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	<title>*******SOLUS SOLI******* &#187; Uncategorized</title>
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	<description>Philippe Falcone&#039;s blog</description>
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		<title>SUR MON CATAMARAN par Cristina</title>
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		<pubDate>Sat, 14 Aug 2010 12:44:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Falcophil</dc:creator>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>

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		<description><![CDATA[J&#8217;ai  souhaité que Falcophil publie ce bref billet, commencé sur le catamaran qui me violente et me berce 
 
pour réagir à son article de la fois dernière, dépréciant le rire, méprisant la fête, ô combien siginificatif de cette virale obsession du monde à venir qui depuis trop longtemps nous embue, nous embrume et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/12/cristphot.jpg" alt="" title="cristphot" width="80" height="127" align left class="alignnone size-full wp-image-1420" /></a>J&#8217;ai  souhaité que Falcophil publie ce bref billet, commencé sur le catamaran qui me violente et me berce </p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/07/catam.jpg" alt="catam" title="catam" width="365" height="504" class="alignleft size-full wp-image-3974" /> </p>
<p>pour réagir à son article de la fois dernière, dépréciant le rire, méprisant la fête, ô combien siginificatif de cette virale obsession du monde à venir qui depuis trop longtemps nous embue, nous embrume et nous emboutit. D&#8217;abord, cet argument spécieux qui voudrait que </p>
<p><span id="more-4040"></span> </p>
<p>le rire gêne la pensée. Si nous admettons que l &#8216;authentique pensée nous libère des entraves d&#8217;un présent vu comme un champignon sur le tronc pourri d&#8217;un passé sacralisé parce que mangé de légende, alors le rire, le vrai, celui qui balaie le passé comme le présent,  n&#8217;est autre que la pensée qui fait son oeuvre. La pensée redresse ce qui est tordu, celui qui courbe l&#8217;échine est tordu et la déférence vous fait courber l&#8217;échine mais comme c&#8217;est le propre du rire que de ne pas s&#8217;encombrer de révérence, la pensée sera donc d&#8217;autant plus irrévérencieuse qu&#8217;elle sera riante. </p>
<p><a  href="http://www.rue-des-puzzles.be/prod/img5587.jpg" class="thickbox no_icon" rel="gallery-4040" title=""><img alt="" src="http://www.rue-des-puzzles.be/prod/img5587.jpg" class="alignnone" width="400" height="400" /></a> </p>
<p>Sachant qu&#8217;il n&#8217;existe à ma connaissance aucun philosophe qui nous fasse franchement rire, j&#8217;en déduis qu&#8217;il n&#8217;en existe à mes yeux aucun dont la pensée nous rende vraiment libre. Tout au plus accorderais-je du crédit au chien qui lève sa patte pour lancer son jet, me vantant d&#8217;être alors la chienne en chaleur aimant à se laisser couvrir par le mâle portant la meilleure des semences</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/07/img156.jpg" alt="img156" title="img156" width="549" height="503" class="alignleft size-full wp-image-4036" /><br />
<em>(Salvator Rosa)</em></p>
<p> Aristote/Aristophane, Descartes/Rabelais, un ruminant pour un rutilant. Le ruminant nous rend pareil à lui, non pas penseur mais pansu et je tronquerais sans peine le penseur qui nous alourdit la panse pour la non pensée du rire qui n&#8217;est que la vraie pensée qui panse. Celui donc qui ne sait pas rire ne sait pas penser puisque la pensée se trouve enchaînée quand c&#8217;est la gravité qui la mène. Et que vaut une pensée enchaînée ? Rien, une pensée enchaînée n&#8217;est pas une pensée. Une pensée qui prétend être une pensée, fût-ce une pensée libre n&#8217;est elle même qu&#8217;une pensée enchaînée, pensée qui se prétend pensée voulant imposer la déférence et qui donc est menée par cette gravité qui nous enchaîne. </p>
<p>La pensée, non-pensée, vous dit: &#8220;Rappelez -vous de moi&#8221;,</p>
<p> ainsi, coule t&#8217;elle sur vous comme une eau qui alourdit vos vêtements</p>
<p> La non-pensée, vraie pensée, rit de bon coeur et vous dit: &#8220;Oublie moi&#8221; </p>
<p>ainsi vos débarasse t-elle de vos guenilles et vous invite t-elle à bronzer nu sous le &#8220;high noon&#8221; du grand Sud. </p>
<p>Le vrai penseur n&#8217;a donc rien à vous apporter, il n&#8217;amène avec le rire que le vent qui vous caresse. Rire et connaître sont ainsi une seule et même chose, riant de ma connaissance, de ma prétendue connaissance, je me débarasse de mes pitoyables petites connaissances pour atteindre le  grand cosmos eternel de ma non -connaissance. Notre savoir est étriqué, notre ignorance est infinie et si je ris de mon savoir, c&#8217;est donc pour mieux jouir de mon ignorance afin de mieux plonger dans l&#8217;infini. </p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1292" title="karl_k_hnle_4" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/09/karl_k_hnle_4.jpg" alt="" width="500" height="428" /> </p>
<p>Mais bien sûr quand on vit sous l&#8217;égide du parangon paulinien de cette haine de la vie vous préconisant qu&#8217;il est bon de s&#8217;abstenir de la joie du touché suprême, que peut-on savoir de ces hasards des grands vents qui nous font accoster sur ces rivages</p>
<p> <img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/07/accos.jpg" alt="accos" title="accos" width="320" height="206" class="alignleft size-full wp-image-3976" /> </p>
<p>à l&#8217;heure où, sable, mer, ciel, tout est rire parce que sous la lumière qui darde à plomb, le pieu enfonçé bien en terre ne projette plus son double irréel. Le grand rire c&#8217;est l&#8217;heure où la grande brûlure du corps vous enseigne la pyrotechnie subtile vous permettant d&#8217;exploser pour mieux vous répandre et vous prodiguer en millions de gouttes de rosée,  l&#8217; heure où les anciennes visions </p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/07/img151.jpg" alt="img151" title="img151" width="540" height="676" class="alignleft size-full wp-image-4029" /><br />
<em>(Jérôme Bosch)</em></p>
<p>ne sont plus que vestiges pour flâneur amusé.</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/07/H.jpg" alt="H" title="H" width="599" height="804" class="alignleft size-full wp-image-4030" /></p>
<p> Je songe à ces morbides oiseaux de nuit aux ailes charbonneuses, au ventre pâle et mou, aimant à se masturber dans les ombres creusées par leur lumière factice. </p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/07/4d.jpg" alt="4d" title="4d" width="670" height="446" class="alignleft size-full wp-image-3984" /> </p>
<p>Il fut évoqué la fois dernière l&#8217;aspect anti-aristocratique du rire . Quelle ineptie! C&#8217;est au contraire le rire qui est olympien puisque consubstantiel à l &#8216;ébouissement de l&#8217;évidence irradiée par le plein soleil. Là nul mystère, cela est et donc, cela rit. </p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/07/plage_soleil.jpg" alt="plage_soleil" title="plage_soleil" width="218" height="250" class="alignleft size-full wp-image-3977" /> </p>
<p>Vous êtes à la fois puissant et langoureux, vous vous coulez dans cette paresse qui méprise ce travail dont les esclaves ont fait leur valeur cruciale tout en ayant cette force qui dédaigne le confort dont les mêmes ouailles ont fait leur consolation. Il fut aussi évoqué le satyre seul être représenté rieur parce qu&#8217;être impudique. Moi je ne respecte que ceux qui s&#8217;astiquent en public. Indécence et bonne santé se complètent car l&#8217;impudeur crève l&#8217;abcès. Ce qui se fait en cachette se fait dans la honte et ce qui se fait dans la honte vous empoisonne la vie et votre vie empoisonnée,  tôt ou tard viendra empoisonner la notre. Quand à celui qui rit, on oppose ce genre d&#8217;image</p>
<p> <img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/04/img145.jpg" alt="img145" title="img145" width="500" height="728" class="alignleft size-full wp-image-4010" /></p>
<p> moi j&#8217; oppose alors les fesses d&#8217;un Gargantua s&#8217;écartant pour lâcher sa vesse. Les fonction fécales n&#8217;étant que les fonctions vitales, nous leur accorderons en ce cas d&#8217;être avec l&#8217;éjaculation et le rire, vecteur de la vraie connaissance. Certains professent cette idée curieuse suivant laquelle connaître c&#8217;est se fermer pour se diriger vers des choses encore plus fermées, de sorte que pour eux, sujet et objet du connaître sont comme l&#8217;huitre plaquée sur son rocher. Faîte l&#8217;expérience, un soir, de déposer sur l&#8217;herbe fraîche une glace reflettant un pan du ciel noir. Allez chercher le lendemain matin votre glace, et vous aurez alors la désagréable surprise de la retrouver couverte d&#8217;escargots. Je m&#8217;amuse souvent à ce jeu. Certes non sans dégoût je dois décoller un à un les mollusques fixés au miroir mais ensuite, intense est le plaisir , tout en le voyant de nouveau refleter le bleu du ciel, de sentir les coquille se briser sous mon talon. Connaître est pour nous ce qui se brise, </p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1758" title="p1060440a" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/07/p1060440a.jpg" alt="" width="580" height="770" /> </p>
<p>ce qui éclate, part en lambeaux pour se recomposer dans un grand tout qui se brise à son tour. Nous ne cherchons pas la vérité au fond d&#8217;un puit car nous avons le dégoût de ce qui est humide et sent la pénombre. Nous préférons allez chercher la connaissance au coeur de la grande bouffonnerie cosmique, là où les étoiles qui naissent et meurent sont comme des pantins tirés par les fils d&#8217;un dieu qui déconne. On me reprochera de vouloir être une marionnette mais pourquoi ne me plairait-il pas d&#8217;être une marionnette ? La vie se fiche de nos pensées, nous le savons et c&#8217;est pourquoi abonder en pensée c&#8217;est croître en douleur. Que l&#8217;on abandonne toute pensée alors notre philosophie ne se figera plus dans le prétentieux boulet d&#8217;un livre ou d&#8217;un système mais se fondera dans l &#8216;immense rire de l&#8217;écoulement de tout ce qui vit. Être ballotée ça et là, comme la feuille par le vent d&#8217;automne, tombée de son attache en compagnie du fruit mûr, emportée </p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/07/Vent-feuilles.jpg" alt="Vent feuilles" title="Vent feuilles" width="500" height="375" class="alignleft size-full wp-image-3993" /> </p>
<p>par les seules lois du hasard ou du non-sens des vastes enchaînements sidéraux, me paraît infiniment plus séduisant que de se triturer le cervelle pour ces pauves choses que l&#8217;on appelle des idées; être la créature d&#8217;un démiurge fou et farceur, d&#8217;un auteur qui méprise la tragédie mais ne prise que le vaudeville stupide et gai où se succèdent les cocuages et les quiproquos, les portes qui claquent et les coups de vent, voilà qui me semble bien mieux qu&#8217;un triste monologue où l&#8217;on prétend trouver une fumée de zombie programmant le monde par une quelconque poussière mathématique.</p>
<p>Cristina</p>
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		<title>Sur le rire et sur le reste&#8230;.</title>
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		<pubDate>Thu, 13 May 2010 14:31:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Falcophil</dc:creator>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>

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		<description><![CDATA[J&#8217;avais donc promis une réponse à Clash qui la fois dernière s&#8217;était permis de me reprocher d&#8217; être dépourvu de la grande qualité du rire, ce qui selon lui ne pourrait que traduire un autre type de déficience. Entendons nous bien, je n&#8217;ai aucune hostilité de principe à l&#8217;égard de l&#8217;humour dans lequel je verrais [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>J&#8217;avais donc promis une réponse à Clash qui <a  href="http://falcophil.info/blog/interlude-par-sophie/#comment-3115">la fois dernière s&#8217;était permis de me reprocher d&#8217; être dépourvu de la grande qualité du rire, ce qui selon lui ne pourrait que traduire un autre type de déficience</a>. Entendons nous bien, je n&#8217;ai aucune hostilité de principe à l&#8217;égard de l&#8217;humour dans lequel je verrais plutôt moi aussi le pudique refuge de quiconque refuse d&#8217;étaler l&#8217;incongruité du ton geignard. Si toutefois l&#8217;intervention de Clash mettait les zygomatiques en rapport avec le bas ventre,</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/05/p103007.jpeg" alt="p103007" title="p103007" width="390" height="530" class="alignleft size-full wp-image-4012" /></p>
<p>je note également qu&#8217;une</p>
<p><span id="more-3892"></span></p>
<p>feuille de chou récente les place quant à elle en rapport avec le porte- monnaie</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3832" title="img133" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/04/img133.jpg" alt="img133" width="300" height="436" /></p>
<p>Sexe , argent et rire, nous aurions donc ici la sainte trinité du monde moderne, tout cela ne faisant quoiqu &#8216;il en soit que confirmer ma méfiance envers le rire qui n&#8217;est trop souvent que manifestation de trivialité, de superficialité , d&#8217;esprit grégaire et de sécheresse du coeur.</p>
<p>Un individu tel que Clash démontrerait en tout cas que l&#8217;on rira d&#8217;autant moins que l&#8217;on se hissera vers les émotions les plus fines et d&#8217;autant plus que l&#8217;on descendera vers les sensations les plus grossières.</p>
<p>C&#8217;est essentiellement cet aspect dégradant du rire que veut exprimer cette oeuvre de Jacques Mauduit,</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/05/p103007a.jpeg" alt="p103007a" title="p103007a" width="621" height="800" class="alignleft size-full wp-image-4014" /><br />
<em>(Jacques MAUDUIT, crucifixion, 1940)</em></p>
<p>Ici, le rire relève de la bêtise et du caractère impitoyable du groupe parce que c&#8217;est toujours en groupe que l &#8216;on rit et la plupart du temps, au détriment de l&#8217;homme seul dont la souffrance laisse indifférent.<br />
Spinoza disait : &#8220;Ne pas rire, ne pas se moquer mais comprendre&#8221;. Il y a donc de la paresse et de la déliquescence dans le rire qui est au rebours de l&#8217;effort intellectuel, un peu comme la différence séparant la pente sur laquelle on se laisse glisser de la falaise que l&#8217;on escaclade. On rit d&#8217;autant plus que l&#8217;on ne comprend rien et que l&#8217;on ne veut pas fournir le moindre effort pour essayer de comprendre, Aristophane et d&#8217;autres poètes comiques grecs riaient ainsi de Socrate parce qu&#8217;ils ne faisaient que reprendre les préjugés que le conformisme ambiant nourrissait sur le penseur, tout comme aujourd&#8217;hui de médiocres esprits se gausseront d&#8217;un homme</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3817" title="Ben" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/04/Ben.jpg" alt="Ben" width="600" height="503" /></p>
<p>dans la mesure où précisément, ils ne comprendront rien à la subtilité de son discours.</p>
<p>Mais au delà de cette bétise et ignorance que le rire traîne à sa suite, ce que nous voudrions ici souligner c&#8217;est d&#8217;une part, son aspect anti-aristocratique et, par ailleurs, son caractère de simulacre.</p>
<p>Concernant le caractère anti-aristocratique du rire, il suffira de proposer un bref survol de l&#8217;histoire de l&#8217;art, en nous demandant tout d&#8217;abord à quel moment les artistes ont commencé à s&#8217;interesser au rire.</p>
<p>Dans la statuaire grecque ont ne rit jamais</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3478" title="img111" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/03/img111.jpg" alt="img111" width="650" height="1017" /></p>
<p>sauf peut être quand on est un satyre</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3341" title="1" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/03/1.jpg" alt="1" width="436" height="587" /></p>
<p>autrement dit, un être impudique et vil. De même, dans l&#8217;art chrétien, c&#8217;est en enfer que l&#8217;on rit, les anges eux sont dignes et solennels.</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3479" title="img112" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/03/img112.jpg" alt="img112" width="421" height="654" /><br />
<em>(Van Eyck: polyptyque de Gand)</em></p>
<p>Rappelons au passage que s &#8216;il est effectivement dit dans les béattitudes &#8220;Heureux vous qui pleurez maintenant car vous rirez plus tard&#8221;, il s&#8217;agit cependant d&#8217;un rire surnaturel, impossible à représenter parce que sans aucun rapport avec le rire de l&#8217; &#8216;ici bas dont la cause procèdera surtout de la surexitation nerveuse, du tremblement frénétique, de la distraction frivole, de l&#8217;à priori imbécile ou encore du plaisir de rabaisser autrui pour mieux oublier la nécessité de se corriger soi-même. Le texte de saint Luc ajoute d&#8217;ailleurs, &#8220;Malheur à vous qui riez maintenant car vous serez dans le deuil et dans les larmes &#8220;. C&#8217;est pourquoi le péché sera représenté par les faces ricanantes entourant le Christ aux outrages</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3350" title="bosch" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/03/bosch.jpg" alt="bosch" width="630" height="527" /><br />
<em>(Jérôme Bosch: chemin de croix) </em></p>
<p>lequel demeure bouche fermée, tout comme il ne répondait rien à Hérode lui demandant qu&#8217;il s&#8217; exhibât comme un phénomène de foire. Un athlète grec</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3572" title="img119" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/03/img119.jpg" alt="img119" width="600" height="679" /><br />
<em>(Lysippe: l&#8217;Agias de Pharsale)</em></p>
<p>porte cette même gravité que l&#8217; on retrouve dans les figures grandioses et sereines des christs pantocrator,</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3458" title="img107" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/03/img107.jpg" alt="img107" width="595" height="813" /><br />
(Christ pantocrator: Cefalù, cathédrale)</p>
<p>imprimant au visage ce scellement qui tel un écrin enveloppe les profondeurs du soi. Ce fut une question dont débatirent certains théologiens que de savoir si le Christ riait. La réponse était en général négative, il n&#8217; était ni triste, ni gai mais certainement qu&#8217;il souriait. De fait, une divinité grecque ou une madone et son enfant pourront tout au plus sourire mais rire, jamais et s&#8217;il existe certes des bouddhas riants</p>
<p><a  href="http://www.vetement-indien.fr/images/DAR%20Happi%20Bouddha%20modele%20moyen.jpg" class="thickbox no_icon" rel="gallery-3892" title=""><img class="alignnone" src="http://www.vetement-indien.fr/images/DAR%20Happi%20Bouddha%20modele%20moyen.jpg" alt="" width="640" height="480" /></a></p>
<p>ils me font personnellement davantage l&#8217;effet de gros imbéciles que de véritables sages.</p>
<p>Il semble donc bien qu &#8216;en principe, les sociétés traditionnelles, d&#8217;essence aristocratique, sacerdotale et liturgique ne voyaient qu&#8217;avec mépris l&#8217;image de l&#8217;homme riant. En application de la dichtomie de Wollflin, forme fermée forme ouverte, on pourrait dire que le rire rebute le classique parce que celui-ci veut maintenir l&#8217;intériorité par la solidité de la forme, alors qu&#8217;il attirerait plutôt le baroque qui veut délaisser l&#8217;intériorité pour dissoudre la densité de l&#8217;être dans le magma de l&#8217;expression. C &#8216;est par le recul de l&#8217;esprit sacré et par l &#8216;avancée du monde profane et bourgeois que l&#8217;on commence à percevoir le rire comme digne sujet d &#8216;une oeuvre d&#8217;art, ce qui explique pourquoi l&#8217;on voit, à partir du XVIIème siècle, c&#8217;est à dire l&#8217;époque baroque, émerger ce type d&#8217;oeuvre où la forme tend à se relâcher</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3460" title="img106" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/03/img106.jpg" alt="img106" width="600" height="763" /><br />
<em>(Rembrand)t</em></p>
<p>ou sinon à s&#8217;ouvrir d&#8217;une béance tapageuse d&#8217;où suinte une humeur sale,</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3342" title="2" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/03/2.jpg" alt="2" width="601" height="556" /><br />
<em>(Velasquez: &#8220;les ivrognes&#8221;)</em></p>
<p>comme un anus qui se fend pour déféquer.</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3561" title="img115" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/03/img115.jpg" alt="img115" width="600" height="530" /><br />
<em>(Adriaen Brouwer)</em></p>
<p>Mettre en effet le rire en rapport avec le profane et le trivial ne peut éviter de le relier au fécal en ce qu&#8217;il porte frequemment avec lui vent méphitique et coprophilie,</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3461" title="img104" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/03/img104.jpg" alt="img104" width="600" height="826" /><br />
<em>(Reiser: &#8220;Gros dégueulasse&#8221;)</em></p>
<p>rien de plus normal, rire soulage de ce qui pèse sur le coeur comme déféquer libère ce qui oppresse le bas-ventre.</p>
<p><img id="image550" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2007/09/img540.jpg" alt="img540.jpg" width="546" height="800" /></p>
<p>Il n&#8217;est que de rappeler qu&#8217;après la mort du dernier grand tragique grec, le scatologique s&#8217;impose sur la scène au travers d&#8217;Aristophane. Sur le plan plastique, c&#8217;en est alors fini de ces grandes oeuvres sculpturales où le grec excellait dans la quiétude virile de la mesure. Bornons-nous pour l&#8217;instant à constater que lorsque triomphe le rire au théâtre grec, la statuaire héllène donne la sensation de l&#8217; instable et du gracile avec Praxitèle tout comme elle deviendra expressive et tourmentée à partir de Scopas,</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3558" title="Scopas" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/03/Scopas.jpg" alt="Scopas" width="660" height="537" /></p>
<p>Nous avons dit que la thématique du rire come sujet en soi s&#8217;impose au XVII ème siècle, pour la peinture du moins car il faut rappeler qu&#8217;au siècle précédent Rabelais en faisait le propre de l&#8217; homme ainsi que la matière même de son oeuvre. On connait toutefois les défauts de l&#8217;écrivain, manque de mesure et de retenue allant de paire avec un relâchement des sphincters, raison supplémentaire pour se méfier du rire du fait de ces risques fréquents d&#8217; écoulements malséants accompagnant l&#8217;élasticité faciale. Qu&#8217;est ce en fait qu&#8217;un visage hilare ? Un dessinateur réputé pour son rire bruyant l&#8217;a très bien exprimé dans ce portrait</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3463" title="img108" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/03/img108.jpg" alt="img108" width="332" height="457" /><br />
<em>(Roland Topor)</em></p>
<p>Un rictus, une figure qui se crevasse, des rides qui se forment, des yeux exorbités ou plissés, bref un ensemble qui perd de sa cohésion et qui manifeste quelques prémisses de désagrégation. Le rire est proche de la décomposition, rire c&#8217;est montrer ses dents et montrer ses dents c&#8217;est déjà faire voir un petit bout de son squelette, une tête de mort semble figée dans un rire perpétuel,</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3280" title="Hirst" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/02/Hirst.jpg" alt="Hirst" width="320" height="430" /><br />
<em>(Damien Hirst)</em></p>
<p>pas étonnnant donc que Rembrandt se représente riant à la veille de sa mort , entre le jeune homme ardent et fier et le vieillard ratatiné, revenu de tout,</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3464" title="bbb" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/03/bbb.jpg" alt="bbb" width="670" height="424" /></p>
<p>nous trouverons, là encore, la différence séparant la noblesse de la caricature. On pourrait de fait établir des relations entre rire, décomposition et caricature. On comprendra mieux alors pourquoi le XVIème siècle qui au travers de Rabelais place le rire au centre de la vie est aussi celui qui au travers de Leonard de Vinci invente la caricature.</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3465" title="img102" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/03/img102.jpg" alt="img102" width="576" height="833" /></p>
<p>Si l&#8217;on atteind le pinacle du sublime avec Léonard, c&#8217;est encore avec lui que semble s&#8217;amorcer la descente par la &#8220;profanation du visage &#8220;selon l&#8217;heureuse formule de René Huyghe. Car il s&#8217;agit bien ici de passer du sacré au profane et par le profane de se laisser glisser vers toujours plus de rire et donc vers toujours plus de laideur et de trivial. Déjà au Moyen-Age le peuple parodiait les rites par les charivaris et autres simulacres de cérémonie sacrée où la merde remplaçait l&#8217;encens. Une évolution plus radicale s&#8217;opère alors avec Rabelais</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3472" title="rabelais" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/03/rabelais.jpg" alt="rabelais" width="411" height="512" /></p>
<p>car ce qui n&#8217;était jusqu&#8217;à maintenant que défoulement passager ou symbolique du repoussoir sera systématisé dans une oeuvre. Chez Rabelais, la pisse, la vesse et la merde sont revendiqués comme droit au libre épanouissement et l&#8217;on commence alors à se détourner de l&#8217;abîme du divin pour lui préférer les délices de l&#8217;orifice anal. Aux propos &#8220;torcheculatifs&#8221; d&#8217;un Pantagruel, répond un siècle après l&#8217;art de la flatulence exposée dans le &#8220;Simplicius Simplicissmus&#8221; de Grimmelhausen. C &#8216;est qu&#8217;au XVII ème le trivial semble se défouler comme jamais et, avec lui, l&#8217;inévitable parodie. Telle sera en particulier la vogue picaresque où le vaurien remplace le chevalier, les combats d&#8217;épée devenant des bastonnades, la noble dame une fille de joie et le Saint-Graal n étant plus qu&#8217;un pichet de vin. Le portrait de ce médecin examinant de l &#8216;urine</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3292" title="Visite" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/02/Visite.jpg" alt="Visite" width="448" height="582" /><br />
<em>(Gabriel Metsu)</em></p>
<p>est donc bien représentatif de ces temps nouveaux où la science fait chuter la connaissance vers une extériorité de niveau inférieure.</p>
<p>L&#8217;importance croissante accordée au rire est donc proportionnelle à la montée du profane, profane conquérant ou pour le dire autrement, au triomphe de la vulgarité. Cette contamination du monde par le profane sera en rapport inverse avec le retrait de son antithèse, le sacré liturgique et sacerdotal ainsi que de l&#8217; aristocratisme qui l&#8217;accompagne. Sur ce point, si les temps modernes naissent en bonne partie avec Rabelais, ils auront, de façon plus importante encore, leur racine chez un autre grand nom du XVIème</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3471" title="Luther" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/03/Luther.jpg" alt="Luther" width="479" height="700" /><br />
<em>(Lucas Cranach)</em></p>
<p>Je ne sais trop si le réformateur prisait beaucoup le rire mais c&#8217;est un fait qu&#8217; à l&#8217;instar de Rabelais, il aimait beaucoup les gazs et les étrons, il n&#8217;est que de voir les gravures immondes contre l&#8217;Eglise romaine qu&#8217;il compléta de sa signature</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3474" title="gravluth" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/03/gravluth.jpg" alt="gravluth" width="670" height="505" /></p>
<p>Ce n&#8217;est donc pas un hasard si les temps modernes s&#8217;amorcent avec ces deux obsédés de la déjection. Pour Luther et Rabelais, il n&#8217; y a pas de saint mais uniquement l&#8217;homme qui chie. Pour Luther, la merde est une fatalité parce que l&#8217;homme ne peut s&#8217;extraire du péché, pour Rabelais, la merde est bonne parce qu&#8217;elle est signe de la mécanique bien huilée de la nature, la pure immanence commençant alors à recevoir l&#8217;exclusivité du regard. Dans le deux cas, l&#8217;homme, durant sa courte vie terrestre, ne pourra prétendre à rien d&#8217;autre qu&#8217;à ses basses fonctions , nutritionnelles, sexuelles ou fécales.</p>
<p>Limiter l&#8217;homme à ses activités de dégorgement ou d&#8217;accumulation,</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3829" title="img136" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/04/img136.jpg" alt="img136" width="550" height="873" /></p>
<p>ne pouvait ainsi que donner toutes ses chances à la dérision impliquée par le rire. Les temps dit modernes inaugurent le temps du grand rire parce qu&#8217;ils tirent le rideau sur l&#8217;homme et sa grandeur. Plus de grandeur tragique avec Rabelais, ses géants coïncident avec l&#8217;avènement du nain, le médiocre s&#8217;impose alors au sein de mascarades d&#8217;épopée que les swift et autres Céline se feront un plaisir d&#8217;exploiter. Sauf rares exceptions dans le domaine musical , un déplorable appauvrissement de l&#8217;art sacré après Luther, du moins dans les zones de mouvance protestante. Dans l&#8217;esprit calviniste, l&#8217;art sacré n&#8217;est qu&#8217;une vaine prétention orgueilleuse visant l&#8217;absolu, la mystique alors sera détournée du ciel pour se fixer sur le terre à terre du labeur quotidien. Quand l&#8217;homme est ramené à cette nécessité de boire et de manger, ne nous étonnons pas si, en dépit de cette dégénérescence d&#8217;ascèse apportée par le calvinisme, l&#8217;artiste bascula dans le prétexte de l&#8217;hypocrisie moralisante par laquelle la bouffonnerie du sordide devait jaillir tôt ou tard</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3070" title="img075" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/01/img075.jpg" alt="img075" width="660" height="413" />.<br />
<em>(Jan Steen)</em></p>
<p>C&#8217;est pourquoi, puisqu&#8217;il est ici question d&#8217;hilarité, je saisirai l&#8217;occasion de rire à mon tour en évoquant Zardoz qui nous présentait, dans son billet de la fois dernière, la peinture hollandaise comme une version séculière du sacré qu&#8217;aurait inspiré le calvinisme. Séculière oui mais sacrée, certes pas. Lui même d&#8217;ailleurs le notait, plus de madone mais une femme cherchant des poux dans les cheveux de sa fille, plus de prêtres mais des savetiers, des remouleurs ou des tenanciers. Les débauches, beuveries, bagarres,</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3560" title="Brouwj" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/03/Brouwj.jpg" alt="Brouwj" width="670" height="429" /><br />
<em>(Adriaen Brouwer)</em></p>
<p>escroqueries, scènes de bordel ou misérables détails du quotidien dans les bauges et les bouges seront désormais parmi les thèmes préférés des maîtres hollandais lesquels hormis deux ou trois exceptions peineront à hisser leur peinture vers ce complément de surréel que doit nous inspirer cette juste intuition d&#8217;incomplétude et d&#8217;insuffisance causée par un réel séculier voulant demeurer refermé sur sa stricte autonomie.</p>
<p>c &#8216;est alors le temps de l &#8216;homme déchu parce que réduit à la pure immanence laïque, ce qui devait prêter d&#8217;autant plus au rire que cet homme abdiquant progressivement toute aspiration au surnaturel, jamais ne manifestera autant d&#8217;orgueil et de suffisance à l&#8217;égard de sa pauvre personne. .<br />
La fête vue par Véronèse avait encore quelque-chose de cette dignité dont le classique auréole tout ce qu&#8217;il dépeint</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3481" title="Veronese" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/03/Veronese.jpg" alt="Veronese" width="675" height="459" /><br />
<em>(Les noces de Cana)</em></p>
<p>mais vue par un baroque,</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3566" title="Jordaens" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/03/Jordaens.jpg" alt="Jordaens" width="513" height="383" /><br />
<em>(Jacob Jordaens:&#8221;Le festin des Rois&#8221; )</em></p>
<p>elle ne tardait pas à sombrer dans cet attrait pour l&#8217;infâme dont on allait de plus en plus désormais se repaître. Certes, ne jetons pas trop la pierre au calvinisme, s&#8217;il précipita largement la déchéance des temps ultérieurs, c&#8217;est que l&#8217;époque était d&#8217;une manière générale depuis un certain temps prête pour l &#8216;ère de l&#8217; &#8220;âge sombre&#8221;, ère du grand rire coincidant avec la perte du grand style.</p>
<p>Nous en venons au deuxième aspect de notre propos, le rire et son simulacre. On riait certes autrefois. A en en croire Régine Pernoud, l&#8217;homme médiéval riait de tout et pourtant nous avons vu qu&#8217; il faut attendre les temps modernes pour que le rire devienne sujet artistique. Philosophiquement , il faudra même attendre 2000 ans puisqu&#8217;avant Bergson aucun penseur n&#8217;avait songé à <a  href="http://classiques.uqac.ca/classiques/bergson_henri/le_rire/Bergson_le_rire.doc">écrire un ouvrage entier sur le rire</a>. </p>
<p>C&#8217;est pour les besoins de sa démonstration qu&#8217;Umberto Eco imagina un &#8220;traité sur le rire&#8221; d&#8217; Aristote que pourtant jamais le stagirite n&#8217;avait composé. On ne s&#8217;est jamais donc autant interessé au rire, on n&#8217;a sans doute jamais autant voulu rire. La feuille de chou citée plus haut nous dit que c&#8217;est pour oublier notre angoisse liée aux caprices des marchés financiers ce qui sans doute n&#8217;est pas faux mais davantage d&#8217;analyse ferait alors découvrir que le rire est surtout lié à l&#8217;impuissance. Les marchés financiers sont une mécanique, Bergson</p>
<p><a  href="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/9/9d/Henri_Bergson_02.jpg" class="thickbox no_icon" rel="gallery-3892" title=""><img class="alignnone" src="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/9/9d/Henri_Bergson_02.jpg" alt="" width="524" height="742" /></a></p>
<p>analysait le rire comme une revanche de la vie contre la mécanique mais qu&#8217;il nous soit autorisé cette légère correction par laquelle nous parlerons de petite revanche de l&#8217;esprit contre notre impuissance quotidienne. Nous l&#8217;avons vu, le rire prend de plus en plus d&#8217;importance au regard de ce sentiment de l&#8217;homme impuissant et déchu, le &#8216;&#8221; temps de l &#8216;age sombre&#8221;, notre temps, le temps qui débute en gros aux XVème et XVIème siècle, le temps où advient le mécanique. La prédominance de la mécanique et de la technique allaient en effet créer toujours plus de simulacres et de réalités artificielles détournant chaque chose de sa vocation initiale de par l&#8217;obsession pour les moyens au détriment des fins poursuivies. Quand disparaît le surnaturel, c&#8217;est le naturel qui tôt ou tard tourne à l&#8217;anti-naturel et l&#8217;anti-naturel toujours prête au rire, ainsi pensait Chesterton qui s&#8217;y connaissait fort bien en matière d&#8217;humour. Le protestantisme avait fait de l&#8217;homme un pantin métaphysique en lui déniant toute faculté de libre arbitre, la science en fera un pantin mécanique en le voyant comme pur résultat des forces naturelles. Ce que Léonard étudie au travers de ses dessins, c&#8217;est déjà une mécanique et si Rabelais insistait tant sur le fécal c est que le médecin qu&#8217;il était, autrement dit l&#8217;homme de science, réduisait l&#8217;essentiel de l&#8217;homme à un mécanisme physiologique. Ce que Arcimboldo s&#8217;amuse à faire dans ses peintures</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3408" title="arcim4 saisons" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/03/arcim4-saisons.jpg" alt="arcim4 saisons" width="667" height="813" /></p>
<p>relève d&#8217;un libre jeu combinatoire où les éléments de la nature sont réassortis comme les pièces détachées d&#8217;une vaste mécanique. Le monde n&#8217;est plus soutenu de présence surnaturelle, il est cette mécanique au bout de la lorgnette d &#8216;un Galilée. On sait combien le Matérialisme du XVIIIème siècle dit &#8220;mécaniste&#8221; aura la passion des automates, ce qui naît au XVIème siècle, c&#8217;est donc le pantin, non seulement au travers du scientisme mais aussi au travers de la création de la commedia dell&#8217;arte, les temps étaient donc venu pour la grande parade des polichinelles, des pantalons et autres Capitans,</p>
<p><a  href="http://www.larousse.fr/encyclopedie/data/images/1003644.jpg" class="thickbox no_icon" rel="gallery-3892" title=""><img class="alignnone" src="http://www.larousse.fr/encyclopedie/data/images/1003644.jpg" alt="" width="580" height="400" /></a></p>
<p>qui ne cesseront d&#8217;inspirer les générations ultérieures d&#8217;artistes et d&#8217;écrivains, depuis Molière aus clowns modernes, en passant par les marionnettes de Voltaire ou de Jarry, réduisant l&#8217;humain à une mécanique gestuelle ou langagière sans grande épaisseur psychologique.</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3482" title="img113" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/03/img113.jpg" alt="img113" width="399" height="690" /></p>
<p>Schopenhauer voyant le monde comme la mécanisme d&#8217;une boite à musique d&#8217;où retentit chaque fois la même ritournelle, reliera précisément l&#8217;histoire à la commedia dell&#8217;arte où de siècle en siècle reviendront toujours les mêmes lazzis et les mêmes coups de pieds au cul, Tartaglia n&#8217; ayant jamais plus de conscience, ni Colombine plus de moralité, ni Brighella plus de courage..</p>
<p>Mais laissons là les lettres et reprenons un peu l&#8217;histoire de la peinture en ce XVI ème siècle où nous l&#8217;avions laissée. Au siècle suivant, nous voyons se confirmer cet attrait pour le rire et c&#8217;est alors que l&#8217;on peut noter qu&#8217; à mesure que l&#8217;artiste se dépeint riant ou rieur</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3716" title="img127" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/04/img127.jpg" alt="img127" width="520" height="632" /> <em>(Jean-Etienne Liotard: autoportrait)</em></p>
<p>quelque chose change peu à peu dans l &#8216;idée qu&#8217;il se fait de lui-même. D&#8217; humble mais de génial artisan qu&#8217;il était jadis, voire de saint ou de seigneur, il tend de plus en plus à devenir</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3717" title="ducreux1" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/04/ducreux1.jpg" alt="ducreux1" width="590" height="775" /> <em>(Joseph Ducreux: autoportrait en moqueur)</em></p>
<p>l&#8217;être grotesque qui entre en scène pour endosser le rôle du bouffon. Quelques décennies plus tard, un médiocre tableau d&#8217;un artiste à juste titre oublié</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3713" title="img126" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/04/img126.jpg" alt="img126" width="600" height="376" /> <em>(Péguilly l &#8216; Haridon: Pierrot présente à l&#8217;assemblée Arlequin et polichinelle)</em></p>
<p>eut néanmoins à son époque une forte résonnance. De Baudelaire aux frères Goncourt, on le prît en référence afin de rappeler la nécessité pour l&#8217;artiste de capter l &#8216;esprit du temps. Mais il était moins question d&#8217;esprit que de temps car il s&#8217;agissait de dépeindre avant tout l&#8217;heure venue de l&#8217;instabilité d&#8217;un monde à l&#8217;ombre du grand rire. &#8220;Monde &#8221; serait beaucoup dire, parlons plutôt du spectacle et de ses pitres.<br />
Le Christ inspirait les artistes de jadis, le clown fascinera beaucoup plus les créateurs d&#8217;aujourd&#8217;hui, de Daumier à Fellini, en passant pas Lautrec ou Buffet. Au XIX ème siècle , si l&#8217;argent roi triomphe avec Guizot (Encore un protestant!), le pitre roi triomphe avec Debureau.<br />
Notons que si l&#8217;artiste moderne présentera certaines propensions à être représenté sous les traits du pitre</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3714" title="img129" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/04/img129.jpg" alt="img129" width="540" height="748" /> <em>(Robert Capa : Picasso)</em></p>
<p>Jamais en revanche il ne montrera de clown riant. Cette photo de Bruce Davidson</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3715" title="img130" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/04/img130.jpg" alt="img130" width="560" height="831" /></p>
<p>est fort bien représentative de la façon dont l&#8217;artiste perçoit le clown, on est de plus en plus attiré par le rire parce que le rire et la joie se sont abstenus de venir, on ne représentera donc pas le clown parce que l&#8217;on a envie de rire mais parce que l&#8217; on perçoit tout le faux-semblant du rire.</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-2806" title="P1070526e" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/12/P1070526e.jpg" alt="P1070526e" width="640" height="869" /> <em>(Paul Orcian: 1993)</em></p>
<p>L&#8217;artiste contemporain, à l&#8217;instar de Lautrec ou de Picasso, sera désormais plus à l&#8217;aise au coeur du cirque avec les clowns, qu&#8217;au voisinage de la théologie avec les prêtres. On pouvait autrefois être moine et artiste, comme Andrei Roublev ou Fra Angelico, on préferera aujourd&#8217;hui être artiste et pitre comme Ben ou Cattelan.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1262" title="cat-240x180" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/09/cat-240x180.jpg" alt="" width="240" height="180" /> <em>(Maurizio Cattelan)</em></p>
<p>L&#8217;idéal de Fra Angelico était de vivre avec le Christ pour mieux le peindre, Van Gogh pourrait encore, à la rigueur, être appelé le christ de la peinture, on sait pourtant que déjà Lautrec aimait à se déguiser en clown, en cela lointain ancêtre de Cindy Shermann et de certaines prestations actuelles où l&#8217;artiste en se laissant bombarder de tartes à la crème revendique clairement son rôle de pendant clownesque de la figure salvifique.</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3780" title="img132" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/04/img132.jpg" alt="img132" width="670" height="299" /> <em>(Pierrick Sorin: portrait de l&#8217;artiste entarté, installation vidéo)</em></p>
<p>Au coeur de cette déchéance, il était finalement 2 attitudes possibles, l&#8217;aristocratique ce sera celle d&#8217;un Stendhal ou mieux encore la manière d&#8217;un Paul Valery proposant le minimalisme épuré de son Monsieur Teste s&#8217;abstenant du moindre geste pour mettre à bas le pantin mais l&#8217;on réagira surtout par le rire. Entre Fabrice del Dongo et Bouvard et Pécuchet, triompheront les clowns, la dérision sied mieux à un monde qui ne croit plus au surnaturel. Le Christ dépassait le système en s&#8217;offrant comme holocauste, le clown, version moderne du Christ ne dépasse pas le système mais s&#8217;offre à lui en miroir par la singerie.</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3885" title="Chardin" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/04/Chardin.jpg" alt="Chardin" width="392" height="481" /><br />
<em>(Chardin: le singe peintre)</em></p>
<p>Le clown singe en effet la mécanique, Le théâtre porté à sa suprême mécanique sera le vaudeville, mécanique du quiproquo à propos de la mécanique sexuelle en cette fin du XIX ème siècle où le mécanique renforce toujours plus son emprise. Le médium lui même devient mécanique et ce faisant renforce encore la quête du rire au moyen du pantin toujours plus mécanisé, ainsi aurons nous le cinéma burlesque américain puis viendra le pitre qui revendiquera son statut mécanique, Andy Warhol star de la singerie sérigraphique tout comme les machines de Tinguely ou la cloaca de Wim Delvoye n&#8217; auront elles-mêmes d&#8217;autres vocations que d&#8217;être d&#8217;autres singeries mécaniques.</p>
<p>Le Christ aurait sans doute pu sauver sa vie s&#8217;il avait accepté de faire le pitre pour plaire à Hérode, il savait cependant qu&#8217;il avait chose plus importante à sauver, à l&#8217;opposé d&#8217;aujourd&#8217;hui où l&#8217;on rêve de faire le con pour la gloire et l&#8217;argent parce que nous n&#8217;avons plus guère d&#8217;autre espoir que quelques instants de fou rire&#8230;..</p>
<p><em><br />
(a suivre)</em></p>
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		<title>INTERLUDE par Sophie</title>
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		<pubDate>Tue, 13 Apr 2010 06:12:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Falcophil</dc:creator>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>

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		<description><![CDATA[Nos discussions devaient donc se terminer sur ces mots de Thierry évoquant une histoire n&#8217;interessant plus personne à propos d &#8216;une errance qui pourtant nous concerne tous

j&#8217; invitai alors à

l&#8217;effort d&#8217;anamnèse quant aux péripéties précédentes
Tant au niveau des mots
http://falcophil.info/blog/eloge-du-ratage/
http://falcophil.info/blog/trou-blanc-par-sophie/ 
http://falcophil.info/blog/trou-blanc-par-sophie/#comment-2944
http://falcophil.info/blog/trou-blanc-par-sophie/#comment-2954
 que sur le plan des images

]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Nos discussions devaient donc se terminer sur ces mots de Thierry évoquant une histoire n&#8217;interessant plus personne à propos d &#8216;une errance qui pourtant nous concerne tous</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/04/img017d111.jpg" alt="img017d11" title="img017d11" width="400" height="598" class="alignleft size-full wp-image-3539" /></p>
<p>j&#8217; invitai alors à</p>
<p><span id="more-3503"></span></p>
<p>l&#8217;effort d&#8217;anamnèse quant aux péripéties précédentes</p>
<p>Tant au niveau des mots</p>
<p><a  href="http://falcophil.info/blog/eloge-du-ratage/">http://falcophil.info/blog/eloge-du-ratage/</a></p>
<p><a  href="http://falcophil.info/blog/trou-blanc-par-sophie/">http://falcophil.info/blog/trou-blanc-par-sophie/</a> </p>
<p><a  href="http://falcophil.info/blog/trou-blanc-par-sophie/#comment-2944">http://falcophil.info/blog/trou-blanc-par-sophie/#comment-2944</a></p>
<p><a  href="http://falcophil.info/blog/trou-blanc-par-sophie/#comment-2954">http://falcophil.info/blog/trou-blanc-par-sophie/#comment-2954</a></p>
<p> que sur le plan des images</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-3508" title="uuu" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2010/04/uuu1.jpg" alt="uuu" width="661" height="1339" /></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>DIGRESSION par Sophie</title>
		<link>http://falcophil.info/blog/trou-blanc-par-sophie/</link>
		<comments>http://falcophil.info/blog/trou-blanc-par-sophie/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 27 Dec 2009 16:56:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Falcophil</dc:creator>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>

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		<description><![CDATA[Quelqu&#8217;un ayant la fois dernière manifesté son étonnement de voir relancer une histoire

interrompue par une &#8220;interminable digression&#8221;
la question se pose alors de savoir si

la vie elle même n&#8217;est pas faite de courtes histoires interrompues d&#8217; interminables digressions.
Tu fréquentes une personne, tu la perds de vue

puis tu la retrouves quelques années après,

les années entre-temps écoulées ne [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Quelqu&#8217;un ayant la fois dernière manifesté son étonnement de voir relancer une histoire</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-2883" title="tui" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/12/tui.jpg" alt="tui" width="360" height="543" /></p>
<p>interrompue par une &#8220;interminable digression&#8221;</p>
<p>la question se pose alors de savoir si</p>
<p><span id="more-2841"></span></p>
<p>la vie elle même n&#8217;est pas faite de courtes histoires interrompues d&#8217; interminables digressions.</p>
<p>Tu fréquentes une personne, tu la perds de vue</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-2897" title="img044d" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/12/img044d.jpg" alt="img044d" width="500" height="738" /></p>
<p>puis tu la retrouves quelques années après,</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/12/P1070568vgv.jpg" alt="P1070568vgv" title="P1070568vgv" width="600" height="718" class="alignleft size-full wp-image-2927" /></p>
<p>les années entre-temps écoulées ne sont-elles pas sans rapport avec le sujet ? </p>
<p>Mais de quel sujet s&#8217;agit-il au fait ?</p>
<p>Quel rapport entre la contrainte</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/12/immeubmir.jpg" alt="immeubmir" title="immeubmir" width="450" height="600" class="alignleft size-full wp-image-2910" /></p>
<p> Et l&#8217;offrande ?</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/10/bbbb.jpg" alt="bbbb" title="bbbb" width="635" height="477" class="alignnone size-full wp-image-2366" /></a></p>
<p>Et tes paroles n&#8217;atteignant pas l&#8217;autre qui te répond pas ses propres pensées ?</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/12/img04511.jpeg" alt="img0451" title="img0451" width="460" height="678" class="alignleft size-full wp-image-2986" /></p>
<p><a  href="http://falcophil.info/ifotos/gallery/Chantiers%201/chanta3a.jpg">Si chacun marche dans un désert </a></p>
<p>alors chacun n&#8217;est que la digression de l&#8217;autre</p>
<p>Si la digression se pose comme secondaire au regard de quelque chose d &#8216;essentiel</p>
<p>En ce cas</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/12/Roim.jpg" alt="Roim" title="Roim" width="670" height="311" class="alignleft size-full wp-image-2915" /></p>
<p>Tout ce qui se déroule entre ta naissance et ta mort, ne serait que digression</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/12/hhhh1.jpg" alt="hhhh" title="hhhh" width="660" height="328" class="alignleft size-full wp-image-2989" /></p>
<p>Cela fut dit la dernière fois, l&#8217;essence même du roman, odyssée de l&#8217;inessentiel serait de priser la digression,</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/12/cbh.jpg" alt="cbh" title="cbh" width="634" height="841" class="alignleft size-full wp-image-2953" /></p>
<p>- What do you read, my lord?<br />
- Words, words, words. </p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/12/cbhb.jpg" alt="cbhb" title="cbhb" width="634" height="841" class="alignleft size-full wp-image-2954" /></p>
<p>La marquise sortit à 5 heures</p>
<p>Et à mon tour je sortis pour la suivre</p>
<p>Dans  l&#8217;espoir de ressusciter la marionnette</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/12/laurence6-443911.jpg" alt="laurence6-44391" title="laurence6-44391" width="500" height="450" class="alignleft size-full wp-image-2956" /></p>
<p>Tandis que ma demeure était déjà en guerre</p>
<p>La digression en tant que disjonction de divers éléments s&#8217;éloignant toujours plus de leur centre</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/12/iml1.jpg" alt="iml" title="iml" width="650" height="425" class="alignleft size-full wp-image-2959" /></p>
<p>ne serait finalement que la conséquence de l&#8217;essence parodique</p>
<p>Mais Nicolas de Cuse et André Breton seront du moins d&#8217;accord sur un point, les choses sans rapport sont invitation à l&#8217;infini.</p>
<p>Qu&#8217;il n&#8217;y ait ainsi nul rapport entre le personnage et son histoire</p>
<p>Entre la ronde des pensées ,</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-2533" title="rotation01b" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/11/rotation01b.gif" alt="rotation01b" width="300" height="400" /></p>
<p>Et l&#8217; homme en agonie qu&#8217;emporte un bruit de sirène</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-2481" title="img976f" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/11/img976f.jpg" alt="img976f" width="670" height="417" /></p>
<p>Rien que la vague forme d &#8216;une ombre venant se glisser pour ramasser un livre </p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/12/img043v.jpg" alt="img043v" title="img043v" width="450" height="698" class="alignleft size-full wp-image-2865" /></p>
<p>trainant sur la chaussée, non loin de l&#8217;endroit où se trouvait le corps que l&#8217;on vient d &#8216;enlever.</p>
<p>quelques pages plus loin,  le livre s&#8217;ouvre sur ces lignes soulignées :</p>
<p><a  href="http://falcophil.info/ifotos/gallery/Sideral%20/ghu%20xcf21p%20khsgye6.jpg">&#8221; Quand toute chose reposait dans un profond silence, descendit vers moi un mot secret&#8221;</a></p>
<p>Puis, sur la page suivante, on trouve, intercalées,  ces deux images</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/12/P1070150v.jpg" alt="P1070150v" title="P1070150v" width="550" height="763" class="alignleft size-full wp-image-2924" /></p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/12/P1070151v.jpg" alt="P1070151v" title="P1070151v" width="550" height="825" class="alignleft size-full wp-image-2919" /></p>
<p>Et quelques pages plus loin encore, cette autre phrase soulignée</p>
<p><a  href="http://falcophil.info/ifotos/gallery/Chantiers%201/ADZ4.jpg">&#8221; Va à ta recherce et là où tu te trouves, quitte-toi &#8220;</a></p>
<p>Puis, à la page suivante, de nouveau, se trouvaient intercalées deux autres images : </p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/12/P1070154v.jpg" alt="P1070154v" title="P1070154v" width="550" height="825" class="alignleft size-full wp-image-2933" /></p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/12/P1070159v1.jpg" alt="P1070159v" title="P1070159v" width="550" height="825" class="alignleft size-full wp-image-2960" /><br />
à suivre&#8230;&#8230;</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>ELOGE DU RATAGE (suite)</title>
		<link>http://falcophil.info/blog/eloge-du-ratage-suite/</link>
		<comments>http://falcophil.info/blog/eloge-du-ratage-suite/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 12 Nov 2009 12:27:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Falcophil</dc:creator>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>

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		<description><![CDATA[Avant de reprendre la suite de notre récit commençé précedemment, revenons un bref instant sur ce tableau célèbre

 
reprise d&#8217;une oeuvre antérieure non moins célèbre

afin de mieux saisir  la stupidité de cette remarque de la fois dernière  consistant à me reprocher de n&#8217;avoir proposé qu&#8217;une parodie de surréalisme.
Que le décalage burlesque permette de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Avant de reprendre la suite de notre récit commençé précedemment, revenons un bref instant sur ce tableau célèbre</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/11/Manet1.jpg" alt="Manet1" title="Manet1" width="390" height="304" class="alignnone size-full wp-image-2591" /></a></p>
<p><span id="more-2652"></span> </p>
<p>reprise d&#8217;une oeuvre antérieure non moins célèbre</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/11/bild.jpg" alt="bild" title="bild" width="469" height="360" class="alignnone size-full wp-image-2592" /></a></p>
<p>afin de mieux saisir  la stupidité de cette remarque de la fois dernière  consistant à me reprocher de n&#8217;avoir proposé qu&#8217;une parodie de surréalisme.</p>
<p>Que le décalage burlesque permette de raviver une inspiration exténuée pour la relancer vers des voies nouvelles, les exemples tant littéraires qu &#8216;artistiques en sont légion, ainsi au Moyen-Age, </p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/11/img024.jpg" alt="img024" title="img024" width="630" height="1022" class="alignnone size-full wp-image-2607" /></a></p>
<p>succède à Roland de Ronceveaux,  un voleur de poules, maître de l&#8217;entourloupe, de la ruse et de la duperie.</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/11/img023.jpg" alt="img023" title="img023" width="620" height="880" class="alignnone size-full wp-image-2615" /></a></p>
<p>De ces deux ouvrages majeurs de l&#8217;époque médiévale, passons maintenant à cet ouvrage majeur du XXème siècle ramenant toute la méditérranée au petit périple urbain </p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/11/img028.jpg" alt="img028" title="img028" width="650" height="545" class="alignnone size-full wp-image-2619" /></a></p>
<p>où Ulysse est agent publicitaire, Calypso une dactylo, Circée un bordel, Pénélope une salope et Ithaque un intérieur bourgeois.</p>
<p>Les surréalistes,  raillant les vérités de la Foi, </p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/11/Max-Ernst-La-Vierge-Marie-donnant-une-fessee-a-l-enfant-Jesus.jpg" alt="Max-Ernst-La-Vierge-Marie-donnant-une-fessee-a-l-enfant-Jesus" title="Max-Ernst-La-Vierge-Marie-donnant-une-fessee-a-l-enfant-Jesus" width="283" height="404" class="alignnone size-full wp-image-2633" /></a></p>
<p>mais tout de même en quête d&#8217;une nouvelle spiritualité, n&#8217;évitèrent pas les parodies de mystère, c&#8217;était Breton s&#8217;émerveillant d&#8217;un pois sauteur tandis que Caillois haussait les épaules ou les parodies de mysticisme, c&#8217;était Dali se souvenant peut-être vaguement de Thérèse d&#8217;Avila</p>
<p><img id="image454" height=700 width=497 alt=img485.jpg src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2007/07/img485.jpg" /></p>
<p> et déplaçant alors le chateau de l&#8217; âme vers l &#8216;hystérie et les caresses clitoridiennes.</p>
<p>Nietzsche se gaussait de ces parodies d&#8217;absolu comme l&#8217;hégélianisme ou la technique, mais  leur substituait quelque chose de tout aussi parodique dont j&#8217;ai la dernière fois tenté de rendre compte par cette image encore plus parodique</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/11/rotation01b.gif" alt="rotation01b" title="rotation01b" width="300" height="400" class="alignnone size-full wp-image-2533" /></a></p>
<p> Oui donc, revenons plutôt à notre récit.</p>
<p>Nous en étions ainsi restés à Mme Orcian qui  ayant tenté de me parler d&#8217;un livre  m&#8217; appartenant</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/11/Exlibris.jpg" alt="Exlibris" title="Exlibris" width="458" height="671" class="alignnone size-full wp-image-2476" /></a></p>
<p>me dissolvait maintenant dans l&#8217;hébétude </p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/11/rotation01b.gif" alt="rotation01b" title="rotation01b" width="300" height="400" class="alignnone size-full wp-image-2533" /></a></p>
<p>après que j&#8217;eus tenté de lui remettre la dernière vision de feu son mari</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/10/tui.jpg" alt="tui" title="tui" width="540" height="815" class="alignnone size-full wp-image-2356" /></a></p>
<p>lequel, peu avant sa mort, m&#8217;avait fait étrangement parvenir la photo de son ombre&#8230;..</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/10/P1070273d.jpg" alt="P1070273d" title="P1070273d" width="610" height="734" class="alignnone size-full wp-image-2362" /></a></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>ELOGE DU RATAGE</title>
		<link>http://falcophil.info/blog/eloge-du-ratage/</link>
		<comments>http://falcophil.info/blog/eloge-du-ratage/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 12 Oct 2009 15:10:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Falcophil</dc:creator>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>

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		<description><![CDATA[Rien de plus intéressant que de raconter la vie d&#8217; un raté, concluait Zardoz la fois dernière et de me solliciter alors pour que je raconte la vie d&#8217; Orcian afin de savoir comment ce personnage a pu devenir un raté. On nous rebat en effet trop les oreilles avec les sempiternels faciès de ceux [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Rien de plus intéressant que de raconter la vie d&#8217; un raté, concluait Zardoz la fois dernière et de me solliciter alors pour que je raconte la vie d&#8217; Orcian afin de savoir comment ce personnage a pu devenir un raté. On nous rebat en effet trop les oreilles avec les sempiternels faciès de ceux qui ont réussi aussi parlerons-nous plutôt de ceux qui tel Orcian ont échoué dans leurs ambitions</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-2173" title="orciana23" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/09/orciana23.jpg" alt="orciana23" width="400" height="612" /></p>
<p>ils sont plus émouvants, plus proches de nous et de nos vies médiocres.<br />
<span id="more-2153"></span></p>
<p>Ils ont rêvé, rien n&#8217;est arrivé, ils ont cru aux feux de la rampe, on ne voit plus que leurs feux de détresse.</p>
<p>D&#8217;autres activités me prenant toutefois trop de temps, il me faut être bref.</p>
<p>Paul Orcian ayant un certain don pour le dessin, voulut dans un premier temps faire de la BD.</p>
<p>Pendant deux ans, il coloria de la merde</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-2255" title="img004" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/09/img004.jpg" alt="img004" width="580" height="770" /></p>
<p>avec laquelle il gagna fort bien sa vie. Il se maria, eut deux enfants puis en ayant marre, et croyant par ailleurs à la BD comme moyen d&#8217;expression, il soumit un projet à son éditeur.</p>
<p>Il présenta donc le scénario d&#8217;une BD où il ne se passait rien et où l&#8217;on se contentait de montrer une personne désoeuvrée qui déambulait dans les rues.</p>
<p>- Et il ne passe rien de rien ? -lui demanda son éditeur<br />
- Rien de rien, on ne voit que des enfilades de rues, de rues désertes, de rues grises d&#8217;une quelqconque banlieue où déambule un homme seul<br />
- C&#8217;est quoi? un flic qui mène une enquête?<br />
- Non<br />
- Un délinquant qui prépare un mauvais coup?<br />
- Pas davantage<br />
- Un obsédé sexuel?<br />
- Même pas<br />
- Alors de qui s&#8217;agit-il?<br />
- D&#8217;un type qui s &#8216;emmerde, le thème de l&#8217;errance, un mélange de Crumb et de Wim Wenders.<br />
- Ah ? Et vous pensez qu&#8217;avec ça je vais faire du chiffre d&#8217;affaire ?</p>
<p>Comme il ne savait trop quoi répondre, il lui fut alors retorqué qu&#8217;il avait le choix entre le cul-polar-espionnage ou alors prendre la porte. Il préféra prendre la porte.</p>
<p>Il s&#8217;attela donc à sa Bd mais on s&#8217;attachait à le décourager, à l&#8217;inciter à revenir au coloriage, ses anciens collègues cessèrent de lui téléphoner tandis que sa femme commençait à le faire chier, de sorte que sa BD, avança de plus en plus difficilement et qu&#8217;il ne put jamais dépasser le stade de l&#8217;ébauche.</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/10/BD3-t.jpg" alt="BD3-t" title="BD3-t" width="600" height="818" class="alignleft size-full wp-image-3040" /></p>
<p>Les scènes se multipliaient avec sa femme qui lui reprochait de ne plus avoir la bite assez dure et le compte en banque assez rempli.<br />
Il trouva un emploi de prof dans un lycée de banlieue, enseignant le dessin à de jeunes cons destinés aux écoles de commerce. Sa femme finit par le larguer, emportant ses deux gosses, ce qui le soulagea, mais l&#8217;obligeant à lui verser une pension, ce qui le déprima.</p>
<p>C&#8217;est à cette époque que je fis sa connaissance. D&#8217;abord, je suivais de loin son errance, le photographiant à son insu.</p>
<p><img id="image445" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2007/07/img476.jpg" alt="img476.jpg" width="536" height="350" /></p>
<p>Puis, un jour que je m&#8217;étais approché d&#8217;un peu trop près pour enclencher, entendant le bruit de basculement du miroir, il se retournât et me demanda ce que je faisais. Lui répondant que mon travail était de fixer sur l&#8217;argent les fantômes, il me traita de fou et ce fût ainsi que nous devînmes amis.</p>
<p>Il finit par abandonner sa BD, c&#8217;était trop long, cela n&#8217;interessait personne. Et puis à quoi bon dessiner sa propre errance tandis que moi, je me trouvais toujours derrière lui à photographier la sienne ?</p>
<p>Il était plus mytérieux que ce fût un autre qui le vît de dos plutôt que de se représenter soi-même ainsi</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-2301" title="Sans titre-1 copie" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/09/Sans-titre-1-copie.jpg" alt="Sans titre-1 copie" width="580" height="837" /></p>
<p>Il ne voulut cependant pas laisser le dessin et la peinture</p>
<p><img id="image948" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/04/p1030724b.JPG" alt="p1030724b.JPG" width="650" height="845" /></p>
<p>mais il ne vendit rien.</p>
<p>On lui conseilla plutôt d&#8217;exposer des serpillières , la mode était aux installations. Quelques rares personnes venaient chez lui pour voir ses travaux. Un jour quelqu&#8217;un lui demanda un tableau pour boucher un trou. Un autre lui demanda de copier cette image</p>
<p><img id="image191" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2007/02/img365.jpg" alt="img365.jpg" width="380" height="300" /></p>
<p>Sa femme tenta un raccommodement prête à reprendre la vie commune à condition qu&#8217;il devint plus raisonnable. Il l&#8217;envoya paître, elle le traita de raté, il ne la revît plus.</p>
<p>Il reprît de plus belle ses promenades sans but, réflechissant toujours plus à cette question du ratage. Il fit cette constatation que le ratage était par excellence l&#8217;expérience ontologique. Il crut comprendre que vous laissant une pesanteur sur le coeur, il décapait les couches de contingences et vous faisait toucher du doigt l&#8217;inutile poids de votre être et de son irréductible présence au monde. Il en conclût que nous étions tous des ratés parce que nous tenions pour insupportable l&#8217;appel de l&#8217;être, ne serait-ce que par la réplétion dans l&#8217;acquis où nous affrontions le poids du vide.</p>
<p>Alors il décida qu&#8217;il passerait beaucoup plus de temps à se faire chier car il lui semblait que c&#8217;était là sa vraie vocation.</p>
<p>Ayant giflé un jeune ignare qui lui avait déclaré préferer les mangas et les tags à Van Eyck, le proviseur exigea qu&#8217;il fît des excuses aux parents, il cracha sur le proviseur et perdit son poste.<br />
Il n&#8217; abandonna pas tout de suite les travaux plastiques et curieusement sa touche devenait plus douce à mesure qu&#8217; augmentait la misère ainsi que l&#8217;obsession du suicide.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-2242" title="P1070112c gggf" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/09/P1070112c-gggf.jpg" alt="P1070112c gggf" width="650" height="912" /></p>
<p>Cet irréductible poids sur le coeur issu de ses ambitions meurtries agissait comme une sorte d&#8217;anesthésie qui lui permettait de planer sur le monde.</p>
<p>Du coup sa manière s&#8217; allégea</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-2205" title="Orcian25410" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/09/Orcian25410.jpeg" alt="Orcian25410" width="650" height="849" /></p>
<p>La synthèse le conduisit vers le spectral et le spectral vers la pure inaction le menant à contempler la beauté du temps qui détruit.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-2257" title="P1070097ccc" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/09/P1070097ccc.jpg" alt="P1070097ccc" width="650" height="433" /></p>
<p>La dernière fois que je le vis, il était debout au beau milieu d&#8217;une place publique. Etait-ce lui? Je ne peux dire. J&#8217;entendais une voix qui me chuchottait qu&#8217;il restait encore quelque chose à exprimer. On se mît alors à pisser sur le sol tandis que l&#8217;on m&#8217;invitait à photographier les traces qui déjà commençaient à s&#8217; évaporer sous la chaleur.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-2229" title="P1060950ac" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/09/P1060950ac.jpg" alt="P1060950ac" width="660" height="440" /></p>
<p>Comme j&#8217;avais pris ma photo, je me tournai vers lui et déjà il s&#8217;éloignait.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-2259" title="img005" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/09/img005.jpg" alt="img005" width="518" height="789" /></p>
<p>Je lui demandai où il allait, il me répondit d&#8217;aller me faire foutre.</p>
<p>Puis, relevant la tête, je vis qu&#8217;il n&#8217;était plus là ou plutôt, je crus voir sa silhouette, très loin au dessus de la route où je me tenais immobile</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/10/img017d1.jpg" alt="img017d" title="img017d" width="495" height="740" class="alignnone size-full wp-image-2439" /></a></p>
<p>Le lendemain, j&#8217;apprenais qu &#8216;un mois plus tôt, la police avait retrouvé son cadavre, quelque part dans cette ruine</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1946" title="ruine" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/08/ruine.jpg" alt="ruine" width="425" height="258" /></p>
<p>où il fut assasiné de trois coups de couteau par une bande de clodos qui espéraient trouver quelque chose dans ses poches vides, complètement aveugles à la classe qu&#8217;il avait acquise, et ne voyant que l&#8217;argent auquel il avait depuis longtemps renoncé.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-2296" title="Orc39" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/09/Orc39.jpg" alt="Orc39" width="580" height="1032" /></p>
<p>Voir aussi sa galerie: <a  href="http://falcophil.info/ifotos/?dir=ORCIAN">ici</a></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://falcophil.info/blog/eloge-du-ratage/feed/</wfw:commentRss>
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		<title>VASES PERDUS</title>
		<link>http://falcophil.info/blog/photos-de-vacance/</link>
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		<pubDate>Mon, 31 Aug 2009 18:19:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Falcophil</dc:creator>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>
		<category><![CDATA[Ajouter un tag]]></category>
		<category><![CDATA[toile]]></category>

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		<description><![CDATA[Une probable erreur de manipulation a entraîné la disparition de toutes nos discussions relatives au précédent article, lui-aussi évaporé et qui avait pour titre &#8220;VASES BRISES&#8221; lesquels sont ainsi devenus des &#8220;VASES PERDUS&#8221;.
Dommage.
Les réflexions des intervenants étaient pourtant interessantes, notamment celles de Cristina employant à propos de ces deux portraits

les termes d&#8217; &#8220;ontologie&#8221; et de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Une probable erreur de manipulation a entraîné la disparition de toutes nos discussions relatives au précédent article, lui-aussi évaporé et qui avait pour titre &#8220;VASES BRISES&#8221; lesquels sont ainsi devenus des &#8220;VASES PERDUS&#8221;.</p>
<p>Dommage.</p>
<p>Les réflexions des intervenants étaient pourtant interessantes, notamment celles de Cristina employant à propos de ces deux portraits</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1776" title="untitled-1" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/08/untitled-1.jpg" alt="" width="400" height="1051" /></p>
<p>les termes d&#8217; &#8220;ontologie&#8221; et de &#8220;phénoménologie&#8221;</p>
<p><span id="more-1760"></span></p>
<p>termes peut-être inadéquats mais restant tout de même utiles dans l&#8217;optique d&#8217;une approche plus serrée de démarches artistiques à l&#8217;esprit opposé. Au cours du précédent billet, nous en étions en effet venus à évoquer l&#8217;une des 5 dichotomies exposées dans un célèbre ouvrage dont il fut déjà question</p>
<p><a  href="http://falcophil.info/blog/en-relisant-wolfflin/">http://falcophil.info/blog/en-relisant-wolfflin/</a></p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1047" title="img7433" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/06/img7433.jpg" alt="" width="388" height="488" /></p>
<p>Classicisme = forme fermée</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1757" title="p1060443b" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/07/p1060443b.jpg" alt="" width="580" height="824" /></p>
<p>Baroque= forme ouverte</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1758" title="p1060440a" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/07/p1060440a.jpg" alt="" width="580" height="770" /></p>
<p>La plupart des intervenants prenaient bien sûr la défense de la forme ouverte, celle-ci , au travers de la brisure ne pouvant se comprendre que comme libération à l&#8217;égard de l&#8217; espace clos qui étouffe l&#8217;élan de la vie et gêne le dynamisme créateur.</p>
<p>C&#8217;est à l&#8217;occasion d&#8217;une nouvelle visite chez mon ami Paul Orcian que j&#8217;ai songé à cette idée d&#8217;illustrer de façon plus pratique ces discussions relatives à ce type d&#8217;ambivalence.</p>
<p>Ma première visite dans le taudis servant de logis à Orcian avait déjà été relatée l&#8217;année dernière,</p>
<p><a  href="http://falcophil.info/blog/lebenswelt-2/">http://falcophil.info/blog/lebenswelt-2/</a></p>
<p>Ayant revu Orcian il y a quelque temps, il avait tenu à ce que je lui fasse une nouvelle visite car il souhaitait me montrer au travers de la nouvelle orientation prise par son travail à quel point j&#8217;avais tort en soutenant une conception fermée de la forme.</p>
<p>Quand je parle de la nouvelle orientation du travail d&#8217;Orcian , je force certes un peu trop l&#8217;expression. Jadis Orcian travaillait dans une veine figurative</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1919" title="Acedia9" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/08/Acedia9.jpg" alt="Acedia9" width="675" height="518" /></p>
<p><a  href="http://falcophil.info/ifotos/?dir=ORCIAN">http://falcophil.info/ifotos/?dir=ORCIAN</a></p>
<p>qu&#8217;il a fini par abandonner, préférant désormais, comme nous allons le voir, opter pour le moindre effort.</p>
<p>ORCIAN passe maintenant son temps à squatter des appartements abandonnés en instance de démolition.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1946" title="ruine" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/08/ruine.jpg" alt="ruine" width="425" height="258" /></p>
<p>Inutile de frapper à sa porte, Orcian n&#8217;a plus de porte et quand on en trouve une, elle n&#8217;a pas de serrure mais peu importe, notre bonhomme s&#8217;en fiche, il n&#8217; y a rien à voler chez lui parce qu&#8217;il n&#8217;a plus de chez lui.</p>
<p>Je le trouve donc au milieu d&#8217;une pièce dans un état d&#8217;ébriété suffisamment avancé pour qu&#8217;il peine à me remettre. La scène me touche car elle me rappelle un dessin de lui que je possède</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-2026" title="orciana2" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/08/orciana2.jpg" alt="orciana2" width="540" height="826" /></p>
<p>datant de cette heureuse époque où il s&#8217;adonnait au travail, trop occupé à représenter le désespoir pour se laisser gagner par la déchéance.</p>
<p>D&#8217;une voix hésitante, entrecoupé de hics et de rots, il me soutient qu&#8217;il travaille encore d&#8217;une certaine manière. Il tend alors l&#8217;index, me désigne le mur, m&#8217;invitant à le photographier car c&#8217;est là que se trouverait selon lui sa nouvelle démarche.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1775" title="p1060686a" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/08/p1060686a.jpg" alt="" width="670" height="442" /></p>
<p>Il poursuit en me précisant que son seul et unique travail consiste désormais à observer les configurations toujours changeantes opérées par les ravages du temps au coeur des bâtisses vides et délabrées qu&#8217;il occupe précairement, avant d&#8217;être tôt ou tard expulsé. Il avoue avoir été emballé par la démarche de Clash qu&#8217;il m&#8217;est arrivé plusieurs fois d&#8217;évoquer dans le présent blog</p>
<p><a  href="http://falcophil.info/blog/quod-ergo-deus-coniunxit/#comment-760">http://falcophil.info/blog/quod-ergo-deus-coniunxit/#comment-760</a>  </p>
<p>et je commence alors à saisir.</p>
<p>Cette néfaste influence alliée à la malchance et à l&#8217;incompréhension d&#8217;un monde imbécile pour qui l&#8217;art oscille entre impressionnisme et Damien Hirst, a donc eu raison de l&#8217;énergie créatrice de mon ami car voici ce qu&#8217;est devenue sa démarche :</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1773" title="p1060692a" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/08/p1060692a.jpg" alt="" width="675" height="424" /></p>
<p>C&#8217;est dans une sorte de passivité jubilatoire qu&#8217;il contemple la beauté qui émerge sous l&#8217;action du temps qui détruit, travail de sape qu&#8217;il m&#8217;invite à photographier :</p>
<p><img id="image662" height=430 width=573 alt=decrepitude01.jpg src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2007/10/decrepitude01.jpg" /></p>
<p>La thèse de mon ami est simple. L&#8217;action de la vie passe par l &#8216;action du temps et l&#8217;action du temps passe par les ravages que la chronologie opère sur la forme. Celle-ci doit donc en passer par la dégradation apportée par l&#8217;entropie pour être régénérée en s&#8217;ouvrant à l&#8217;action de la vie. La forme fermée que je défends ne peut donc que procéder d&#8217;un refus malsain de la vie.</p>
<p>Son état d&#8217;ébriété ne l&#8217;empêchant pas de discerner la moue de désaccord qu&#8217;esquissent mes lèvres, il semble soudain se déssoûler quelque peu et m&#8217;expose un simple exemple.</p>
<p>Me désignant un volet entrouvert,</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1772" title="p1060713cvc" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/08/p1060713cvc.jpg" alt="" width="478" height="717" /></p>
<p>il pointe d&#8217;abord son doigt là où la peinture n&#8217;est pas encore entamée.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1771" title="cxdfhfgtdhgfdf" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/08/cxdfhfgtdhgfdf.jpg" alt="" width="670" height="447" /></p>
<p>Quoi en effet, de plus monotone, de plus plat et de plus ennuyeux? C&#8217;est la forme fermée que je défends</p>
<p>Mais que la forme commence à s&#8217;ouvrir, au travers d&#8217;un peu de peinture qui s&#8217;écaille quelque part ailleurs sur le même volet</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1966" title="P1060883a" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/08/P1060883a.jpg" alt="P1060883a" width="675" height="506" /></p>
<p>et vous voyez aussitôt l&#8217;existence reprendre ses droit contre une forme qui de par la fermeture de son calme régulier ne faisait qu&#8217; emprisonner le flux de l&#8217; écoulement vital.<br />
Je tente de lui objecter que rien n&#8217;est monotone et que c &#8216;est la paresse du regard qui rend les choses ainsi . Concernant par exemple son volet, il n&#8217;était pas nécessaire de faire un gros plan sur sa partie dégradée pour le rendre captivant, la difficulté étant justement de trouver l&#8217;angle de vue sous lequel sa partie intacte pouvait devenir intéressante.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1780" title="p1010320b" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/08/p1010320b.jpg" alt="p1010320b" width="600" height="800" /></p>
<p>Alors qu&#8217; Orcian veut s&#8217;approcher pour voir en gros plan son volet qui se dégrade</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1803" title="P1060829c" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/08/P1060829c.jpg" alt="P1060829c" width="530" height="832" /></p>
<p>Moi je me recule pour voir au contraire ce même volet s&#8217;affirmer dans le mystère de la lumière qui l&#8217;éclaire.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1819" title="P1060836b" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/08/P1060836b.jpg" alt="P1060836b" width="540" height="765" /></p>
<p>Dans cette optique la lumière ne sera pas là pour désagreger la forme mais pour la purifier, la synthétiser, l&#8217;alléger de ses éléments superflus afin de la rendre plus dense et plus présente.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1824" title="P1060809f" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/08/P1060809f.jpg" alt="P1060809f" width="570" height="838" /></p>
<p>Pourtant rien n&#8217;y fait, sourd à mes objections mon ami ne veut pas en démordre, reste opiniâtre dans sa passion ruderale et m&#8217;invite alors à photographier d&#8217;autres aspects de sa baraque en ruine</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1777" title="p1060659a" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/08/p1060659a.jpg" alt="" width="679" height="453" /></p>
<p>Il me faut en effet admettre que je n&#8217;ai que l&#8217;embarras du choix, partout il n&#8217;y a que plâtre qui s&#8217; effrite, peinture qui s&#8217; émiette, lattes de bois mangées d&#8217;humidité. Ce dessin jadis exécuté par lui</p>
<p><a  href="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/05/vague.jpg" class="thickbox no_icon" rel="gallery-1760" title="vague"><img class="alignright size-full wp-image-971" title="vague" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/05/vague.jpg" alt="" width="500" height="666" /></a></p>
<p>rend assez bien compte de la misère de ces lieux qui depuis longtemps lui servent désormais de décors.</p>
<p>et il est indéniable que souvent les aléas des intempéries et les outrages du temps donnent sur les façades abimées des résultats que certains artistes abstraits n&#8217;auraient pas renié.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1927" title="P1060916xxxx" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/08/P1060916xxxx.jpg" alt="P1060916xxxx" width="675" height="450" /></p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1914" title="P1030935a" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/08/P1030935a.jpg" alt="P1030935a" width="675" height="450" /></p>
<p>Autant j&#8217;éprouverai beaucoup de mal à tirer quelques photos interessantes des quelques rares parties intactes de son immeuble, autant partout là où c&#8217;est dégradé, je n&#8217;aurai qu&#8217;à enclencher pour obtenir une image sortant de l&#8217;ordinaire.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1923" title="P1060886b" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/08/P1060886b2.jpg" alt="P1060886b" width="675" height="450" /></p>
<p>Se figurant que je commence à me rendre à son opinion, Orcian s&#8217;enhardit alors pour se lancer dans une diatribe contre la bassesse du philistin. Les nombreux hoquets qui interrompent sa loghorrée chaotique me permettent tout de même de comprendre qu&#8217;il s&#8217;en prend maintenant au bourgeois stupide, à son esprit étroit et borné, aimant la propreté, les façades bien peintes et bien ravalées<br />
<img class="alignnone size-full wp-image-1876" title="Potgggggg" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/08/Potgggggg.jpg" alt="Potgggggg" width="400" height="266" />.</p>
<p>Voici l&#8217;ennui que l&#8217;on trouvera sur la sécurité indigente d&#8217;un mur de bourgeois</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1827" title="P1060701s" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/08/P1060701s.jpg" alt="P1060701s" width="678" height="376" /></p>
<p>et voici le crépitement de la vie que l&#8217;on trouvera sur la pauvreté d&#8217;un mur de poète</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1830" title="P1060701r" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/08/P1060701r1.jpg" alt="P1060701r" width="675" height="376" /></p>
<p>le créateur cherchera autant le sordide du toit délabré que le misérabilisme du mur pisseux et décrépi, l&#8217;avant goût de l&#8217;infini se trouvant là, dans ce qui donne le malaise de l&#8217;insécurité. Ce qui nous divertit, l&#8217;art du kitsch, peut-être que cela d&#8217;emblée nous rassénère voire nous rend gaie mais certainement que cela nous rabaisse et pour cette raison tôt ou tard cela finira par nous rendre triste . Inversement, l&#8217;art du poète qui nous rend d&#8217;emblée triste parce qu&#8217;il nous arrache à la rassurante mais combien médiocre réalité de nos routines , pour sûr toutefois qu&#8217;il finira tôt ou tard par nous donner la joie parce que c&#8217;est un art qui nous élève.</p>
<p>De même, le bourgeois pronera t&#8217;il la valeur du travail, alors qu&#8217;un vrai créateur vantera la fainéantise. Mon ami, rappelons le ne fait rien, il laisse faire, rien n&#8217; étant plus créatif que de laisser faire le temps,</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1979" title="IMGP3793a" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/08/IMGP3793a.jpg" alt="IMGP3793a" width="675" height="566" /></p>
<p>les choses se modifiant d&#8217;elle même, de façon plus efficace que tous nos efforts prétentieux,</p>
<p>mon ami est humble, il se contente de n&#8217;être rien, c&#8217;est déjà beaucoup car de par le rien , il rejoint le simple fait d&#8217; &#8220;exister&#8221; à l&#8217;état pur.</p>
<p>Attardons nous un peu sur ce terme &#8220;exister&#8221;. De quoi parle t&#8217;il au juste ? Il existerait quant il contemple telle partie déglinguée des lieux qu&#8217;il habite mais il existerait moins quand il contemple quelque chose d&#8217;intact?</p>
<p>Qu&#8217;est à dire ?</p>
<p>Que je me serve d&#8217;un morceau pourri de sa maison pour forger ensuite cette image,</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/08/rect2a1.jpg" alt="rect2a" title="rect2a" width="661" height="411" class="alignnone size-full wp-image-2143" /></a></p>
<p>j&#8217;&#8221;y gagnerai certes en excitation visuelle mais cette image suivante,</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1935" title="rectoji" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/08/rectoji.jpg" alt="rectoji" width="675" height="419" /></p>
<p>m&#8217;indiquerait de façon sourde que la part d&#8217;intelligible dans le visuel sera en proportion d&#8217;un certain gommage d&#8217;existence. Si la première image s&#8217;attardera sur une horizontalité de l&#8217;étant, le seconde tentera dans l&#8217;étant une certaine percée vers l&#8217; être.</p>
<p>Dans le cadre d&#8217;un autre billet consacré à l&#8217;extase de Sainte Thèrèse par le Bernin</p>
<p><a  href="http://falcophil.info/blog/456/">http://falcophil.info/blog/456/</a></p>
<p>Il avait été noté que les termes expression et extase présentaient ce même préfixe, &#8220;ex&#8221; signifiant , &#8220;en dehors&#8221; , la même remarque vaut pour le terme d&#8217;existence tout comme pour le terme d&#8217; excitant. Un art de l&#8217;expressivité tel qu&#8217;il se mit en place à partir du baroque et tel qu&#8217;il culmina avec maintes formes de l&#8217;expressionnisme contemporain relève ainsi d&#8217;une approche où la forme n &#8216;enrobe plus le mystère absolu de l&#8217;unité qui la sous tend  mais veut au contraire extérioriser cet absolu au travers du déroulement et du processus même de l&#8217;apparaître.</p>
<p>Que les mots existence et excitant présentent le même préfixe &#8220;ex&#8221; suffirait ainsi pour mieux saisir le lien qui unit les deux termes. Plus je suis excité plus j&#8217;existe et plus j&#8217;existe plus je suis &#8220;ex&#8221; c&#8217;est à dire en dehors de&#8230;De quoi donc?</p>
<p>De Moi-Même.</p>
<p>Moi-même?</p>
<p>C&#8217;est à dire?</p>
<p>Qu&#8217;est ce que &#8220;Moi-même&#8221;?</p>
<p>Si je réponds &#8220;rien&#8221;, je garde l&#8217;intuition tenace qu&#8217;il ya tout de même quelque-chose.<br />
Si je dis &#8220;quelque-chose&#8221;, naît alors la crainte qu&#8217;il n&#8217;y ait rien.<br />
D&#8217;où cette idée que &#8220;Rien&#8221; et &#8220;Quelque-chose&#8221; seraient deux termes qui s&#8217;entrelacent tellement qu&#8217;ils en deviennent synonymes. Que nous tentions de comprendre ce paradoxe et nous aurons aussitôt le sentiment que notre tête va éclater. Les contraires ne peuvent se rencontrer que sur un point situé vers l&#8217;infini et nous éclaterons tout autant si nous tentons d&#8217;atteindre l&#8217;infini, de sorte que si l&#8217;infini où se concilient les contraires ne peut être que suggéré, il ne le sera en ce cas que par quelque chose de non-éclaté, par la plénitude de la forme. Telle plénitude de l&#8217;objet</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1757" title="p1060443b" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/07/p1060443b.jpg" alt="" width="580" height="824" /></p>
<p>pourra dès lors suggérer du non visuel qui se présente à la vue mais qui ne peut intuitivement qu&#8217; être saisi par l&#8217;esprit. Je peux ainsi percevoir la totalité de cette objet mais ce à quoi renvoie cette totalité, à savoir, la substance, l&#8217;unité, l&#8217;individualité , l&#8217;indivisibilité et l&#8217;essence ne sont que de l&#8217;ordre de l&#8217;invisible et du caché. L&#8217;unité du vase où est-elle ? partout et nulle part, elle subsiste à la fois comme évidence et comme secret.</p>
<p>Que je brise maintenant la totalité de l&#8217;objet dans la totalité de sa forme:</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1758" title="p1060440a" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/07/p1060440a.jpg" alt="" width="580" height="770" /></p>
<p>quelque chose alors s&#8217;en va de son unité, de son essence, de sa substance, quelque chose se perd de son secret . Son &#8220;invisible raison d&#8217;être&#8221; s&#8217;évapore au travers de la blessure et de la béance que je viens d&#8217;infliger à la forme.</p>
<p>Saisir ainsi dans sa totalité ce contre-vent</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1975" title="P1060894a" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/08/P1060894a.jpg" alt="P1060894a" width="500" height="845" /></p>
<p>C&#8217;est le saisir dans le mystère qui sous-tend sa forme</p>
<p>Le saisir au travers des blessures que les intempéries infligent à sa forme</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1803" title="P1060829c" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/08/P1060829c.jpg" alt="P1060829c" width="530" height="832" /></p>
<p>C&#8217;est le saisir au travers des accidents provenent des contingences &#8220;ex&#8221; térieures.</p>
<p>Dans le 1er cas, l&#8217;objet sera davantage contemplé que perçu alors que dans le second, il sera beaucoup plus perçu que contemplé.</p>
<p>Partout donc, là où le temps fait ses ravages, Orcian cherchera le titillement par la perception ainsi que l&#8217;influx nerveux émoustillant la fibre optique, il est, autrement dit, en phase avec une époque où l&#8217;existence est devenue l&#8217; être, par désacralisation, mise à jour du caché et sacralisation de la simple relativité de l&#8217;apparaître, esthétique du dévoilement, de la mise en scène qui est négation de la substance ou du moins de sa mise à nue au moyen du mode opératoire érigé en valeur absolue.</p>
<p>une image montrée la fois dernière</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1736" title="lisabettha7es-797094" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/07/lisabettha7es-797094.jpg" alt="" width="500" height="375" /><br />
<em>Scène de Loft Story</em></p>
<p>nous a suggéré combien la révélation de l&#8217;intime était décevante voire franchement sordide. La fille en question était pourtant assez belle pour qu&#8217;elle se rendit attrayante en masquant l&#8217;essentiel. Toute la séduction qu&#8217;opèrent certaines tenues est d&#8217;ailleurs là,</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1987" title="Marj" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/08/Marj.jpg" alt="Marj" width="331" height="500" /></p>
<p>le désir se nourrit de caché et donc de mystère et si la vie ne peut subsister sans désir, c&#8217;est bien qu&#8217; une partie inaccessible et cachée la met en mouvement. L&#8217;impudique quant à lui soulèvera pour regarder en dessous et  que verra t&#8217;il?  Quelque chose de fort décevant à vrai dire, un morceau de peau flasque et ridé, du Francis Bacon en somme, c&#8217;est la démarche expressionniste.</p>
<p>Le pudique préfèrera plutôt ne pas voir ce qu&#8217;il y a en dessous, non par timidité mais parce qu&#8217;il sait d&#8217;expérience qu &#8216;il faut montrer afin que l&#8217;essentiel n&#8217;en paraisse que davantage interdit à la vue, chose que notre époque aura bien du mal à comprendre, elle dont l&#8217;absence de pudeur et de retenue la porte à toujours prétendre dévoiler ce qu&#8217;il n&#8217;est pas permis de voir.</p>
<p>Quittant la minable bâtisse d&#8217;ORCIAN, je ne peux m&#8217;empêcher de songer à cette chambre aux ruines peinte au XVIIIème par Clérisseau et décorant la chambre d&#8217;un moine du couvent de La Trinité des Monts à Rome.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1990" title="img996" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/08/img996.jpg" alt="img996" width="590" height="598" /></p>
<p>Choses sans rapport de prime abord, la chambre de Clérisseau fut occupée par un contemplatif, la chambre d&#8217;Orcian est occupée par un éthylique</p>
<p><a  href="http://falcophil.info/blog/hors-piste/#comment-1206">mais que l&#8217;on regarde de plus près ces peintures en trompe l&#8217;oeil d&#8217;un palais antique ravagé par le temps, de voutes qui s&#8217; éffondrent, de colonnes qui se désagrègent et de plantes sauvages qui s&#8217;aggrippent aux murs délabrés. Verticales et horizontales se coupent certes encore à angle droit mais pourtant; quel plus bel exemple de forme ouverte consacrant la victoire de l&#8217;apparaître et le triomphe du devenir?</a></p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1991" title="img997" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/08/img997.jpg" alt="img997" width="570" height="585" /></p>
<p>Cette chambre peinte pour une cellule monacale était sans doute censée inviter l&#8217;esprit à réfléchir sur le mirage d&#8217;un monde éphémère</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1989" title="img998" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/08/img998.jpg" alt="img998" width="600" height="828" /></p>
<p>je me serais peut-être en ce cas trompé sur le compte d&#8217;Orcian. Il se pourrait en effet que nous nous trouvions ici en présence d&#8217; un ermite vivant seul dans ses ruines comme Saint Antoine dans ses hypogées, abîmé dans une intense méditation sur l&#8217; irréalité du monde.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1946" title="ruine" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/08/ruine.jpg" alt="ruine" width="425" height="258" /></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://falcophil.info/blog/photos-de-vacance/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>37</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>MACHINE A DEGUEULER, MODE D&#8217;EMPLOI.</title>
		<link>http://falcophil.info/blog/machine-a-degueuler-mode-demploi/</link>
		<comments>http://falcophil.info/blog/machine-a-degueuler-mode-demploi/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 02 Jan 2009 15:05:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Falcophil</dc:creator>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>
		<category><![CDATA[Ajouter un tag]]></category>
		<category><![CDATA[mav]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://falcophil.info/blog/?p=1476</guid>
		<description><![CDATA[Une oeuvre dont je ne suis pas l&#8217;auteur me vaut curieusement critiques, sarcasmes et mépris. Rappelons d&#8217;abord que cet engin bizarre

fut conçu par l&#8217;italien Michelangelo Salamida et que son but était de reproduire

de manière mécanique le processus du vomissement.
A quoi cela doit-il servir ?
question de philistin à laquelle je ne veux pas répondre.
Bien sûr pour [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Une oeuvre dont je ne suis pas l&#8217;auteur me vaut curieusement critiques, sarcasmes et mépris. Rappelons d&#8217;abord que cet engin bizarre</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1382" title="vomica3" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/11/vomica3.jpg" alt="" width="335" height="409" /></p>
<p>fut conçu par l&#8217;italien Michelangelo Salamida et que son but était de reproduire</p>
<p><span id="more-1476"></span></p>
<p>de manière mécanique le processus du vomissement.</p>
<p>A quoi cela doit-il servir ?</p>
<p>question de philistin à laquelle je ne veux pas répondre.</p>
<p>Bien sûr pour Fructidor invoquant la nécessité pour l&#8217;artiste d&#8217;épouser la cause du peuple, telle réalisation ne sera que passe-temps de bourgeois désoeuvré. Clio, l&#8217;esprit plus ouvert, m&#8217;accordera que son effet présente un intérêt poétique mais pour me lancer aussitôt une autre critique consistant à me dire que son résultat visuel est plus saisissant que sa narration littéraire plutôt ennuyeuse , preuve que je me trompe quand je soutiens dans cet article</p>
<p><a  href="http://falcophil.info/blog/couvertures-auxquelles-vous-avez-echappe/">http://falcophil.info/blog/couvertures-auxquelles-vous-avez-echappe/</a></p>
<p>, la supériorité du littéraire sur l&#8217;effet plastique.</p>
<p>Petite précision, la présente narration</p>
<p><a href=" http://falcophil.info/blog/propos-oiseux-desthete/#comment-185">çà</a></p>
<p>n&#8217;est pas de moi mais de Clash dont je vous accorde que les talents d&#8217;écrivain laissent à désirer.</p>
<p>Je précise par ailleurs que je n&#8217;ai pas tant affirmé la supériorité du littéraire que la supériorité de ce qui n&#8217;existe pas.</p>
<p>Je tiens ce qui n&#8217;existe pas comme appartenant à un ordre supérieur parce que la non-existence est plus proche de ce qui &#8220;est&#8221;.</p>
<p>Qu&#8217;est ce en effet que l&#8217;existence, si ce n&#8217;est ce qui relève du doute et de la défaillance ?</p>
<p>Ce qui n &#8216;est la proie ni du doute, ni de la défaillance soit cela n&#8217;existe pas et dans ce cas cela ne peut être que le dépouillement le plus extrême, le dépassement de la limite imposée par notre cadre existentiel, dépassement dévoilant l&#8217;ultime réalité de ce qui &#8220;EST&#8221; car même en ce plus radical néant du non-existant, pour que celui-ci soit il faut bien qu&#8217;il relève de l&#8217;être,</p>
<p>soit, Il est possible d&#8217;exister sans être la proie du doute et de la défaillance, en ce cas, l&#8217;existence coïncide avec une autre réalité, celle dont relève cette &#8220;machine à dégueuler&#8221; que je voudrais maintenant vous présenter en corrigeant la maladroite relation de Clash.</p>
<p>Nous allons donc étudier cette belle mécanique de manière un peu plus pédagogique afin que vous  en perceviez mieux la fondamentale inutilité.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1477" title="vomica4" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/12/vomica4.jpg" alt="" width="620" height="458" /></p>
<p>La machine à dégueuler donc, &#8220;Vomica&#8221; puisque c&#8217;est son nom, se présente ainsi.</p>
<p>Un entonnoir (1) dans lequel vous versez de la nourriture, ce que vous voulez, n&#8217;importe quoi peut faire l&#8217;affaire, il doit bien vous rester quelques vestiges de ces périodes de grandes ripailles qui fort heureusement ne sont maintenant plus qu&#8217;un souvenir.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1485" title="img895" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/01/img895.jpg" alt="" width="600" height="833" /></p>
<p>Si c &#8216;est le cas, vous pouvez les déverser dans la &#8220;bouche&#8221; de La machine à dégueuler, elle n&#8217;est jamais écoeurée n&#8217;étant pas programmée pour cela et elle a toujours faim parce qu&#8217;on l&#8217;a planifiée pour cela.</p>
<p>Donc, les aliments versés dans l&#8217;entonnoir dégringolent le long du tuyau (2) pour s&#8217;en aller finir dans une sorte de cuve (4) déjà remplie d&#8217;eau et faisant fonction d&#8217;estomac.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1477" title="vomica4" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/12/vomica4.jpg" alt="" width="620" height="458" /></p>
<p>Par l&#8217;intermédiaire du tuyau (3) est introduite une composition chimique analogue au suc gastrique produit par notre estomac, substance également destinée à terminer dans la cuve (4) afin de s&#8217;y mélanger avec les aliments.</p>
<p>Le câble (7) commande la mise en marche d&#8217;une sorte de mixeur interne à la cuve. Aliments et substance chimique sont alors mélangés en une compacte marinade.</p>
<p>Maintenant, suivez moi bien parce que cela devient un peu plus complexe.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1477" title="vomica4" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/12/vomica4.jpg" alt="" width="620" height="458" /></p>
<p>L&#8217;oeil électronique (5) contient une mémoire interne dans laquelle se trouvent informatisées certaines images. Ont par exemple été mémorisées quantités de photos représentant sa sainteté Benoit XVI.</p>
<p>Si vous présentez ainsi tel objet à l&#8217;oeil électronique</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1486" title="img896" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/01/img896.jpg" alt="" width="500" height="809" /></p>
<p>celui-ci trouve alors dans sa mémoire interne d&#8217;autres images analogues à la photo figurant sur la couverture du livre</p>
<p>et réagit aussitôt par la production d&#8217;une décharge électrique passant par le câble (6) de façon à mettre en action un piston situé à l&#8217;embouchure du tuyau (3).</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1477" title="vomica4" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/12/vomica4.jpg" alt="" width="620" height="458" /></p>
<p>L&#8217;action immédiate du piston est d&#8217;activer une plaque à effet de compression située contre une paroi de la cuve(4), de sorte qu &#8216;est violemment poussée hors de la cuve, la masse liquide qui de ce fait emporte la bouillie d&#8217;aliments et de suc gastrique, laquelle devra d&#8217;abord repasser par un filtre passoire qui se sera automatiquement mis en place à l&#8217;embouchure du tuyau (2), pour être ensuite évacuée de manière brutale au travers de l&#8217;entonnoir (1), en éclats de vomissures.</p>
<p>Précisons que l&#8217;entonnoir est un tantinet incliné vers le mur sur lequel on a pris soin de coller du papier noir afin de recueillir les éclaboussures du dégueulis.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1479" title="vomica51" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/01/vomica51.jpg" alt="" width="624" height="456" /></p>
<p>D&#8217;où le nom de machine à dégueuler, &#8220;à points d&#8217;impact sidéral&#8221;.</p>
<p>Le papier souillé de vomissures est aussitôt décollé pour, ensuite, être photographié. Puis le tirage est agrandi de façon à former un poster qui sera plus tard exposé en galerie et vendu comme oeuvre d&#8217;art à part entière.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1480" title="degueule1" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/01/degueule1.jpg" alt="" width="454" height="281" /></p>
<p>Notons qu&#8217;un nombre important des dégueulis mécaniques de Salamida fut présenté à la FIAC de 1998</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1481" title="degueule2" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/01/degueule2.jpg" alt="" width="454" height="281" /></p>
<p>Ajoutons que par la suite Salamida tenta un perfectionnement de sa machine par certains ajouts</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1484" title="vomica19" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/01/vomica19.jpg" alt="" width="600" height="409" /></p>
<p>destinés à provoquer la vomissement par audition ainsi qu&#8217;olfaction, tentatives qui toutefois se soldèrent par un échec.</p>
<p>Programmée par exemple pour vomir à l&#8217;audition d&#8217;un chant grégorien ou d&#8217;une pièce de Satie, la machine resta inerte, son oeil unique demeurant grand ouvert sur le vide, lorsque lui furent passés &#8220;Introït jubilate Deo&#8221; ou &#8220;gymnopédie n°3&#8243;.</p>
<p>Pour l&#8217;instant donc &#8220;Vomica&#8221; n&#8217;entend rien et ne sent rien.</p>
<p>C&#8217;est d&#8217;ailleurs à peine si elle voit puisque prévue seulement pour réagir à certaines images, son but essentiel est de manger pour mieux vomir.</p>
<p>Insistons sur ce point, s&#8217;il est vrai que la machine a toujours faim, elle ne prend toutefois que pour rendre, comme si sa fonction était moins d&#8217;ingestion que de rejet d&#8217;où cette étrange impression qu&#8217;elle voudrait signifier le détachement ou du moins, son simulacre.</p>
<p>La machine à dégueuler incarnerait-elle donc la sagesse de celui qui peut tout vomir parce qu&#8217;il n&#8217;accorde aucune importance aux choses?</p>
<p>Ou exprime t-elle encore une illusion de liberté, la machine se croyant libre de tout vomir alors qu&#8217;elle ignore qu&#8217;elle est en fait programmée pour vomir parce que prévue pour ingurgiter ?</p>
<p>Il peut y avoir du vrai dans les deux interprétations.</p>
<p>Salamida, interrogé sur ce point répondit qu&#8217;en effet &#8220;Vomica &#8220;n&#8217;est attachée à rien, sa raison d&#8217;exister ne pouvant résider que dans le vomissement. Mais il tint toutefois à souligner le curieux paradoxe d&#8217;un déracinement de connivence avec l&#8217;ancrage car c&#8217;est un fait que la machine est solidement attachée au sol et ne peut fonctionner que par un réseau de câbles électriques eux même reliés à d&#8217;autres réseaux électriques.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1491" title="vomica-d" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/01/vomica-d.jpg" alt="" width="500" height="359" /></p>
<p>Salamida invoque souvent quelques lectures qui le marquèrent, entre autre &#8220;L&#8217; homme unidimensionnel&#8221; de Marcuse ainsi que &#8220;De l&#8217;esprit&#8221; de Helvétius.</p>
<p>Il cite plus particulièrement certaines gravures du XVIIIeme</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1487" title="img899" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/01/img899.jpg" alt="" width="500" height="680" /></p>
<p>ainsi que le canard automate qui mangeait et déféquait.</p>
<p><img id="image930" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/03/adre-copie.jpg" alt="adre-copie.jpg" width="536" height="515" /><br />
(Canard automate de Vaucanson XVIIIème)</p>
<p>Mais par dessus tout, Salamida tient à rendre hommage à cet autre incroyable automate du XVIIIème siècle, capable de dessiner aussi bien qu&#8217;une main humaine</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1488" title="img897" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/01/img897.jpg" alt="" width="580" height="810" /></p>
<p>Salamida aime à cet égard narrer une anecdote.</p>
<p>L&#8217;auteur de l&#8217;automate, Jacquet-Droz, fut présenté à Louis XVI pour lui montrer le fonctionnement de son invention. Annonçant au Roi que son &#8220;dessinateur&#8221; allait exécuter le portrait de feu son grand-père, Louis le 15ème, l&#8217;émotion de Jacquet-Droz fut cependant telle que l&#8217;inventeur commit une erreur de &#8220;programmation&#8221; de sorte qu&#8217; au lieu du portait du &#8220;Bien Aimé&#8221;, l&#8217;automate dessina un chien accompagné de la légende &#8220;Mon gentil toutou&#8221;.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1489" title="img898" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/01/img898.jpg" alt="" width="500" height="634" />.</p>
<p>Au malaise qui parcourut alors l&#8217;assistance, on devine à quel point Jacquet-Droz dût rougit de confusion ou disons plutôt d&#8217;humanité car comme le conclut Salamida, l&#8217;homme sera toujours sauvé par ses défaillances, ajoutant que sur ce point sa machine peut faire mieux.</p>
<p>Ainsi, un jour, alors que l&#8217;on exposait Vomica dans le cadre d&#8217;une foire d&#8217;art contemporain, la machine se mit à vomir sans motif au point qu&#8217;il fallut la débrancher. On chercha la cause, on ne trouva point, on insista et l&#8217;on finit par trouver. La machine avait été installée en face d&#8217;un mur où l&#8217;on avait accroché une oeuvre de Jaspers Johns</p>
<p><img id="image304" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2007/04/tete.jpg" alt="tete.jpg" height="274" /></p>
<p>L&#8217;explication rendait toutefois le dysfonctionnement encore plus incompréhensible, la machine n&#8217;ayant jamais été programmée pour vomir à la vue d&#8217;un tableau de l&#8217;artiste américain.</p>
<p>Salamida ne peut raconter cette anecdote sans se souvenir d&#8217;un passage des mémoires du souterrain de Dostoiëvsky et se demande alors si sa machine ne recélerait pas quelques traces d&#8217;humanité corrélatives à ses caprices imprévisibles.</p>
<p>Salamida souligne souvent, s&#8217;efforçant vainement de rester modeste, que si l&#8217;automate de Jacquet-Droz ne peut guère improviser, le chien ou le portrait du Roi n&#8217;obéissant qu&#8217;à un tracé linéaire fixé à l&#8217;avance,</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1490" title="img898z" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/01/img898z.jpg" alt="" width="500" height="485" /></p>
<p>en revanche, les vomissures projetées par sa machine présentent chaque fois une image inattendue</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1482" title="degueule3" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/01/degueule3.jpg" alt="" width="454" height="281" /></p>
<p>Il termine alors par une autre boutade, paraphrasant Schopenhauer: &#8216; la machine à dégueuler est comme l&#8217;histoire, elle produit chaque fois une configuration nouvelle</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1492" title="degueule6" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/01/degueule6.jpg" alt="" width="451" height="345" /></p>
<p>alors qu&#8217;il ne s&#8217;agit toujours que d&#8217;une même vomissure.&#8221;</p>
<p>&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;-<a </p>
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		<title>QUESTIONS OISEUSES</title>
		<link>http://falcophil.info/blog/question-oiseuse/</link>
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		<pubDate>Sun, 28 Dec 2008 10:54:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Falcophil</dc:creator>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>
		<category><![CDATA[Ajouter un tag]]></category>
		<category><![CDATA[tout ce qui vient r]]></category>

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		<description><![CDATA[Une fois encore, il m&#8217;a été la dernière fois reproché d&#8217;être un  &#8220;intello futile&#8221; perdant son temps en discussions oiseuses.
Rappelons tout de même que l&#8217;interactivité est difficilement maîtrisable et que ce n&#8217;est pas ma faute si quand je pose une question qui m&#8217;apparaît comme fondamentale, on ne comprend pas son importance, la discussion continuant [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Une fois encore, il m&#8217;a été la dernière fois reproché d&#8217;être un  &#8220;intello futile&#8221; perdant son temps en discussions oiseuses.</p>
<p>Rappelons tout de même que l&#8217;interactivité est difficilement maîtrisable et que ce n&#8217;est pas ma faute si quand je pose une question qui m&#8217;apparaît comme fondamentale, on ne comprend pas son importance, la discussion continuant alors sa dérive dans un affrontement de traits d&#8217;esprit.</p>
<p>Je ne sais si les blogs peuvent relancer cet &#8221; art de la conversation&#8221; qui   a contribué naguère à la gloire du pays mais il faut souligner que ceux qui sont passés à la postérité pour des génies du &#8220;bon mot&#8221;</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1455" title="img891" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/12/img891.jpg" alt="" width="430" height="678" /></p>
<p>s&#8217;ils brillèrent par leur esprit, ne peuvent, en revanche,  m&#8217;empêcher de penser à cette cinglante remarque de Heidegger:  &#8220;se borner à se montrer spirituel, c&#8217;est ne montrer qu&#8217;un semblant d&#8217;esprit et masquer sa carence spirituelle&#8221;.<br />
C&#8217;est ainsi que la fois d&#8217;avant, nous avons, je pense, manqué</p>
<p><span id="more-1454"></span></p>
<p> la question essentielle fort bien soulignée pourtant par le même Heidegger </p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/12/img892.jpg" alt="" title="img892" width="440" height="664" class="alignnone size-full wp-image-1469" /></a></p>
<p>, celle concernant l&#8217;esprit justement abandonné par le trait d&#8217;esprit voire laissé de côté par l&#8217;intellect. Cette ambivalence où le trait à la règle devient retrait en bonne règle était pourtant très bien notée par ces propos du chef de l&#8217;Etat: </p>
<p>&#8220;Les universités auront davantage d’argent pour créer des filières dans l’informatique, dans les mathématiques, dans les sciences économiques. Le plaisir de la connaissance est formidable, mais l’Etat doit se préoccuper d’abord de la réussite professionnelle des jeunes.&#8221;</p>
<p>Plaisir de la connaissance d&#8217;une part,  performance technique de l&#8217;autre, étant entendu que la deuxième étant au service de la rentabilité et du profit, c&#8217;est elle que l&#8217;on financera, la première ne relevant, à la limite, que du loisir. On passera rapidement sur  la stagnation  dont pourrait souffrir une connaissance réduite à la &#8220;technique&#8221;, l&#8217;absence de résultats immédiats voire les résultats mêmes, risquant de stériliser la quête en tant que telle. Le manque de crédits dont pâtit souvent  la recherche provient sans doute de cette  condescendance à l&#8217;égard d&#8217;une connaissance de &#8220;plaisir&#8221;, inévitable dans notre impatiente obsession  du  rendement le plus rapide  et que fait justement apparaître la précédente citation.</p>
<p>Ailleurs est toutefois le problème qui m&#8217;intéresse.  Trop abstrait diront certains mais tout de même fondamental aux yeux de qui la connaissance est avant tout sans motif extérieur. On parle en effet de  &#8220;plaisir de la connaissance&#8221; sans trop se soucier de savoir où ce plaisir puise ses racines, l&#8217;essentiel étant de répondre aux &#8220;défis&#8221; du monde&#8221;, ceux de la nature comme ceux de l&#8217; &#8220;âpre compétition économique&#8221;, reléguant alors ce &#8220;plaisir&#8221; dans un espace qui ne saurait intéresser le collectif, preuve que c&#8217;est en dehors du collectif qu&#8217;apparait l&#8217;essentiel.<br />
Pour être plus concret, je dirais que moi même trop souvent je m&#8217;entends dire que je gâche ma vie avec des activités qui toutes relèvent d&#8217;une question oiseuse et que je ferais mieux de passer des concours, ce à quoi je ne peux rien répondre parce que je vis dans un monde où l&#8217;on ne se justifie pas,<br />
, un monde renversé où il est justement sans intérêt de passer des concours pour avoir dépassé le domaine de l&#8217;intellect.</p>
<p>Essayons d&#8217;être plus concret encore.</p>
<p>Il fut lors de nos précédentes discussions, rappelé que telle forme</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1456" title="mont1" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/12/mont1.jpg" alt="" width="300" height="229" /></p>
<p>résultait de contraintes physiques sans toutefois répondre à la question du type de contraintes physiques permettant de passer de ceci</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1457" title="mont2" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/12/mont2.jpg" alt="" width="168" height="127" /></p>
<p>à ceci.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1458" title="cene1" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/12/cene1.jpg" alt="" width="424" height="275" /></p>
<p>Et puis a ceci</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1460" title="cene2" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/12/cene2.jpg" alt="" width="500" height="401" /></p>
<p>Et ensuite à ceci</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1461" title="cene5" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/12/cene5.jpg" alt="" width="500" height="353" /></p>
<p>Et plus loin encore à ceci</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/12/gerba41.jpg" alt="" title="gerba41" width="600" height="456" class="alignnone size-full wp-image-1466" /></a></p>
<p>Et quel besoin alors d&#8217;entrer dans un espace</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1463" title="gerba10" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/12/gerba10.jpg" alt="" width="630" height="482" /></p>
<p>Où je trouve d&#8217;autres figures n&#8217;ayant plus aucune espèce de rapports avec ce que je connais du monde</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/12/gerba81.jpg" alt="" title="gerba81" width="630" height="409" class="alignnone size-full wp-image-1467" /></a></p>
<p>Pour me lancer dans un autre monde où je perds complètement mes repères?</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/12/gerba2de.jpg" alt="" title="gerba2de" width="630" height="382" class="alignnone size-full wp-image-1468" /></a></p>
<p>Non ce qui est inexistant ou inexprimable mais ce qui est inévitable, la non-coincidence avec l&#8217;extérieur menant toujous à cet inévitable.</p>
<p> Quel intérêt puis-je avoir à l&#8217;inévitable? Mon entourage ne cesse de me répéter que l&#8217;inévitable ne me sert à rien et il a raison car si la vue se réjouit, le  reste du corps ou pour mieux dire, du personnage, demeure indifférent. L&#8217;inévitable ne sert à rien parce qu&#8217;alors la connaissance n&#8217;est plus outil ou instrument mais simple présence qui vous enveloppe.<br />
Le monde déteste ce qui ne sert à rien et c&#8217;est pour cela que le marketing tente de vous convaincre que  c&#8217;est utile , et c&#8217;est alors que ce qui ne sert à rien tombe du ciel et devient le superflu.</p>
<p>La lecture de Diderot ou de Voltaire, je te la laisse Fructidor, comme je la laisse à  l&#8217;instabilité de notre monde empêtré dans sa technico-pratique.</p>
<p>Ma stabilité, je la trouve justement là où je flotte dans le vide.</p>
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		<title>NOËL EN FAMILLE</title>
		<link>http://falcophil.info/blog/reveillon-2008/</link>
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		<pubDate>Thu, 25 Dec 2008 09:10:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Falcophil</dc:creator>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>

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		<description><![CDATA[Il est midi. Hier, j&#8217;ai décliné 2 invitations pour réveillonner et une autre pour le repas de Noël.
Tandis qu&#8217;ils sont occupés à entasser dans leur sac à merde une bouffe aussi écoeurante que le gâteau puant du &#8221; Père Noël est une ordure&#8221;, je suis seul dans ma chambre, ne déjeunant que d&#8217;un yaourt nature. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il est midi. Hier, j&#8217;ai décliné 2 invitations pour réveillonner et une autre pour le repas de Noël.</p>
<p>Tandis qu&#8217;ils sont occupés à entasser dans leur sac à merde une bouffe aussi écoeurante que le gâteau puant du &#8221; Père Noël est une ordure&#8221;, je suis seul dans ma chambre, ne déjeunant que d&#8217;un yaourt nature. Loin de tous ces veaux, je suis le plus heureux des hommes, plongé dans la 3eme méditation de Descartes,</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1442" title="halsdesc2" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/12/halsdesc2.jpg" alt="" width="390" height="478" /></p>
<p>m&#8217;arrêtant plus particulièrement sur cette phrase:</p>
<p><span id="more-1441"></span></p>
<p>&#8220;c&#8217;est une chose très évidente qu&#8217;il doit y avoir au moins autant de réalité dans la cause que dans son effet&#8221;</p>
<p>Evident en effet que le plus ne peut sortir du moins, que la conscience d&#8217;être ne peut être engendrée par l&#8217;absence de conscience, que la poésie ne vient pas du virus, tout comme la personne ne provient pas de la bête.</p>
<p>Il est apparu lors de nos dernières discussions que ce qui fût jadis évident ne l&#8217;est plus pour certaines personnes, pour Thitra entre autre comme pour la plupart d&#8217;ailleurs. Être obligé d&#8217;avoir à rappeler ce qui en d&#8217;autres temps eut été perçu comme une banalité dérisoire est assez révélateur du degré de dislocation cérébrale dans lequel se trouve plongée notre époque.</p>
<p>Il est vrai que lorsque, plus que jamais, le chef d&#8217;état marche la main dans la main avec le maquignon</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/12/img886.jpg" alt="" title="img886" width="350" height="417" class="alignnone size-full wp-image-1445" /></a></p>
<p>, tout est fait pour nous empêcher de penser afin de nous faire miroiter comme seul idéal l&#8217;aspirateur à fric et le robot consommateur.<br />
. Nous avions du moins autrefois un président qui publiait une anthologie de la poésie française, un autre qui participait à une émission littéraire sur Maupassant, un autre encore qui tenait, pour son portrait officiel, à ce qu&#8217;on le vit avec un livre ouvert entre les mains</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1443" title="im-3403-photo-officielle-du-president-mitterrand" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/12/im-3403-photo-officielle-du-president-mitterrand.jpg" alt="" width="271" height="340" /></p>
<p>Aujourd&#8217;hui, nous avons la fosse à purin d&#8217;où s&#8217;exhale le dédain pour la culture.</p>
<p>Heureusement, quelques uns veulent encore résister.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1444" title="img885" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/12/img885.jpg" alt="" width="500" height="1124" /></p>
<p><em>(Marianne du 22 novembre 2008)</em> </p>
<p>S&#8217;il reste encore, en ce jour de réjouissance paienne, quelques être humains pour lesquels le mot &#8220;esprit&#8221; signifie toujours quelque chose, je les invite alors à fêter Noël avec moi en continuant notre conversation de la fois dernière.</p>
<p>Nous en étions, je crois, restés à cette dernière intervention de Sophie, citant les travaux de Prigogine pour soutenir que l&#8217;ordre ne pouvait sortir du chaos&#8230;.</p>
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