PLUIE, VAPEUR et VITESSE.
Depuis plusieurs mois que je travaille à ce blog, (Voir cet article) .
Je m’efforce de montrer comment une certaine évolution de l’art est à mon sens révélatrice de cette basse époque qui est la notre. Assez révélateur de cette évolution est ce qui fut dit la dernière fois au sujet d’un portrait, celui de Dorian Gray

dont la plupart ont soutenu que sa version dégradée, dans l’impact sensible de sa matière visqueuse, n’était que l’image du beau prenant l’apparence du laid
contre un univers qui ayant basculé dans la fadeur conformiste et sucrée du kitsch n’était que l’image du laid prenant l’apparence du beau.

Rappelons d’abord que l’intrigue du roman de Wilde se déroule vers la fin de la seconde moitié du XIXème siècle. Le romantisme n’est pas mort, il survit même de manière exacerbée au travers d’une quête effrénée de l’excitant dont un des Esseintes pourrait fort bien résumer tout l’esprit. Oscar Wilde appartient d’ailleurs au courant décadentiste qui prôna précisément l’intensification de la sensation et auquel ne furent pas étrangers un Huysmans (de la première période) ou un Villiers de l’Isle-Adam voire encore la poésie sensuelle et paienne d’un Swinburne
.
Rien d’étonnant donc à ce que Dorian Gray soit fasciné par la laideur de son portrait, en un certain sens il recule les conséquences de l’esthétique romantique qui dans sa quête de l’intensité vitale prise la laideur comme profusion de vie ainsi que le développe Hugo dans la préface de son Cromwell.

Ce goût pour le laid est d’ailleurs corrélatif du goût pour le satanique lequel est de nouveau à la mode, non seulement chez les auteurs mineurs de romans gothiques mais aussi chez les auteurs plus importants, de Ludwig Tieck à Carducci (Anti-romantique mais romantique tout de même!) en passant par Lautréamont et toutes les adaptations réductrices que pourra susciter le Faust de Goethe.
Le roman d’Oscar Wilde n’est d’ailleurs qu’une nouvelle version de Faust car c’est une force inexplicable qui dégrade le tableau, une force maléfique se déchaînant parce qu’en échange de l’éternelle beauté, Dorian Gray a renoncé à son âme.
Renoncer à son âme, qu’est ce à dire ?
Posons la question autrement. Existe t’il une âme dans la laideur, entendons par là l’excitant extérieur, c’est à dire un endroit où le regard peut se poser parce que là existe la paix ? On a déjà parlé de ce tableau de Velasquez

Pour conclure qu’en dépit de son corps difforme, le nain n’était pas laid parce que la grande beauté de son regard révélait la force inébranlable d’un calme qui , pour reprendre le mot de Van Gogh, subsiste même dans la débâcle.
Que l’on prenne maintenant la copie de ce tableau , exécutée un siècle plus tard par Goya, à l’aube donc du romantisme

Ici le nain est laid car la difformité du corps est devenue insupportable à cause de la cruauté du regard. Nulle paix dans ces yeux, rien que haine et violence. Intensité sans doute mais trouvera t-on ici ce qui pourrait s’apparenter à une âme? Il sera permis de dire que le nain de Velasquez n’était que le calme du gueux résigné à son sort et qu’ici, nous sommes à la veille de 1789, le gueux est prêt à se révolter pour vous sauter à la gorge. Il n’empêche qu’à partir des visions cauchemardesques de Goya, on voit la création s’engager dans un goût toujours plus grand pour le frénétique et l’ébranlement intérieur tant par les coups opérés sur les tympans

que par l’excitation du nerf optique,

symptômes d’un retrait progressif de cette calme et imprenable profondeur maîtrisant les forces convulsives de désagrégation. Gauguin devra partir très loin pour la retrouver chez les indigènes d’océanie
et si le XIX ème siècle est tant obsédé par le mythe de Faust c’est qu’un sentiment sourd de perte d’âme doit réellement traverser artistes et poètes. Nulle part ailleurs qu’en ce siècle on ne comptera tant de créateurs emportés par la folie ou le suicide.
Si l’on qualifie l’âme par cette idée de présence stable, dense, par cette beauté venue de l’intérieur et nullement affectée par les vicissitudes du biologique et les aléas de la génétique
alors, certainement, cette âme n’existe plus dans cette copie

A ce stade peut intervenir une autre interprétation du portrait de Dorian Gray. Sa vie se désagrège dans la débauche et le vice, les formes de son portait coulent dans une fluidité de moisissure et de putréfaction. Si la laideur du portait fascine en effet Dorian Gray, c’est qu’ayant fait passer la représentation épiphanique du beau dans l’idolâtrie de sa personne, un sentiment d’évanescence interne devra s’ensuivre, sentiment qu’il ne pourra contrecarrer que par le choc nerveux donné par la laideur. Dorian Gray peut donc être aussi compris comme un certain aboutissement des héros de Byron, le Giaour, Lara, Childe Harold, poussant toujours plus loin le grisant et l’excès, apparence d’energie masquant le vide affreux de l’intériorité.
Et dans cette décomposition qui entoure le vide de sa personne, vide parce que désomais privée d’âme, la laideur du portrait reste alors le seul substitut permettant d’oublier la perte de substance . La laideur fascine Dorian Gray parce qu’elle excite ses nerfs, parce qu’elle titille sa rétine, qu’elle lui donne le frisson, toute chose que l’on pourrait résumer par le terme de sensation.

Se conjuguant avec le corporel, la sensation est ce qui reste quand est abolie la dimension de l’être, là où perdure la substance intérieure de l’unité. Cette abolition, la psychanalyse, précédée en cela par Schopenhauer, tentera bien d’y substituer ce misérable ersatz nommé “ça” mais l’amputation demeure, la perte de substance ne pourra se compenser que par la quête de l’impact sensoriel.
A quel point le drame de Dorian Gray n’est que le drame caractéristique des temps romantiques, drame qui depuis n’a fait qu’empirer, il suffit de considérer les philosophies esthétiques de l’époque. Tout le XIXème siècle sera traversé par des considérations de penseurs lucides vitupérant ces temps nouveaux, amorcés il est vrai dès le baroque, où l’ébranlement nerveux et l’intérêt sensoriel remplacent la présence intérieure. Friedrich Schlegel, dans ses considérations sur la poésie grecque

se lamente de ce que l’intéressant, c’est à dire ce qui frappe les sens , exacerbe les nerfs et l’imagination tienne désormais lieu d’esthétique. Schopenhauer développe longuement une conception du beau fondée sur l’arrêt du désir et la contemplation statique de la chose en soi, cette esthétique n’étant pas étrangère au spectacle d’un monde qui ne tient plus en place parce qu’éprouvant toujours le besoin de solliciter ” l’action et la réaction”. Nietzsche reprendra cette idée, estimant que l’émotion doit être apaisée en beauté mais ne peut que constater au travers de Zarathoustra qu’il ne parle qu’à des vers de terre , ces derniers hommes qui ont inventé le bonheur et ne cherchent plus que les petits plaisirs de leurs sens attisés.
Mais maintenant le monde est emporté et trop souvent privé d’âme parce que trop emporté. Dés lors, avec l’invention de la vapeur, du chemin de fer ou du télégraphe, tout tend à devenir énergie, instabilité, vitesse et fumée.

( Turner, “Pluie , vapeur, vitesse” )
Aux anciennes conceptions où l’être était permanence et stabilité, triomphe le germanisme de la pensée lequel ayant d’abord avec Kant ruiné toute possibilité de saisie intellectuelle d’une stabilité ontologique, substituera par la suite à celle-ci un principe dynamique et mouvant. L’ être deviendra donc la pulsion cosmique chez Schopenhauer, le devenir chez Hegel, la force impérieuse chez Maine de Biran, la volonté de puissance chez Nietzsche qui fut lui même en celà précédé par le vitalisme de Léopardi.
Il conviendrait certes de nuancer le tableau car chez les meilleurs la littérature romantique fût “classique” dans sa forme au travers de Hugo ou Vigny, nostalgique de l’antiquité chez Keats, Holderlin ou Leopardi . Hugo bien avant Nietzsche parlera de la nécessité du chaos des instincts pour mettre en branle la force apollinienne qui lui donne ordre et cohésion.
Dorian Gray n’est toutefois qu’une caricature de l’esprit olympien, il est calme et distant le jour, débauché la nuit, l’ extériorité de son visage est froide et belle,

la face cachée de son portrait, hideuse et chaotique.

Il a été dit la dernière fois que cette confrontation d’images pouvait symboliser la rivalité entre classicisme et romantisme, ce qui démontre à quel point nos sensibilités dégradées peuvent caricaturer une dichotomie qui chez les plus grands auteurs était beaucoup plus subtile. Il est cependant permis de songer à cette formule de Barbey d’Aurevilly à propos du dandysme “L’âme de feu jointe à la tête froide”. Dorian Gray pourrait au fond être également vu comme un dandy, cette nette séparation entre l’extérieur et l’intérieur étant proche de cette brisure opérée au sein de l’être, même si le dandysme est à sa manière une philosophie esthétique des plus louable en ce qu’ elle tente la conciliation entre classicisme et romantisme, classique pour la froideur de la raison qui maîtrise, romantique pour le vécu intérieur de l’élan impérieux des passions. Mais si Baudelaire sût porter le dandysme au niveau d’un art, la plupart n’en firent qu’une futile philosophie du paraître

Le XIX ème siècle achève en fait de détruire l’authentique structure trinitaire de l’être et s’installe dans l’ impossibilité d’une véritable conciliation des contraires. D’un principe à l’autre, il y aura, pour reprendre une formule de Schopenhauer, oscillation tel un pendule, entre par exemple l’adoration diurne et solaire d’un Hölderlin d’un côté et la fixation nocturne et lunaire d’un Léopardi de l’autre, l’hellénisme des deux poètes peut être frein ou excitant mais jamais conciliation. On sait que ce troisième terme sera l’ obsession de l’hégélianisme, le devenir n’en sera que l’altération immanente. C’est, d’une manière générale, une grave lacune qui, sauf rares exceptions, ne fera qu’empirer par la suite, notamment au travers du surréalisme, que de n’avoir pu surmonter l’opposition entre brume germanique et clarté gréco latine.

Dorian Gray oscille donc entre ces deux états de monstre et de délicatesse, à l’image d’un docteur Jeckyll et d’un Mister Hyde voire d’un comte Dracula tantôt aristocrate raffiné tantôt bête sauvage, jamais ne sera trouvé le troisième terme permettant la fusion de la bête et de l’ange. Pour tuer la bête, Dorian Gray sera contraint de déchirer la toile, ne pouvant de ce fait tuer la bête sans tuer l’ange. L’impossible troisième terme introuvable est semblable à cette Hélène de Troie du second Faust, principe de l’essence esthétique que tous les tours de passe passe de Méphistophélès sont désormais impuissants à faire apparaître.
Il importe à ce stade de souligner à nouveau que ce que l’on pourrait qualifier d’esthétique de la buée, de l’ébranlement ou du frappant, esthétique qui perdure de nos jours, tient pour une bonne part aux simplifications hâtive ultérieures se polarisant sur le côté frénétique ou pittoresque du romantisme concernant des oeuvres qui pourtant tentèrent de dépasser ou de nuancer ces aspects réducteurs.
On ne citera qu’un seul exemple, l’un des plus grands poètes du Romantisme,

Image tirée d’une histoire vulgarisée de la littérature, elle résume bien le simplisme hatif auquel sont ramenés les grands esprits.Qu’a t’on retenu de Coleridge? Le poète “voyant” gorgé d’opium dont la folle dérive du navire du vieux marin préfigure le bateau ivre de Rimbaud, celle du créateur volontaire d’hallucinations démoniaques annonçant Lautréamont. Significatif que l’on ait oublié sa philosophie de l’imagination qu’il développa dans ses considérations sur la poétique de Wordsworth, celle au non de laquelle il condamna justement le gothique noir qualifié d’oeuvre de fantaisie et non d’imagination laquelle était selon lui la capacité d’unir les tendances opposées, sous l’égide du principe fédérateur de l’Un, prise de conscience de la capacité fusionnelle inscrite au coeur de la plus grande lucidité. Rien à voir donc avec ce qui est depuis présenté comme oeuvre d’imagination se ramenant à une production d’images altérées d’un réel éclaté et que l’on est impuissant à ressouder, artifices qui fascinent à la manière dont Dorian Gray regarde fasciné l’image de la dégradation de son être.

Cette imagination pervertie, fausse imagination productrice de fantaisies et de fantasmes et non de vérités, celles que certains visiteurs de ce blog ont la dernière fois défendu, représentants, à cet égard, d’une certaine déchéance de la sensibilité actuelle, cette imagination qui n’en est pas une, c’est elle cependant qui sera le plus généralement prisée et que Baudelaire, pourtant lui aussi proche des idées de Coleridge louera en la personne d’un Delacroix dont il vantera une imagination apte à suivre “cette grande faculté despotique dans ses caprices impatients…”.
Il était nécessaire de terminer sur la peinture de Delacroix, dernière figure de la grande tradition picturale des Titien et des Véronèse, continuateur du détestable Rubens, grand précurseur des temps nouveaux
Le XIX ème, perte d’âme avons nous dit , du moins sur le plan visuel, celui qui aura certainement l’impact le plus fort sur les générations futures et de fait, c’est en vain que l’on cherchera une âme véritable dans cette peinture si représentative du romantisme

” Delacroix, lac de sang hanté de mauvais anges”
Mystique du frémissement, défaillance de l’être sous la montée de la zone sombre de l’instinct,
Exaltation de la violence des forces animales, au travers du fauve sur le point de bondir, du lion dévorant l’agneau, du serpent prêt à mordre, cette fascination pour la pulsion du monde sauvage qui sera l’une des caractériques du Romantisme peut se comprendre comme l’autre face de cette divinisation du conflit que soutiendront un Hegel ou un Nietszche dans leur incapacité de retrouver l’unité sous la division. Romantique dans sa peinture, Delacroix sera cependant intransigeant partisan du classicisme dans ses écrits, hostile à Hugo, à Beethoven, à Berlioz, une fois de plus, coupure nette entre deux pôles dont on est incapable d’assurer la fusion par perte d’une troisième hypostase nécessaire pour resaisir l’être en sa mystérieuse trinité. La culture classique dont est nourri Delacroix lui permettra certes de contenir les flots de vitalité qui portent sa barque.

Mais les temps sont proches où la barque de l’esprit sera submergée par la mer déchainée.

Falcophil
29 commentaires to “PLUIE, VAPEUR et VITESSE.” »
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décembre 20th, 2007 at 6:37
Comme d’habitude, c’est avec un esprit terriblement simpliste , englué dans un stupide parti-pris que tu abordes des questions qui demanderaient infiniment plus de nuances.
Tu reconnais pourtant que les nuances existent en littérature mais pas en arts plastiques, curieuse démarche, me semble t-il.
Le XIXème , perte d’âme ? Peuh ! Ridicule ! Ecoute un peu Schubert ou Schumann au lieu de nous montrer cette inepte caricature de Berlioz.
Le romantisme apologue du struggle for life et tout ça parce que Delacroix aimait peindre des tigres ou des lions ? Encore plus ridicule ! le thème de la chasse aux fauves était déjà prisé à l’époque de Rubens, on peut aimer exalter l’énergie vitale que dégage le monde animal sans être pour autant un zélateur de la violence bestiale.
Significative par ailleurs cette citation tronquée d’un poème de Baudelaire
« Delacroix, lac de sang hanté de mauvais anges ».
Certes mais tu oublies volontairement le 2ème vers :
« Ombragé par un bois de sapins toujours verts »
Allusion au vert que le peintre utilisait comme complémentaire du rouge. Ce qui pourrait démontrer que Delacroix et Baudelaire étaient également partisans de la conception coleridgienne de l’imaginaire consistant à concilier les contraires. Etudie un peu mieux la peinture de Delacroix et tu verras combien il contrebalançait son agressivité chromatique par la délicatesse de ses verts. D’ailleurs, Delacroix n’est vraiment romantique qu’à ses débuts, évoluant par la suite vers un art plus classique s’appuyant sur une méditation solide de Nicolas Poussin. Sa touche rubensienne deviendra par la suite tout emprunte de délicatesse classique .
Ridicule donc cette idée d’un XIXème siècle incapable de surmonter les contraires puisque la conciliation se situe au coeur même de la vie, l’idée du devenir n’est rien d’autre que cette rencontre entre l’esprit et la vie!
Pour être originaire de Rouen, j’ai assez médité ce tableau de Delacroix “La justice de Trajan” qui se trouve au musée des beaux arts de la ville, extraordinaire conciliation entre le tempéramment baroque de l’artisteet son goût dfe la clarté du classicisme qui ordonne, combinaison d’une architecture aux masses toute romaine avec l’emportement des gestes.
Ne t’en déplaise, ton 3ème terme est bien là, et si tu enlèves un peu de cette merde que tu as dans les yeux, tu le trouveras bien ailleurs. Ce n’est que l’éternel problème qui a toujours obsédé les plus grands, et notre époque peut quant à celà se targuer de tout autant de réussites que celles de nos ancêtres.
décembre 21st, 2007 at 1:12
1.- Que cela te plaise ou pas, la sauvagerie du monde animal fût un thème de prédilection de l’art romantique. Outre Delacroix qui consacra plusieurs tableaux à des thèmes tels que des combats entre fauves, entre fauves et serpents ou des lions dévorant un homme, ou des combats entre chevaux ;
on peut citer des artistes comme :
- Géricault et Georges Stubbs qui affectionnèrent le thème du lion attaquant le cheval ou le simple cheval qui rue et se cabre, le tout sur fond de guerre
Mais le cas le plus révélateur reste celui d’Antoine Barye, l’un des plus éminents représentant de la sculpture romantique qui s’était spécialisé dans la sauvagerie animale , en témoigne son oeuvre la plus célèbre: le tigre dévorant un gavial
Ce goût pour la violence animale est d’ailleurs à mettre en rapport avec le goût que les romantiques manifestent pour les scènes de violence, Géricault fût par exemple le premier (A ma connaissance) à peindre des combats de boxe. Delacroix manifeste un goût certain pour tout ce qui est violence belliqueuse (combats entre chevaliers médiévaux, combats entre arabes, scène de meurtre collectif (Sardanapale), d’assassinats.
Tout cela devant également être mis en rapport avec cet autre goût que les romantiques manifestent pour le déchaînement des éléments (furie de la mer emportant le navire , thème très goûté par Turner).
La théorie du sublime si chère à Edmund Burke est passée par là, la préoccupation reste toujours la même, chercher non ce qui apaise mais ce qui ébranle, trouver non pas le point central de l’impassible solidité mais les points externe et multiples de tout ce qui nourrit l’agitation continuelle d’une époque d’hyper nervosité et de « survoltage » (qui du reste est encore largement la notre, les choses ayant d’ailleurs plutôt empiré) Cette quête de la frénésie et de tout ce qui manifeste l’emportement devait fatalement conduire à une fascination pour la violence des instincts. N’oublions pas, en outre, qu’à la même époque, en 1859, Charles Darwin publie son ouvrage sur l’origine des espèces, où il rejoint sur le plan de la nature, les constats des économistes comme Malthus ou des apologues du capitalisme naissant, sur l’inévitable écrasement du faible dans un monde où seule doit compter la loi du plus fort.
Si le génie réside dans le fait de sentir plus qu’aucun autre l’atmosphère de son époque, ce climat de frénésie et d’emportement (Ne pas omettre également que le souvenir de Napoléon est encore frais dans les mémoires) ne pouvait que rejaillir dans la peinture de Delacroix.
Quant à ce tableau sur la justice de Trajan
Le peu qu’il m’est permis d’en voir , m’indique qu’il ne s’agit là que de l’œuvre d’un baroque, impétuosité, griserie des courbes et violence des passions, tout y est. Que l’on place quelques colonnes doriques ou corinthiennes ne change rien à l’affaire. La dynamique du tableau se déplace de la gauche vers la droite alors qu’une véritable totalité conciliant les forces opposées (En l’occurrence statisme et mouvement) impliquerait une parfaite circularité du regard. Tu ne sais visiblement pas ce que signifie l’idée de la réconciliation des contraires. Parmi les plus stupéfiantes synthèses à cet égard, il y a certains tableaux de Nicolas Poussin
La maximum de vie, d’énergie, voire de chaos dans la maximum de cohésion, d’équilibre et d’harmonie. Le déchaînement des corps mais contenu par la calme grandeur. Voilà ce que moi j’entends par le mot « imagination ». On songe à certains vers où Racine exprime le déchaînement de la passion enveloppé par la solidité de l’alexandrin et l’exacte césure de l’hémistiche.
Ce qui ne veut pas dire pour autant que le véritable 3ème terme fût trouvé par le classicisme français. Même si je place au plus haut Racine, Poussin et Lorrain, quelque chose manque encore, le fait que le classicisme, celui du XVII ème siècle français comme celui de Périclès, voire celui de Virgile, fût toujours édifié sur des bases finalement assez fragiles, tendrait à démontrer que là encore il manquait l’essentiel.
décembre 21st, 2007 at 4:26
La nervosité ou le “survoltage” comme vous dîtes , c’est aussi un principe de vie. Les deux chevaux par exemple, je n’ai pas l’impression qu’ils se battent, j’ai plutôt l’impression d’une fougueuse union entre un mâle et une femelle.
ce superbe tableau que je ne connaissais pas, j’y vois davantage une image de la passion qui me rappelle “le baiser” de Fragonard.
décembre 21st, 2007 at 4:48
Peut-être veux-tu dire “le verrou”?
décembre 21st, 2007 at 5:26
Oui, c’était à celà que je pensais. J’adore autant Fragonard que Delacroix
décembre 21st, 2007 at 5:41
De Fragonard à Delacroix, on voit la dégradation. Fragonard est certes lui aussi fougueux mais sa peinture présente tout de même plus de finesse que celle de Delacroix.
décembre 21st, 2007 at 5:56
Pourquoi parler de dégradation? Pourquoi quelque chose devrait t’i! être dégradé sous prétexte qu’il est plus véhément, plus passionné et plus enthousiaste? Pourquoi l’amour de l’élan vital devrait-il être taxé de dégradation?
Il me semble que la vraie dégradation c’est ce décourgament morbide et sinistre que vous exprimez vous même dans certains de vos tableaux.
http://falcophil.info/ifotos/?dir=Paul+ORCIAN&pic=Vague+a+l-ame.7
décembre 21st, 2007 at 6:35
Ce n’est pas mon tableau mais celui d’un artiste de mes amis nommé Paul ORCIAN, artiste qui m’intéresse, d’abord parce qu’il est complètement méconnu et ignoré par la critique, ensuite parce qu’il est révélateur des excès de notre époque.
Relisez donc par ailleurs ce que j’ai écrit plus haut ” Le XIX ème siècle acheve en fait de détruire l’authentique structure trinitaire de l’être et s’installe dans l’ impossibilité d’une véritable conciliation des contraires. D’un principe à l’autre, il y aura, pour reprendre une formule de Schopenhauer, oscillation tel un pendule, entre par exemple l’adoration diurne et solaire d’un Hölderlin d’un côté et la fixation nocturne et lunaire d’un Léopardi de l’autre”
Il est inévitable qu’un excès de frénésie aboutisse à d’autres excès contraires. Dans le cas de Delacroix, tout comme dans le cas de ce tableau que vous citez, nous ne sommes en présence que d’un seul terme, manquent les deux autres . Le deuxième terme existe par exemple dans le “verrou” de Fragonard et c’est pour ce là que je dis que Fragonard présente plus de finesse que Delacroix, tout comme la musique de Schubert sera, selon mon opinion , d’essence plus fine que celle de Berlioz mais dans le cas de Fragonard comme dans celui de Schubert, on ne décèle pas le troisième terme d’une trinité que l’on pourrait trouver chez Bach car pour la plupart des modernes , le sens de cette trinité est perdu depuis longtemps.
décembre 23rd, 2007 at 12:39
Je ne comprends rien à la fumée théologique de ton charabia sur le 3ème terme de cette trinité mais je suis moi aussi d’accord pour relever une fois de plus le caractère excessif de tes analyses. Sur la conciliation des contraires que doit poursuivre tout grand poète, il suffit d’ouvrir n’importe lequel des recueils de Victor Hugo, qu’un lieu commun éculé fait pourtant passer pour emphatique et pompeux , pour la trouver au coeur de son lyrisme.
Par exemple, pris au hasard dans “Eclaircie”, tirée des “contemplations”:
” Le moineau d’un coup d’aile, ainsi qu’un fol esprit,
Vient taquiner le flot monstrueux qui sourit
L’air joue avec la mouche et l’écume avec l’aigle
Le grave laboureur fait ses sillons et règle
La page où s’écrira le poème des blés
Le jour plonge au plus noir du gouffre et va chercher
L’ombre, et la baise au front sous l’eau sombre et hagarde
Tout est doux, clame, heureux, apaisé; Dieu regarde”
Il est clair que cela va bien au delà d’un simple art de l’oxymore et que l’on nous donne ici , un spectacle où les éléments les plus opposés ( L’oiseau et le flot monstrueux, l’écume et l’aigle, le laboureur et le poète , le jour et l’ombre) fusionnent dans une sorte de paix infinie. Il est donc très réducteur de présenter le romantisme comme une création visant avant tout le pittoresque et le frappant parce que dépourvue de substance. Je ne vois pas où l’on pourrait retrouver , si ce n’est peut-être chez Rimbaud , un tel élan de vie et d’amour que chez Victor Hugo!!
décembre 23rd, 2007 at 11:32
Ce qui est tout de même extraordinaire c’est que l’on me reproche d’être catérorique et réducteur alors que ceux qui me font cette objection sont les premiers à simplifier les propos des autres!
Qu’ai-je donc écrit Clio?
” Il importe à ce stade de souligner à nouveau que ce que l’on pourrait qualifier d’esthétique de la buée, de l’ébranlement ou du frappant, esthétique qui perdure de nos jours, tient pour une bonne part aux simplifications hâtive ultérieures se polarisant sur le côté frénétique ou pittoresque du romantisme concernant des oeuvres qui pourtant tentèrent de dépasser ou de nuancer ces aspects réducteurs. ”
J’ai parlé de Coleridge mais j’aurais effectivement pu parler de Hugo.
Celà dit, si c’est proférer un lieux commun que de dire qe Victor Hugo est chargé de ce mauvais goût tape à l’oeil propre au Romantisme, c’est un lieux commun qui n’en est pas moins exact car pour quelques notes sereines comme “Eclaircie”, combien de grandiloquance et d’abus simplistes ? J’ouvre moi aussi au hasard les “contemplations” et je lis que :
“La lune a des yeux sinistres”
et que le passé est
“Un tourbillon qui s’en va”
et que le mystère est
“noir”
que les étoiles
“volent dans les arbres commes des oiseux de feu”.
Vite lassé, j’ouvre alors “La légende des Siècles ” et je lis qu’il faut faire place
“au fourmillement éternel des cieux noirs
ainsi qu’à
“l’atome saint qui brûle ou qui ruisselle” jusqu’au triomphe de
“L’âme universelle”.
Je passe alors à “Et nox facta est” et dès le premier vers j’apprends que Lucifer
“Depuis quate mille ans il tombait dans l’abîme” avec “L’horreur du goufre empreinte à sa face livide”.
Je referme le recueil et m’en vais voir “Les voix intérieures” et aussitôt je tombe sur un paysage
“Sous la broussaille horrible et les ronces grimpantes” lesquelles
“Contractent lentement leurs pieds noueux et noirs.”
Rimbaud avait lui aussi ces accès d’effervescence que je n’apprécie pas beaucoup mais il n’avait du moins pas le défaut de tomber dans cette pacotille.
décembre 24th, 2007 at 8:46
C’est une critique qui relève à la fois du cliché et de la lecture rapide. D’abord parce qu’on peut pardonner à un homme ses défauts dès lors qu’il est un génie. Critiquer Hugo à cause de telle ou telle image un peu trop “tape à l’oeil” est aussi ridicule que de critiquer Balzac pour ses fautes de syntaxe. Qu’est ce que tout celà aux côtés d’un incroyable débordement de puissance de travail et de création ? Tu t’attardes sur des outrances parce que ton approche superficielle t’empêche de voir la diveersité prodigiieuse d’un style où la rhétorique sombre alterne avec le recueillement méditatif
“Demain dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m’attends
J’irais par la forêt, j’irais par la montagne
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps”.
Si tu aimes les mots simples et profonds , rien ne t’empêche certes d’allez voir Verlaine.
Mais tu te priverais alors de cette poésie à nulle autre pareille où un pont est constamment jeté pour relier les rives opposées.
Apprend donc à voir l’immense beauté des océans plutôt que de perdre ton temps à pisser dedans!
décembre 24th, 2007 at 11:35
Verlaine ? Bof!
Un peu trop
De violons sanglottants
De leur langueur
De couchants de lune
Et de soleils monotones
Un peu trop
De frissons de fontaines
Et de mandolines aux sons de brise
Que trop d’ombres de feuilles
Aux corps bleus tiennent
Aux pâles extases de fêtes
fanées dans leurs galantes
Huiles de watteaux fantômes
décembre 24th, 2007 at 5:03
Moi, le truc le plus con que j’ai appris à l’école, c’est ça:
Lune, quel esprit sombre
Promène au bout
D’un fil
Dans l’ombre
Ta face et ton profil
N’est tu rien qu’un faucheux gras
qui roule
sans pattes et sans bras?
C’est à vous dégoûter à jamais de la poésie!
décembre 24th, 2007 at 6:18
Alfred de Musset ?
J’aime mieux ces vers écrits après avoir tringlé Georges Sand
J’ai l’idée d’un amour aussi pur qu’un cristal
Mais alors se fait jour le diktat de mes sens
L’enfonçant tel un dard dans ma chair animale
Engloutie de dégoût quand s’effacent mes transes
Je souffre quand le temps sur son lit emportant
Tout ce qui fût aimé, tout ce qui fût pressé,
Croyant voir la paix dans l’Eternel qui m’attend
C’est alors que l’effroi me dit que c’est assez
Me poussant à rêver au sommeil minéral
Du cailloux abîmé dans sa sourde pensée
Nirvana de son froid lisse et nu qui s’exhale
Ignorant les sanglots de mon corps affaissé
décembre 24th, 2007 at 6:44
Alfred de Musset ?
MMMMMMMMHHHHHHHHH!!!!!!!!!
ça vient d’où ?
décembre 24th, 2007 at 6:58
La “lettre à Lamartine”
décembre 25th, 2007 at 12:04
La lettre à Lamartine , on peut la trouver en cliquant sur ce lien
http://www.bartleby.com/244/270.html
On pourra constater que les vers cités plus hauts n’y figurent pas.
Avant de réaliser des canulars, il faudrait leur donner un minimum de vraissemblance !
décembre 26th, 2007 at 11:21
J’ai pu me tromper. Je crois qu’il s’agit de François Coppée
décembre 26th, 2007 at 5:52
J’ai fait cette nuit un rêve bizarre, j’ai aussitôt écrit le poème qu’il m’a inspiré
” Ils me tueront peut-être pour avoir approché l’inconnu qui tient le ciel ouvert sur ses genoux.
Une joie étrange enrobe ma peur car je sens que tout me porte dans la grande nuit d’une prière parce qu’il n’y a que dans cette nuit que peut exister
La force d’une orante invisible
Corrélative à l’intensité de ma peur
Dans son petit point de lumière au loin
Que je peux toujours voir en pensée
De l’observatoir où je pouvais la voir
Une fois traversée la nationale, sur un tertre près du panneau indiquant un danger de proche débouché sur une berge
Ainsi demeurant assis sur un ban
Recroquevillée, la tête seule se levant
Considérant cet éclat qui brillait toujours mais qui maintenhant n’enveloppait nulle présence
Car la veilleuse était assise sur le ban
Je pouvais le supposer de ses allées retour
De l’éclat de lumière au ban vide
Alors
Ainsi demeurant
Considérant un instant l’éclat jaune
La peur au souvenir de l’ombre aux côtés de mon étant près d’une improbable fuite de bêtes libres
Considérant tard dans la nuit
Une insomnie dans un éclat de lumière
L’inaccessible nuit blanche d’une veilleuse hors d’atteinte.
La peur au souvenir de l’ombre ainsi demeurant
Qui tentait alors de percevoir à partir de la forme ainsi demeurant sur le ban,
ce qui pouvait rester d’espoir au sein de cette ombre voutée sur le ban
M’engageant moi même là où le chemin était indiqué comme obligatoire pour d’éventuels cavaliers
Quand soudain, m’approchant du ban maintenant vide
L’ inexplicable joie de voir soudain l’orante disparaître au sein de la ruine invisible,
L’inexplicable joie au sentiment de sa plus grande force du fait de sa brusque disparation dans le noir….”
Je n’ai pas pu aller plus loin.
ne me demandez pas ce que celà veut dire, je n’en sais absolument rien….
décembre 26th, 2007 at 6:18
Ce que vous écrivez est peut-être plus intelligent que vous ne l’êtes, un artiste plus intelligent que son oeuvre est supérieur à son oeuvre et donc s’il peut intelligemment parler de son oeuvre, il y a le risque que son oeuvre soit inférieure aux explications rationnelles qu’il pourra en donner. Avoir l’impression d’être un idiot face à son oeuvre peut donc nous donner l’agréable impression d’avoir fait une oeuvre de qualité. Je me forge ainsi moi même ce sentiment de stupidité, en me proposant de continuer votre poème:
” Le coup soudain comme un bruissement d’arbre dans mes yeux
Longtemps après la peur au souvenir de mon étant demeurant ainsi
Nuque contre terre à quelques mètres du ban vide que la tête blessée considèrait maintenant comme si une autre présence aurait elle même, par delà son propre regard, considéré
Ma peur croissante sous les griffes de l’ image
De plus en plus précise
D’une place par rapport à laquelle il sent maintenant toute la douleur de son corps,
En cet endroit précis de son abandon sur le contact du sol
Afin qu’il perçoive mieux sa place laissée vide sur le ban
Autour duquel il peut entendre les vagues craquements sous les pas du promeneur noctambule
N’osant approcher du ban mais préfèrant tourner tout autour
La peur du souvenir de son être ainsi tournant autour du ban vide
Toujours en son sommeil où réapparaît l’image
De l’espace noire autour du ban
Puis de l’espace illuminé autour du ban
Puis le ban sans nul assis dessus
Puis l’oubli étalé non loin du ban, perçevant le tout et lui même infime point mort
Dans ce tout perçu encore pourtant par une pensée qui se dit que toutes les fenêtres sont éteintes, la sienne
Seule
Où derrière les volets clos grésille encore sa lumière
Eclairant peut-être un psaume inconnu qui se poursuit mais dans une masse désormais invisible pour être perçue
Par l’ombre que dans sa peur il imagine ainsi toujours tournant et se retournant
Sur son grabas ses doigts qui se crispent alors sur le gravas
Ramassé en ces lieux pour mieux entretenir sa peur
Et avec cette peur l’image au cœur de la ruine
Et de ses mains jointes
Sous les mots
Désormais
De sa prière
Hors d’atteinte”
Maintenant , une question se pose, n’y a t’il pas là comme le vacarme de l’ évaporation intérieure ?
Ou du moins d’une grave amputation, d’une dislocation par suite de cette perte d’unité dont j’ai parlé plus haut ?
Il y a certains états qui favorisent cette rencontre où s’opère l’Unité
Certains états où le 3ème terme est situé d’autant plus loin que les deux termes du plan horizontal sont eux mêmes très éloignés l’un de l’autre.
C’est par suite du manque de ce 3ème terme que Victor Hugo fut un Nietzsche raté de même que Nietzsche fut un Victor Hugo raté.
décembre 26th, 2007 at 10:59
En ce cas, qui est le celui qui selon toi serait à la fois Nietszche et Victor Hugo ?
décembre 27th, 2007 at 11:15
Il y a celui que moi je considère comme le sommet des sommets, je veux parler de Dostoievsky. certes , ce n’était pas un poète mais chez lui l’art du romancier rejoint la profondeur de la pensée, sinon, sur un plan strictement poètique, mis à part peut-être Dante, je pense que pour trouver des poèmes qui forment réellement une totalité , il faut aller voir dans d’autres cultures
- Chez les hindous avec les upanishads, les védas et la baghavad gîta
- Chez les chinois avec le Tao te King
La bible hébraïque contient aussi de magnifiques spécimens, la Genèse , le livre de Job, le livre de Qohelet …
décembre 27th, 2007 at 5:39
” n’y a t’il pas là comme le vacarme de l’ évaporation intérieure ? ”
Personnellement un tel vacarme ne me dérange pas. Quand je pense à l’incroyable médiocrité de ma vie professionnelle où pourtant tout n’est qu’ordre et raison, je me dis que l’évaporation est la véritable rédemption de la pensée. Le vertige reste ma seule consolation.
décembre 27th, 2007 at 6:13
Oui mais voyez vous même combien vous êtes obligée d’utiliser un tant soit peu ces masses lourdes et statiques pour mieux exprimer votre “vertige”.
Le lyrisme le plus emporté nécessite en fait le cadre le plus rigoureux et le plus ordonné. Je vous conseille à cet égard, la lecture des sermons de Bossuet.
décembre 27th, 2007 at 6:40
J’ai lu la baghavad gïta ainsi que certains passages des upanishads, je reconnais que c’est d’une beauté sublime mais pourquoi s’en tenir à cette idée que certaisn grands poètes n’ont pas dépassé la grandeur poétique de certains textes religieux?
Pour en revenir à Victor Hugo, la “Légende des siècles” renoue avec le merveilleux épique c’est un brassage stupéfiant de toutes les mythologies de l’humanité où l’ensemble de la création, animaux, montagnes , vallées participent de l’aventure cosmique. Je soutiens que Victor Hugo atteind là une grandeur qui n’a rien à envier aux védas ou au Tao Te King
( cf: Voir notamment le grandiose “Booz endormi”
http://poesie.webnet.fr/poemes/France/hugo/38.html )
décembre 28th, 2007 at 1:26
Suite de http://falcophil.info/blog/hhhhhhj/#comment-349
Qui prétend faire de l’art ne fait qu’abîmer l’art et ne parviendra jamais à dépasser l’art
De même que celui qui pense ne fait que salir la pensée
Celui qui ne veut faire ni art ni pensée accroît alors ses chances de devenir artiste et penseur
Ainsi entre deux horizons il se tient au point mort
Non pas l’au-delà de chacun des points d’une même ligne
qui ne serait qu’un déplacement plus à droite, plus à gauche
Et donc avancée ou recul de chaque opposé
Pas davantage ne pourra t’on le fixer en un milieu séparant les deux points
Car un tel milieu ne serait que pâle mélange
mais devant alors se tenir hors du plan
Le milieu est donc hors de toute vue
Non pas à la verticale car la verticale n’est qu’une autre ligne d’un même espace
Mais hors de toute ligne
Pour fermer l’inaccessible sommet
De la figure parfaite du chiffre parfait
Mais qu’il laisse pourtant loin derrière
Parce que situé non seulement hors du monde
Mais aussi hors toute lumière http://falcophil.info/blog/reponse-a-sophie-intermezzo-suite/#more-226
décembre 28th, 2007 at 3:16
Il n’y a donc pas d’autre issue que l’évaporation définitive car ce que vous proposez là n’est qu’une sorte de labyrinthe circulaire.
décembre 28th, 2007 at 5:15
Il s’agirait plutôt d’une synthèse de deux figures, le cercle et le triangle.
décembre 28th, 2007 at 5:40
décidément, tu as toujours le chic pour te défiler par des considérations absconses, il est impossible avec toi de mener une discussion jusqu’au bout….