ETOILES DANSANTES
La fois d’avant, nous poursuivions donc nos discussions sur le rire et nous devions alors terminer sur une intervention de Mimosa qui souhaitant débattre de l’actuelle exposition Murakami à Versailles,

proposait, en guise d’amorce d’une nouvelle polémique, ce dithyrambe à propos du » « vulgus » qui ne parlerait que la langue de l’instinct et dont la vigueur pourrait jeter ses « étoiles dansantes » au sein de l’ordre « vermoulu de la vieille Europe. » Faut-il en rire ou en pleurer ? Moi je choisis les deux en pleurant de rire car c’est le but de ce site que de toujours tenter de surmonter les antinomies. Nous avions vu dernièrement comment
accoupler Zarathoustra au collectivisme, on devait alors y ajouter cet autre indigeste mélange où un aigle de la pensée auquel est empruntée l’expression d’ « étoile dansante » , se trouvait associé à certains cafards de la politique qui nous ont fait cet honneur excessif et peu mérité de nous rattacher à la « vieille Europe ». Etant néanmoins plutôt fatigué des controverses ainsi que fatigué des mots, je ne souhaite nullement croiser de nouveau le fer sur un tel sujet, ce type d’ exposition n’étant d’ailleurs que la récidive de précédentes manifestations à propos desquelles nous avions déjà exprimé nos opinions et désaccords
http://falcophil.info/blog/couvertures-auxquelles-vous-avez-echappe/#comment-2153
http://falcophil.info/blog/libres-propos-dun-fasciste-sur-lart-degenere/
Ou plutôt, c’est par des images que je voudrais proposer une certaine manière d’envisager les « étoiles dansantes », ce qui me donnera au passage l’occasion de répondre à Clash lequel jamais à court d’étrons verbaux s’était permis de donner à mes travaux les qualificatifs de morbide, de morne et de mortifère. Que la séquence présentée ci-après lui apprenne une fois pour toute à s’abstenir de parler trop vite afin d’éviter les jugements à l’emporte pièce car c’est bien avant tout et plus que tout, de la superficialité du regard porté sur vous que vient la tristesse dont on veut toujours accabler l’autre. Qu’il se rappelle donc que l’enfer ce n’est pas tant les autres que leur fantasmatique flottement auquel notre cerveau les condamne.




50 commentaires to “ETOILES DANSANTES” »
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octobre 15th, 2010 at 12:15
La chute est pas mal mais je ne vois pas trop le rapport avec Murakami à Versailles
octobre 15th, 2010 at 7:08
Ben, moi non plus. Comprenne qui pourra !
octobre 15th, 2010 at 11:01
Cette séquence ne fait qu’exprimer un rêve de dégénéré, un perpétuel refus de rester fidèle à la terre. C’est un parfait travail de nihiliste décadent et d’esthète oiseux. Aller donc voir l’actuelle expo Depardon à la BNF
http://www.bnf.fr/documents/fp_raymond_depardon.pdf
et vous comprendrez alors ce qu’est un authentique travail photographique, ancré dans le sol, dans le terroir et le territoire. Lui, quand il ne se réfugie pas dans ses rêveries nocturnes, c’est pour faire travailler son imaginaire en échaffaudant son fantastique clinquant et sa science fiction de pacotille ! chez lui le cosmique est un cosmétique destiné à cacher sa peau malsaine qui jamais ne boit la vraie lumière. Ces travaux sont un exemple parfait de simulacre, de pastiche d’exubérance vitale de la part de quelqu’un de trop exténué pour assumer le véritable élan vital et la beauté simple et vraie de la vie
octobre 15th, 2010 at 2:31
Celui-là, en revanche , il n’est jamais fatigué !!!
octobre 15th, 2010 at 4:27
Lui aussi , on ne comprend pas trop ce qu’il baragouine, que serait en ce cas une création qui relèverait du « véritable élan vital » ?
octobre 15th, 2010 at 4:51
Pour simplifier, je dirais qu’il dévore du Nietzsche mais comme il ne mastique pas assez et qu’il avale trop vite, ça lui donne alors de l’aigreur et finit par troubler sa pensée au point de s’évertuer à voir dans mes travaux l’œuvre d’un faible qui détourne et avilit la « volonté de puissance » !
octobre 16th, 2010 at 11:56
octobre 17th, 2010 at 9:18
La volonté de puissance serait donc la « vérité de l’être », reste cependant à savoir ce qu’ il faut entendre par « volonté de puissance ».
octobre 17th, 2010 at 1:20
octobre 17th, 2010 at 10:08
Quel est le féminin de dinosaure? Dinosauresse ? Mais peu importe. Plus interessant serait que tu me reproches mon idéalisme tout en trouvant le capitalisme « immoral ». Or si tu trouves que tel système est immoral, c’est au regard d’une morale et c’est donc que tu as une morale et qu’est ce qu’une morale ? Une représentation de l’esprit. Et qu’est ce qu’une représentation de l’esprit ? N’est ce pas précisément de l’idéalisme?
octobre 18th, 2010 at 11:32
Si mes vieux souvenirs de Terminale philo sont bons, la volonté de puissance est en rapport avec l’originalité la plus forte.
octobre 18th, 2010 at 11:39
La plus forte originalité, c’est à dire ? Être vraiment Moi-même ? C’est ce que tu entends par là ?
octobre 18th, 2010 at 12:45
Oui, c’est tirer le meilleur de moi-même
octobre 18th, 2010 at 12:57
Mais qu’est ce que le meilleur de « moi-même?
octobre 18th, 2010 at 9:58
Le meilleur de moi-même, c’est de ne pas hésiter à se lâcher
octobre 18th, 2010 at 11:57
Moi je suis moi Même quant je pète et chie.
octobre 19th, 2010 at 8:15
Celui-là, il reste en effet toujours fidèle à lui-même !!!
http://falcophil.info/blog/hors-piste/#comment-1258
octobre 19th, 2010 at 2:12
Ce n’est bien sûr pas dans ce sens que j’entendais le mot « lâcher », c’est au sens de « lâcher prise », sur mes préjugés, mes blocages , mes conditionnements, tout ce que peut m’inculquer le conformisme du milieu où j’ai grandi, se défouler est certes une condition majeure pour être soi même, être excentrique aussi, je suis moi-même quand je me tiens éloignée d’un centre où on veut faire graviter les choses, le centre qui a trait aux façons usuelle de penser propres à la tradition, chaque fois que le barrage de la bienséance ou du qu’en dira t’on t’impose une certaine manière d’être, tu ne peux pas être toi même, voilà pourquoi rire est si important, du fait justement que cela te permet de te retrouver toi-même, Murakami est « lui même » parce qu’il est ce qu’il veut être, un adulte qui veut jouer comme un enfant, tout comme Basquiat était lui même parce qu’il était ce qu’il voulait être, sauvage, rebelle et grimaçant,
et tant pis si ça pouvait heurter les habitudes visuelles de la plupart, être soi même , c’est tout simplement exister, c’est à dire , se placer hors des manières de voir ou de faire imposées par les points de vue abstraits et dévitalisés qui découlent du conservatisme du troupeau.
octobre 20th, 2010 at 9:39
Je retiens donc ceci, être soi-même passe par l’excentricité et la grimace. C’est marrant, il ya en ce moment un peu partout une publicité qui dit un peu la même chose. N’aurait-elle pas inspiré ta « pensée » ?
Le visage en proie au rictus et à la convulsion serait ainsi le meilleur signe de ce que l’on est soi-même et donc que l’on existe et donc que l’on exprime la volonté de puissance !
Nous avons vu que Zarathoustra pouvait être associé au collectivisme marxiste, nous le voyons donc maintenant au service du capitalisme !
octobre 21st, 2010 at 11:04
mais je ne vois pas où est le problème. Une publicité peut très bien se servir d’une vérité à des fins financières, ça n’en reste pas moins une vérité, tout comme elle peut très bien se servir de Van gogh pour vendre, Van gogh n’en reste pas moins Van Gogh. Pour en revenir à cette pub, si cette femme ne grimaçait pas, que serait-elle ? Probablement une beauté plutôt impersonnelle et aseptisée. Capter le tréfonds de notre être le plus singulier, du moins en art plastique ne va pas sans un certain degré de grimace et de dislocation de la forme parce que l’au delà de la banalité formelle implique toujours la ^particularité de l’informel ou du re « lâchement » de la forme.

. C’est en tout cas ce que Moi je tente toujours de faire dans mes autoportraits, chercher la grimace et la contorsion,
comme la femme de cette pub !
octobre 21st, 2010 at 12:11
Nous avions déjà évoqué ton point de vue à l’occasion d’un ancien billet
http://falcophil.info/blog/phase-terminale/
la remarque sera toujours la même. Suivant ta logique, tu es donc d’autant plus toi-meme que tu te décomposes. Il faut alors pousser la chose jusqu’à ses plus extrêmes conséquences, ton cadavre en décomposition serait en ce cas la meilleure expression de toi-même !
octobre 21st, 2010 at 12:50
il est évident qu’il ya toujours un moment où je dois stopper le processus;
octobre 21st, 2010 at 2:24
a quel moment ?
si le « moi-même » coïncide avec l’existence, en vertu de quoi vas tu retenir le moment où tu devras entraver ce qui n’est pourtant que le processus de l’existence ?
octobre 21st, 2010 at 3:20
cela tendrait à démontrer que si on va jusqu’au bout de « Moi-même » on devient comme une merde en conséquence de quoi, c’est Song qui a raison, il faut rectifier le cogito et dire plutôt, « Je chie donc je suis ».
octobre 21st, 2010 at 3:28
C’est d’une logique implacable!
Merci pour cette conclusion !
octobre 21st, 2010 at 9:07
Il est évident qu’il s’agit de trouver un équilibre!
octobre 22nd, 2010 at 10:28
Mais un équilibre entre quoi et quoi ?
octobre 22nd, 2010 at 11:34
entre le conscient et l’inconscient, le réfléchi et le pulsionnel.
octobre 22nd, 2010 at 11:40
Mais ce qui est « réfléchi » est ce encore toi- même ?
octobre 22nd, 2010 at 12:15
Pourquoi cela ne le serait-il pas ?
octobre 22nd, 2010 at 12:45
Réfléchir fait intervenir la raison, la raison fait intervenir la logique et la logique est sans rapport avec la singularité de ton « toi-même » puisqu ‘elle se veut vraie pour tous
octobre 24th, 2010 at 10:06
Il faudrait admettre en ce cas qu’être uniquement moi finit par détruire le moi de sorte qu une certaine dose de non-moi serait nécessaire afin que je continue d’être Moi
octobre 25th, 2010 at 10:29
quelle dose ? En quelle quantité ?
octobre 25th, 2010 at 3:04
La quantité suffisante de généralité pour ne pas se décomposer dans le moi et la quantité suffisante de moi pour ne pas se décomposer dans la généralité.
(Jean Fautrier)
octobre 26th, 2010 at 5:27
Mais n’est ce pas ce que dit Mimosa lorsqu’elle parle de « généralité » ?
octobre 26th, 2010 at 8:01
Il me semble qu’elle parle de concept et non d’abstraction.
octobre 26th, 2010 at 9:05
Ah ? Un concept n’est donc pas une abstraction ?
octobre 27th, 2010 at 4:43
J’entends « abstraction » au sens plastique du terme, c’est à dire de purs effets de combinaisons formelles et chromatiques.
octobre 27th, 2010 at 5:49
En ce cas c’est du concret et non de l ‘abstrait et je dirais même du concret de la pire espèce, on pourrait d’ailleurs se demander si sous couvert de réintroduire le spirituel dans l’art certains n’auraient pas en fait pratiqué la peinture la plus subjective, la plus sensuelle et finalement la plus matérialiste qui soit.
octobre 29th, 2010 at 11:09
Mais pourquoi le spirituel ne pourrait-il pas être subjectif, sensuel et…matérialiste?
octobre 29th, 2010 at 2:24
Il y a le subjectif, le sensuel et le matériel, c’est tout et rien d’autre, le spirituel serait forcément quelque chose en outre ainsi que quelque chose d’autre. personnellement « autre » et « en outre » sont des expressions que je bannis de mon vocabulaire. Je ne retiens que « il y a », point barre.
octobre 29th, 2010 at 3:34
Si c’est vraiment ce que tu penses pourquoi récuser en ce cas une peinture purement formelle qui ne serait rien d’autre que sensorielle ?
octobre 31st, 2010 at 5:52
Je voudrais tout de même savoir à quoi rime toutes ces questions? A quoi voulez vous en venir au bout du compte ?
novembre 2nd, 2010 at 7:18
Vous le verrez en temps voulu.
Patience!
C’est ce qui manque à notre époque et surtout sur la toile, la patience. On doit toujours « réagir » c’est à dire se dépêcher de parler et voulant parler plus vite que son ombre, on oublie que c’est surtout cette dernière qui réfléchit, ce qui explique pourquoi elle est si discrète et si taciturne.
Pour en revenir à notre actuelle discussion, je voulais simplement comprendre ce que vous reprochez à l’image abstraite.
novembre 3rd, 2010 at 3:55
moi c’est une autre question que j’aimerais lui poser.
Lorsqu’elle dit : » “autre” et “en outre” sont des expressions que je bannis de mon vocabulaire. Je ne retiens que “il y a”, point barre. »
Pourquoi en ce cas ne s’adonne t’elle pas à la simple reproduction mécanique du réel au moyen de la pratique photographique ?
novembre 3rd, 2010 at 6:33
mais s’en tenir à « il y a » n’est ce pas reconnaître de façon plus radicale encore qu’il y a quelque chose au delà ?
(Edward Weston)
novembre 18th, 2010 at 5:37
l’au delà de cette image est un rapport d’analogie, l’acte poétique par excellence provient peut-être de cette capacité à évoquer une chose au moyen d’une image qui n’a aucun rapport avec ce dont on veut parler (en l’occurence, un poivron et l’étreinte amoureuse!)mais pour le reste, je ne vois pas de ce que vous voulez dire avec ce terme d’au delà.
novembre 26th, 2010 at 4:42
Hallucinante photo !
La photographie est artistique et surréelle quand elle ne veut pas faire de l’art en se limitant à être au plus près du réel.
novembre 30th, 2010 at 6:00
Inversement, la peinture est d’autant plus réaliste qu’elle veut faire de l’art en s’éloignant du réel !
décembre 2nd, 2010 at 5:54
Comme d’habitude , on se perd ici en raisonnements tortueux et paradoxes artificiels, alors qu’il suffit de voir les excentricités caricaturales de Mme Erato pour comprendre que les rapports entre la peinture et la photographie sont beaucoup plus simples. La vérité serait plutôt que la peinture se voyant impuissante face à la concurrence livrée par la photo dans la reproduction du réel, l’art devait fatalement déchoir dans les outrances les plus extravagantes et les plus farfelues pour en arriver à l’auto-dérision des dadaïstes et de leurs actuels avatars, désastreuse apothéose à laquelle devait contribuer les manigances de la CIA pour imposer le soi-disant art américain comme le seul authentique qui soit .