce que c’est l’esprit du beauf qui tôt ou tard nous mène au fascisme.
    En cela, oui la menace FN est toujours présente, parcequ’est toujours présente la connerie du beauf dont tu viens ici de donner un fort bel exemple.
    De façon tout à fait benoîte et faussement naïve , tu dis :

    ” Pourquoi d’ailleurs devrais-je m’interdire d’employer le mot “dégénéré” fort à propos pour les Hirst et les Koons sous prétexte que les nazis l’employèrent mal à propos pour Renoir et Gauguin ? ” Tout simplement parce que la provoc d’un Cattelan fait mouche en ce qu’elle n’est ni méchante, ni de mauvais goût et ne contient pas ce ressentiment et cette haine insidieuse que l’on trouve chez toi et dont est révélateur le fait d’employer une terminologie dont tu reconnais toi même qu’elle est de “sinistre mémoire”.

    Est-il besoin de rappeler que ceux qui crachèrent sur Gauguin sont probablement les mêmes que les beaufs qui crachent sur ceux qui tentent de renouveler l’Art en l’arrachant au conformisme de déjà vu? Le nom de Gauguin est resté, les noms de ceux qui l’ont insulté sont oubliés. Les noms de Hirst ou des Cattelan resteront probablement tandis que le tien aura depuis longtemps rejoint la poubelle de l’histoire dont il n’ est d’ailleurs jamais sorti.

    Enfin, comble du ridicule, tu soutiens l’existence d’une collusion entre Sarkozy et les artistes les plus en vu de l’art. Pincez moi si je rêve! quand on sait qu’il n’y a justement pas plus beauf que Sarkozy dont les seuls artistes qui l’entourent ont pour nom Christian Clavier, Mireille Mathieu ou Jean Marie Bigard ! Sarkozy comme tous les philistins dans son genre aime davanatge se vautrer dans les bas fonds du music Hall et des variétés que dans les musées d’art contemporain. Sarkozy serait à lui seul la preuve que l’étendard de la connerie du beauf a bien été récupéré, le porte drapeau des amateurs de grande musique avec André Rieu, de grande peinture avec l’ impressionniste du dimanche,


    Michel Jouenne

    de théâtre avec Georges Feydeau , de celui qui offre Bernanos à Benoit XVI parce que ça fait bien mais qui n’a jamais lu une seule page de Bernanos parce qu’il préfère écouter le lâcher de salopes d’un Bigard.

    Cet extrait d’entretien avec Sollers que tu cites est fort intéressant, (la seule chose vraiment intéressante de ton article) en ce qu’il fait à juste titre remarquer qu’entre la connerie du beauf réactivée par Sarko roi de l’inculture et ceux dans ton genre, esthètes cultivés mais trop coincés pour être vivants, le fossé n’est au fond pas si grand. Tu recules simplement un peu plus les frontières, disons que toi tu acceptes de les reculer jusqu’à Magritte alors que les autres toccards ne veulent pas dépasser Renoir mais tous autant que vous êtes, vous restez tout de même unis dans votre refus de l’audace et votre consensus d’attachement au passé par peur de tout ce qui peut déconcerter.

    T’es simplement un beauf , un peu plus cultivé que les autres beaufs, mais un beauf tout de même.

  5. Falcophil says:

    Ouais, bon, une fois encore t’es à côté de la plaque. Mon, billet avait du moins l’avantage d’être argumenté, ton intervention, comme celle de Clash et song, ne repose que sur des invectives et des insultes. C’est là votre stratégie habituelle, vous avez des mots clichés passe partout comme “fasciste”, “beauf”, “lepeniste”, pour suppléer aux déficiences de vos argumentations et masquer le désert de vos idées.

    Vous n’étiez que de petits amuses gueules, j’attends toujours le plat de résistance avec lequel je pourrais enfin entamer une discussion réelle et sérieuse.

  6. Clio says:

    N’y aurait-il pas tout de même chez toi une certaine malhonnêteté intellectuelle ? Que reproches tu vraiment à ces artistes? Est-ce leur manque de talent ou est-ce le fait d’être devenu célèbre? Tu as beau vanter toujours la supériorité de l’anonymat, on peut se demander si ta propre véhémence (qui gagnerait d’ailleurs en crédibilité si elle était moins véhémente !) ne participerait pas effectivement du ressentiment.

    Après tout, tu pourras toujours vomir sur le Pop Art, l’idée de recycler des éléments du monde consommateur, tu es tout de même bien content de la reprendre à ton compte!

    http://falcophil.info/ifotos/?dir=Recyclages

  7. Falcophil says:

    Concernant d’éventuels emprunts au pop art , j’ai déjà été amené à m’exprimer sur ce point:

    http://falcophil.info/blog/walras-entre-mondrian-et-la-lcr/#comment-413

    Je fais ensuite remarquer que :

    a.- Utiliser des éléments directement tirés de la vie quotidienne n’est pas une invention du pop art. Le cubisme avait déjà expérimenté la chose avec ses coupures de presse ou ses morceaux de toile cirée. Kurt Schwitters avait tiré quant à lui les plus radicales conséquences de cette pratique. Les travaux que tu cites sont avant tout une réminiscence de ce dernier.

    b.- Je ne suis pas systématiquement hostile à la modernité. C’est encore un effet de l’esprit simpliste de certains que de radicaliser les propos des autres. Concernant le pop art, je reconnais l’admirable réussite poétique de certaines démarches, plus particulièrement celle de Rauschenberg

    ou encore la force critique d’un Georges Segal.

    Je ne suis pas non plus insensible à James Rosenquist même si je le considère comme un sous Magritte.

    Je ne rejette donc pas tout en bloc mais refuse d’accepter tout en bloc en exerçant le simple droit d’établir une hiérarchie entre les choses.

  8. Siegfried says:

    Je vous trouve encore trop indulgent M. Falcone. Pour moi, c’est de la merde, ni plus , ni moins. Effectivement, art dégénéré pour sous humanité de dégénérés génération Mac Donald .

    Je tire la chasse d’eau sur Picasso. Voici en revanche ce que moi je considère comme de l’art, du vrai.

  9. Falcophil says:

    D’ordinaire , je suis toujours capable de reconnaître l ‘auteur d’une oeuvre mais ici, j’avoue que…???? De qui s’agit-il ?

    Je précise que si je déteste Warhol, je déteste tout autant ce genre de choses. Je l’ai déjà dit, mon blog est ouvert à toutes les opinions qu’on ne vienne pas encore m’accuser de promouvoir une esthétique fasciste sous prétexte qu ‘est venu chez moi une personne appréciant les ouvrages d’Arno Brecker (????)

  10. Clash says:

    Il n’empêche que t’attires les fascistes et leur esthétique puante comme une grosse bouse de vache pourrait attirer les mouches.
    Pour te consoler d’être toi même un artiste raté t’as pas trouvé d’autres solutions que de vivre avec la merde au trou de balle, résultat, maintenant c’est l’extrême droite qui te colle au train.
    Quand on soutient l’esthétique classique qui respecte le forme sans l’altérer, on est pas loin de cautionner ce genre de saloperie. Est-il possible de raisonner un fasciste ? Est-il possible de lui apprendre à aimer Picasso? Est-il possible de lui faire comprendre que ce genre de chose

    est inerte et sans vie

    Et qu’il suffit d’un peu de liberté, de désinvolture, d’humour et d’irrespect

    pour que la vie reprenne aussitôt ses droits et réssuscite ce qui était mort?

  11. Clio says:

    Falcone m’a pourtant l’air de tenir un discours plutôt proche de l’extrême gauche, le consternant serait alors de voir comment la gauche peut rejoindre l’idéologie douteuse de certains. Mais peut être que c’est un tort que de ramener au politique des positions qui sont avant tout, prises de position esthétique?

  12. Falcophil says:

    Au risque de me répeter, je dirais une fois de plus que si je rejoins l’extrême droite dans son hostilité à certaines formes d’art contemporain, je ne la rejoins pas du tout dans l’art qu’elle défend. J’ai expliqué dans un billet précédent ma conception du classicisme laquelle n’a rien à voir avec Arno Brecker qui n’était qu’un minable pasticheur de la statuaire grecque.

    Ce qui me gêne n’est pas tant de ramener à l’affrontement droite /Gauche une nouvelle querelle des anciens et des modernes mais surtout de ne pas répondre à la question posée dans le billet qui est la mascarade pseudo dada récupérée par les margoulins de la finance, tout comme les mêmes margoulins récupèrent des mascarades d’écologie, assez significatif la façon dont François Pinault récupérant l’imposture Jeff Koons, récupère en même tant l’écologie au travers d’un autre imposteur du nom de Nicolas Hulot. Là était l’objet de ce billet, les Clash et Harry préfèrent se réfugier dans le passé en te traitant de nazis parce qu’ ils sont incapables de comprendre le présent qui est non pas la menace fasciste mais la grave manipulation des cervelles qu’opère la capitalisme ultra libéral, beaucoup plus efficace et plus insidieuse que celle d’un Goebbels

  13. ICHTHUS says:

    ” Est-il possible de raisonner un fasciste ? Est-il possible de lui apprendre à aimer Picasso? ”

    Si Clash veut par là entendre qu’un fasciste aime forcémment l’art classique et conventionnel, c’est plus que discutable.

    Faut-il rappeler que parmi les artistes fascistes on trouve Tommaso Marinetti chef du futurisme, mouvement italien d’avant garde , Pirandello, rénovateur du théâtre européen, Ezra Pound, rénovateur de la poésie moderne ?
    D’ailleurs quel sens celà peut-il avoir que de qualifier de réactionnaire le fascisme quand on sait qu’un homme comme Mussolini était obsédé par l’industrialisation, et la modernisation à tous crins de l’Italie ?

    Faisons donc attention aux mots que nous employons ainsi qu’aux données de l’histoire avant de dire tout et n’importe quoi !!!

  14. Falcophil says:

    Parmi les poètes , on pourrait ajouter Giuseppe Ungaretti et Gabriele d’Annunzio

    Parmi les écrivains, Curzio Malaparte

    D’ailleurs , un artiste révolutionnaire et progressiste fait-il nécéssairement preuve de progressisme en matière politique et sociale?
    Là encore c’est discutable. Cézanne a révolutionné la peinture et pourtant, il était catholique dévot, anti-dreyfusard et antisémite. On ne remarque pas du reste que les impressionnistes se soient vraiment intéressés aux misères de la classe ouvrière, leur thématique privilégie plutôt les guinguettes et les canotages sur la seine, tout ce qui relèverait davantage du petit idéal du “beauf”. Parmi les artistes de l’époque qui se sont interessés aux problèmes sociaux, on trouverait, au contraire, des peintres dits “académiques” ou “Pompiers”


    (Alfred Roll, La grève des mineurs, vers 1880)

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