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	<title>*******SOLUS SOLI*******</title>
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	<description>Philippe Falcone&#039;s blog</description>
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		<title>SUR MON CATAMARAN par Cristina</title>
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		<pubDate>Sat, 14 Aug 2010 12:44:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Falcophil</dc:creator>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>

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		<description><![CDATA[J&#8217;ai  souhaité que Falcophil publie ce bref billet, commencé sur le catamaran qui me violente et me berce 
 
pour réagir à son article de la fois dernière, dépréciant le rire, méprisant la fête, ô combien siginificatif de cette virale obsession du monde à venir qui depuis trop longtemps nous embue, nous embrume et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/12/cristphot.jpg" alt="" title="cristphot" width="80" height="127" align left class="alignnone size-full wp-image-1420" /></a>J&#8217;ai  souhaité que Falcophil publie ce bref billet, commencé sur le catamaran qui me violente et me berce </p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/07/catam.jpg" alt="catam" title="catam" width="365" height="504" class="alignleft size-full wp-image-3974" /> </p>
<p>pour réagir à son article de la fois dernière, dépréciant le rire, méprisant la fête, ô combien siginificatif de cette virale obsession du monde à venir qui depuis trop longtemps nous embue, nous embrume et nous emboutit. D&#8217;abord, cet argument spécieux qui voudrait que </p>
<p><span id="more-4040"></span> </p>
<p>le rire gêne la pensée. Si nous admettons que l &#8216;authentique pensée nous libère des entraves d&#8217;un présent vu comme un champignon sur le tronc pourri d&#8217;un passé sacralisé parce que mangé de légende, alors le rire, le vrai, celui qui balaie le passé comme le présent,  n&#8217;est autre que la pensée qui fait son oeuvre. La pensée redresse ce qui est tordu, celui qui courbe l&#8217;échine est tordu et la déférence vous fait courber l&#8217;échine mais comme c&#8217;est le propre du rire que de ne pas s&#8217;encombrer de révérence, la pensée sera donc d&#8217;autant plus irrévérencieuse qu&#8217;elle sera riante. </p>
<p><a  href="http://www.rue-des-puzzles.be/prod/img5587.jpg" class="thickbox no_icon" rel="gallery-4040" title=""><img alt="" src="http://www.rue-des-puzzles.be/prod/img5587.jpg" class="alignnone" width="400" height="400" /></a> </p>
<p>Sachant qu&#8217;il n&#8217;existe à ma connaissance aucun philosophe qui nous fasse franchement rire, j&#8217;en déduis qu&#8217;il n&#8217;en existe à mes yeux aucun dont la pensée nous rende vraiment libre. Tout au plus accorderais-je du crédit au chien qui lève sa patte pour lancer son jet, me vantant d&#8217;être alors la chienne en chaleur aimant à se laisser couvrir par le mâle portant la meilleure des semences</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/07/img156.jpg" alt="img156" title="img156" width="549" height="503" class="alignleft size-full wp-image-4036" /><br />
<em>(Salvator Rosa)</em></p>
<p> Aristote/Aristophane, Descartes/Rabelais, un ruminant pour un rutilant. Le ruminant nous rend pareil à lui, non pas penseur mais pansu et je tronquerais sans peine le penseur qui nous alourdit la panse pour la non pensée du rire qui n&#8217;est que la vraie pensée qui panse. Celui donc qui ne sait pas rire ne sait pas penser puisque la pensée se trouve enchaînée quand c&#8217;est la gravité qui la mène. Et que vaut une pensée enchaînée ? Rien, une pensée enchaînée n&#8217;est pas une pensée. Une pensée qui prétend être une pensée, fût-ce une pensée libre n&#8217;est elle même qu&#8217;une pensée enchaînée, pensée qui se prétend pensée voulant imposer la déférence et qui donc est menée par cette gravité qui nous enchaîne. </p>
<p>La pensée, non-pensée, vous dit: &#8220;Rappelez -vous de moi&#8221;,</p>
<p> ainsi, coule t&#8217;elle sur vous comme une eau qui alourdit vos vêtements</p>
<p> La non-pensée, vraie pensée, rit de bon coeur et vous dit: &#8220;Oublie moi&#8221; </p>
<p>ainsi vos débarasse t-elle de vos guenilles et vous invite t-elle à bronzer nu sous le &#8220;high noon&#8221; du grand Sud. </p>
<p>Le vrai penseur n&#8217;a donc rien à vous apporter, il n&#8217;amène avec le rire que le vent qui vous caresse. Rire et connaître sont ainsi une seule et même chose, riant de ma connaissance, de ma prétendue connaissance, je me débarasse de mes pitoyables petites connaissances pour atteindre le  grand cosmos eternel de ma non -connaissance. Notre savoir est étriqué, notre ignorance est infinie et si je ris de mon savoir, c&#8217;est donc pour mieux jouir de mon ignorance afin de mieux plonger dans l&#8217;infini. </p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1292" title="karl_k_hnle_4" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/09/karl_k_hnle_4.jpg" alt="" width="500" height="428" /> </p>
<p>Mais bien sûr quand on vit sous l&#8217;égide du parangon paulinien de cette haine de la vie vous préconisant qu&#8217;il est bon de s&#8217;abstenir de la joie du touché suprême, que peut-on savoir de ces hasards des grands vents qui nous font accoster sur ces rivages</p>
<p> <img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/07/accos.jpg" alt="accos" title="accos" width="320" height="206" class="alignleft size-full wp-image-3976" /> </p>
<p>à l&#8217;heure où, sable, mer, ciel, tout est rire parce que sous la lumière qui darde à plomb, le pieu enfonçé bien en terre ne projette plus son double irréel. Le grand rire c&#8217;est l&#8217;heure où la grande brûlure du corps vous enseigne la pyrotechnie subtile vous permettant d&#8217;exploser pour mieux vous répandre et vous prodiguer en millions de gouttes de rosée,  l&#8217; heure où les anciennes visions </p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/07/img151.jpg" alt="img151" title="img151" width="540" height="676" class="alignleft size-full wp-image-4029" /><br />
<em>(Jérôme Bosch)</em></p>
<p>ne sont plus que vestiges pour flâneur amusé.</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/07/H.jpg" alt="H" title="H" width="599" height="804" class="alignleft size-full wp-image-4030" /></p>
<p> Je songe à ces morbides oiseaux de nuit aux ailes charbonneuses, au ventre pâle et mou, aimant à se masturber dans les ombres creusées par leur lumière factice. </p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/07/4d.jpg" alt="4d" title="4d" width="670" height="446" class="alignleft size-full wp-image-3984" /> </p>
<p>Il fut évoqué la fois dernière l&#8217;aspect anti-aristocratique du rire . Quelle ineptie! C&#8217;est au contraire le rire qui est olympien puisque consubstantiel à l &#8216;ébouissement de l&#8217;évidence irradiée par le plein soleil. Là nul mystère, cela est et donc, cela rit. </p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/07/plage_soleil.jpg" alt="plage_soleil" title="plage_soleil" width="218" height="250" class="alignleft size-full wp-image-3977" /> </p>
<p>Vous êtes à la fois puissant et langoureux, vous vous coulez dans cette paresse qui méprise ce travail dont les esclaves ont fait leur valeur cruciale tout en ayant cette force qui dédaigne le confort dont les mêmes ouailles ont fait leur consolation. Il fut aussi évoqué le satyre seul être représenté rieur parce qu&#8217;être impudique. Moi je ne respecte que ceux qui s&#8217;astiquent en public. Indécence et bonne santé se complètent car l&#8217;impudeur crève l&#8217;abcès. Ce qui se fait en cachette se fait dans la honte et ce qui se fait dans la honte vous empoisonne la vie et votre vie empoisonnée,  tôt ou tard viendra empoisonner la notre. Quand à celui qui rit, on oppose ce genre d&#8217;image</p>
<p> <img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/04/img145.jpg" alt="img145" title="img145" width="500" height="728" class="alignleft size-full wp-image-4010" /></p>
<p> moi j&#8217; oppose alors les fesses d&#8217;un Gargantua s&#8217;écartant pour lâcher sa vesse. Les fonction fécales n&#8217;étant que les fonctions vitales, nous leur accorderons en ce cas d&#8217;être avec l&#8217;éjaculation et le rire, vecteur de la vraie connaissance. Certains professent cette idée curieuse suivant laquelle connaître c&#8217;est se fermer pour se diriger vers des choses encore plus fermées, de sorte que pour eux, sujet et objet du connaître sont comme l&#8217;huitre plaquée sur son rocher. Faîte l&#8217;expérience, un soir, de déposer sur l&#8217;herbe fraîche une glace reflettant un pan du ciel noir. Allez chercher le lendemain matin votre glace, et vous aurez alors la désagréable surprise de la retrouver couverte d&#8217;escargots. Je m&#8217;amuse souvent à ce jeu. Certes non sans dégoût je dois décoller un à un les mollusques fixés au miroir mais ensuite, intense est le plaisir , tout en le voyant de nouveau refleter le bleu du ciel, de sentir les coquille se briser sous mon talon. Connaître est pour nous ce qui se brise, </p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1758" title="p1060440a" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/07/p1060440a.jpg" alt="" width="580" height="770" /> </p>
<p>ce qui éclate, part en lambeaux pour se recomposer dans un grand tout qui se brise à son tour. Nous ne cherchons pas la vérité au fond d&#8217;un puit car nous avons le dégoût de ce qui est humide et sent la pénombre. Nous préférons allez chercher la connaissance au coeur de la grande bouffonnerie cosmique, là où les étoiles qui naissent et meurent sont comme des pantins tirés par les fils d&#8217;un dieu qui déconne. On me reprochera de vouloir être une marionnette mais pourquoi ne me plairait-il pas d&#8217;être une marionnette ? La vie se fiche de nos pensées, nous le savons et c&#8217;est pourquoi abonder en pensée c&#8217;est croître en douleur. Que l&#8217;on abandonne toute pensée alors notre philosophie ne se figera plus dans le prétentieux boulet d&#8217;un livre ou d&#8217;un système mais se fondera dans l &#8216;immense rire de l&#8217;écoulement de tout ce qui vit. Être ballotée ça et là, comme la feuille par le vent d&#8217;automne, tombée de son attache en compagnie du fruit mûr, emportée </p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/07/Vent-feuilles.jpg" alt="Vent feuilles" title="Vent feuilles" width="500" height="375" class="alignleft size-full wp-image-3993" /> </p>
<p>par les seules lois du hasard ou du non-sens des vastes enchaînements sidéraux, me paraît infiniment plus séduisant que de se triturer le cervelle pour ces pauves choses que l&#8217;on appelle des idées; être la créature d&#8217;un démiurge fou et farceur, d&#8217;un auteur qui méprise la tragédie mais ne prise que le vaudeville stupide et gai où se succèdent les cocuages et les quiproquos, les portes qui claquent et les coups de vent, voilà qui me semble bien mieux qu&#8217;un triste monologue où l&#8217;on prétend trouver une fumée de zombie programmant le monde par une quelconque poussière mathématique.</p>
<p>Cristina</p>
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		<title>Sur le rire et sur le reste&#8230;.</title>
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		<pubDate>Thu, 13 May 2010 14:31:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Falcophil</dc:creator>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>

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		<description><![CDATA[J&#8217;avais donc promis une réponse à Clash qui la fois dernière s&#8217;était permis de me reprocher d&#8217; être dépourvu de la grande qualité du rire, ce qui selon lui ne pourrait que traduire un autre type de déficience. Entendons nous bien, je n&#8217;ai aucune hostilité de principe à l&#8217;égard de l&#8217;humour dans lequel je verrais [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>J&#8217;avais donc promis une réponse à Clash qui <a  href="http://falcophil.info/blog/interlude-par-sophie/#comment-3115">la fois dernière s&#8217;était permis de me reprocher d&#8217; être dépourvu de la grande qualité du rire, ce qui selon lui ne pourrait que traduire un autre type de déficience</a>. Entendons nous bien, je n&#8217;ai aucune hostilité de principe à l&#8217;égard de l&#8217;humour dans lequel je verrais plutôt moi aussi le pudique refuge de quiconque refuse d&#8217;étaler l&#8217;incongruité du ton geignard. Si toutefois l&#8217;intervention de Clash mettait les zygomatiques en rapport avec le bas ventre,</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/05/p103007.jpeg" alt="p103007" title="p103007" width="390" height="530" class="alignleft size-full wp-image-4012" /></p>
<p>je note également qu&#8217;une</p>
<p><span id="more-3892"></span></p>
<p>feuille de chou récente les place quant à elle en rapport avec le porte- monnaie</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3832" title="img133" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/04/img133.jpg" alt="img133" width="300" height="436" /></p>
<p>Sexe , argent et rire, nous aurions donc ici la sainte trinité du monde moderne, tout cela ne faisant quoiqu &#8216;il en soit que confirmer ma méfiance envers le rire qui n&#8217;est trop souvent que manifestation de trivialité, de superficialité , d&#8217;esprit grégaire et de sécheresse du coeur.</p>
<p>Un individu tel que Clash démontrerait en tout cas que l&#8217;on rira d&#8217;autant moins que l&#8217;on se hissera vers les émotions les plus fines et d&#8217;autant plus que l&#8217;on descendera vers les sensations les plus grossières.</p>
<p>C&#8217;est essentiellement cet aspect dégradant du rire que veut exprimer cette oeuvre de Jacques Mauduit,</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/05/p103007a.jpeg" alt="p103007a" title="p103007a" width="621" height="800" class="alignleft size-full wp-image-4014" /><br />
<em>(Jacques MAUDUIT, crucifixion, 1940)</em></p>
<p>Ici, le rire relève de la bêtise et du caractère impitoyable du groupe parce que c&#8217;est toujours en groupe que l &#8216;on rit et la plupart du temps, au détriment de l&#8217;homme seul dont la souffrance laisse indifférent.<br />
Spinoza disait : &#8220;Ne pas rire, ne pas se moquer mais comprendre&#8221;. Il y a donc de la paresse et de la déliquescence dans le rire qui est au rebours de l&#8217;effort intellectuel, un peu comme la différence séparant la pente sur laquelle on se laisse glisser de la falaise que l&#8217;on escaclade. On rit d&#8217;autant plus que l&#8217;on ne comprend rien et que l&#8217;on ne veut pas fournir le moindre effort pour essayer de comprendre, Aristophane et d&#8217;autres poètes comiques grecs riaient ainsi de Socrate parce qu&#8217;ils ne faisaient que reprendre les préjugés que le conformisme ambiant nourrissait sur le penseur, tout comme aujourd&#8217;hui de médiocres esprits se gausseront d&#8217;un homme</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3817" title="Ben" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/04/Ben.jpg" alt="Ben" width="600" height="503" /></p>
<p>dans la mesure où précisément, ils ne comprendront rien à la subtilité de son discours.</p>
<p>Mais au delà de cette bétise et ignorance que le rire traîne à sa suite, ce que nous voudrions ici souligner c&#8217;est d&#8217;une part, son aspect anti-aristocratique et, par ailleurs, son caractère de simulacre.</p>
<p>Concernant le caractère anti-aristocratique du rire, il suffira de proposer un bref survol de l&#8217;histoire de l&#8217;art, en nous demandant tout d&#8217;abord à quel moment les artistes ont commencé à s&#8217;interesser au rire.</p>
<p>Dans la statuaire grecque ont ne rit jamais</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3478" title="img111" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/03/img111.jpg" alt="img111" width="650" height="1017" /></p>
<p>sauf peut être quand on est un satyre</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3341" title="1" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/03/1.jpg" alt="1" width="436" height="587" /></p>
<p>autrement dit, un être impudique et vil. De même, dans l&#8217;art chrétien, c&#8217;est en enfer que l&#8217;on rit, les anges eux sont dignes et solennels.</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3479" title="img112" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/03/img112.jpg" alt="img112" width="421" height="654" /><br />
<em>(Van Eyck: polyptyque de Gand)</em></p>
<p>Rappelons au passage que s &#8216;il est effectivement dit dans les béattitudes &#8220;Heureux vous qui pleurez maintenant car vous rirez plus tard&#8221;, il s&#8217;agit cependant d&#8217;un rire surnaturel, impossible à représenter parce que sans aucun rapport avec le rire de l&#8217; &#8216;ici bas dont la cause procèdera surtout de la surexitation nerveuse, du tremblement frénétique, de la distraction frivole, de l&#8217;à priori imbécile ou encore du plaisir de rabaisser autrui pour mieux oublier la nécessité de se corriger soi-même. Le texte de saint Luc ajoute d&#8217;ailleurs, &#8220;Malheur à vous qui riez maintenant car vous serez dans le deuil et dans les larmes &#8220;. C&#8217;est pourquoi le péché sera représenté par les faces ricanantes entourant le Christ aux outrages</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3350" title="bosch" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/03/bosch.jpg" alt="bosch" width="630" height="527" /><br />
<em>(Jérôme Bosch: chemin de croix) </em></p>
<p>lequel demeure bouche fermée, tout comme il ne répondait rien à Hérode lui demandant qu&#8217;il s&#8217; exhibât comme un phénomène de foire. Un athlète grec</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3572" title="img119" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/03/img119.jpg" alt="img119" width="600" height="679" /><br />
<em>(Lysippe: l&#8217;Agias de Pharsale)</em></p>
<p>porte cette même gravité que l&#8217; on retrouve dans les figures grandioses et sereines des christs pantocrator,</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3458" title="img107" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/03/img107.jpg" alt="img107" width="595" height="813" /><br />
(Christ pantocrator: Cefalù, cathédrale)</p>
<p>imprimant au visage ce scellement qui tel un écrin enveloppe les profondeurs du soi. Ce fut une question dont débatirent certains théologiens que de savoir si le Christ riait. La réponse était en général négative, il n&#8217; était ni triste, ni gai mais certainement qu&#8217;il souriait. De fait, une divinité grecque ou une madone et son enfant pourront tout au plus sourire mais rire, jamais et s&#8217;il existe certes des bouddhas riants</p>
<p><a  href="http://www.vetement-indien.fr/images/DAR%20Happi%20Bouddha%20modele%20moyen.jpg" class="thickbox no_icon" rel="gallery-3892" title=""><img class="alignnone" src="http://www.vetement-indien.fr/images/DAR%20Happi%20Bouddha%20modele%20moyen.jpg" alt="" width="640" height="480" /></a></p>
<p>ils me font personnellement davantage l&#8217;effet de gros imbéciles que de véritables sages.</p>
<p>Il semble donc bien qu &#8216;en principe, les sociétés traditionnelles, d&#8217;essence aristocratique, sacerdotale et liturgique ne voyaient qu&#8217;avec mépris l&#8217;image de l&#8217;homme riant. En application de la dichtomie de Wollflin, forme fermée forme ouverte, on pourrait dire que le rire rebute le classique parce que celui-ci veut maintenir l&#8217;intériorité par la solidité de la forme, alors qu&#8217;il attirerait plutôt le baroque qui veut délaisser l&#8217;intériorité pour dissoudre la densité de l&#8217;être dans le magma de l&#8217;expression. C &#8216;est par le recul de l&#8217;esprit sacré et par l &#8216;avancée du monde profane et bourgeois que l&#8217;on commence à percevoir le rire comme digne sujet d &#8216;une oeuvre d&#8217;art, ce qui explique pourquoi l&#8217;on voit, à partir du XVIIème siècle, c&#8217;est à dire l&#8217;époque baroque, émerger ce type d&#8217;oeuvre où la forme tend à se relâcher</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3460" title="img106" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/03/img106.jpg" alt="img106" width="600" height="763" /><br />
<em>(Rembrand)t</em></p>
<p>ou sinon à s&#8217;ouvrir d&#8217;une béance tapageuse d&#8217;où suinte une humeur sale,</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3342" title="2" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/03/2.jpg" alt="2" width="601" height="556" /><br />
<em>(Velasquez: &#8220;les ivrognes&#8221;)</em></p>
<p>comme un anus qui se fend pour déféquer.</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3561" title="img115" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/03/img115.jpg" alt="img115" width="600" height="530" /><br />
<em>(Adriaen Brouwer)</em></p>
<p>Mettre en effet le rire en rapport avec le profane et le trivial ne peut éviter de le relier au fécal en ce qu&#8217;il porte frequemment avec lui vent méphitique et coprophilie,</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3461" title="img104" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/03/img104.jpg" alt="img104" width="600" height="826" /><br />
<em>(Reiser: &#8220;Gros dégueulasse&#8221;)</em></p>
<p>rien de plus normal, rire soulage de ce qui pèse sur le coeur comme déféquer libère ce qui oppresse le bas-ventre.</p>
<p><img id="image550" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2007/09/img540.jpg" alt="img540.jpg" width="546" height="800" /></p>
<p>Il n&#8217;est que de rappeler qu&#8217;après la mort du dernier grand tragique grec, le scatologique s&#8217;impose sur la scène au travers d&#8217;Aristophane. Sur le plan plastique, c&#8217;en est alors fini de ces grandes oeuvres sculpturales où le grec excellait dans la quiétude virile de la mesure. Bornons-nous pour l&#8217;instant à constater que lorsque triomphe le rire au théâtre grec, la statuaire héllène donne la sensation de l&#8217; instable et du gracile avec Praxitèle tout comme elle deviendra expressive et tourmentée à partir de Scopas,</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3558" title="Scopas" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/03/Scopas.jpg" alt="Scopas" width="660" height="537" /></p>
<p>Nous avons dit que la thématique du rire come sujet en soi s&#8217;impose au XVII ème siècle, pour la peinture du moins car il faut rappeler qu&#8217;au siècle précédent Rabelais en faisait le propre de l&#8217; homme ainsi que la matière même de son oeuvre. On connait toutefois les défauts de l&#8217;écrivain, manque de mesure et de retenue allant de paire avec un relâchement des sphincters, raison supplémentaire pour se méfier du rire du fait de ces risques fréquents d&#8217; écoulements malséants accompagnant l&#8217;élasticité faciale. Qu&#8217;est ce en fait qu&#8217;un visage hilare ? Un dessinateur réputé pour son rire bruyant l&#8217;a très bien exprimé dans ce portrait</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3463" title="img108" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/03/img108.jpg" alt="img108" width="332" height="457" /><br />
<em>(Roland Topor)</em></p>
<p>Un rictus, une figure qui se crevasse, des rides qui se forment, des yeux exorbités ou plissés, bref un ensemble qui perd de sa cohésion et qui manifeste quelques prémisses de désagrégation. Le rire est proche de la décomposition, rire c&#8217;est montrer ses dents et montrer ses dents c&#8217;est déjà faire voir un petit bout de son squelette, une tête de mort semble figée dans un rire perpétuel,</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3280" title="Hirst" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/02/Hirst.jpg" alt="Hirst" width="320" height="430" /><br />
<em>(Damien Hirst)</em></p>
<p>pas étonnnant donc que Rembrandt se représente riant à la veille de sa mort , entre le jeune homme ardent et fier et le vieillard ratatiné, revenu de tout,</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3464" title="bbb" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/03/bbb.jpg" alt="bbb" width="670" height="424" /></p>
<p>nous trouverons, là encore, la différence séparant la noblesse de la caricature. On pourrait de fait établir des relations entre rire, décomposition et caricature. On comprendra mieux alors pourquoi le XVIème siècle qui au travers de Rabelais place le rire au centre de la vie est aussi celui qui au travers de Leonard de Vinci invente la caricature.</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3465" title="img102" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/03/img102.jpg" alt="img102" width="576" height="833" /></p>
<p>Si l&#8217;on atteind le pinacle du sublime avec Léonard, c&#8217;est encore avec lui que semble s&#8217;amorcer la descente par la &#8220;profanation du visage &#8220;selon l&#8217;heureuse formule de René Huyghe. Car il s&#8217;agit bien ici de passer du sacré au profane et par le profane de se laisser glisser vers toujours plus de rire et donc vers toujours plus de laideur et de trivial. Déjà au Moyen-Age le peuple parodiait les rites par les charivaris et autres simulacres de cérémonie sacrée où la merde remplaçait l&#8217;encens. Une évolution plus radicale s&#8217;opère alors avec Rabelais</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3472" title="rabelais" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/03/rabelais.jpg" alt="rabelais" width="411" height="512" /></p>
<p>car ce qui n&#8217;était jusqu&#8217;à maintenant que défoulement passager ou symbolique du repoussoir sera systématisé dans une oeuvre. Chez Rabelais, la pisse, la vesse et la merde sont revendiqués comme droit au libre épanouissement et l&#8217;on commence alors à se détourner de l&#8217;abîme du divin pour lui préférer les délices de l&#8217;orifice anal. Aux propos &#8220;torcheculatifs&#8221; d&#8217;un Pantagruel, répond un siècle après l&#8217;art de la flatulence exposée dans le &#8220;Simplicius Simplicissmus&#8221; de Grimmelhausen. C &#8216;est qu&#8217;au XVII ème le trivial semble se défouler comme jamais et, avec lui, l&#8217;inévitable parodie. Telle sera en particulier la vogue picaresque où le vaurien remplace le chevalier, les combats d&#8217;épée devenant des bastonnades, la noble dame une fille de joie et le Saint-Graal n étant plus qu&#8217;un pichet de vin. Le portrait de ce médecin examinant de l &#8216;urine</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3292" title="Visite" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/02/Visite.jpg" alt="Visite" width="448" height="582" /><br />
<em>(Gabriel Metsu)</em></p>
<p>est donc bien représentatif de ces temps nouveaux où la science fait chuter la connaissance vers une extériorité de niveau inférieure.</p>
<p>L&#8217;importance croissante accordée au rire est donc proportionnelle à la montée du profane, profane conquérant ou pour le dire autrement, au triomphe de la vulgarité. Cette contamination du monde par le profane sera en rapport inverse avec le retrait de son antithèse, le sacré liturgique et sacerdotal ainsi que de l&#8217; aristocratisme qui l&#8217;accompagne. Sur ce point, si les temps modernes naissent en bonne partie avec Rabelais, ils auront, de façon plus importante encore, leur racine chez un autre grand nom du XVIème</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3471" title="Luther" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/03/Luther.jpg" alt="Luther" width="479" height="700" /><br />
<em>(Lucas Cranach)</em></p>
<p>Je ne sais trop si le réformateur prisait beaucoup le rire mais c&#8217;est un fait qu&#8217; à l&#8217;instar de Rabelais, il aimait beaucoup les gazs et les étrons, il n&#8217;est que de voir les gravures immondes contre l&#8217;Eglise romaine qu&#8217;il compléta de sa signature</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3474" title="gravluth" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/03/gravluth.jpg" alt="gravluth" width="670" height="505" /></p>
<p>Ce n&#8217;est donc pas un hasard si les temps modernes s&#8217;amorcent avec ces deux obsédés de la déjection. Pour Luther et Rabelais, il n&#8217; y a pas de saint mais uniquement l&#8217;homme qui chie. Pour Luther, la merde est une fatalité parce que l&#8217;homme ne peut s&#8217;extraire du péché, pour Rabelais, la merde est bonne parce qu&#8217;elle est signe de la mécanique bien huilée de la nature, la pure immanence commençant alors à recevoir l&#8217;exclusivité du regard. Dans le deux cas, l&#8217;homme, durant sa courte vie terrestre, ne pourra prétendre à rien d&#8217;autre qu&#8217;à ses basses fonctions , nutritionnelles, sexuelles ou fécales.</p>
<p>Limiter l&#8217;homme à ses activités de dégorgement ou d&#8217;accumulation,</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3829" title="img136" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/04/img136.jpg" alt="img136" width="550" height="873" /></p>
<p>ne pouvait ainsi que donner toutes ses chances à la dérision impliquée par le rire. Les temps dit modernes inaugurent le temps du grand rire parce qu&#8217;ils tirent le rideau sur l&#8217;homme et sa grandeur. Plus de grandeur tragique avec Rabelais, ses géants coïncident avec l&#8217;avènement du nain, le médiocre s&#8217;impose alors au sein de mascarades d&#8217;épopée que les swift et autres Céline se feront un plaisir d&#8217;exploiter. Sauf rares exceptions dans le domaine musical , un déplorable appauvrissement de l&#8217;art sacré après Luther, du moins dans les zones de mouvance protestante. Dans l&#8217;esprit calviniste, l&#8217;art sacré n&#8217;est qu&#8217;une vaine prétention orgueilleuse visant l&#8217;absolu, la mystique alors sera détournée du ciel pour se fixer sur le terre à terre du labeur quotidien. Quand l&#8217;homme est ramené à cette nécessité de boire et de manger, ne nous étonnons pas si, en dépit de cette dégénérescence d&#8217;ascèse apportée par le calvinisme, l&#8217;artiste bascula dans le prétexte de l&#8217;hypocrisie moralisante par laquelle la bouffonnerie du sordide devait jaillir tôt ou tard</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3070" title="img075" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/01/img075.jpg" alt="img075" width="660" height="413" />.<br />
<em>(Jan Steen)</em></p>
<p>C&#8217;est pourquoi, puisqu&#8217;il est ici question d&#8217;hilarité, je saisirai l&#8217;occasion de rire à mon tour en évoquant Zardoz qui nous présentait, dans son billet de la fois dernière, la peinture hollandaise comme une version séculière du sacré qu&#8217;aurait inspiré le calvinisme. Séculière oui mais sacrée, certes pas. Lui même d&#8217;ailleurs le notait, plus de madone mais une femme cherchant des poux dans les cheveux de sa fille, plus de prêtres mais des savetiers, des remouleurs ou des tenanciers. Les débauches, beuveries, bagarres,</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3560" title="Brouwj" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/03/Brouwj.jpg" alt="Brouwj" width="670" height="429" /><br />
<em>(Adriaen Brouwer)</em></p>
<p>escroqueries, scènes de bordel ou misérables détails du quotidien dans les bauges et les bouges seront désormais parmi les thèmes préférés des maîtres hollandais lesquels hormis deux ou trois exceptions peineront à hisser leur peinture vers ce complément de surréel que doit nous inspirer cette juste intuition d&#8217;incomplétude et d&#8217;insuffisance causée par un réel séculier voulant demeurer refermé sur sa stricte autonomie.</p>
<p>c &#8216;est alors le temps de l &#8216;homme déchu parce que réduit à la pure immanence laïque, ce qui devait prêter d&#8217;autant plus au rire que cet homme abdiquant progressivement toute aspiration au surnaturel, jamais ne manifestera autant d&#8217;orgueil et de suffisance à l&#8217;égard de sa pauvre personne. .<br />
La fête vue par Véronèse avait encore quelque-chose de cette dignité dont le classique auréole tout ce qu&#8217;il dépeint</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3481" title="Veronese" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/03/Veronese.jpg" alt="Veronese" width="675" height="459" /><br />
<em>(Les noces de Cana)</em></p>
<p>mais vue par un baroque,</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3566" title="Jordaens" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/03/Jordaens.jpg" alt="Jordaens" width="513" height="383" /><br />
<em>(Jacob Jordaens:&#8221;Le festin des Rois&#8221; )</em></p>
<p>elle ne tardait pas à sombrer dans cet attrait pour l&#8217;infâme dont on allait de plus en plus désormais se repaître. Certes, ne jetons pas trop la pierre au calvinisme, s&#8217;il précipita largement la déchéance des temps ultérieurs, c&#8217;est que l&#8217;époque était d&#8217;une manière générale depuis un certain temps prête pour l &#8216;ère de l&#8217; &#8220;âge sombre&#8221;, ère du grand rire coincidant avec la perte du grand style.</p>
<p>Nous en venons au deuxième aspect de notre propos, le rire et son simulacre. On riait certes autrefois. A en en croire Régine Pernoud, l&#8217;homme médiéval riait de tout et pourtant nous avons vu qu&#8217; il faut attendre les temps modernes pour que le rire devienne sujet artistique. Philosophiquement , il faudra même attendre 2000 ans puisqu&#8217;avant Bergson aucun penseur n&#8217;avait songé à <a  href="http://classiques.uqac.ca/classiques/bergson_henri/le_rire/Bergson_le_rire.doc">écrire un ouvrage entier sur le rire</a>. </p>
<p>C&#8217;est pour les besoins de sa démonstration qu&#8217;Umberto Eco imagina un &#8220;traité sur le rire&#8221; d&#8217; Aristote que pourtant jamais le stagirite n&#8217;avait composé. On ne s&#8217;est jamais donc autant interessé au rire, on n&#8217;a sans doute jamais autant voulu rire. La feuille de chou citée plus haut nous dit que c&#8217;est pour oublier notre angoisse liée aux caprices des marchés financiers ce qui sans doute n&#8217;est pas faux mais davantage d&#8217;analyse ferait alors découvrir que le rire est surtout lié à l&#8217;impuissance. Les marchés financiers sont une mécanique, Bergson</p>
<p><a  href="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/9/9d/Henri_Bergson_02.jpg" class="thickbox no_icon" rel="gallery-3892" title=""><img class="alignnone" src="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/9/9d/Henri_Bergson_02.jpg" alt="" width="524" height="742" /></a></p>
<p>analysait le rire comme une revanche de la vie contre la mécanique mais qu&#8217;il nous soit autorisé cette légère correction par laquelle nous parlerons de petite revanche de l&#8217;esprit contre notre impuissance quotidienne. Nous l&#8217;avons vu, le rire prend de plus en plus d&#8217;importance au regard de ce sentiment de l&#8217;homme impuissant et déchu, le &#8216;&#8221; temps de l &#8216;age sombre&#8221;, notre temps, le temps qui débute en gros aux XVème et XVIème siècle, le temps où advient le mécanique. La prédominance de la mécanique et de la technique allaient en effet créer toujours plus de simulacres et de réalités artificielles détournant chaque chose de sa vocation initiale de par l&#8217;obsession pour les moyens au détriment des fins poursuivies. Quand disparaît le surnaturel, c&#8217;est le naturel qui tôt ou tard tourne à l&#8217;anti-naturel et l&#8217;anti-naturel toujours prête au rire, ainsi pensait Chesterton qui s&#8217;y connaissait fort bien en matière d&#8217;humour. Le protestantisme avait fait de l&#8217;homme un pantin métaphysique en lui déniant toute faculté de libre arbitre, la science en fera un pantin mécanique en le voyant comme pur résultat des forces naturelles. Ce que Léonard étudie au travers de ses dessins, c&#8217;est déjà une mécanique et si Rabelais insistait tant sur le fécal c est que le médecin qu&#8217;il était, autrement dit l&#8217;homme de science, réduisait l&#8217;essentiel de l&#8217;homme à un mécanisme physiologique. Ce que Arcimboldo s&#8217;amuse à faire dans ses peintures</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3408" title="arcim4 saisons" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/03/arcim4-saisons.jpg" alt="arcim4 saisons" width="667" height="813" /></p>
<p>relève d&#8217;un libre jeu combinatoire où les éléments de la nature sont réassortis comme les pièces détachées d&#8217;une vaste mécanique. Le monde n&#8217;est plus soutenu de présence surnaturelle, il est cette mécanique au bout de la lorgnette d &#8216;un Galilée. On sait combien le Matérialisme du XVIIIème siècle dit &#8220;mécaniste&#8221; aura la passion des automates, ce qui naît au XVIème siècle, c&#8217;est donc le pantin, non seulement au travers du scientisme mais aussi au travers de la création de la commedia dell&#8217;arte, les temps étaient donc venu pour la grande parade des polichinelles, des pantalons et autres Capitans,</p>
<p><a  href="http://www.larousse.fr/encyclopedie/data/images/1003644.jpg" class="thickbox no_icon" rel="gallery-3892" title=""><img class="alignnone" src="http://www.larousse.fr/encyclopedie/data/images/1003644.jpg" alt="" width="580" height="400" /></a></p>
<p>qui ne cesseront d&#8217;inspirer les générations ultérieures d&#8217;artistes et d&#8217;écrivains, depuis Molière aus clowns modernes, en passant par les marionnettes de Voltaire ou de Jarry, réduisant l&#8217;humain à une mécanique gestuelle ou langagière sans grande épaisseur psychologique.</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3482" title="img113" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/03/img113.jpg" alt="img113" width="399" height="690" /></p>
<p>Schopenhauer voyant le monde comme la mécanisme d&#8217;une boite à musique d&#8217;où retentit chaque fois la même ritournelle, reliera précisément l&#8217;histoire à la commedia dell&#8217;arte où de siècle en siècle reviendront toujours les mêmes lazzis et les mêmes coups de pieds au cul, Tartaglia n&#8217; ayant jamais plus de conscience, ni Colombine plus de moralité, ni Brighella plus de courage..</p>
<p>Mais laissons là les lettres et reprenons un peu l&#8217;histoire de la peinture en ce XVI ème siècle où nous l&#8217;avions laissée. Au siècle suivant, nous voyons se confirmer cet attrait pour le rire et c&#8217;est alors que l&#8217;on peut noter qu&#8217; à mesure que l&#8217;artiste se dépeint riant ou rieur</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3716" title="img127" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/04/img127.jpg" alt="img127" width="520" height="632" /> <em>(Jean-Etienne Liotard: autoportrait)</em></p>
<p>quelque chose change peu à peu dans l &#8216;idée qu&#8217;il se fait de lui-même. D&#8217; humble mais de génial artisan qu&#8217;il était jadis, voire de saint ou de seigneur, il tend de plus en plus à devenir</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3717" title="ducreux1" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/04/ducreux1.jpg" alt="ducreux1" width="590" height="775" /> <em>(Joseph Ducreux: autoportrait en moqueur)</em></p>
<p>l&#8217;être grotesque qui entre en scène pour endosser le rôle du bouffon. Quelques décennies plus tard, un médiocre tableau d&#8217;un artiste à juste titre oublié</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3713" title="img126" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/04/img126.jpg" alt="img126" width="600" height="376" /> <em>(Péguilly l &#8216; Haridon: Pierrot présente à l&#8217;assemblée Arlequin et polichinelle)</em></p>
<p>eut néanmoins à son époque une forte résonnance. De Baudelaire aux frères Goncourt, on le prît en référence afin de rappeler la nécessité pour l&#8217;artiste de capter l &#8216;esprit du temps. Mais il était moins question d&#8217;esprit que de temps car il s&#8217;agissait de dépeindre avant tout l&#8217;heure venue de l&#8217;instabilité d&#8217;un monde à l&#8217;ombre du grand rire. &#8220;Monde &#8221; serait beaucoup dire, parlons plutôt du spectacle et de ses pitres.<br />
Le Christ inspirait les artistes de jadis, le clown fascinera beaucoup plus les créateurs d&#8217;aujourd&#8217;hui, de Daumier à Fellini, en passant pas Lautrec ou Buffet. Au XIX ème siècle , si l&#8217;argent roi triomphe avec Guizot (Encore un protestant!), le pitre roi triomphe avec Debureau.<br />
Notons que si l&#8217;artiste moderne présentera certaines propensions à être représenté sous les traits du pitre</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3714" title="img129" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/04/img129.jpg" alt="img129" width="540" height="748" /> <em>(Robert Capa : Picasso)</em></p>
<p>Jamais en revanche il ne montrera de clown riant. Cette photo de Bruce Davidson</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3715" title="img130" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/04/img130.jpg" alt="img130" width="560" height="831" /></p>
<p>est fort bien représentative de la façon dont l&#8217;artiste perçoit le clown, on est de plus en plus attiré par le rire parce que le rire et la joie se sont abstenus de venir, on ne représentera donc pas le clown parce que l&#8217;on a envie de rire mais parce que l&#8217; on perçoit tout le faux-semblant du rire.</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-2806" title="P1070526e" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/12/P1070526e.jpg" alt="P1070526e" width="640" height="869" /> <em>(Paul Orcian: 1993)</em></p>
<p>L&#8217;artiste contemporain, à l&#8217;instar de Lautrec ou de Picasso, sera désormais plus à l&#8217;aise au coeur du cirque avec les clowns, qu&#8217;au voisinage de la théologie avec les prêtres. On pouvait autrefois être moine et artiste, comme Andrei Roublev ou Fra Angelico, on préferera aujourd&#8217;hui être artiste et pitre comme Ben ou Cattelan.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1262" title="cat-240x180" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/09/cat-240x180.jpg" alt="" width="240" height="180" /> <em>(Maurizio Cattelan)</em></p>
<p>L&#8217;idéal de Fra Angelico était de vivre avec le Christ pour mieux le peindre, Van Gogh pourrait encore, à la rigueur, être appelé le christ de la peinture, on sait pourtant que déjà Lautrec aimait à se déguiser en clown, en cela lointain ancêtre de Cindy Shermann et de certaines prestations actuelles où l&#8217;artiste en se laissant bombarder de tartes à la crème revendique clairement son rôle de pendant clownesque de la figure salvifique.</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3780" title="img132" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/04/img132.jpg" alt="img132" width="670" height="299" /> <em>(Pierrick Sorin: portrait de l&#8217;artiste entarté, installation vidéo)</em></p>
<p>Au coeur de cette déchéance, il était finalement 2 attitudes possibles, l&#8217;aristocratique ce sera celle d&#8217;un Stendhal ou mieux encore la manière d&#8217;un Paul Valery proposant le minimalisme épuré de son Monsieur Teste s&#8217;abstenant du moindre geste pour mettre à bas le pantin mais l&#8217;on réagira surtout par le rire. Entre Fabrice del Dongo et Bouvard et Pécuchet, triompheront les clowns, la dérision sied mieux à un monde qui ne croit plus au surnaturel. Le Christ dépassait le système en s&#8217;offrant comme holocauste, le clown, version moderne du Christ ne dépasse pas le système mais s&#8217;offre à lui en miroir par la singerie.</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3885" title="Chardin" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/04/Chardin.jpg" alt="Chardin" width="392" height="481" /><br />
<em>(Chardin: le singe peintre)</em></p>
<p>Le clown singe en effet la mécanique, Le théâtre porté à sa suprême mécanique sera le vaudeville, mécanique du quiproquo à propos de la mécanique sexuelle en cette fin du XIX ème siècle où le mécanique renforce toujours plus son emprise. Le médium lui même devient mécanique et ce faisant renforce encore la quête du rire au moyen du pantin toujours plus mécanisé, ainsi aurons nous le cinéma burlesque américain puis viendra le pitre qui revendiquera son statut mécanique, Andy Warhol star de la singerie sérigraphique tout comme les machines de Tinguely ou la cloaca de Wim Delvoye n&#8217; auront elles-mêmes d&#8217;autres vocations que d&#8217;être d&#8217;autres singeries mécaniques.</p>
<p>Le Christ aurait sans doute pu sauver sa vie s&#8217;il avait accepté de faire le pitre pour plaire à Hérode, il savait cependant qu&#8217;il avait chose plus importante à sauver, à l&#8217;opposé d&#8217;aujourd&#8217;hui où l&#8217;on rêve de faire le con pour la gloire et l&#8217;argent parce que nous n&#8217;avons plus guère d&#8217;autre espoir que quelques instants de fou rire&#8230;..</p>
<p><em><br />
(a suivre)</em></p>
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		<title>INTERLUDE par Sophie</title>
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		<pubDate>Tue, 13 Apr 2010 06:12:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Falcophil</dc:creator>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>

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		<description><![CDATA[Nos discussions devaient donc se terminer sur ces mots de Thierry évoquant une histoire n&#8217;interessant plus personne à propos d &#8216;une errance qui pourtant nous concerne tous

j&#8217; invitai alors à

l&#8217;effort d&#8217;anamnèse quant aux péripéties précédentes
Tant au niveau des mots
http://falcophil.info/blog/eloge-du-ratage/
http://falcophil.info/blog/trou-blanc-par-sophie/ 
http://falcophil.info/blog/trou-blanc-par-sophie/#comment-2944
http://falcophil.info/blog/trou-blanc-par-sophie/#comment-2954
 que sur le plan des images

]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Nos discussions devaient donc se terminer sur ces mots de Thierry évoquant une histoire n&#8217;interessant plus personne à propos d &#8216;une errance qui pourtant nous concerne tous</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/04/img017d111.jpg" alt="img017d11" title="img017d11" width="400" height="598" class="alignleft size-full wp-image-3539" /></p>
<p>j&#8217; invitai alors à</p>
<p><span id="more-3503"></span></p>
<p>l&#8217;effort d&#8217;anamnèse quant aux péripéties précédentes</p>
<p>Tant au niveau des mots</p>
<p><a  href="http://falcophil.info/blog/eloge-du-ratage/">http://falcophil.info/blog/eloge-du-ratage/</a></p>
<p><a  href="http://falcophil.info/blog/trou-blanc-par-sophie/">http://falcophil.info/blog/trou-blanc-par-sophie/</a> </p>
<p><a  href="http://falcophil.info/blog/trou-blanc-par-sophie/#comment-2944">http://falcophil.info/blog/trou-blanc-par-sophie/#comment-2944</a></p>
<p><a  href="http://falcophil.info/blog/trou-blanc-par-sophie/#comment-2954">http://falcophil.info/blog/trou-blanc-par-sophie/#comment-2954</a></p>
<p> que sur le plan des images</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3508" title="uuu" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/04/uuu1.jpg" alt="uuu" width="661" height="1339" /></p>
]]></content:encoded>
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		<slash:comments>55</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>SURNATUREL</title>
		<link>http://falcophil.info/blog/merveilles-du-nord-par-thierry/</link>
		<comments>http://falcophil.info/blog/merveilles-du-nord-par-thierry/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 03 Feb 2010 20:30:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Falcophil</dc:creator>
				<category><![CDATA[Art hollandais]]></category>

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		<description><![CDATA[Ce billet vient un peu tard puisqu&#8217;il prend prétexte d&#8217;une exposition organisée par la pinacothèque de Paris,

se terminant le 7 février prochain. Mais je tenais d&#8217;abord à réagir contre une remarque imbécile de la fois dernière qualifiant une telle peinture de

&#8220;victoire d’un réalisme séculier et d’un naturalisme positiviste et sordide où il est souvent malaisé [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ce billet vient un peu tard puisqu&#8217;il prend prétexte d&#8217;une exposition organisée par la pinacothèque de Paris,</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3162" title="NV1" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/01/NV1.jpg" alt="NV1" width="380" height="507" /></p>
<p>se terminant le 7 février prochain. Mais je tenais d&#8217;abord à réagir contre une remarque imbécile de la fois dernière qualifiant une telle peinture de</p>
<p><span id="more-2998"></span></p>
<p>&#8220;victoire d’un réalisme séculier et d’un naturalisme positiviste et sordide où il est souvent malaisé de déceler le “surnaturel” mais bien plutôt la préfiguration de cette complète parodie de l’humain caractérisant notre époque&#8221;</p>
<p>en exposant ce paradoxe déjà souligné</p>
<p><a  href="http://falcophil.info/blog/photos-de-vacance/">http://falcophil.info/blog/photos-de-vacance/</a></p>
<p>et suivant lequel, le réalisme le plus poussé n&#8217;est que la forme la plus subtile de surnaturel.</p>
<p>En premier lieu, l&#8217;age d&#8217;or hollandais, c&#8217;est plus que de la peinture, c&#8217;est plus que de l&#8217;art, c&#8217;est une leçon spirituelle, on n&#8217;y relate pas de grands exploits mais les choses graves sont traitées avec légèreté</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3283" title="img087" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/02/img0871.jpg" alt="img087" width="650" height="569" /><br />
<em>(Van des Schoor)</em></p>
<p>et les choses légères avec gravité</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3055" title="img067" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/01/img067.jpg" alt="img067" width="590" height="708" /><br />
<em>(Pierre Gerritz Van Roestraten)</em></p>
<p>Le rigorisme iconoclaste du calvinisme empêchait ces artistes de réprésenter des scènes religieuses mais qu&#8217;importe, ils n&#8217;avaient besoin ni des dieux grecs ni du panthéon chrétien pour évoquer le divin, la tendresse de la mère coiffant sa fille devenait alors plus belle et plus vraie qu&#8217;une madonne et son artificiel bambino,</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3058" title="img064" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/01/img064.jpg" alt="img064" width="590" height="669" /><br />
<em>(Gérard Terboch)</em></p>
<p>le velouté d&#8217;un tissu beaucoup plus transcendant qu&#8217;une icône ou qu&#8217;un christ.</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3059" title="img065" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/01/img065.jpg" alt="img065" width="590" height="773" /><br />
<em>(Gabriel Metsu)</em></p>
<p>Ces peintres n&#8217; enseignent que l&#8217;amour de la vie, l&#8217;amour des joies simples, celles de l&#8217;intérieur familial,</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3048" title="img055" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/01/img055.jpg" alt="img055" width="530" height="459" /><br />
<em>(Pieter de Hooch)</em></p>
<p>comme celle de la drague et de l&#8217;étreinte imminente</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3212" title="img070" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/01/img0701.jpg" alt="img070" width="599" height="781" /><br />
<em>(Frans Van Mieris)</em></p>
<p>La vie en ce temps là n&#8217;était certes pas facile, pas de frigo, pas de lave vaisselle</p>
<p><a  href="http://farm4.static.flickr.com/3559/3381815991_cb0ff0b37f.jpg?v=0" class="thickbox no_icon" rel="gallery-2998" title=""><img class="alignnone" src="http://farm4.static.flickr.com/3559/3381815991_cb0ff0b37f.jpg?v=0" alt="" width="411" height="500" /></a><br />
<em>(Jan Steen)</em></p>
<p>ni de radio, de télé ou d&#8217;Internet mais s&#8217;en portait-on plus mal ? A la vie urbaine de l&#8217;époque, peut être tout aussi trépidente que la notre, parce que vie du négoce et des affaires, on avait du moins su trouver le contrepoint de la vie calme et reposante du foyer. Aujourd&#8217;hui que les excitations de la technique pénètrent jusqu&#8217;au coeur de nos logis, il est permis de se demander si nous serions encore capables d &#8216;un tel art du silence et de la lenteur.</p>
<p><a  href="http://www.gardenofpraise.com/images/hooch.jpg" class="thickbox no_icon" rel="gallery-2998" title=""><img class="alignnone" src="http://www.gardenofpraise.com/images/hooch.jpg" alt="" width="481" height="600" /></a><br />
<em>(Pieter de Hooch)</em></p>
<p>Nous autres, avortons impregnés de cinéma et de vidéos, drogués d&#8217;images en mouvement ou, pour le dire autrement, d&#8217;images incapables d&#8217;atteindre à leur propre plénitude, que pouvons nous comprendre à cette supériorité de l&#8217;immobile qui n&#8217;est que la pleine révélation donnée par la mort, aboutissement dont la leçon parle de la contingence de l&#8217;action pour mieux évoquer l&#8217;implicitement nécessaire du statique ? Rappelons au passage que les hollandais furent les véritables inventeurs de la nature &#8220;morte&#8221; genre qu&#8217;ils qualifiaient quant à eux de &#8220;stil leven&#8221;, nature &#8220;immobile&#8221;.</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3227" title="Claesz" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/01/Claesz.jpg" alt="Claesz" width="650" height="459" /><br />
<em>(Pieter Claesz)</em></p>
<p>Mais la &#8220;pensée unique &#8221; du monde moderne porte également sur le conformisme du bruit et contre cet univers qui s&#8217;évertue à tout vider par cette obsession de tout étaler par le bruit, depuis les tapages des médias jusqu&#8217;aux vrombissements des moteurs en passant par les vents malséants lâchés dans les portables, pas de meilleurs remèdes que les maîtres hollandais dont le réalisme simple et sans prétention nous porte mystérieusement vers le retrait dans les recoins obscurs de la demeure, coeur du monde parce que berceau de l&#8217;être et parce que berceau de l&#8217;être, foyer de la surnature.</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3175" title="Hooch3" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/01/Hooch3.jpg" alt="Hooch3" width="640" height="588" /><br />
<em>(Pieter de Hooch)</em></p>
<p>J&#8217;en arrive alors à l&#8217;essentiel de mon propos. Il s&#8217;agit ici de &#8220;surnaturel &#8220;&#8221; parce qu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;être de plein pied dans le réel. Ces merveilles nous font mieux saisir cette approche superficielle, développée précédemment par Ichthus, selon qui la sensibilité moderne ne mènerait qu&#8217;à des créations de dérision et que rien de grand ne pourrait se faire dans un contexte de valeurs mercantiles. Faux. Rien en effet de plus commercial que la société hollandaise de l&#8217;époque. La prospérité d&#8217;une nation, enrichie par le négoce maritime, put apporter cette nécessaire tranquillité de vie permettant de déceler le sublime dans les choses les plus quelconques.</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3176" title="Hooch2" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/01/Hooch2.jpg" alt="Hooch2" width="580" height="728" /><br />
<em>(Pieter de Hooch)</em></p>
<p>Il faut insister sur l &#8216;étonnante sagesse dont ce peuple sut alors faire preuve, combatif par ses luttes continuelles contre les impérialistes espagnols mais aussi contre les éléments hostiles,</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3243" title="Polders" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/01/Polders.jpg" alt="Polders" width="600" height="400" /></p>
<p>couvrant la surface du globe de ses comptoirs et navires, en même temps que méditatif, tournant la nature immobile en leçon de philosophie par l&#8217;invention de la &#8220;vanité&#8221;.</p>
<p>Le miracle hollandais fut d&#8217;atteindre un rare équilibre, forcemment précaire, comme tout équilibre, entre diastole et systole, l&#8217;éternelle loi de l&#8217;être étant de mourir en se donnant et de renaître en reprenant le don pour nous inviter au secret de l&#8217;intime et du voilé.</p>
<p>Désormais, le sacré n &#8216;est plus dans le temple ou dans le tabernacle car , comme l&#8217;enseigne la morale protestante, c&#8217;est l &#8216;activité la plus banale et donc la plus cachée, celle du cordonnier comme celle du tailleur qui devient sacrement</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3082" title="img081" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/01/img081.jpg" alt="img081" width="560" height="664" /><br />
<em>(Van Breckelenkam)</em></p>
<p>C&#8217;est alors que l&#8217;on pressentira le véritable &#8220;surnaturel&#8221;. Non dans les divagations de l&#8217;imaginaire mais dans une discretion laissant chuchotter la surnature par mouvement de reflux, repli vers du caché, vers de l&#8217;en-deçà recouvert de naturalisme, vers de l&#8217;enfermement par sourde aspiration à l&#8217;infini</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3260" title="de witte" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/02/de-witte.jpg" alt="de witte" width="545" height="399" /></p>
<p>Si telle Madonne de Raphaêl doit être tenue pour moins sacrée que l&#8217;image de la mère épouillant son enfant, c&#8217;est que le sacré se dévoile dans le premier cas, alors que dans le second, il se cache pour mieux se donner.</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3204" title="Maes1" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/01/Maes1.jpg" alt="Maes1" width="660" height="465" /><br />
<em>(Nicolas Maes)</em></p>
<p>Lever un petit pan de rideau tel est l&#8217;acte liturgique par excellence, l &#8216; ostentatoire étant l&#8217;ennemi de la vraie transcendance, le plus dont nous aurons l&#8217;intuition doit venir par le biais du moins que nous devrons montrer.<br />
Dès lors, restons distant de la sainteté qui s&#8217;étale car elle rejoint beaucoup plus le théâtral et son décors que le silencieux et retiré secret du sacré.</p>
<p>Sacré, saint, secret, trois mots pour désigner une même idée, celle de caché, la poésie comme la science ne veulent que du caché, par la complexité de la formule , pour la science, par l&#8217;humilité de la forme, pour la poésie.</p>
<p>Il n&#8217;y a d&#8217;incroyable que dans la proportion inverse où s&#8217;étale ce qui est croyable, le réalisme le plus réussi étant celui qui nous permet de capter le plus de mystère. Le réalisme est le plus achevé là où il nous invite à comprendre l&#8217;inachèvement du réel par renvoi à son invisible et indissociable complémentarité d&#8217;irréel.</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3177" title="Hooch1" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/01/Hooch1.jpg" alt="Hooch1" width="630" height="580" /><br />
<em>(Pieter de Hooch)</em></p>
<p>Contrairement à ce qui fut dit, Apollon n&#8217;est pas le dieu du paraître mais le gardien qui scelle car c&#8217;est bien Dionysos qui dévoile, c&#8217;est lui le sans-gêne, de par ses contorsions impudiques et ses étalages lubriques ,<br />
c&#8217;est son rythme effréné que récupère tout un système qui veut nous asservir à ses vapeurs telluriques et capiteuses.</p>
<p>Nul besoin donc d&#8217;un prêtre pour célébrer le divin, l&#8217;homme et sa foi suffisent, chaque recoin de l&#8217;intérieur le plus humble nous donne assez de sentiment sacré pour comprendre que rien n&#8217;est plus divin que l&#8217;endroit le plus sombre, le plus reculé, le plus dédaigné parce que c&#8217;est là qu&#8217;opère le processus de l&#8217;esprit. La graine ne germe que sous terre, mise en pleine lumière, elle se déssèche et elle meurt.</p>
<p>. De Vermeer peignant sa laitière à Kurt Schwitters collant ses tickets de métro, si le génie a toujours relevé de la capacité de s&#8217;étonner ou de s&#8217;extasier devant les choses les plus banales, pomme de Newton ou pomme de Cézanne, c&#8217;est que l&#8217;animal se retire là où s&#8217;évanouit ce qui apparaît et que l&#8217;homme commence quand se révèle ce qui se retire.</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3211" title="img086" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/01/img086.jpg" alt="img086" width="625" height="437" /><br />
<em>(Johannes Van Ouddenrog)</em></p>
<p>Méfions nous donc de ceux qui veulent détruire le réel, tant par reproduction pure et simple que par l&#8217;imagination la plus poussée ou que par l&#8217;abstraction la plus radicale, les uns ne donnent que parodie de réel, en ce sens Ichthus a raison, parce que réel tronqué, inabouti, avorté, en tant que privé de sa moitié qui est le surnaturel,</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1250" title="img840" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/09/img840.jpg" alt="" width="600" height="807" /></p>
<p>d&#8217;autres confondant ce surnaturel avec le dérèglement des sens et des associations de l&#8217;esprit qui n&#8217;est qu&#8217;un dérèglement de la vraie pensée et donc dérèglement de la vraie poésie, d&#8217;autres encore n&#8217;étant qu&#8217;une variante d&#8217;iconoclasme contre lesquels bataillaient déjà certains théologiens rappelant que notre nature corporelle ne peut contourner le truchement du corporel pour rejoindre la surnature, l&#8217;incarnation devenant alors la voie royale par laquelle le divin peut compléter pleinement la semence déjà déposée par lui dans le tréfonds de l&#8217;ordre naturel.</p>
]]></content:encoded>
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		<slash:comments>67</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>DIGRESSION par Sophie</title>
		<link>http://falcophil.info/blog/trou-blanc-par-sophie/</link>
		<comments>http://falcophil.info/blog/trou-blanc-par-sophie/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 27 Dec 2009 16:56:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Falcophil</dc:creator>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://falcophil.info/blog/?p=2841</guid>
		<description><![CDATA[Quelqu&#8217;un ayant la fois dernière manifesté son étonnement de voir relancer une histoire

interrompue par une &#8220;interminable digression&#8221;
la question se pose alors de savoir si

la vie elle même n&#8217;est pas faite de courtes histoires interrompues d&#8217; interminables digressions.
Tu fréquentes une personne, tu la perds de vue

puis tu la retrouves quelques années après,

les années entre-temps écoulées ne [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Quelqu&#8217;un ayant la fois dernière manifesté son étonnement de voir relancer une histoire</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-2883" title="tui" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/12/tui.jpg" alt="tui" width="360" height="543" /></p>
<p>interrompue par une &#8220;interminable digression&#8221;</p>
<p>la question se pose alors de savoir si</p>
<p><span id="more-2841"></span></p>
<p>la vie elle même n&#8217;est pas faite de courtes histoires interrompues d&#8217; interminables digressions.</p>
<p>Tu fréquentes une personne, tu la perds de vue</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-2897" title="img044d" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/12/img044d.jpg" alt="img044d" width="500" height="738" /></p>
<p>puis tu la retrouves quelques années après,</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/12/P1070568vgv.jpg" alt="P1070568vgv" title="P1070568vgv" width="600" height="718" class="alignleft size-full wp-image-2927" /></p>
<p>les années entre-temps écoulées ne sont-elles pas sans rapport avec le sujet ? </p>
<p>Mais de quel sujet s&#8217;agit-il au fait ?</p>
<p>Quel rapport entre la contrainte</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/12/immeubmir.jpg" alt="immeubmir" title="immeubmir" width="450" height="600" class="alignleft size-full wp-image-2910" /></p>
<p> Et l&#8217;offrande ?</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/10/bbbb.jpg" alt="bbbb" title="bbbb" width="635" height="477" class="alignnone size-full wp-image-2366" /></a></p>
<p>Et tes paroles n&#8217;atteignant pas l&#8217;autre qui te répond pas ses propres pensées ?</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/12/img04511.jpeg" alt="img0451" title="img0451" width="460" height="678" class="alignleft size-full wp-image-2986" /></p>
<p><a  href="http://falcophil.info/ifotos/gallery/Chantiers%201/chanta3a.jpg">Si chacun marche dans un désert </a></p>
<p>alors chacun n&#8217;est que la digression de l&#8217;autre</p>
<p>Si la digression se pose comme secondaire au regard de quelque chose d &#8216;essentiel</p>
<p>En ce cas</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/12/Roim.jpg" alt="Roim" title="Roim" width="670" height="311" class="alignleft size-full wp-image-2915" /></p>
<p>Tout ce qui se déroule entre ta naissance et ta mort, ne serait que digression</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/12/hhhh1.jpg" alt="hhhh" title="hhhh" width="660" height="328" class="alignleft size-full wp-image-2989" /></p>
<p>Cela fut dit la dernière fois, l&#8217;essence même du roman, odyssée de l&#8217;inessentiel serait de priser la digression,</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/12/cbh.jpg" alt="cbh" title="cbh" width="634" height="841" class="alignleft size-full wp-image-2953" /></p>
<p>- What do you read, my lord?<br />
- Words, words, words. </p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/12/cbhb.jpg" alt="cbhb" title="cbhb" width="634" height="841" class="alignleft size-full wp-image-2954" /></p>
<p>La marquise sortit à 5 heures</p>
<p>Et à mon tour je sortis pour la suivre</p>
<p>Dans  l&#8217;espoir de ressusciter la marionnette</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/12/laurence6-443911.jpg" alt="laurence6-44391" title="laurence6-44391" width="500" height="450" class="alignleft size-full wp-image-2956" /></p>
<p>Tandis que ma demeure était déjà en guerre</p>
<p>La digression en tant que disjonction de divers éléments s&#8217;éloignant toujours plus de leur centre</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/12/iml1.jpg" alt="iml" title="iml" width="650" height="425" class="alignleft size-full wp-image-2959" /></p>
<p>ne serait finalement que la conséquence de l&#8217;essence parodique</p>
<p>Mais Nicolas de Cuse et André Breton seront du moins d&#8217;accord sur un point, les choses sans rapport sont invitation à l&#8217;infini.</p>
<p>Qu&#8217;il n&#8217;y ait ainsi nul rapport entre le personnage et son histoire</p>
<p>Entre la ronde des pensées ,</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-2533" title="rotation01b" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/11/rotation01b.gif" alt="rotation01b" width="300" height="400" /></p>
<p>Et l&#8217; homme en agonie qu&#8217;emporte un bruit de sirène</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-2481" title="img976f" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/11/img976f.jpg" alt="img976f" width="670" height="417" /></p>
<p>Rien que la vague forme d &#8216;une ombre venant se glisser pour ramasser un livre </p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/12/img043v.jpg" alt="img043v" title="img043v" width="450" height="698" class="alignleft size-full wp-image-2865" /></p>
<p>trainant sur la chaussée, non loin de l&#8217;endroit où se trouvait le corps que l&#8217;on vient d &#8216;enlever.</p>
<p>quelques pages plus loin,  le livre s&#8217;ouvre sur ces lignes soulignées :</p>
<p><a  href="http://falcophil.info/ifotos/gallery/Sideral%20/ghu%20xcf21p%20khsgye6.jpg">&#8221; Quand toute chose reposait dans un profond silence, descendit vers moi un mot secret&#8221;</a></p>
<p>Puis, sur la page suivante, on trouve, intercalées,  ces deux images</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/12/P1070150v.jpg" alt="P1070150v" title="P1070150v" width="550" height="763" class="alignleft size-full wp-image-2924" /></p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/12/P1070151v.jpg" alt="P1070151v" title="P1070151v" width="550" height="825" class="alignleft size-full wp-image-2919" /></p>
<p>Et quelques pages plus loin encore, cette autre phrase soulignée</p>
<p><a  href="http://falcophil.info/ifotos/gallery/Chantiers%201/ADZ4.jpg">&#8221; Va à ta recherce et là où tu te trouves, quitte-toi &#8220;</a></p>
<p>Puis, à la page suivante, de nouveau, se trouvaient intercalées deux autres images : </p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/12/P1070154v.jpg" alt="P1070154v" title="P1070154v" width="550" height="825" class="alignleft size-full wp-image-2933" /></p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/12/P1070159v1.jpg" alt="P1070159v" title="P1070159v" width="550" height="825" class="alignleft size-full wp-image-2960" /><br />
à suivre&#8230;&#8230;</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://falcophil.info/blog/trou-blanc-par-sophie/feed/</wfw:commentRss>
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		<item>
		<title>ELOGE DU RATAGE , SUITE ET FIN par Ichthus</title>
		<link>http://falcophil.info/blog/eloge-du-ratage-suite-et-fin-par-ichthus/</link>
		<comments>http://falcophil.info/blog/eloge-du-ratage-suite-et-fin-par-ichthus/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 04 Dec 2009 17:20:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Falcophil</dc:creator>
				<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>

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		<description><![CDATA[Pour une raison inconnue le sieur Falcone a décidé d &#8216;abandonner son blog pour se confiner dans un déconcertant mutisme

nous en laissant l &#8216;administration ainsi que le soin d&#8217;en faire ce que bon nous semblera. Autant dire que sans coordinnateur nos chamailleries vont faire exploser le site lequel finira probablement par ne plus ressembler à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Pour une raison inconnue le sieur Falcone a décidé d &#8216;abandonner son blog pour se confiner dans un déconcertant mutisme</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/12/ETRESf.jpg" alt="ETRESf" title="ETRESf" width="380" height="421" class="alignleft size-full wp-image-2819" /></p>
<p>nous en laissant l &#8216;administration ainsi que le soin d&#8217;en faire ce que bon nous semblera. Autant dire que sans coordinnateur nos chamailleries vont faire exploser le site lequel finira probablement par ne plus ressembler à rien. Je suis d&#8217;accord avec Erato pour dire que mieux vaudrait nous séparer car ce blog sans son auteur ne présente en effet plus beaucoup d&#8217;intérêt. Mais je ne veux pas partir avant d&#8217;avoir dit son fait à dame Clio qui s&#8217;est permis la dernière fois de qualifier ma thèse de &#8220;ramassis de sornettes&#8221; par des arguments pour le moins fragiles.</p>
<p>Je rappelerai pour ceux qui n&#8217;auraient pas suivi le thème de mon propos que je divise notre histoire en trois parties,<br />
<span id="more-2727"></span></p>
<p> l&#8217;esprit épique , l&#8217;esprit tragique et l&#8217;esprit parodique, lequel commence en gros avec les temps modernes, ce qu&#8217;il est convenu d&#8217;appeler la &#8220;Renaissance&#8221; mais dont déjà, ainsi que je l&#8217;ai expliqué la dernière fois, le roman de renard avait donné l&#8217;avant goût précurseur.</p>
<p>Cela fait l&#8217;objet d&#8217;un essai auquel je travaille et que je colmpte publier dans quelques temps.</p>
<p>L&#8217;homme moderne n&#8217;est qu&#8217;une caricature d &#8216;humanité,</p>
<p><img id="image458" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2007/08/img488.jpg" alt="img488.jpg" width="434" height="600" /></p>
<p>une dégénerescence au regard de l&#8217;ordre traditionnel avec comme conséquence que ses créations, aussi bien littéraires qu&#8217;artistiques ne sont fatalement que d&#8217;ordre parodique.</p>
<p>Pour répondre donc à Clio, je reconnais qu&#8217;avec Jacques Coeur commence une ère nouvelle, celle de l&#8217;escroquerie, de la truanderie, de la cupidité et du triomphe de l&#8217;argent . Qui était Jacques Coeur ?</p>
<p><img class="alignnone" src="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/f/f5/Jacques_Coeur_sculpture_JPG.jpg" alt="" width="206" height="312" /></p>
<p>Le Silvio Berlusconi du XVème siècle, avec certes, il faut en convenir, une certaine classe  dont serait plutôt dépourvu le bouffon italien. A la même époque où Jeanne d&#8217;Arc se bat contre les anglais , Jacques Coeur s&#8217;enrichit par ses magouilles tandis qu&#8217;autour de lui fait rage la famine causée par la guerre de 100 ans. Jacques Coeur était ce &#8220;chrétien&#8221; qui n&#8217; hésitait pas à vendre d&#8217;autres chrétiens aux turcs musulmans pour préserver son commerce maritime,</p>
<p><a href="null"><img class="alignnone" src="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/b/b1/Jacques_Coeur_armateur.jpg" alt="" width="427" height="405" /></a></p>
<p>il était ce bon samaritain faisant arrêter les clochards de l&#8217;époque afin de les employer pour pas un liard dans ses navires, c&#8217;est avec lui que commence à se perdre tout sens de l&#8217;honneur au profit du Dieu argent, Jacques Coeur est l&#8217;ancêtre lointain de la mondialisation financière dont la logique amène à jeter à la rue nos compatriotes pour faire travailler des asiatiques à bas prix. Avec Jacques Coeur, on peut soutenir qu&#8217;en effet commence une ère nouvelle !!!<br />
J&#8217;ai dit que Jacques Coeur était une sorte de Bernard Tapie médiéval avec la classe en plus. Oui, la classe, Jacques Coeur en conserve tout de même un peu, le graal ne lui est pas indifférent et pour cause, les temps de l&#8217;honneur chevaleresque sont encore proches, ils sont mêmes contemporains en Bourgogne surtout où le roi Philippe le Bon</p>
<p><img class="alignnone" src="http://users.skynet.be/litterature/bruges/philippe_le_bon.jpg" alt="" width="298" height="335" /></p>
<p>adoubait toujours des chevaliers et créait l&#8217;ordre de la Toison d&#8217;Or. La caste des aristocrates avec son goût du beau avait forcémment inculqué ses valeurs aux bourgeois enrichis. Les enluminures dont les peintres au service des ducs de Bourgogne étaient alors passés maîtres, relevaient essentiellement de commandes passées par les nobles, ce fut par exemple à la demande du Duc de Berry que les frères de Limbourg réalisèrent leurs magnifiques miniatures</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-2726" title="Berryheures" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/11/Berryheures.jpg" alt="Berryheures" width="590" height="927" /></p>
<p>Les nobles avient donc façonné le goût des bourgeois d&#8217;alors lesquels étaient encore malgré tout sous l&#8217;influence du plus beau de tous les arts, l&#8217;art sacré qu&#8217;avait suscité l&#8217;autorité morale de l&#8217;Eglise. Dans son excellent ouvrage dont on ne saurait trop recommandé la lecture</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1708" title="img971" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/06/img971.jpg" alt="" width="400" height="635" /></p>
<p>l&#8217;auteur explique for bien que les grands bourgeois d&#8217;aujourd&#8217;hui n&#8217;ont plus cet appui aristocratique orientant jadis les choix des grands parvenus et rappelle comment telle famille de bourgeois enrichis du XVIIIème siècle se fiait aux goûts de l&#8217;aristocatie pour acquerir les grandes valeurs artistiques du temps, les Nattier, Les Fragonard ou les Bouchers. Si, pour citer encore un exemple, les Médicis, banquiers florentins, furent de si grands mécène favorisant l&#8217;élaboration de tant de chefs d&#8217;oeuvres , ils le durent aux valeurs esthétiques prisées par l&#8217;aristocraties et l&#8217;Eglise qui se maintenaient toujours vivaces pour les guider dans leurs goût artistiques. Jacques Coeur, parodie de l&#8217;aristocratie guerriere devait recevoir sa propre parodie au travers du parvenu moderne, François Pinault, milliardaire ignare, parodie de laurent de Médicis, plaçant sa fortune dans des parodies d&#8217;expressions artistiques,</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1263" title="robinson5-18-2" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/09/robinson5-18-2.jpg" alt="" width="298" height="400" /><br />
<em>Maurizio cattelan</em></p>
<p>chose que Falcone nous avait déjà fort bien expliqué dans un excellent billet.</p>
<p><a  href="http://falcophil.info/blog/libres-propos-dun-fasciste-sur-lart-degenere/">http://falcophil.info/blog/libres-propos-dun-fasciste-sur-lart-degenere/</a></p>
<p>Pour en venir maintenant, au deuxième aspect du propos de Clio, celui concernant une littérature nouvelle dont la grandeur aurait été de proclamer la liberté de l&#8217;amour et de creuser la profondeur du psychisme, qu&#8217;il me soit permis alors de répondre que les livres quel&#8217;on me cite ne font qu&#8217;étayer ma thèse, celle d&#8217;un art qui n&#8217;est que la parodie de la grandeur de nos aieux parce qu&#8217;imprégné de cette mesquinerie calculatrice inculquée par les valeurs bourgeoises. Manon Lescault ? mais relisez donc l&#8217;ouvrage !</p>
<p><a  href="http://multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/ZoomPE/1/2/5/9782070308521.jpg" class="thickbox no_icon" rel="gallery-2727" title=""><img class="alignnone" src="http://multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/ZoomPE/1/2/5/9782070308521.jpg" alt="" width="338" height="475" /></a></p>
<p> </p>
<p>Histoire d&#8217;une catin et d&#8217;un vaurien qui ne font qu&#8217;enchaîner les escroqueries, tricheries, scélératesses, parodie picaresque du code de l&#8217;honneur où la friponnerie est érigée en morale universelle et tout cela au nom de la passion de deux amants dont la seule quête relève de la médiocrité morale du couple bourgeois moyen, ( Nos deux d&#8217;abord au diable le reste!) Samuel Richardson ? Avez vous lu Pamela et la vertu récompensé ? Pénètre t&#8217;elle, cette prétendue noble dame, dans le monde aristocatique par sa grandeur moral ou plutôt par son esprit calculateur et ses petites intrigues? La Recheche du temps perdu? Mais n&#8217;est-ce donc pas une parodie de quête du graal que cette quête horizontale </p>
<p><img alt="" src="http://www.linternaute.com/sortir/magazine/photo/le-chateau-de-breteuil/image/proust-264284.jpg" class="alignnone" width="540" height="358" /></p>
<p>cherchant l&#8217;éternel au travers d&#8217;une tasse de thé et des mondanités ? </p>
<p>L &#8216;ère de la parocie coincide bien d&#8217;ailleurs averc l&#8217;ère du roman, accumulation de petits faits anodins, de descriptions mesquines ou prosaïque où l&#8217;imagination se déploie pour distraire l&#8217;esprit et le tirer hors de lui-même en excitant au besoin son misérable attrait pour le voyeurisme ou  la médisance.  La prédominence du roman coïncide également avec l&#8217;ère du baroque favorisant la boursouflure, la multiplication inutile des tableaux, le tape à l&#8217;oeil et le clinquant confinant au vulgaire, toute chose contraire à la la grandeur ascétique de l&#8217;écriture faite de litote et de ressèrement et que vise la vraie poésie quand elle se fonde sur l&#8217;économie de moyens propre au classicisme, seule esthétique correspondant au vrai mental du guerrier.</p>
<p>Quant à ces profondeurs psychologique qui suscitent tant votre admiration, laissez moi rire, de quoui parlez vous au juste? Dostoievsky? ne sont-elles pas encore des parodies que ces figures  grimaçantes, épileptiques, sans cesse en état de surexcitation, touijours au bors de l&#8217;éffondrement et de l&#8217;éclatement? je trouverais plutôt dérisoire cette fixation narcissique sur les miasmes de la subjectivité contingente, le moi qui dit Moi n&#8217;étant pas le vrai moi parce qe parodie pure et simple du Moi authentique. J&#8217;aime l &#8216;écrivain qui s&#8217;apprêtant à parler d&#8217;une émotion personnelle s&#8217;arrête à tant pour excuser sa faiblesse, tout comme j&#8217;aime ce restant de vertu guerrière qui conduisait le bourgeois Flaubert à) la pratique de la plus complète impassibilité. Si les nécessités de l&#8217;histoire demande que quelqu&#8217;un pleure alors que cette personne se retire tandis que sera montré le sommet étincellant d&#8217;une montagne !</p>
<p>. Je me souviens d&#8217;ailleurs que là encore falcone avait écrit un excellent billet sur la question</p>
<p><a  href="http://falcophil.info/blog/au-fond-dune-poubelle/">http://falcophil.info/blog/au-fond-dune-poubelle/</a></p>
<p>Réflechissons plutôt au moyen de subsumer le moi dans un ordre universel au sein duquel il s&#8217;immerge pour en ressortir purifié de tout ce qui fait qu&#8217;il est un moi et donc une caricature de vrai moi plutôt que de se passionner pour toutes les contingences d &#8216;une subjectivité dérisoire à laquelle il est symptomatiquement maladif d&#8217;accorder tant d&#8217;importance. Comment le moi se perd, disparaît pour mieux réapparaître, dépouillé de tous ces avatars vermineux qui sont à la personne authentique ce que Guignol est au héros épique, voilà en effet ce qui peut distinguer l&#8217;esprit authentiquement guerrier de l&#8217;esprit parodique car, et c&#8217;est là l&#8217;essentiel qu&#8217;il faut retenir, si le tragique est grave c&#8217;est lui qui tôt ou tard finit par donner la joie, alors que si le clown fait rire, c&#8217;est bien lui qui tôt ou tard finit par nous imprégner de tristesse</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-2760" title="06" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/11/06.jpg" alt="06" width="402" height="500" /></p>
<p>pour ne pas dire de désespoir&#8230;</p>
<p>ICHTHUS</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>ELOGE DU RATAGE (suite)</title>
		<link>http://falcophil.info/blog/eloge-du-ratage-suite/</link>
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		<pubDate>Thu, 12 Nov 2009 12:27:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Falcophil</dc:creator>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>

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		<description><![CDATA[Avant de reprendre la suite de notre récit commençé précedemment, revenons un bref instant sur ce tableau célèbre

 
reprise d&#8217;une oeuvre antérieure non moins célèbre

afin de mieux saisir  la stupidité de cette remarque de la fois dernière  consistant à me reprocher de n&#8217;avoir proposé qu&#8217;une parodie de surréalisme.
Que le décalage burlesque permette de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Avant de reprendre la suite de notre récit commençé précedemment, revenons un bref instant sur ce tableau célèbre</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/11/Manet1.jpg" alt="Manet1" title="Manet1" width="390" height="304" class="alignnone size-full wp-image-2591" /></a></p>
<p><span id="more-2652"></span> </p>
<p>reprise d&#8217;une oeuvre antérieure non moins célèbre</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/11/bild.jpg" alt="bild" title="bild" width="469" height="360" class="alignnone size-full wp-image-2592" /></a></p>
<p>afin de mieux saisir  la stupidité de cette remarque de la fois dernière  consistant à me reprocher de n&#8217;avoir proposé qu&#8217;une parodie de surréalisme.</p>
<p>Que le décalage burlesque permette de raviver une inspiration exténuée pour la relancer vers des voies nouvelles, les exemples tant littéraires qu &#8216;artistiques en sont légion, ainsi au Moyen-Age, </p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/11/img024.jpg" alt="img024" title="img024" width="630" height="1022" class="alignnone size-full wp-image-2607" /></a></p>
<p>succède à Roland de Ronceveaux,  un voleur de poules, maître de l&#8217;entourloupe, de la ruse et de la duperie.</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/11/img023.jpg" alt="img023" title="img023" width="620" height="880" class="alignnone size-full wp-image-2615" /></a></p>
<p>De ces deux ouvrages majeurs de l&#8217;époque médiévale, passons maintenant à cet ouvrage majeur du XXème siècle ramenant toute la méditérranée au petit périple urbain </p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/11/img028.jpg" alt="img028" title="img028" width="650" height="545" class="alignnone size-full wp-image-2619" /></a></p>
<p>où Ulysse est agent publicitaire, Calypso une dactylo, Circée un bordel, Pénélope une salope et Ithaque un intérieur bourgeois.</p>
<p>Les surréalistes,  raillant les vérités de la Foi, </p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/11/Max-Ernst-La-Vierge-Marie-donnant-une-fessee-a-l-enfant-Jesus.jpg" alt="Max-Ernst-La-Vierge-Marie-donnant-une-fessee-a-l-enfant-Jesus" title="Max-Ernst-La-Vierge-Marie-donnant-une-fessee-a-l-enfant-Jesus" width="283" height="404" class="alignnone size-full wp-image-2633" /></a></p>
<p>mais tout de même en quête d&#8217;une nouvelle spiritualité, n&#8217;évitèrent pas les parodies de mystère, c&#8217;était Breton s&#8217;émerveillant d&#8217;un pois sauteur tandis que Caillois haussait les épaules ou les parodies de mysticisme, c&#8217;était Dali se souvenant peut-être vaguement de Thérèse d&#8217;Avila</p>
<p><img id="image454" height=700 width=497 alt=img485.jpg src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2007/07/img485.jpg" /></p>
<p> et déplaçant alors le chateau de l&#8217; âme vers l &#8216;hystérie et les caresses clitoridiennes.</p>
<p>Nietzsche se gaussait de ces parodies d&#8217;absolu comme l&#8217;hégélianisme ou la technique, mais  leur substituait quelque chose de tout aussi parodique dont j&#8217;ai la dernière fois tenté de rendre compte par cette image encore plus parodique</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/11/rotation01b.gif" alt="rotation01b" title="rotation01b" width="300" height="400" class="alignnone size-full wp-image-2533" /></a></p>
<p> Oui donc, revenons plutôt à notre récit.</p>
<p>Nous en étions ainsi restés à Mme Orcian qui  ayant tenté de me parler d&#8217;un livre  m&#8217; appartenant</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/11/Exlibris.jpg" alt="Exlibris" title="Exlibris" width="458" height="671" class="alignnone size-full wp-image-2476" /></a></p>
<p>me dissolvait maintenant dans l&#8217;hébétude </p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/11/rotation01b.gif" alt="rotation01b" title="rotation01b" width="300" height="400" class="alignnone size-full wp-image-2533" /></a></p>
<p>après que j&#8217;eus tenté de lui remettre la dernière vision de feu son mari</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/10/tui.jpg" alt="tui" title="tui" width="540" height="815" class="alignnone size-full wp-image-2356" /></a></p>
<p>lequel, peu avant sa mort, m&#8217;avait fait étrangement parvenir la photo de son ombre&#8230;..</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/10/P1070273d.jpg" alt="P1070273d" title="P1070273d" width="610" height="734" class="alignnone size-full wp-image-2362" /></a></p>
]]></content:encoded>
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		<title>ELOGE DU RATAGE</title>
		<link>http://falcophil.info/blog/eloge-du-ratage/</link>
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		<pubDate>Mon, 12 Oct 2009 15:10:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Falcophil</dc:creator>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>

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		<description><![CDATA[Rien de plus intéressant que de raconter la vie d&#8217; un raté, concluait Zardoz la fois dernière et de me solliciter alors pour que je raconte la vie d&#8217; Orcian afin de savoir comment ce personnage a pu devenir un raté. On nous rebat en effet trop les oreilles avec les sempiternels faciès de ceux [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Rien de plus intéressant que de raconter la vie d&#8217; un raté, concluait Zardoz la fois dernière et de me solliciter alors pour que je raconte la vie d&#8217; Orcian afin de savoir comment ce personnage a pu devenir un raté. On nous rebat en effet trop les oreilles avec les sempiternels faciès de ceux qui ont réussi aussi parlerons-nous plutôt de ceux qui tel Orcian ont échoué dans leurs ambitions</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-2173" title="orciana23" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/09/orciana23.jpg" alt="orciana23" width="400" height="612" /></p>
<p>ils sont plus émouvants, plus proches de nous et de nos vies médiocres.<br />
<span id="more-2153"></span></p>
<p>Ils ont rêvé, rien n&#8217;est arrivé, ils ont cru aux feux de la rampe, on ne voit plus que leurs feux de détresse.</p>
<p>D&#8217;autres activités me prenant toutefois trop de temps, il me faut être bref.</p>
<p>Paul Orcian ayant un certain don pour le dessin, voulut dans un premier temps faire de la BD.</p>
<p>Pendant deux ans, il coloria de la merde</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-2255" title="img004" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/09/img004.jpg" alt="img004" width="580" height="770" /></p>
<p>avec laquelle il gagna fort bien sa vie. Il se maria, eut deux enfants puis en ayant marre, et croyant par ailleurs à la BD comme moyen d&#8217;expression, il soumit un projet à son éditeur.</p>
<p>Il présenta donc le scénario d&#8217;une BD où il ne se passait rien et où l&#8217;on se contentait de montrer une personne désoeuvrée qui déambulait dans les rues.</p>
<p>- Et il ne passe rien de rien ? -lui demanda son éditeur<br />
- Rien de rien, on ne voit que des enfilades de rues, de rues désertes, de rues grises d&#8217;une quelqconque banlieue où déambule un homme seul<br />
- C&#8217;est quoi? un flic qui mène une enquête?<br />
- Non<br />
- Un délinquant qui prépare un mauvais coup?<br />
- Pas davantage<br />
- Un obsédé sexuel?<br />
- Même pas<br />
- Alors de qui s&#8217;agit-il?<br />
- D&#8217;un type qui s &#8216;emmerde, le thème de l&#8217;errance, un mélange de Crumb et de Wim Wenders.<br />
- Ah ? Et vous pensez qu&#8217;avec ça je vais faire du chiffre d&#8217;affaire ?</p>
<p>Comme il ne savait trop quoi répondre, il lui fut alors retorqué qu&#8217;il avait le choix entre le cul-polar-espionnage ou alors prendre la porte. Il préféra prendre la porte.</p>
<p>Il s&#8217;attela donc à sa Bd mais on s&#8217;attachait à le décourager, à l&#8217;inciter à revenir au coloriage, ses anciens collègues cessèrent de lui téléphoner tandis que sa femme commençait à le faire chier, de sorte que sa BD, avança de plus en plus difficilement et qu&#8217;il ne put jamais dépasser le stade de l&#8217;ébauche.</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/10/BD3-t.jpg" alt="BD3-t" title="BD3-t" width="600" height="818" class="alignleft size-full wp-image-3040" /></p>
<p>Les scènes se multipliaient avec sa femme qui lui reprochait de ne plus avoir la bite assez dure et le compte en banque assez rempli.<br />
Il trouva un emploi de prof dans un lycée de banlieue, enseignant le dessin à de jeunes cons destinés aux écoles de commerce. Sa femme finit par le larguer, emportant ses deux gosses, ce qui le soulagea, mais l&#8217;obligeant à lui verser une pension, ce qui le déprima.</p>
<p>C&#8217;est à cette époque que je fis sa connaissance. D&#8217;abord, je suivais de loin son errance, le photographiant à son insu.</p>
<p><img id="image445" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2007/07/img476.jpg" alt="img476.jpg" width="536" height="350" /></p>
<p>Puis, un jour que je m&#8217;étais approché d&#8217;un peu trop près pour enclencher, entendant le bruit de basculement du miroir, il se retournât et me demanda ce que je faisais. Lui répondant que mon travail était de fixer sur l&#8217;argent les fantômes, il me traita de fou et ce fût ainsi que nous devînmes amis.</p>
<p>Il finit par abandonner sa BD, c&#8217;était trop long, cela n&#8217;interessait personne. Et puis à quoi bon dessiner sa propre errance tandis que moi, je me trouvais toujours derrière lui à photographier la sienne ?</p>
<p>Il était plus mytérieux que ce fût un autre qui le vît de dos plutôt que de se représenter soi-même ainsi</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-2301" title="Sans titre-1 copie" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/09/Sans-titre-1-copie.jpg" alt="Sans titre-1 copie" width="580" height="837" /></p>
<p>Il ne voulut cependant pas laisser le dessin et la peinture</p>
<p><img id="image948" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/04/p1030724b.JPG" alt="p1030724b.JPG" width="650" height="845" /></p>
<p>mais il ne vendit rien.</p>
<p>On lui conseilla plutôt d&#8217;exposer des serpillières , la mode était aux installations. Quelques rares personnes venaient chez lui pour voir ses travaux. Un jour quelqu&#8217;un lui demanda un tableau pour boucher un trou. Un autre lui demanda de copier cette image</p>
<p><img id="image191" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2007/02/img365.jpg" alt="img365.jpg" width="380" height="300" /></p>
<p>Sa femme tenta un raccommodement prête à reprendre la vie commune à condition qu&#8217;il devint plus raisonnable. Il l&#8217;envoya paître, elle le traita de raté, il ne la revît plus.</p>
<p>Il reprît de plus belle ses promenades sans but, réflechissant toujours plus à cette question du ratage. Il fit cette constatation que le ratage était par excellence l&#8217;expérience ontologique. Il crut comprendre que vous laissant une pesanteur sur le coeur, il décapait les couches de contingences et vous faisait toucher du doigt l&#8217;inutile poids de votre être et de son irréductible présence au monde. Il en conclût que nous étions tous des ratés parce que nous tenions pour insupportable l&#8217;appel de l&#8217;être, ne serait-ce que par la réplétion dans l&#8217;acquis où nous affrontions le poids du vide.</p>
<p>Alors il décida qu&#8217;il passerait beaucoup plus de temps à se faire chier car il lui semblait que c&#8217;était là sa vraie vocation.</p>
<p>Ayant giflé un jeune ignare qui lui avait déclaré préferer les mangas et les tags à Van Eyck, le proviseur exigea qu&#8217;il fît des excuses aux parents, il cracha sur le proviseur et perdit son poste.<br />
Il n&#8217; abandonna pas tout de suite les travaux plastiques et curieusement sa touche devenait plus douce à mesure qu&#8217; augmentait la misère ainsi que l&#8217;obsession du suicide.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-2242" title="P1070112c gggf" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/09/P1070112c-gggf.jpg" alt="P1070112c gggf" width="650" height="912" /></p>
<p>Cet irréductible poids sur le coeur issu de ses ambitions meurtries agissait comme une sorte d&#8217;anesthésie qui lui permettait de planer sur le monde.</p>
<p>Du coup sa manière s&#8217; allégea</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-2205" title="Orcian25410" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/09/Orcian25410.jpeg" alt="Orcian25410" width="650" height="849" /></p>
<p>La synthèse le conduisit vers le spectral et le spectral vers la pure inaction le menant à contempler la beauté du temps qui détruit.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-2257" title="P1070097ccc" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/09/P1070097ccc.jpg" alt="P1070097ccc" width="650" height="433" /></p>
<p>La dernière fois que je le vis, il était debout au beau milieu d&#8217;une place publique. Etait-ce lui? Je ne peux dire. J&#8217;entendais une voix qui me chuchottait qu&#8217;il restait encore quelque chose à exprimer. On se mît alors à pisser sur le sol tandis que l&#8217;on m&#8217;invitait à photographier les traces qui déjà commençaient à s&#8217; évaporer sous la chaleur.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-2229" title="P1060950ac" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/09/P1060950ac.jpg" alt="P1060950ac" width="660" height="440" /></p>
<p>Comme j&#8217;avais pris ma photo, je me tournai vers lui et déjà il s&#8217;éloignait.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-2259" title="img005" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/09/img005.jpg" alt="img005" width="518" height="789" /></p>
<p>Je lui demandai où il allait, il me répondit d&#8217;aller me faire foutre.</p>
<p>Puis, relevant la tête, je vis qu&#8217;il n&#8217;était plus là ou plutôt, je crus voir sa silhouette, très loin au dessus de la route où je me tenais immobile</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/10/img017d1.jpg" alt="img017d" title="img017d" width="495" height="740" class="alignnone size-full wp-image-2439" /></a></p>
<p>Le lendemain, j&#8217;apprenais qu &#8216;un mois plus tôt, la police avait retrouvé son cadavre, quelque part dans cette ruine</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1946" title="ruine" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/08/ruine.jpg" alt="ruine" width="425" height="258" /></p>
<p>où il fut assasiné de trois coups de couteau par une bande de clodos qui espéraient trouver quelque chose dans ses poches vides, complètement aveugles à la classe qu&#8217;il avait acquise, et ne voyant que l&#8217;argent auquel il avait depuis longtemps renoncé.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-2296" title="Orc39" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/09/Orc39.jpg" alt="Orc39" width="580" height="1032" /></p>
<p>Voir aussi sa galerie: <a  href="http://falcophil.info/ifotos/?dir=ORCIAN">ici</a></p>
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		<title>VASES PERDUS</title>
		<link>http://falcophil.info/blog/photos-de-vacance/</link>
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		<pubDate>Mon, 31 Aug 2009 18:19:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Falcophil</dc:creator>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>
		<category><![CDATA[Ajouter un tag]]></category>
		<category><![CDATA[toile]]></category>

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		<description><![CDATA[Une probable erreur de manipulation a entraîné la disparition de toutes nos discussions relatives au précédent article, lui-aussi évaporé et qui avait pour titre &#8220;VASES BRISES&#8221; lesquels sont ainsi devenus des &#8220;VASES PERDUS&#8221;.
Dommage.
Les réflexions des intervenants étaient pourtant interessantes, notamment celles de Cristina employant à propos de ces deux portraits

les termes d&#8217; &#8220;ontologie&#8221; et de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Une probable erreur de manipulation a entraîné la disparition de toutes nos discussions relatives au précédent article, lui-aussi évaporé et qui avait pour titre &#8220;VASES BRISES&#8221; lesquels sont ainsi devenus des &#8220;VASES PERDUS&#8221;.</p>
<p>Dommage.</p>
<p>Les réflexions des intervenants étaient pourtant interessantes, notamment celles de Cristina employant à propos de ces deux portraits</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1776" title="untitled-1" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/08/untitled-1.jpg" alt="" width="400" height="1051" /></p>
<p>les termes d&#8217; &#8220;ontologie&#8221; et de &#8220;phénoménologie&#8221;</p>
<p><span id="more-1760"></span></p>
<p>termes peut-être inadéquats mais restant tout de même utiles dans l&#8217;optique d&#8217;une approche plus serrée de démarches artistiques à l&#8217;esprit opposé. Au cours du précédent billet, nous en étions en effet venus à évoquer l&#8217;une des 5 dichotomies exposées dans un célèbre ouvrage dont il fut déjà question</p>
<p><a  href="http://falcophil.info/blog/en-relisant-wolfflin/">http://falcophil.info/blog/en-relisant-wolfflin/</a></p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1047" title="img7433" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/06/img7433.jpg" alt="" width="388" height="488" /></p>
<p>Classicisme = forme fermée</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1757" title="p1060443b" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/07/p1060443b.jpg" alt="" width="580" height="824" /></p>
<p>Baroque= forme ouverte</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1758" title="p1060440a" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/07/p1060440a.jpg" alt="" width="580" height="770" /></p>
<p>La plupart des intervenants prenaient bien sûr la défense de la forme ouverte, celle-ci , au travers de la brisure ne pouvant se comprendre que comme libération à l&#8217;égard de l&#8217; espace clos qui étouffe l&#8217;élan de la vie et gêne le dynamisme créateur.</p>
<p>C&#8217;est à l&#8217;occasion d&#8217;une nouvelle visite chez mon ami Paul Orcian que j&#8217;ai songé à cette idée d&#8217;illustrer de façon plus pratique ces discussions relatives à ce type d&#8217;ambivalence.</p>
<p>Ma première visite dans le taudis servant de logis à Orcian avait déjà été relatée l&#8217;année dernière,</p>
<p><a  href="http://falcophil.info/blog/lebenswelt-2/">http://falcophil.info/blog/lebenswelt-2/</a></p>
<p>Ayant revu Orcian il y a quelque temps, il avait tenu à ce que je lui fasse une nouvelle visite car il souhaitait me montrer au travers de la nouvelle orientation prise par son travail à quel point j&#8217;avais tort en soutenant une conception fermée de la forme.</p>
<p>Quand je parle de la nouvelle orientation du travail d&#8217;Orcian , je force certes un peu trop l&#8217;expression. Jadis Orcian travaillait dans une veine figurative</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1919" title="Acedia9" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/08/Acedia9.jpg" alt="Acedia9" width="675" height="518" /></p>
<p><a  href="http://falcophil.info/ifotos/?dir=ORCIAN">http://falcophil.info/ifotos/?dir=ORCIAN</a></p>
<p>qu&#8217;il a fini par abandonner, préférant désormais, comme nous allons le voir, opter pour le moindre effort.</p>
<p>ORCIAN passe maintenant son temps à squatter des appartements abandonnés en instance de démolition.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1946" title="ruine" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/08/ruine.jpg" alt="ruine" width="425" height="258" /></p>
<p>Inutile de frapper à sa porte, Orcian n&#8217;a plus de porte et quand on en trouve une, elle n&#8217;a pas de serrure mais peu importe, notre bonhomme s&#8217;en fiche, il n&#8217; y a rien à voler chez lui parce qu&#8217;il n&#8217;a plus de chez lui.</p>
<p>Je le trouve donc au milieu d&#8217;une pièce dans un état d&#8217;ébriété suffisamment avancé pour qu&#8217;il peine à me remettre. La scène me touche car elle me rappelle un dessin de lui que je possède</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-2026" title="orciana2" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/08/orciana2.jpg" alt="orciana2" width="540" height="826" /></p>
<p>datant de cette heureuse époque où il s&#8217;adonnait au travail, trop occupé à représenter le désespoir pour se laisser gagner par la déchéance.</p>
<p>D&#8217;une voix hésitante, entrecoupé de hics et de rots, il me soutient qu&#8217;il travaille encore d&#8217;une certaine manière. Il tend alors l&#8217;index, me désigne le mur, m&#8217;invitant à le photographier car c&#8217;est là que se trouverait selon lui sa nouvelle démarche.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1775" title="p1060686a" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/08/p1060686a.jpg" alt="" width="670" height="442" /></p>
<p>Il poursuit en me précisant que son seul et unique travail consiste désormais à observer les configurations toujours changeantes opérées par les ravages du temps au coeur des bâtisses vides et délabrées qu&#8217;il occupe précairement, avant d&#8217;être tôt ou tard expulsé. Il avoue avoir été emballé par la démarche de Clash qu&#8217;il m&#8217;est arrivé plusieurs fois d&#8217;évoquer dans le présent blog</p>
<p><a  href="http://falcophil.info/blog/quod-ergo-deus-coniunxit/#comment-760">http://falcophil.info/blog/quod-ergo-deus-coniunxit/#comment-760</a>  </p>
<p>et je commence alors à saisir.</p>
<p>Cette néfaste influence alliée à la malchance et à l&#8217;incompréhension d&#8217;un monde imbécile pour qui l&#8217;art oscille entre impressionnisme et Damien Hirst, a donc eu raison de l&#8217;énergie créatrice de mon ami car voici ce qu&#8217;est devenue sa démarche :</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1773" title="p1060692a" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/08/p1060692a.jpg" alt="" width="675" height="424" /></p>
<p>C&#8217;est dans une sorte de passivité jubilatoire qu&#8217;il contemple la beauté qui émerge sous l&#8217;action du temps qui détruit, travail de sape qu&#8217;il m&#8217;invite à photographier :</p>
<p><img id="image662" height=430 width=573 alt=decrepitude01.jpg src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2007/10/decrepitude01.jpg" /></p>
<p>La thèse de mon ami est simple. L&#8217;action de la vie passe par l &#8216;action du temps et l&#8217;action du temps passe par les ravages que la chronologie opère sur la forme. Celle-ci doit donc en passer par la dégradation apportée par l&#8217;entropie pour être régénérée en s&#8217;ouvrant à l&#8217;action de la vie. La forme fermée que je défends ne peut donc que procéder d&#8217;un refus malsain de la vie.</p>
<p>Son état d&#8217;ébriété ne l&#8217;empêchant pas de discerner la moue de désaccord qu&#8217;esquissent mes lèvres, il semble soudain se déssoûler quelque peu et m&#8217;expose un simple exemple.</p>
<p>Me désignant un volet entrouvert,</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1772" title="p1060713cvc" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/08/p1060713cvc.jpg" alt="" width="478" height="717" /></p>
<p>il pointe d&#8217;abord son doigt là où la peinture n&#8217;est pas encore entamée.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1771" title="cxdfhfgtdhgfdf" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/08/cxdfhfgtdhgfdf.jpg" alt="" width="670" height="447" /></p>
<p>Quoi en effet, de plus monotone, de plus plat et de plus ennuyeux? C&#8217;est la forme fermée que je défends</p>
<p>Mais que la forme commence à s&#8217;ouvrir, au travers d&#8217;un peu de peinture qui s&#8217;écaille quelque part ailleurs sur le même volet</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1966" title="P1060883a" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/08/P1060883a.jpg" alt="P1060883a" width="675" height="506" /></p>
<p>et vous voyez aussitôt l&#8217;existence reprendre ses droit contre une forme qui de par la fermeture de son calme régulier ne faisait qu&#8217; emprisonner le flux de l&#8217; écoulement vital.<br />
Je tente de lui objecter que rien n&#8217;est monotone et que c &#8216;est la paresse du regard qui rend les choses ainsi . Concernant par exemple son volet, il n&#8217;était pas nécessaire de faire un gros plan sur sa partie dégradée pour le rendre captivant, la difficulté étant justement de trouver l&#8217;angle de vue sous lequel sa partie intacte pouvait devenir intéressante.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1780" title="p1010320b" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/08/p1010320b.jpg" alt="p1010320b" width="600" height="800" /></p>
<p>Alors qu&#8217; Orcian veut s&#8217;approcher pour voir en gros plan son volet qui se dégrade</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1803" title="P1060829c" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/08/P1060829c.jpg" alt="P1060829c" width="530" height="832" /></p>
<p>Moi je me recule pour voir au contraire ce même volet s&#8217;affirmer dans le mystère de la lumière qui l&#8217;éclaire.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1819" title="P1060836b" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/08/P1060836b.jpg" alt="P1060836b" width="540" height="765" /></p>
<p>Dans cette optique la lumière ne sera pas là pour désagreger la forme mais pour la purifier, la synthétiser, l&#8217;alléger de ses éléments superflus afin de la rendre plus dense et plus présente.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1824" title="P1060809f" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/08/P1060809f.jpg" alt="P1060809f" width="570" height="838" /></p>
<p>Pourtant rien n&#8217;y fait, sourd à mes objections mon ami ne veut pas en démordre, reste opiniâtre dans sa passion ruderale et m&#8217;invite alors à photographier d&#8217;autres aspects de sa baraque en ruine</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1777" title="p1060659a" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/08/p1060659a.jpg" alt="" width="679" height="453" /></p>
<p>Il me faut en effet admettre que je n&#8217;ai que l&#8217;embarras du choix, partout il n&#8217;y a que plâtre qui s&#8217; effrite, peinture qui s&#8217; émiette, lattes de bois mangées d&#8217;humidité. Ce dessin jadis exécuté par lui</p>
<p><a  href="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/05/vague.jpg" class="thickbox no_icon" rel="gallery-1760" title="vague"><img class="alignright size-full wp-image-971" title="vague" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/05/vague.jpg" alt="" width="500" height="666" /></a></p>
<p>rend assez bien compte de la misère de ces lieux qui depuis longtemps lui servent désormais de décors.</p>
<p>et il est indéniable que souvent les aléas des intempéries et les outrages du temps donnent sur les façades abimées des résultats que certains artistes abstraits n&#8217;auraient pas renié.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1927" title="P1060916xxxx" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/08/P1060916xxxx.jpg" alt="P1060916xxxx" width="675" height="450" /></p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1914" title="P1030935a" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/08/P1030935a.jpg" alt="P1030935a" width="675" height="450" /></p>
<p>Autant j&#8217;éprouverai beaucoup de mal à tirer quelques photos interessantes des quelques rares parties intactes de son immeuble, autant partout là où c&#8217;est dégradé, je n&#8217;aurai qu&#8217;à enclencher pour obtenir une image sortant de l&#8217;ordinaire.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1923" title="P1060886b" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/08/P1060886b2.jpg" alt="P1060886b" width="675" height="450" /></p>
<p>Se figurant que je commence à me rendre à son opinion, Orcian s&#8217;enhardit alors pour se lancer dans une diatribe contre la bassesse du philistin. Les nombreux hoquets qui interrompent sa loghorrée chaotique me permettent tout de même de comprendre qu&#8217;il s&#8217;en prend maintenant au bourgeois stupide, à son esprit étroit et borné, aimant la propreté, les façades bien peintes et bien ravalées<br />
<img class="alignnone size-full wp-image-1876" title="Potgggggg" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/08/Potgggggg.jpg" alt="Potgggggg" width="400" height="266" />.</p>
<p>Voici l&#8217;ennui que l&#8217;on trouvera sur la sécurité indigente d&#8217;un mur de bourgeois</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1827" title="P1060701s" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/08/P1060701s.jpg" alt="P1060701s" width="678" height="376" /></p>
<p>et voici le crépitement de la vie que l&#8217;on trouvera sur la pauvreté d&#8217;un mur de poète</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1830" title="P1060701r" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/08/P1060701r1.jpg" alt="P1060701r" width="675" height="376" /></p>
<p>le créateur cherchera autant le sordide du toit délabré que le misérabilisme du mur pisseux et décrépi, l&#8217;avant goût de l&#8217;infini se trouvant là, dans ce qui donne le malaise de l&#8217;insécurité. Ce qui nous divertit, l&#8217;art du kitsch, peut-être que cela d&#8217;emblée nous rassénère voire nous rend gaie mais certainement que cela nous rabaisse et pour cette raison tôt ou tard cela finira par nous rendre triste . Inversement, l&#8217;art du poète qui nous rend d&#8217;emblée triste parce qu&#8217;il nous arrache à la rassurante mais combien médiocre réalité de nos routines , pour sûr toutefois qu&#8217;il finira tôt ou tard par nous donner la joie parce que c&#8217;est un art qui nous élève.</p>
<p>De même, le bourgeois pronera t&#8217;il la valeur du travail, alors qu&#8217;un vrai créateur vantera la fainéantise. Mon ami, rappelons le ne fait rien, il laisse faire, rien n&#8217; étant plus créatif que de laisser faire le temps,</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1979" title="IMGP3793a" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/08/IMGP3793a.jpg" alt="IMGP3793a" width="675" height="566" /></p>
<p>les choses se modifiant d&#8217;elle même, de façon plus efficace que tous nos efforts prétentieux,</p>
<p>mon ami est humble, il se contente de n&#8217;être rien, c&#8217;est déjà beaucoup car de par le rien , il rejoint le simple fait d&#8217; &#8220;exister&#8221; à l&#8217;état pur.</p>
<p>Attardons nous un peu sur ce terme &#8220;exister&#8221;. De quoi parle t&#8217;il au juste ? Il existerait quant il contemple telle partie déglinguée des lieux qu&#8217;il habite mais il existerait moins quand il contemple quelque chose d&#8217;intact?</p>
<p>Qu&#8217;est à dire ?</p>
<p>Que je me serve d&#8217;un morceau pourri de sa maison pour forger ensuite cette image,</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/08/rect2a1.jpg" alt="rect2a" title="rect2a" width="661" height="411" class="alignnone size-full wp-image-2143" /></a></p>
<p>j&#8217;&#8221;y gagnerai certes en excitation visuelle mais cette image suivante,</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1935" title="rectoji" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/08/rectoji.jpg" alt="rectoji" width="675" height="419" /></p>
<p>m&#8217;indiquerait de façon sourde que la part d&#8217;intelligible dans le visuel sera en proportion d&#8217;un certain gommage d&#8217;existence. Si la première image s&#8217;attardera sur une horizontalité de l&#8217;étant, le seconde tentera dans l&#8217;étant une certaine percée vers l&#8217; être.</p>
<p>Dans le cadre d&#8217;un autre billet consacré à l&#8217;extase de Sainte Thèrèse par le Bernin</p>
<p><a  href="http://falcophil.info/blog/456/">http://falcophil.info/blog/456/</a></p>
<p>Il avait été noté que les termes expression et extase présentaient ce même préfixe, &#8220;ex&#8221; signifiant , &#8220;en dehors&#8221; , la même remarque vaut pour le terme d&#8217;existence tout comme pour le terme d&#8217; excitant. Un art de l&#8217;expressivité tel qu&#8217;il se mit en place à partir du baroque et tel qu&#8217;il culmina avec maintes formes de l&#8217;expressionnisme contemporain relève ainsi d&#8217;une approche où la forme n &#8216;enrobe plus le mystère absolu de l&#8217;unité qui la sous tend  mais veut au contraire extérioriser cet absolu au travers du déroulement et du processus même de l&#8217;apparaître.</p>
<p>Que les mots existence et excitant présentent le même préfixe &#8220;ex&#8221; suffirait ainsi pour mieux saisir le lien qui unit les deux termes. Plus je suis excité plus j&#8217;existe et plus j&#8217;existe plus je suis &#8220;ex&#8221; c&#8217;est à dire en dehors de&#8230;De quoi donc?</p>
<p>De Moi-Même.</p>
<p>Moi-même?</p>
<p>C&#8217;est à dire?</p>
<p>Qu&#8217;est ce que &#8220;Moi-même&#8221;?</p>
<p>Si je réponds &#8220;rien&#8221;, je garde l&#8217;intuition tenace qu&#8217;il ya tout de même quelque-chose.<br />
Si je dis &#8220;quelque-chose&#8221;, naît alors la crainte qu&#8217;il n&#8217;y ait rien.<br />
D&#8217;où cette idée que &#8220;Rien&#8221; et &#8220;Quelque-chose&#8221; seraient deux termes qui s&#8217;entrelacent tellement qu&#8217;ils en deviennent synonymes. Que nous tentions de comprendre ce paradoxe et nous aurons aussitôt le sentiment que notre tête va éclater. Les contraires ne peuvent se rencontrer que sur un point situé vers l&#8217;infini et nous éclaterons tout autant si nous tentons d&#8217;atteindre l&#8217;infini, de sorte que si l&#8217;infini où se concilient les contraires ne peut être que suggéré, il ne le sera en ce cas que par quelque chose de non-éclaté, par la plénitude de la forme. Telle plénitude de l&#8217;objet</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1757" title="p1060443b" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/07/p1060443b.jpg" alt="" width="580" height="824" /></p>
<p>pourra dès lors suggérer du non visuel qui se présente à la vue mais qui ne peut intuitivement qu&#8217; être saisi par l&#8217;esprit. Je peux ainsi percevoir la totalité de cette objet mais ce à quoi renvoie cette totalité, à savoir, la substance, l&#8217;unité, l&#8217;individualité , l&#8217;indivisibilité et l&#8217;essence ne sont que de l&#8217;ordre de l&#8217;invisible et du caché. L&#8217;unité du vase où est-elle ? partout et nulle part, elle subsiste à la fois comme évidence et comme secret.</p>
<p>Que je brise maintenant la totalité de l&#8217;objet dans la totalité de sa forme:</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1758" title="p1060440a" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/07/p1060440a.jpg" alt="" width="580" height="770" /></p>
<p>quelque chose alors s&#8217;en va de son unité, de son essence, de sa substance, quelque chose se perd de son secret . Son &#8220;invisible raison d&#8217;être&#8221; s&#8217;évapore au travers de la blessure et de la béance que je viens d&#8217;infliger à la forme.</p>
<p>Saisir ainsi dans sa totalité ce contre-vent</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1975" title="P1060894a" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/08/P1060894a.jpg" alt="P1060894a" width="500" height="845" /></p>
<p>C&#8217;est le saisir dans le mystère qui sous-tend sa forme</p>
<p>Le saisir au travers des blessures que les intempéries infligent à sa forme</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1803" title="P1060829c" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/08/P1060829c.jpg" alt="P1060829c" width="530" height="832" /></p>
<p>C&#8217;est le saisir au travers des accidents provenent des contingences &#8220;ex&#8221; térieures.</p>
<p>Dans le 1er cas, l&#8217;objet sera davantage contemplé que perçu alors que dans le second, il sera beaucoup plus perçu que contemplé.</p>
<p>Partout donc, là où le temps fait ses ravages, Orcian cherchera le titillement par la perception ainsi que l&#8217;influx nerveux émoustillant la fibre optique, il est, autrement dit, en phase avec une époque où l&#8217;existence est devenue l&#8217; être, par désacralisation, mise à jour du caché et sacralisation de la simple relativité de l&#8217;apparaître, esthétique du dévoilement, de la mise en scène qui est négation de la substance ou du moins de sa mise à nue au moyen du mode opératoire érigé en valeur absolue.</p>
<p>une image montrée la fois dernière</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1736" title="lisabettha7es-797094" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/07/lisabettha7es-797094.jpg" alt="" width="500" height="375" /><br />
<em>Scène de Loft Story</em></p>
<p>nous a suggéré combien la révélation de l&#8217;intime était décevante voire franchement sordide. La fille en question était pourtant assez belle pour qu&#8217;elle se rendit attrayante en masquant l&#8217;essentiel. Toute la séduction qu&#8217;opèrent certaines tenues est d&#8217;ailleurs là,</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1987" title="Marj" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/08/Marj.jpg" alt="Marj" width="331" height="500" /></p>
<p>le désir se nourrit de caché et donc de mystère et si la vie ne peut subsister sans désir, c&#8217;est bien qu&#8217; une partie inaccessible et cachée la met en mouvement. L&#8217;impudique quant à lui soulèvera pour regarder en dessous et  que verra t&#8217;il?  Quelque chose de fort décevant à vrai dire, un morceau de peau flasque et ridé, du Francis Bacon en somme, c&#8217;est la démarche expressionniste.</p>
<p>Le pudique préfèrera plutôt ne pas voir ce qu&#8217;il y a en dessous, non par timidité mais parce qu&#8217;il sait d&#8217;expérience qu &#8216;il faut montrer afin que l&#8217;essentiel n&#8217;en paraisse que davantage interdit à la vue, chose que notre époque aura bien du mal à comprendre, elle dont l&#8217;absence de pudeur et de retenue la porte à toujours prétendre dévoiler ce qu&#8217;il n&#8217;est pas permis de voir.</p>
<p>Quittant la minable bâtisse d&#8217;ORCIAN, je ne peux m&#8217;empêcher de songer à cette chambre aux ruines peinte au XVIIIème par Clérisseau et décorant la chambre d&#8217;un moine du couvent de La Trinité des Monts à Rome.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1990" title="img996" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/08/img996.jpg" alt="img996" width="590" height="598" /></p>
<p>Choses sans rapport de prime abord, la chambre de Clérisseau fut occupée par un contemplatif, la chambre d&#8217;Orcian est occupée par un éthylique</p>
<p><a  href="http://falcophil.info/blog/hors-piste/#comment-1206">mais que l&#8217;on regarde de plus près ces peintures en trompe l&#8217;oeil d&#8217;un palais antique ravagé par le temps, de voutes qui s&#8217; éffondrent, de colonnes qui se désagrègent et de plantes sauvages qui s&#8217;aggrippent aux murs délabrés. Verticales et horizontales se coupent certes encore à angle droit mais pourtant; quel plus bel exemple de forme ouverte consacrant la victoire de l&#8217;apparaître et le triomphe du devenir?</a></p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1991" title="img997" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/08/img997.jpg" alt="img997" width="570" height="585" /></p>
<p>Cette chambre peinte pour une cellule monacale était sans doute censée inviter l&#8217;esprit à réfléchir sur le mirage d&#8217;un monde éphémère</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1989" title="img998" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/08/img998.jpg" alt="img998" width="600" height="828" /></p>
<p>je me serais peut-être en ce cas trompé sur le compte d&#8217;Orcian. Il se pourrait en effet que nous nous trouvions ici en présence d&#8217; un ermite vivant seul dans ses ruines comme Saint Antoine dans ses hypogées, abîmé dans une intense méditation sur l&#8217; irréalité du monde.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1946" title="ruine" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/08/ruine.jpg" alt="ruine" width="425" height="258" /></p>
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		<title>MONT TESTACCIO.</title>
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		<pubDate>Tue, 19 May 2009 09:40:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Falcophil</dc:creator>
				<category><![CDATA[Art baroque]]></category>
		<category><![CDATA[Art chinois]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie esthétique]]></category>
		<category><![CDATA[Photographie contemporaine]]></category>
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		<description><![CDATA[&#8220;Restez donc dans vos nuages à l&#8217;écart des réalités , pauvre petit poète&#8230;. Pour que vous fassiez preuve d&#8217;une telle manque de réalisme votre gîte doit probablement être bien boueux!&#8230;.&#8221;
C&#8217;est ainsi que la conversation précédente se terminait par cette remarque de compère Ichthus, psychanalyste en herbe. Je vivrais donc dans les nuages à force de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>&#8220;Restez donc dans vos nuages à l&#8217;écart des réalités , pauvre petit poète&#8230;. Pour que vous fassiez preuve d&#8217;une telle manque de réalisme votre gîte doit probablement être bien boueux!&#8230;.&#8221;</p>
<p>C&#8217;est ainsi que la conversation précédente se terminait par cette remarque de compère Ichthus, psychanalyste en herbe. Je vivrais donc dans les nuages à force de loger dans une bauge.</p>
<p>Il ya certes à cela une bonne part de vérité.<br />
Concernant d&#8217;abord la question de la bauge, je commencerai en relatant la suivante anecdote.</p>
<p>Une personne sur le point de partir pour Rome demande s&#8217;il est vrai que l&#8217;on peut jouir d&#8217;une magnifique vue de la ville, de la place Navone, juché sur le bord de la fontaine des quatre fleuves.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1660" title="fontaine-bernin" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/05/fontaine-bernin.jpg" alt="" width="380" height="273" /></p>
<p>Eberlué, je demande qui a bien pu lui raconter cette sottise car c&#8217;est comme si l&#8217;on prétendait avoir une belle vue de Paris , en se perchant sur le bord de la fontaine de la place Saint Michel.<br />
La personne me répond qu&#8217;elle l&#8217;a lu dans&#8230;.</p>
<p><span id="more-1641"></span></p>
<p>&#8230;.ce roman :</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1649" title="brown" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/05/brown.jpg" alt="" width="400" height="674" /></p>
<p>Quelques instants je reste sceptique tant j&#8217;ai du mal à croire que l&#8217;on puisse écrire un livre ayant pour cadre des lieux dont on ne prend même pas soin de vérifier la topographie. Voyant mon air incrédule , mon interlocuteur se dit prêt à m&#8217;apporter le livre mais je l&#8217;arrête aussitôt. En fait, je le crois sans peine, ayant lu le &#8220;da Vinci code&#8221;, je ne connais que trop l&#8217;amas de bêtises et d&#8217; erreurs que peut comporter ce genre de littérature.</p>
<p>Je suis à vrai dire effrayé par ce pouvoir sans précédent de la confrérie de l&#8217; insignifiance et de l&#8217;insanité. Tandis que le vrai talent se sert de moyens légers pour un message fort, la médiocrité pallie la faiblesse du message par des moyens lourds.</p>
<p>L&#8217;image est effectivement d&#8217;autant plus artistique qu&#8217;elle parle d&#8217;une voix basse qui nous élève</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1665" title="img961" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/05/img961.jpg" alt="" width="600" height="637" /></p>
<p>tandis qu&#8217;elle dégénère en propagande lorsqu&#8217;elle parle d&#8217;une voix haute qui nous abaisse</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1684" title="unclesam" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/05/unclesam.jpg" alt="" width="554" height="610" /></p>
<p>C&#8217;est ainsi qu&#8217;une pauvre chose comme le da Vinci code bénéficiera de toute la brutalité de la propagande publicitaire et de la machinerie hollywoodienne, enrôlant le fracas de 1000 tonnes au service de son inconsistance, le véritable génie littéraire, quant à lui, ne s&#8217;appuyant que sur la seule force d&#8217;une plume, d&#8217;impact immédiat inévitablement limité dans un monde où l&#8217;on sacrifie au Dieu du commerce ou de l&#8217;évènement, ce qui est synonyme.<br />
Quelques lignes suffisent à Borges pour dire beaucoup, alors que des centaines de pages semblent ne pas suffire à Brown pour ne rien dire.</p>
<p>Convenons d&#8217;abord que saisir les choses délicates requiert la fatigue de nous hisser sur la pointe de l&#8217;esprit alors que se montrer sensible aux choses pesantes comme le tapage médiatique ne demande aucun effort de sorte que la différence entre délicatesse et pesanteur recoupera ce qui sépare la propreté de la saleté. Laver son corps ainsi que son logis demande en effet un effort toujours renouvelé tandis que la paresse constitue la meilleure pente vers la crasse et l&#8217;auge à cochon. Nous en arrivons ainsi à la question de la bauge car de tout cela nous en déduirons sans peine que par la Grand-Messe autour de Dan Brown, de Tom Hanks ou du journal de 20 heures faisant la publicité des deux premiers, l&#8217;homogénéité du groupe se soude autour de la porcherie et c &#8216;est alors que nous allons peut-être enfin trouver ce que nous cherchions la fois dernière, cet infini au sein duquel on pourrait réconcilier les humains.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1653" title="porch" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/05/porch.jpg" alt="" width="551" height="642" /></p>
<p>Nous aurions donc ici le possible Messie des temps modernes, tant par le virus qui pourrait tuer le corps que par le microbe qui peut anéantir l&#8217;esprit.</p>
<p>Quoiqu&#8217;il en soit, il eut tout de même fallu suggérer à Dan Brown d&#8217;autres endroits que la fontaine du Bernin pour avoir une belle vue sur Rome. Par exemple le Mont Testaccio, ancienne décharge où les romains venaient jeter leurs amphores cassées. L&#8217;accumulation des déchets devait finir par former une colline de 30 mètres de hauteur. On raconte que Nicolas Poussin montait souvent sur son sommet pour dessiner des vues de Rome.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1655" title="poussin-dessin" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/05/poussin-dessin.jpg" alt="" width="655" height="440" /></p>
<p>La parabole est savoureuse. Un artiste montant sur un amas d&#8217;ordure pour créer. Amas de détritus produits par ses semblables, dont il s&#8217;asseoit sur le faîte, son regard portant d&#8217;autant plus loin que serait élevée la décharge qu&#8217; aurait bâti son détachement.</p>
<p>Inutile donc d&#8217;en dire plus sur Dan Brown ainsi que sur le dernier probable navet tiré de ses inepties. J&#8217;en fais aussitôt une amphore cassée, jetée parmi tant d&#8217;autres sur mon propre Mont Testaccio. En ce sens , tout ce qui fait &#8220;évènement&#8221; et passe donc au journal de 20, heures m&#8217;apporte autant de matériaux pour alimenter ma décharge, Il n&#8217;y a pas d&#8217;émotion sans évènement et pas d&#8217;évènement sans émotion de sorte que les deux relèvent du déchet que doit fouler du pied quiconque aspire à quelques cîmes. Pendant que l&#8217;on discute ou s&#8217;affole au sujet de n&#8217;importe quoi, éventuelle pandémie, crise financière, exposition Truc ou dernier film de Machin, je rêve à l&#8217;homme juché sur une montagne de vases brisés au travers de l&#8217; artiste obsédé par des travaux n&#8217;ayant rien à voir avec les goûts et préoccupations du jour. Nous en arrivons alors au deuxième point de la remarque d&#8217;Ichthus, mon désir de rester dans les nuages.</p>
<p>Dans le Gai Savoir, Nietzsche recommande de vivre &#8220;ignorant de ce qui paraît le plus important à ton époque&#8221; et de mettre &#8220;l&#8217;épaisseur d&#8217;au moins trois siècles entre elle et toi&#8221;</p>
<p>Trois siècles ?</p>
<p>C&#8217;est encore trop peu ; entre mon époque et moi c&#8217;est au moins mille ans que je voudrais placer.</p>
<p>Il m&#8217;arrive souvent de forger tel esprit ayant vécu il y a fort longtemps</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1647" title="img958-copy" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/05/img958-copy.jpg" alt="" width="580" height="706" /></p>
<p>tellement hors de son temps qu&#8217;il pouvait s&#8217;arracher aux formes contemporaines pour se les représenter ainsi :</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1648" title="img959" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/05/img959.jpg" alt="" width="580" height="787" /></p>
<p>Si, selon cette juste remarque de Diderot, un monument devient plus intéressant quand il est ruiné, c&#8217;est que la ruine en tant qu&#8217;oeuvre d&#8217;un polissage érodant est expression d&#8217;une quintescence analogue à ce qu&#8217;opère en nous la nostalgie née du souvenir.</p>
<p>Il n&#8217;est pas de meilleure poésie que le souvenir, chacun est le poète de sa vie, au moyen de la décantation qu&#8217;opère la mémoire. A l&#8217; immédiateté de l&#8217;évènement faisant appel à l&#8217;émotion s&#8217;oppose le lointain du souvenir qui réduit l&#8217;évènement au flottement d&#8217;un duvet parce qu&#8217;il efface notre superficielle subsjectivité qui s&#8217;y rattache. L&#8217;art est alors moyen d&#8217;accélérer le processus mnémonique par lequel on extraie un peu du noyau invisible de sa gangue de matière et d&#8217;instabilité passionnelle.</p>
<p>D&#8217;une scène présente, Atget tire aussitôt un souvenir de plusieurs siècles.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1113" title="img788" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/08/img788.jpg" alt="" width="660" height="522" /></p>
<p>Et d&#8217;un souvenir de plusieurs siècles, je m&#8217;efforce quant à moi d&#8217;ajouter d&#8217;autres siècles</p>
<p><a  href="http://falcophil.info/ifotos/?dir=Cataclysmes&#038;pic=Errance2">http://falcophil.info/ifotos/?dir=Cataclysmes&amp;pic=Errance2</a></p>
<p>pour atteindre l&#8217; impassibilité du glacier, du désert et de la lune.</p>
<p>Serais-je donc à ce point dénué d&#8217; humanité?</p>
<p>Je répondrai sans hésiter que oui.</p>
<p>Dans les moments où je tente de créer , je suis une véritable montagne d&#8217;indifférence,</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1698" title="ret" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/06/ret.jpg" alt="" width="470" height="313" /></p>
<p>tout ce qui vit m&#8217; importune</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/06/jabaral2a.jpg" alt="" title="jabaral2a" width="470" height="739" class="alignnone size-full wp-image-1716" /></a></p>
<p>Crise, guerre ou pandémie, peu m&#8217;en chaut de tout ce qui peut arriver,</p>
<p>tenter d&#8217; être artiste, c&#8217;est avant tout aspirer à ne plus se sentir concerné par ce qui intéresse les humains</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1709" title="jabaralan" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/06/jabaralan.jpg" alt="" width="470" height="719" /></p>
<p>parce que l&#8217;on est uniquement préoccupé de ce qui pourrait les racheter.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1700" title="jaba-6" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/06/jaba-6.jpg" alt="" width="470" height="273" /></p>
<p>Je songe à ce philosophe de l&#8217;ancienne Chine du nom de Lu Yu qui s&#8217;était retiré dans la montagne pour vivre en ermite. Il eut pour maître un certain Chang Li, autre sage de renom vivant lui aussi en reclus pour s&#8217;abîmer dans le vol d&#8217;une mouche, ainsi que Wang Pei qui à l&#8217;age de 20 ans abandonna une prometteuse carrière de fonctionnaire pour passer le restant de sa vie à regarder un petit caillou posé sur le bord d&#8217; un ruisseau.<br />
A l&#8217;instar de ses maîtres, Lu Yu ne proférait ni parole contre le monde et les hommes , ni jugement sur les évènements et l&#8217;histoire. En fait, il ne parlait pas. Sa seule occupation consistait à boire du thé, là était toute l&#8217;essence de son enseignement, le thé. On lui rendait visite uniquement pour le regarder boire son thé et l&#8217;on repartait, quelque temps soulagé de sa peine, car l&#8217;on devinait à cette manière si unique et si apaisante avec laquelle Lu Yu préparait son thé, le servait puis le buvait en silence, qu&#8217;il avait érigé cette pauvre activité au rang d&#8217;une sagesse et d&#8217;un art.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1677" title="img9641" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/05/img9641.jpg" alt="" width="630" height="637" /></p>
<p>J&#8217;ai en bonne partie forgé cette histoire mais elle rend très bien compte de ce dont j&#8217;entends parler. Il ne s&#8217;agit pas d&#8217;être &#8220;obsédé&#8221; au sens d&#8217;être mis hors du monde par une idée fixe vous enchaînant à quelques fragments retranchés mais de cette transubstantiation en vertu de laquelle la chose la plus humble, mouche, thé ou caillou, devient comme un soleil irradiant le rythme et l&#8217;équilibre fondamental d&#8217;une densité qui satellise les idées, les faits et les gestes et vous place alors de plein pied dans une sorte de terre commune.</p>
<p>Voltaire écrivant son poème sur le désastre de Lisbonne, s&#8217;exclame, se lamente et s&#8217;indigne sur la mort de milliers d&#8217;innocents. Ce faisant, il est certes humain mais il n&#8217;est pas poète car Voltaire a beau être humain, il n&#8217;en demeure pas moins que son poème est un très mauvais poème pour ne pas dire un poème franchement raté. Une véritable réussite artistique eut sans doute exigé moins de mouvements d&#8217;indignations et plus de froideur détachée. Nous l&#8217;avions déjà quelque peu évoqué lors d&#8217;un précédent billet</p>
<p><a  href="http://falcophil.info/blog/aaaaa/">http://falcophil.info/blog/aaaaa/<br />
</a></p>
<p>adhérer à l&#8217;événement est la meilleure façon pour rater un travail artistique. L&#8217;art est recherche patiente et tâtonnante, quête de longue haleine qui nécessite recul et distance et ne peut donc que trouver moins de terreau fertile à son éclosion face à ces continuelles sollicitations du monde moderne et de ses médias, toute chose, aujourd&#8217;hui amplifiée par internet, exigeant d&#8217;être immédiatement &#8220;informé&#8221; et de réagir aussitôt à n&#8217;importe quoi.</p>
<p>Mais le poète ne réagit pas, il rumine et son inhumanité est celle de l&#8217; immobile balancement d&#8217;une vache regardant passer l&#8217;humanité prétendue d&#8217;un train qui file, tandis que de sa rumination sortira peut-être un éclat de cet arcane similaire au silence inscrit au coeur du minéral où la pauvre vapeur de ma vie sent qu&#8217;elle peut déceler quelques indices de ses racines.</p>
<p>Le travail artistique présenterait en effet quelque chose de ce &#8220;mystère infiniment plus grave et plus vaste et plus lent que le destin de notre espèce passagère &#8221; évoqué par Roger Caillois dans ses &#8220;Pierres&#8221;. Si nous avons souvent l&#8217;impression que la ruine rejoint le minéral, c&#8217;est que la mystérieuse destinée qui la déforme et l&#8217;in forme semble l&#8217;orienter vers ce même undgrund, sorte d&#8217;échos muet du fond des âges se trouvant comme scellé par l&#8217; enrobé gourd de la plus humble caillasse et qui affleure dans ce travail du poète que Baudelaire qualifiait de &#8220;rêve de pierre&#8221;.</p>
<p><img id="image332" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2007/05/img426.jpg" alt="img426.jpg" width="370" height="500" /></p>
<p>Kafka comparait son état d&#8217;écrivain à celui d&#8217;une &#8220;statue qui regarde au loin et reste accrochée à son socle&#8221; et retrouvait, quelque temps plus tard avec plaisir, une remarque voisine dans la correspondance de Flaubert parlant de son roman comme d&#8217;un rocher.</p>
<p>Feuilletant le journal de Kafka, je suis en effet émerveillé de constater que le 2 aout 1914, il écrit:</p>
<p>&#8220;L&#8217; Allemagne a déclaré la guerre à la Russie. L&#8217;après-midi, piscine&#8221;.</p>
<p>Il n&#8217;a rien de plus à dire en ce jour où change le cours de l&#8217;histoire. Le monde bascule mais Franz se rend à la piscine ! Aussi étranger que Meurseault allant voir un film comique le jour où l&#8217;on enterre sa mère !</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1662" title="franz-kafka-v" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/05/franz-kafka-v.jpg" alt="" width="319" height="410" /></p>
<p>La guerre ne viendra pas infléchir ce ton global d&#8217; indifférence à l&#8217;histoire qu&#8217;il donne à son journal depuis 1910, année où il l&#8217;a commencé. Pendant toute la période du premier conflit mondial, alors qu&#8217;autour de lui s&#8217; effondre un empire, il ne formulera que quelques rares remarques sur les évènements militaires, perdues au milieu des fables , des paraboles et relations de rêves, d&#8217;états intérieurs ou d&#8217;évènements anodins. Un cheval tombé dans la rue lui semble plus important qu&#8217;une armée vaincue, le chapeau d&#8217;un passant lui donne plus à penser que la disparition d&#8217;un monde. Le journal s&#8217;interrompt en 1917 pour reprendre en 1919, pas un mot durant l&#8217;année 1918 où est pourtant proclamée l&#8217;indépendance de la Tchécoslovaquie. Je ne peux m&#8217;empêcher de mettre cela en rapport avec Louis XVI écrivant &#8220;Rien&#8221; dans son journal, au soir du 14 juillet 1789. L&#8217;historien rectifiera en rappelant qu&#8217;il ne s&#8217;agissait que d&#8217;un carnet de chasse où était notée la prise du gibier mais il me plait tout de même d&#8217;inventer un Louis XVI doté d&#8217;une âme d&#8217;esthète lorsqu&#8217;il plaquait le mot &#8220;Rien&#8221; sur le 14 juillet.</p>
<p>L &#8216;homme moderne obsédé par l&#8217;information sera peu réceptif à ce genre de remarque. Le monde contemporain est, entre autre annoncé par Hegel qui veut remplacer la prière du matin par la lecture du journal. Nous l&#8217;avons dit, le journal de 20 heures pourrait désormais assurer la communion du groupe autour de l&#8217;évènement contingent, parodie de la messe qui veut assurer l&#8217;union des croyants autour de l&#8217; évènement sacré.</p>
<p>Pourtant l&#8217;évènement politique répugne foncièrement à l&#8217;artiste. Verra-t&#8217;on un Michel-Ange condescendre au bas étage de la circonstance historique? Sauf quand il peint sur commande les faits d&#8217;arme du prince ou du roi, la spontaneité de l&#8217;artiste le porte davantage sur l&#8217;intemporel, s&#8217;il est italien ou, s&#8217;il est flamand,</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1624" title="epoux-arnolfini" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/03/epoux-arnolfini.jpg" alt="" width="590" height="809" /><br />
(Van Eyck : les époux Arnolfini)</p>
<p>vers l&#8217; insignifiance du détail, le terre à terre du quotidien, la mesquinerie de l&#8217;usuel,</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1683" title="vaneyxmin" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/05/vaneyxmin.jpg" alt="" width="645" height="417" /></p>
<p>la futilité de l&#8217;ustensile et le dérisoire du bibelot. C&#8217;est alors un regard de myope qui porte à voir le plus loin possible, l&#8217;essentiel est atteint par l&#8217; inessentiel du décors, le plus important vous regarde au sein du miroir de votre vanité</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1685" title="img967" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/05/img967.jpg" alt="" width="645" height="801" /></p>
<p>et le presque rien est une reflet du tout comme la flaque d&#8217;eau peut comprendre une partie du ciel, chose impossible pour tout un océan.</p>
<p>Le hollandais nous fascine quant à lui par son art de tirer l&#8217;anecdote vers l&#8217;anti-anecdotique et d&#8217;imprimer l&#8217;universel sur le vernaculaire. Vermeer regarde son époque pour mieux regarder ailleurs.<br />
Il n&#8217;en demeure pas moins que demander à l&#8217;artiste d&#8217;être fidèle témoin de son temps c&#8217;est exiger de lui qu&#8217;il prostitue son art pour satisfaire la curiosité historique des générations futures.</p>
<p>Curiosité fort légitime , la question n&#8217;est pas là, mais si nous voulons des détails sur la vie parisienne au XIX ème , adressons nous à la nullité artistique de certaines toiles de Jean Béraud, nous serons comblés par l&#8217;inventaire méticuleux d&#8217;un oeil d&#8217;ethnologue</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1679" title="jeanberaud" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/05/jeanberaud.jpg" alt="" width="500" height="346" /></p>
<p>mais nous le serons tout de même beaucoup moins avec Renoir</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1680" title="canotiers" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/05/canotiers.jpg" alt="" width="600" height="476" /></p>
<p>Et plus du tout avec Monet</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1681" title="monet" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/05/monet.gif" alt="" width="600" height="416" /></p>
<p>Preuve qu&#8217;à mesure que l&#8217;on se rapproche du génie artistique, on assiste au spectacle de l&#8217;homme qui entame son temps, l&#8217;évapore en fumée lumineuse, le dévêt de son adventice ou le casse en autant de débris d&#8217;accessoires, nécessaire pour construire sa colline, dans la subtile alchimie de son art.</p>
<p>Certes, il est des exceptions mais elles confirment la règle</p>
<p>La guerre de 30 ans eut pour témoin direct un Jacques Callot qui nous en narre le déroulement tragique par des gravures de toute beauté ,</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1546" title="jacques-callot" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/01/jacques-callot.jpg" alt="" width="639" height="292" /></p>
<p>En revanche un Georges de la Tour, lui aussi exact contemporain de l&#8217;évènement, de surcroît vivant en Lorraine et donc au coeur de la tourmente, préfère se désintéresser des malheurs du temps pour s&#8217;enfermer dans la pénombre de ses intérieurs.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1666" title="georgesdelatour" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/05/georgesdelatour.jpg" alt="" width="540" height="738" /></p>
<p>Mais que l&#8217;on juge alors qui de la Tour ou de Jacques Callot atteint au plus essentiel et qui, 4 siècles plus tard est encore capable de nous &#8220;parler&#8221; de chose qui nous touchent</p>
<p>A notre connaissance, le premier grand tableau du génie de l&#8217;art se voulant témoin de l&#8217;évènement contemporain, entendons par là, non plus l&#8217;évènement ayant pour centre le Prince ou le Roi mais l&#8217;homme ordinaire, fut &#8220;Très de Mayos&#8221; de Goya.</p>
<p><img id="image877" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/02/goya.jpg" alt="goya.jpg" width="630" height="488" /></p>
<p>On sait que Goya suivait de très près les événements politiques de l&#8217;Espagne. Révolté par l&#8217;oppression qu&#8217;imposaient les troupes de Napoléon, il peint alors ce tableau en 1814, à propos de faits sanguinaires survenus quelques jours plus tôt.</p>
<p>La même année, peut-être à la même époque, Gaspar David Friedrich peignit cette oeuvre.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1644" title="caspardavidfriedrich" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/05/caspardavidfriedrich.jpg" alt="" width="500" height="648" /></p>
<p>Posons nous une fois encore la question de savoir lequel de l&#8217;espagnol ou de l&#8217;allemand va le plus au fond des choses.</p>
<p>De même, en 1830 , année où Delacroix peindra son oeuvre la plus célèbre</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1668" title="delacroixliberte" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/05/delacroixliberte.jpg" alt="" width="630" height="510" /></p>
<p>, Friedrich, toujours lui, réalisera cette composition.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1669" title="friedrich" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/05/friedrich.jpg" alt="" width="630" height="470" /></p>
<p>Ce qu&#8217;il faut penser de cette ineptie de l&#8217;esprit universel montant un cheval, nous le demanderons à cette autre peinture chinoise de la fin de notre XIIIème siècle. L&#8217;auteur est anonyme mais je m&#8217; efforce de l&#8217;imaginer contemporain de cette période de troubles et de chaos où sombre la fin de la dynastie des Song sous les assauts des mongols. Là encore, l&#8217;historien aimerait des images témoignant de façon plus délectables que de médiocres illustrations</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1645" title="img956" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/05/img956.jpg" alt="" width="630" height="436" /></p>
<p>Mais une fois de plus, les vrais artistes du temps avaient sans doute autre chose à faire . Donc, notre créateur anonyme enrôlé dans l&#8217;armée impériale participe aux combats contre les hordes de Gengis Khan.<br />
Ecoeuré , il déserte et s&#8217;en va au loin, ignorant tout de sa destination.</p>
<p>Sur un chemin de montagne il rencontre Chang Li, maître de Lu Yu dont il fut question plus haut.<br />
Il demande à Chang Li de lui indiquer quelques lointaine retraite.<br />
Chang Li absorbé dans le vol d&#8217;une mouche ne répond pas. Un disciple présent avise l&#8217;anonyme qu&#8217;il doit pisser sur le Maître pour obtenir une réponse.<br />
L&#8217;anonyme s&#8217;exécute mais l&#8217;urine glisse sur Chang Li comme sur les plumes d&#8217;un canard.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1694" title="img968" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/05/img968.jpg" alt="" width="550" height="593" /></p>
<p>Sans perdre de vue le vol de la mouche, Chang Li soudain lève le bras et indique à l&#8217;anonyme une direction quelque part vers quelques pics.</p>
<p>L&#8217;anonyme se rend alors la-bas et n&#8217;en repartira plus. A l&#8217;écart de la malédiction de l&#8217;histoire, tenté par la philosophie, il préfère devenir un sage et renonçant aux phrases, il devient artiste.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1646" title="img957" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/05/img957.jpg" alt="" width="630" height="632" /></p>
<p>S&#8217;il y a une imposture de l&#8217;histoire, elle résiderait dans cette parodie d&#8217;ontologie que l&#8217;idéalisme allemand a cru pouvoir imposer au travers d&#8217;un devenir auquel on ne saurait conférer valeur de synthèse entre un être et un néant puisqu&#8217;en son instable écoulement où toute chose périt, ce devenir ne peut guère se différencier du néant. Kafka, pour en revenir à son journal, écrit, quelques jours après l&#8217;entrée en guerre des empires centraux, qu&#8217; hors de sa vie intérieure , tout le reste n&#8217;est qu&#8217;accessoire. Différencier l&#8217;événementiel du non évènementiel reviendrait alors à séparer l&#8217;accessoire de l&#8217;essentiel. Qu&#8217;est-ce en ce cas que l&#8217;essentiel et que l&#8217;accessoire ?</p>
<p><a  href="http://falcophil.info/blog/photos-et-thanatos/">Une ébauche de réponse fut déjà tentée </a></p>
<p>L&#8217;importance de la question est certes à la mesure de la déception apportée par les mots mais c&#8217;est sans doute que les mots eux mêmes ne sont pas essentiels. On tentera de répondre alors par les images, par exemple en comparant deux types de réalisations photographiques</p>
<p>L&#8217;une, un triptyque, pris en en Ulster, en 1972, par Don Mac cullin</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1659" title="imgdonmaccullinirlande" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/05/imgdonmaccullinirlande.jpg" alt="" width="400" height="805" /></p>
<p>Et l&#8217;autre, la même année par André kertesz</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1657" title="kertezs-martinique" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/05/kertezs-martinique.jpg" alt="" width="530" height="410" /></p>
<p>Et de nouveau la question réitérée:laquelle des deux va au plus essentiel ?</p>
<p>N&#8217;importe quelle guerre est tragique mais la guerre concerne t&#8217; elle l&#8217;essentiel ? Les hommes se querellent parce ce qu&#8217;il sont incapables de comprendre l&#8217;essentiel. L&#8217;accessoire aussi difficile et dangereuse soit souvent son approche, reste pente et loi de pesanteur.</p>
<p>Notons toutefois qu&#8217;être au milieu des circonstances et en tirer quelque chose s&#8217;approchant d&#8217;une essence &#8220;divine&#8221;, reste la plus difficile des démarches en ce qu&#8217;elle nécessite une certaine dose d&#8217;indifférence à l&#8217;évènement qui vous tire pourtant à lui par tous vos sens. Il n&#8217;est pas sûr en effet que Robert Capa juché sur son tertre pour prendre sa photo la plus célèbre,</p>
<p><img id="image674" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2007/10/capa_espagne.jpg" alt="capa_espagne.jpg" width="500" height="375" /></p>
<p>fut réellement impliqué dans l&#8217;évènement. Toutes sortes d&#8217; impératifs de composition, d&#8217;éclairage et de cadrage devaient exiger mise à distance et retrait du conflit au sein duquel le photographe demeurait pourtant physiquement présent. &#8220;Si ta photo est mauvaise, c&#8217;est que tu ne t&#8217;es pas assez approché du danger&#8221; avait-il coutume de dire. Le plus extraordinaire aurait été qu&#8217;au coeur même d&#8217;un chaos où il pouvait mourir à chaque instant, Capa fut aussi retiré au coeur de lui même qu&#8217;un Georges de la Tour réfugié au plus loin vers la bougie de son intérieur nocturne. D&#8217;où cette conclusion que rien ne pourrait rien contre vous puisque même la chose qui peut vous tuer porte en elle comme un reflet de votre propre essence inaltérable.</p>
<p>Doit -on en ce cas atteindre la plus extrême indifférence qui ferait de moi un phénomène d&#8217;égoisme? On pourrait alors suggérer qu&#8217;être perturbé par l&#8217;évènement serait une façon de penser à notre personne, entendons, notre pauvre petit personnage de chaire et d&#8217;os, tant celui-ci se trouve affecté par le contexte.</p>
<p>Au moment où j&#8217;écris cela, quelques personnes m&#8221;expriment leur crainte d&#8217;une éventuelle pandémie de grippe.</p>
<p>Si je me dis en effet que le virus H1N1 peut me tuer, je tremble pour ma personne. Mais si je le regarde au microscope et m&#8217;extasie sur la beauté de son apparence que je trouve digne des plus belles peintures d&#8217;un Wols</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1642" title="h_4_ill_1187317_897c_virus" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/05/h_4_ill_1187317_897c_virus.jpg" alt="" width="385" height="484" /></p>
<p>je tremble déjà moins pour ma carcasse.</p>
<p>Je rêve à l&#8217;artiste (Me le dire s&#8217;il existe et il doit sûrement exister) continuant de créer en se servant des représentations du danger viral ou microbien dont il sait qu&#8217;il lui sera fatal. Un célèbre humoriste</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1661" title="desproges" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/05/desproges.jpg" alt="" width="500" height="510" /></p>
<p>avait dit-on le courage de plaisanter sur ce qui le tuait à petit feu, là s&#8217;instaure l&#8217;authentique volonté de puissance, quand la présence de la menace létale d&#8217;une force naturelle devient la matière même de mon rêve ou de mon rire.</p>
<p>Matière, cela s&#8217;entend, constituée de fragments brisés car quand de la peur j&#8217;extrais la beauté</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1688" title="poste" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/05/poste.jpg" alt="" width="645" height="395" /></p>
<p>je fais d&#8217;une potentialité mortelle, une amphore brisée</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1689" title="10" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/05/10.jpg" alt="" width="645" height="444" /></p>
<p>et avec d&#8217;autres tessons de vases, j&#8217;édifie peu à peu le mont du haut duquel</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1690" title="8" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/05/8.jpg" alt="" width="645" height="445" /></p>
<p>je verrai peut-être un petit pan de la ville éternelle.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1712" title="h1n1-32" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/06/h1n1-32.jpeg" alt="" width="660" height="439" /></p>
<p>et alors je ne tremblerai plus du tout pour ma vie, du moins l&#8217;espace de quelques instants car être pour de bon délivré de la peur, demanderait d &#8216;être pour toujours délivré du besoin de faire des phrases et des images.</p>
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