<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>*******SOLUS SOLI*******</title>
	<atom:link href="http://falcophil.info/blog/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://falcophil.info/blog</link>
	<description>Philippe Falcone&#039;s blog</description>
	<lastBuildDate>Thu, 11 Feb 2010 12:34:59 +0000</lastBuildDate>
	<generator>http://wordpress.org/?v=2.8.4</generator>
	<language>en</language>
	<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
			<item>
		<title>SURNATUREL</title>
		<link>http://falcophil.info/blog/merveilles-du-nord-par-thierry/</link>
		<comments>http://falcophil.info/blog/merveilles-du-nord-par-thierry/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 03 Feb 2010 20:30:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Falcophil</dc:creator>
				<category><![CDATA[Art hollandais]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://falcophil.info/blog/?p=2998</guid>
		<description><![CDATA[Ce billet vient un peu tard puisqu&#8217;il prend prétexte d&#8217;une exposition organisée par la pinacothèque de Paris,

se terminant le 7 février prochain. Mais je tenais d&#8217;abord à réagir contre une remarque imbécile de la fois dernière qualifiant une telle peinture de

&#8220;victoire d’un réalisme séculier et d’un naturalisme positiviste et sordide où il est souvent malaisé [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ce billet vient un peu tard puisqu&#8217;il prend prétexte d&#8217;une exposition organisée par la pinacothèque de Paris,</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3162" title="NV1" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/01/NV1.jpg" alt="NV1" width="380" height="507" /></p>
<p>se terminant le 7 février prochain. Mais je tenais d&#8217;abord à réagir contre une remarque imbécile de la fois dernière qualifiant une telle peinture de</p>
<p><span id="more-2998"></span></p>
<p>&#8220;victoire d’un réalisme séculier et d’un naturalisme positiviste et sordide où il est souvent malaisé de déceler le “surnaturel” mais bien plutôt la préfiguration de cette complète parodie de l’humain caractérisant notre époque&#8221;</p>
<p>en exposant ce paradoxe déjà souligné</p>
<p><a  href="http://falcophil.info/blog/photos-de-vacance/">http://falcophil.info/blog/photos-de-vacance/</a></p>
<p>et suivant lequel, le réalisme le plus poussé n&#8217;est que la forme la plus subtile de surnaturel.</p>
<p>En premier lieu, l&#8217;age d&#8217;or hollandais, c&#8217;est plus que de la peinture, c&#8217;est plus que de l&#8217;art, c&#8217;est une leçon spirituelle, on n&#8217;y relate pas de grands exploits mais les choses graves sont traitées avec légèreté</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/02/img0871.jpg" alt="img087" title="img087" width="650" height="569" class="alignleft size-full wp-image-3283" /><br />
<em>(Van des Schoor)</em></p>
<p>et les choses légères avec gravité</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3055" title="img067" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/01/img067.jpg" alt="img067" width="590" height="708" /><br />
<em> (Pierre Gerritz Van Roestraten)</em></p>
<p>Le rigorisme iconoclaste du calvinisme empêchait ces artistes de réprésenter des scènes religieuses mais qu&#8217;importe, ils n&#8217;avaient besoin ni des dieux grecs ni du panthéon chrétien pour évoquer le divin, la tendresse de la mère coiffant sa fille devenait alors plus belle et plus vraie qu&#8217;une madonne et son artificiel bambino,</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3058" title="img064" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/01/img064.jpg" alt="img064" width="590" height="669" /><br />
<em>(Gérard Terboch)</em></p>
<p>le velouté d&#8217;un tissu beaucoup plus transcendant qu&#8217;une icône ou qu&#8217;un christ.</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3059" title="img065" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/01/img065.jpg" alt="img065" width="590" height="773" /><br />
<em>(Gabriel Metsu)</em></p>
<p>Ces peintres n&#8217; enseignent que l&#8217;amour de la vie, l&#8217;amour des joies simples, celles de l&#8217;intérieur familial,</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3048" title="img055" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/01/img055.jpg" alt="img055" width="530" height="459" /><br />
<em>(Pieter de Hooch)</em></p>
<p>comme celle de la drague et de l&#8217;étreinte imminente</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3212" title="img070" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/01/img0701.jpg" alt="img070" width="599" height="781" /><br />
<em>(Frans Van Mieris)</em></p>
<p>La vie en ce temps là n&#8217;était certes pas facile, pas de frigo, pas de lave vaisselle</p>
<p><a  href="http://farm4.static.flickr.com/3559/3381815991_cb0ff0b37f.jpg?v=0" class="thickbox no_icon" rel="gallery-2998" title=""><img class="alignnone" src="http://farm4.static.flickr.com/3559/3381815991_cb0ff0b37f.jpg?v=0" alt="" width="411" height="500" /></a><br />
<em>(Jan Steen)</em></p>
<p>ni de radio, de télé ou d&#8217;Internet mais s&#8217;en portait-on plus mal ? A la vie urbaine de l&#8217;époque, peut être tout aussi trépidente que la notre, parce que vie du négoce et des affaires, on avait du moins su trouver le contrepoint de la vie calme et reposante du foyer. Aujourd&#8217;hui que les excitations de la technique pénètrent jusqu&#8217;au coeur de nos logis, il est permis de se demander si nous serions encore capables d &#8216;un tel art du silence et de la lenteur.</p>
<p><a  href="http://www.gardenofpraise.com/images/hooch.jpg" class="thickbox no_icon" rel="gallery-2998" title=""><img class="alignnone" src="http://www.gardenofpraise.com/images/hooch.jpg" alt="" width="481" height="600" /></a><br />
<em>(Pieter de Hooch)</em></p>
<p>Nous autres, avortons impregnés de cinéma et de vidéos, drogués d&#8217;images en mouvement ou, pour le dire autrement, d&#8217;images incapables d&#8217;atteindre à leur propre plénitude,  que pouvons nous comprendre à cette supériorité de l&#8217;immobile qui n&#8217;est que la pleine révélation donnée par la mort, aboutissement qui rend la présence plus présente du simple fait de sa disparition et dont la leçon parle de la contingence de l&#8217;action pour mieux évoquer l&#8217;implicitement nécessaire du statique ? Rappelons au passage que les hollandais furent les véritables inventeurs de la nature &#8220;morte&#8221; genre qu&#8217;ils qualifiaient quant à eux de &#8220;stil leven&#8221;, nature &#8220;immobile&#8221;.</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/01/Claesz.jpg" alt="Claesz" title="Claesz" width="650" height="459" class="alignleft size-full wp-image-3227" /><br />
<em>(Pieter Claesz)</em></p>
<p> Mais la &#8220;pensée unique &#8221; du monde moderne porte également sur le conformisme du bruit  et contre cet univers qui s&#8217;évertue à tout vider par cette obsession de tout étaler par le bruit, depuis les tapages des médias jusqu&#8217;aux vrombissements des moteurs en passant par les vents malséants lâchés dans les portables, pas de meilleurs remèdes que les maîtres hollandais dont le réalisme simple et sans prétention nous porte mystérieusement vers le retrait dans les recoins obscurs de la demeure, coeur du monde parce que berceau de l&#8217;être et parce que berceau de l&#8217;être, foyer de la surnature.</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3175" title="Hooch3" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/01/Hooch3.jpg" alt="Hooch3" width="640" height="588" /><br />
<em>(Pieter de Hooch)</em></p>
<p>J&#8217;en arrive alors à l&#8217;essentiel de mon propos. Il s&#8217;agit ici de &#8220;surnaturel &#8220;&#8221; parce qu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;être de plein pied dans le réel. Ces merveilles nous font mieux saisir cette approche superficielle, développée précédemment par Ichthus, selon qui la sensibilité moderne ne mènerait qu&#8217;à des créations de dérision et que rien de grand ne pourrait se faire dans un contexte de valeurs mercantiles. Faux. Rien en effet de plus commercial que la société hollandaise de l&#8217;époque. La prospérité d&#8217;une nation, enrichie par le négoce maritime, put apporter cette nécessaire tranquillité de vie permettant de déceler le sublime dans les choses les plus quelconques.</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3176" title="Hooch2" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/01/Hooch2.jpg" alt="Hooch2" width="580" height="728" /><br />
<em>(Pieter de Hooch)</em></p>
<p>Il faut insister sur l &#8216;étonnante sagesse dont ce peuple sut alors faire preuve, combatif par ses luttes continuelles contre les impérialistes espagnols mais aussi contre les éléments hostiles,</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/01/Polders.jpg" alt="Polders" title="Polders" width="600" height="400" class="alignleft size-full wp-image-3243" /></p>
<p> couvrant la surface du globe de ses comptoirs et navires,  en même temps que méditatif, tournant la nature immobile en leçon de philosophie par l&#8217;invention de la &#8220;vanité&#8221;. </p>
<p>Le miracle hollandais fut d&#8217;atteindre un rare équilibre, forcemment précaire, comme tout équilibre, entre diastole et systole, l&#8217;éternelle loi de l&#8217;être étant de mourir en se donnant et de renaître en reprenant le don pour nous inviter au secret de l&#8217;intime et du voilé. </p>
<p>Désormais, le sacré n &#8216;est plus dans le temple ou dans le tabernacle car , comme l&#8217;enseigne la morale protestante, c&#8217;est l &#8216;activité la plus banale et donc la plus cachée, celle du cordonnier comme celle du tailleur qui devient sacrement</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3082" title="img081" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/01/img081.jpg" alt="img081" width="560" height="664" /><br />
<em>(Van Breckelenkam)</em></p>
<p>C&#8217;est alors que l&#8217;on pressentira le véritable &#8220;surnaturel&#8221;. Non dans les divagations de l&#8217;imaginaire mais dans une discretion laissant chuchotter la surnature par mouvement de reflux, repli vers du caché, vers de l&#8217;en-deçà recouvert de naturalisme, vers de l&#8217;enfermement par sourde aspiration à l&#8217;infini</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/02/de-witte.jpg" alt="de witte" title="de witte" width="545" height="399" class="alignleft size-full wp-image-3260" /></p>
<p> Si telle Madonne de Raphaêl doit être tenue pour moins sacrée que l&#8217;image de la mère épouillant son enfant, c&#8217;est que le sacré se dévoile dans le premier cas, alors que dans le second, il se cache pour mieux se donner.</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3204" title="Maes1" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/01/Maes1.jpg" alt="Maes1" width="660" height="465" /><br />
<em>(Nicolas Maes)</em></p>
<p>Lever un petit pan de rideau tel est l&#8217;acte liturgique par excellence, l &#8216; ostentatoire étant l&#8217;ennemi de la vraie transcendance, le plus dont nous aurons l&#8217;intuition doit venir par le biais du moins que nous devrons montrer.<br />
Dès lors, restons distant de la sainteté qui s&#8217;étale car elle rejoint beaucoup plus le théâtral et son décors que le silencieux et retiré secret du sacré.</p>
<p>Sacré, saint, secret, trois mots pour désigner une même idée, celle de caché, la poésie comme la science ne veulent que du caché, par la complexité de la formule , pour la science, par l&#8217;humilité de la forme, pour la poésie.</p>
<p>Il n&#8217;y a d&#8217;incroyable que dans la proportion inverse où s&#8217;étale ce qui est croyable, le réalisme le plus réussi étant celui qui nous permet de capter le plus de mystère. Le réalisme est le plus achevé là où il nous invite à comprendre l&#8217;inachèvement du réel par renvoi à son invisible et indissociable complémentarité d&#8217;irréel.</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3177" title="Hooch1" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/01/Hooch1.jpg" alt="Hooch1" width="630" height="580" /><br />
<em>(Pieter de Hooch)</em></p>
<p>Contrairement à ce qui fut dit, Apollon n&#8217;est pas le dieu du paraître mais le gardien qui scelle car c&#8217;est bien Dionysos qui dévoile, c&#8217;est lui le sans-gêne, de par ses contorsions impudiques et ses étalages lubriques ,<br />
c&#8217;est son rythme effréné que récupère tout un système qui veut nous asservir à ses vapeurs telluriques et capiteuses.</p>
<p>Nul besoin donc d&#8217;un prêtre pour célébrer le divin, l&#8217;homme et sa foi suffisent, chaque recoin de l&#8217;intérieur le plus humble nous donne assez de sentiment sacré pour comprendre que rien n&#8217;est plus divin que l&#8217;endroit le plus sombre, le plus reculé, le plus dédaigné parce que c&#8217;est là qu&#8217;opère le processus de l&#8217;esprit. La graine ne germe que sous terre, mise en pleine lumière, elle se déssèche et elle meurt.</p>
<p>. De Vermeer peignant sa laitière à Kurt Schwitters collant ses tickets de métro, si le génie a toujours relevé de la capacité de s&#8217;étonner ou de s&#8217;extasier devant les choses les plus banales, pomme de Newton ou pomme de Cézanne, c&#8217;est que l&#8217;animal se retire là où s&#8217;évanouit ce qui apparaît et que l&#8217;homme commence quand se révèle ce qui se retire.</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3211" title="img086" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/01/img086.jpg" alt="img086" width="625" height="437" /><br />
<em>(Johannes Van Ouddenrog)</em></p>
<p>Méfions nous donc de ceux qui veulent détruire le réel, tant par reproduction pure et simple que par l&#8217;imagination la plus poussée ou que par l&#8217;abstraction la plus radicale, les uns ne donnent que parodie de réel, en ce sens Ichthus a raison, parce que réel tronqué, inabouti, avorté, en tant que privé de sa moitié qui est le surnaturel,</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1250" title="img840" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/09/img840.jpg" alt="" width="600" height="807" /></p>
<p>d&#8217;autres confondant ce surnaturel avec le dérèglement des sens  et des associations de l&#8217;esprit qui n&#8217;est qu&#8217;un dérèglement de la vraie pensée et donc dérèglement de la vraie poésie, d&#8217;autres encore n&#8217;étant qu&#8217;une variante d&#8217;iconoclasme contre lesquels bataillaient déjà certains théologiens rappelant que notre nature corporelle ne peut contourner le truchement du corporel pour rejoindre la surnature, l&#8217;incarnation devenant alors la voie royale par laquelle le divin peut compléter pleinement la semence déjà déposée par lui dans le tréfonds de l&#8217;ordre naturel.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://falcophil.info/blog/merveilles-du-nord-par-thierry/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>58</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>DIGRESSION par Sophie</title>
		<link>http://falcophil.info/blog/trou-blanc-par-sophie/</link>
		<comments>http://falcophil.info/blog/trou-blanc-par-sophie/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 27 Dec 2009 16:56:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Falcophil</dc:creator>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://falcophil.info/blog/?p=2841</guid>
		<description><![CDATA[Quelqu&#8217;un ayant la fois dernière manifesté son étonnement de voir relancer une histoire

interrompue par une &#8220;interminable digression&#8221;
la question se pose alors de savoir si

la vie elle même n&#8217;est pas faite de courtes histoires interrompues d&#8217; interminables digressions.
Tu fréquentes une personne, tu la perds de vue

puis tu la retrouves quelques années après,

les années entre-temps écoulées ne [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Quelqu&#8217;un ayant la fois dernière manifesté son étonnement de voir relancer une histoire</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-2883" title="tui" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/12/tui.jpg" alt="tui" width="360" height="543" /></p>
<p>interrompue par une &#8220;interminable digression&#8221;</p>
<p>la question se pose alors de savoir si</p>
<p><span id="more-2841"></span></p>
<p>la vie elle même n&#8217;est pas faite de courtes histoires interrompues d&#8217; interminables digressions.</p>
<p>Tu fréquentes une personne, tu la perds de vue</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-2897" title="img044d" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/12/img044d.jpg" alt="img044d" width="500" height="738" /></p>
<p>puis tu la retrouves quelques années après,</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/12/P1070568vgv.jpg" alt="P1070568vgv" title="P1070568vgv" width="600" height="718" class="alignleft size-full wp-image-2927" /></p>
<p>les années entre-temps écoulées ne sont-elles pas sans rapport avec le sujet ? </p>
<p>Mais de quel sujet s&#8217;agit-il au fait ?</p>
<p>Quel rapport entre la contrainte</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/12/immeubmir.jpg" alt="immeubmir" title="immeubmir" width="450" height="600" class="alignleft size-full wp-image-2910" /></p>
<p> Et l&#8217;offrande ?</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/10/bbbb.jpg" alt="bbbb" title="bbbb" width="635" height="477" class="alignnone size-full wp-image-2366" /></a></p>
<p>Et tes paroles n&#8217;atteignant pas l&#8217;autre qui te répond pas ses propres pensées ?</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/12/img04511.jpeg" alt="img0451" title="img0451" width="460" height="678" class="alignleft size-full wp-image-2986" /></p>
<p><a  href="http://falcophil.info/ifotos/gallery/Chantiers%201/chanta3a.jpg">Si chacun marche dans un désert </a></p>
<p>alors chacun n&#8217;est que la digression de l&#8217;autre</p>
<p>Si la digression se pose comme secondaire au regard de quelque chose d &#8216;essentiel</p>
<p>En ce cas</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/12/Roim.jpg" alt="Roim" title="Roim" width="670" height="311" class="alignleft size-full wp-image-2915" /></p>
<p>Tout ce qui se déroule entre ta naissance et ta mort, ne serait que digression</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/12/hhhh1.jpg" alt="hhhh" title="hhhh" width="660" height="328" class="alignleft size-full wp-image-2989" /></p>
<p>Cela fut dit la dernière fois, l&#8217;essence même du roman, odyssée de l&#8217;inessentiel serait de priser la digression,</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/12/cbh.jpg" alt="cbh" title="cbh" width="634" height="841" class="alignleft size-full wp-image-2953" /></p>
<p>- What do you read, my lord?<br />
- Words, words, words. </p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/12/cbhb.jpg" alt="cbhb" title="cbhb" width="634" height="841" class="alignleft size-full wp-image-2954" /></p>
<p>La marquise sortit à 5 heures</p>
<p>Et à mon tour je sortis pour la suivre</p>
<p>Dans  l&#8217;espoir de ressusciter la marionnette</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/12/laurence6-443911.jpg" alt="laurence6-44391" title="laurence6-44391" width="500" height="450" class="alignleft size-full wp-image-2956" /></p>
<p>Tandis que ma demeure était déjà en guerre</p>
<p>La digression en tant que disjonction de divers éléments s&#8217;éloignant toujours plus de leur centre</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/12/iml1.jpg" alt="iml" title="iml" width="650" height="425" class="alignleft size-full wp-image-2959" /></p>
<p>ne serait finalement que la conséquence de l&#8217;essence parodique</p>
<p>Mais Nicolas de Cuse et André Breton seront du moins d&#8217;accord sur un point, les choses sans rapport sont invitation à l&#8217;infini.</p>
<p>Qu&#8217;il n&#8217;y ait ainsi nul rapport entre le personnage et son histoire</p>
<p>Entre la ronde des pensées ,</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-2533" title="rotation01b" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/11/rotation01b.gif" alt="rotation01b" width="300" height="400" /></p>
<p>Et l&#8217; homme en agonie qu&#8217;emporte un bruit de sirène</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-2481" title="img976f" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/11/img976f.jpg" alt="img976f" width="670" height="417" /></p>
<p>Rien que la vague forme d &#8216;une ombre venant se glisser pour ramasser un livre </p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/12/img043v.jpg" alt="img043v" title="img043v" width="450" height="698" class="alignleft size-full wp-image-2865" /></p>
<p>trainant sur la chaussée, non loin de l&#8217;endroit où se trouvait le corps que l&#8217;on vient d &#8216;enlever.</p>
<p>quelques pages plus loin,  le livre s&#8217;ouvre sur ces lignes soulignées :</p>
<p><a  href="http://falcophil.info/ifotos/gallery/Sideral%20/ghu%20xcf21p%20khsgye6.jpg">&#8221; Quand toute chose reposait dans un profond silence, descendit vers moi un mot secret&#8221;</a></p>
<p>Puis, sur la page suivante, on trouve, intercalées,  ces deux images</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/12/P1070150v.jpg" alt="P1070150v" title="P1070150v" width="550" height="763" class="alignleft size-full wp-image-2924" /></p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/12/P1070151v.jpg" alt="P1070151v" title="P1070151v" width="550" height="825" class="alignleft size-full wp-image-2919" /></p>
<p>Et quelques pages plus loin encore, cette autre phrase soulignée</p>
<p><a  href="http://falcophil.info/ifotos/gallery/Chantiers%201/ADZ4.jpg">&#8221; Va à ta recherce et là où tu te trouves, quitte-toi &#8220;</a></p>
<p>Puis, à la page suivante, de nouveau, se trouvaient intercalées deux autres images : </p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/12/P1070154v.jpg" alt="P1070154v" title="P1070154v" width="550" height="825" class="alignleft size-full wp-image-2933" /></p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/12/P1070159v1.jpg" alt="P1070159v" title="P1070159v" width="550" height="825" class="alignleft size-full wp-image-2960" /><br />
à suivre&#8230;&#8230;</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://falcophil.info/blog/trou-blanc-par-sophie/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>68</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>ELOGE DU RATAGE , SUITE ET FIN par Ichthus</title>
		<link>http://falcophil.info/blog/eloge-du-ratage-suite-et-fin-par-ichthus/</link>
		<comments>http://falcophil.info/blog/eloge-du-ratage-suite-et-fin-par-ichthus/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 04 Dec 2009 17:20:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Falcophil</dc:creator>
				<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://falcophil.info/blog/?p=2727</guid>
		<description><![CDATA[Pour une raison inconnue le sieur Falcone a décidé d &#8216;abandonner son blog pour se confiner dans un déconcertant mutisme

nous en laissant l &#8216;administration ainsi que le soin d&#8217;en faire ce que bon nous semblera. Autant dire que sans coordinnateur nos chamailleries vont faire exploser le site lequel finira probablement par ne plus ressembler à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Pour une raison inconnue le sieur Falcone a décidé d &#8216;abandonner son blog pour se confiner dans un déconcertant mutisme</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/12/ETRESf.jpg" alt="ETRESf" title="ETRESf" width="380" height="421" class="alignleft size-full wp-image-2819" /></p>
<p>nous en laissant l &#8216;administration ainsi que le soin d&#8217;en faire ce que bon nous semblera. Autant dire que sans coordinnateur nos chamailleries vont faire exploser le site lequel finira probablement par ne plus ressembler à rien. Je suis d&#8217;accord avec Erato pour dire que mieux vaudrait nous séparer car ce blog sans son auteur ne présente en effet plus beaucoup d&#8217;intérêt. Mais je ne veux pas partir avant d&#8217;avoir dit son fait à dame Clio qui s&#8217;est permis la dernière fois de qualifier ma thèse de &#8220;ramassis de sornettes&#8221; par des arguments pour le moins fragiles.</p>
<p>Je rappelerai pour ceux qui n&#8217;auraient pas suivi le thème de mon propos que je divise notre histoire en trois parties,<br />
<span id="more-2727"></span></p>
<p> l&#8217;esprit épique , l&#8217;esprit tragique et l&#8217;esprit parodique, lequel commence en gros avec les temps modernes, ce qu&#8217;il est convenu d&#8217;appeler la &#8220;Renaissance&#8221; mais dont déjà, ainsi que je l&#8217;ai expliqué la dernière fois, le roman de renard avait donné l&#8217;avant goût précurseur.</p>
<p>Cela fait l&#8217;objet d&#8217;un essai auquel je travaille et que je colmpte publier dans quelques temps.</p>
<p>L&#8217;homme moderne n&#8217;est qu&#8217;une caricature d &#8216;humanité,</p>
<p><img id="image458" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2007/08/img488.jpg" alt="img488.jpg" width="434" height="600" /></p>
<p>une dégénerescence au regard de l&#8217;ordre traditionnel avec comme conséquence que ses créations, aussi bien littéraires qu&#8217;artistiques ne sont fatalement que d&#8217;ordre parodique.</p>
<p>Pour répondre donc à Clio, je reconnais qu&#8217;avec Jacques Coeur commence une ère nouvelle, celle de l&#8217;escroquerie, de la truanderie, de la cupidité et du triomphe de l&#8217;argent . Qui était Jacques Coeur ?</p>
<p><img class="alignnone" src="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/f/f5/Jacques_Coeur_sculpture_JPG.jpg" alt="" width="206" height="312" /></p>
<p>Le Silvio Berlusconi du XVème siècle, avec certes, il faut en convenir, une certaine classe  dont serait plutôt dépourvu le bouffon italien. A la même époque où Jeanne d&#8217;Arc se bat contre les anglais , Jacques Coeur s&#8217;enrichit par ses magouilles tandis qu&#8217;autour de lui fait rage la famine causée par la guerre de 100 ans. Jacques Coeur était ce &#8220;chrétien&#8221; qui n&#8217; hésitait pas à vendre d&#8217;autres chrétiens aux turcs musulmans pour préserver son commerce maritime,</p>
<p><a href="null"><img class="alignnone" src="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/b/b1/Jacques_Coeur_armateur.jpg" alt="" width="427" height="405" /></a></p>
<p>il était ce bon samaritain faisant arrêter les clochards de l&#8217;époque afin de les employer pour pas un liard dans ses navires, c&#8217;est avec lui que commence à se perdre tout sens de l&#8217;honneur au profit du Dieu argent, Jacques Coeur est l&#8217;ancêtre lointain de la mondialisation financière dont la logique amène à jeter à la rue nos compatriotes pour faire travailler des asiatiques à bas prix. Avec Jacques Coeur, on peut soutenir qu&#8217;en effet commence une ère nouvelle !!!<br />
J&#8217;ai dit que Jacques Coeur était une sorte de Bernard Tapie médiéval avec la classe en plus. Oui, la classe, Jacques Coeur en conserve tout de même un peu, le graal ne lui est pas indifférent et pour cause, les temps de l&#8217;honneur chevaleresque sont encore proches, ils sont mêmes contemporains en Bourgogne surtout où le roi Philippe le Bon</p>
<p><img class="alignnone" src="http://users.skynet.be/litterature/bruges/philippe_le_bon.jpg" alt="" width="298" height="335" /></p>
<p>adoubait toujours des chevaliers et créait l&#8217;ordre de la Toison d&#8217;Or. La caste des aristocrates avec son goût du beau avait forcémment inculqué ses valeurs aux bourgeois enrichis. Les enluminures dont les peintres au service des ducs de Bourgogne étaient alors passés maîtres, relevaient essentiellement de commandes passées par les nobles, ce fut par exemple à la demande du Duc de Berry que les frères de Limbourg réalisèrent leurs magnifiques miniatures</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-2726" title="Berryheures" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/11/Berryheures.jpg" alt="Berryheures" width="590" height="927" /></p>
<p>Les nobles avient donc façonné le goût des bourgeois d&#8217;alors lesquels étaient encore malgré tout sous l&#8217;influence du plus beau de tous les arts, l&#8217;art sacré qu&#8217;avait suscité l&#8217;autorité morale de l&#8217;Eglise. Dans son excellent ouvrage dont on ne saurait trop recommandé la lecture</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1708" title="img971" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/06/img971.jpg" alt="" width="400" height="635" /></p>
<p>l&#8217;auteur explique for bien que les grands bourgeois d&#8217;aujourd&#8217;hui n&#8217;ont plus cet appui aristocratique orientant jadis les choix des grands parvenus et rappelle comment telle famille de bourgeois enrichis du XVIIIème siècle se fiait aux goûts de l&#8217;aristocatie pour acquerir les grandes valeurs artistiques du temps, les Nattier, Les Fragonard ou les Bouchers. Si, pour citer encore un exemple, les Médicis, banquiers florentins, furent de si grands mécène favorisant l&#8217;élaboration de tant de chefs d&#8217;oeuvres , ils le durent aux valeurs esthétiques prisées par l&#8217;aristocraties et l&#8217;Eglise qui se maintenaient toujours vivaces pour les guider dans leurs goût artistiques. Jacques Coeur, parodie de l&#8217;aristocratie guerriere devait recevoir sa propre parodie au travers du parvenu moderne, François Pinault, milliardaire ignare, parodie de laurent de Médicis, plaçant sa fortune dans des parodies d&#8217;expressions artistiques,</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1263" title="robinson5-18-2" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/09/robinson5-18-2.jpg" alt="" width="298" height="400" /><br />
<em>Maurizio cattelan</em></p>
<p>chose que Falcone nous avait déjà fort bien expliqué dans un excellent billet.</p>
<p><a  href="http://falcophil.info/blog/libres-propos-dun-fasciste-sur-lart-degenere/">http://falcophil.info/blog/libres-propos-dun-fasciste-sur-lart-degenere/</a></p>
<p>Pour en venir maintenant, au deuxième aspect du propos de Clio, celui concernant une littérature nouvelle dont la grandeur aurait été de proclamer la liberté de l&#8217;amour et de creuser la profondeur du psychisme, qu&#8217;il me soit permis alors de répondre que les livres quel&#8217;on me cite ne font qu&#8217;étayer ma thèse, celle d&#8217;un art qui n&#8217;est que la parodie de la grandeur de nos aieux parce qu&#8217;imprégné de cette mesquinerie calculatrice inculquée par les valeurs bourgeoises. Manon Lescault ? mais relisez donc l&#8217;ouvrage !</p>
<p><a  href="http://multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/ZoomPE/1/2/5/9782070308521.jpg" class="thickbox no_icon" rel="gallery-2727" title=""><img class="alignnone" src="http://multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/ZoomPE/1/2/5/9782070308521.jpg" alt="" width="338" height="475" /></a></p>
<p> </p>
<p>Histoire d&#8217;une catin et d&#8217;un vaurien qui ne font qu&#8217;enchaîner les escroqueries, tricheries, scélératesses, parodie picaresque du code de l&#8217;honneur où la friponnerie est érigée en morale universelle et tout cela au nom de la passion de deux amants dont la seule quête relève de la médiocrité morale du couple bourgeois moyen, ( Nos deux d&#8217;abord au diable le reste!) Samuel Richardson ? Avez vous lu Pamela et la vertu récompensé ? Pénètre t&#8217;elle, cette prétendue noble dame, dans le monde aristocatique par sa grandeur moral ou plutôt par son esprit calculateur et ses petites intrigues? La Recheche du temps perdu? Mais n&#8217;est-ce donc pas une parodie de quête du graal que cette quête horizontale </p>
<p><img alt="" src="http://www.linternaute.com/sortir/magazine/photo/le-chateau-de-breteuil/image/proust-264284.jpg" class="alignnone" width="540" height="358" /></p>
<p>cherchant l&#8217;éternel au travers d&#8217;une tasse de thé et des mondanités ? </p>
<p>L &#8216;ère de la parocie coincide bien d&#8217;ailleurs averc l&#8217;ère du roman, accumulation de petits faits anodins, de descriptions mesquines ou prosaïque où l&#8217;imagination se déploie pour distraire l&#8217;esprit et le tirer hors de lui-même en excitant au besoin son misérable attrait pour le voyeurisme ou  la médisance.  La prédominence du roman coïncide également avec l&#8217;ère du baroque favorisant la boursouflure, la multiplication inutile des tableaux, le tape à l&#8217;oeil et le clinquant confinant au vulgaire, toute chose contraire à la la grandeur ascétique de l&#8217;écriture faite de litote et de ressèrement et que vise la vraie poésie quand elle se fonde sur l&#8217;économie de moyens propre au classicisme, seule esthétique correspondant au vrai mental du guerrier.</p>
<p>Quant à ces profondeurs psychologique qui suscitent tant votre admiration, laissez moi rire, de quoui parlez vous au juste? Dostoievsky? ne sont-elles pas encore des parodies que ces figures  grimaçantes, épileptiques, sans cesse en état de surexcitation, touijours au bors de l&#8217;éffondrement et de l&#8217;éclatement? je trouverais plutôt dérisoire cette fixation narcissique sur les miasmes de la subjectivité contingente, le moi qui dit Moi n&#8217;étant pas le vrai moi parce qe parodie pure et simple du Moi authentique. J&#8217;aime l &#8216;écrivain qui s&#8217;apprêtant à parler d&#8217;une émotion personnelle s&#8217;arrête à tant pour excuser sa faiblesse, tout comme j&#8217;aime ce restant de vertu guerrière qui conduisait le bourgeois Flaubert à) la pratique de la plus complète impassibilité. Si les nécessités de l&#8217;histoire demande que quelqu&#8217;un pleure alors que cette personne se retire tandis que sera montré le sommet étincellant d&#8217;une montagne !</p>
<p>. Je me souviens d&#8217;ailleurs que là encore falcone avait écrit un excellent billet sur la question</p>
<p><a  href="http://falcophil.info/blog/au-fond-dune-poubelle/">http://falcophil.info/blog/au-fond-dune-poubelle/</a></p>
<p>Réflechissons plutôt au moyen de subsumer le moi dans un ordre universel au sein duquel il s&#8217;immerge pour en ressortir purifié de tout ce qui fait qu&#8217;il est un moi et donc une caricature de vrai moi plutôt que de se passionner pour toutes les contingences d &#8216;une subjectivité dérisoire à laquelle il est symptomatiquement maladif d&#8217;accorder tant d&#8217;importance. Comment le moi se perd, disparaît pour mieux réapparaître, dépouillé de tous ces avatars vermineux qui sont à la personne authentique ce que Guignol est au héros épique, voilà en effet ce qui peut distinguer l&#8217;esprit authentiquement guerrier de l&#8217;esprit parodique car, et c&#8217;est là l&#8217;essentiel qu&#8217;il faut retenir, si le tragique est grave c&#8217;est lui qui tôt ou tard finit par donner la joie, alors que si le clown fait rire, c&#8217;est bien lui qui tôt ou tard finit par nous imprégner de tristesse</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-2760" title="06" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/11/06.jpg" alt="06" width="402" height="500" /></p>
<p>pour ne pas dire de désespoir&#8230;</p>
<p>ICHTHUS</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://falcophil.info/blog/eloge-du-ratage-suite-et-fin-par-ichthus/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>16</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>ELOGE DU RATAGE (suite)</title>
		<link>http://falcophil.info/blog/eloge-du-ratage-suite/</link>
		<comments>http://falcophil.info/blog/eloge-du-ratage-suite/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 12 Nov 2009 12:27:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Falcophil</dc:creator>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://falcophil.info/blog/?p=2652</guid>
		<description><![CDATA[Avant de reprendre la suite de notre récit commençé précedemment, revenons un bref instant sur ce tableau célèbre

 
reprise d&#8217;une oeuvre antérieure non moins célèbre

afin de mieux saisir  la stupidité de cette remarque de la fois dernière  consistant à me reprocher de n&#8217;avoir proposé qu&#8217;une parodie de surréalisme.
Que le décalage burlesque permette de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Avant de reprendre la suite de notre récit commençé précedemment, revenons un bref instant sur ce tableau célèbre</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/11/Manet1.jpg" alt="Manet1" title="Manet1" width="390" height="304" class="alignnone size-full wp-image-2591" /></a></p>
<p><span id="more-2652"></span> </p>
<p>reprise d&#8217;une oeuvre antérieure non moins célèbre</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/11/bild.jpg" alt="bild" title="bild" width="469" height="360" class="alignnone size-full wp-image-2592" /></a></p>
<p>afin de mieux saisir  la stupidité de cette remarque de la fois dernière  consistant à me reprocher de n&#8217;avoir proposé qu&#8217;une parodie de surréalisme.</p>
<p>Que le décalage burlesque permette de raviver une inspiration exténuée pour la relancer vers des voies nouvelles, les exemples tant littéraires qu &#8216;artistiques en sont légion, ainsi au Moyen-Age, </p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/11/img024.jpg" alt="img024" title="img024" width="630" height="1022" class="alignnone size-full wp-image-2607" /></a></p>
<p>succède à Roland de Ronceveaux,  un voleur de poules, maître de l&#8217;entourloupe, de la ruse et de la duperie.</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/11/img023.jpg" alt="img023" title="img023" width="620" height="880" class="alignnone size-full wp-image-2615" /></a></p>
<p>De ces deux ouvrages majeurs de l&#8217;époque médiévale, passons maintenant à cet ouvrage majeur du XXème siècle ramenant toute la méditérranée au petit périple urbain </p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/11/img028.jpg" alt="img028" title="img028" width="650" height="545" class="alignnone size-full wp-image-2619" /></a></p>
<p>où Ulysse est agent publicitaire, Calypso une dactylo, Circée un bordel, Pénélope une salope et Ithaque un intérieur bourgeois.</p>
<p>Les surréalistes,  raillant les vérités de la Foi, </p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/11/Max-Ernst-La-Vierge-Marie-donnant-une-fessee-a-l-enfant-Jesus.jpg" alt="Max-Ernst-La-Vierge-Marie-donnant-une-fessee-a-l-enfant-Jesus" title="Max-Ernst-La-Vierge-Marie-donnant-une-fessee-a-l-enfant-Jesus" width="283" height="404" class="alignnone size-full wp-image-2633" /></a></p>
<p>mais tout de même en quête d&#8217;une nouvelle spiritualité, n&#8217;évitèrent pas les parodies de mystère, c&#8217;était Breton s&#8217;émerveillant d&#8217;un pois sauteur tandis que Caillois haussait les épaules ou les parodies de mysticisme, c&#8217;était Dali se souvenant peut-être vaguement de Thérèse d&#8217;Avila</p>
<p><img id="image454" height=700 width=497 alt=img485.jpg src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2007/07/img485.jpg" /></p>
<p> et déplaçant alors le chateau de l&#8217; âme vers l &#8216;hystérie et les caresses clitoridiennes.</p>
<p>Nietzsche se gaussait de ces parodies d&#8217;absolu comme l&#8217;hégélianisme ou la technique, mais  leur substituait quelque chose de tout aussi parodique dont j&#8217;ai la dernière fois tenté de rendre compte par cette image encore plus parodique</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/11/rotation01b.gif" alt="rotation01b" title="rotation01b" width="300" height="400" class="alignnone size-full wp-image-2533" /></a></p>
<p> Oui donc, revenons plutôt à notre récit.</p>
<p>Nous en étions ainsi restés à Mme Orcian qui  ayant tenté de me parler d&#8217;un livre  m&#8217; appartenant</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/11/Exlibris.jpg" alt="Exlibris" title="Exlibris" width="458" height="671" class="alignnone size-full wp-image-2476" /></a></p>
<p>me dissolvait maintenant dans l&#8217;hébétude </p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/11/rotation01b.gif" alt="rotation01b" title="rotation01b" width="300" height="400" class="alignnone size-full wp-image-2533" /></a></p>
<p>après que j&#8217;eus tenté de lui remettre la dernière vision de feu son mari</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/10/tui.jpg" alt="tui" title="tui" width="540" height="815" class="alignnone size-full wp-image-2356" /></a></p>
<p>lequel, peu avant sa mort, m&#8217;avait fait étrangement parvenir la photo de son ombre&#8230;..</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/10/P1070273d.jpg" alt="P1070273d" title="P1070273d" width="610" height="734" class="alignnone size-full wp-image-2362" /></a></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://falcophil.info/blog/eloge-du-ratage-suite/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>51</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>ELOGE DU RATAGE</title>
		<link>http://falcophil.info/blog/eloge-du-ratage/</link>
		<comments>http://falcophil.info/blog/eloge-du-ratage/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 12 Oct 2009 15:10:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Falcophil</dc:creator>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://falcophil.info/blog/?p=2153</guid>
		<description><![CDATA[Rien de plus intéressant que de raconter la vie d&#8217; un raté, concluait Zardoz la fois dernière et de me solliciter alors pour que je raconte la vie d&#8217; Orcian afin de savoir comment ce personnage a pu devenir un raté. On nous rebat en effet trop les oreilles avec les sempiternels faciès de ceux [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Rien de plus intéressant que de raconter la vie d&#8217; un raté, concluait Zardoz la fois dernière et de me solliciter alors pour que je raconte la vie d&#8217; Orcian afin de savoir comment ce personnage a pu devenir un raté. On nous rebat en effet trop les oreilles avec les sempiternels faciès de ceux qui ont réussi aussi parlerons-nous plutôt de ceux qui tel Orcian ont échoué dans leurs ambitions</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-2173" title="orciana23" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/09/orciana23.jpg" alt="orciana23" width="400" height="612" /></p>
<p>ils sont plus émouvants, plus proches de nous et de nos vies médiocres.<br />
<span id="more-2153"></span></p>
<p>Ils ont rêvé, rien n&#8217;est arrivé, ils ont cru aux feux de la rampe, on ne voit plus que leurs feux de détresse.</p>
<p>D&#8217;autres activités me prenant toutefois trop de temps, il me faut être bref.</p>
<p>Paul Orcian ayant un certain don pour le dessin, voulut dans un premier temps faire de la BD.</p>
<p>Pendant deux ans, il coloria de la merde</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-2255" title="img004" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/09/img004.jpg" alt="img004" width="580" height="770" /></p>
<p>avec laquelle il gagna fort bien sa vie. Il se maria, eut deux enfants puis en ayant marre, et croyant par ailleurs à la BD comme moyen d&#8217;expression, il soumit un projet à son éditeur.</p>
<p>Il présenta donc le scénario d&#8217;une BD où il ne se passait rien et où l&#8217;on se contentait de montrer une personne désoeuvrée qui déambulait dans les rues.</p>
<p>- Et il ne passe rien de rien ? -lui demanda son éditeur<br />
- Rien de rien, on ne voit que des enfilades de rues, de rues désertes, de rues grises d&#8217;une quelqconque banlieue où déambule un homme seul<br />
- C&#8217;est quoi? un flic qui mène une enquête?<br />
- Non<br />
- Un délinquant qui prépare un mauvais coup?<br />
- Pas davantage<br />
- Un obsédé sexuel?<br />
- Même pas<br />
- Alors de qui s&#8217;agit-il?<br />
- D&#8217;un type qui s &#8216;emmerde, le thème de l&#8217;errance, un mélange de Crumb et de Wim Wenders.<br />
- Ah ? Et vous pensez qu&#8217;avec ça je vais faire du chiffre d&#8217;affaire ?</p>
<p>Comme il ne savait trop quoi répondre, il lui fut alors retorqué qu&#8217;il avait le choix entre le cul-polar-espionnage ou alors prendre la porte. Il préféra prendre la porte.</p>
<p>Il s&#8217;attela donc à sa Bd mais on s&#8217;attachait à le décourager, à l&#8217;inciter à revenir au coloriage, ses anciens collègues cessèrent de lui téléphoner tandis que sa femme commençait à le faire chier, de sorte que sa BD, avança de plus en plus difficilement et qu&#8217;il ne put jamais dépasser le stade de l&#8217;ébauche.</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/10/BD3-t.jpg" alt="BD3-t" title="BD3-t" width="600" height="818" class="alignleft size-full wp-image-3040" /></p>
<p>Les scènes se multipliaient avec sa femme qui lui reprochait de ne plus avoir la bite assez dure et le compte en banque assez rempli.<br />
Il trouva un emploi de prof dans un lycée de banlieue, enseignant le dessin à de jeunes cons destinés aux écoles de commerce. Sa femme finit par le larguer, emportant ses deux gosses, ce qui le soulagea, mais l&#8217;obligeant à lui verser une pension, ce qui le déprima.</p>
<p>C&#8217;est à cette époque que je fis sa connaissance. D&#8217;abord, je suivais de loin son errance, le photographiant à son insu.</p>
<p><img id="image445" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2007/07/img476.jpg" alt="img476.jpg" width="536" height="350" /></p>
<p>Puis, un jour que je m&#8217;étais approché d&#8217;un peu trop près pour enclencher, entendant le bruit de basculement du miroir, il se retournât et me demanda ce que je faisais. Lui répondant que mon travail était de fixer sur l&#8217;argent les fantômes, il me traita de fou et ce fût ainsi que nous devînmes amis.</p>
<p>Il finit par abandonner sa BD, c&#8217;était trop long, cela n&#8217;interessait personne. Et puis à quoi bon dessiner sa propre errance tandis que moi, je me trouvais toujours derrière lui à photographier la sienne ?</p>
<p>Il était plus mytérieux que ce fût un autre qui le vît de dos plutôt que de se représenter soi-même ainsi</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-2301" title="Sans titre-1 copie" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/09/Sans-titre-1-copie.jpg" alt="Sans titre-1 copie" width="580" height="837" /></p>
<p>Il ne voulut cependant pas laisser le dessin et la peinture</p>
<p><img id="image948" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/04/p1030724b.JPG" alt="p1030724b.JPG" width="650" height="845" /></p>
<p>mais il ne vendit rien.</p>
<p>On lui conseilla plutôt d&#8217;exposer des serpillières , la mode était aux installations. Quelques rares personnes venaient chez lui pour voir ses travaux. Un jour quelqu&#8217;un lui demanda un tableau pour boucher un trou. Un autre lui demanda de copier cette image</p>
<p><img id="image191" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2007/02/img365.jpg" alt="img365.jpg" width="380" height="300" /></p>
<p>Sa femme tenta un raccommodement prête à reprendre la vie commune à condition qu&#8217;il devint plus raisonnable. Il l&#8217;envoya paître, elle le traita de raté, il ne la revît plus.</p>
<p>Il reprît de plus belle ses promenades sans but, réflechissant toujours plus à cette question du ratage. Il fit cette constatation que le ratage était par excellence l&#8217;expérience ontologique. Il crut comprendre que vous laissant une pesanteur sur le coeur, il décapait les couches de contingences et vous faisait toucher du doigt l&#8217;inutile poids de votre être et de son irréductible présence au monde. Il en conclût que nous étions tous des ratés parce que nous tenions pour insupportable l&#8217;appel de l&#8217;être, ne serait-ce que par la réplétion dans l&#8217;acquis où nous affrontions le poids du vide.</p>
<p>Alors il décida qu&#8217;il passerait beaucoup plus de temps à se faire chier car il lui semblait que c&#8217;était là sa vraie vocation.</p>
<p>Ayant giflé un jeune ignare qui lui avait déclaré préferer les mangas et les tags à Van Eyck, le proviseur exigea qu&#8217;il fît des excuses aux parents, il cracha sur le proviseur et perdit son poste.<br />
Il n&#8217; abandonna pas tout de suite les travaux plastiques et curieusement sa touche devenait plus douce à mesure qu&#8217; augmentait la misère ainsi que l&#8217;obsession du suicide.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-2242" title="P1070112c gggf" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/09/P1070112c-gggf.jpg" alt="P1070112c gggf" width="650" height="912" /></p>
<p>Cet irréductible poids sur le coeur issu de ses ambitions meurtries agissait comme une sorte d&#8217;anesthésie qui lui permettait de planer sur le monde.</p>
<p>Du coup sa manière s&#8217; allégea</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-2205" title="Orcian25410" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/09/Orcian25410.jpeg" alt="Orcian25410" width="650" height="849" /></p>
<p>La synthèse le conduisit vers le spectral et le spectral vers la pure inaction le menant à contempler la beauté du temps qui détruit.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-2257" title="P1070097ccc" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/09/P1070097ccc.jpg" alt="P1070097ccc" width="650" height="433" /></p>
<p>La dernière fois que je le vis, il était debout au beau milieu d&#8217;une place publique. Etait-ce lui? Je ne peux dire. J&#8217;entendais une voix qui me chuchottait qu&#8217;il restait encore quelque chose à exprimer. On se mît alors à pisser sur le sol tandis que l&#8217;on m&#8217;invitait à photographier les traces qui déjà commençaient à s&#8217; évaporer sous la chaleur.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-2229" title="P1060950ac" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/09/P1060950ac.jpg" alt="P1060950ac" width="660" height="440" /></p>
<p>Comme j&#8217;avais pris ma photo, je me tournai vers lui et déjà il s&#8217;éloignait.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-2259" title="img005" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/09/img005.jpg" alt="img005" width="518" height="789" /></p>
<p>Je lui demandai où il allait, il me répondit d&#8217;aller me faire foutre.</p>
<p>Puis, relevant la tête, je vis qu&#8217;il n&#8217;était plus là ou plutôt, je crus voir sa silhouette, très loin au dessus de la route où je me tenais immobile</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/10/img017d1.jpg" alt="img017d" title="img017d" width="495" height="740" class="alignnone size-full wp-image-2439" /></a></p>
<p>Le lendemain, j&#8217;apprenais qu &#8216;un mois plus tôt, la police avait retrouvé son cadavre, quelque part dans cette ruine</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1946" title="ruine" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/08/ruine.jpg" alt="ruine" width="425" height="258" /></p>
<p>où il fut assasiné de trois coups de couteau par une bande de clodos qui espéraient trouver quelque chose dans ses poches vides, complètement aveugles à la classe qu&#8217;il avait acquise, et ne voyant que l&#8217;argent auquel il avait depuis longtemps renoncé.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-2296" title="Orc39" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/09/Orc39.jpg" alt="Orc39" width="580" height="1032" /></p>
<p>Voir aussi sa galerie: <a  href="http://falcophil.info/ifotos/?dir=ORCIAN">ici</a></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://falcophil.info/blog/eloge-du-ratage/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>102</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>VASES PERDUS</title>
		<link>http://falcophil.info/blog/photos-de-vacance/</link>
		<comments>http://falcophil.info/blog/photos-de-vacance/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 31 Aug 2009 18:19:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Falcophil</dc:creator>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>
		<category><![CDATA[Ajouter un tag]]></category>
		<category><![CDATA[toile]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://falcophil.info/blog/?p=1760</guid>
		<description><![CDATA[Une probable erreur de manipulation a entraîné la disparition de toutes nos discussions relatives au précédent article, lui-aussi évaporé et qui avait pour titre &#8220;VASES BRISES&#8221; lesquels sont ainsi devenus des &#8220;VASES PERDUS&#8221;.
Dommage.
Les réflexions des intervenants étaient pourtant interessantes, notamment celles de Cristina employant à propos de ces deux portraits

les termes d&#8217; &#8220;ontologie&#8221; et de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Une probable erreur de manipulation a entraîné la disparition de toutes nos discussions relatives au précédent article, lui-aussi évaporé et qui avait pour titre &#8220;VASES BRISES&#8221; lesquels sont ainsi devenus des &#8220;VASES PERDUS&#8221;.</p>
<p>Dommage.</p>
<p>Les réflexions des intervenants étaient pourtant interessantes, notamment celles de Cristina employant à propos de ces deux portraits</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1776" title="untitled-1" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/08/untitled-1.jpg" alt="" width="400" height="1051" /></p>
<p>les termes d&#8217; &#8220;ontologie&#8221; et de &#8220;phénoménologie&#8221;</p>
<p><span id="more-1760"></span></p>
<p>termes peut-être inadéquats mais restant tout de même utiles dans l&#8217;optique d&#8217;une approche plus serrée de démarches artistiques à l&#8217;esprit opposé. Au cours du précédent billet, nous en étions en effet venus à évoquer l&#8217;une des 5 dichotomies exposées dans un célèbre ouvrage dont il fut déjà question</p>
<p><a  href="http://falcophil.info/blog/en-relisant-wolfflin/">http://falcophil.info/blog/en-relisant-wolfflin/</a></p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1047" title="img7433" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/06/img7433.jpg" alt="" width="388" height="488" /></p>
<p>Classicisme = forme fermée</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1757" title="p1060443b" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/07/p1060443b.jpg" alt="" width="580" height="824" /></p>
<p>Baroque= forme ouverte</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1758" title="p1060440a" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/07/p1060440a.jpg" alt="" width="580" height="770" /></p>
<p>La plupart des intervenants prenaient bien sûr la défense de la forme ouverte, celle-ci , au travers de la brisure ne pouvant se comprendre que comme libération à l&#8217;égard de l&#8217; espace clos qui étouffe l&#8217;élan de la vie et gêne le dynamisme créateur.</p>
<p>C&#8217;est à l&#8217;occasion d&#8217;une nouvelle visite chez mon ami Paul Orcian que j&#8217;ai songé à cette idée d&#8217;illustrer de façon plus pratique ces discussions relatives à ce type d&#8217;ambivalence.</p>
<p>Ma première visite dans le taudis servant de logis à Orcian avait déjà été relatée l&#8217;année dernière,</p>
<p><a  href="http://falcophil.info/blog/lebenswelt-2/">http://falcophil.info/blog/lebenswelt-2/</a></p>
<p>Ayant revu Orcian il y a quelque temps, il avait tenu à ce que je lui fasse une nouvelle visite car il souhaitait me montrer au travers de la nouvelle orientation prise par son travail à quel point j&#8217;avais tort en soutenant une conception fermée de la forme.</p>
<p>Quand je parle de la nouvelle orientation du travail d&#8217;Orcian , je force certes un peu trop l&#8217;expression. Jadis Orcian travaillait dans une veine figurative</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1919" title="Acedia9" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/08/Acedia9.jpg" alt="Acedia9" width="675" height="518" /></p>
<p><a  href="http://falcophil.info/ifotos/?dir=ORCIAN">http://falcophil.info/ifotos/?dir=ORCIAN</a></p>
<p>qu&#8217;il a fini par abandonner, préférant désormais, comme nous allons le voir, opter pour le moindre effort.</p>
<p>ORCIAN passe maintenant son temps à squatter des appartements abandonnés en instance de démolition.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1946" title="ruine" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/08/ruine.jpg" alt="ruine" width="425" height="258" /></p>
<p>Inutile de frapper à sa porte, Orcian n&#8217;a plus de porte et quand on en trouve une, elle n&#8217;a pas de serrure mais peu importe, notre bonhomme s&#8217;en fiche, il n&#8217; y a rien à voler chez lui parce qu&#8217;il n&#8217;a plus de chez lui.</p>
<p>Je le trouve donc au milieu d&#8217;une pièce dans un état d&#8217;ébriété suffisamment avancé pour qu&#8217;il peine à me remettre. La scène me touche car elle me rappelle un dessin de lui que je possède</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-2026" title="orciana2" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/08/orciana2.jpg" alt="orciana2" width="540" height="826" /></p>
<p>datant de cette heureuse époque où il s&#8217;adonnait au travail, trop occupé à représenter le désespoir pour se laisser gagner par la déchéance.</p>
<p>D&#8217;une voix hésitante, entrecoupé de hics et de rots, il me soutient qu&#8217;il travaille encore d&#8217;une certaine manière. Il tend alors l&#8217;index, me désigne le mur, m&#8217;invitant à le photographier car c&#8217;est là que se trouverait selon lui sa nouvelle démarche.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1775" title="p1060686a" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/08/p1060686a.jpg" alt="" width="670" height="442" /></p>
<p>Il poursuit en me précisant que son seul et unique travail consiste désormais à observer les configurations toujours changeantes opérées par les ravages du temps au coeur des bâtisses vides et délabrées qu&#8217;il occupe précairement, avant d&#8217;être tôt ou tard expulsé. Il avoue avoir été emballé par la démarche de Clash qu&#8217;il m&#8217;est arrivé plusieurs fois d&#8217;évoquer dans le présent blog</p>
<p><a  href="http://falcophil.info/blog/quod-ergo-deus-coniunxit/#comment-760">http://falcophil.info/blog/quod-ergo-deus-coniunxit/#comment-760</a>  </p>
<p>et je commence alors à saisir.</p>
<p>Cette néfaste influence alliée à la malchance et à l&#8217;incompréhension d&#8217;un monde imbécile pour qui l&#8217;art oscille entre impressionnisme et Damien Hirst, a donc eu raison de l&#8217;énergie créatrice de mon ami car voici ce qu&#8217;est devenue sa démarche :</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1773" title="p1060692a" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/08/p1060692a.jpg" alt="" width="675" height="424" /></p>
<p>C&#8217;est dans une sorte de passivité jubilatoire qu&#8217;il contemple la beauté qui émerge sous l&#8217;action du temps qui détruit, travail de sape qu&#8217;il m&#8217;invite à photographier :</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1774" title="p1060629g" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/08/p1060629g.jpg" alt="" width="670" height="447" /></p>
<p>La thèse de mon ami est simple. L&#8217;action de la vie passe par l &#8216;action du temps et l&#8217;action du temps passe par les ravages que la chronologie opère sur la forme. Celle-ci doit donc en passer par la dégradation apportée par l&#8217;entropie pour être régénérée en s&#8217;ouvrant à l&#8217;action de la vie. La forme fermée que je défends ne peut donc que procéder d&#8217;un refus malsain de la vie.</p>
<p>Son état d&#8217;ébriété ne l&#8217;empêchant pas de discerner la moue de désaccord qu&#8217;esquissent mes lèvres, il semble soudain se déssoûler quelque peu et m&#8217;expose un simple exemple.</p>
<p>Me désignant un volet entrouvert,</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1772" title="p1060713cvc" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/08/p1060713cvc.jpg" alt="" width="478" height="717" /></p>
<p>il pointe d&#8217;abord son doigt là où la peinture n&#8217;est pas encore entamée.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1771" title="cxdfhfgtdhgfdf" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/08/cxdfhfgtdhgfdf.jpg" alt="" width="670" height="447" /></p>
<p>Quoi en effet, de plus monotone, de plus plat et de plus ennuyeux? C&#8217;est la forme fermée que je défends</p>
<p>Mais que la forme commence à s&#8217;ouvrir, au travers d&#8217;un peu de peinture qui s&#8217;écaille quelque part ailleurs sur le même volet</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1966" title="P1060883a" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/08/P1060883a.jpg" alt="P1060883a" width="675" height="506" /></p>
<p>et vous voyez aussitôt l&#8217;existence reprendre ses droit contre une forme qui de par la fermeture de son calme régulier ne faisait qu&#8217; emprisonner le flux de l&#8217; écoulement vital.<br />
Je tente de lui objecter que rien n&#8217;est monotone et que c &#8216;est la paresse du regard qui rend les choses ainsi . Concernant par exemple son volet, il n&#8217;était pas nécessaire de faire un gros plan sur sa partie dégradée pour le rendre captivant, la difficulté étant justement de trouver l&#8217;angle de vue sous lequel sa partie intacte pouvait devenir intéressante.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1780" title="p1010320b" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/08/p1010320b.jpg" alt="p1010320b" width="600" height="800" /></p>
<p>Alors qu&#8217; Orcian veut s&#8217;approcher pour voir en gros plan son volet qui se dégrade</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1803" title="P1060829c" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/08/P1060829c.jpg" alt="P1060829c" width="530" height="832" /></p>
<p>Moi je me recule pour voir au contraire ce même volet s&#8217;affirmer dans le mystère de la lumière qui l&#8217;éclaire.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1819" title="P1060836b" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/08/P1060836b.jpg" alt="P1060836b" width="540" height="765" /></p>
<p>Dans cette optique la lumière ne sera pas là pour désagreger la forme mais pour la purifier, la synthétiser, l&#8217;alléger de ses éléments superflus afin de la rendre plus dense et plus présente.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1824" title="P1060809f" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/08/P1060809f.jpg" alt="P1060809f" width="570" height="838" /></p>
<p>Pourtant rien n&#8217;y fait, sourd à mes objections mon ami ne veut pas en démordre, reste opiniâtre dans sa passion ruderale et m&#8217;invite alors à photographier d&#8217;autres aspects de sa baraque en ruine</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1777" title="p1060659a" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/08/p1060659a.jpg" alt="" width="679" height="453" /></p>
<p>Il me faut en effet admettre que je n&#8217;ai que l&#8217;embarras du choix, partout il n&#8217;y a que plâtre qui s&#8217; effrite, peinture qui s&#8217; émiette, lattes de bois mangées d&#8217;humidité. Ce dessin jadis exécuté par lui</p>
<p><a  href="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/05/vague.jpg" class="thickbox no_icon" rel="gallery-1760" title="vague"><img class="alignright size-full wp-image-971" title="vague" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/05/vague.jpg" alt="" width="500" height="666" /></a></p>
<p>rend assez bien compte de la misère de ces lieux qui depuis longtemps lui servent désormais de décors.</p>
<p>et il est indéniable que souvent les aléas des intempéries et les outrages du temps donnent sur les façades abimées des résultats que certains artistes abstraits n&#8217;auraient pas renié.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1927" title="P1060916xxxx" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/08/P1060916xxxx.jpg" alt="P1060916xxxx" width="675" height="450" /></p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1914" title="P1030935a" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/08/P1030935a.jpg" alt="P1030935a" width="675" height="450" /></p>
<p>Autant j&#8217;éprouverai beaucoup de mal à tirer quelques photos interessantes des quelques rares parties intactes de son immeuble, autant partout là où c&#8217;est dégradé, je n&#8217;aurai qu&#8217;à enclencher pour obtenir une image sortant de l&#8217;ordinaire.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1923" title="P1060886b" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/08/P1060886b2.jpg" alt="P1060886b" width="675" height="450" /></p>
<p>Se figurant que je commence à me rendre à son opinion, Orcian s&#8217;enhardit alors pour se lancer dans une diatribe contre la bassesse du philistin. Les nombreux hoquets qui interrompent sa loghorrée chaotique me permettent tout de même de comprendre qu&#8217;il s&#8217;en prend maintenant au bourgeois stupide, à son esprit étroit et borné, aimant la propreté, les façades bien peintes et bien ravalées<br />
<img class="alignnone size-full wp-image-1876" title="Potgggggg" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/08/Potgggggg.jpg" alt="Potgggggg" width="400" height="266" />.</p>
<p>Voici l&#8217;ennui que l&#8217;on trouvera sur la sécurité indigente d&#8217;un mur de bourgeois</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1827" title="P1060701s" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/08/P1060701s.jpg" alt="P1060701s" width="678" height="376" /></p>
<p>et voici le crépitement de la vie que l&#8217;on trouvera sur la pauvreté d&#8217;un mur de poète</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1830" title="P1060701r" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/08/P1060701r1.jpg" alt="P1060701r" width="675" height="376" /></p>
<p>le créateur cherchera autant le sordide du toit délabré que le misérabilisme du mur pisseux et décrépi, l&#8217;avant goût de l&#8217;infini se trouvant là, dans ce qui donne le malaise de l&#8217;insécurité. Ce qui nous divertit, l&#8217;art du kitsch, peut-être que cela d&#8217;emblée nous rassénère voire nous rend gaie mais certainement que cela nous rabaisse et pour cette raison tôt ou tard cela finira par nous rendre triste . Inversement, l&#8217;art du poète qui nous rend d&#8217;emblée triste parce qu&#8217;il nous arrache à la rassurante mais combien médiocre réalité de nos routines , pour sûr toutefois qu&#8217;il finira tôt ou tard par nous donner la joie parce que c&#8217;est un art qui nous élève.</p>
<p>De même, le bourgeois pronera t&#8217;il la valeur du travail, alors qu&#8217;un vrai créateur vantera la fainéantise. Mon ami, rappelons le ne fait rien, il laisse faire, rien n&#8217; étant plus créatif que de laisser faire le temps,</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1979" title="IMGP3793a" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/08/IMGP3793a.jpg" alt="IMGP3793a" width="675" height="566" /></p>
<p>les choses se modifiant d&#8217;elle même, de façon plus efficace que tous nos efforts prétentieux,</p>
<p>mon ami est humble, il se contente de n&#8217;être rien, c&#8217;est déjà beaucoup car de par le rien , il rejoint le simple fait d&#8217; &#8220;exister&#8221; à l&#8217;état pur.</p>
<p>Attardons nous un peu sur ce terme &#8220;exister&#8221;. De quoi parle t&#8217;il au juste ? Il existerait quant il contemple telle partie déglinguée des lieux qu&#8217;il habite mais il existerait moins quand il contemple quelque chose d&#8217;intact?</p>
<p>Qu&#8217;est à dire ?</p>
<p>Que je me serve d&#8217;un morceau pourri de sa maison pour forger ensuite cette image,</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/08/rect2a1.jpg" alt="rect2a" title="rect2a" width="661" height="411" class="alignnone size-full wp-image-2143" /></a></p>
<p>j&#8217;&#8221;y gagnerai certes en excitation visuelle mais cette image suivante,</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1935" title="rectoji" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/08/rectoji.jpg" alt="rectoji" width="675" height="419" /></p>
<p>m&#8217;indiquerait de façon sourde que la part d&#8217;intelligible dans le visuel sera en proportion d&#8217;un certain gommage d&#8217;existence. Si la première image s&#8217;attardera sur une horizontalité de l&#8217;étant, le seconde tentera dans l&#8217;étant une certaine percée vers l&#8217; être.</p>
<p>Dans le cadre d&#8217;un autre billet consacré à l&#8217;extase de Sainte Thèrèse par le Bernin</p>
<p><a  href="http://falcophil.info/blog/456/">http://falcophil.info/blog/456/</a></p>
<p>Il avait été noté que les termes expression et extase présentaient ce même préfixe, &#8220;ex&#8221; signifiant , &#8220;en dehors&#8221; , la même remarque vaut pour le terme d&#8217;existence tout comme pour le terme d&#8217; excitant. Un art de l&#8217;expressivité tel qu&#8217;il se mit en place à partir du baroque et tel qu&#8217;il culmina avec maintes formes de l&#8217;expressionnisme contemporain relève ainsi d&#8217;une approche où la forme n &#8216;enrobe plus le mystère absolu de l&#8217;unité qui la sous tend  mais veut au contraire extérioriser cet absolu au travers du déroulement et du processus même de l&#8217;apparaître.</p>
<p>Que les mots existence et excitant présentent le même préfixe &#8220;ex&#8221; suffirait ainsi pour mieux saisir le lien qui unit les deux termes. Plus je suis excité plus j&#8217;existe et plus j&#8217;existe plus je suis &#8220;ex&#8221; c&#8217;est à dire en dehors de&#8230;De quoi donc?</p>
<p>De Moi-Même.</p>
<p>Moi-même?</p>
<p>C&#8217;est à dire?</p>
<p>Qu&#8217;est ce que &#8220;Moi-même&#8221;?</p>
<p>Si je réponds &#8220;rien&#8221;, je garde l&#8217;intuition tenace qu&#8217;il ya tout de même quelque-chose.<br />
Si je dis &#8220;quelque-chose&#8221;, naît alors la crainte qu&#8217;il n&#8217;y ait rien.<br />
D&#8217;où cette idée que &#8220;Rien&#8221; et &#8220;Quelque-chose&#8221; seraient deux termes qui s&#8217;entrelacent tellement qu&#8217;ils en deviennent synonymes. Que nous tentions de comprendre ce paradoxe et nous aurons aussitôt le sentiment que notre tête va éclater. Les contraires ne peuvent se rencontrer que sur un point situé vers l&#8217;infini et nous éclaterons tout autant si nous tentons d&#8217;atteindre l&#8217;infini, de sorte que si l&#8217;infini où se concilient les contraires ne peut être que suggéré, il ne le sera en ce cas que par quelque chose de non-éclaté, par la plénitude de la forme. Telle plénitude de l&#8217;objet</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1757" title="p1060443b" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/07/p1060443b.jpg" alt="" width="580" height="824" /></p>
<p>pourra dès lors suggérer du non visuel qui se présente à la vue mais qui ne peut intuitivement qu&#8217; être saisi par l&#8217;esprit. Je peux ainsi percevoir la totalité de cette objet mais ce à quoi renvoie cette totalité, à savoir, la substance, l&#8217;unité, l&#8217;individualité , l&#8217;indivisibilité et l&#8217;essence ne sont que de l&#8217;ordre de l&#8217;invisible et du caché. L&#8217;unité du vase où est-elle ? partout et nulle part, elle subsiste à la fois comme évidence et comme secret.</p>
<p>Que je brise maintenant la totalité de l&#8217;objet dans la totalité de sa forme:</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1758" title="p1060440a" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/07/p1060440a.jpg" alt="" width="580" height="770" /></p>
<p>quelque chose alors s&#8217;en va de son unité, de son essence, de sa substance, quelque chose se perd de son secret . Son &#8220;invisible raison d&#8217;être&#8221; s&#8217;évapore au travers de la blessure et de la béance que je viens d&#8217;infliger à la forme.</p>
<p>Saisir ainsi dans sa totalité ce contre-vent</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1975" title="P1060894a" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/08/P1060894a.jpg" alt="P1060894a" width="500" height="845" /></p>
<p>C&#8217;est le saisir dans le mystère qui sous-tend sa forme</p>
<p>Le saisir au travers des blessures que les intempéries infligent à sa forme</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1803" title="P1060829c" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/08/P1060829c.jpg" alt="P1060829c" width="530" height="832" /></p>
<p>C&#8217;est le saisir au travers des accidents provenent des contingences &#8220;ex&#8221; térieures.</p>
<p>Dans le 1er cas, l&#8217;objet sera davantage contemplé que perçu alors que dans le second, il sera beaucoup plus perçu que contemplé.</p>
<p>Partout donc, là où le temps fait ses ravages, Orcian cherchera le titillement par la perception ainsi que l&#8217;influx nerveux émoustillant la fibre optique, il est, autrement dit, en phase avec une époque où l&#8217;existence est devenue l&#8217; être, par désacralisation, mise à jour du caché et sacralisation de la simple relativité de l&#8217;apparaître, esthétique du dévoilement, de la mise en scène qui est négation de la substance ou du moins de sa mise à nue au moyen du mode opératoire érigé en valeur absolue.</p>
<p>une image montrée la fois dernière</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1736" title="lisabettha7es-797094" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/07/lisabettha7es-797094.jpg" alt="" width="500" height="375" /><br />
<em>Scène de Loft Story</em></p>
<p>nous a suggéré combien la révélation de l&#8217;intime était décevante voire franchement sordide. La fille en question était pourtant assez belle pour qu&#8217;elle se rendit attrayante en masquant l&#8217;essentiel. Toute la séduction qu&#8217;opèrent certaines tenues est d&#8217;ailleurs là,</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1987" title="Marj" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/08/Marj.jpg" alt="Marj" width="331" height="500" /></p>
<p>le désir se nourrit de caché et donc de mystère et si la vie ne peut subsister sans désir, c&#8217;est bien qu&#8217; une partie inaccessible et cachée la met en mouvement. L&#8217;impudique quant à lui soulèvera pour regarder en dessous et  que verra t&#8217;il?  Quelque chose de fort décevant à vrai dire, un morceau de peau flasque et ridé, du Francis Bacon en somme, c&#8217;est la démarche expressionniste.</p>
<p>Le pudique préfèrera plutôt ne pas voir ce qu&#8217;il y a en dessous, non par timidité mais parce qu&#8217;il sait d&#8217;expérience qu &#8216;il faut montrer afin que l&#8217;essentiel n&#8217;en paraisse que davantage interdit à la vue, chose que notre époque aura bien du mal à comprendre, elle dont l&#8217;absence de pudeur et de retenue la porte à toujours prétendre dévoiler ce qu&#8217;il n&#8217;est pas permis de voir.</p>
<p>Quittant la minable bâtisse d&#8217;ORCIAN, je ne peux m&#8217;empêcher de songer à cette chambre aux ruines peinte au XVIIIème par Clérisseau et décorant la chambre d&#8217;un moine du couvent de La Trinité des Monts à Rome.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1990" title="img996" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/08/img996.jpg" alt="img996" width="590" height="598" /></p>
<p>Choses sans rapport de prime abord, la chambre de Clérisseau fut occupée par un contemplatif, la chambre de Clash est occupée par un éthylique</p>
<p><a  href="http://falcophil.info/blog/hors-piste/#comment-1206">mais que l&#8217;on regarde de plus près ces peintures en trompe l&#8217;oeil d&#8217;un palais antique ravagé par le temps, de voutes qui s&#8217; éffondrent, de colonnes qui se désagrègent et de plantes sauvages qui s&#8217;aggrippent aux murs délabrés. Verticales et horizontales se coupent certes encore à angle droit mais pourtant; quel plus bel exemple de forme ouverte consacrant la victoire de l&#8217;apparaître et le triomphe du devenir?</a></p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1991" title="img997" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/08/img997.jpg" alt="img997" width="570" height="585" /></p>
<p>Cette chambre peinte pour une cellule monacale était sans doute censée inviter l&#8217;esprit à réfléchir sur le mirage d&#8217;un monde éphémère</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1989" title="img998" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/08/img998.jpg" alt="img998" width="600" height="828" /></p>
<p>je me serais peut-être en ce cas trompé sur le compte d&#8217;Orcian. Il se pourrait en effet que nous nous trouvions ici en présence d&#8217; un ermite vivant seul dans ses ruines comme Saint Antoine dans ses hypogées, abîmé dans une intense méditation sur l&#8217; irréalité du monde.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1946" title="ruine" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/08/ruine.jpg" alt="ruine" width="425" height="258" /></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://falcophil.info/blog/photos-de-vacance/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>36</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>MONT TESTACCIO.</title>
		<link>http://falcophil.info/blog/tour-divoire/</link>
		<comments>http://falcophil.info/blog/tour-divoire/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 19 May 2009 09:40:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Falcophil</dc:creator>
				<category><![CDATA[Art baroque]]></category>
		<category><![CDATA[Art chinois]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie esthétique]]></category>
		<category><![CDATA[Photographie contemporaine]]></category>
		<category><![CDATA[Poésie]]></category>
		<category><![CDATA[Ajouter un tag]]></category>
		<category><![CDATA[muique]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://falcophil.info/blog/?p=1641</guid>
		<description><![CDATA[&#8220;Restez donc dans vos nuages à l&#8217;écart des réalités , pauvre petit poète&#8230;. Pour que vous fassiez preuve d&#8217;une telle manque de réalisme votre gîte doit probablement être bien boueux!&#8230;.&#8221;
C&#8217;est ainsi que la conversation précédente se terminait par cette remarque de compère Ichthus, psychanalyste en herbe. Je vivrais donc dans les nuages à force de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>&#8220;Restez donc dans vos nuages à l&#8217;écart des réalités , pauvre petit poète&#8230;. Pour que vous fassiez preuve d&#8217;une telle manque de réalisme votre gîte doit probablement être bien boueux!&#8230;.&#8221;</p>
<p>C&#8217;est ainsi que la conversation précédente se terminait par cette remarque de compère Ichthus, psychanalyste en herbe. Je vivrais donc dans les nuages à force de loger dans une bauge.</p>
<p>Il ya certes à cela une bonne part de vérité.<br />
Concernant d&#8217;abord la question de la bauge, je commencerai en relatant la suivante anecdote.</p>
<p>Une personne sur le point de partir pour Rome demande s&#8217;il est vrai que l&#8217;on peut jouir d&#8217;une magnifique vue de la ville, de la place Navone, juché sur le bord de la fontaine des quatre fleuves.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1660" title="fontaine-bernin" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/05/fontaine-bernin.jpg" alt="" width="380" height="273" /></p>
<p>Eberlué, je demande qui a bien pu lui raconter cette sottise car c&#8217;est comme si l&#8217;on prétendait avoir une belle vue de Paris , en se perchant sur le bord de la fontaine de la place Saint Michel.<br />
La personne me répond qu&#8217;elle l&#8217;a lu dans&#8230;.</p>
<p><span id="more-1641"></span></p>
<p>&#8230;.ce roman :</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1649" title="brown" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/05/brown.jpg" alt="" width="400" height="674" /></p>
<p>Quelques instants je reste sceptique tant j&#8217;ai du mal à croire que l&#8217;on puisse écrire un livre ayant pour cadre des lieux dont on ne prend même pas soin de vérifier la topographie. Voyant mon air incrédule , mon interlocuteur se dit prêt à m&#8217;apporter le livre mais je l&#8217;arrête aussitôt. En fait, je le crois sans peine, ayant lu le &#8220;da Vinci code&#8221;, je ne connais que trop l&#8217;amas de bêtises et d&#8217; erreurs que peut comporter ce genre de littérature.</p>
<p>Je suis à vrai dire effrayé par ce pouvoir sans précédent de la confrérie de l&#8217; insignifiance et de l&#8217;insanité. Tandis que le vrai talent se sert de moyens légers pour un message fort, la médiocrité pallie la faiblesse du message par des moyens lourds.</p>
<p>L&#8217;image est effectivement d&#8217;autant plus artistique qu&#8217;elle parle d&#8217;une voix basse qui nous élève</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1665" title="img961" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/05/img961.jpg" alt="" width="600" height="637" /></p>
<p>tandis qu&#8217;elle dégénère en propagande lorsqu&#8217;elle parle d&#8217;une voix haute qui nous abaisse</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1684" title="unclesam" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/05/unclesam.jpg" alt="" width="554" height="610" /></p>
<p>C&#8217;est ainsi qu&#8217;une pauvre chose comme le da Vinci code bénéficiera de toute la brutalité de la propagande publicitaire et de la machinerie hollywoodienne, enrôlant le fracas de 1000 tonnes au service de son inconsistance, le véritable génie littéraire, quant à lui, ne s&#8217;appuyant que sur la seule force d&#8217;une plume, d&#8217;impact immédiat inévitablement limité dans un monde où l&#8217;on sacrifie au Dieu du commerce ou de l&#8217;évènement, ce qui est synonyme.<br />
Quelques lignes suffisent à Borges pour dire beaucoup, alors que des centaines de pages semblent ne pas suffire à Brown pour ne rien dire.</p>
<p>Convenons d&#8217;abord que saisir les choses délicates requiert la fatigue de nous hisser sur la pointe de l&#8217;esprit alors que se montrer sensible aux choses pesantes comme le tapage médiatique ne demande aucun effort de sorte que la différence entre délicatesse et pesanteur recoupera ce qui sépare la propreté de la saleté. Laver son corps ainsi que son logis demande en effet un effort toujours renouvelé tandis que la paresse constitue la meilleure pente vers la crasse et l&#8217;auge à cochon. Nous en arrivons ainsi à la question de la bauge car de tout cela nous en déduirons sans peine que par la Grand-Messe autour de Dan Brown, de Tom Hanks ou du journal de 20 heures faisant la publicité des deux premiers, l&#8217;homogénéité du groupe se soude autour de la porcherie et c &#8216;est alors que nous allons peut-être enfin trouver ce que nous cherchions la fois dernière, cet infini au sein duquel on pourrait réconcilier les humains.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1653" title="porch" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/05/porch.jpg" alt="" width="551" height="642" /></p>
<p>Nous aurions donc ici le possible Messie des temps modernes, tant par le virus qui pourrait tuer le corps que par le microbe qui peut anéantir l&#8217;esprit.</p>
<p>Quoiqu&#8217;il en soit, il eut tout de même fallu suggérer à Dan Brown d&#8217;autres endroits que la fontaine du Bernin pour avoir une belle vue sur Rome. Par exemple le Mont Testaccio, ancienne décharge où les romains venaient jeter leurs amphores cassées. L&#8217;accumulation des déchets devait finir par former une colline de 30 mètres de hauteur. On raconte que Nicolas Poussin montait souvent sur son sommet pour dessiner des vues de Rome.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1655" title="poussin-dessin" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/05/poussin-dessin.jpg" alt="" width="655" height="440" /></p>
<p>La parabole est savoureuse. Un artiste montant sur un amas d&#8217;ordure pour créer. Amas de détritus produits par ses semblables, dont il s&#8217;asseoit sur le faîte, son regard portant d&#8217;autant plus loin que serait élevée la décharge qu&#8217; aurait bâti son détachement.</p>
<p>Inutile donc d&#8217;en dire plus sur Dan Brown ainsi que sur le dernier probable navet tiré de ses inepties. J&#8217;en fais aussitôt une amphore cassée, jetée parmi tant d&#8217;autres sur mon propre Mont Testaccio. En ce sens , tout ce qui fait &#8220;évènement&#8221; et passe donc au journal de 20, heures m&#8217;apporte autant de matériaux pour alimenter ma décharge, Il n&#8217;y a pas d&#8217;émotion sans évènement et pas d&#8217;évènement sans émotion de sorte que les deux relèvent du déchet que doit fouler du pied quiconque aspire à quelques cîmes. Pendant que l&#8217;on discute ou s&#8217;affole au sujet de n&#8217;importe quoi, éventuelle pandémie, crise financière, exposition Truc ou dernier film de Machin, je rêve à l&#8217;homme juché sur une montagne de vases brisés au travers de l&#8217; artiste obsédé par des travaux n&#8217;ayant rien à voir avec les goûts et préoccupations du jour. Nous en arrivons alors au deuxième point de la remarque d&#8217;Ichthus, mon désir de rester dans les nuages.</p>
<p>Dans le Gai Savoir, Nietzsche recommande de vivre &#8220;ignorant de ce qui paraît le plus important à ton époque&#8221; et de mettre &#8220;l&#8217;épaisseur d&#8217;au moins trois siècles entre elle et toi&#8221;</p>
<p>Trois siècles ?</p>
<p>C&#8217;est encore trop peu ; entre mon époque et moi c&#8217;est au moins mille ans que je voudrais placer.</p>
<p>Il m&#8217;arrive souvent de forger tel esprit ayant vécu il y a fort longtemps</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1647" title="img958-copy" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/05/img958-copy.jpg" alt="" width="580" height="706" /></p>
<p>tellement hors de son temps qu&#8217;il pouvait s&#8217;arracher aux formes contemporaines pour se les représenter ainsi :</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1648" title="img959" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/05/img959.jpg" alt="" width="580" height="787" /></p>
<p>Si, selon cette juste remarque de Diderot, un monument devient plus intéressant quand il est ruiné, c&#8217;est que la ruine en tant qu&#8217;oeuvre d&#8217;un polissage érodant est expression d&#8217;une quintescence analogue à ce qu&#8217;opère en nous la nostalgie née du souvenir.</p>
<p>Il n&#8217;est pas de meilleure poésie que le souvenir, chacun est le poète de sa vie, au moyen de la décantation qu&#8217;opère la mémoire. A l&#8217; immédiateté de l&#8217;évènement faisant appel à l&#8217;émotion s&#8217;oppose le lointain du souvenir qui réduit l&#8217;évènement au flottement d&#8217;un duvet parce qu&#8217;il efface notre superficielle subsjectivité qui s&#8217;y rattache. L&#8217;art est alors moyen d&#8217;accélérer le processus mnémonique par lequel on extraie un peu du noyau invisible de sa gangue de matière et d&#8217;instabilité passionnelle.</p>
<p>D&#8217;une scène présente, Atget tire aussitôt un souvenir de plusieurs siècles.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1113" title="img788" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/08/img788.jpg" alt="" width="660" height="522" /></p>
<p>Et d&#8217;un souvenir de plusieurs siècles, je m&#8217;efforce quant à moi d&#8217;ajouter d&#8217;autres siècles</p>
<p><a  href="http://falcophil.info/ifotos/?dir=Cataclysmes&#038;pic=Errance2">http://falcophil.info/ifotos/?dir=Cataclysmes&amp;pic=Errance2</a></p>
<p>pour atteindre l&#8217; impassibilité du glacier, du désert et de la lune.</p>
<p>Serais-je donc à ce point dénué d&#8217; humanité?</p>
<p>Je répondrai sans hésiter que oui.</p>
<p>Dans les moments où je tente de créer , je suis une véritable montagne d&#8217;indifférence,</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1698" title="ret" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/06/ret.jpg" alt="" width="470" height="313" /></p>
<p>tout ce qui vit m&#8217; importune</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/06/jabaral2a.jpg" alt="" title="jabaral2a" width="470" height="739" class="alignnone size-full wp-image-1716" /></a></p>
<p>Crise, guerre ou pandémie, peu m&#8217;en chaut de tout ce qui peut arriver,</p>
<p>tenter d&#8217; être artiste, c&#8217;est avant tout aspirer à ne plus se sentir concerné par ce qui intéresse les humains</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1709" title="jabaralan" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/06/jabaralan.jpg" alt="" width="470" height="719" /></p>
<p>parce que l&#8217;on est uniquement préoccupé de ce qui pourrait les racheter.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1700" title="jaba-6" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/06/jaba-6.jpg" alt="" width="470" height="273" /></p>
<p>Je songe à ce philosophe de l&#8217;ancienne Chine du nom de Lu Yu qui s&#8217;était retiré dans la montagne pour vivre en ermite. Il eut pour maître un certain Chang Li, autre sage de renom vivant lui aussi en reclus pour s&#8217;abîmer dans le vol d&#8217;une mouche, ainsi que Wang Pei qui à l&#8217;age de 20 ans abandonna une prometteuse carrière de fonctionnaire pour passer le restant de sa vie à regarder un petit caillou posé sur le bord d&#8217; un ruisseau.<br />
A l&#8217;instar de ses maîtres, Lu Yu ne proférait ni parole contre le monde et les hommes , ni jugement sur les évènements et l&#8217;histoire. En fait, il ne parlait pas. Sa seule occupation consistait à boire du thé, là était toute l&#8217;essence de son enseignement, le thé. On lui rendait visite uniquement pour le regarder boire son thé et l&#8217;on repartait, quelque temps soulagé de sa peine, car l&#8217;on devinait à cette manière si unique et si apaisante avec laquelle Lu Yu préparait son thé, le servait puis le buvait en silence, qu&#8217;il avait érigé cette pauvre activité au rang d&#8217;une sagesse et d&#8217;un art.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1677" title="img9641" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/05/img9641.jpg" alt="" width="630" height="637" /></p>
<p>J&#8217;ai en bonne partie forgé cette histoire mais elle rend très bien compte de ce dont j&#8217;entends parler. Il ne s&#8217;agit pas d&#8217;être &#8220;obsédé&#8221; au sens d&#8217;être mis hors du monde par une idée fixe vous enchaînant à quelques fragments retranchés mais de cette transubstantiation en vertu de laquelle la chose la plus humble, mouche, thé ou caillou, devient comme un soleil irradiant le rythme et l&#8217;équilibre fondamental d&#8217;une densité qui satellise les idées, les faits et les gestes et vous place alors de plein pied dans une sorte de terre commune.</p>
<p>Voltaire écrivant son poème sur le désastre de Lisbonne, s&#8217;exclame, se lamente et s&#8217;indigne sur la mort de milliers d&#8217;innocents. Ce faisant, il est certes humain mais il n&#8217;est pas poète car Voltaire a beau être humain, il n&#8217;en demeure pas moins que son poème est un très mauvais poème pour ne pas dire un poème franchement raté. Une véritable réussite artistique eut sans doute exigé moins de mouvements d&#8217;indignations et plus de froideur détachée. Nous l&#8217;avions déjà quelque peu évoqué lors d&#8217;un précédent billet</p>
<p><a  href="http://falcophil.info/blog/aaaaa/">http://falcophil.info/blog/aaaaa/<br />
</a></p>
<p>adhérer à l&#8217;événement est la meilleure façon pour rater un travail artistique. L&#8217;art est recherche patiente et tâtonnante, quête de longue haleine qui nécessite recul et distance et ne peut donc que trouver moins de terreau fertile à son éclosion face à ces continuelles sollicitations du monde moderne et de ses médias, toute chose, aujourd&#8217;hui amplifiée par internet, exigeant d&#8217;être immédiatement &#8220;informé&#8221; et de réagir aussitôt à n&#8217;importe quoi.</p>
<p>Mais le poète ne réagit pas, il rumine et son inhumanité est celle de l&#8217; immobile balancement d&#8217;une vache regardant passer l&#8217;humanité prétendue d&#8217;un train qui file, tandis que de sa rumination sortira peut-être un éclat de cet arcane similaire au silence inscrit au coeur du minéral où la pauvre vapeur de ma vie sent qu&#8217;elle peut déceler quelques indices de ses racines.</p>
<p>Le travail artistique présenterait en effet quelque chose de ce &#8220;mystère infiniment plus grave et plus vaste et plus lent que le destin de notre espèce passagère &#8221; évoqué par Roger Caillois dans ses &#8220;Pierres&#8221;. Si nous avons souvent l&#8217;impression que la ruine rejoint le minéral, c&#8217;est que la mystérieuse destinée qui la déforme et l&#8217;in forme semble l&#8217;orienter vers ce même undgrund, sorte d&#8217;échos muet du fond des âges se trouvant comme scellé par l&#8217; enrobé gourd de la plus humble caillasse et qui affleure dans ce travail du poète que Baudelaire qualifiait de &#8220;rêve de pierre&#8221;.</p>
<p><img id="image332" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2007/05/img426.jpg" alt="img426.jpg" width="370" height="500" /></p>
<p>Kafka comparait son état d&#8217;écrivain à celui d&#8217;une &#8220;statue qui regarde au loin et reste accrochée à son socle&#8221; et retrouvait, quelque temps plus tard avec plaisir, une remarque voisine dans la correspondance de Flaubert parlant de son roman comme d&#8217;un rocher.</p>
<p>Feuilletant le journal de Kafka, je suis en effet émerveillé de constater que le 2 aout 1914, il écrit:</p>
<p>&#8220;L&#8217; Allemagne a déclaré la guerre à la Russie. L&#8217;après-midi, piscine&#8221;.</p>
<p>Il n&#8217;a rien de plus à dire en ce jour où change le cours de l&#8217;histoire. Le monde bascule mais Franz se rend à la piscine ! Aussi étranger que Meurseault allant voir un film comique le jour où l&#8217;on enterre sa mère !</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1662" title="franz-kafka-v" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/05/franz-kafka-v.jpg" alt="" width="319" height="410" /></p>
<p>La guerre ne viendra pas infléchir ce ton global d&#8217; indifférence à l&#8217;histoire qu&#8217;il donne à son journal depuis 1910, année où il l&#8217;a commencé. Pendant toute la période du premier conflit mondial, alors qu&#8217;autour de lui s&#8217; effondre un empire, il ne formulera que quelques rares remarques sur les évènements militaires, perdues au milieu des fables , des paraboles et relations de rêves, d&#8217;états intérieurs ou d&#8217;évènements anodins. Un cheval tombé dans la rue lui semble plus important qu&#8217;une armée vaincue, le chapeau d&#8217;un passant lui donne plus à penser que la disparition d&#8217;un monde. Le journal s&#8217;interrompt en 1917 pour reprendre en 1919, pas un mot durant l&#8217;année 1918 où est pourtant proclamée l&#8217;indépendance de la Tchécoslovaquie. Je ne peux m&#8217;empêcher de mettre cela en rapport avec Louis XVI écrivant &#8220;Rien&#8221; dans son journal, au soir du 14 juillet 1789. L&#8217;historien rectifiera en rappelant qu&#8217;il ne s&#8217;agissait que d&#8217;un carnet de chasse où était notée la prise du gibier mais il me plait tout de même d&#8217;inventer un Louis XVI doté d&#8217;une âme d&#8217;esthète lorsqu&#8217;il plaquait le mot &#8220;Rien&#8221; sur le 14 juillet.</p>
<p>L &#8216;homme moderne obsédé par l&#8217;information sera peu réceptif à ce genre de remarque. Le monde contemporain est, entre autre annoncé par Hegel qui veut remplacer la prière du matin par la lecture du journal. Nous l&#8217;avons dit, le journal de 20 heures pourrait désormais assurer la communion du groupe autour de l&#8217;évènement contingent, parodie de la messe qui veut assurer l&#8217;union des croyants autour de l&#8217; évènement sacré.</p>
<p>Pourtant l&#8217;évènement politique répugne foncièrement à l&#8217;artiste. Verra-t&#8217;on un Michel-Ange condescendre au bas étage de la circonstance historique? Sauf quand il peint sur commande les faits d&#8217;arme du prince ou du roi, la spontaneité de l&#8217;artiste le porte davantage sur l&#8217;intemporel, s&#8217;il est italien ou, s&#8217;il est flamand,</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1624" title="epoux-arnolfini" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/03/epoux-arnolfini.jpg" alt="" width="590" height="809" /><br />
(Van Eyck : les époux Arnolfini)</p>
<p>vers l&#8217; insignifiance du détail, le terre à terre du quotidien, la mesquinerie de l&#8217;usuel,</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1683" title="vaneyxmin" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/05/vaneyxmin.jpg" alt="" width="645" height="417" /></p>
<p>la futilité de l&#8217;ustensile et le dérisoire du bibelot. C&#8217;est alors un regard de myope qui porte à voir le plus loin possible, l&#8217;essentiel est atteint par l&#8217; inessentiel du décors, le plus important vous regarde au sein du miroir de votre vanité</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1685" title="img967" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/05/img967.jpg" alt="" width="645" height="801" /></p>
<p>et le presque rien est une reflet du tout comme la flaque d&#8217;eau peut comprendre une partie du ciel, chose impossible pour tout un océan.</p>
<p>Le hollandais nous fascine quant à lui par son art de tirer l&#8217;anecdote vers l&#8217;anti-anecdotique et d&#8217;imprimer l&#8217;universel sur le vernaculaire. Vermeer regarde son époque pour mieux regarder ailleurs.<br />
Il n&#8217;en demeure pas moins que demander à l&#8217;artiste d&#8217;être fidèle témoin de son temps c&#8217;est exiger de lui qu&#8217;il prostitue son art pour satisfaire la curiosité historique des générations futures.</p>
<p>Curiosité fort légitime , la question n&#8217;est pas là, mais si nous voulons des détails sur la vie parisienne au XIX ème , adressons nous à la nullité artistique de certaines toiles de Jean Béraud, nous serons comblés par l&#8217;inventaire méticuleux d&#8217;un oeil d&#8217;ethnologue</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1679" title="jeanberaud" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/05/jeanberaud.jpg" alt="" width="500" height="346" /></p>
<p>mais nous le serons tout de même beaucoup moins avec Renoir</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1680" title="canotiers" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/05/canotiers.jpg" alt="" width="600" height="476" /></p>
<p>Et plus du tout avec Monet</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1681" title="monet" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/05/monet.gif" alt="" width="600" height="416" /></p>
<p>Preuve qu&#8217;à mesure que l&#8217;on se rapproche du génie artistique, on assiste au spectacle de l&#8217;homme qui entame son temps, l&#8217;évapore en fumée lumineuse, le dévêt de son adventice ou le casse en autant de débris d&#8217;accessoires, nécessaire pour construire sa colline, dans la subtile alchimie de son art.</p>
<p>Certes, il est des exceptions mais elles confirment la règle</p>
<p>La guerre de 30 ans eut pour témoin direct un Jacques Callot qui nous en narre le déroulement tragique par des gravures de toute beauté ,</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1546" title="jacques-callot" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/01/jacques-callot.jpg" alt="" width="639" height="292" /></p>
<p>En revanche un Georges de la Tour, lui aussi exact contemporain de l&#8217;évènement, de surcroît vivant en Lorraine et donc au coeur de la tourmente, préfère se désintéresser des malheurs du temps pour s&#8217;enfermer dans la pénombre de ses intérieurs.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1666" title="georgesdelatour" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/05/georgesdelatour.jpg" alt="" width="540" height="738" /></p>
<p>Mais que l&#8217;on juge alors qui de la Tour ou de Jacques Callot atteint au plus essentiel et qui, 4 siècles plus tard est encore capable de nous &#8220;parler&#8221; de chose qui nous touchent</p>
<p>A notre connaissance, le premier grand tableau du génie de l&#8217;art se voulant témoin de l&#8217;évènement contemporain, entendons par là, non plus l&#8217;évènement ayant pour centre le Prince ou le Roi mais l&#8217;homme ordinaire, fut &#8220;Très de Mayos&#8221; de Goya.</p>
<p><img id="image877" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/02/goya.jpg" alt="goya.jpg" width="630" height="488" /></p>
<p>On sait que Goya suivait de très près les événements politiques de l&#8217;Espagne. Révolté par l&#8217;oppression qu&#8217;imposaient les troupes de Napoléon, il peint alors ce tableau en 1814, à propos de faits sanguinaires survenus quelques jours plus tôt.</p>
<p>La même année, peut-être à la même époque, Gaspar David Friedrich peignit cette oeuvre.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1644" title="caspardavidfriedrich" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/05/caspardavidfriedrich.jpg" alt="" width="500" height="648" /></p>
<p>Posons nous une fois encore la question de savoir lequel de l&#8217;espagnol ou de l&#8217;allemand va le plus au fond des choses.</p>
<p>De même, en 1830 , année où Delacroix peindra son oeuvre la plus célèbre</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1668" title="delacroixliberte" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/05/delacroixliberte.jpg" alt="" width="630" height="510" /></p>
<p>, Friedrich, toujours lui, réalisera cette composition.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1669" title="friedrich" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/05/friedrich.jpg" alt="" width="630" height="470" /></p>
<p>Ce qu&#8217;il faut penser de cette ineptie de l&#8217;esprit universel montant un cheval, nous le demanderons à cette autre peinture chinoise de la fin de notre XIIIème siècle. L&#8217;auteur est anonyme mais je m&#8217; efforce de l&#8217;imaginer contemporain de cette période de troubles et de chaos où sombre la fin de la dynastie des Song sous les assauts des mongols. Là encore, l&#8217;historien aimerait des images témoignant de façon plus délectables que de médiocres illustrations</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1645" title="img956" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/05/img956.jpg" alt="" width="630" height="436" /></p>
<p>Mais une fois de plus, les vrais artistes du temps avaient sans doute autre chose à faire . Donc, notre créateur anonyme enrôlé dans l&#8217;armée impériale participe aux combats contre les hordes de Gengis Khan.<br />
Ecoeuré , il déserte et s&#8217;en va au loin, ignorant tout de sa destination.</p>
<p>Sur un chemin de montagne il rencontre Chang Li, maître de Lu Yu dont il fut question plus haut.<br />
Il demande à Chang Li de lui indiquer quelques lointaine retraite.<br />
Chang Li absorbé dans le vol d&#8217;une mouche ne répond pas. Un disciple présent avise l&#8217;anonyme qu&#8217;il doit pisser sur le Maître pour obtenir une réponse.<br />
L&#8217;anonyme s&#8217;exécute mais l&#8217;urine glisse sur Chang Li comme sur les plumes d&#8217;un canard.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1694" title="img968" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/05/img968.jpg" alt="" width="550" height="593" /></p>
<p>Sans perdre de vue le vol de la mouche, Chang Li soudain lève le bras et indique à l&#8217;anonyme une direction quelque part vers quelques pics.</p>
<p>L&#8217;anonyme se rend alors la-bas et n&#8217;en repartira plus. A l&#8217;écart de la malédiction de l&#8217;histoire, tenté par la philosophie, il préfère devenir un sage et renonçant aux phrases, il devient artiste.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1646" title="img957" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/05/img957.jpg" alt="" width="630" height="632" /></p>
<p>S&#8217;il y a une imposture de l&#8217;histoire, elle résiderait dans cette parodie d&#8217;ontologie que l&#8217;idéalisme allemand a cru pouvoir imposer au travers d&#8217;un devenir auquel on ne saurait conférer valeur de synthèse entre un être et un néant puisqu&#8217;en son instable écoulement où toute chose périt, ce devenir ne peut guère se différencier du néant. Kafka, pour en revenir à son journal, écrit, quelques jours après l&#8217;entrée en guerre des empires centraux, qu&#8217; hors de sa vie intérieure , tout le reste n&#8217;est qu&#8217;accessoire. Différencier l&#8217;événementiel du non évènementiel reviendrait alors à séparer l&#8217;accessoire de l&#8217;essentiel. Qu&#8217;est-ce en ce cas que l&#8217;essentiel et que l&#8217;accessoire ?</p>
<p><a  href="http://falcophil.info/blog/photos-et-thanatos/">Une ébauche de réponse fut déjà tentée </a></p>
<p>L&#8217;importance de la question est certes à la mesure de la déception apportée par les mots mais c&#8217;est sans doute que les mots eux mêmes ne sont pas essentiels. On tentera de répondre alors par les images, par exemple en comparant deux types de réalisations photographiques</p>
<p>L&#8217;une, un triptyque, pris en en Ulster, en 1972, par Don Mac cullin</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1659" title="imgdonmaccullinirlande" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/05/imgdonmaccullinirlande.jpg" alt="" width="400" height="805" /></p>
<p>Et l&#8217;autre, la même année par André kertesz</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1657" title="kertezs-martinique" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/05/kertezs-martinique.jpg" alt="" width="530" height="410" /></p>
<p>Et de nouveau la question réitérée:laquelle des deux va au plus essentiel ?</p>
<p>N&#8217;importe quelle guerre est tragique mais la guerre concerne t&#8217; elle l&#8217;essentiel ? Les hommes se querellent parce ce qu&#8217;il sont incapables de comprendre l&#8217;essentiel. L&#8217;accessoire aussi difficile et dangereuse soit souvent son approche, reste pente et loi de pesanteur.</p>
<p>Notons toutefois qu&#8217;être au milieu des circonstances et en tirer quelque chose s&#8217;approchant d&#8217;une essence &#8220;divine&#8221;, reste la plus difficile des démarches en ce qu&#8217;elle nécessite une certaine dose d&#8217;indifférence à l&#8217;évènement qui vous tire pourtant à lui par tous vos sens. Il n&#8217;est pas sûr en effet que Robert Capa juché sur son tertre pour prendre sa photo la plus célèbre,</p>
<p><img id="image674" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2007/10/capa_espagne.jpg" alt="capa_espagne.jpg" width="500" height="375" /></p>
<p>fut réellement impliqué dans l&#8217;évènement. Toutes sortes d&#8217; impératifs de composition, d&#8217;éclairage et de cadrage devaient exiger mise à distance et retrait du conflit au sein duquel le photographe demeurait pourtant physiquement présent. &#8220;Si ta photo est mauvaise, c&#8217;est que tu ne t&#8217;es pas assez approché du danger&#8221; avait-il coutume de dire. Le plus extraordinaire aurait été qu&#8217;au coeur même d&#8217;un chaos où il pouvait mourir à chaque instant, Capa fut aussi retiré au coeur de lui même qu&#8217;un Georges de la Tour réfugié au plus loin vers la bougie de son intérieur nocturne. D&#8217;où cette conclusion que rien ne pourrait rien contre vous puisque même la chose qui peut vous tuer porte en elle comme un reflet de votre propre essence inaltérable.</p>
<p>Doit -on en ce cas atteindre la plus extrême indifférence qui ferait de moi un phénomène d&#8217;égoisme? On pourrait alors suggérer qu&#8217;être perturbé par l&#8217;évènement serait une façon de penser à notre personne, entendons, notre pauvre petit personnage de chaire et d&#8217;os, tant celui-ci se trouve affecté par le contexte.</p>
<p>Au moment où j&#8217;écris cela, quelques personnes m&#8221;expriment leur crainte d&#8217;une éventuelle pandémie de grippe.</p>
<p>Si je me dis en effet que le virus H1N1 peut me tuer, je tremble pour ma personne. Mais si je le regarde au microscope et m&#8217;extasie sur la beauté de son apparence que je trouve digne des plus belles peintures d&#8217;un Wols</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1642" title="h_4_ill_1187317_897c_virus" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/05/h_4_ill_1187317_897c_virus.jpg" alt="" width="385" height="484" /></p>
<p>je tremble déjà moins pour ma carcasse.</p>
<p>Je rêve à l&#8217;artiste (Me le dire s&#8217;il existe et il doit sûrement exister) continuant de créer en se servant des représentations du danger viral ou microbien dont il sait qu&#8217;il lui sera fatal. Un célèbre humoriste</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1661" title="desproges" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/05/desproges.jpg" alt="" width="500" height="510" /></p>
<p>avait dit-on le courage de plaisanter sur ce qui le tuait à petit feu, là s&#8217;instaure l&#8217;authentique volonté de puissance, quand la présence de la menace létale d&#8217;une force naturelle devient la matière même de mon rêve ou de mon rire.</p>
<p>Matière, cela s&#8217;entend, constituée de fragments brisés car quand de la peur j&#8217;extrais la beauté</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1688" title="poste" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/05/poste.jpg" alt="" width="645" height="395" /></p>
<p>je fais d&#8217;une potentialité mortelle, une amphore brisée</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1689" title="10" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/05/10.jpg" alt="" width="645" height="444" /></p>
<p>et avec d&#8217;autres tessons de vases, j&#8217;édifie peu à peu le mont du haut duquel</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1690" title="8" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/05/8.jpg" alt="" width="645" height="445" /></p>
<p>je verrai peut-être un petit pan de la ville éternelle.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1712" title="h1n1-32" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/06/h1n1-32.jpeg" alt="" width="660" height="439" /></p>
<p>et alors je ne tremblerai plus du tout pour ma vie, du moins l&#8217;espace de quelques instants car être pour de bon délivré de la peur, demanderait d &#8216;être pour toujours délivré du besoin de faire des phrases et des images.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://falcophil.info/blog/tour-divoire/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>58</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>VOYELLES</title>
		<link>http://falcophil.info/blog/au-dessus-de-la-melee/</link>
		<comments>http://falcophil.info/blog/au-dessus-de-la-melee/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 22 Mar 2009 18:00:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Falcophil</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Ethique]]></category>
		<category><![CDATA[Métaphysique]]></category>
		<category><![CDATA[Poésie]]></category>
		<category><![CDATA[Théologie, religion.]]></category>
		<category><![CDATA[Ajouter un tag]]></category>
		<category><![CDATA[d]]></category>
		<category><![CDATA[de combler l'attente de quelqu'un d'autre]]></category>
		<category><![CDATA[et là entre chose sans]]></category>
		<category><![CDATA[exemple plus établir un rapport entre telle vignette]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://falcophil.info/blog/?p=1580</guid>
		<description><![CDATA[Il a donc été vu la fois dernière comment l&#8217;unité pouvait rapidement se muer en totalitarisme dès lors que de contemplation elle prenait forme politique. Plus radicalement, tout ce qui est destinée historique est négation de chaque destinée qui la constitue et si chaque destinée relève avant tout d&#8217;un secret , c&#8217;est dans le plus [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il a donc été vu la fois dernière comment l&#8217;unité pouvait rapidement se muer en totalitarisme dès lors que de contemplation elle prenait forme politique. Plus radicalement, tout ce qui est destinée historique est négation de chaque destinée qui la constitue et si chaque destinée relève avant tout d&#8217;un secret , c&#8217;est dans le plus invisible des secrets que doit se trouver l&#8217;unité qui les sous-tend, secret dont la subtilité doit être à la mesure de l&#8217;écart séparant les êtres et les choses.</p>
<p>Ayant ainsi passé ce dimanche de grisaille dans <a  href="http://falcophil.info/ifotos/?dir=Cataclysmes&#038;pic=Le+desagreable+calme+des+vents">le désagréable calme des vents</a></p>
<p>, vagabondant ça et là entre choses sans rapport, cinéma des USA ou textes médiévaux, par exemple tel film américain des années 70</p>
<p><a  href="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/03/aeasy-rider.jpg" class="thickbox no_icon" rel="gallery-1580" title="aeasy-rider"><img class="alignnone size-full wp-image-1587" title="aeasy-rider" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/03/aeasy-rider.jpg" alt="" width="380" height="545" /></a></p>
<p>et tel manuscrit</p>
<p><span id="more-1580"></span></p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1589" title="img936" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/03/img936.jpg" alt="" width="500" height="815" /></p>
<p>hébreux réalisé au XV ème siècle en Italie,</p>
<p>est soudain venue l&#8217;idée d&#8217;écrire ce texte en comprenant que la réflexion ne s&#8217;exerce vraiment qu&#8217;en présence de choses sans rapports. Intelligence vient d&#8217; &#8220;inter-legere &#8221; mettre un lien entre, sachant que le terme &#8220;entre&#8221; doit être situé au milieu de forces d&#8217;autant plus contraignantes et centrifuges qu&#8217;elles permettront d&#8217;apprécier la force du lien. C&#8217;est alors que la force deviendra par delà les apparences, mystère autorisant l&#8217;intuition de la secrète union des singularités contraires parce qu&#8217;elle sera saut hors du monde vers l&#8217;absolue singularité.</p>
<p>La miscellanea (Mélange) de Rothschild exposée à l&#8217;Israël museum est un ensemble de textes juifs, d&#8217;ordre religieux, historiques, philosophiques, scientifiques, fabuleux ou littéraires, illustrés par un artiste identifié comme un enlumineur de l&#8217;école lombarde , probablement issu de l&#8217;atelier de Cristoforo de Predis, le Jean Fouquet italien.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1612" title="img9371" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/03/img9371.jpg" alt="" width="570" height="824" /></p>
<p>Il était fréquent à l&#8217;époque, en Italie plus particulièrement, que des juifs fissent appel à des chrétiens pour décorer leurs manuscrits.</p>
<p>La miscellanea de Rothschild présente ainsi ce curieux voisinage qui voit des commentaires rabbiniques ou des textes kabbalistiques cotoyer des illustrations issues de mains chrétiennes , surprenante rencontre entre l&#8217;univers de l&#8217;imagerie des &#8220;goys&#8221; et le monde des érudits séfarades ou askhénazes, collaboration inattendue entre des hommes ne partageant pourtant pas la même foi.</p>
<p><a  href="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/03/img943.jpg" class="thickbox no_icon" rel="gallery-1580" title="img943"><img class="alignnone size-full wp-image-1596" title="img943" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/03/img943.jpg" alt="" width="630" height="906" /></a></p>
<p>On nous répondra aussitôt que de tels exemples sont rares et l&#8217;on citera plus volontiers les persécutions anti-juives infligées par les populations chrétiennes Réaction fort prévisible et d&#8217;autant plus significative que la prévalence de notre atmosphère dialectique nous porte à nous intéresser avant tout au choc et à l&#8217;affrontement. La fois dernière, comme j&#8217; évoquais le corporatisme, la réaction immédiate fût de parler de l&#8217;irrémédiable lutte des classes, des compromissions de la CFDT et de la saine opposition de la CGT, un syndicalisme sain n&#8217;étant qu&#8217;un syndicalisme d&#8217;opposition systématique.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1592" title="laluttecontinue" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/03/laluttecontinue.jpg" alt="" width="395" height="595" /></p>
<p>La prééminence de l&#8217;affrontement sans merci des classes, dans sa double inspiration marxiste et libérale n&#8217;est qu&#8217; avers et revers de cette même médaille de l&#8217;immanence dialectique. La focalisation sur le polémos pourrait d&#8217;ailleurs recouper d&#8217;autres types de confrontations, telles ces thèses d&#8217;Huntington, également évoquées la dernière fois qui quoique dédaignées par les milieux universitaires, demeurent latentes au sein de beaucoup d&#8217;inconscients collectifs.<br />
Sans doute d&#8217;ailleurs assistons nous à un choc de culture entre islam et occident</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1609" title="11-septembre" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/03/11-septembre.jpg" alt="" width="400" height="318" /></p>
<p>mais cela ne saurait m&#8217;intéresser parce que l&#8217;affrontement est trop commun et de l&#8217;ordre d&#8217;une appréhension beaucoup trop dénuée de recul. A un premier niveau, nous voyons combien le long terme de la sédimentation historique peut donner lieu à des reconfigurations issues de rencontres que l&#8217;impératif de l&#8217;immédiat donnait pourtant pour inconciliable. C&#8217;est un fait que le passé nous enseigne l&#8217;absurdité de tous les conflits mais que nous n&#8217;en tirons que très rarement des conséquences pour le présent. Si nous pouvions transformer le présent en un passé à jamais révolu comme si l&#8217;homme avait pour toujours épuisé ses possibilités, sereinement nos pensées pourraient se tourner vers un peu d&#8217;infini et c&#8217;est alors que nos vraies possibilités seraient mises en oeuvre.</p>
<p>La ligne droite tendant vers l&#8217;infini pour s&#8217;abîmer dans l&#8217; intime union des distances</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1591" title="recup2" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/03/recup2.jpg" alt="" width="630" height="451" /></p>
<p>alors devient cercle retournant vers son départ, de ligne droite tendant vers l&#8217;infini pour s&#8217;abîmer dans l&#8217;intime union des distances.</p>
<p>Notons d&#8217;ailleurs combien certains poètes surent jouer de la feuille</p>
<p>en sa blancheur<br />
qui tombe en son propre ciel<br />
Egale au noir des neiges<br />
Au ressac des cîmes<br />
Sous l&#8217;instant<br />
des coups de dés</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1597" title="mallarmec" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/03/mallarmec.jpg" alt="" width="600" height="587" /></p>
<p>Ainsi que l&#8217;étreinte entre l&#8217;image et l&#8217;essence de ce qui la nie</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1594" title="colombe" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/03/colombe.jpg" alt="" width="390" height="751" /></p>
<p>L&#8217;affrontement trop banal et trop limité pour susciter notre intérêt n&#8217;est ainsi que de stricte provenance sublunaire là où chaque singularité s&#8217;avère trop faible pour franchir le fossé qui la sépare d&#8217;une autre, la mutuelle fécondation des antagonismes étant d&#8217;une essence plus rare que l&#8217;on pourrait comparer à la soudaine irruption de certains corps de provenance cosmique.</p>
<p>C&#8217;est en effet un présupposé matérialiste de notre temps que de prendre la vie pour la lutte alors que ce n&#8217;est que prendre la partie pour le tout. Quand ce tout veut imposer sa manifestation historique sachons avoir aussitôt le réflexe du rejet mais sachons l&#8217;accueillir avec gratitude quand il est invisible et rebelle à toute existence.<br />
Qui sent la vie de l&#8217;intérieur saura que c&#8217;est un même souffle qui unit des choses aussi opposée que l&#8217;oeil, la main et la pensée. Un souffle invisible qui me traverse et qui reprend ailleurs. La vie est invisible et pour cela elle est infinie.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1436" title="lobc26" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/12/lobc26.jpg" alt="" width="630" height="440" /></p>
<p>Si le troisième terme reliant les différences est situé sur le plan de l&#8217;infini, c&#8217;est parce qu&#8217;il est donc avant tout d&#8217;essence vitale et quand cet infini sera cherché par l&#8217; effort de la pensée vers la coïncidence des opposés, on peut dire alors que cet effort deviendra comme une rivière inversant mystérieusement son cours en remontant vers son amont.</p>
<p>Pour en revenir aux rapports entre juifs et chrétiens, nous préciserons alors que l&#8217; antisémitisme chrétien releverait essentiellement selon nous d&#8217;une sacralisation du profane qui n&#8217;est que profanation du sacré lequel sacré réside avant tout dans cet esprit sémite dont le christianisme tire toute son essence. Qu&#8217;est ce donc que l&#8217;esprit sémite? là encore, le bon vers l&#8217;infini du tout autre, seule dimension pouvant réaliser la conjonction des contraires, celle du logos et du silence , du visuel et du non visuel, du poétique et de l&#8217;intelligible, du philosophe et du prophète, de ce qui est et de ce qui existe</p>
<p>antinomies surmontées par la parole du buisson ardent</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1593" title="bouts" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/03/bouts.jpg" alt="" width="570" height="725" /></p>
<p>On ajoutera que si le buisson ardent peut concilier ces choses contraires énumérées plus haut ,il pourrait en aller de même entre cette destinée de réunion et une mystique de la séparation.</p>
<p>Ce qui est pleinement religieux est en effet relation au tout autre et la relation au tout autre n&#8217;a de sens que quand la personnalité d&#8217;un &#8220;je&#8221; s&#8217;affirme face à la personne qui la contemple. Nul rapport au tout autre au coeur d&#8217;un soi qui abolit et le moi et les autres mais relation au tout autre quand ce tout autre affirme sa différence par rapport à la mienne car alors commence l&#8217;authentique rencontre d&#8217;un mystérieux face à face entre deux solitudes.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1595" title="img938" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/03/img938.jpg" alt="" width="630" height="910" /></p>
<p>Si nous voulons saisir le véritable sens du mot &#8220;autre&#8221;, il nous faut en ce cas revenir à la parole du buisson ardent.</p>
<p>&#8220;Je suis parce que je suis&#8221;.</p>
<p>Nulle autre explication.</p>
<p>Une voix affirme son irréductible réalité et laisse sans réponse la question &#8220;qui es tu?&#8221;</p>
<p>comme si la non réponse à cette question conditionnait ma propre dignité de personne. Si tu me comprends je disparais en toi et si je disparais en toi face à qui pourras tu exister pour affirmer ta propre solidité de personne?</p>
<p>Ce qui est, coincide avec ce qui est autre et je suis moi-même l&#8217;être en ce que je suis l&#8217;autre de tous les autres. Au delà ne peut être qu&#8217;au delà vers quelqu&#8217;un d&#8217;autre, autrement &#8220;au delà&#8221; serait privé de sens. Si au delà n&#8217;etait que quelque chose, ce ne serait que quelque chose de plus voire quelque chose de moins, incapable de combler l&#8217;attente de quelqu&#8217;un d&#8217;autre.</p>
<p>Aucune énigme en effet sans la voix de quelqu&#8217;un d&#8217;autre et sans énigme, rien qu&#8217;un plafond bas en guise de cosmos ainsi qu&#8217;un enfermement dans la cellule de mon moi. Sans la distance donnée par autrui, le nuage que je traverse de compact et cotonneux devient dès lors vapeur sans consistance et sans doute n&#8217;est ce que ma propre vapeur que je traverse. Dire &#8220;Je suis parce que je suis&#8221; resterait toutefois insuffisant sans le plein accomplissement de la parole où le &#8220;je suis&#8221; du père</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1611" title="trinite" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/03/trinite.jpg" alt="" width="573" height="589" /></p>
<p>devient alors inséparable de sa saisie comme autre dans le logos , lui-même se revendiquant parole conjointe à l&#8217;absolue par le tout autre de son silence ailé. Si l&#8217;insondable se comprends comme autre que lui-même pour être totalement lui même, c&#8217;est alors qu&#8217;il n&#8217;y aura peut-être pas de meilleure parole de l&#8217;insondable qu&#8217; au sein du tout autre que lui-même comme fondement justifiant la transcendance de l&#8217;autre de moi-même.</p>
<p>La miscellanea exprime ainsi fort bien cette idée que je ne suis pleinement moi que par celui qui n&#8217;est pas moi. Nous tentons alors d&#8217;imaginer ce sentiment d&#8217;étrangeté voire de malaise qui devait prendre l&#8217;enlumineur chrétien quand le commanditaire juif lui expliquait comment illustrer le sabbat, le pesah, le yom kippour ou le purim , au contact de cette écriture qu&#8217;il ne comprenait pas, face à ces coutumes, ces rituels, ces cérémonies d&#8217;un peuple qui n&#8217;était pas le sien.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1603" title="img942" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/03/img942.jpg" alt="" width="600" height="822" /></p>
<p>. . Probablement le même sentiment de malaise qui devait prendre le juif en présence d&#8217;une imagerie religieuse que l&#8217;enseignement rabbinique ne perdant jamais de vue le deuxième commandement, ne pouvait s&#8217;empêcher de suspecter de dérive idolâtre. Et pourtant, c&#8217;est ce que nous susurre ce manuscrit, le juif était attiré par le chrétien lequel n&#8217;en était sûrement pas moins fasciné par le juif.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1604" title="img939" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/03/img939.jpg" alt="" width="600" height="729" /></p>
<p>L&#8217;alphabet hébreux provoquait le malaise du chrétien mais devait sûrement le fasciner de par sa mystérieuse beauté plastique, tout comme l&#8217;enluminure chrétienne fascinait le juif au point de faire appel à un émule de Leonardo Bellini ou de Cristoforo de Predis. La fascination suppose le rejet et le désagrément de ce qui nous hisse hors de nos habitudes culturelles.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1605" title="img944" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/03/img944.jpg" alt="" width="600" height="848" /></p>
<p>Rejet et désagrément deviennent alors conditions de rencontre où l&#8217;on donnera le meilleur de soi parce que l&#8217;on sera sollicité à sortir hors de soi. Et c&#8217;est alors que la rencontre de deux mondes qui ne se comprennent pas donnera le mystère d&#8217;une séparation qu&#8217;il devient désormais impossible de séparer. Sans l&#8217;image chrétienne , le mot hébreux pâlit et l&#8217;image chrétienne s&#8217;appauvrit à son tour sans l&#8217;étrangeté du mot hébreux. On voit ainsi chaque monde renforcer la beauté de son imaginaire au contact d&#8217;un mystère, le mystère de l&#8217;autre et c&#8217;est encore un autre mystère, le mystère d&#8217;un tout autre encore plus autre qui cèle la rencontre éternelle de ces deux autrui réciproques.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1620" title="img930" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/03/img930.jpg" alt="" width="500" height="700" /></p>
<p>Observons qu&#8217;un tel ouvrage réalise à tous les niveaux la concordances des opposés, non seulement entre juifs et chrétiens mais aussi entre poésie et science, entre histoire et humour entre Esope et Maïmonide , entre philosophie et contes pour enfants, entre l&#8217;imprononçable YVHW et la délectation dans le sensible profane.<br />
Avoir le regard tourné vers l&#8217;infini reviendrait donc à tomber dans un pot pourri, les grands romans modernes qui ne sont souvent qu&#8217; odyssées vermiformes et scatographies ne seraient pas loin de cette conciliation des contraires s&#8217;ils tenaient ferme dans leur ambition de benne à ordures. Puisque nous n&#8217;avons plus d&#8217;aspirations à l&#8217;épique sans tomber dans le ridicule, n&#8217;ayons alors pas d&#8217;autres prétentions que d&#8217;être d&#8217;honnêtes éboueurs, si quelques part les extrêmes se touchent, une poubelle bien sentie devrait tôt ou tard rencontrer le cosmique.</p>
<p>Si l&#8217;union est la synthèse reliant deux différences, l&#8217;analyse est ce qui les juxtapose. La démarche étant spirituelle dans le premier cas , elle devient scientifique dans le second. C&#8217;est un fait qu&#8217;à partir du XVIIIème siècle, on ne voit plus l&#8217;unité qui sous tend le genre humain. Pour la plupart des auteurs de ce temps, la vie n&#8217;est qu&#8217;une mécanique. Rappelons d&#8217;ailleurs la passion qu&#8217;eût l&#8217;époque pour les automates.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1488" title="img897" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/01/img897.jpg" alt="" width="580" height="810" /></p>
<p>et voyons maintenant l&#8217;envers de la &#8220;création&#8221; de Jacquet-Droz</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1613" title="img947" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/03/img947.jpg" alt="" width="600" height="832" /></p>
<p>Quel peut être en ce cas le sens du mot &#8220;autre &#8221; dans une telle optique où l&#8217;on saisit le vivant par le déterminisme de la sécrétion glandulaire ou l&#8217;aléa du génétique?</p>
<p>Quand l&#8217;impérialisme d&#8217;un positivisme unifiant ou d&#8217;une sacralisation historique prétendent apporter la lumière dans la pénombre d&#8217;une singularité, la totalité n&#8217;est fatalement qu&#8217;une mécanique et l&#8217;altérité devient cames ou ressort quand elle n&#8217;est pas débris et déchets si elle persiste dans son statut de tout autre. Sans une véritable théologie de l&#8217;autre , il y a fort danger à ce que l&#8217;on ait une tératologie d&#8217;autrui. En admettant qu&#8217;un tel système génère la mort de toute métaphysique, on admettra sans peine en ce cas que le sort du poétique ne vaille guère mieux dès lors qu&#8217;est reconnue la profonde connivence des deux disciplines, voire leur synonymie dans leur manière de vivre pleinement la séparation comme promesse de rédemption. Si autrui est question d&#8217;éthique et si la poésie est question de malaise, la poésie deviendra également une question d&#8217;éthique et autrui sera essentiellement question poétique</p>
<p>La véritable union est en fait une notion religieuse impliquant la séparation et c&#8217;est quand disparait toute dimension spirituelle que l&#8217;union disparait à son tour pour abandonner la séparation à la seule comparaison issue de la taxinomie et du classement. Si je classe, je compare et si je compare, inévitablement je vais hiérarchiser parce que tout en ayant perdu le sens de l&#8217;unité , je n&#8217;en conserve pas moins une certaine nostalgie de l&#8217;Un. Du classement d&#8217;un von Liné, le pas sera vite franchi vers un Montesquieu et sa théorie des climats jusqu&#8217;à Voltaire plaçant le &#8220;nègre&#8221; juste avant l&#8217;animal. Quand l&#8217;un n&#8217;existe plus que sur un plan immanent, ce n&#8217;est que le plan de ma prétention égotiste, seule la transcendance de l&#8217;un préservant les singularité dans son infini, l&#8217;immanence de l&#8217;unité les fondra en revanche, au sein du fini de son totalitarisme, l&#8217;autre de l&#8217;unité n&#8217;en étant que l&#8217;altération fatale . Le cas de Buffon est à cet égard frappant,</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1618" title="buffon_1707-1788" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/03/buffon_1707-1788.jpg" alt="" width="570" height="845" /></p>
<p>s&#8217;il est encore chrétien quand il parle de l&#8217;unité du genre humain, il passe progressivement vers la nouvelle vision en faisant de l&#8217;homme blanc l&#8217;archétype et des autres races des écarts ayant dégénéré pour s&#8217;être éloigné du modèle premier. <a  href="http://falcophil.info/blog/breviaire-du-cretin/">Certains propos tenus dans un fameux discours</a> témoignent de cette incapacité toujours aussi forte à voir l&#8217;unité autrement que par rejet d&#8217;une différence devant plier sous le diktat d&#8217;un unique modèle. Jamais le christianisme, du moins dans son essence et sa pensée n&#8217;avait jusqu&#8217;alors connu cette division entre race supérieure et race inférieure, il aura fallu le mécanisme matérialiste des lumière pour théoriser le racisme , chose fort logique dans un système où l&#8217;accident prévaut sur une substance qui de plus en plus se perd de vue.</p>
<p>Significatif au demeurant que ce fut un écrivain d&#8217;inspiration chrétienne , l&#8217;un des plus grands auteurs américains</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1621" title="img949" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/03/img949.jpg" alt="" width="500" height="758" /></p>
<p>qui sut redonner à l&#8217;homme noir cette dimension de l&#8217;autre comme possibilité de la rédemption du pécheur que je suis. Notons d&#8217;ailleurs combien au travers de son cinéma, l&#8217; américain est obsédée par le thème de l&#8217;autre,</p>
<p>autre du noir et autre du blanc</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1607" title="img946" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/03/img946.jpg" alt="" width="600" height="868" /></p>
<p>autre du &#8220;sauvage&#8221; et autre du &#8220;civilisé&#8221;</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1608" title="img945" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/03/img945.jpg" alt="" width="600" height="852" /></p>
<p>autre du présent, autre du passé</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1623" title="img950" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/03/img950.jpg" alt="" width="600" height="863" /></p>
<p>autre de l&#8217;occidental et autre de l&#8217;asiatique</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1622" title="duel" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/03/duel.jpg" alt="" width="600" height="796" /></p>
<p>ainsi que l&#8217;autre du hippie</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1610" title="img926" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/03/img926.jpg" alt="" width="600" height="860" /></p>
<p>Rappelons au passage, le thème de ce célèbre road movies des années 60, chef d&#8217;oeuvre de montage et d&#8217;audace cinématographique qui 40 ans après son tournage n&#8217;a pas pris une ride. Trois marginaux vagabondent à moto au travers des USA.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1614" title="easyrider460" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/03/easyrider460.jpg" alt="" width="460" height="300" /></p>
<p>Sortes de Jack Kerouack ou d&#8217;Allen Gisnsberg motorisés, ces parangon d&#8217;under ground et de contre culture, traversent des villes hostiles, des populations qui ne supportant pas leur cheveux longs leur adressent insultes et quolibets. Ils fument du cannabis autour d&#8217;un feu de camps et dorment à la belle étoile. Comme l&#8217;un d&#8217;eux s&#8217;étonne d&#8217;être accueilli avec tant de haine, un autre lui répond &#8220;Ils ont peur de ta liberté&#8221;.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1615" title="easy_rider_3" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/03/easy_rider_3.jpg" alt="" width="500" height="459" /></p>
<p>Toute la question de l&#8217;autre se trouve condensée dans cette phrase. L&#8217;autre apporte la liberté en ce qu&#8217;il n&#8217;est pas moi.<br />
L&#8217;autre est nécessairement arrachement au monde où je vis et je le rejette non tant parce qu&#8217;il est libre que parce qu&#8217;il donne cette liberté inscrite au coeur d&#8217; un au delà de mes habitudes mentales. L&#8217;autre se rapproche alors de l&#8217;image de la mort, de ma propre mort parce qu&#8217;il est fatalement le glissement de terrain sur lequel j&#8217;avais pourtant cru construire ma vie. Aller vers l&#8217;autre c&#8217;est aussi aller vers ma mort. Altération et altérité ont même racine, &#8220;alter&#8221;, l&#8217;autre est l&#8217;image altérée de moi-même car c&#8217;est le moi qui tend à être dépouillé de son même.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1616" title="easy-rider-4" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/03/easy-rider-4.jpg" alt="" width="500" height="365" /></p>
<p>Dans Easy rider, les hippies apportent la mort en tant qu&#8217;ils sont l&#8217;autre de la face conformiste et bien pensante de l&#8217; Amérique. L&#8217;altérité donne la mauvaise conscience qui met en évidence le vrai au travers du mensonge où je vis et ne peut en conséquence que me placer face à ma propre mort.</p>
<p>Mais les hippies d &#8216;Easy rider s&#8217;en vont aussi à la découverte de leur propre mort par leur propre quête de l&#8217;autre, autre de l&#8217; Amérique, autre de la pureté des déserts et des cimes d&#8217;où à commencé leur périple. S&#8217;enfonçant toujours plus vers cet autre, ils filent donc vers la négation d&#8217;eux même qui revient à n&#8217;être au fond que négation de l&#8217;autre. . Se rapprocher de l&#8217;autre n&#8217;est donc pas nécessairement un service à lui rendre car dans beaucoup de cas ce serait plutôt me rapprocher de moi-même en le confortant dans l&#8217;erreur de sa prétention englobante.. Généralement , l&#8217;autre ne vous veut que soumis , dépouillé de votre vie pour le moule de son propre cadre conceptuel. On ne pourra jamais conceptualiser sans détruire le face à face et donc sans se détruire soi-même. Convertir l&#8217;autre, c&#8217;est le convertir à cette mystique du tout autre laquelle mystique ne peut qu&#8217;exiger une certaine dose d&#8217;échec, nécessaire dans la tentative de conversion. Que l&#8217;autre demeure autre n&#8217;est qu&#8217;un autre aspect de la manifestation de l&#8217;insaisissable de sorte que notre puissance de dépassement ne serait en fait que notre impuissance à dépasser quoique ce soit , comme aurait dit Kierkegaard, &#8220;Mon départ éternel n&#8217;est que mon éternel arrêt&#8221;.</p>
<p>La super technologie motorisée dont se servent les marginaux ne leur a peut-être pas donné la sagesse de le comprendre parce qu&#8217;elle n&#8217;était que fuite horizontale vers la gueule du loup à laquelle ils voulaient pourtant échapper.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1617" title="easy-rider-8" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/03/easy-rider-8.bmp" alt="" /></p>
<p>Impossibilité d&#8217;un dépassement des ambivalences par seul déplacement immanent et dont il fut déjà question à l&#8217;occasion de précédents billets:</p>
<p> </p>
<p><a  href="http://falcophil.info/blog/esthetique-de-lebranlement/">http://falcophil.info/blog/esthetique-de-lebranlement/</a></p>
<p><a  href="http://falcophil.info/blog/exercices-pratiques/">http://falcophil.info/blog/exercices-pratiques/</a></p>
<p> </p>
<p> Ici la technologie ramène à sa source qui est précisément son discours totalitaire n&#8217;admettant nulle alternative. Si vous vous servez de moi, vous n&#8217;avez pas le droit d&#8217;être autre que Moi et quoiqu&#8217;il en soit, en vous servant de moi , tôt ou tard, vous reviendrez vers moi pour être absorbé en moi. C&#8217;est ici que la technique telle que vue par Heidegger comme prévalence de l&#8217;étant devient destinée historique de l&#8217;être et ne peut que mener à la dialectique conflictuelle car le cadre purement historique de l&#8217;être n&#8217;est que l&#8217;histoire de la mort de l&#8217;autre et donc, de notre mort à tous, soit que le triomphe de l&#8217;une des deux parties annihilera son vis-à vis, soit que le mélange de l&#8217;une dans l&#8217;autre ne donnera que la moyenne affadie.</p>
<p>Vers la fin du film , juste avant d&#8217;être tué sur la route, à coup de carabine par un camionneur qui ne pouvait lui aussi supporter l&#8217; autrui de la liberté, l&#8217;un des hippies conclut ainsi son périple:</p>
<p>&#8220;Nous avons déconné&#8221;.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1619" title="p1060180" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/03/p1060180.jpg" alt="" width="580" height="387" /></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://falcophil.info/blog/au-dessus-de-la-melee/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>74</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>DES SPHERES EN GENERAL et D&#8217;UNE PETITION EN PARTICULIER</title>
		<link>http://falcophil.info/blog/extinction-des-feux/</link>
		<comments>http://falcophil.info/blog/extinction-des-feux/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 25 Jan 2009 15:50:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Falcophil</dc:creator>
				<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie politique]]></category>
		<category><![CDATA[Ajouter un tag]]></category>
		<category><![CDATA[pétition concernée laiss]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://falcophil.info/blog/?p=1413</guid>
		<description><![CDATA[Relisant cette pétition récemment déposée sur mon site
http://librepenseefrance.ouvaton.org/spip.php?article291
et proposant le panégyrique de ce personnage, 

je suis entre autre frappé de lire, parmi tous les mérites qui lui sont attribués, qu&#8217;il aurait défini la République  comme étant &#8220;Une et indivisible&#8221;
Qu&#8217;est ce à dire ?

Ces termes ne furent pas l&#8217;apanage de Robespierre, les révolutionnaires de 1789 [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Relisant cette pétition récemment déposée sur mon site</p>
<p><a  href="http://librepenseefrance.ouvaton.org/spip.php?article291">http://librepenseefrance.ouvaton.org/spip.php?article291</a></p>
<p>et proposant le panégyrique de ce personnage, </p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1414" title="robespierre" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/12/robespierre.jpg" alt="" width="307" height="400" /></p>
<p>je suis entre autre frappé de lire, parmi tous les mérites qui lui sont attribués, qu&#8217;il aurait défini la République  comme étant &#8220;Une et indivisible&#8221;</p>
<p>Qu&#8217;est ce à dire ?</p>
<p><span id="more-1413"></span></p>
<p>Ces termes ne furent pas l&#8217;apanage de Robespierre, les révolutionnaires de 1789 sont obsédés par l&#8217;unité. Tout comme la République est &#8220;Une et indivisible&#8221;, la déclaration des Droits est &#8220;Universelle&#8221; (étymologiquement &#8220;uni&#8221; &#8220;versus&#8221;, tourné vers l&#8217;unité) mais en bons héritiers de Hobbes, Locke,  Diderot ou Hélvétius, nos révolutionnaires n&#8217;étant que théologiens dévoyés incapables d&#8217;un dépassement de l&#8217;horizontalité spatio-temporelle, leur conception de l&#8217;universel ne pourra que tourner à la mascarade.</p>
<p>Pour reprendre en effet cette idée d&#8217;unité, dans l&#8217;ordre concret , je ne vois pas ce qu&#8217;il pourrait y avoir de plus un et de plus indivisible qu&#8217;une sphère.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1558" title="sphere-copie" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/01/sphere-copie.jpg" alt="" width="500" height="385" /></p>
<p>Au point que dans une optique platonicienne la sphère constituait bien l&#8217;image de la plénitude de l&#8217;être.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1510" title="img902" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/01/img902.jpg" alt="" width="500" height="684" /></p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1511" title="img904" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/01/img904.jpg" alt="" width="600" height="411" /></p>
<p>Etait-ce donc cela que désignait Robespierre par son expression &#8220;Une et indivisible&#8221; ? Sûrement pas, l&#8217;incorruptible était piètre philosophe et en guise d&#8217;ontologie ne faisait  que reprendre les idées d&#8217;un penseur tout aussi médiocre</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1513" title="buste_de_voltaire" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/01/buste_de_voltaire.jpg" alt="" width="500" height="676" /></p>
<p>allant jusqu&#8217;à se ridiculiser en organisant de pitoyables mises en scènes et de ridicules pastiches .</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1512" title="img905-copy" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/01/img905-copy.jpg" alt="" width="640" height="433" /></p>
<p>A vrai dire, la sphère platonicienne depuis longtemps était oubliée.</p>
<p>Etait survenue la phase intermédiaire caractérisée par la sphère dont on ne sait que faire</p>
<p><img id="image498" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2007/08/durmel.jpg" alt="durmel.jpg" width="451" height="599" /></p>
<p>Et puis vint la troisième phase, la sphère de Mercator,</p>
<p>non plus la sphère résumant la totalité de l&#8217;être que l&#8217;on contemple</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1503" title="monte_cubiti1" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/01/monte_cubiti1.jpg" alt="" width="398" height="724" /> ,</p>
<p>Mais la sphère résumant la totalité de l&#8217;avoir que l&#8217;on convoite</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1504" title="gerardus_mercator21" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/01/gerardus_mercator21.jpg" alt="" width="450" height="603" /></p>
<p>Que devient d&#8217;ailleurs cette sphère si ce n&#8217;est</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1505" title="holbeinambassadeurs" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/01/holbeinambassadeurs.jpg" alt="" width="460" height="454" /></p>
<p>un objet que l&#8217;on range parmi d&#8217;autres objets dans un monde ou tout est objectivé.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1506" title="holbein" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/01/holbein.jpg" alt="" width="400" height="328" /></p>
<p>Avec la sphère de Mercator l&#8217;universel s&#8217;objective parce qu&#8217;il n&#8217;est plus quête verticale qui est quête intérieur de l&#8217;être mais quête extérieure, horizontale, instrument d&#8217;expansion au service de l&#8217;avoir. Obnubilé par les signes extérieurs de la puissance au point d&#8217;oublier la substance de celle-ci, le monde se laisse alors emporté par le courant de l&#8217;histoire qui comme n&#8217;importe quel courant n&#8217;est que force de pesanteur n&#8217;obéissant qu&#8217;aux lois de la matière. Le pouvoir d&#8217;abstraire détourné de sa finalité première est mis au service de l&#8217;appétit et pour mieux soumettre le monde à nos appétits , nous le mangeront rationnellement. Ainsi le monde deviendra t-il plan, géométrie, cartographie, mappemonde et découpage cubique.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1514" title="img906" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/01/img906.jpg" alt="" width="499" height="612" /></p>
<p>L&#8217;objectivation de l&#8217;universel exprime ce curieux paradoxe où il faut désincarner le monde pour mieux le soumettre à nos convoitises,</p>
<p>paradoxe inversé d&#8217;une vraie démarche de poète qui trouve, elle, d&#8217;autant mieux l&#8217;universel qu&#8217;elle s&#8217;installe dans la couleur locale.</p>
<p>Paradoxe qui n&#8217;est à vrai dire qu&#8217;apparent. Pour mieux dominer , il faut objectiver pour mieux objectiver, il faut abstraire, pour mieux abstraire il faut uniformiser pour mieux uniformiser, il faut désincarner.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1507" title="nouvelle20image2015" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/01/nouvelle20image2015.jpg" alt="" width="360" height="529" /></p>
<p>La collaboration de l&#8217;appétit et de l&#8217;intellect ou plutôt le pouvoir de l&#8217;intellect mis au seul service de l&#8217;appétit, ce que la Genèse nomme &#8220;péché originel&#8221;</p>
<p>&#8220;et vous serez comme des dieux&#8221; (Genèse III 4)</p>
<p>l&#8217;histoire de l&#8217;Europe depuis les temps modernes en donne le plus magistrale exemple, détournement de la connaissance et profanation de l&#8217;esprit dont la logique d&#8217;expansion contamine aujourd&#8217;hui la planète entière par le triomphe de l&#8217;espace désincarné.</p>
<p>L&#8217;espace désincarné par l&#8217;universel objectivé de la norme mathématique s&#8217;appelle &#8220;technique&#8221;</p>
<p>L&#8217;espace désincarné par l&#8217;universel objectivé de la norme mercantile s&#8217;appelle &#8220;Economie&#8217;</p>
<p>Mais comme chaque dualité ne peut fonctionner que par un troisième terme devant la coiffer, norme mathématique et norme mercantile seront unies en un dévoiement de trinité qui constituera l&#8217;espace désincarné par l&#8217;universel objectivé de la norme juridique, ce qui plus communément s&#8217;appelle &#8220;Etat&#8221;.</p>
<p>Robespierre est un radical exemple de la norme juridique désincarnant l&#8217;espace, la Révolution française n&#8217;étant d&#8217;ailleurs que le soubresaut chaotique d&#8217;une histoire commencée longtemps avant elle, l&#8217;histoire des hommes et de leur déracinement dans l&#8217;abstraction universelle de l&#8217;ordre technico-économico-juridique qui n&#8217;est autre que l&#8217;espace de l&#8217;Etat moderne.</p>
<p>Ce que verra bien Tocqueville contre les emportements lyriques d&#8217;un Michelet,</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1524" title="jules_michelet" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/01/jules_michelet.jpg" alt="" width="500" height="613" /></p>
<p>de grande qualité littéraire mais de faible intérêt scientifique, sera de souligner que la Révolution française ne fût sur bien des points que la continuation d &#8216;un processus depuis longtemps amorcé en Europe, celui de la création progressive de l&#8217;Etat dont le XVI ème siècle avait déjà vu naître les premières théories, celle de Machiavel ou de Jean Bodin, théories qui seront par la suite radicalisées vers l&#8217;abstraction numineuse du pouvoir comme chez Hobbes ou chez Bossuet.</p>
<p>Bien avant 1789, au travers des différents despotismes éclairés ou de la monarchie absolue d&#8217;un Louis XIV, on assiste en effet à la mise en place d&#8217;une véritable administration d&#8217; état qui s&#8217; appuie sur des fonctionnaires permanents.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1539" title="louisxiv" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/01/louisxiv.jpg" alt="" width="500" height="352" /></p>
<p>L&#8217;ancien principe féodal fondé sur les rapports d&#8217;hommes à homme laisse place à l&#8217;autorité de l&#8217;Etat conçue non plus comme un homme incarnant le pouvoir mais comme centre de plus en plus impersonnel de l&#8217;uniformisation juridique. Si la Révolution de 1789 balaya les vestiges féodaux , ce fût moins dans l&#8217;intérêt du peuple que parce qu&#8217;ils entravaient la développement de l&#8217;Etat.</p>
<p>La Révolution peaufine d&#8217;abord la construction de l&#8217;Etat par le nivellement des cadres socio-professionnels désormais de plus en plus enveloppés par l&#8217;uniformité du centralisme jacobin, ce qui ne pouvait que semer les germes de tous les abus ultérieurs.</p>
<p>Exemple significatif, le décret d&#8217;Allarde et la loi Le chapelier  des 7 mars et 17 juin 1791  interdisant toute liberté d&#8217;association dans une visée de fluidification spatiale pour une meilleure emprise étatique et commerciale avec pour conséquence de livrer le prolétariat pieds et poings liés à l&#8217;arbitraire d&#8217;un patronat cupide, de sorte que ce sera contre les principes mêmes de la république &#8220;Une et indivisible&#8221; qu&#8217;il faudra plus d&#8217;un siècle plus tard rétablir un peu d&#8217;unité au sein du monde professionnel en accordant aux ouvriers le droit d&#8217;association syndicale.</p>
<p>Soit, autre solution, on supprime les particularismes par voie d&#8217;extermination. Pour la République &#8220;Une et indivisible&#8221;, l&#8217;Eglise catholique unissant des homme par communauté de regards unis vers la transcendance, constitue un corps étranger. Il n&#8217;y a qu&#8217;un seul absolu, l&#8217;uniformité de la norme juridique s&#8217;incarnant par l&#8217;Etat-Nation, ses seuls prêtres ne peuvent donc être que des fonctionnaires,  telle le sera la décision de l&#8217;absolutisme jacobin au travers de la &#8220;Constitution civile du clergé&#8221;. Les prêtres jurant fidélité à Rome parce que seule l&#8217;autorité de Pierre est d&#8217;investiture divine, celle de Marianne n&#8217;étant que parodie de transcendance, seront dès lors qualifiés de &#8220;réfractaire. Cela donnera les déportations,</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1517" title="dau1_duveau_001i" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/01/dau1_duveau_001i.jpg" alt="" width="260" height="137" /></p>
<p>les milliers de morts par guillotine ou par noyades, les catholiques restant fidèles à ces mêmes prêtres deviendront &#8220;ennemis de la nation&#8221; et cela donnera les persécutions anti-chrétiennes, jusqu&#8217; aux massacres systématiques des habitants au travers des colonnes infernales de Turreau, les centaines de noyades dans la Loire ordonnées par Carrier,</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1515" title="0464" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/01/0464.jpg" alt="" width="500" height="305" /></p>
<p>exactions sur lesquelles le Comité de salut public fermera les yeux. Rappelons que certains conventionnels iront jusqu&#8217;à envisager l&#8217;extermination chimique par épandages toxiques sur les populations vendéennes et n&#8217;attendront pas les nazis pour solliciter la collaboration de savants comme Antoine Fourcroy ou Marie-Joseph Proust. Faute de moyens techniques ces méthodes ne seront pas retenues et devront attendre le XXème siècle pour être mises en oeuvres dans d&#8217;autres circonstances.</p>
<p>Solution libérale d&#8217;un côté, solution totalitaire de l&#8217;autre, par l&#8217;espace désincarné au moyen de l&#8217;universalité abstraite de la norme sont déjà donc expérimentés les futurs excès de l&#8217;occident autorisés par le cadre étatique, soit que sa présence doit permettre la domination d&#8217;une classe et l&#8217;étouffement de l&#8217;autre, soit que supprimant toutes les classes, il n&#8217;en écrase que mieux les individus.</p>
<p>Les anciennes guildes et corporations étant définitivement abolies,</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1550" title="rembrandt-syndic-drapiers" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/01/rembrandt-syndic-drapiers.jpg" alt="" width="580" height="389" /></p>
<p>les hommes seront dès lors livrés directement à l&#8217;emprise anonyme et froide du pouvoir étatique régnant par l&#8217; objectivation de l&#8217;universel qui n&#8217;est que l&#8217;abstraction de la loi. Pas de corps intermédiaires, un seul cadre de vie l&#8217;Etat-Nation, aucun corps ne pouvant exercer de pouvoir qui n&#8217;en émane, ainsi que l&#8217;exprime l&#8217;article 3 de la Déclaration des droits de l&#8217;homme, ce que l&#8217;on désigne par ce mot de &#8220;Nation&#8221; n&#8217;est en fait que l&#8217;autre nom donné au totalitarisme étatique, Mussolini affectionnera une formule beaucoup plus explicite mais qui au fond signifiera la même chose &#8220;Tout dans l&#8217;Etat, rien contre l&#8217;Etat, rien en dehors de l&#8217;Etat&#8221;.<br />
L&#8217;Etat-Nation, entité impersonnelle, présente alors l&#8217;inhumaine indifférence de tout ce qui est anonyme, être sans chair et sans visage puisqu&#8217;il ne s&#8217;agit que d&#8217;un mécanisme juridique , ce monstre Hobbes lui avait déjà donné un nom : &#8220;Léviathan&#8221;. Pour lui insuffler plus de vie on pourra appeler cela &#8220;République&#8221; ou &#8220;Patrie&#8221;, créer une figure mythique</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/01/yyyy.bmp" alt="" width="525" /></p>
<p>mais il ne s&#8217;agira que d&#8217;une abstraction aliénante, une répugnante idole ayant droit de vie et de mort sur des millions de gens lesquels n&#8217;étant plus liés par des solidarités professionnelles ou corporatives ne sont plus que juxtapositions dispersées d&#8217;atomes  autour d&#8217;un noyau lointain et occulte irradiant l&#8217;universalité de la norme juridique. La Révolution signe d&#8217;ailleurs l&#8217;avènement de la masse anonyme, l&#8217; ère des foules commence avec elle. Après 1789,  la guerre n&#8217;est plus l&#8217;affaire de quelques aristocrates et mercenaires mais concerne le peuple entier. C&#8217;est dans la logique de ce principe qu&#8217;au nom de la patrie, l&#8217;on décide dès 1793 d&#8217;envoyer d&#8217;un coup 300 000 hommes à la guerre, provoquant l&#8217;insurrection vendéenne, c&#8217;est toujours dans la logique de ce même principe que la République fera périr plusieurs millions des siens dans les tranchées de 14-18.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1538" title="poilus" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/01/poilus.jpg" alt="" width="550" height="553" /></p>
<p>Au reste, notre république n&#8217;est pas la seule responsable. Les exterminations à grande échelle furent bien contemporaines de la montée en puissance de l&#8217;Etat, celui de la IIIèeme république comme celui de Guillaume II d&#8217;Allemagne comme celui de Staline. C&#8217;est l&#8217;ambition du pouvoir étatique qui déjà avait été cause des guerres de religions, ce furent les monarques qui dressèrent les uns contre les autres catholiques et protestants, en témoigne, entre autre, le jeu d&#8217;un Richelieu soutenant la soldatesque suédoise du protestant Gustave Adolphe contre la dynastie habsbourgeoise pourtant tout aussi catholique que celle des bourbons.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1546" title="jacques-callot" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/01/jacques-callot.jpg" alt="" width="639" height="292" /></p>
<p>La Révolution désincarne ensuite l&#8217;espace par la norme mercantile faisant régner la concurrence économique et l&#8217;accroissement de la consommation comme objectif prééminent du travail. Au triomphe de l&#8217;Etat contribuèrent les velléités d&#8217;une caste de commerçants échappant au corporatisme et dont la liberté revendiquée n&#8217;était que le souhait de l&#8217;expansion illimitée du profit. Bien avant 1789, la puissance de la finance travaillait de concert avec la puissance de l&#8217;Etat pour ruiner les corps intermédiaires. La fascination pour l&#8217;ingénieur supplantant celle pour le saint, le moine, le chevalier, le poète ou le mystique, il devait en résulter la mécanisation de l&#8217;espace politique où chaque organe n&#8217;est plus le microcosme vivant d&#8217;un grand corps vivant mais rouage d&#8217;une grande machine au fonctionnement de laquelle devait intervenir la fornication mutuelle entre le technicien, le fonctionnaire et l&#8217;épicier. Rien d étonnant d&#8217;ailleurs à ce que la force brutale collabore avec le profit car tous deux n&#8217;entrevoient la liberté que comme conjonction de réciproques intérêts dans un monde où chaque homme est comme un iceberg à la dérive et dont les trois quart de sa partie submergée est constituée de pulsions inconscientes et somatiques que d&#8217;aucuns pourront plus tard explorer dans un tout autre contexte.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1541" title="fruct" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/01/fruct.jpg" alt="" width="600" height="827" /></p>
<p>Le peu qui reste de la conscience  forme alors barrage contre l&#8217;inconscient son unique terre natale , &#8220;Homo Homini lupus&#8221; comme aurait pu reformuler Hobbes, et nous aurons ainsi cette philosophie de l&#8217;Etat et de la société, celle qui nourrissant d&#8217;abord la philosophie politique du XVIIIème deviendra l&#8217;auge où viendront s&#8217;abreuver les Révolutionnaires de 1789 puis tous les tenants de la démocratie libérale jusqu&#8217;aux plus extrêmes conséquences actuelles où l&#8217;entrepreneur et le chef d&#8217;Etat sont copains comme cochons.</p>
<p>D&#8217;où sortira t&#8217; elle donc cette eucharistie pour dépravés si ce n&#8217;est de cette mentalité d&#8217;appât du gain qui dès le Moyen age commence à façonner la mentalité européenne ? Quel est l&#8217;acte fondateur de la société selon Rousseau ? En bon partisan d&#8217;une théorie rejetant la nature politique de l&#8217;homme , il vous répondra en désignant l&#8217;acte le plus mercantile qui soit,</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1526" title="jjr_cont" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/01/jjr_cont.jpg" alt="" width="235" height="403" /></p>
<p>un contrat, une simple association destinée à vous permettre en toute quiétude de gérer votre petite propriété. John Locke avait d&#8217;ailleurs déjà utilisé la formule tandis que sous ses yeux , l&#8217;Angleterre supplantait l&#8217;Espagne dans la domination du monde par la force de son commerce. Comment d&#8217;ailleurs se définit l&#8217;état de nature selon John Locke?</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1527" title="nbxhhgshs" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/01/nbxhhgshs.jpg" alt="" width="485" height="566" /></p>
<p>Par la libre disposition de ses biens; gérer sa possession sans entrave, telle est la définition du bonheur, vous garantir que vous pourrez palper votre bourse sans que le méchant ne vienne vous déranger, tel est le rôle du Leviathan.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1516" title="7" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/01/7.jpg" alt="" width="500" height="626" /></p>
<p>Dans ses &#8220;lettres philosophiques&#8221;, Voltaire  écrira que le mercantilisme anglais avait assis la grandeur de l&#8217;Etat britannique mais il aurait pu ajouter qu&#8217;en échange l&#8217;Etat le lui avait bien rendu. La synthèse de Hobbes , de Locke et de Rousseau , il faut la voir dans cette collaboration réciproque entre Leviathan et Mammon. Tandis que Mammon finance la brutalité de Leviathan celui-ci lui permet de toujours plus amples possibilités de profits par l&#8217;expansion territoriale au moyen de la guerre ou de la marchandisation progressive de la vie.</p>
<p>Enfin la Révolution désincarne l&#8217;espace par la norme géométrique qui avec l&#8217;uniformisation par le droit et l&#8217;uniformisation par le capital achève la sainte trinité de la collaboration entre La politique, la finance et la technique pour une complète rationalisation du cadre de vie. La collaboration entre le<br />
fonctionnaire et l&#8217;ingénieur découpe alors l&#8217;espace suivant une logique  où la circonscription électorale, l&#8217;action de l&#8217;Etat et le rigorisme mathématique se rejoignent par l&#8217;emprunt aux techniciens des Ponts et  chaussées du terme de &#8220;département&#8221;. Troisième approche du déracinement des hommes répartis comme des pions sur un vaste damier dotés de carrés égaux, substituant l&#8217;approche géométrique de l&#8217;espace à celle de L&#8217;Ancien Régime où les provinces résultaient au contraire de l&#8217;émergence naturelle du génie local exprimé au travers de la diversité des terroirs et des traditions.</p>
<p>La pétition concernée laisse entendre que puisque des espaces publiques ont été dédiés à Theodor Herzl ou à Jean Paul II, on ne voit pas pourquoi Robespierre ne pourrait y avoir droit. Si la comparaison avec Jean paul II est fort incongrue, en revanche, le rapprochement avec Theodor Herzl</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1545" title="herzl" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/01/herzl.jpg" alt="" width="380" height="400" /></p>
<p>ne pouvait mieux tomber pour illustrer mon propos, d&#8217;autant qu&#8217;il est en phase avec une actualité récente.</p>
<p>Si l&#8217;on autorise donc cette digression qui à vrai dire n&#8217;en est pas vraiment une, il sera rappelé qu&#8217;en 1910, Herzl visiblement contaminé par la sacralisation du tangible diffusée par le matérialisme européen demandait conseil à Cécile Rhodes pour son projet de création d&#8217;un état hébreux, lui spécifiant que ce projet était d&#8217;inspiration coloniale. Certains intellectuels juifs comme Albert Einstein ou Martin Buber devaient ultérieurement déclarer leur méfiance envers un état hébreux au motif qu&#8217;à leurs yeux les juifs constituaient avant tout une communauté spirituelle et devaient continuer à être tel. A l&#8217;heure où de nouvelles exactions d&#8217;Israël viennent une fois de plus de défrayer la chronique</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/01/img917.jpg" alt="" title="img917" width="530" height="731" class="alignnone size-full wp-image-1563" /></a></p>
<p>dans la continuité des premiers massacres, comme celui de Deir Yassinn, opérés par l&#8217;Irgoun,  on retiendra bien ce mot de &#8220;communauté spirituelle&#8221; à laquelle le concept réducteur d&#8217;Etat-nation ne peut se poser que comme antithèse.</p>
<p>Le sionisme en prolongeant le colonialisme occidental devait nécessairement recéler le même discours mensonger véhiculé depuis le XVIIème siècle par la pensée politique européenne et relancé par la Révolution française. Aveuglé par le salut illusoire proposé par l&#8217;Etat, le juif devenant israelien n&#8217;est plus membre d&#8217;une communauté pacifique unie par la mémoire et l&#8217;esprit mais soldat du Leviathan militaire où l&#8217;on communie dans l&#8217;attaque meurtrière, l&#8217;expansion spoliatrice, l&#8217;abrutissement des consciences par l&#8217;art de gouverner qui n&#8217;est que l&#8217;art du mensonge</p>
<p>L&#8217;Etat, qu&#8217;il prenne la forme d&#8217;un Moloch hébreux ou d&#8217;une pouffiasse gauloise, aguicheuse et glaçée,</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1528" title="buste-bardotaviso450" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/01/buste-bardotaviso450.jpg" alt="" width="266" height="464" /></p>
<p>se construit fatalement contre l&#8217;homme.  Entité impersonnelle, il ne peut souder autour de lui les personnes qu&#8217;en leur ôtant leur réalité personnelles pour les réduire à des robots consommateurs en temps de paix ou des robots militaires en temps de guerre.  Pour créer un simulacre d&#8217;unité, il entretient de toutes pièces de faux idéaux comme la productivité à outrance par la consommation à tous crins ou bien il forge l&#8217;ennemi commun, ce fût l&#8217;allemand pour les français, et le français pour les allemands comme c&#8217;est l&#8217;arabe pour les juifs et le juif pour les arabes, dans tous les cas il nous fait toujours payer cher la sécurité illusoire qu&#8217;il prétend nous donner contre des dangers qu&#8217;il a lui même grandement contribué à causer.</p>
<p>Là voila donc cette &#8220;République&#8221; sauvée par Robespierre, parodie de théologie , parodie de genèse, parodie de communion , parodie d&#8217;unité , parodie de rédemption, mise en scène hypocrite où la communauté spirituelle n&#8217;est en fait que communauté de consommateurs, de téléspectateurs, de brutes militaires ou de numéros fiscaux, non pas l&#8217;espace où vous reconnaissez l&#8217;autre comme votre frère en humanité mais le marché où l&#8217;autre n&#8217;est qu&#8217;un obstacle sur la route, un concurrent à écraser et où le contact n&#8217;est qu&#8217;échange de service contre argent et le savoir-faire monnayé comme un corps de putain.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1540" title="pute" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/01/pute.gif" alt="" width="317" height="487" /></p>
<p>Cet ample mouvement d&#8217; objectivation de l&#8217;universel visant à l&#8217;espace désincarné où tout n&#8217;est plus que circulation de marchandises dans un cadre anonyme, ne pouvait déboucher, comme conséquence logique que sur l&#8217; Europe de Maastricht, non pas tant désir d&#8217;unir les peuples que désir du super Etat devant achever au niveau transnational le processus déracinant  et l&#8217;exil hors des cadres identitaires, amorcés depuis plusieurs siècles par la construction de l&#8217;Etat modene. Quoi de plus représentatif, alors, de cette idée, que les billest de banque européens ?</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1548" title="100euros" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/01/100euros.jpg" alt="" width="641" height="363" /></p>
<p>Ne montrant que des ponts et de portes, non le pont de tel pays conçu dans l&#8217;architecture propre à telle époque ou à telle population</p>
<p>mais l&#8217;en soi du pont, aussi exsangue et froid que son concept. Triomphe ultime de la collaboration entre Mammon et Léviathan travaillant à l&#8217;atomisation des sociétés et à l&#8217;exil mental des hommes et </p>
<p>voire à leur soudure artificielle autour d&#8217;images factices</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1559" title="coupe-du-monde-1998" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/01/coupe-du-monde-1998.jpg" alt="" width="400" height="324" /></p>
<p>ainsi qu&#8217;au rêve d&#8217;aseptisation générale où l&#8217;on mangera des chips sur les sommets du Tibet aussi bien qu&#8217;à New York.<br />
Quand, en effet, la sphère signifiant est prise pour le signifié, on atteind cet étrange retournement où ce qui était devenu objet à conquérir devient alors la chose qui vous écrase de sorte </p>
<p>C&#8217;est à ce stade que nous rejoignons la dernière phase, celle où le monstre Etat s&#8217;efface pour laisser place au maître de tous les monstres</p>
<p>On peut s&#8217;en consoler par l&#8217;humour en l&#8217;imaginant ainsi</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/02/img913a.jpg" alt="" title="img913a" class="alignnone size-full wp-image-1576" /></a></p>
<p> ou bien, si l&#8217;on est poète le voir ainsi,</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1533" title="num_6" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/01/num_6.jpg" alt="" width="560" height="845" /></p>
<p>Sinon, ne restera que le terme de &#8220;Mondialisation&#8221;</p>
<p>Falcophil</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://falcophil.info/blog/extinction-des-feux/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>63</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>MACHINE A DEGUEULER, MODE D&#8217;EMPLOI.</title>
		<link>http://falcophil.info/blog/machine-a-degueuler-mode-demploi/</link>
		<comments>http://falcophil.info/blog/machine-a-degueuler-mode-demploi/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 02 Jan 2009 15:05:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Falcophil</dc:creator>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>
		<category><![CDATA[Ajouter un tag]]></category>
		<category><![CDATA[mav]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://falcophil.info/blog/?p=1476</guid>
		<description><![CDATA[Une oeuvre dont je ne suis pas l&#8217;auteur me vaut curieusement critique, sarcasmes et mépris. Rappelons d&#8217;abord que cet engin bizarre

fut conçu par l&#8217;italien Michelangelo Salamida et que son but était de reproduire

de manière mécanique le processus du vomissement.
A quoi cela doit-il servir ?
question de philistin à laquelle je ne veux pas répondre.
Bien sûr pour [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Une oeuvre dont je ne suis pas l&#8217;auteur me vaut curieusement critique, sarcasmes et mépris. Rappelons d&#8217;abord que cet engin bizarre</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1382" title="vomica3" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/11/vomica3.jpg" alt="" width="335" height="409" /></p>
<p>fut conçu par l&#8217;italien Michelangelo Salamida et que son but était de reproduire</p>
<p><span id="more-1476"></span></p>
<p>de manière mécanique le processus du vomissement.</p>
<p>A quoi cela doit-il servir ?</p>
<p>question de philistin à laquelle je ne veux pas répondre.</p>
<p>Bien sûr pour Fructidor invoquant la nécessité pour l&#8217;artiste d&#8217;épouser la cause du peuple, telle réalisation ne sera que passe-temps de bourgeois désoeuvré. Clio, l&#8217;esprit plus ouvert, m&#8217;accordera que son effet présente un intérêt poétique mais pour me lancer aussitôt une autre critique consistant à me dire que son résultat visuel est plus saisissant que sa narration littéraire plutôt ennuyeuse , preuve que je me trompe quand je soutiens dans cet article</p>
<p><a  href="http://falcophil.info/blog/couvertures-auxquelles-vous-avez-echappe/">http://falcophil.info/blog/couvertures-auxquelles-vous-avez-echappe/</a></p>
<p>, la supériorité du littéraire sur l&#8217;effet plastique.</p>
<p>Petite précision, la présente narration</p>
<p><a href=" http://falcophil.info/blog/propos-oiseux-desthete/#comment-185">çà</a></p>
<p>n&#8217;est pas de moi mais de Clash dont je vous accorde que les talents d&#8217;écrivain laissent à désirer.</p>
<p>Je précise par ailleurs que je n&#8217;ai pas tant affirmé la supériorité du littéraire que la supériorité de ce qui n&#8217;existe pas.</p>
<p>Je tiens ce qui n&#8217;existe pas comme appartenant à un ordre supérieur parce que la non-existence est plus proche de ce qui &#8220;est&#8221;.</p>
<p>Qu&#8217;est ce en effet que l&#8217;existence, si ce n&#8217;est ce qui relève du doute et de la défaillance ?</p>
<p>Ce qui n &#8216;est la proie ni du doute, ni de la défaillance soit cela n&#8217;existe pas et dans ce cas cela ne peut être que le dépouillement le plus extrême, le dépassement de la limite imposée par notre cadre existentiel, dépassement dévoilant l&#8217;ultime réalité de ce qui &#8220;EST&#8221; car même en ce plus radical néant du non-existant, pour que celui-ci soit il faut bien qu&#8217;il relève de l&#8217;être,</p>
<p>soit, Il est possible d&#8217;exister sans être la proie du doute et de la défaillance, en ce cas, l&#8217;existence coïncide avec une autre réalité, celle dont relève cette &#8220;machine à dégueuler&#8221; que je voudrais maintenant vous présenter en corrigeant la maladroite relation de Clash.</p>
<p>Nous allons donc étudier cette belle mécanique de manière un peu plus pédagogique afin que vous  en perceviez mieux la fondamentale inutilité.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1477" title="vomica4" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/12/vomica4.jpg" alt="" width="620" height="458" /></p>
<p>La machine à dégueuler donc, &#8220;Vomica&#8221; puisque c&#8217;est son nom, se présente ainsi.</p>
<p>Un entonnoir (1) dans lequel vous versez de la nourriture, ce que vous voulez, n&#8217;importe quoi peut faire l&#8217;affaire, il doit bien vous rester quelques vestiges de ces périodes de grandes ripailles qui fort heureusement ne sont maintenant plus qu&#8217;un souvenir.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1485" title="img895" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/01/img895.jpg" alt="" width="600" height="833" /></p>
<p>Si c &#8216;est le cas, vous pouvez les déverser dans la &#8220;bouche&#8221; de La machine à dégueuler, elle n&#8217;est jamais écoeurée n&#8217;étant pas programmée pour cela et elle a toujours faim parce qu&#8217;on l&#8217;a planifiée pour cela.</p>
<p>Donc, les aliments versés dans l&#8217;entonnoir dégringolent le long du tuyau (2) pour s&#8217;en aller finir dans une sorte de cuve (4) déjà remplie d&#8217;eau et faisant fonction d&#8217;estomac.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1477" title="vomica4" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/12/vomica4.jpg" alt="" width="620" height="458" /></p>
<p>Par l&#8217;intermédiaire du tuyau (3) est introduite une composition chimique analogue au suc gastrique produit par notre estomac, substance également destinée à terminer dans la cuve (4) afin de s&#8217;y mélanger avec les aliments.</p>
<p>Le câble (7) commande la mise en marche d&#8217;une sorte de mixeur interne à la cuve. Aliments et substance chimique sont alors mélangés en une compacte marinade.</p>
<p>Maintenant, suivez moi bien parce que cela devient un peu plus complexe.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1477" title="vomica4" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/12/vomica4.jpg" alt="" width="620" height="458" /></p>
<p>L&#8217;oeil électronique (5) contient une mémoire interne dans laquelle se trouvent informatisées certaines images. Ont par exemple été mémorisées quantité de photos représentant sa sainteté Benoit XVI.</p>
<p>Si vous présentez ainsi tel objet à l&#8217;oeil électronique</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1486" title="img896" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/01/img896.jpg" alt="" width="500" height="809" /></p>
<p>celui-ci trouve alors dans sa mémoire interne d&#8217;autres images analogues à la photo figurant sur la couverture du livre</p>
<p>et réagit aussitôt par la production d&#8217;une décharge électrique passant par le câble (6) de façon à mettre en action un piston situé à l&#8217;embouchure du tuyau (3).</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1477" title="vomica4" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/12/vomica4.jpg" alt="" width="620" height="458" /></p>
<p>L&#8217;action immédiate du piston est d&#8217;activer une plaque à effet de compression située contre une paroi de la cuve(4), de sorte qu &#8216;est violemment poussée hors de la cuve, la masse liquide qui de ce fait emporte la bouillie d&#8217;aliments et de suc gastrique, laquelle devra d&#8217;abord repasser par un filtre passoire qui se sera automatiquement mis en place à l&#8217;embouchure du tuyau (2), pour être ensuite évacuée de manière brutale au travers de l&#8217;entonnoir (1), en éclats de vomissures.</p>
<p>Précisons que l&#8217;entonnoir est un tantinet incliné vers le mur sur lequel on a pris soin de coller du papier noir afin de recueillir les éclaboussures du dégueulis.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1479" title="vomica51" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/01/vomica51.jpg" alt="" width="624" height="456" /></p>
<p>D&#8217;où le nom de machine à dégueuler, &#8220;à points d&#8217;impact sidéral&#8221;.</p>
<p>Le papier souillé de vomissures est aussitôt décollé pour, ensuite, être photographié. Puis le tirage est agrandi de façon à former un poster qui sera plus tard exposé en galerie et vendu comme oeuvre d&#8217;art à part entière.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1480" title="degueule1" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/01/degueule1.jpg" alt="" width="454" height="281" /></p>
<p>Notons qu&#8217;un nombre important des dégueulis mécaniques de Salamida fut présenté à la FIAC de 1998</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1481" title="degueule2" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/01/degueule2.jpg" alt="" width="454" height="281" /></p>
<p>Ajoutons que par la suite Salamida tenta un perfectionnement de sa machine par certains ajouts</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1484" title="vomica19" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/01/vomica19.jpg" alt="" width="600" height="409" /></p>
<p>destinés à provoquer la vomissement par audition ainsi qu&#8217;olfaction, tentatives qui toutefois se soldèrent par un échec.</p>
<p>Programmée par exemple pour vomir à l&#8217;audition d&#8217;un chant grégorien ou d&#8217;une pièce de Satie, la machine resta inerte, son oeil unique demeurant grand ouvert sur le vide, lorsque lui furent passés &#8220;Introït jubilate Deo&#8221; ou &#8220;gymnopédie n°3&#8243;.</p>
<p>Pour l&#8217;instant donc &#8220;Vomica&#8221; n&#8217;entend rien et ne sent rien.</p>
<p>C&#8217;est d&#8217;ailleurs à peine si elle voit puisque prévue seulement pour réagir à certaines images, son but essentiel est de manger pour mieux vomir.</p>
<p>Insistons sur ce point, s&#8217;il est vrai que la machine a toujours faim, elle ne prend toutefois que pour rendre, comme si sa fonction était moins d&#8217;ingestion que de rejet d&#8217;où cette étrange impression qu&#8217;elle voudrait signifier le détachement ou du moins, son simulacre.</p>
<p>La machine à dégueuler incarnerait-elle donc la sagesse de celui qui peut tout vomir parce qu&#8217;il n&#8217;accorde aucune importance aux choses?</p>
<p>Ou exprime t-elle encore une illusion de liberté, la machine se croyant libre de tout vomir alors qu&#8217;elle ignore qu&#8217;elle est en fait programmée pour vomir parce que prévue pour ingurgiter ?</p>
<p>Il peut y avoir du vrai dans les deux interprétations.</p>
<p>Salamida, interrogé sur ce point répondit qu&#8217;en effet Vomica n&#8217;est attachée à rien, sa raison d&#8217;exister ne pouvant être que le vomissement. Mais il tint toutefois à souligner le curieux paradoxe d&#8217;un déracinement de connivence avec l&#8217;ancrage car c&#8217;est un fait que la machine est solidement attachée au sol et ne peut fonctionner que par un réseau de câbles électriques eux même reliés à d&#8217;autres réseaux électriques.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1491" title="vomica-d" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/01/vomica-d.jpg" alt="" width="500" height="359" /></p>
<p>Salamida invoque souvent quelques lectures qui le marquèrent, entre autre &#8220;L&#8217; homme unidimensionnel&#8221; de Marcuse ainsi que &#8220;De l&#8217;esprit&#8221; de Helvétius.</p>
<p>Il cite plus particulièrement certaines gravures du XVIIIeme</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1487" title="img899" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/01/img899.jpg" alt="" width="500" height="680" /></p>
<p>ainsi que le canard automate qui mangeait et déféquait.</p>
<p><img id="image930" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/03/adre-copie.jpg" alt="adre-copie.jpg" width="536" height="515" /><br />
(Canard automate de Vaucanson XVIIIème)</p>
<p>Mais par dessus tout, Salamida tient à rendre hommage à cet autre incroyable automate du XVIIIème siècle, capable de dessiner aussi bien qu&#8217;une main humaine</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1488" title="img897" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/01/img897.jpg" alt="" width="580" height="810" /></p>
<p>Salamida aime à cet égard narrer une anecdote.</p>
<p>L&#8217;auteur de l&#8217;automate, Jacquet-Droz, fut présenté à Louis XVI pour lui montrer le fonctionnement de son invention. Annonçant au Roi que son &#8220;dessinateur&#8221; allait exécuter le portrait de feu son grand-père, Louis le 15ème,l&#8217;émotion de Jacquet-Droz fut cependant telle que l&#8217;inventeur commit une erreur de &#8220;programmation&#8221; de sorte qu&#8217; au lieu du portait du &#8220;Bien Aimé&#8221;, l&#8217;automate dessina un chien accompagné de la légende &#8220;Mon gentil toutou&#8221;.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1489" title="img898" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/01/img898.jpg" alt="" width="500" height="634" />.</p>
<p>Au malaise qui parcourut alors l&#8217;assistance, on devine à quel point Jacquet-Droz dût rougit de confusion ou disons plutôt d&#8217;humanité car comme le conclut Salamida l&#8217;homme sera toujours sauvé par ses défaillances, ajoutant que sur ce point sa machine peut faire mieux.</p>
<p>Ainsi, un jour, alors que l&#8217;on exposait Vomica dans le cadre d&#8217;une foire d&#8217;art contemporain, la machine se mit à vomir sans motif au point qu&#8217;il fallut la débrancher. On chercha la cause, on ne trouva point, on insista et l&#8217;on finit par trouver. La machine avait été installée en face d&#8217;un mur où l&#8217;on avait accroché une oeuvre de Jaspers Johns</p>
<p><img id="image304" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2007/04/tete.jpg" alt="tete.jpg" height="274" /></p>
<p>L&#8217;explication rendait toutefois le dysfonctionnement encore plus incompréhensible, la machine n&#8217;ayant jamais été programmée pour vomir à la vue d&#8217;un tableau de l&#8217;artiste américain.</p>
<p>Salamida ne peut raconter cette anecdote sans se souvenir d&#8217;un passage des mémoires du souterrain de Dostoiëvsky et se demande alors si sa machine ne recélerait pas quelques traces d&#8217;humanité corrélatives à ses caprices imprévisibles.</p>
<p>Salamida souligne souvent, s&#8217;efforçant vainement de rester modeste, que si l&#8217;automate de Jacquet-Droz ne peut guère improviser, le chien ou le portrait du Roi n&#8217;obéissant qu&#8217;à un tracé linéaire fixé à l&#8217;avance,</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1490" title="img898z" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/01/img898z.jpg" alt="" width="500" height="485" /></p>
<p>en revanche, les vomissures projetées par sa machine présentent chaque fois une image inattendue</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1482" title="degueule3" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/01/degueule3.jpg" alt="" width="454" height="281" /></p>
<p>Il termine alors par une autre boutade, paraphrasant Schopenhauer: &#8216; la machine à dégueuler est comme l&#8217;histoire, elle produit chaque fois une configuration nouvelle</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1492" title="degueule6" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/01/degueule6.jpg" alt="" width="451" height="345" /></p>
<p>alors qu&#8217;il ne s&#8217;agit toujours que d&#8217;une même vomissure.&#8221;</p>
<p>&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;-<a </p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://falcophil.info/blog/machine-a-degueuler-mode-demploi/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>41</slash:comments>
		</item>
	</channel>
</rss>
