ELOGE DU RATAGE
Rien de plus intéressant que de raconter la vie d’ un raté, concluait Zardoz la fois dernière et de me solliciter alors pour que je raconte la vie d’ Orcian afin de savoir comment ce personnage a pu devenir un raté. On nous rebat en effet trop les oreilles avec les sempiternels faciès de ceux qui ont réussi aussi parlerons-nous plutôt de ceux qui tel Orcian ont échoué dans leurs ambitions

ils sont plus émouvants, plus proches de nous et de nos vies médiocres.
Ils ont rêvé, rien n’est arrivé, ils ont cru aux feux de la rampe, on ne voit plus que leurs feux de détresse.
D’autres activités me prenant toutefois trop de temps, il me faut être bref.
Paul Orcian ayant un certain don pour le dessin, voulut dans un premier temps faire de la BD.
Pendant deux ans, il coloria de la merde

avec laquelle il gagna fort bien sa vie. Il se maria, eut deux enfants puis en ayant marre, et croyant par ailleurs à la BD comme moyen d’expression, il soumit un projet à son éditeur.
Il présenta donc le scénario d’une BD où il ne se passait rien et où l’on se contentait de montrer une personne désoeuvrée qui déambulait dans les rues.
- Et il ne passe rien de rien ? -lui demanda son éditeur
- Rien de rien, on ne voit que des enfilades de rues, de rues désertes, de rues grises d’une quelqconque banlieue où déambule un homme seul
- C’est quoi? un flic qui mène une enquête?
- Non
- Un délinquant qui prépare un mauvais coup?
- Pas davantage
- Un obsédé sexuel?
- Même pas
- Alors de qui s’agit-il?
- D’un type qui s ‘emmerde, le thème de l’errance, un mélange de Crumb et de Wim Wenders.
- Ah ? Et vous pensez qu’avec ça je vais faire du chiffre d’affaire ?
Comme il ne savait trop quoi répondre, il lui fut alors retorqué qu’il avait le choix entre le cul-polar-espionnage ou alors prendre la porte. Il préféra prendre la porte.
Il s’attela donc à sa Bd mais on s’attachait à le décourager, à l’inciter à revenir au coloriage, ses anciens collègues cessèrent de lui téléphoner tandis que sa femme commençait à le faire chier, de sorte que sa BD, avança de plus en plus difficilement et qu’il ne put jamais dépasser le stade de l’ébauche.

Les scènes se multipliaient avec sa femme qui lui reprochait de ne plus avoir la bite assez dure et le compte en banque assez rempli.
Il trouva un emploi de prof dans un lycée de banlieue, enseignant le dessin à de jeunes cons destinés aux écoles de commerce. Sa femme finit par le larguer, emportant ses deux gosses, ce qui le soulagea, mais l’obligeant à lui verser une pension, ce qui le déprima.
C’est à cette époque que je fis sa connaissance. D’abord, je suivais de loin son errance, le photographiant à son insu.

Puis, un jour que je m’étais approché d’un peu trop près pour enclencher, entendant le bruit de basculement du miroir, il se retournât et me demanda ce que je faisais. Lui répondant que mon travail était de fixer sur l’argent les fantômes, il me traita de fou et ce fût ainsi que nous devînmes amis.
Il finit par abandonner sa BD, c’était trop long, cela n’interessait personne. Et puis à quoi bon dessiner sa propre errance tandis que moi, je me trouvais toujours derrière lui à photographier la sienne ?
Il était plus mytérieux que ce fût un autre qui le vît de dos plutôt que de se représenter soi-même ainsi

Il ne voulut cependant pas laisser le dessin et la peinture
mais il ne vendit rien.
On lui conseilla plutôt d’exposer des serpillières , la mode était aux installations. Quelques rares personnes venaient chez lui pour voir ses travaux. Un jour quelqu’un lui demanda un tableau pour boucher un trou. Un autre lui demanda de copier cette image

Sa femme tenta un raccommodement prête à reprendre la vie commune à condition qu’il devint plus raisonnable. Il l’envoya paître, elle le traita de raté, il ne la revît plus.
Il reprît de plus belle ses promenades sans but, réflechissant toujours plus à cette question du ratage. Il fit cette constatation que le ratage était par excellence l’expérience ontologique. Il crut comprendre que vous laissant une pesanteur sur le coeur, il décapait les couches de contingences et vous faisait toucher du doigt l’inutile poids de votre être et de son irréductible présence au monde. Il en conclût que nous étions tous des ratés parce que nous tenions pour insupportable l’appel de l’être, ne serait-ce que par la réplétion dans l’acquis où nous affrontions le poids du vide.
Alors il décida qu’il passerait beaucoup plus de temps à se faire chier car il lui semblait que c’était là sa vraie vocation.
Ayant giflé un jeune ignare qui lui avait déclaré préferer les mangas et les tags à Van Eyck, le proviseur exigea qu’il fît des excuses aux parents, il cracha sur le proviseur et perdit son poste.
Il n’ abandonna pas tout de suite les travaux plastiques et curieusement sa touche devenait plus douce à mesure qu’ augmentait la misère ainsi que l’obsession du suicide.

Cet irréductible poids sur le coeur issu de ses ambitions meurtries agissait comme une sorte d’anesthésie qui lui permettait de planer sur le monde.
Du coup sa manière s’ allégea

La synthèse le conduisit vers le spectral et le spectral vers la pure inaction le menant à contempler la beauté du temps qui détruit.

La dernière fois que je le vis, il était debout au beau milieu d’une place publique. Etait-ce lui? Je ne peux dire. J’entendais une voix qui me chuchottait qu’il restait encore quelque chose à exprimer. On se mît alors à pisser sur le sol tandis que l’on m’invitait à photographier les traces qui déjà commençaient à s’ évaporer sous la chaleur.

Comme j’avais pris ma photo, je me tournai vers lui et déjà il s’éloignait.

Je lui demandai où il allait, il me répondit d’aller me faire foutre.
Puis, relevant la tête, je vis qu’il n’était plus là ou plutôt, je crus voir sa silhouette, très loin au dessus de la route où je me tenais immobile

Le lendemain, j’apprenais qu ‘un mois plus tôt, la police avait retrouvé son cadavre, quelque part dans cette ruine

où il fut assasiné de trois coups de couteau par une bande de clodos qui espéraient trouver quelque chose dans ses poches vides, complètement aveugles à la classe qu’il avait acquise, et ne voyant que l’argent auquel il avait depuis longtemps renoncé.

Voir aussi sa galerie: ici
104 commentaires to “ELOGE DU RATAGE”
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Photobis
octobre 12th, 2009 at 10:20
Elle se termine en queue de poisson ton histoire, je n’ai pas vraiment compris à quoi tu voulais en venir, tes dessins sont beaux mais tes idées sont vraiment tortueuses et biscornues
octobre 12th, 2009 at 11:30
Ah mais attend , j’ai pas tout dit….
Un soir je suivis Orcian.
Après maints détours dans les rues nocturnes, je perdis sa trace et me retrouvai sur le perron d’une demeure que je n’avais encore jamais vue, quoiqu’ habitant la ville depuis plus de 40 ans.
Derrière moi , j’entendis comme un murmure de buisson. J’eus la sensation d’une menace en même temps que la vague impression que l’on m’appelait à l’intérieur de la maison.
Je pris peur et m’en allai….
octobre 12th, 2009 at 11:51
Quand fut retrouvé le corps d’Orcian, on touva également non loin une enveloppe avec mon nom et mon adresse écrits dessus. C’est ainsi que la police a pu me contacter. L’enveloppe qui m’était destinée ne contenait qu’une photo.
octobre 13th, 2009 at 7:19
Je ne comprends toujours pas, c’était une photo prise par toi?
octobre 13th, 2009 at 5:34
Justement, non.
Jamais je n’aurais pu prendre une telle photo parce que jamais je n’ai trouvé cette porte ouverte.
Le lendemain, j’entreprenais dès l’aube, de retrouver cette maison. J’y passais toute la journée, sillonnant toute ma ville, essayant de me rappeler l’itinéraire que j’avais pu prendre la nuit précédente, en vain. Le soir, je rentrai chez moi harassé, puis, je ressortis plus tard , alors qu’il faisait déjà nuit et là, après quelques minutes de marche, j’étais de nouveau devant la maison.
Ce fut toujours ainsi les jours suivants, la nuit je retrouvai sans effort une maison que je ne pouvais trouver de jour malgré toutes mes recherches.
Mais jamais je ne pus voir cette porte ouverte, ce fut quant à moi la seule photo que je pus prendre du perron
octobre 13th, 2009 at 9:17
Tu aurais pu sonner , on t’aurait sûrement ouvert.
octobre 13th, 2009 at 10:10
Il n’y avait pas de sonnette mais une nuit, je frappai à la porte et aussitôt la lumière au dessus du perron s’éteignit.
Je restai quelques instants dans le noir. J’entendis un murmure derrière moi. Je me tournai et je vis remuer des arbres. Cela m’intrigua car il n’y avait pas de vent. Arrivé à ce stade, il me faut avouer une faiblesse dont j’ai plutôt honte. Je levai les yeux et alors…..
Je crus que j’étais redevenu un enfant.
Je retrouvai certaines frayeurs d’autrefois. C’était délicieux. Mais je n’en eus pas moins peur et me sauvai
Jamais plus je ne revins.
octobre 13th, 2009 at 10:49
Bon ça va , toi t’as trouvé une porte fermée et cette même porte s’est ouverte pour ton copain. Maintenant , dis nous un peu ce qu’il y avait dans cette baraque, j’ai hâte de connaître la suite de ton thriller…
octobre 14th, 2009 at 7:48
Tu n’as qu’à essayer de l’imaginer toi-même. Un blog est aussi une oeuvre collective et interactive, le lecteur doit participer activement à son élaboration, il y a là des possibilités de rénovation du travail littéraire qui n’ont sans doute pas encore été suffisamment exploitées.
octobre 14th, 2009 at 5:34
Bah, moi, je ne sais trop, la maison mystérieuse invisible de jour et qu’on retrouve seulement la nuit, le clair de lune au dessus de la végétation noire, le type qui disparaît bizarrement, ça fait un peu romantisme gothique, genre Lovecraft.
On pourrait imaginer que quelque temps après, tu retrouves la femme de ton copain. Vous discutez un peu , évoquant des souvenirs sur feu son époux. Tu lui montres la photos de la maison mais ça ne lui dit absolument rien. Elle te propose alors de venir chez elle où son défunt mari a laissé quelques affaires et surtout pas mal de livres. Elle voudrait que tu l’en débarrasses. Tu te rends alors chez elle. Il y a pas mal de BD, quelques livres d’art mais rien d’original qui puisse t’intéresser. Deux bouquins attirent néanmoins ton attention. Le « livre des goules » du comte d’Erlette, et surtout, le « Nécronomicon » ayant pour auteur un certain Abdhul Al Azhred. Tu le feuillettes, tu n’y vois qu’un ramassis de délires, ne pouvant que très peu intéresser ton tempérament classico-rationnel se méfiant des débordements de l’imagination. Quand soudain, après avoir tourné une page, tu tombes sur cette photo
Cette photo même qu’il te destinait. Au dos de cette images se trouve inscrits ces mots : « N’est pas mort ce qui à jamais dort, et au long des siècles peut mourir même la mort. »
Tu interroges la femme d’Orcian sur ces ouvrages, elle te répond que les choses ont commencé à mal tourner entre elle et lui et qu’il a commencé entre autre à se désintéresser de son travail quand il s’est pris de passion pour toutes ces « sottises ».
Tu emportes ces deux bouquins chez toi et à ton tour tu es subjugué par le Nécronomicon au point que toi aussi tu négliges maintenant de te rendre à ton travail car tu prends alors connaissance de l’ existence des « grands anciens », tu ne manges plus, tu n’en dors plus, tu t’informes d’avantage surt le conte d’Erlette ainsi que sur Al Azhered, tu découvres que le premier était un auteur français du XVIIIème et le second , un poète arabe complètement dément du VIIIème siècle,
tu découvres d’autres noms d ‘auteurs, tels Li Tai Chang, poète chinois de l’époque Han, d’auteurs qui ayant vécu sous des latitudes et des époques différentes et ne pouvaient donc se connaître racontent les mêmes choses sur les mêmes monstruosités inommables comme l’existence de Yog-Sothoth, la clé et le gardien de la porte, réunissant dans son entité poisseuse, le passé, le présent et le futur et puis des noms blasphématoires tels que
Aphoom-Zhah, la Flamme Froide, Seigneur du Pôle
Byatis, le Crapaud de Berkeley, celui qui a une barbe de serpents
Marphoz : le papillon vampire
H’rtrodor : le poisson tout en bouche autrement appelé le « trou nomade »
Plam’ erty l’Hy: l’éternel fœtus refusant de naître préférant blasphémer dans les limbes
Uyr’zar: le serpent crache neige
Brt-yatr : l ‘ange au corps de limace
gtr (yui) : La rose dévoreuse de charogne
et tant d’autres qui te font définitivement perdre la foi en la sainte trinité, la virginité de Marie et la résurrection du christ, légendes auxquelles tu ne crois plus d’ailleurs depuis longtemps.
Voilà, commence par mettre ça au passé simple et on verra par la suite, c’est délirant mais au fond c’est dans la logique de ton récit , le dégoût de vivre mène autant au suicide qu’à ce genre d’histoire… et pis ça devrait plaire à Erato, la grande amatrice du genre…
octobre 14th, 2009 at 6:28
Et c’est à moi que tu reproches d’avoir des idées biscornues!!!!
octobre 15th, 2009 at 11:15
Ce n’est pas comparable, Lovecraft a fondé un mythologie.
octobre 15th, 2009 at 5:04
Ce genre de remarques est tout simplement consternant, l ‘authentique mythologie présente des types incarnant l’illustration universelle d’un drame ou d’une problématique humaine, d’une question morale, voire d’une vertu ou encore, d’un idéal, Sisyphe, Tantale, Hercule, Ulysse, Achille, Hector et même si vous voulez, Jésus Christ, toutes ces figures contiennent un enseignement éthique ou incarnent une aspiration vers la surhumanité ou l’auto-dépassement, le héros, le sage ou le saint constituent des fondements archétypaux présentant des boussoles poétiques pour orienter nos vies vers une plus grande qualité d’être. Or, que peut-donc signifier la mythologie de Lovecraft ? Nous n’avons plus de véritables mythes mais le besoin mythique n’en subsistant pas moins, nous trouvons alors des succédanés, tant dans le people que par le biais de ce genre de parodie reptilienne où se succèdent quantités de monstres n’apportant aucun enseignement, aucun précepte éthique, aucun idéal moral mais tout juste bons à faire peur pour procurer des sensations toujours plus fortes à nos sensibilités abruties par un monde voué au culte du travail et de la compétitivité. Pas étonnant que cette nouvelle « mythologie » soit « made in USA »,
nous avons remplacé Hector par C’tulluh, troqué le regard olympien du héros grec par une entité visqueuse empestant le poisson pourri, tout comme la mémoire et les honneurs rendus aux défunts tendent à être remplacés par des têtes de citrouilles ricanantes. Pas étonnant non plus que ceux qui prisent ce genre de sous littérature soient des êtres fébriles et maladifs comme cette Erato dont la tératogenèse plastique, tumescente et tumorale est bien en phase avec ce genre d’imagination malsaine.
Inutile . M. Falcone, de demander à des esprits aussi grossiers de comprendre la délicatesse et les nuances de votre démarche.
octobre 18th, 2009 at 11:14
La mythologie parle aussi de la face cachée de l’homme, des forces obscures qui l’habitent et d’où il tire aussi son origine, Lovecraft est en phase avec son époque laquelle en bien des disciplines rend parfaitement compte de ce fait qu’au delà de la rationalité superficielle, le vrai fond de l’humain procède de puissances telluriques , de forces inconscientes et complètement irrationnelles ( On connaît Freud et la psychanalyse mais on connaît moins ce que nous apprend la physique sur le monde quantique !!!) des instincts « reptiliens » tapis dans le fond des âges, forces qui nous mènent, nous emportent et nous subjuguent, en cela, Lovecraft a bel et bien forgé une mythologie, ne t’en déplaise à toi qui préfère sans doute regarder l’image rassurante et superficielle d’un type qui rêvasse au bord de l’eau plutôt qu’adopter le comportement lucide de celui qui regarde l’abîme jusqu’au risque que l’abîme finisse lui même par poser sur lui son regard !
octobre 19th, 2009 at 4:13
La question serait plutôt de savoir de quel abîme il s’agit. Cette photo que j’ai prise d’Orcian
l’une des dernières, pourrait laisser entendre que lui-même contemple un abîme, d’un ordre certes différent de la réalité que tu évoques et à laquelle il conviendrait du reste beaucoup mieux d’appliquer le terme de « grouillement » plutôt que celui d’ »abîme ».
octobre 19th, 2009 at 6:24
OK, la suggestion de Zardoz ne te convient pas, alors dis nous un peu la suite de ton histoire, moi j’ai pas beaucoup d’imagination, sans doute parce que les choses, je les vis en vrai.
Donc, cette mystérieuse bicoque c’était quoi?
Et d’abord de quoi avait-elle l’air ?
octobre 19th, 2009 at 6:36
Je n’ai aucune idée de ce à quoi elle ressemblait, je n’ai jamais vu d’elle que son perron illuminé.
peu de temps après ma dernière visite rendue à Orcian et relatée dans le précédent billet,
http://falcophil.info/blog/photos-de-vacance/
je décidai de porter ma veste chez le teinturier. Comme je voulais au préalable vider la poche intérieure, j’eus alors la surprise d’y découvrir…une carte mémoire!
octobre 19th, 2009 at 9:00
Et alors ??
octobre 20th, 2009 at 10:47
Comme dirait Thierry, : « Et alors ???? ».
octobre 20th, 2009 at 12:44
Et alors, c’est à la fois simple et incompréhensible.
Je ne possède qu’une seule carte mémoire laquelle se trouve toujours insérée dans mon appareil numérique. J’avais beau essayer de comprendre comment celle que je venais de trouver était en ma possession, je n ‘obtenais aucune réponse. Je tentais de me rappeler à quel moment j’avais pu acheter une deuxième carte mémoire mais je n’avais aucun souvenir là-dessus, je fus bien forcé d’admettre que cette chose
ne m’appartenait pas et que quelqu’un l’avait introduite dans la poche intérieure de ma veste sans que je m’en aperçoive.
Je sentis me parcourir comme un léger frisson que la technique parut apaiser car je m’étais aussitôt empressé de connecter la carte à mon ordinateur pour voir son contenu éventuel. Ce fut avec un redoubement de stupeur que je découvris ce qu’elle comprenait, une seule et unique photo…De nouveau, j’eus comme un frisson, un peu moins léger, un peu plus fort….
octobre 20th, 2009 at 4:35
Ouais bon, c’est pas encore avec ça que tu vas rivaliser avec « The Haunting » de Robert Wise, question « frisson », on y repassera, et bien sûr tu ne connais pas l’auteur de la photo ni d’où elle a été prise….
octobre 20th, 2009 at 6:59
Eh bien mais il me semble évident que la photo a été prise de l’intérieur de la demeure dont j’ai toujours trouvé la porte close !
octobre 20th, 2009 at 7:05
C ‘est franchement pas évident
octobre 20th, 2009 at 8:09
A vrai dire, oui, je ne peux être sûr mais il me semble que le carrelage sur le sol est le même, , sur la deuxième photo, en haut à droite, je crois distinguer un petit morceau de la troisième marche du perron.
Et puis, je ne sais pas, il ya comme quelque-chose d’indicible qui unit les deux images, comme une même atmosphère qui proviendait d ‘une même lumière.
octobre 20th, 2009 at 10:58
Bof, la lumière c’est qu’une ampoule de 40 ou 60 Watts, on trouve ça dans toutes les baraques et je suppose que l’ombre projetée sur le sol c’est celle de Monsieur Orcian ?
octobre 21st, 2009 at 7:46
Au début, je me triturais les méninges sans comprendre, je pensais à une plaisanterie dont je cherchai l’auteur, je songeai d’abord à toi, puis à Zardoz, puis de nouveau à toi et puis peu à peu , je me désintéressai de la chose. Ce fut alors que je reçus l’enveloppe trouvée non loin d’Orcian et contenant la photo de la porte ouverte. Je fis d’emblée le rapprochement entre les deux images et je compris; la deuxième photo représentait bien l’ombre d’Orcian tandis qu’il se trouvait sur le seuil de la maison et qu’il s’apprêtait à pénétrer à l’intérieur. Pourquoi m’aurait-il adressé cette image si celle-ci n’avait pas représenté la photo de son ombre ? Je pense même savoir à quelle occasion il avait pu introduire la carte mémoire dans la poche de ma veste. Tandis que j’étais en train de photographier l’un de ces murs délabrés,
au sein de la ruine où je lui avait rendu visite,
http://falcophil.info/blog/photos-de-vacance/
comme je me plaignais alors de la chaleur, il me débarassa de ma veste et la posa sur le dossier d’une chaise.
Ce fut à ce moment là qu’il dut secrètement glisser dans ma poche intérieure la photo de son ombre.
octobre 21st, 2009 at 11:19
Et cette photo, qui l’a prise ? et pourquoi n’avoir photographié que son ombre ?
octobre 21st, 2009 at 9:37
Tout ce que je peux dire c’est qu’Orcian professait une théorie personnelle. Il avait en quelque sorte inversé la conception platonicienne en soutenant que les ombres n’étaient nullement la projection des choses mais que c’était les choses qui se trouvaient au contraire projetées par les ombres, de sorte que la vraie réalité ne résidait pas dans les choses mais dans l’ ombre de ces choses et que la vraie prison n’était qu ‘un monde où nous ne prêtions qu’une infime attention à l’ombre accompagnant nos corps, ce qui explique pourquoi il était tant fasciné par ce qui se dégrade, la libération n’ intervenant selon lui que lorsque nous n’étions plus que l’ombre de nous même car c’est alors que nous atteignions notre véritable essence.
Quant à savoir qui a pris cette photo,
je ne sais pas;
Peut-être le propriétaire des lieux?
Mais à vrai dire , je n’en ai aucune idée.
octobre 22nd, 2009 at 2:29
Ton bonhomme n’allait pas bien dans sa tête et toi aussi.
octobre 22nd, 2009 at 5:11
Il affirmait avoir emprunté cette idée à Héraclite d’ Ephèse, pour qui les étoiles n’étaient que le résultat d’une évaporation des choses terrestres, vapeurs qui devenaient lumineuses à mesure qu’elles gagnaient le firmament. Quand il pissait par terre, il espérait que l’évaporation de son urine
deviendrait tôt ou tard un corps céleste.
octobre 23rd, 2009 at 3:59
C’est bien ce que je dis, complètement siphonné !
octobre 23rd, 2009 at 11:21
C’est fou, certes, mais pourtant, çà ne manque pas de logique, tout me semble avoir été méticuleusement calculé, jusqu’à nos propres interventions qui paraissent elles-même avoir été programmées pour faire avancer l’histoire, le bouquin près de la tête par exemple, je suppose qu’il n’est pas ici par hasard?
octobre 25th, 2009 at 11:16
C’est la question qui fait rebondir l’histoire.
Je me souvins qu’il était passionné par ce livre . Souvent, du temps où il peignait encore, il m’en lisait des extraits, chose qui n’avait jamais cessé de m’étonner car il était curieux qu’un homme aussi catégoriquement athée pût se passionner pour un auteur mystique
octobre 26th, 2009 at 1:02
Ah! si la mystique s’en mêle! je me doutais que tôt ou tard ça devait tourner à la bondieuserie, elle est chiante ton histoire, suit mon conseil, évite la mystique chrétienne et met nous de la mythologie lovecraftienne
octobre 26th, 2009 at 5:57
Ecris donc de ton côté une histoire selon ton goût, pleine de poulpes gluants et de poisseux céphalopodes, ça fera plaisir à Erato, ajoutes-y un peu de cul, ça fera plaisir à Thierry.
octobre 26th, 2009 at 10:29
C’est vrai que ton récit, ça manque un peu de fesse
octobre 27th, 2009 at 1:44
ça ne manque pas tant de fesse que de finesse
Réduire ma peinture à une influence de Lovecraft ! votre psychologie, Monsieur Falcone est franchement rudimentaire et sans nuance, ce qui d’ailleurs se ressent quand vous vous essayez à la narration littéraire, en composant un texte bourré de clichés.
octobre 27th, 2009 at 5:08
J’avais pourtant cru que vous aimiez cet auteur et vu par ailleurs les fantasmes protoplasmiques et poulpoïdes de vos travaux, il me semblait pouvoir faire un parallèle entre la viscosité de votre imaginaire
et les puants mollusques obsédant le natif de Providence.
octobre 29th, 2009 at 2:04
ma personnalité, comme celle de tout un chacun est plus complexe que vos réductions à l’emporte pièce, vous voyez en moi une hystérique et vous rencontrez une contemplative, chercherez vous la contemplative, qu’à coup sûr vous rencontrerez l’hystérique
Pour le reste quand je parle des clichés de votre histoire, j’en vois principalement deux :
1.- Cliché pseudo-romantique de l’artiste maudit, incompris de ses contemporains, victime de l’oppression des « philistins ». Vous avez trop lu de ces biographies à 2 sous des van gogh , Gauguin et autres Lautrec.Votre personnage n’ est pas dénué de talent, il en a même je crois beaucoup mais il est sans volonté, sans persévérance, la BD ne produit pas que de la merde, d’authentiques artistes originaux ont pu s’imposer parce que ceux là ont su s’accrocher. C’est un cliché très lourd et peu crédible de faire de votre « héros » une victime du système. Si votre bonhomme est un raté, qu’il ne s’en prenne qu’à lui-même ! Plutôt que de dessiner à si gros traits un personnage aussi caricatural, autant ne rien faire du tout. L’art est votre passion, non? Alors parlez nous plutôt d’art, des expositions en cours par exemple….
2.- Cliché de la femme obtuse, ne comprenant rien à l’art parce que bornée par son esprit pratique
la poussant à chercher auprès d’un homme sécurité financière et satisfaction sexuelle. Un homme ne bande plus assez et n’a plus assez d’argent alors fatalement sa femme le quitte ! Ridicule ! Vous semblez connaître les femmes comme moi je connais la physique de Max Planck ! Apprenez donc à pratiquer un peu plus les êtres et sortez davantage le dimanche avant que de prétendre camper des personnages!
octobre 30th, 2009 at 3:21
Elle est quand même gonflée cette Erato qui te reproche de faire dans l ‘outrance et la déformation quand on voît les horreurs qu’elle peint!!!!!!!!!!.
Il n’y a aucun cliché dans ton histoire, des artistes incompris, on en trouve plus que jamais, surtout de nos jours où les Koons, Cattelan et autres dégénérés sont engraissés par des milliardaires incultes alors que les vrais artistes végètent dans l’indifférence et le mépris général. Notre époque aura ignoré ses artistes authentiques
tout autant qu ‘au XIXème siècle où quelques uns des meilleurs créateurs étaient raillés ou réduits à la mendicité!!!!
octobre 31st, 2009 at 5:03
Alice Ploncard dîte « Erato », huile et pastel sur carton, octobre 2009
Alice Ploncard, dîte « Erato », huile et acrylique sur toile, octobre 2009
octobre 31st, 2009 at 8:10
Feu Orcian s’était apparemment représenté devant le portrait d’ un philosophe
qui qualifiait les femmes de « myopes intellectuelles ».
novembre 1st, 2009 at 8:50
http://www.paris.fr/portail/Culture/Portal.lut?page_id=102&document_type_id=2&document_id=70856&portlet_id=21966 , belle soeur de Fragonard)
cela me semblerait bien plus interessant que vos histoires bizarres où vous déversez votre bile et où on ne sait pas trop à quoi vous voulez en venir.
novembre 1st, 2009 at 5:25
http://femmefemmefemme.wordpress.com/category/dorothea-tanning-1910/
novembre 1st, 2009 at 8:34
La veille, j’avais contacté l’épouse d’Orcian pour lui faire part de mon désir de m’entretenir avec elle de feu son ex-mari. Je n’avais pas osé lui avouer que je souhaitais savoir si elle avait conservé le recueil de textes d’Eckhart
afin que dans l’affimative, je puisse y jeter un coup d’oeil, sans trop savoir à vrai dire ce que j’aurais pu y trouver
Elle parut réticente mais accepta finalement et me donna rendez vous chez elle, au deuxième étage d’un petit immeuble.
Elle m’avait précisé, la deuxième porte à droite
Je sonnai plusieurs fois mais n’obtenant aucune réponse, je poussai timidement la porte entrouverte et me retrouvai dans un petit vestibule dont la paroi était décorée de ce tableau
puis, poussant une autre porte je fus dans un autre vestibule, plus petit encore que le premier et au mur duquel se trouvait accroché cet autre tableau
novembre 1st, 2009 at 11:00
T’aurais pas piqué l’idée à David Lynch des fois? Il me semble avoir vu un truc un peu analogue dans twin peaks.
novembre 1st, 2009 at 11:22
Je poussai encore une autre porte, je fus dans un couloir au fond duquel il y avait une énième porte entrouverte que je pris en photo
novembre 1st, 2009 at 11:43
Eh merde ! Accouche donc! et après ?
novembre 2nd, 2009 at 12:01
novembre 2nd, 2009 at 12:12
Ah! tu fais chier tiens, ça aura vraiment été une journée de Toussain de merde, triste à en crever, je préfère encore aller me coucher, peut-être que dans mes rêves, je saurais enfin ce qu’il y a derrière toutes ces portes à la con !
novembre 2nd, 2009 at 12:23
novembre 2nd, 2009 at 12:42
A quoi cela m’aurait-il servi de pousser cette porte?
Une fois rentré chez moi, avec la photo de la porte que je n’avais pas osé ouvrir, je composai une nouvelle image
Sans la faiblesse, le retrait, la défaite et la peur, je n’aurais jamais pu réalisé l’essentiel de ce que j’ai fait
novembre 2nd, 2009 at 11:09
en plus de ça la mère Erato se contredit, elle te reproche quoi au juste? d’être contemplatif et poète? La même chose que ton bonhomme Orcian s’était vu reprocher par sa grosse et pourtant on vient te dire que ce sont là des clichés de miso pour t’ encenser ensuite le « battant » et mépriser le saturnisme du rêveur mélancolique et inquiet. Au diable les bonnes femmes avec leur cervelle de girouette qui tourne à tout vent, ton personnage a eu bien raison d’envoyer chier la sienne!!!!
novembre 2nd, 2009 at 4:00
novembre 2nd, 2009 at 5:09
novembre 2nd, 2009 at 6:21
!?!?!?!?!?!?!
Et ça veut dire quoi ?!?!?!
On se connïtrait toi et moi?
Tu en sais quoi de la façon dont je traite les femmes ?
Moi je prétendrais peut-être savoir ce qui se passe dans ton slip ?
novembre 2nd, 2009 at 6:48
Brisons là s’il vous plaît.
Vous m’éreintez les tympans et m’empêchez de réfléchir à la suite de mon histoire.
novembre 2nd, 2009 at 9:36
Eh ben mais qu’est ce qui t’empêche de l’écrire ton histoire, t’as qu’à en faire un billet et tu l’écris une fois pour toute, tu commences toujours par raconter un truc et tu n’achèves pas, ta BD ne dépasse pas la première page, après ça tu nous fait une espèce de récit onirique continuellement interrompu par des digressions où des gens viennent s’engueuler pour des conneries, à quoi rime tout ça ?
novembre 2nd, 2009 at 10:50
C ‘est la loi de l’interactivité, je ne peux pas vraiment savoir à l’avance comment va évoluer mon histoire puisque je ne peux prévoir comment vont réagir les visiteurs qui apportent leurs commentaires. Je te rappelle qu’il s’agit d’une création collective où l’auteur fabrique une histoire en collaboration avec ses lecteurs, je crois que ça ne s’est encore jamais vu
novembre 2nd, 2009 at 11:29
ça ne s’est peut-être jamais vu mais ce n’est franchement pas convaincant. En comptant sur l’apport imprévu de tes lecteurs, la trame de ton récit se brise et bifurque vers des choses qui à la limite n’ont plus aucun rapport avec l’histoire que tu racontes, les propos d’Erato ou ceux de Thierry arrivent par exemple comme un cheveu sur la soupe, l’ensemble devient chaotique, désordonné, autrement dit tu n’aboutis ainsi qu’à produire un récit raté.
novembre 2nd, 2009 at 11:52
» Eloge du ratage »
novembre 3rd, 2009 at 12:04
Une oeuvre ?
et qui donc accepterait de publier un truc pareil ?!?!?!?!?
novembre 3rd, 2009 at 12:32
novembre 3rd, 2009 at 11:57
à vouloir rater quelquer chose, tu ne fais que basculer dans la bouffonnerie pure et simple.
novembre 4th, 2009 at 4:43
La bouffonnerie offre toujours de meilleures chances pour de nouveaux points de départ
Un tableau du XVIème
Connut sa version bouffonne au XIXème
Laquelle connut à son tour sa propre version bouffonne au XXème
Sur le plan littéraire les meilleures innovations ne furent souvent que des bouffonneries,
Don Quichotte et le roman picaresque sont des bouffonneries de Chrétien de Troyes
Rabelais, une bouffonnerie des mythologies grecques et nordiques,
Jarry et Ionesco, une bouffonnerie de Shakespeare,
Bouvard et Pécuchet une bouffonnerie des encyclopédistes
Julien Sorel, une bouffonnerie de Napoléon,
Joyce, une bouffonnerie d’Homère,
Swift idem
Micromegas , une bouffonnerie de Swift
Candide , une bouffonnerie de Leibniz
Beckett, une bouffonnerie de Pascal,
Robbe-Grillet, une bouffonnerie de roman policier,
Les chants de Maldoror, une bouffonnerie de romantisme,
Nodier une bouffonnerie de Sterne,
Furetière, une bouffonnerie de Virgile etc, etc,
le genre romanesque dans ses meilleurs moment n’est finalement qu’une bouffonnerie du genre tragique, pourquoi en ce cas un blog ne pourrait-il pas offrir une bouffonnerie du genre romanesque ?
novembre 4th, 2009 at 11:09
Ok ! Ok ! tu prétends donc écrire un nouveau type de genre littéraire, quoique moi aussi je ne sois pas franchement convaincu, le problème est que tu ne joues pas le jeu, tu affirmes vouloir construire une œuvre avec la collaboration de tes lecteurs et pourtant tu ne tiens aucun compte de leurs suggestions, le plan de ton histoire, tu l’as déjà en tête, ce n’est qu’une narration interrompue par nos interventions qui n’en font pas dévier le cours. A mon avis, ça ne révolutionne pas grand chose, si ce n’est d’alourdir inutilement un récit qui est déjà beaucoup trop encombré d’images.
novembre 4th, 2009 at 11:54
Dimanche dernier, jour de la Toussaint, je me trouvais dans la galerie où j’expose actuellement
J’étais seul, mon nez collée à la vitre perlée de pluie. Le gris du ciel s’assombrissait, des lumière s’allumaient ça et là, jetant leur reflet sur la chaussée trempée. Un bruit me fit soudain me retourner et j’eus la surprise de voir une femme regardant l’une des photos exposées.
Elle même se retournât comme je m’avançais vers elle. Le regard mi-douloureux mi-hostile qu’elle posait maintenant sur moi me causait un embarras dont je tentai de sortir en balbutiant quelques mots insipides
- Je ..Je suis l’auteur, enfin, je veux dire, l’auteur des photos…
- Et moi , je suis Mme Orcian
Son regard était fatigué et pourtant j’avais peine à le soutenir.
Ne sachant où poser les yeux, je regardais la pointe de mes pieds.
- Je…je vous ai attendu l’autre soir
- Je suis venu, vous n’étiez pas là
- Je vous ai attendu jusqu’ à minuit et vous n’êtes pas venu. Vous étiez à ce que j’ai compris son ami, je.. j’aurais tant voulu… enfin ..que nous parlions un peu de lui., enfin.surtout.. de ses derniers jours….
- Mais je vous dis que je suis venu ! J ‘ai trouvé la porte ouverte,
j’ai sonné, je me suis même permis d’entrer et..et vous n’étiez pas là
La fatigue de son regard avait brusquement disparu et l’étonnement agrandissait ses yeux incrédules.
D’ailleurs- ajoutai-je- je…je .. enfin, excusez moi mais, vous avez bien dû remarquer que cette image que vous regardez avec tant d ‘insistance, enfin sur la droite, vous avez dû voir que j’ai placé votre porte…
… je me suis…heu…. permis de la prendre en photo… je vous prie d’excuser..enfin.. je sais… c’est indélicat de ma part… ça peut vous paraître bizarre, mais enfin, quand une chose me fascine, c’est plus fort que moi et cette porte au fond du couloir, je n’ai pu m’empêcher de la prendre en photo.
Elle sembla d’abord jeter autour d’elle un regard éperdu et puis posant de nouveau sur moi ses grands yeux écarquillés, elle tourna lentement la tête de droite à gauche
- je ..je ..je ne comprends pas. Quel couloir ? quelle porte ?
- Mais.. Cette porte..C’est bien chez vous ?
- Absolument pas, je ne vois pas de quoi vous parlez
- Cette porte ? Ce n’est donc pas chez vous ?
- Mais non !
- Mais alors quelle est cette porte? Et où suis-je donc entré?
- Je ne sais pas- répondit-elle- avec une lueur d’affolement dans les yeux
novembre 5th, 2009 at 7:51
c’est bien ce que je dis ! tu ne joues pas le jeu puisque tu ne tiens pas compte de nos suggestions
novembre 5th, 2009 at 10:51
Tu m’as suggéré de rencontrer la femme d’Orcian eh bien je l’ai rencontrée
Erato m’a suggéré d’affiner sa psychologie, de la rendre plus humaine, plus subtile, eh bien c’est ce que je tente de faire
novembre 5th, 2009 at 4:58
Moi je te répète que ton histoire je la trouve fade, si tu veux faire dans l’onirique d’accord mais alors faut rehausser ça avec un peu plus de piment !
novembre 5th, 2009 at 6:17
Ah ! tu vas pas encore me les gonfler avec Lovecraft et Cthuluh
Il me semble avoir déjà dit dans un précédent billet,
http://falcophil.info/blog/esthetique-de-lebranlement/
ce que je pensais de ce genre d’imagination
novembre 5th, 2009 at 6:27
Tu pourras toujours dire ce que tu veux mais ce que tu fais là ne ressemble à rien, pour construire une histoire, rien de mieux que les bonnes vieilles méthodes, celle de Balzac, de Flaubert, de Maupassant, de Zola, de Simenon,on n’a pas encore fait mieux…
novembre 5th, 2009 at 7:01
Ce qui ne ressemble à rien, synonyme d ‘originalité.
Avant l’invention de l’imprimerie, prédominaient des formes comme la poésie, le théâtre, le sermon, parce que les livres étant rares la littérature était surtout destinée à être entendue, par la déclamation, le chant ou la récitation. Puis vint l’imprimerie, les livres se répandirent et la littérature fut de plus en plus destinée à être lue de sorte que s’imposa progressivement un genre nouveau, le roman. (Invention de l’imprimerie : 1450, Pantagruel et Gargantua, premiers grands romans modernes en prose, vers 1530).
Il est donc légitime de se demander si une révolution technique comme Internet n’ entraînera pas, à son tour, de nouveaux genres littéraires. La technique du blog en fait peut-être partie. Il y a 4 siècles , on n’était pas considéré comme un véritable écrivain si l’on n’avait pas écrit sa tragédie, c’est pourtant un roman, Don Quichotte, qu’on lit encore, plus aucune tragédie de l’époque n’étant lue de nos jours. Aujourd’hui, on n’est pas considéré comme un écrivain si l’on n’a pas écrit un roman, certainement que dans 4 siècles, on ne lira aucun des romans qui se fabriquent de nos jours, peut-être lira t-on encore quelques blogs….
novembre 5th, 2009 at 10:18
Ce que tu seras dans 4 siècles est donc si important à tes yeux ?.
novembre 5th, 2009 at 10:45
Que dis-tu?
Je n’ai pas fais attention.
novembre 5th, 2009 at 11:10
novembre 5th, 2009 at 11:25
novembre 5th, 2009 at 11:48
Vous ne vous sentez pas un peu seul, là haut ?
novembre 6th, 2009 at 12:17
Effrayé surtout.
Je préfère redescendre.
Et puis me rassurer avec vous en continuant notre petite histoire.
novembre 6th, 2009 at 12:43
Je vous suis gré d’avoir voulu rendre plus humaine la femme d’Orcian !
novembre 6th, 2009 at 2:50
Oh, mais de rien, Xanthippe la mégère, c’est en effet une légende, Platon rapporte d’ailleurs qu’elle pleurait pendant que Socrate buvait la ciguë.
novembre 6th, 2009 at 3:47
Et Mme Orcian, a t’elle pleuré ?
novembre 7th, 2009 at 6:34
Nous sortîmes de la galerie et nous allâmes dans un bar situé non loin. Je lui remis la dernière photo prise de feu son époux, peu de temps avant sa mort.
Elle demanda où cela avait été pris et comme je le lui indiquai, elle répondit que c’était un endroit où ils allaient souvent se promener, autrefois, il y avait bien longtemps.
Alors elle se leva et se dirigea vers la vitre où la pluie dessinait des larmes. Elle les regardait zigzaguer tandis que son dos était agité de brèves secousses. Puis elle revint s’asseoir, ses yeux étaient rouges et brillants. Ensuite elle sortit de son sac un paquet qu’ elle me remît. Je crus l’entendre me parler d’un livre retrouvé dans les affaires laissées par son mari mais j’écoutais à peine, je ne vis que son doigt posé sur la vignette indiquant que l’ouvrage m’appartenait
novembre 7th, 2009 at 8:44
Le peu d’alcool que j’avais pris m ‘avait rapidement fait tourner la tête. Sa voiture filait dans les lumières mouillées. Je voulus prendre quelque photos mais je ne pus régler mon appareil,
je dus somnoler, je sentis un bras qui me soutenait et je me retrouvai alors quelque part, je ne saurais dire où. Sans doute chez-elle. C’était sans rapport avec ce lieu inconnu que j’avais d’abord pris pour son domicile.
Cela ressemblait plutôt à ceci.
novembre 8th, 2009 at 10:39
Et après ? On attend la suite…..
novembre 8th, 2009 at 12:00
Mais fais donc travailler ton imagination! Je te rappelle que c’est un travail collectif !
novembre 8th, 2009 at 3:20
Etais je vraiment chez Mme Orcian?
Dans les vapeurs de l’alcool , je vis d’abord, accompagnée de quelques notes de clavecin
une bâtisseuse, elle construisait des villes, imaginait des routes, des réseaux d’ arborescences, des tissus serrés d’embranchement où fusionnaient les mathématiques et les nuages, la géométrie et l’orgasme, la planification et l’oiseau
elle me montra ce qu’elle avait réalisé
elle me parla de ce qu’elle aurait voulu faire,
tout en s’approchant de moi, tandis que son parfun achevait le travail de l’ ébriété, je croyais planer dans un futur où je voyais d’interminables vues aériennes
de nuits sans fin enrobant de lumière,
d’électriques langueurs
novembre 8th, 2009 at 5:31
où n’en finissaient plus les préliminaires
novembre 8th, 2009 at 8:18
novembre 8th, 2009 at 8:44
C’est vous qui m’avez provoqué!
novembre 8th, 2009 at 9:19
Je voulais seulement stimuler l’organe poétique, pas le physiologique !
novembre 8th, 2009 at 9:45
s’offrirent à mes yeux des contrées vues du ciel
où rien n’était prévu pour l ‘habitat, tout n’étant que passage
bifurcations, aiguillages, virages, échangeurs, conductions,
on n’était pas là pour se promener mais pour se déplacer
chaque point d’arrivée se trouvait contourné comme un obstacle
nul n’avait sa demeure mais chacun avait son moteur
Les habitants étaient invisibles, leur position trop rapide n’étant captée que par la probabilité, le théorème, et l’équation
L’arbre était banni car la verticale inutile
La planéité seule assurant la meilleure des combinaisons et des mises en réseau
Me furent montrés des projets de continent
où les éclats de métal figuraient l’emplacement de chaque peuple
Me fut montré un projet d ‘univers
Où le mort était vaincue par l ‘ antivirus
où les questions trouvaient leur réponse
Par la position programmée des étoiles
Tout en me parlant de son travail, elle avait continué de se dévêtir, avec la plus extrême lenteur jusqu’à ce qu’elle m’apparût ainsi
Alors , je m’approchai d’elle….
novembre 8th, 2009 at 10:09
Ouhaiiis!!!!!!!,Assez de baratin!… finies les conneries ! Là on arrive à l’essentiel.
Ah, On peut dire que toi t ‘es plutôt lent à conclure!!!!
Maintenant explique un peu.
Tu vas donc sortir ton bracquemart
Et Après ?
La position. ?
Prise en levrette ?
Missionnaire?
Avec images à l’appui si possible!!!
novembre 8th, 2009 at 10:17
novembre 8th, 2009 at 10:46
Je m’avançai donc vers elle,
j’allongeai le bras pour la toucher et ce fut alors que…
… d’un bond elle m’échappa et se mit à tournoyer, ainsi:
novembre 8th, 2009 at 11:33
Et tu l’as même pas enfilée ?!?!?!?!?
Une si belle petite paire de seins, un si beau petit cul et tu laisses passer ça !!!!!!!!
MINABLE !!!!!!!!!!!
novembre 9th, 2009 at 7:53
J’étais incapable du moindre geste, cloué sur place, littéralement:
hypnotisé
novembre 9th, 2009 at 11:40
Sur le plan expérimental, ce que tu fais là était intéressant à tenter. Dommage que les interventions stupidement paillardes de Thierry viennent rompre le charme onirique de l’histoire !
Breton, Eluard, Péret, Soupault, Desnos, ces gens là pouvaient s’adonner à ce genre de jeu parce qu’ils étaient entre personnes de bonne compagnie, toi tu n’as malheureusement pas de bonnes fréquentations, de sorte qu ‘ici le cadavre exquis ne boit plus du vin nouveau mais, hélas, du vin qui tourne au vinaigre.
novembre 9th, 2009 at 12:42
Nous pouvons donc proposer une nouvelle formule:
» Le cadavre exquis fut avorté, après avoir bu son vin nouveau, il demanda du vinaigre pour se rafraîchir les lèvres… »
novembre 9th, 2009 at 5:52
Les interventions de Thierry sont loins d’être stupides, bien au contraire
on a déjà fait une brève allusion à ce qu ‘un certain philosophe
disait des femmes, ce qui doit être rapproché de ce qu’il disait par ailleurs de l’amour et des rêveries de poète qui s’y rapportent.
Face à une telle entreprise de lucidité, on se demande qui est le crétin, Est-ce Thierry? ou ne serait-ce pas plutôt le poète ?
novembre 10th, 2009 at 3:58
Bon, le poète est sans doute un crétin, mais il attend tout de même que vous l’aidiez à continuer son histoire.
novembre 11th, 2009 at 10:25
Bah, apparemment, elle n’interesse personne ton histoire, il est vrai qu’en ce qui me concerne, je n’ai toujours pas compris l’intérêt de cette parodie de surréalisme.
novembre 4th, 2010 at 9:33
Très cher ami,
N’ayant aucune prédilection pour la réussite, je n’en ai pas davantage pour le ratage surtout quand il mêle avec une très grande vulgarité, le potage, les rats et l’éloge, le tout sans joie et sans précision. Soyez donc aimable de me retirer de votre blog « Locus soli », « éloge du ratage » titre emprunté à un ouvrage amusant et circonstanciel paru il ya quelques années.
Bien à vous
O.le Bars
novembre 6th, 2010 at 4:37
Le titre du blog est « Solus Soli » et non « Locus soli », vous confondez, me semble t-il, le latin liturgique avec celui de Raymond Roussel mais ce n »‘est pas grave
Merci de votre profonde intervention qui a si bien saisi l’esprit de ma démarche
Tout cela est sans joie mais heureusement, vous êtes intervenu pour apporter un peu de gaieté
Et pour vous prouver que je ne vous en veux pas de l ‘intention à visée inutilement humiliante et blessante qui vous animait , j’invite l’éventuel lecteur à visiter votre galerie,
http://www.galeriepascalgabert.com/olivier-le-bars.html
l’extrême profondeur de vos propos
ayant besoin d’être complétée par la qualité de votre peinture.
Très affectueusement, en souvenir d’un professeur d’histoire de l’art dont les cours passionnants
m’ont donné cette aptitude au « potage » ainsi qu’au coq à l’ âne.