( décembre 31, 2007 )

APPLICATIONS PRATIQUES

” décidément, tu as toujours le chic pour te défiler par des considérations absconses, il est impossible avec toi de mener une discussion jusqu’au bout…. ”

J’ai la dernière fois voulu expliquer comment je concevais la poésie et l’imagination, termes selon moi synonymes pour désigner l’intuition de l’unité du monde mais puisque Clio veut des analyses rationnelles, je vais alors tenter de lui en proposer une au travers de quelques exemples concrets

Tout d’abord, le détail d’une oeuvre de David Teniers (XVIIème ) représentant Daniel dans la fosse aux lions.

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Le sujet est tiré de l’Ancien Testament. Daniel surpris en oraison malgré un édit de l’emprereur Darius interdisant aux juifs de prier leur Dieu est alors jeté au milieu de lions affamés. La pureté de son coeur est toutefois telle que les fauves ne lui font aucun mal.

A mon sens David Teniers a échoué dans son sujet. Il eut fallu donner aux lions un air féroce pour rendre plus saisissant le miracle d’une foi permettant de rester inébranlable face au danger. Ici, au contraire, le peintre s’étant efforcé de présenter les fauves sous un jour pacifique, n’a pu faire autrement que de donner une expression humaine à celui de droite alors que celui de gauche est inexpressif

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exemple typique du compromis fade et sans vie résultant de l’incapacité d’un réel dépassement des contraires.

Cette entreprise picturale aurait pourtant été un bon moyen de faire jouer le poétique en tant que convergence des opposés et propension à percevoir un système complet de rapports.

Que symbolise en effet le lion? La férocité, la violence, l’esprit de conquête, l’agressivité, l’orgueil, l’appétit, la faim, d’une manière plus fondamentale, le principe “mâle”. Il ne s’agit pas tant ici du sexe masculin que de cette faim exprimant le désir qui pousse la vie en avant et que le Daodejing résume sous le terme de “Yang”.

A côté de cette faim ou plutôt , à l’opposé de cette faim, nous avons un principe opposé que Téniers a d’ailleurs très bien représenté en arrière fond de son tableau

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Les lions se reposent ou dorment.

Second principe fondamental alternant avec le désir, le sommeil. Ce deuxième pôle peut à son tour se décliner au travers du retrait, de la fuite, de l’assouvissement, de la rêverie, de la contemplation, l’essentiel étant qu’il s’agit là du principe freinant les tendances agressives du désir. Principe femelle donc au sens de tendresse, douceur ou patience, qualités associées au sexe féminin mais surtout au sens plus général que le Dao résume sous le terme de “Yin”.

Faim-rassasiement
Désir-Assouvissement
Eveil-Sommeil
Force-Douceur
Attaque-Fuite (ou défense)
Action-Contemplation,
Déploiement-Retrait

autant donc de subdivisions du Yin et du Yang que Téniers dans son intuition d’artiste n’ignorait pas complètement puisque la couleur bleue de la robe de Daniel

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pourrait être perçue comme un oasis de contemplation dans un désert de feu symbolisé par les couleurs ocre-jaune des lions. Téniers ne parvient toutefois pas à établir une convergence de principes concurrents . On pourrait dire que cette scène se trouve sous le signe du retrait contemplatif au détriment de l’élan de vie sans lequel, pourtant, aucune contemplation n’est possible.

A l’inverse, le fauve de Delacroix vu la fois précédente

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se trouverait sous le signe entier de l’attaque et de la faim, la prédominence d’éléments “Yang” comme la terre, le feu, le soleil matérialisés par les couleurs chaudes occultant les éléménts “Yin” tels que l’eau, l’ombre, la nuit, la lune ainsi que les couleurs bleues ou vertes.

L’opposition Yin et Yang, faim alternant avec repos, désir avec appaisement, élan avec statisme n’est donc que la reproduction du rythme vital et si le poète se doit de représenter ces deux principes dans leur coexistence et leur complémentarité, c’est que la poésie est, entre autre, réalisation de l’essence même de l’homme en ce que lui seul hisse au niveau de l’esprit les va-et-vient fondamentaux et binaires régissant l’horizontalité matérielle. Sur un plan strictement animal, il n’y aura jamais, en effet, qu’une succession de désir et de sommeil, de faim et d’assouvissement, d’activité et de repos, seul l’homme fusionnant ces deux termes de par une troisième instance dont il est le réceptacle. Quelle est cette troisième instance ? On pourrait répondre qu’il s’agit en fait de la première, celle de l’Un par laquelle est ramenée au chiffre 2 la multiplicité du monde. Les deux extrémités horizontale du Yin et du Yang sont alors reliées vers le haut par cet Un, de manière à former le sommet d’un triangle.

Significatif que dans la représentation du fauve ni Teniers ni Delacroix ne soient parvenus à réaliser cette trinité, chacun n’étant resté qu’au niveau de l’un des deux termes horizontaux. On pourra noter à cet égard que si la substance poétique se perd, c’est que se perd tout sentiment de l’unité. Combien de gens aujourd’hui peuvent d’ailleurs goûter un poème où la multiplicité du déploiement est unifiée par la rime ou le refrain ? Qu’en littérature se soit, de manière quasi exclusive, imposé le roman avec sa temporalité linéaire qui file vers sa fin irréversible est assez révélateur d’une impossibilité croissante à ramener l’éparpillement chronologique et spatiale du monde vers un point focal où le temps ne se jette plus vers la déperdition et l’entropie mais revient sur lui même en tournant sur un axe invisible.

A partir du thème du fauve, je propose maintenant ma propre interprétation fondée sur les principes esquissés plus haut.

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Ai-je réussi ? A vrai dire, je ne suis pas très satisfait.

Le tigre ou la lionne sont à la recherche de leur proie, expression donc de la voracité et de tous nos appétits impérieux sans lesquels, cependant, nos vies perdraient tout dynamisme. Cet appétit est cependant contrebalancé par la présence des forces de sommeil ou de rêverie symbolisés par la profusion du végétal ou par une fenêtre gothique, morceau d’eglise ou de cloître.

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Appétit- sommeil, Attaque douceur, force-faiblesse. J’ai voulu qu’une mystérieuse union fusionne les ambivalences de façon à ce que l’agressivité du tigre cotoyant la douceur craintive du cerf

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rende la douceur dynamique et le dynamisme douceur de sorte que la douceur ne devienne pas lâcheté et que le dynamisme soit freiné pour ne pas dégénérer en agressivité destructrice.

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Il ne s’agit donc pas d’un compromis mais bien d’une interpénétration par laquelle chaque chose est totalement ce qu’elle doit être. Par la force vitale, la douceur est pleinement douceur et par la douceur, la force vitale est pleinement “vitale”.

La fusion par laquelle s’opère cette complémentarité est donc le mystère de l’ Un, force par laquelle chaque opposé est amené à désirer l’autre non pour le simple plaisir d’un accouplement mais pour la fin supérieure de l’engendrement et de la naissance du tout autre.

Une présence invisible se trouve partout et nulle part. Présence diffusée par une lumière qui est mystère du néant lequel ne doit pas être compris comme “Rien” mais comme infini indivisible de l’ensemble des potentialités cosmiques, cet Un que je découvre en moi de par l’opération unificatrice de mon esprit n’étant que l’image de cette infinité de l’unité du “Rien”.

Il ne s’agit bien sûr que d’exercices pratiques à propos de thèmes destinés à illustrer une démarche pour laquelle d’autres ont réellement excellé.

Pour exprimer cette loi fondamentale de la force indivisible, il faut être un sage et Hélas, je suis loin d’en être un.

Mais nous pouvons toujours contempler les oeuvres issues d’une sagesse que bien peu doivent posséder en Occident si tant est que ceux d’Orient la possèdent encore.

A titre d’exemple, on pourrait citer les oeuvres de la Chine ancienne. Réalisées par des peintres-poètes impregnés de la mystique taoiste, elles expriment parfaitement cette totalité par fusion des contraires

Cette peinture de Shi Tao (XVIII ème, époque Qing)

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montre comment l’opposition Eau -Montagne est résorbée par le mystère d’un troisième terme ineffable, sorte de vapeur ou de vide qui fait basculer l’une dans l’autre. La montagne devient vide ou vapeur et se transforme en eau, tandis que l’eau devient une vapeur qui épousant les formes de la montagne se transforme peu à peu en montagne

Dans celle-ci de Ma Yuan (XIIIème siècle époque Song)

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Le plein semble se jeter dans le vide lequel vide semble générer le plein
L’écriture devient peinture et la peinture écriture, la parole est silence et le silence parole.
Un oiseau part de l’image silencieuse pour rejoindre la parole écrite.
Le silence est sur terre tandis que la parole flotte dans l’air,
Le silence est yin, la parole est yang
Se tenant debout, l’homme, par la pensée, représentée peut-être par l’oiseau quittant sa branche, assure la fusion de la parole et du silence, du ciel et de la terre..
La traduction des vers (en haut à droite) donne:

“L’oiseau farouche surpris par ma présence n’achève pas son chant”

L’autre interprétation possible de l’oeuvre serait de dire alors que par l’offrande de son travail, la sagesse du poète veut rétablir l’ harmonie que l’homme a brisé. Le poète qui rétablit donc l’équilibre au moyen de la totalité qu’enferme son oeuvre, n’oublie toutefois pas que la totalité reste insuffisante et qu’elle doit elle même être dépassée. Au delà de cette totalité et donc au delà du poème se trouve en effet le sans forme, le principe essentiel du Tao qui est néant car innommé, “Nuage d’inconnaissance” que faute d’autre nom on ne peut désigner que par le mot “Infini”.

Falcophil

54 commentaires to “APPLICATIONS PRATIQUES” »

  1. Erato says:

    Ce que vous écrivez me laisse très perplexe.

    D’un côté, j’aime votre façon d’être profond tout en restant simple.

    D’un autre côté, je ne suis pas certaine d’être convaincue, peut-être ai-je mal compris?

    Cet idéal de fusion par l’Un , je ne vois pas très bien ce que c’est.Nous sommes multiples dans nos vies professionnelles et privées. Chaque fois nous donnons un visage différent et sommes tiraillés par des exigences contraires. je ne suis plus à 30 ans , celle que j’étais à 15 ans. Nous sommes multiples à la fois dans le temps et dans l’espace et c’est peut être là notre richesse. Je ne comprends pas quoiqu’il en soit ce que peut signifier l’”Un”. Je ne vois là qu’une abstraction froide et sans vie, inaccessible à nos existences qui ont me semble-t’il besoin du multiple pour être intéressante.

    Et puis, si la sagesse est le but suprême, pourquoi en ce cas continuez vous à créer? Pourquoi continuer même ce blog ?

    Une dernière question. Trouvez vous que cette photo réponde à vos critères de poésie exposés plus haut ?

  2. Falcophil says:

    ” Nous sommes multiples dans nos vies professionnelles et privées. Chaque fois nous donnons un visage différent et sommes tiraillés par des exigences contraires. je ne suis plus à 30 ans , celle que j’étais à 15 ans.”

    Qui donc se rend compte de cette multiplicité? Qui la perçoit? Il faut bien que ce soit une réalité stable. Vous ne pourriez percevoir les multiples aspects contradictoires de vous-même, s’il n’y avait en vous quelque chose qui ne change pas, quelque chose situé précisément hors du multiple et donc, hors de l’espace et du temps. (D’ailleurs, notez bien l’expression “Vous même” comme on dit spontanément moi -”même” pour désigner justement la dimension la plus profonde de nous-”même”, les mots en savent souvent plus long que nous). Je ne puis conceptualiser ce qui ne peut être saisi par le concept, l’Un, c’est à vous “même” de le trouver, personne ne peut le faire à votre place tout comme personne ne peut mourir à votre place.

    “Nous sommes multiples à la fois dans le temps et dans l’espace et c’est peut être là notre richesse”

    Tout dépend de ce que vous entendez par le mot “Richesse”. S’il ne s’agit que d’une simple quantité, il est à craindre que cette richesse soit comme l’eau salée qui donne soif dans la mesure où l’on boit. Tous ces aspects de vous même que vous appelez votre “richesse”, ne seraient-ils pas plutôt une galerie de personnages inconsistants et superficiels? Vous passez de l’un à l’autre mais ne trouvez jamais le bon, parce que le bon comme tout ce qui est réellement beau, de la vraie beauté sans tape à l’oeil, est trop souvent caché et discret.

    ” Et puis, si la sagesse est le but suprême, pourquoi en ce cas continuez vous à créer ?”

    Justement pour parvenir un jour à m’ôter tout envie de créer.

    ” Trouvez vous que cette photo réponde à vos critères de poésie exposés plus haut ? ”

    Je ne puis vraiment répondre, hésitant à publier la photo parce qu’elle porte une signature et un copyrigth. Je crains d’autant plus les réactions éventuelles du propriétaire que je n’ai pas beaucoup de bien à en dire…..

  3. Falcophil says:

    Bon allez, tant pis, si jamais l’auteur voit ça et qu’il gueule , je la retire.

    tigre692.JPG

    C’est une photo comme il y en a des millions, sans plus. l’image est certes belle mais la beauté n’ est pas forcément poétique (alors que la laideur peut l’être).

    Concernant l’exigence de complémentarité, il manque le yang, l’image n’étant que sous le signe du Yin, c’est à dire de l’apaisement.

    Mais il manque encore d’autres aspects essentiels à la poésie dont je n’ai pas parlé. par exemple la purification. La poésie est aussi un travail de décantation et de raffinage de la réalité, c’est par cette purification qu’elle s’expatrie du multiple pour tendre vers l’Un.

  4. Erato says:

    Purification? C’est à dire?….

  5. Falcophil says:

    Il s’agit du travail même de la mémoire voire d’une anticipation de cette mémoire, en ce sens cela peut requérir l’intervention de l’imagination mais alors ce serait dans le sens d’une précipitation de la durée au point d’aboutir à une non durée. j’avais déjà évoqué la chose dans un précédent billet.

    http://falcophil.info/blog/photos-et-thanatos/

  6. Erato says:

    Je continue à ne pas comprendre, désolée.

    Je persiste dans cette impression que ce que vous appelez l’Un est une conception très appauvrie vis à, vis de la richesse du réel.
    D’ailleurs toute réalité perçue ne peut qu’impliquer l’intabilité voire la dégradation, je veux dire qu’il n’y a pas de perception sans état de conscience et pas d’état de conscience sans durée et la durée suppose bien l’instabilité de choses qui passent pour laisser place à celle qui arrivent, lesquelles passent à leur tour . La conscience implique donc un principe instable donc un déséquilibre. C’est donc bien le déséquilibre qui est principe de vie, ce que vous appelez, l’équilibre n’est rien qu’une inertie stérile.

  7. Thierry says:

    Bonne réponse d’Erato. S’il y a en moi quelque chose hors du temps, cela veut dire alors que cette réalité est inaccessible à ma conscience puisque la conscience se déroule dans le temps, je ne pourrais en effet saisir cette réalité sans du même coup la faire tomber dans la durée qui est la durée de mon état de conscience, de sorte que cette réalité ne serait plus intemporelle dès lors que j’en prendrais conscience.

  8. Falcophil says:

    Cette photo évoque une réalité hors du temps

    cont2012.jpg

    Le fait que tu la perçoives dans la durée de ton état de conscience ne la fait pourtant pas descendre dans cette durée en dehors de laquelle elle se tient.

  9. Thierry says:

    Pas d’accord. Quoique non événementielle, elle est tout de même inscrite dans la durée de ma perception.

  10. Falcophil says:

    Cette durée qui creuse des rides sur ton visage et parsème ton crâne de cheveux blancs est pourtant impuissante à entamer le contenu de cette image toujours égale à elle-même.

  11. Thierry says:

    Une chose toujours égale à elle-même finit par devenir plutôt ennuyeuse. On en revient toujours à cette histoire de Dorian Gray. Son portrait est plus interessant que son visage, entre autre parce qu’il s’inscrit dans la durée tandis que la partie fixe de lui même n’est qu’un masque aseptisé. Si la vie est au fond plus interessante que l’art c’est parce qu’elle est en continuel changement. C’est pourquoi je considère le cinéma, art du mouvement et de la durée par exellence, comme un dépassement de la photo et peut être même comme la synthèse de tous les autres arts.

  12. Falcophil says:

    La durée te renvoie toujours à ton impuissance puisqu’elle se résume à n’être qu’un présent où tu ne vois plus ce qui est passé et où tu ne vois pas encore ce qui est à venir. Dans une image fixe, au contraire, tu vois de façon quasi contemporaine, le passé, le présent et le futur.
    C’est l’un des effets de la purification opérée par l’image fixe que de te sortir de l’état d’incomplétude voire d’impuissance inhérent à la durée.
    Je serais au contraire d’avis de dire que le cinéma n’est pas un dépassement de la photo mais qu’il en est plutôt une dégradation.

  13. Erato says:

    Le cinéma permet pourtant lui aussi d’interessantes conciliations des contraires

    img_kingkong3.jpeg

  14. Falcophil says:

    La poésie de l’image qui m’intéresse est tout de même un peu plus délicate que les vulgarités du cinéma américain

    Telle cette autre image de Ma Yuan qui fut un peu le “Giotto” des chinois (en beaucoup plus subtil).

    img664.JPG

  15. Erato says:

    je ne vois pas ce qui une fois de plus vous autorise à dénigrrer certains films;

    On trouve pourtant ces oppositions qui selon vous feraient le poétique

    beau-ti-ful.jpg

    douceur- force
    tendresse-bestialité
    Beauté-laideur
    Culture-sauvagerie
    ville-nature

    Enfin les déclinaisons que propose un thème comme “la belle et la bête” sont multiples et me parlent en tous cas beaucoup plus que ces images chinoises que personnellement je trouve plutôt fades. Enfin, peut-être qu’après tout je n’ai pas l’esprit “Tao”

  16. Falcophil says:

    A voir la violence de vos propres images,

    http://falcophil.info/ifotos/?dir=ERATO

    on comprend que vous puissiez trouver fade ces images chinoises. mais si les images chinoises vous déplaisent je peux vous en proposer d’autres par exemple cette admirable miniature persanne de l’iran safavide.

    sans-titre.jpg

    (J’ai accentué sa saturation pour la rendre plus “acceptable” à vos yeux fatigués qui cherchent l’excitation)

    L’aimerez vous? J’en doute.

    Vous ne pouvez pas avoir l’esprit “tao”, à l’instar probablement de la plupart de vos contemporains vous êtes en fait le produit d’une culture du moteur fondée sur l’instabilité, la brutalité visuelle et sonore. Vous trouvez que certaines images sont fades pour la même raison qu’une personne habituée à manger trop vinaigré trouvera insipides des mets normalement assaisonnés

    Il ne suffit pas de faire cohabiter les contraires, il faut les fusionner par une opération qui s’appelle l’invention du beau. opération manquée pour ces images de King Kong qui n’inventent pas le beau mais en utilisent les signes convenus, on donne à celà un nom: le kitsch.

  17. Erato says:

    Eh bien, au risque de vous décevoir, je vous répondrais que j’aime beaucoup cette image, plus particulièrement la délicatesse de son coloris.

    Les jugements que vous portez sur les gens sont assez expéditifs comme vos considérations sur le kitsch. Vous parlez de “signes convenus” de la beauté, ce qui je trouve est le cas de vos photos dont les éclairages reprennent la technique du Caravage avec ces oppositions heurtées (et donc pas très délicates) d’ombres et de lumières (Ce qui ne vous empêche cependant pas de dire du mal du Caravage à qui vous, ainsi que beaucoup d’autres photographes, devez énormément). On ne peut pourtant pas dire que vos images soient kitsch, ce qui montre que la notion de “kitsch” est un peu plus subtile que vos analyses.

  18. Falcophil says:

    Je n’ai pas dit du mal du Caravage en tant que tel, j’ai simplement dit que sa peinture était significative d’une certaine perte de sens du sacré.

    http://falcophil.info/blog/quod-ergo-deus-coniunxit/

    Ce que j’appelle “signe convenu” de la beauté consiste à utiliser un procédé sans lui apporter aucune innovation plastique ou qualitative, ce qui est le cas du dernier King-Kong qui ne fait que reprendre un imaginaire qui avait déjà été inventé par la première version du film en 1933, avec certes la performance technique en plus mais avec aussi la poésie en moins.

    Rien n’interdirait donc aux photographes de reprendre la technique caravagesque (Comme disait Raymond Voinquel, l’ un des meilleurs photographes de plateau des années 30-40, Caravage n’était pas un peintre mais un photographe) dès lors que cette technique serait développée vers d’autres perspectives. Beaucoup de photographes américains de plateau tel John Alton

    http://www.celtoslavica.de/chiaroscuro/dop/alton.html

    ont par exemple repris l’éclairage caravagesque pour créer l’ambiance des polars américain des années 50.

    Moi-même, j’ai voulu me servir d’un éclairage caravagesque pour redonner à l’image cette dimension du sacré que l’on ne retrouve précisément plus dans la peinture du Caravage .

  19. Thierry says:

    Le nom de Voinquel m’évoque un film “Le jour se lève”. je t’invite à te rappeler la quantité de “talents” qui ont collaboré à ce film

    1.- La photo donc, avec Raymond Voinquel et Kurt Courant.

    2.- Le théatre et la peinture avec les décors d’Alexandre Trauner

    3.- La musique avec Maurice Jaubert

    4.- La littérature avec les dialogues de Jacques Prévert

    5.- La comédie dramatique et le théâtre avec les acteurs (Gabin, Arletty, Jules Berry)

    6.- La réalisation cinématogtaphique avec Marcel Carné

    Il est donc absurde de prétendre que le cinéma soit une dégradation de la photo quand on voit quelle symbiose il permet entre les différentes disciplines artistiques. Le cinéma peut au contraire réaliser la véritable synthèse de tous les arts , celle dont rêvait Wagner pour ses opéras, en ce sens , il pourraît bien apparaître comme le point d’aboutissement de toutes les expressions artistiques.

  20. Falcophil says:

    Parler de symbiose me semble excessif dès lors que dans un cadre cinématographique, chaque discipline ne peut aller au delà des limites qu’on lui assigne. La littérature (Dans des cas tout de même assez rares car les dialoguistes ne sont pas tous Prévert, loin de là!) n’est guère plus qu’un dialogue et il lui est difficile d’être plus, le récit étant assuré par le découpage cinématographique proprement dit, les descriptions d’atmosphères étant assumées par la musique ou la photo laquelle ne peut être pleinement elle-même car qu’est ce qu’un film au fond, si ce n’est une série d’images qui ne se suffisent pas à elle même puisque chacune est dépendante de l’image précédente et ne peut rester immobile sans se jeter vers l’image suivante. En tant que succession de photos dont chacune est incapable de trouver son équilibre, le cinéma peut donc bien être considéré comme une dégradation de la photo.
    Une image qui atteint la plénitude n’a pas besoin de déchoir dans la chronologie, encore moins d’être accompagnée de musique et de paroles.

  21. Thierry says:

    Qui donc t’empêche de faire un arrêt sur image?

    Dire qu’aucune image de film n’est capable de trouver son équilibre est le comble du comble de l’absurdité. En témoigne cette image tirée d’un film d’Orson Welles “La splendeur des Amberson”.

    thierry-doc52.jpg

    L’opérateur de ce film, Stanley Cortez était un vrai génie de la photo et tu ne peux nier que cette simple image est un chef d’oeuvre d’équilibre, d’éclairage, de subtils et savants dosages dans les dégradés allant du noir au blanc, en même temps qu’un extraordinaire travail de maîtrise de la profondeur de champ.

    Le cinéma est donc bien une réconciliation du statisme et du mouvement ainsi que de l’espace et du temps puisque rien ne t’empêche de sortir de la chronologie propre au film, une image immobile dont l’équilibre et l’harmonie pourront pleinement satisfaire ton désir de contemplation

  22. Falcophil says:

    Je peux moi aussi te trouver des quantités de photos géniales tirées de films, là n’est pas la question ou plutôt si, toute la question est là justement car pour me montrer l’équilibre de cette image, tu as bien dû la sortir de la chronologie où elle se trouvait insérée. Si cette image apparaît dans sa pleine valeur photographique , c’est bien parce que son statisme nie la temporalité propre au film. Réinsère l’image dans la temporalité du film, son équilibre alors deviendra quasi nul puisqu’il ne s’agira que d’une position précaire immédiatement abandonnée l’instant d’après en passant à l’image suivante

  23. THITRA says:

    Je me permets d’intervenir, étant moi même passionné de cinéma ainsi que mon homonyme et ami Thierry, je voulais simplement dire que tu te méprends, me semble t’il sur la nature du cinéma en voulant absolument l’aborder avec la nostalgie de l’image fixe. Un film est succession de plans et poésie du mouvement, peut-être est-il corrélatif d’une époque dont, comme tu l’as si bien dit ailleurs , l’essence des choses n’est qu’energie et mouvement moi je le mettrais plutôt en rapport avec la théorie de la relativité suivant laquelle rien n’existe dans l’absolu mais chaque chose ne prend son sens que par rapport à une autre.
    Je crois que tu restes dans une optique platonicienne où n’existe que des réalités stables et figées une fois pour toute, le cinéma étant quant à lui un art plus en phase avec son époque laquelle s’exprime effectivement par l’instabilité , l’agitation, la précarité des situations et leur caractère éphémère.

    Le cinéma exprime tout celà mais il le transcende en même temps car il est faux de soutenir que l’équilibre doive absolument entraîner l’arrêt de la chronologie, autant dire alors que ni Beethoven, ni Flaubert n’ont pu concevoir d’oeuvres équilibrées sous prétexte qu’ils pratiquaient un art de la durée, la durée d’une symphonie pour l’un ou du roman pour le second.

  24. KROACK says:

    Bonjour Monsieur Falcornne, ça fait longtemps que j’ai pas pu venir sur votre bogue

    la dernière fois

    je me suis cassé la gueule, je cherchais le clou

    http://falcophil.info/blog/clash-ou-le-doigt-qui-se-retire/#comment-752

    Ils ont plus voulu depuis que je sorte parce que je fais trop le con. Un des mecs en blanc a même failli se faire virer et il
    aurait dit que j’avais raison de faire le con parce qu’il fallait quand même être intelligent pour être aussi con que je suis.

    depuis je me tiens à carreau

    pour prendre des forces afin de devenir encore plus con

    et c’est pour ça qu’ hier
    j’ai dit Oui quand il est venu me demander l’infirmier si je voulais voir la télé.

    J’ai redemandé à l’infirmier son appareil photo

    il n’était pas d’accord

    les photos ça me fais foutre le camp

    Il disait

    que c’est ici qu’il faut faire le con

    dehors c’est du sérieux mais comme je lui ai dit que je n’avais pas envie d’aller dehors parce que

    j’en étais maintenant arrivé à cette idée que chacun devait faire le con à sa maniière , les cons doivent faire les cons en restant avec les autres cons

    les gens sérieux doivent eux faire les cons en continuant d’être sérieux ,

    Donc je suis entré dans la salle de télé et il y avait un mec qui vers moi qui s’avançait de là où j’en sais Rien

    J’ai voulu prendre le mec

    en photo et il était trop loin

    kroack-umd10.jpg

    J’ai attendu

    le mec tardait à venir, il marchait très lentement

    J’ai attendu encore un peu ou alors je me suis rapproché ou alors le mec, moi,

    on s’est tous les deux rapprochés

    C’est au moment

    et moi ou le mec

    on était a la bonne distance je crois qu’on était à la bonne distance
    mais je ne sais pas

    kroack-umd10.jpg

    Alors c’est quand j’ai cru qu’il était à la bonne distance, voulant me pencher un peu plus pour le prendre en photo, j’ai dû perdre l’équilibre

    kroackumd13pg.jpg

    et me suis cassé la gueule

    Les autres ont gueulé à cause du boucan que je faisais.

    Y avait maintenant un autre mec qui avançait ,

    Cet autre mec aussi je voulais le photographié

    p1030294.JPG

    et encore un peu trop penché de nouveau

    je me

    suis cassé la gueule

    Un autre mec m’adonné un coup de pompe dans le cul, ma dit de fouttre le camp,

    que je faisais chier le monde

    je l’ai attrapé à la gorge

    On a roulé par terre

    Je devais dormir
    Je ne sais pas

    En courrant je dévalais une pente.

    Hein?

    J’ai alors voulu photographier un truc, je ne sais plus car dévalant la pente je ne voyais plus rien à saisir

    J’ai voulu m’arrêter pour savboir ce qu’il me fallait photographier mais ne pouvant m’empêcher de dévaler , je me suis encore cassé la gueule, j’ai continué à rouler sur la pente

    On a crié que je m’étais foutu en bas du lit.

    Je ne

    hein?

  25. Thierry says:

    Je vois que pour Kroack , ça ne s’arrange pas beaucoup……

  26. THITRA says:

    Quoique plutôt déconcerté par les propos de Kroack, il ne m’en a pas moins semblé reconnaître le début des raisins de la colère de John Ford , Me suis-je trompé?

  27. Falcophil says:

    Sais pas, Kroack lui-même n’en sait probablement rien…

  28. Erato says:

    Vue l’incohérence de son discours !

    Moi qui parfois me crois un peu folle, je suis un peu rassurée, j’ai trouvé pire!

  29. Falcophil says:

    Le discours de Kroack est-il si incohérent?

    A quel point la mouvance nous rend aveugle est que nous ne voyons même pas certaines beautés cachées inscrites au coeur même du mouvement. Il aura par exemple fallu un arrêt sur image pour déceler tout ce qu’un fondu enchaîné peut contenir de magie

    kroackret.jpg

    Certains se servent de la cécité que donne le mouvement pour inscrire en son sein non la beauté mais l’image pernicieuse appelée “subliminale” destinée à vous transformer en machine à consommer.

    Chercher le point fixe où tout s’équilibre est refus d’un monde n’ayant de cesse, par son ivresse motrice, de vous enlever le centre de gravité qu’il n’a pas.
    L’immobilité de l’image sauvegarde l’unité en vous préservant de la désagrégation entrainée par les forces centrifuges.

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    Quand la vision est toujours sollicitée par un flot continue d’objets divers, l’incapacité de fixer longtemps le regard doit entraîner la prépondérance de genres reposant sur l’écoulement, cinéma pour le visuel, roman pour le littéraire mais si l’on comprend ce qui est plein comme ce qui résiste à l’écoulement alors on comprendra d’autant mieux que seuls les arts de l’image fixe approchent au plus près de la vraie plénitude.

  30. Clash says:

    Je reconnais là notre bonne vieille ville merdique de notre bonne banlieue pourrie. L’avenue Victor Hugo la Nuit, sinistre, vide et qui pue le cafard. Et là toi tu fais quoi? Ben voyons! Les bonnes vieilles recettes à la Boubat, tu plaques l’”atmosphère”, l’”ambiance”

    autant dire que tu colles l’artifice, l’illusion et le mensonge

  31. Clash says:

    au lieu de donner à voir le réel, celui du vide, justement, non pas renvoyant à cette connerie de plénitude , surexcitation émotive à laquelle tu ne crois pas plus que moi, ce vide ce VRAI du néant de notre monde où comme dit Baudrillard que tu cites ailleurs

    http://falcophil.info/blog/breviaire-du-cretin/

    ce vide qui est poétique quand on met en avnat les signes mêmes qui le véhiculent. Ce fût le génie de Wharhol, c’est l’incide de ta médiocrité que de cacher la vérité du signe de la vacuité par la vacuité de la pseudo-vérité du pseudo-signe….

  32. Falcophil says:

    “ce vide ce VRAI du néant de notre monde où comme dit Baudrillard que tu cites ailleurs

    http://falcophil.info/blog/breviaire-du-cretin/

    ce vide qui est poétique quand on met en avnat les signes mêmes qui le véhiculent. Ce fût le génie de Wharhol, c’est l’incide de ta médiocrité que de cacher la vérité du signe de la vacuité par la vacuité de la pseudo-vérité du pseudo-signe…. ”

    N’est ce pas ce que j’avais tenté de faire dans un précédent billet ?

    http://falcophil.info/blog/walras-entre-mondrian-et-la-lcr/

    L’exercice il est vrai m’avait un peu lassé.

    Le néant que l’on trouve dans les choses n’est jamais que le miroir de notre faiblesse et de notre impuissance.

  33. Clio says:

    ” Le néant que l’on trouve dans les choses n’est jamais que le miroir de notre faiblesse et de notre impuissance.”

    Pourtant le Tao ne voit-il pas dans le vide la matrice de tout ce qui existe?

    shitao2s.jpeg

    ( Shitao XVIIIème)

  34. Falcophil says:

    ne pas confondre “Vide” et “Néant”, l’un est ouverture destinée à tout accueillir, l’autre est un trou par lequel tout s’en va.

  35. SONG says:

    Et ma pisses dans le TROU de ton cul es ce que tu va l’acceuilir !

  36. Falcophil says:

    Le vide est totalité et en tant que totalité il peut tout autant comprendre le creux du récipient dans lequel on verse le nectar que le trou des chiottes par lequel se déversent les immondices dans ton genre.

    shitao05.jpg

  37. Clio says:

    Il y a une contradiction dans tes propos. Tu parles de je ne sais quel trou qui doit évacuer Song et pourtant ton billet évoque l’existence d’un troisième terme ineffable pouvant réconcilier les antinomies . Ne serait-ce pas l’occasion de nous le montrer ce mystérieux 3ème terme, celui qui te permettrait justement de réconcilier l’antinomie entre la beauté de ces peinture chinoises et la bassesse d’un individu comme Song?

  38. Falcophil says:

    Eh bien mais tu l’as sous les yeux ! le troisième terme en question n’est autre que ce blog, ce travail collectif auquel nous collaborons tous depuis des mois. Tout le monde apporte quelque chose, les cons comme les autres….

  39. Clio says:

    ça me rappelle la sainte trinité hindoue

    docft.jpg

  40. Falcophil says:

    Je ne sais dans quel sens tu l’entends mais le fait est que, en divers points de l’espace et du temps, le déploiement de l’être se retrouve souvent sous la forme des 3 hypostases, jusqu’à Hegel qui a cependant transposé la triade sur un stricte plan horizontal.
    La collaboration entre les forces de conservation (Vishnou) et les forces de destruction (Shiva) est effectivement assurée par Brahma lequel réalisant l’équilibre entre ces deux pôles peut-être nommé “créateur”.

  41. Sophie says:

    Tes amalgames sont un peu surprenants, dans la trimourti (qui n’a rien à voir avec la sainte trinité!)il y a bien juxtaposition de trois dieux et non fusion de deux termes par l’intervention d’un autre (Ce qui là encore n’a rien à voir avec la trinité ). On ne dépasse donc pas le plan de l’immanence.

    J’en déduis d’autre part que tu te prends pour Brahma.

    N’aurais-tu pas besoin d’un nouveau petit séjour à Solesme, histoire de reprendre un peu le sens de la mesure?

  42. Falcophil says:

    Je ne suis qu’un infime aspect parmi tant d’autres d’une énergie créatrice infiniment plus vaste dont l’ensemble de ce blog pourrait constituer la métaphore.

    109342286014.jpg

  43. Sophie says:

    Bon alors dans ce cas pourquoi ne changes tu pas le titre de ton blog?

    Au lieu de “Philippe Falcone, photographe”, on pourrait par exemple imaginer “Océan blog”, un vaste océan dont nous serions chacune et chacun les vagues, serait beaucoup plus conforme à cette grande force créatrice collective qu’est censé illustrer ton blog.

    Non ?

  44. Falcophil says:

    Ben oui, mais…..

    C’est quand même mon blog non?

  45. Sophie says:

  46. Thierry says:

    Les Smiley !!! cool!

    Je me disais aussi qu’il manquait quelque chose à ce.. enfin à notre blog

    Il fallait une femme pour apporter un surplus de vie!

    Mais attention, figé dans son ascétisme, il ne doit pas aimer ce genre de fantaisie

    N’oublions pas qu’il aime par dessus tout l’image immobile !

  47. Sophie says:

    En tout cas, s’il se prend pour Brahma, je comprends mieux les aspects contradictoires de sa personne.

    Brahma est un dieu à plusieurs têtes.

    brahma02.jpeg

  48. Falcophil says:

    J’avoue ma déception, j’ai toujours cru qu’il n’y avait aucune image ou sculpture pour représenter Brahma parce que c’était un dieu sans visage

  49. Thierry says:

    C’est pas plus idiot de donner 5 têtes à Dieu que de le représenter crucifié , moi si je devais représenter Dieu je lui donnerais la tête d’une belle chatte poilue….

  50. Falcophil says:

    Et de la sorte tu ne représenterais point Dieu mais rien qu’une idole paienne. Tu confonds le divin avec la déification d’ une force naturelle laquelle en tant qu’élément du monde ne peut réaliser le moindre dépassement des contraires.

  51. Thierry says:

    Donc, si je suis ton raisonnement, ton blog en tant que totalité qui dépasse nos désaccords et antinomies devient ipso facto hors du monde ?

  52. Falcophil says:

    ta conscience qui sent la totalité des élements de ton corps, par le fait même de cette perception est nécessairement en dehors de ton corps. Ta main ne peut sentir la totalité de ton corps parce qu’elle n’est rien d’autre qu’une partie de ton corps. Ce qui se trouve hors du monde n’est pas la totalité mais la conscience qui en a l’intuition.

  53. Thierry says:

    Contestable, Pourquoi ta conscience de la totalité ne serait-elle rien d’autre que le monde qui se pense lui-même ?

  54. Falcophil says:

    ma conscience ne peut être confondue avec la conscience du monde puisqu’elle est conscience de n’être qu’une partie du monde.

    Mais la discussion n’en continue pas moins également de l’autre côté http://falcophil.info/blog/hors-piste/#comment-1172

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