EN RELISANT WÖLFFLIN
Nous en étions restés précédemment à la radicale opposition de nos approches , entre moi d’une part qui suis un classique épris de rigueur formelle et, d’autre part, d’autres intervenants comme Thierry ou Erato qui en substance seraient des baroques ramenant tout à l’intensité de l’énergie vitale.
Remarque très superficielle à mon égard mais tout de même profonde dichotomie déjà systématisée il y a près d’un siècle par un classique de l’histoire de l’art que j’ai eu envie de relire.

Il s’agit en effet d’un ouvrage fascinant car
tout en ne parlant que d’art et même d’une période assez restreinte de l’histoire de l’art, les XVIème et XVIIeme siècle, il nous mène toutefois vers des interrogations plus fondamentales tant les questions soulevées par l’auteur dépassent la seule question artistique.
Rappelons donc qu’au travers de l’antinomie classicisme/ baroque, Wölfflin décèle des oppositions plus profondes. Même s’il est vrai qu’il recommande de ne pas confondre ses catégories avec des à priori transcendantaux, force est tout de même de relever qu’il découvre dans l’opposition classicisme/baroque un type récurrent d’ambivalence, déjà présent chez les grecs ( Héraclite/Platon), repris par Kant ( Rationalisme/sensualité) revigoré par Nietzsche (Apollinien/Dionysiaque)
Donc pour Wölfflin, 5 traits opposés séparent classicisme et baroque: ligne/couleur, forme fermée/forme ouverte, pluralité/unité, plan/profondeur, clartéabsolue/clarté relative.
Arrêtons nous seulement à la première dichotomie, ligne/couleur. Wölfflin montre que le classicisme est linéaire parce qu’il enferme chaque chose dans la continuité d’une ligne alors qu’avec le baroque, l’artiste brise la ligne pour exalter la couleur ou la lumière de la chose lesquelles varient sans cesse sous les continuels changements de l’atmosphère et de l’impression personnelle. Ainsi Dürer est linéaire,

alors que Rembrandt est pictural.

Le premier voit essentiellement lignes et contours là où le second voit avant tout un mélange de couleurs. La ligne du classique présente la chose telle qu’elle est ou du moins telle qu’on veut la montrer sous son aspect universel et durable, la couleur du baroque tend déjà à montrer la chose telle qu’elle apparaît , à tel moment fugace, traversé par l’écoulement inlassable du muable et du flexible.
C’est là un des points où l’on s’aperçoit que les remarques de Wölfflin touchent à certains des problèmes les plus essentiels de l’interrogation philosophique et dépassent de loin de simples querelles d’esthètes sur les mérites respectifs de Raphaël et de Rubens.
Car de quoi s’agit-il au fond quand on parle du baroque si ce n’est , dans cette optique d’une ambivalence ligne/couleur, de l’abandon de le pérennité de la forme au profit du devenir, exprimé par la variation chromatique? Tout l’art de Wollflin est d’ailleurs de résumer des observations profondes en de magistraux raccourcis telle ces quelques courtes considérations sur la peinture de Rembrandt “Quand il peint un manteau rouge, l’essentiel n’est plus le rouge de la couleur naturelle mais bien la façon dont la couleur se modifie sous les yeux du spectateur”. Nous comprenons alors qu’avec le baroque, nous avons déjà des expériences que plus tard les impressionnistes mèneront à leur plus extrêmes conséquences, représenter la chose non dans son identité mais dans les métamorphoses induites par le caractère relatif de son apparition à tel ou tel instant comme le fera Claude Monet peignant la cathédrale de Rouen sous différentes lumières selon les différents moments de la journée.

Que l’on compare ces deux portraits peints à deux siècles d’intervalle.
Chez celui-ci, d’Antonello de Messine

Les traits sont immobiles, les yeux fixes, tout tend à être tiré vers un archétype, une dimension universelle
Avec cet autre de Franz Hals,

Tout est mouvant, les traits sont animés, les yeux clignent, on sent les lèvres remuer pour esquisser un sourire, la tête s’incline et une légère rougeur apparaît sur la joue. La forme n’est pas tirée vers l’archétype mais s’adapte à la fugacité d’une expression qui traverse un visage
La différence d’approche est tout aussi frappante pour le paysage.
Pour un classique, un paysage est toujours le résultat d’une synthèse d’impressions, d’une addition d’expériences particulières erigées en expérience globale et unifiante.

(Dierik Bouts)
Un nuage dans le ciel devient ainsi le nuage en soi ou plutôt, l Être caché derrière le nuage
Pour un baroque au contraire, un paysage devient le paysage particulier saisi dans l’impression fugitive de telle heure particulière du jour avec telle lumière particulière glissant sous l’effet de tel nuage particulier qui passe.

(Ruysdael)
En prenant le contre pied de la vision classique, le baroque s’engage dès lors vers une approche où les choses ne sont désormais plus déterminées par un principe qui leur est inhérent mais sont avant tout le résultat transitoire d’effets aléatoires d’ordre atmosphérique ou saisonnier.

(Ruysdael)
Pour un classique la forme d’un arbre est avant tout tirée d’une nature intrinsèque et nécessaire qui fait qu’un arbre est un arbre, un tronc, des branches et des feuilles, réinterprétée bien sûr par la personnalité de l’artiste

(Poussin)
Pour un baroque, la forme de l’arbre ne découle pas tant de la permanence de son modèle général que de l’impression visuelle qui viendra frapper sa rétine suivant les contingences extérieures telle par exemple la courbure ou l’inclinaison que lui imprimera plus ou moins fortement le souffle du vent.

(Ruysdael)

(Corot)
En quoi ces remarques qui à priori semblent relever d’une casuistique impliquent t’elles pourtant des attitudes philosophiques plus fondamentales? La question de la forme est essentielle et la façon nouvelle par laquelle le baroque la considère traduit le changement d’optique philosophique voire socio-politique. On pourra une fois de plus reprocher à Wolfflin de s’en tenir à une approche purement formelle en ne cherchant pas à comprendre les contextes intellectuels, politiques et sociaux qui ont pu accompagner des conceptions du monde aussi divergentes.
Panowsky ou René Huyghes nous ayant habitué à plus d’exigence sur ce point, on sera donc tenté de rappeler que pour Aristote complété par Thomas d’Aquin, la stabilité de la forme renvoie à un principe d’être en ce qu’elle illustre la puissance intérieure dont est déterminée la matière en ses multiples réalisations. La scolastique médiévale qui pendant plusieurs siècles était, tant bien que mal, parvenue à souder l’Europe autour de quelques principes universels a finalement échoué au regard des guerres de religion qui ont ravagé le XVIème. Sur les ruines de la scolastique, Descartes va tenter de reconstruire un soubassement universel permettant de

(Franz Hals)
nouveau d’accorder les hommes mais sans guère plus de succès étant donné le relativisme moderne dont sa pensée fut l’amorce. Avec le discours de la méthode, on ne part plus du monde pour atteindre la vérité de l’être, on part de l’être (réduit au cogito ) pour asseoir la réalité du monde. Autrement dit, c’est ma pensée qui garantie que le monde existe. Le pendant esthétique sera qu’avec l’art baroque, la forme extérieure n’est pas plus l’expression d’une essence qu’elle peut être réelle pour le doute cartésien. Par le “cogito ergo sum”, je reconstruis l’extériorité du monde dont la substance se réduit d’ailleurs au mouvement et à l’étendue , tout comme à partir du baroque l’artiste va le reconstruire par son impression subjective. Comme dira plus tard Berkeley être, n’est rien d’autre que percevoir et être perçu. A partir de là, peu à peu , rien en soi ne pourra plus exister, ne subsisteront que des rapports entre les choses et les modalités par lesquelles les êtres interagissent les uns sur les autres.
Comme ultime conséquence de la révolution baroque, Wolfflin, avons nous dit, cite l’impressionnisme et plus particulièrement Claude Monet. Sans doute Wolfflin connaît-il mal l’art de son temps car en 1915 , date des ” Principes fondamentaux de l’histoire de l’art”, l’impressionisme est depuis longtemps dépassé par des mouvements qui en sont issus, expressionisme, fauvisme, orphisme. Dès 1913, c’est justement un tableau de Monet qui oriente kandinsky

vers l’abstraction chromatique pure, préfiguration de l’action painting et de l’art informel ultérieures qui déferleront dans les années 50. Représentatif de ce mouvement un Jackson Pollock pour qui la forme n’est plus qu’un jaillissement brut de l’energie. Le thème du corps qui se dissout dans la fluidité de l’immatériel ou dans la pure energie domine encore une bonne partie de l’art contemporain. Des oeuvres d’un Bill Viola

Jusqu’aux travaux des vidéastes les plus jeunes tels Pierre Huyghes


comme maintes prestations d’art contemporain telles les nuits blanches de Paris, relevant plus de la fête forraine que de l’art, nous sont ainsi présentés les avatars de l’esthétique baroque.
Significatif a cet égard qu’un Bill Viola soit un adepte du bouddhisme zen. La dissolution de l’être dans la totalité d’un flux à laquelle aspire cette quête du fluide et de l’inconsistance énergétique léguée par le baroque

n’est pas sans rapport avec la spiritualité bouddhiste reposant sur le principe du néant ontologique et de l’illusion de toute identité. Que les spiritualités bouddhistes ou hindoues constituent un attrait pour maints occidentaux sera d’autant moins étonnant si l’on garde présent à l’esprit que le baroque est déjà situé dans la veine d’un panthéisme dissolvant où l’être est assimilé à l’énergie et où toute individualité est illusoire dans la mesure où elle n’est qu’une manifestation relative de l’écoulement cosmique. Les savants ne sont pas eux-mêmes sans emboiter le pas à ces conceptions quand un certain nombre d’entre eux ramène l’unité primordiale à l’incessant tourbillonnement des atomes voire à la fluctuation du vide quantique.
La plupart aujourd’hui partagerait donc probablement l’opinion de Wolfflin qui semblait considérer l’abandon du classicisme comme un progrès de l’intellect, ne se cachant pas d’y voir “un processus de développement psychologique analogue à la croissance physiologique”.
Par la ligne, l’intellect s’efforçait pourtant de dompter les sens pour les tourner vers le vraie destinée de l’esprit, celle de la contemplation d’une réalité Une, stable, immobile et universelle. Par la couleur du baroque, l’intellect se laisse emporter par les sens pour éprouver l’ébranlement et l’ivresse où tend à s’évaporer la densité d’être dans le tout immanent de l’instabilité des éléments.
On serait en droit de demander à Wolfflin si l’art de la picturalité a jamais produit quelque chose avoisinant d’aussi près l’eternité que ces portraits du Fayoum

Yeux grands ouvert sur un mystère impossible à représenter mais dont on sent la présence

sur la fixité hallucinée des regards
visages certes figés mais pourtant tellement imprégnés d’une densité mystérieuse. Un baroque parvient tout au plus à fixer une brève image du temps qui passe.
Ces portraits du Fayoum fixent bien la quintessence sur la face éphémère d’un visage.

Un sculpteur baroque a t’il été capable de représenter la paix d’un gisant?

(Basilique Saint -Denis)
Véritable intériorité par laquelle se mesure la marche transcendante vers le dedans
De même qu’à cette pratique consistant à se servir de la lumière pour dissoudre la présence et la réduire à l’apparition fantomatique,

il sera préféré celle consistant à faire de cette lumière une auxiliaire pour mieux capter l’énigme d’une présence

(Hopper)
infiniment plus grave et plus fondamentale que la superficialité d’une apparence passagère.
Une peinture qui renouant avec le formalisme d’un Giotto ou d’un Piero delle Francesca fut justement dénommée “métaphysique’”

(De Chirico: “La conquête du philosophe”)
Parce que concentrée sur la précision stricte du contour et cernant l’objet dans son obsédante et immobile réalité optique, elle laissait pressentir la réalité Une et invisible inscrite au coeur du visible.
Le baroque est donc avant tout une esthétique de la sensation et il propose des effets d’autant plus illusoires qu’ils nous portent à confondre excitation et profondeur. Une bonne partie de l’art ultérieur tombera dans ce travers. Dans le meilleur des cas si l’esthétique baroque dépasse la sensation pour se hisser au niveau de l’émotion, voire du sentiment, elle n’atteint pas ce tout autre auquel aspire le classique. L’infini dont parle Wolfflin à propos du baroque reste avant tout l’incessant tournoiement et déploiement de la seule immanence de l’energie.

L’infini du classique est le supra- matériel que l’esprit tente de percevoir au coeur des choses Le formalisme classique, lorsque le recueillement est son point de départ et son point d’arrivée va bien plus loin que la sensation en nous faisant découvrir que l’intime de la matière coincide avec la pensée.
Si l’art de la ligne nous mène donc vers l’être, l’esthétique baroque comme toute la mentalité moderne qui s’en inspire ne mène que vers la suprématie de l’étant, entraînant ce qu’Heidegger appelait l’”inervation” de l’esprit ou sa dégradation en intellect. Car il y a bien dégradation lorsque l’on prétend faire découler tous les étants d’un autre étant, en l’occurence l’énergie pure. Si l’esprit n’est pas ouvert à l’être et donc au delà de l’étant, s’unissant à la plénitude de l’être, alors l’esprit n’est plus qu’intellect c’est à dire une forme comme une autre d’énergie ne visant qu’elle même et, au travers d’elle même, à la valorisation de l’action tournant à vide parce qu’envisagée pour elle même, sans dépassement contemplatif vers le principe immobile qui doit la sous tendre.

Comme on le voit donc les questions soulevées par Wollflin mènent bien au delà de l’art, elles nous entraînent vers cette angoisse exprimée en 1930 par Heidegger lequel obsédé par la perte de la question de l’être (qui selon lui a vrai dire était désormais vieille de plus de 2000 ans, toute la métaphysique ayant fait fausse route depuis Parménide) voyait alors l’Europe prise en étau entre deux barbaries matérialistes voulant tuer l’être pur par l’emprise squelettique du dévoilement technologique, tant celui de l’URSS que celui des USA, ne sachant pas encore que le vieux continent allait sombrer sous la domination des seconds et de leur système, apothéose de cette “mésinterprétation ” de l’esprit réduisant celui-ci au simple outil au service du profit, de la croissance et de la consommation.
43 commentaires to “EN RELISANT WÖLFFLIN”
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juin 17th, 2008 at 12:50
Voilà maintenant que les artistes baroques étaient presque des bouddhistes zen ou des hindous! On aura tout entendu! Comment des artistes qui travaillaient sous le stricte contrôle de l’Eglise Catholique laquelle se trouvait flanquée d’une inquisition toujours prête à vous tomber sur
la tronche pour la moindre petite déviance hérétique, comment donc dans un contexte pareil aurait-on pu ou véhiculer des spiritualités de type panthéiste?
On se souvient du cas de Maître Eckarth et de ses ennuis avec Rome pour ses thèses étrangement proches du brahmanisme
Pour le reste, il ne s’agit que de la même rengaine que tu débites inlassablement, le baroque en tant que représentatif de tout ce qui prône le débordement de l’énergie créatrice est dangereux parce que comme tout ce qui fait preuve d’audace, contraire à tout ce qui est tranquille, sage et ordonné .
Contre le danger du débordement vital qui fait peur parce que dans sa lâcheté on a peur de la vie par crainte de l’échec, on se rattache alors à un classicisme desséchant dont l’univers lunaire peuplé de spectres impuissant
caractérisant la seule création dont tu sois capable, constitue l’image caricaturale.
Le seul changement c’est que maintenant tu cherches la caution de la philosophie. Et Heidegger par dessus le marché ! celui là même qui condamne la barbarie soviétique, pour mieux
se faire le défenseur du nazisme dont il a été l’apôtre et l’idéologue . C’est à croire ma parole que t’as quitté La Procure pour la rue de la Sourdière! Il te reste plus alors qu’à pondre une apologie d’Arno Brecker pour couronner le tout!
Quant à tes propos sur la barbarie des USA, pour avoir moi même pas mal voyagé aus states, je peux te dire que là bas on trouve sûrement plus de créativité, de dynamisme et d’esprit d’innovation que dans notre pays toujours à la traîne parce que sclérosé par la présence, entre autre, d’individus dans ton genre, intellos pessimistes, rétrogrades et narcissiques ayant tué toute joie de vivre par leurs masturbations intellectuelles, tout juste bon à se farcir la tête de connaissances pédantesques mais incapables d’innover et de créer.
Je te signale au passage que sans ces USA que tu qualifies de “barbares”, il n’y aurait ni internet, ni blog pour exprimer tes idées à la con et diffuser tes photos de merde.
C’est un peu trop facile de traiter les autres de sauvage quand on est les premiers à bénéficier de leur technique.
Alors pour terminer, un conseil, les vacances approchent, je te recommande le Cap d’Adge pour te dégorger le poireau et, par la même occasion, aérer ton pauvre crâne .
juin 17th, 2008 at 3:19
Je trouve qu’il s’agit au contraire d’un excellent texte qui au travers de l’art traite d’une époque charnière de l’histoire occidentale se caractérisant par l’abandon progressif de son fond greco- judéo-chrétien et posant la question de savoir si une culture peut encore être viable dès lors qu’elle sape ses éléments fondateurs.
On peut en discuter calmement sans tomber dans l’agression verbale et l’acrimonie. Quand je vois Clash la hargne qui à chaque fois te caractérise, j’ai plutôt l’impression que la perte de toute joie de vivre serait plutôt de ton côté. J’ose espérer pour toi qu’il ne s’agit que d’aigreurs passagères car il ya en ce cas des médicaments pour cela, ce serait toujours mieux que d’aller vomir ta bile chez ceux qui ont le mérite (rare) de réfléchir et de créer.
juin 17th, 2008 at 4:20
Quand j’ai envie de gerber, je cherche une cuvette de chiottes et je dégueule dans la première qui me tombe sous le nez, c’est beaucoup plus sain que d’ingurgiter des saloperies de médicaments….
juin 19th, 2008 at 12:10
Propos certes inacceptables et stupides mais le billet se maintient lui aussi dans des rigidités qui peuvent agacer. Pourquoi vouloir systématiquement prétendre qu’un art de la forme serait spirituel alors qu’un art du pur chromatisme ne le serait pas ? La cathédrale peinte par Monet est une façon d’atteindre le spirituel par dématérialisation, le classicisme en est une autre par densité plastique, dire que l’un dépasse difficilement le sensuel ou le rétinien tandis que l’autre atteint plus aisément le spitituel de par une nature inhérente à la forme , me semble relever de l’a priori d’un choix esthétique peu enclin à l’ouverture.
L’idéal serait finalement de concilier la vigueur de l’élan lyrique avec l’apaisement résultant de la simplicité formelle comme dans la magnifique série des piscines de David Hockney.
juin 19th, 2008 at 5:37
“…dire que l’un dépasse difficilement le sensuel ou le rétinien tandis que l’autre atteint plus aisément le spitituel de par une nature inhérente à la forme , me semble relever de l’a priori d’un choix esthétique peu enclin à l’ouverture.”
Je ne me contente pas de critiquer des choix plastiques, je pratique aussi les choix que je critique
et cela dans le but de mieux les comprendre. Dans le cas par exemple de cette composition,
je me suis avant tout laissé guider par l’impact sensoriel
tandis qu’avec celle-ci
j’étais surtout mené par une quête d’harmonie.
Dans le 1er cas, on a bien une réalisation tablant sur l’émotionnel, dans le deuxième, une tentative pour dépasser l’émotion afin de l’apaiser par la contemplation.
Maintenant, je suis tout à fait d’accord pour dire que les contraires sont là pour être conciliés, j’ai d’ailleurs écrit là dessus un billet, il ya quelque temps.
http://falcophil.info/blog/exercices-pratiques/
Enfin, ce n’est pas tant une pratique artistique que j’entends contester qu’exprimer des réserves à l’égard de la philosophie qu’elle implique. A l’occasion d’un autre billet
http://falcophil.info/blog/456/
j’avais bien souligné qu’il ne fallait pas confondre spiritualité et chatouillement émotif, tu tombes dans le même genre d’erreur à propos de Monet en confondant évanescence et spiritualité
juin 20th, 2008 at 10:27
Je préfère franchement la première composition. La 2ème relève effectivement de cet univers aseptisé aux fantômes impuissants dont parle Clash. A force de vivre dans les froids locaux de ton administration, tu en finis par perdre tout contact avec la vie.
juin 20th, 2008 at 10:49
A en juger en effet par ce que tu viens de dire c’est toi qui tombe dans le piège du système, l’un de ses plus graves pièges qui est la vitesse. La première composition a été réalisée très vite (1 demie-heure tout au plus)et parce que réalisée très vite elle était destinée à être regardée très vite.
La deuxième, plus méditative et plus réfléchie est, entre autre, un éloge de la lenteur. Tu ne la comprends visiblement pas parce que tu es toi aussi trop pressé pour entendre ce qui dans le silence et le ralentisssement (Regarde un peu comment l’avion de guerre, plane dans la lumière au lieu de foncer pour aller bombarder l’ennemi) veut murmurer quelque choses qui vient des profondeurs.
juin 20th, 2008 at 11:34
Quant au stricte aspect histoire de l’art je ne peux rien dire , n’étant pas assez compétent pour juger. Il y a cependant, au delà de l’art, une idée intéressante concernant certaines références au bouddhisme et qui m’intéresse d’autant plus qu’étant moi même fils de bouddhistes, je connais assez bien cette spiritualité
Il est effectivement significatif que les mentalités occidentales évoluent vers la notion d’un Dieu impersonnel, rejoignant de ce fait non seulement les conceptions extrêmes orientales mais aussi celles des savants. L’homme religieux d’occident nommait autrefois Dieu ce que désormais les savants appellent “énergie”. Tout est énergie et sur ce point les bouddhistes qui nient tout en soi des choses mais voient dans le monde de simples agrégats, purs résultats d’interréactions ont fait preuve d’une intuition qui fut peut -être aussi celles des artistes baroques.
Ce que la science a découvert c’est qu’en effet la matière n’est qu’énergie , atomes, neutrons , protons , quarcks, tout n’est qu’inlassables girations de particules et continuels phénomènes d’attractiions ou de répulsions entre ces particules, le tout dans un univers en continuel expansion depuis le” big bang” qui fût sans doute, lui même, l’aboutissement d’un processus engagé bien avant, certes inconnus pour l’instant (Mur de Max Planck) Ces constats de la science portent donc vers un Dieu impersonnel qui n’est que le tout de l’inlassable flux d’énergie, plus conforme à la raison vu le côté puéril qui peut se cacher derrière la conception judéo-chrétienne-islamique d’un Dieu qui s’adresse aux hommes et inaccepatble ausi parce que trop anthropomorphe (et donc, ne pouvant correspondre à l’absolu). Si beaucoup désormais se tournent vers le bouddhisme
http://falcophil.info/ifotos/gallery/Triptyques/Le%20Roi%20est%20mort.jpg
celà s’explique notamment parce que cette religion propose une spiritualité fondée sur une vision de l’absolu plus conforme aux données de la science et donc plus conforme aux exigences de la raison. Bien loin d’être une dégradation ou une régression, comme tu sembles le suggérer cet attrait pour les spiritualités de type panthéiste correspondrait plutôt à d’un mûrissement de la quête religieuse occidentale ou serait encore la conséquence de la sortie de leur religion traditionnelle . Les spiritualités extrêmes orientales peuvent , je pense offrir une vraie spiritualité pour adulte.
Maintenant, je serais en effet curieux de savoir comment et par quels processus ces artistes baroques qui étaient pourtant chrétiens ont pu être les précurseurs d’un mouvement ultérieur beaucoup plus vaste.
juin 20th, 2008 at 12:28
La conception panthéiste imprégnant l’art baroque est à l’époque passée inaperçue parce que sa présence est trop subtile et exige du recul ainsi que des capacités aiguisées de discernement et d’attention. Ce fut l’un des nombreux mérites de Wolfflin que de l’avoir discernée par la dichotomie “pluralité/unité”, autre antinomie caractérisant l’opposition classicisme/baroque.
Sans entrer dans le détail, on peut dire que le classicisme réalise l’unité de l’ensemble par la pluralité, c’est à dire la juxtaposition de plusieurs éléments dont chacun conserve son identité alors que pour un baroque, l’identité de chaque chose tend à s’estomper au bénéfice du mouvement d’ensemble
Si un classique peint une foule
chacun des personnages de cette foule sera soigneusement délimité et se détachera parfaitement de tout ce qui l’entoure. Si un baroque peint le même thème
on remarquera que chacun des personnages a tendance à se fondre dans ce qui l’entoure, certains s’ estompant dans l’imprécision, l’ombre ou le flou si l’effet d’ensemble l’exige, chaque forme se relâchant au profit de l’effet d’ensemble parce que ce n’est pas tant telle ou telle forme particulière qui compte que l’unité totale du flux de l’energie et du mouvement.
Sur une pelouse peinte par Van Eyck dans le cadre du retable de l’agneau mystique , on pourra compter une quarantaine de végétaux différents alors qu’un peintre baroque n’aurait probablement réalisé qu’une verte tache de lumière parce que, là encore, seul l’ aurait intéressé le tout qui s’impose au détriment de la particularité.
Le classicisme réalise donc l’unité en respectant les individualités de chaque chose, le baroque réalise l’unité par la fusion dans l’impression globale du mouvement, seule réalité qui compte parce que “chaque partie perd son droit à l’existence”.
Inutile de dire que la démarche classique est plus proche de la conception chrétienne laquelle pense que chaque individu est une réalité essentielle ayant pleine valeur contrairement au nihilisme que pourrait sous-tendre une conception panthéiste où l’individu n’est qu’une illusion parce que seul existe le tout. Le bouddhisme est un bon exemple de ce nihilisme qui nie la valeur propre de chaque individu et ramène la personne à une illusion qui ne recouvre rien, sorte d’agrégats d’éléments divers, un peu comme une maison serait composée de fenêtres, de portes , de béton et de briques et dont on chercherait en vain un quelconque en soi.
Comme cela a déjà été dit, le baroque n’avait de chrétien que la thématique, pour le reste, il relevait d’un mouvement de désacralisation et d’idolâterie de l’apparence matérielle, depuis longtemps engagé en Europe. Lorsque s’amoindrit l’aptitude à la transcendance, on en revient à des conceptions paiennes où ce sont les forces naturelles qui sont sanctifiées, où l’on confond l’être avec l’énergie , ce qui est effectivement le cas chez beaucoup de nos contemporains. Ce phénomène amorcé dès le baroque ne concerne pas que les artistes mais se retrouve déjà chez certains philosophes tels Giordano Bruno ou Spinoza, la chose ayant par la suite été accentuée par le romantisme qui se proclamait franchement panthéiste. L ‘occident se trouvait alors mûr pour se tourner vers des conceptions comme le bouddhisme qui d’ailleurs est moins une spiritualité qu’une forme de sagesse foncièrement incapable de vraie transcendance par dépassement du relativisme de l’interdépendance des apparitions. Je ne pense donc pas qu’il s’agisse de mûrissement mais bien au contraire de reculs vers des spiritualité monistes où le transcendant n’est plus que le lieu de manifestation des phénomènes. J’ajoute qu’il est absurde de parler de quête d’absolu pour le bouddhisme étant donné que le fond de cette doctrine réside dans l’interdépendance des phénomènes (Absolu signifiant précisément ce qui ne dépend de rien pour exister) Pour le reste, dire que Dieu n’est pas une personne mais rien que de l’énergie est une grave regression qui revient à sanctifier une force anonyme, ce qui, autrement dit ne signifie strictement rien. Une personne est supérieure à l’énergie parce que capable d’amour et de conscience de soi. L’énergie n’est qu’une force sourde et aveugle qui ne peut avoir ni projet, ni idéal, ni sens de la beauté ou de la compassion. Si l’energie est Dieu, c’est alors un Dieu aveugle , sourd, qui ne veut rien, ne comprend rien, n’aime rien, bref un Dieu stupide et l’ on ne s’explique pas en ce cas comment un Dieu stupide, et inconscient de ce qu’il produit a pu réaliser une réalité consciente de soi, telle que la personne qui lui est qualitativement aussi supérieure.
juin 20th, 2008 at 2:39
Sur le plan artistique ton analyse est convaincante mais je ne peux te suivre dès que tu abordes le théologique et puisque le théologique semble être aussi ton dada , faisons alors de la théologie.
Tu ne sembles pas connaître grand choses au bouddhisme car sans cela tu n’affirmerais pas de telles bourdes comme de dire que c’est une spiritualité qui ne comporte aucune transcendance. Comme si l’accès au nirvana n’était pas la quête d’une transcendance par un dépassement du monde de l’illusion et de l’erreur ainsi que par l’entrée dans une béatitude définitive !.
Tu affirmes donc que la spiritualité judéo-chrétienne fondée sur la croyance en un Dieu conçu comme une personne est supérieure aux spiritualité orientales qui nient un quelconque Dieu personnel, il me semble quant à moi connaître assez bien les religions monothéistes pour dire qu‘en leur principe elles sont fondées sur des tas de contradictions insurmontables pour ne pas dire des présupposés stupides. Je t’en cite quelques uns qui me viennent en tête (Mais il y en a encore beaucoup d’autres !!!)
1.- Pour que Dieu ait pu créer le monde, il faut qu’il ait été dans le temps, ce qui veut dire que Dieu n’est pas immuable puisque soumis à la loi du temps, sa création supposant un avant ou Dieu n’était pas créateur et un après où il est devenu créateur autrement dit si Dieu crée il ne peut rester pareil qu’avant puisque de non créateur il devient créateur, ce qui veut dire que Dieu est susceptible de changement et si Dieu change c’est qu’il n’est pas Dieu mais bien une force cosmique.
2.- Si Dieu est immuable, il n’a pas pu créer, la création supposant toujours le mouvement de celui qui crée (D’où l’absurdité de l’idée d’un moteur immobile, on ne peut être moteur tout en étant immobile!), ne serait ce que le mouvement de la pensée or la pensée suppose l’état de conscience, lequel état de conscience se déroule dans le temps, ce qui veut donc dire que le temps préexiste à Dieu, ce qui est impossible puisque Dieu doit être hors du temps mais si Dieu est hors du temps , il n’a donc rien pu créer.
3.- Si Dieu a eu le désir de créer, il ne peut être tout puissant puisque déterminé par son désir, ce qui veut dire que son désir lui était antérieur et que Diieu a donc été précédé par une cause, si Dieu est précédé par une cause, il ne peut être Dieu rien ne pouvant être antérieur à Dieu, Dieu ne peut donc avoir aucun désir et si Dieu ne peut avoir aucun désir, il ne peut donc avoir aucune volonté et si Dieu n’a eu aucune volonté, c’est qu’il n’a jamais rien pu faire. et ne pourra jamais rien faire
Autrement dit, l’idée d’un commencement absolu est une absurdité dont beaucoup d’occidentaux ont encore du mal à se dépêtrer, idée bien curieuse à vrai dire car pourquoi, après tout, la chaîne des causes ne serait-elle pas infinie et n’aurait-on pas une remontée sans fin dans le temps? Existe t’il une loi de la nature qui puisse contredire cela ? La mécanique quantique, comme tu l’as toi même rappelé est fondée sur l’idée de fluctuation laquelle sous-entend qu’une particule peut fort bien surgir à l’instant du néant et celà sans aucune cause Tu sembles mépriser le bouddhisme et ses conceptions relatives à l’interdépendance des phénomènes qui pourtant sont infiniment plus rationnelles voire plus conformes à la science que les conceptions monothéistes. Se tourner vers le bouddhisme loin de saper les bases de notre culture, comme le suggère Sophie signifierait bien au contraire une possibilité d’adapter la quête spirituelle occidentale aux nouvelles donnes de notre monde qui doit désormais compter avec le positivisme scientifique.
juin 20th, 2008 at 3:34
De cette brillante démonstration , je déduis donc que si Dieu existe, il ne bouge pas, n’a aucun désir, aucune volonté, ne fout rien, ne peut rien faire, ne veut rien faire, enfin bref que Dieu est fondamentalement bon à rien et fainéant.
Pas besoin donc d’aller au Paradis pour voir Dieu, il suffit d’aller dans certains bureaux du ministère du Travail.
juin 20th, 2008 at 4:26
Les contradictions que soulève Thitra ne sont que des antinomies auxquelles se heurte la raison humaine et l’on conviendra que l’ Être se joue complètement de ces apories qui ne sont que les impuissances de nos pauvres petites intelligences et notre incapacité à concevoir le supra-humain autrement qu’en plaquant dessus la logique de ver de terre de ce qui est ” humain trop humain”. On ne peut donc qu’esquisser des débuts de réponses, sachant que l’on s’enfonce ici dans un abime qui doit tôt ou tard laisser la raison terrassée par une lumière qui l’aveugle…..
1.- .”pourquoi, après tout, la chaîne des causes ne serait-elle pas infinie et n’aurait-on pas une remontée sans fin dans le temps? ”
Il s’agit d’une vieille objection à laquelle Thomas d’Aquin a déjà répondu par plusieurs arguments notamment celui-ci, le plus frappant. Un enchaînement de causes signifie un enchaînement de moteurs ou chaque chose est mûe par un moteur et devient à son tour le moteur . Autrement dit, chaque chose est un moteur intermédiaire or un moteur intermédiaire ne peut se mouvoir par lui même, s’il n’ya que des moteurs intermédiaires , il ne peut donc y avoir de mouvement et jamais aucun mouvement n’aurait pu naître mais puisqu’il y a mouvement, c’est que chaque moteur intermédiaire découle d’un moteur principale.
2.- ” Si Dieu est immuable, il n’a pas pu créer, la création supposant toujours le mouvement de celui qui crée (D’où l’absurdité de l’idée d’un moteur immobile, on ne peut être moteur tout en étant immobile!) ”
La création première ne doit pas être vue à la manière de la création humaine laquelle en créant doit forcément agir et donc se mettre en mouvement sur une matière qui lui préexiste, si aucune matière ne prééxiste au principe universel, cela veut dire que le principe universel tire tout de lui même en tant que principe essentiel de tout ce qui existe, ce qui ne nécessite aucun mouvement mais uniquement la possibilité pour l’Être de se vouloir cause de toutes les essences, volonté là encore non chronologique mais prise de conscience au sein d’une éternel présent.. Ton existence personnelle toujours en mouvement découle nécessairement de ton être lequel pourtant se tient toujours immobile. L’action n’est jamais que le résultat d’un principe qui ne peut qu’être immobile car sans principe immuable qui la sous-tend une action ne peut jamais venir à l’existence, les bouddhistes sont eux-mêmes obligés de l’admettre en faisant tout découler du principe de l’interdépendance des phénomènes.
3.- ” Si Dieu a eu le désir de créer, il ne peut être tout puissant puisque déterminé par son désir, ce qui veut dire que son désir lui était antérieur, rien ne pouvant être antérieur à Dieu, Dieu ne peut donc avoir aucun désir ”
Dieu ne peut avoir aucun désir mais rien qu’une volonté. Donc , l’ objection tombe si l’on admet qu’en l’ Être seul se concentrent, l’intelligence, la liberté et la volonté, du fait de la simplicité indivisible de son essence.
4.- “Dieu n’est pas immuable puisque soumis à la loi du temps, sa création supposant un avant ou Dieu n’était pas créateur et un après où il est devenu créateur.”
Les notions d’avant et après n’ont aucun sens au niveau de Dieu puisque c’est justement en tant que principe universel de tout ce qui existe que Dieu est également principe du temps, en se distinguant de l’Être, l’existant tombe dans le temps, en créant le monde l’Être crée du même coup le temps . Avant et après ne sont donc que des notions inhérentes au monde matériel, comme l’a montré Kant, le temps est un à priori encadrant le fonctionnement de la prise de conscience humaine , vouloir appliquer à l’Être cet à priori n’est que l’incapacité à sortir de ce qui nous détermine et ne fait que traduire le petit point de vue du relativisme humain impuissant à s’évader de sa dimension temporelle pour envisager une once d’absolu. D’ailleurs, le simple fait que des lois physiques ou mathématiques puissent régir l’ensemble du cosmos , n’est-ce pas admettre sur un plan purement scientifique que de l’intemporalité de la loi peut naître la temporalité du phénomène ?
Je voudrais maintenant, à mon tour poser à Thitra une ou deux une question
1.- Puisque je ne connais pas le bouddhisme, alors je demande à m’instruire. Quelle est donc cette béatitude absolue que veut atteindre le bouddhiste et qu’il nomme Nirvana ? Je crois avoir compris que Nirvana signifie “Extinction” de notre ignorance quant à l’absence de réalité de l’Ego. J’entre donc dans le nirvana quand je prends conscience que “Moi” est une illusion, un revêtement fallacieux qui ne recouvre rien. Si c’est le cas qui peut donc éprouver la béatitude du nirvana? Si c’est Moi, je retombe dans l’état d’illusion dont cherche justement à se défaire le bouddhiste. Si ce n’est pas Moi c’est qu’alors , il n’y a personne pour l’éprouver, autrement dit au travers du nirvana, je poursuis quelque chose que l’on ne peut pas éprouver et quel peut être en ce cas l’intérêt d’une délivrance que l’on ne peut pas éprouver comme telle? Le samsara présente du moins l’avantage de permettre à chaque réincarnation d’éprouver la joie ainsi que certains moments de bonheur même si celà doit toujours relancer la souffrance;
2.-le positivisme scientifique ainsi que la conception bouddhiste sur l’interdépendance des phénomènes sont ils en mesure de répondre à la question suivante:
” Pourquoi y a t’il quelque chose plutôt que rien ?”
juin 20th, 2008 at 5:18
” Pourquoi y a t’il quelque chose plutôt que rien ?”
Personnellement, je m’en branle complètement, et quand je me branle , je pense uniquement à une belle chatte bien mouillée. Quand je vois un beau cul, je ne vais pas me demander
pourquoi il ya ce cul plutôt que rien, je pense uniquement à introduire mon appendice à l’intérieur au moyen d’une prise en levrette appropriée. C’est là la seule métaphysique que je connais. Le problème est que ton appendice à toi est depuis longtemps déséché parce que tout ce tu es désormais capable de masturber c’est ta pauvre cervelle mûrée dans son isolement, ses abstractions stériles et ses paralogismes à la con tout juste bon à distraire quelques moines de leur existence inutile. Est ce qu’on se pose ce genre de question sur l’être ou le non-être quand on jouit dans un beau gros vagin bien juteux? On vit dans la plénitude de la joie, un point c’est tout. La joie d’un simple moment qu’on sait éphémère et forcément gorgé de plaisir et d’intensité parce qu’on le sait fragile et fugace..
juin 20th, 2008 at 6:25
juin 25th, 2008 at 4:04
« s’il n’y a que des moteurs intermédiaires , il ne peut donc y avoir de mouvement et jamais aucun mouvement n’aurait pu naître mais puisqu’il y a mouvement, c’est que chaque moteur intermédiaire découle d’un moteur principale. »
Navré mais cela ne prouve pas que le monde ait eu un commencement. Le « moteur principal » dans l’optique d’un bouddhiste pourrait tout a fait résider dans la la loi de l’inter-dépendance en vertu de laquelle chaque chose est conditionnée par une autre. D’ailleurs, dans une optique scientifique, l’énergie peut parfaitement constituer le « moteur » principal et nécessaire. Et puis, si l’on doit tôt ou tard, selon le monotheisme s’arrêter en remontant le film du temps, en ce cas à quel moment choisira t’on de s’arrêter pour pointer le commencement absolu ? La mécanique quantique, faut-il le répéter, relève ce phénomène en vertu duquel une particule peut fort bien n’aître du rien.
« Ton existence personnelle toujours en mouvement découle nécessairement de ton être lequel pourtant se tient toujours immobile. »
Qu’est ce à dire ? Connais tu une seule chose en toi qui soit immobile ? Ton corps est composé d’atomes toujours en mouvement, ton œil est composé de cellules toujours en mouvement même la pensée la plus calme et la plus contemplative nécessite un déroulement dans le temps. Tout en toi n’est qu’une succession de changements qui passent avec une telle rapidité que cela échappe à tes propres faculté de perception. Tu l’as toi même rappelé pour le bouddhisme, tout n’est qu’agrégats mouvants eux même composés d’incessants mouvements de particules élémentaires. L’être que tu évoques n’est tout au plus qu’une abstraction.
La façon dont tu parles du nirvana est rudimentaire. Dans la version la plus pure du bouddhisme, le theravada, il n’y a rien a expérimenter dans le nirvana
puisque c’est justement l’extinction du cycle des renaissances. J’ai parlé de béatitude éternelle comme d’une image mais la réalité est que le délivré s’éteint aussitôt définitivement après avoir atteint l’illumination. Il n’y a rien à expérimenter parce que vouloir expérimenter quelque choses, ne fait qu’entretenir le sens de l’ego et donc alimenter la souffrance par le cycle du samsara.
” Pourquoi y a t’il quelque chose plutôt que rien ?”
Exemple typique de la question inutile pour un bouddhiste, question qui en effet ne fait que déplacer le problème car si l’on veut par là démontrer que le quelque chose n’a pu venir de rien mais doit forcément découler d’un créateur, le bouddhiste demandera alors, « Pourquoi y a t’il un créateur plutôt que rien ? »
juin 25th, 2008 at 6:02
” La mécanique quantique, faut-il le répéter, relève ce phénomène en vertu duquel une particule peut fort bien n’aître du rien. ”
J’adore la faute d’orthographe “n’aître du rien” Hybride entre naître et être, comme si tu avais l’intuition que rien ne naît du rien puisque même le rien est encore de l’être. Les pirouettes mentales d’un Nagarjuna ne changeront rien à l’affaire, sans la réalité absolue de l’être, la loi de l’ interdépendance ne pourrait exister.
juin 26th, 2008 at 9:39
tout ça c’est de la prise de tête pour paralysés de la bite et bonnes à rien du cul. On ne peut là dessus que se répéter. Quand un mec normal voit une belle paire de cuisses émergeant de sous une mini-jupe, est-ce qu’il va se mettre à penser à l’ “être” de ces cuisses ? Plutôt que se triturer la cervelle sur d’absconses abstractions, ledit esprit normal songera plutôt à écarter les dites cuisses pour aller enfoncer son dard au plus profond de la cavité vers où elles convergent.Thitra est tout aussi con avec son néant bouddhiste, ruminations tout aussi vaines propres tout au plus à occuper l’existence parasitaires de quelques crânes d’oeuf aux fins fonds de l’himalaya Le seul néant mystique qui m’intéresse quant à moi est le noir à l’intérieur de la chatte où je m’introduis pour dégorger ma purée
juin 26th, 2008 at 10:45
Pourrais-je Clash te suggérer de changer un peu de disque? Je conçois que les minables dans ton genre ne puissent maîtriser certaines pulsions à la vue des tenues légères entraînées par les chaleurs estivales et si ta femme ne suffit plus à calmer tes ardeurs , il me semble que le web regorge de sites pour les pauvres types comme toi
juin 26th, 2008 at 11:57
Les sites en question , je ne me prive pas de les visiter pour le plaisir de me branler, je visite le tien pour le plaisir de te faire chier.
juin 26th, 2008 at 12:24
Tandis que tu le fait chié mois cette pédale je lui pisse et lui dégeule et lui défaique dessu à cet enculer de sa race
juin 26th, 2008 at 12:49
Je possède un magnifique manuscrit birman daté du XIXème siècle , illustré par de superbes miniatures sur la vie du Bouddha. Ici nous le voyons alors qu’il n’est encore que le prince Gautama
s ‘apprêtant à quitter pour toujours palais et richesses et disant au revoir à sa femme endormie, ne voulant pas la réveiller de peur qu’elle ne s’oppose à son projet de s’engager sur la voie du détachement. Les bouddhhistes nomment cette scène ” La grande renonciation ou grand départ”. Les textes racontent que les femmes du palais chantaient et jouaient de la musique sur ordre du père de Gautama afin d’inciter le prince à goûter encore aux plaisirs de la vie. Mais les dames sombrèrent alors dans un profond sommeil. L’image ci dessus nous les montrent endormies au premier plan. Selon la tradition, Gautama les découvrant ainsi dans des positions répugnantes et grotesque, l’une ronflant, l’autre ayant la bave aux lèvres une autre encore lâchant des flatulences, le prince comprît alors que la femme nous prend dans les filets du vouloir vivre par ses charmes trompeurs et qu’elle n’est comme le reste qu’une apparence illusoire. Gautama n’en fût dès lors que plus déterminé dans sa quête de l’illumination. Montant sur son cheval blanc
il partit pour un long voyage qui au terme d’une quête douloureuse devait s’achever à Bénarès par la prédication des 4 nobles vérités.
Tout cela pour vous dire que puisque vous tenez absolument à venir sur mon blog, je vous inviterai simplement à partager une vision de la vie un peu plus aristocratique dont le bouddhisme nous donne maints aspects même si je persiste à dire qu’il est empêtré dans d’insurmontables contradictions.
juin 26th, 2008 at 2:12
Ont s’en fous de tes connerries de boudhisme et de tous le reste, nous ont veux du cul bordel, tas pas compri ? du “CUL” bordèle de merde
juin 26th, 2008 at 2:35
Les plus anciens textes disent que Bouddha ayant jeté un regard sur le monde, il le vit comme un océan de lotus, La plupart s’épanouissant au fond de l’étang dans la vase, certains s’élevant presque jusqu’à la surface de l’eau, quelques rares lotus projetant très haut leur fleurs au dessus de l’étang.
juin 26th, 2008 at 6:06
Sachant que ceux qui sont dans la vase doivent mériter leur sort, à considérer à quel point le peuple tibétain subi l’expoitation des iniquités d’un système féodal qui n’intéresse pas les médias trop occupés à se focaliser sur le sourire niais du dalaï lama
http://www.westernshugdensociety.org/fr/
Décidement, qu’elle soit bouddhiste ou chrétienne, la religion est toujours le même moyen pôur tenir le peuple sous le joug de l’injustice du pouvoir politique
juin 27th, 2008 at 3:30
Et alors? Personne ne répond ? Mon argument est donc une couille qui vous reste en travers de la gorge ?
juin 27th, 2008 at 4:06
Le bouddhisme tibétain étant sur la sellette, c’est avant tout à Thitra qu’il incombe de répondre. Celui-ci ne se manifestant pas, je ne sais trop quoi dire, n’étant pas compétent pour juger de la situation socio-politique du Tibet et ayant par ailleurs grande méfiance envers les informations de nature polémique vers lesquelles tu nous renvoies.
Concernant ton argument sur la religion comme moyen d’oppression politique du peuple, il me paraît tellement relever du lieu commun que j’ai plus envie de bailler que de répondre.
Tout est objet de récupération. Un tableau de Vermeer a fait l’objet d’une récupération commerciale,
celà enlève t’il pour autant de la valeur à ce tableau?
On ne juge pas une chose au travers de dérives caricaturales toujours inhérentes aux défauts des hommes, on juge une chose dans son essence.
S’agissant du bouddhisme, je me pose toutefois une question: dès lors que l’on prétend fonder une spiritualité sur l’idée que la personne humaine n’est qu’une illusion, celà nous rend t’il enclin à nous préoccuper du sort de ceux qui sont dans la gêne? Pourquoi se préoccuper de celui qui souffre si l’existence de la personne qui souffre n’est de toute façon qu’une illusion?
juillet 1st, 2008 at 10:12
On s’aperçoit en te lisant combien les préjugés sur le prétendu nihilisme du bouddhisme ont la vie tenace!. Dans ton manuscrit birman aux si belles images, on ne te dit pas quelque part que lorsque Bouddha atteint l’éveil, c’est alors qu’il engage toutes ses forces pour enseigner sa doctrine, pour aider les autres, pour leur indiquer la voie?. Il n’y a pas de nihilisme dans tout celà mais rien que l’ignorance qui disparaît ainsi que les mirages et illusions sur la réalité d’un moi. Il ne s’agit pas d’aspirer à l’anéantissement mais de se connaître soi-même. D’ailleurs, en tibétain, on ne parle pas de nirvana, on parle plutôt d’état au delà de la souffrance, il y a donc bien dans le bouddhisme une transcendance au travers d’ un au delà du monde des apparences et de la douleur. Tu devrais donc te documenter un peu plus sur les spiritualités différentes de la tienne avant de te lancer dans ce genre de critique un peu trop faciles parce que reprise paresseuses d’idées réçues héritées de Burnouf et de Schopenhauer. Le nirvana mène bien vers une dénonciation de cette volonté de puissance pointée par Heidegger, exaltation fallacieuse de la technique parce que oubli de la plénitude du né ant et de l’indéterminé.
juillet 1st, 2008 at 5:58
Mois pour me libérré, je pisse, je chies, je pête etj’éjacule et tous sa en mème tant, c’es mieus que votre nirvana de merde
juillet 1st, 2008 at 6:26
C’est toujours à la même période de l’année qu’il revient celui-là. L’inconvénient avec l’été, c’est que la chaleur réveille tous les insectes dégueulasses.
(Je ne t’oublie pas THITRA mais je n’ai pour l’instant pas le temps de te répondre…)
juillet 7th, 2008 at 11:58
Tiens! t’as changé le titre de ton blog
et ça veut dire quoi “Solus soli”?
Faudrait peut-être traduire, tout le monde parle pas la langue des grenouilles de bénitier.
juillet 7th, 2008 at 12:28
Je ne sais plus ce que ça veut dire, en ce moment, je perds un peu la boule et par la même occasion, le latin qui est dedans…
juillet 7th, 2008 at 2:40
Et d’un point de vue photographique , quand tu perds la boule ça donne quoi?
juillet 7th, 2008 at 6:16
ça
juillet 8th, 2008 at 10:28
Fichtre! C’est vrai que ça n’a pas l’air de marcher fort dans ta tête mais il est quand même bon qu’un artiste dijoncte un peu, autrement, il ne dépassera guère le niveau du joli et du gentillet.
Et pis, la lionne n’a pas l’air si effrayante….
juillet 8th, 2008 at 10:49
” Et pis, la lionne n’a pas l’air si effrayante…”
Mais qui a dit qu’elle l’était?
C’est plutôt elle qui percevrait la présence d’une menace
juillet 8th, 2008 at 2:36
Tout ce beau monde est effrayé parce qu’il croit que quelque chose existe. dans ce cas ce sont effectivement les bouddhistes qui ont raison, contre la peur, le meilleur remède est de se dire qu’il ne s’agit là que d’une sensation qui ne repose sur rien puisque causée par une pseudo réalité qui n’est qu’agrégat d’éléments transitoires et irréels. Le monde n’est autre alors qu’un mauvais rêve dont il faut se réveiller….
juillet 8th, 2008 at 4:37
“… une pseudo réalité qui n’est qu’agrégat d’éléments transitoires et irréels. ”
OK mais comment vas-tu concilier celà avec ton engagment politique ? Tu peux militer à la LCR, te battre conte les injustices sociales , tout en étant persuadé que le monde est un rêve peuplé de fantômes? La prochaine fois que tu verras un SDF tu n’auras qu’à lui tenir le discours du bouddhiste “Vous êtes dans la misère mais ne vous inquiétez pas , vous n’êtes qu’un agrégat d’éléments composant un SDF..” On raconte qu’un jour un moine bouddhiste tentait d’expliquer à un roi que nous n’étions que des illusions, le roi lui a décoché alors un coup poing dans la gueule en lui disant “Je n’ai donc frappé qu’une illusion….”
juillet 8th, 2008 at 5:00
Oui mais si le moine se trouvait éveillé au fond de lui-même, il devait savoir que ce n’était que le rêveur que l’on venait de frapper……
juillet 9th, 2008 at 11:55
Il est tout de même assez piquant de voir le chrétien prétendre faire la leçon au bouddhiste concernant la religion comme instrument d’oppression politique car s’il ya bien un domaine où le christianisme n’a pas de leçons à donner aux autres, c’est bien celui là!. J’ai toujours dans la tête ce mot de Napoléon :” Les curés tiennent le peuple, les évêques tiennent les curés et moi , je tiens les évêques”.c’est un très bon résumé de ce qu’a toujours été l’action d’une Eglise qui s’est s’est sans cesse evertuée à distiller chez ses ouailles le conformisme politique sur lequel était assis le pouvoir du moment et les privilégiés qui en vivaient. Inutile de parler ici de dérives ou de dégradation d’une essence qui serait autre et dont on ne voit d’ailleurs pas quelle pourrait-être son autre forme car l’obéissance au pouvoir est dans l’essence du religieux, Paul recommande d’ailleurs le respect de l’autorité politique (L’empereur romain à l’époque). De fait, l’Eglise a été royaliste sous les rois, féodale sous la féodalité, impérialiste sous Napoléon, elle a fini par devenir républicaine sous la république, aujourd’hui elle est sarkozyste avec Sarkozy (95 % de cathos qui votent Sarko), tout comme elle fût d’ailleurs nazie avec Hitler (le Pape Pie XI avait conclu un concordat avec Adolf au début des années 30) de même que l’Eglise orthodoxe fût staliniste avec Staline étant mainteant devenue poutiniste avec Poutine. Ne parlons pas d’ailleurs de l’association de l’Eglise avec le capitalisme exploitateur au XIXème siècle où elle enseignait aux pauvres à aimer leur misère présente parce qu’il fallait que se fasse la volonté du Père “sur la terre comme aux cieux”. Il en a toujours étré ainsi , autrefois comme maintenant, entend-t’on le pape dénoncer les méfaits du capitlalisme au travers des désordres écologiques ou de l’exploitation des travailleurs? C’est pourquoi ça me fait bien marrer quand tu prétend jeter la pierre à un bouddhisme indifférent aux misères sociales car sur ce point, les boules de billard de l’Himalaya peuvent bien serrer la main aux bouffeurs d’hostie du Vatican.
juillet 10th, 2008 at 12:06
Tout celà me paraît bien caricatural. Concenant tes attaques politiques contre le bouddhisme, je te rappelerais tout de même, le récent mouvement des moines birman. Je te recommanderais également un ouvrage qui vient de paraître sur le bouddhisme tibétain , par Frédéric Lenoir aux éditions Plon, un ouvrage qui remet en cause bien des idées reçues sur un bouddhisme qui prétendument soutiendrait des injustices féodales.
Ceci pour te donner un peu plus le sens des nuances dont on ne peut pas dire qu’elles t’étouffent. D’ailleurs ici vous aimez tous la caricature. Falcone quant à lui n’est pas en reste quand il prétend que le bouddhiste devrait être conduit à l’inactivité sous prétexte qu’il soutient l’idée du caractère illusoire de la personne. En quoi ne plus vouloir souffrir est-il incompatible avec l’idée que nous sommes illusoire? Puisque nous expérimentons la souffrance, je ne vois pas en quoi il serait illégitime de vouloir s’en délivrer quand bien même ne serions nous qu’un rêve et bien au contraire, celà devrait me rendre plus libre puisqu’il n’y a par définition plus d’entraves causée par le tourment. Je te rejoindrais sur un point, la notion de personne, ou du moins de croyance en la solidité et la réalité du Moi propre à l’occident n’a pourtant pas empêché cette infime partie de cosmos de connaître les pires exterminations.
juillet 10th, 2008 at 3:57
L’anticléricalisme de Clash est tellement primaire et procède d’une telle ignorance des subtilités des hommes et de l’histoire qu’ à priori, il ne sert à rien de répondre, on ne discute pas avec les ignorants sauf à essayer de leur faire perdre un peu de leur ignorance. C’est sans doute vain en présence d’ un type comme Clash qui à cette ignorance ajoute cette certitude arrogante qui est justement la marque de l’ ignorant prétentieux .
S’agissant maintenant de toi Thitra, je ne peux une fois de plus que te renvoyer aux contradictions qui sont les tiennes. Tu me parles de volonté de se libérer mais qui donc veut se libérer? Sans un moi normalement constitué une telle volonté serait tout bonnement impossible, comment peut-on parler d’un “éveil” si je ne suis pas quelqu’un pour ressentir cet éveil ? Si je suis toujours et nécessairement quelqu’un pour sentir l’éveil, c’est que cet éveil est alors tissé lui même de l’étoffe des songes et qu’il n’est tout au plus qu’un rêve d’éveil sauf à ce que nous tombions d’accord avec la formule du Tao consistant à dire que le moi qui dit moi n’est pas le vrai moi et qu’il faut donc se débarrasser des illusions nées des contingences d’un faux moi pour se diriger vers un vrai moi au travers d’une théologie négative. S’il est vrai que le christianisme , hélas, n’a pas empêché les pires tyrannies de se développer chez nous, il nous donne tout de même l’armature morale et conceptuelle pour leur résister au travers de la croyance en la réalité et la dignité de chaque personne ( Rappelons que la déclaration des droits de l’homme est d’inspiration chrétienne ainsi que le principe du devoir de résistance à l’oppression) Prétendre en effet que “Moi” est une illusion est politiquement fort dangereux car l’on sait bien que c’est sur l’effacement des individualités et la molle apathie des consciences personnelles que germent toutes les formes de tyrannie.
juillet 11th, 2008 at 4:26
J’ai trouvé l’article sur le baroque et le classisme fort intéressant mais je ne comprends pas l’intérêt de laisser les commentaires dériver vers des sujets complètement différents.
Quel rapport entre la peinture de Rembrandt, le bouddhisme tibétain et les relations entre Pie XII et Hitler ?
juillet 11th, 2008 at 5:58
Trouver des rapports entre choses à priori sans rapport relève de l’activité même de l’esprit lequel n’est que substance unifiée autorisant toutes les mises en relation possibles.
Je t’invite à y réfléchir tandis que je prends quelques jours de vacance. On en reparle sous une dizaine….