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	<title>*******SOLUS SOLI******* &#187; Littérature</title>
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	<description>Philippe Falcone&#039;s blog</description>
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		<title>ELOGE DU RATAGE , SUITE ET FIN par Ichthus</title>
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		<pubDate>Fri, 04 Dec 2009 17:20:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Falcophil</dc:creator>
				<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>

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		<description><![CDATA[Pour une raison inconnue le sieur Falcone a décidé d &#8216;abandonner son blog pour se confiner dans un déconcertant mutisme

nous en laissant l &#8216;administration ainsi que le soin d&#8217;en faire ce que bon nous semblera. Autant dire que sans coordinnateur nos chamailleries vont faire exploser le site lequel finira probablement par ne plus ressembler à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Pour une raison inconnue le sieur Falcone a décidé d &#8216;abandonner son blog pour se confiner dans un déconcertant mutisme</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/12/ETRESf.jpg" alt="ETRESf" title="ETRESf" width="380" height="421" class="alignleft size-full wp-image-2819" /></p>
<p>nous en laissant l &#8216;administration ainsi que le soin d&#8217;en faire ce que bon nous semblera. Autant dire que sans coordinnateur nos chamailleries vont faire exploser le site lequel finira probablement par ne plus ressembler à rien. Je suis d&#8217;accord avec Erato pour dire que mieux vaudrait nous séparer car ce blog sans son auteur ne présente en effet plus beaucoup d&#8217;intérêt. Mais je ne veux pas partir avant d&#8217;avoir dit son fait à dame Clio qui s&#8217;est permis la dernière fois de qualifier ma thèse de &#8220;ramassis de sornettes&#8221; par des arguments pour le moins fragiles.</p>
<p>Je rappelerai pour ceux qui n&#8217;auraient pas suivi le thème de mon propos que je divise notre histoire en trois parties,<br />
<span id="more-2727"></span></p>
<p> l&#8217;esprit épique , l&#8217;esprit tragique et l&#8217;esprit parodique, lequel commence en gros avec les temps modernes, ce qu&#8217;il est convenu d&#8217;appeler la &#8220;Renaissance&#8221; mais dont déjà, ainsi que je l&#8217;ai expliqué la dernière fois, le roman de renard avait donné l&#8217;avant goût précurseur.</p>
<p>Cela fait l&#8217;objet d&#8217;un essai auquel je travaille et que je colmpte publier dans quelques temps.</p>
<p>L&#8217;homme moderne n&#8217;est qu&#8217;une caricature d &#8216;humanité,</p>
<p><img id="image458" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2007/08/img488.jpg" alt="img488.jpg" width="434" height="600" /></p>
<p>une dégénerescence au regard de l&#8217;ordre traditionnel avec comme conséquence que ses créations, aussi bien littéraires qu&#8217;artistiques ne sont fatalement que d&#8217;ordre parodique.</p>
<p>Pour répondre donc à Clio, je reconnais qu&#8217;avec Jacques Coeur commence une ère nouvelle, celle de l&#8217;escroquerie, de la truanderie, de la cupidité et du triomphe de l&#8217;argent . Qui était Jacques Coeur ?</p>
<p><img class="alignnone" src="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/f/f5/Jacques_Coeur_sculpture_JPG.jpg" alt="" width="206" height="312" /></p>
<p>Le Silvio Berlusconi du XVème siècle, avec certes, il faut en convenir, une certaine classe  dont serait plutôt dépourvu le bouffon italien. A la même époque où Jeanne d&#8217;Arc se bat contre les anglais , Jacques Coeur s&#8217;enrichit par ses magouilles tandis qu&#8217;autour de lui fait rage la famine causée par la guerre de 100 ans. Jacques Coeur était ce &#8220;chrétien&#8221; qui n&#8217; hésitait pas à vendre d&#8217;autres chrétiens aux turcs musulmans pour préserver son commerce maritime,</p>
<p><a href="null"><img class="alignnone" src="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/b/b1/Jacques_Coeur_armateur.jpg" alt="" width="427" height="405" /></a></p>
<p>il était ce bon samaritain faisant arrêter les clochards de l&#8217;époque afin de les employer pour pas un liard dans ses navires, c&#8217;est avec lui que commence à se perdre tout sens de l&#8217;honneur au profit du Dieu argent, Jacques Coeur est l&#8217;ancêtre lointain de la mondialisation financière dont la logique amène à jeter à la rue nos compatriotes pour faire travailler des asiatiques à bas prix. Avec Jacques Coeur, on peut soutenir qu&#8217;en effet commence une ère nouvelle !!!<br />
J&#8217;ai dit que Jacques Coeur était une sorte de Bernard Tapie médiéval avec la classe en plus. Oui, la classe, Jacques Coeur en conserve tout de même un peu, le graal ne lui est pas indifférent et pour cause, les temps de l&#8217;honneur chevaleresque sont encore proches, ils sont mêmes contemporains en Bourgogne surtout où le roi Philippe le Bon</p>
<p><img class="alignnone" src="http://users.skynet.be/litterature/bruges/philippe_le_bon.jpg" alt="" width="298" height="335" /></p>
<p>adoubait toujours des chevaliers et créait l&#8217;ordre de la Toison d&#8217;Or. La caste des aristocrates avec son goût du beau avait forcémment inculqué ses valeurs aux bourgeois enrichis. Les enluminures dont les peintres au service des ducs de Bourgogne étaient alors passés maîtres, relevaient essentiellement de commandes passées par les nobles, ce fut par exemple à la demande du Duc de Berry que les frères de Limbourg réalisèrent leurs magnifiques miniatures</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-2726" title="Berryheures" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/11/Berryheures.jpg" alt="Berryheures" width="590" height="927" /></p>
<p>Les nobles avient donc façonné le goût des bourgeois d&#8217;alors lesquels étaient encore malgré tout sous l&#8217;influence du plus beau de tous les arts, l&#8217;art sacré qu&#8217;avait suscité l&#8217;autorité morale de l&#8217;Eglise. Dans son excellent ouvrage dont on ne saurait trop recommandé la lecture</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1708" title="img971" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/06/img971.jpg" alt="" width="400" height="635" /></p>
<p>l&#8217;auteur explique for bien que les grands bourgeois d&#8217;aujourd&#8217;hui n&#8217;ont plus cet appui aristocratique orientant jadis les choix des grands parvenus et rappelle comment telle famille de bourgeois enrichis du XVIIIème siècle se fiait aux goûts de l&#8217;aristocatie pour acquerir les grandes valeurs artistiques du temps, les Nattier, Les Fragonard ou les Bouchers. Si, pour citer encore un exemple, les Médicis, banquiers florentins, furent de si grands mécène favorisant l&#8217;élaboration de tant de chefs d&#8217;oeuvres , ils le durent aux valeurs esthétiques prisées par l&#8217;aristocraties et l&#8217;Eglise qui se maintenaient toujours vivaces pour les guider dans leurs goût artistiques. Jacques Coeur, parodie de l&#8217;aristocratie guerriere devait recevoir sa propre parodie au travers du parvenu moderne, François Pinault, milliardaire ignare, parodie de laurent de Médicis, plaçant sa fortune dans des parodies d&#8217;expressions artistiques,</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1263" title="robinson5-18-2" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/09/robinson5-18-2.jpg" alt="" width="298" height="400" /><br />
<em>Maurizio cattelan</em></p>
<p>chose que Falcone nous avait déjà fort bien expliqué dans un excellent billet.</p>
<p><a  href="http://falcophil.info/blog/libres-propos-dun-fasciste-sur-lart-degenere/">http://falcophil.info/blog/libres-propos-dun-fasciste-sur-lart-degenere/</a></p>
<p>Pour en venir maintenant, au deuxième aspect du propos de Clio, celui concernant une littérature nouvelle dont la grandeur aurait été de proclamer la liberté de l&#8217;amour et de creuser la profondeur du psychisme, qu&#8217;il me soit permis alors de répondre que les livres quel&#8217;on me cite ne font qu&#8217;étayer ma thèse, celle d&#8217;un art qui n&#8217;est que la parodie de la grandeur de nos aieux parce qu&#8217;imprégné de cette mesquinerie calculatrice inculquée par les valeurs bourgeoises. Manon Lescault ? mais relisez donc l&#8217;ouvrage !</p>
<p><a  href="http://multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/ZoomPE/1/2/5/9782070308521.jpg" class="thickbox no_icon" rel="gallery-2727" title=""><img class="alignnone" src="http://multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/ZoomPE/1/2/5/9782070308521.jpg" alt="" width="338" height="475" /></a></p>
<p> </p>
<p>Histoire d&#8217;une catin et d&#8217;un vaurien qui ne font qu&#8217;enchaîner les escroqueries, tricheries, scélératesses, parodie picaresque du code de l&#8217;honneur où la friponnerie est érigée en morale universelle et tout cela au nom de la passion de deux amants dont la seule quête relève de la médiocrité morale du couple bourgeois moyen, ( Nos deux d&#8217;abord au diable le reste!) Samuel Richardson ? Avez vous lu Pamela et la vertu récompensé ? Pénètre t&#8217;elle, cette prétendue noble dame, dans le monde aristocatique par sa grandeur moral ou plutôt par son esprit calculateur et ses petites intrigues? La Recheche du temps perdu? Mais n&#8217;est-ce donc pas une parodie de quête du graal que cette quête horizontale </p>
<p><img alt="" src="http://www.linternaute.com/sortir/magazine/photo/le-chateau-de-breteuil/image/proust-264284.jpg" class="alignnone" width="540" height="358" /></p>
<p>cherchant l&#8217;éternel au travers d&#8217;une tasse de thé et des mondanités ? </p>
<p>L &#8216;ère de la parocie coincide bien d&#8217;ailleurs averc l&#8217;ère du roman, accumulation de petits faits anodins, de descriptions mesquines ou prosaïque où l&#8217;imagination se déploie pour distraire l&#8217;esprit et le tirer hors de lui-même en excitant au besoin son misérable attrait pour le voyeurisme ou  la médisance.  La prédominence du roman coïncide également avec l&#8217;ère du baroque favorisant la boursouflure, la multiplication inutile des tableaux, le tape à l&#8217;oeil et le clinquant confinant au vulgaire, toute chose contraire à la la grandeur ascétique de l&#8217;écriture faite de litote et de ressèrement et que vise la vraie poésie quand elle se fonde sur l&#8217;économie de moyens propre au classicisme, seule esthétique correspondant au vrai mental du guerrier.</p>
<p>Quant à ces profondeurs psychologique qui suscitent tant votre admiration, laissez moi rire, de quoui parlez vous au juste? Dostoievsky? ne sont-elles pas encore des parodies que ces figures  grimaçantes, épileptiques, sans cesse en état de surexcitation, touijours au bors de l&#8217;éffondrement et de l&#8217;éclatement? je trouverais plutôt dérisoire cette fixation narcissique sur les miasmes de la subjectivité contingente, le moi qui dit Moi n&#8217;étant pas le vrai moi parce qe parodie pure et simple du Moi authentique. J&#8217;aime l &#8216;écrivain qui s&#8217;apprêtant à parler d&#8217;une émotion personnelle s&#8217;arrête à tant pour excuser sa faiblesse, tout comme j&#8217;aime ce restant de vertu guerrière qui conduisait le bourgeois Flaubert à) la pratique de la plus complète impassibilité. Si les nécessités de l&#8217;histoire demande que quelqu&#8217;un pleure alors que cette personne se retire tandis que sera montré le sommet étincellant d&#8217;une montagne !</p>
<p>. Je me souviens d&#8217;ailleurs que là encore falcone avait écrit un excellent billet sur la question</p>
<p><a  href="http://falcophil.info/blog/au-fond-dune-poubelle/">http://falcophil.info/blog/au-fond-dune-poubelle/</a></p>
<p>Réflechissons plutôt au moyen de subsumer le moi dans un ordre universel au sein duquel il s&#8217;immerge pour en ressortir purifié de tout ce qui fait qu&#8217;il est un moi et donc une caricature de vrai moi plutôt que de se passionner pour toutes les contingences d &#8216;une subjectivité dérisoire à laquelle il est symptomatiquement maladif d&#8217;accorder tant d&#8217;importance. Comment le moi se perd, disparaît pour mieux réapparaître, dépouillé de tous ces avatars vermineux qui sont à la personne authentique ce que Guignol est au héros épique, voilà en effet ce qui peut distinguer l&#8217;esprit authentiquement guerrier de l&#8217;esprit parodique car, et c&#8217;est là l&#8217;essentiel qu&#8217;il faut retenir, si le tragique est grave c&#8217;est lui qui tôt ou tard finit par donner la joie, alors que si le clown fait rire, c&#8217;est bien lui qui tôt ou tard finit par nous imprégner de tristesse</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-2760" title="06" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2009/11/06.jpg" alt="06" width="402" height="500" /></p>
<p>pour ne pas dire de désespoir&#8230;</p>
<p>ICHTHUS</p>
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		<title>NUAGES FLOTTANTS.</title>
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		<pubDate>Thu, 06 Nov 2008 21:30:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Falcophil</dc:creator>
				<category><![CDATA[Art contemporain]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie esthétique]]></category>
		<category><![CDATA[a]]></category>
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		<category><![CDATA[étapes de l'hitoire de l'art]]></category>
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		<description><![CDATA[En lisant un article sur une exposition dernièrement consacrée à César,

je me suis souvenu avoir entendu celui-ci déclarer qu&#8217;

&#8216;autant il détestait les extrêmes en politique autant il les trouvait souhaitables en matière d&#8217;art. L&#8217;assertion peut sembler des plus spécieuses car on ne voit pas pourquoi ce qui serait néfaste en politique devrait être bénéfique en [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>En lisant un article sur une exposition dernièrement consacrée à César,</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/11/1.jpg" alt="" title="1" width="250" height="339" class="alignnone size-full wp-image-1376" /></a></p>
<p>je me suis souvenu avoir entendu celui-ci déclarer qu&#8217;</p>
<p><span id="more-1304"></span><br />
&#8216;autant il détestait les extrêmes en politique autant il les trouvait souhaitables en matière d&#8217;art. L&#8217;assertion peut sembler des plus spécieuses car on ne voit pas pourquoi ce qui serait néfaste en politique devrait être bénéfique en art. Il ne semble pas qu&#8217;un type particulier d&#8217;activité fut visé par les mythes et fables des anciens qui voyaient un principe d&#8217;autodestruction</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1371" title="chutical" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/11/chutical.jpg" alt="" width="410" height="227" /></p>
<p>dans toute volonté d&#8217;atteindre les extrêmes.</p>
<p>Concernant Cesar, observons d&#8217;emblée que si la méconnaissance de la limite le porta vers le gigantisme, elle le mena aussi vers un principe tout autant contestable qui fut de méconnaître le cloisonnement des activités. Le travail d&#8217;un sculpteur ne rejoindra jamais celui d&#8217;un ferrailleur, abolir l&#8217;étancheité des parois séparant les deux activités, c&#8217;est assurer la prédominance du ferrailleur mais sûrement pas celle du sculpteur,</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1337" title="img863" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/10/img863.jpg" alt="" width="450" height="686" /></p>
<p>l&#8217;activité artistique étant de quête trop délicate pour résister à la rudesse des moyens mis en oeuvre par l&#8217;ouvrier de l&#8217;industrie, du bâtiment ou de la récupération.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1372" title="cesar-ferrailles" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/11/cesar-ferrailles.jpg" alt="" width="600" height="592" /></p>
<p>Remarquons d&#8217;autre part que si l&#8217; on admet généralement que sur un plan éthique les idées les plus extrêmes nous mènent au désastre, la chose sera moins reconnue sur le plan esthétique alors qu&#8217;il serait à cet égard tout de même permis de se demander si l&#8217;étrangeté, la bizarrerie voire l&#8217;extravagance d&#8217;une idée n&#8217;y perd pas en force poétique dès l&#8217;instant où elle connaît le moindre début de réalisation concrète. Un projet peut sembler d&#8217;autant plus beau qu&#8217;il est dément et d&#8217;autant plus dément que personne ne le réalisera.</p>
<p>Les incroyables machines imaginées par certains &#8220;fous littéraires&#8221;</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1318" title="img855" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/10/img855.jpg" alt="" width="400" height="662" /></p>
<p>me paraissent plus captivantes dans leur fantaisie hallucinante que certaines descendances plus ou moins lointaines</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1329" title="grand-verre" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/10/grand-verre.jpg" alt="" width="500" height="600" /></p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1338" title="chaos9" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/10/chaos9.jpg" alt="" width="430" height="404" /></p>
<p>Sur ce point, il semblerait que le littéraire autorise des excès que ne permettent pas les arts tombant sous les sens. Montrer un triangle carré est chose visuellement impossible alors que l&#8217;on pourrait fort bien concevoir un récit fantastique ayant pour thème la découverte d&#8217;un triangle carré. On n&#8217; a encore jamais vu de statues qui bougent  (Il s&#8217;agirait en ce cas d&#8217;automates) ou de portraits qui parlent, le générique de l&#8217;émission &#8220;d&#8217;art d&#8217;art&#8221;  (&#8217;&#8221;De l&#8217;art? MMMH! J&#8217;adore!&#8221;) en dit assez long sur la stupide laideur d&#8217;une telle éventualité. On verra pourtant plus bas que ce qui est impossible au plasticien ne l&#8217;est pas pour l&#8217;illustrateur et l&#8217;écrivain.</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/12/merimee.jpg" alt="" title="merimee" width="315" height="482" class="alignnone size-full wp-image-1400" /></a></p>
<p>Si l&#8217;on accorde à Henri Michaux que la réalisation littéraire d&#8217;une idée poétique est déjà une amorce de son altération, il faut alors en déduire que sa concrétisation matérielle achèvera de la gâter. Tout ce qui concrètement se réalise déçoit parce que tout ce qui s&#8217;incarne déchoit. Il y a déjà forte dégradation dans la possession visuelle et qui vire à l&#8217;écoeurement dans la possession physique. Dès lors, la littérature devient l&#8217;art supérieur par excellence parce que tuant la chair pour s&#8217;affirmer, elle bloque à temps un tel principe d&#8217;entropie. On comprendra ainsi d&#8217;autant mieux ce qualificatif de &#8220;poète&#8221; que Balzac mît dans la bouche de Poussin à propos d&#8217;un Frenhoffer incapable d&#8217;aboutissement pour être trop épris de puissance.</p>
<p>La conclusion logique est qu&#8217;il faudrait ne rien faire afin que la moindre idée, le moindre projet nous replace dans cette immensité de nos premières années.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1292" title="karl_k_hnle_4" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/09/karl_k_hnle_4.jpg" alt="" width="500" height="428" /></p>
<p>La paresse pourrait alors s&#8217;auréoler de la quête d&#8217;un passé perdu dont le futur ne serait que caricature et amoindrissement.</p>
<p>Mais outre que la connotation paienne de pareille conception me rebute, force est d&#8217;admettre que la stérilité est autant aveu d&#8217;impuissance que l&#8217;accumulation est forme de faiblesse. Un troisième terme pourrait alors s&#8217;esquisser si nous gardons présent à l&#8217;esprit que obnubilé par l&#8217;acte au point de le confondre avec la puissance, nous en oublions la retenue ascétique que devrait entraîner une juste compréhension de celle-ci.</p>
<p><a  href="http://falcophil.info/blog/quod-ergo-deus-coniunxit/">Il a déjà  été vu que l&#8217;art de l&#8217;icône dépassa cette brutale ambivalence entre la chair et l&#8217;esprit</a>, nous pourrions en conséquence, à notre modeste niveau, proposer ce très pâle avatar de l&#8217;icône qu&#8217;est l&#8217;informatique, laquelle après tout contient elle aussi irradiation et lumières (voire aussi des icônes quoique de façon fort dégradée!!!), l&#8217;ensemble enveloppant des choses non présentes dans leur indéniable présence. </p>
<p><img id="image148" height=300 width=350 alt=p1010149.jpg src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2007/02/p1010149.jpg" /></p>
<p>Installés donc sur un nuage flottant, nous partons ainsi en quête d&#8217;autres nuages flottants pour en revenir à ce fort discutable passage de la puissance à l&#8217;acte dont nous voudrions donner un autre exemple en rappelant que par ses pouces ou ses mains géantes, César n&#8217;avait en fait rien inventé, les altérations de proportion, de décuplement ou d&#8217;involution, n&#8217;étant que vieux fantasmes. Si notre époque a  parfois pu relancer le thème de façon fort convaincante, revu par césar , il n&#8217;est plus que faible avorton de certains voyages.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1316" title="img854" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/10/img854.jpg" alt="" width="600" height="587" /></p>
<p>que l&#8217;on ne saurait trop conseiller de relire car d&#8217;une part les images qui les illustrent ne suivent pas l&#8217;inspiration qui les conçut, ce qui permettrait d&#8217;autre part de voir combien auprès de Brobdingnag, les pouces de Cesar dépassent à peine le niveau du parc d&#8217;attraction. Du gigantisme, on conserve encore maintes traces</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1320" title="img858" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/10/img858.jpg" alt="" width="630" height="425" /></p>
<p>qui nous font comprendre que la démesure est souvent là pour pallier la carence d&#8217;un imaginaire beaucoup plus proche de l&#8217;essoufflement et du déclin que de la vigueur et de l&#8217;élan.</p>
<p>Nous est alors donné un autre aspect de la vraie puissance d&#8217;autant plus forte qu&#8217;elle est contenue dans de stricte limites d&#8217;espace et de temps, tout ce qui s&#8217;étend au travers de ces deux dimensions, dans la plupart des cas n&#8217;empruntant qu&#8217;une voie de déliquescence.</p>
<p>Rappelons par ailleurs que le pouce géant de César fut déjà imaginé au XIXème siècle par le dessinateur Jean-Isidore Grandville, dans son ouvrage fantastique &#8220;Un autre monde&#8221; .</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1319" title="img857" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/10/img857.jpg" alt="" width="620" height="595" /></p>
<p>Se vérifie, pensons nous, cette idée que de la poésie visionnaire au gigantisme décadent , il n&#8217;y a qu&#8217;un pas.</p>
<p>Un peintre, avons-nous dit, ne pourrait pas concevoir un portrait doté d&#8217;une voix sans tomber dans le ridicule, la force d&#8217;une peinture étant justement de remplacer la voix. Pourtant, Grandville a pu réaliser cet extrême pour n&#8217;être pas sorti du plan idéal. Dans la partie de l&#8217;ouvrage consacrée à de nouvelles formes d&#8217;art, il concevait ainsi les inventions les plus délirantes comme des tableaux dotés de bras armés menaçant les visiteurs. Confinée au simple niveau de l&#8217;imaginaire, la chose relevait d&#8217;un merveilleux digne de Swift, elle devenait franchement douteuse lorsque l&#8217;artiste italien Michelangelo Salamida s&#8217;en inspira en concevant sa fameuse réalisation intitulée &#8220;la connaissance du bien et du mal&#8221;:</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/10/cul1.jpg" alt="" title="cul1" width="398" height="306" class="alignnone size-full wp-image-1306" /></a><br />
<em>(Michelangelo Salamida: bas-relief en latex fixé sur plaque d&#8217;émail, présenté à la foire de Bâle de 2002) </em></p>
<p>Reproduction en trois dimensions d&#8217;un postérieur de femme qui vibrait et frétillait avec la même élasticité, lâchant de méphitiques flatulences sur le visiteur s&#8217;approchant d&#8217;un peu trop près pour observer, cette réalisation se trouvait reliée à un tuyau lui même connecté à une machine complexe fabriquant des gaz constitués des mêmes éléments chimiques que ceux produits par nos intestins. Une cellule photosensible inseréé dans le trou anale commandait l&#8217;échappée des gaz. Dans l&#8217;esprit de Salamida, ce &#8220;faux cul&#8221;, réminiscence fort vague d&#8217;un tableau de Courbet</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1330" title="courbetorig" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/10/courbetorig.jpeg" alt="" width="300" height="247" /></p>
<p>devait reproduire le mythe de la tentation et du péché originel ainsi que le processus par lequel se pérennise le drame de la chute et la nostalgie du paradis perdu.</p>
<p>Salamidà était d&#8217;ailleurs plutôt récidiviste en la matière puisqu&#8217;il avait déjà quelque temps auparavant conçu &#8220;vomica&#8221; la &#8220;dégobilleuse&#8221;.  Machine programmée pour vomir les aliments que l&#8217;on versait dedans, cette réalisation devait selon Salamidà  exprimer l&#8217;aliénation de l&#8217;homme moderne au travers de l&#8217;illusion de sa prétendue liberté.</p>
<p><a  href="http://falcophil.info/blog/propos-oiseux-desthete/#comment-185">De cette folle invention qui fût déjà évoquée à l&#8217;occasion d&#8217;un article précédent,</a> la plupart pensèrent qu&#8217;il s&#8217;agissait d&#8217;un canular forgé par moi, la chose étant trop absurde pour pouvoir être vraie. Mais c&#8217;était précisément parce que la chose était d&#8217;une stupidité totale que s&#8217;il elle ne méritait pas d&#8217;être créée, elle méritait néanmoins d&#8217;être écrite. De même, la machine à manger inventée par Chaplin dans les temps moderne</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1309" title="temps-modernes" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/10/temps-modernes.jpg" alt="" width="500" height="453" /></p>
<p>présentait toutes les raisons d&#8217;être filmée parce qu&#8217;elle n&#8217;avait aucune raison d&#8217;exister. Ce ne fut pourtant pas ce genre de considération qui arrêta Michelangelo Salamidà lequel s&#8217;inspirant de Chaplin voulut pousser encore plus loin l&#8217;absurdité en créant sa machine à dégueuler. </p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/11/vomica3.jpg" alt="" title="vomica3" width="335" height="409" class="alignnone size-full wp-image-1382" /></a><br />
<em>(Michelangelo Salamidà: &#8220;Vomica&#8221; ou la machine à dégueulis, maquette de la première version de 1990, dîte à &#8220;point d&#8217;impact sidéral&#8221;, fonte, plastique et oeil electronique)</em></p>
<p>Une fois encore, on ne peut que constater le caractère spécieux d&#8217;une démarche qui à vouloir une réalisation matérielle des idées les plus absurdes, les prive des lors, de tout impact poétique car l&#8217; on conviendra sans peine que c&#8217;est un abime qui sépare Charlie Chaplin de Salamida.</p>
<p>On pourrait de tout cela déduire que le droit à l&#8217;existence de nos idées les plus idiotes serait proportionnel à nos dons littéraires. Les idées puériles d&#8217;un plasticien resteront toujours puériles alors que seule la littérature semble pouvoir sauver un auteur de son infantilisme. Lewis Carroll était certainement infantile, il n&#8217;a pourtant pas réaliser d&#8217;oeuvre infantile, je n&#8217;en dirais cependant pas autant de Miro ou de Niki de Saint Phalle.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1339" title="img864" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/10/img864.jpg" alt="" width="500" height="849" /></p>
<p>Ou même encore d&#8217;un Murakami</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/11/murakami1.jpg" alt="" title="murakami1" width="300" height="300" class="alignnone size-full wp-image-1379" /></a></p>
<p>Nous continuerons à vérifier l&#8217;exactitude de l&#8217;assertion en décrivant cette autre machine présentée par l&#8217;allemand Wolfgang Preiss à la dernière foire de Milan.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1342" title="wolfgang-preiss" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/10/wolfgang-preiss.jpg" alt="" width="237" height="304" /><br />
<em>(Wolgang Preiss: &#8220;I want to know&#8221;, 2006) </em></p>
<p>Le principe d&#8217; &#8220;I want to know&#8221; est assez simple. Vous glissez à l&#8217;intérieur de la machine une photo de vous récente tout en ayant au préalable pris soin de déposer sur l&#8217;image un peu de votre salive, puis, suivant le chiffre que vous aurez composé à l&#8217;aide d&#8217;un clavier, 10, 20, 30 ou 40, la machine vous restitue votre photo accompagnée d&#8217;une autre image vous présentant votre visage vieilli de 10, 20, 30 ou 40 ans. J&#8217;ai voulu tenter l&#8217;expérience en introduisant une photo de moi prise l&#8217;année dernière</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1343" title="pentax06" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/10/pentax06.jpeg" alt="" width="500" height="692" /></p>
<p>puis, après avoir composé le 25 j&#8217;ai pu obtenir en quelques secondes l&#8217;image de ma figure vieillie de 25 ans.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1349" title="preiss" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/10/preiss.jpeg" alt="" width="500" height="701" /><br />
<em>(Wolgang Preiss: instantané issu de &#8220;I want to know&#8221;, Milan , Octobre 2008) </em></p>
<p>Il faut préciser que ladite machine semble fonctionner de façon très fiable. Conçue en collaboration avec des savants, ingénieurs, médecins, anatomistes et informaticiens, c&#8217;est à partir de vos traits présents et du code génétique contenu dans votre salive que ce bizarre appareil est capable d&#8217;extrapolations par lesquelles un programme informatique déduira de quelle manière doit évoluer l&#8217;altération de votre physionomie.</p>
<p>Ce qu&#8217;une telle machine peut recéler d&#8217;intéressant est qu&#8217;elle montre à quel point l&#8217;infantilisme peut aller se nicher jusque dans les conceptions les plus ingénieuses. Vouloir voyager dans l&#8217;avenir n&#8217;est ce pas un rêve d&#8217;enfant ? Encore une fois, Herbert Georges Wells fît un rêve puéril</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1341" title="wells" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/10/wells.jpg" alt="" width="200" height="332" /></p>
<p>mais qui eût pour résultat quelque chose qui ne l&#8217;est pas.</p>
<p>Wolfgang Preiss est non seulement puéril mais il a de plus fabriqué une oeuvre puérile car l&#8217;on serait bien en droit de se demander où est l&#8217;intérêt de vouloir vieillir de 25 ans en quelques secondes. Preiss s&#8217;est contenté de hausser les épaules, façon de me dire que je posais des questions stupides et qu&#8217;en tout état de cause, il n&#8217;appartenait qu&#8217;à moi de trouver la réponse.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1342" title="wolfgang-preiss" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/10/wolfgang-preiss.jpg" alt="" width="237" height="304" /></p>
<p>Le scientifique pourra voir dans cette invention un exemple de déterminisme de type laplacien. Le philosophe pourra plutôt penser à tel aphorisme de Cioran selon qui la vieillesse n&#8217;est que punition d&#8217;avoir vécu ou tel autre de Nietzsche observant qu&#8217;une imagination assez forte pour nous rendre capable de nous représenter un visage vieilli de 40 ans nous permettrait de traverser la vie sereinement.</p>
<p>Il s&#8217;agirait autrement dit d&#8217;une machine propre à donner la sagesse, la plupart des machines nous frappant de décervelage et d&#8217;addiction, la création de Weiss constituerait ainsi une première.</p>
<p>Quelle fardeau de sagesse était-je donc capable de supporter? C&#8217;était au fond la seule question essentielle que je me posais tout en ne pouvant détacher mes yeux médusés de cette image de mon futur.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1349" title="preiss" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/10/preiss.jpeg" alt="" width="500" height="701" /></p>
<p>J&#8217;avais beau me dire que tout cela ne dépassait pas le niveau d&#8217;un divertissement de fête foraine, ce fut avec un surcroît de nausée qu&#8217;après avoir composé le 30 , je découvris ma tête à l&#8217;age de 80 ans.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1350" title="preiss2" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/10/preiss2.jpeg" alt="" width="500" height="701" /></p>
<p>Bien sûr, je restai quelque peu incrédule mais d&#8217;une certaine manière la machine me démontrait que j&#8217;étais loin d&#8217;être un sage car c&#8217;est assurément un manque de sagesse que de refuser d&#8217;accepter l&#8217;inéluctable laideur et déchéance physique que nous réserve l&#8217;avenir.</p>
<p>Et puis, me rappelant que c&#8217;était la meilleure forme de sagesse que de se dire que l&#8217;on était tout sauf un sage, j&#8217;eus comme une illumination qui dissipa toute peur de l&#8217;avenir, durant certes un très bref laps de temps mais tout de même suffisant pour m&#8217;inciter à taper le 40.</p>
<p>M&#8217;apprêtant donc à connaître l&#8217;état de mon visage à 87 ans, vous jugerez de mon désappointement lorsque la machine me renvoya cette image.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1307" title="john-derrick-blue-sky" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/10/john-derrick-blue-sky.jpg" alt="" width="440" height="660" /></p>
<p>Preiss fut incapable de me donner une explication. La machine présentait parfois de ces défaillances qui donnaient ce genre de résultat. Peut-être existait-il un blocage au niveau de l&#8217;encrage ? Ou encore, l&#8217;ordinateur ne parvenait-il plus à pronostiquer l&#8217;évolution de mes traits au delà d&#8217;une certain temps ? Le monochrome pouvait fort bien signifier la couleur de l&#8217;absence.<br />
A ma question de savoir si l&#8217;absence dont il parlait signifiait &#8220;trépas&#8221;, il répondit &#8220;Peut-être&#8221;.<br />
A mon autre question de savoir pourquoi ce trépas était de couleur bleu ciel, l&#8217;usage voulant que pour la représentation de la mort un chromatisme triste ou sombre fut plus approprié, il ne trouva rien d&#8217;autre à dire que</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1307" title="john-derrick-blue-sky" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/10/john-derrick-blue-sky.jpg" alt="" width="440" height="660" /></p>
<p>n&#8217;être plus de ce monde n&#8217;était au fond pas si dramatique.</p>
<p>Il me suggéra de retenter l&#8217;expérience mais sentant aussitôt l&#8217;arnaque car plus ont souhaitait voir loin dans le temps plus il fallait payer cher, j&#8217;allais voir ce que l&#8217;on exposait au stand voisin où je découvris que pour beaucoup d&#8217;autres, l&#8217;outre tombe présentait également la couleur de l&#8217;azur puisque l&#8217;on proposait les mêmes monochromes.</p>
<p>On m&#8217;informa alors que je n&#8217;y étais pas du tout. Ces autres monochromes, quoique de même couleur n&#8217;étaient pourtant point de création mécanique mais bel et bien faits de main humaine, ayant pour auteur un peintre espagnol du nom de Luis Zamora.</p>
<p>Une première huile sur toile décrivait ainsi le ciel après le passage d&#8217;un oiseau</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1313" title="cadre-empire-grand-format-2" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/10/cadre-empire-grand-format-2.jpg" alt="" width="491" height="573" /></p>
<p>La seconde toile voulait évoquer la pensée de Yves Klein sautant dans le vide</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1313" title="cadre-empire-grand-format-2" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/10/cadre-empire-grand-format-2.jpg" alt="" width="491" height="573" /></p>
<p>La troisième se proposait d&#8217; illustrer la couverture d&#8217; un roman de Georges Bataille</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1313" title="cadre-empire-grand-format-2" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/10/cadre-empire-grand-format-2.jpg" alt="" width="491" height="573" /></p>
<p>La Quatrième peinture ne voulait pas être une oeuvre d&#8217;art mais rien d&#8217;autre qu&#8217;une couleur bleue étalée sur une surface plane.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1307" title="john-derrick-blue-sky" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/10/john-derrick-blue-sky.jpg" alt="" width="660" height="440" /></p>
<p>Commentaire du catalogue accompagnant l&#8217;exposition : <em>&#8220;Le tour de force de Luis Zamora est de nous montrer que quatre objets absolument identiques, en l&#8217;occurrence une surface recouverte d&#8217;une couleur bleue ciel peut se révéler être différente suivant l&#8217;intention qui préside à sa création, ainsi les trois premiers tableaux présentent-ils un travail artistique ( Un paysage, un portait psychologique et l&#8217;illustration d&#8217;un roman) alors que le 4eme ne l&#8217;est point puisqu&#8217;il n&#8217;est rien d&#8217;autre qu&#8217;une couleur bleu ciel étalée sur une toile.&#8221; </em><br />
Loin de moi l&#8217;idée de me gausser de ce travail qu&#8217;il serait d&#8217;ailleurs injuste de qualifier d&#8217;inintéressant car il nous interpelle tout de même quelque part mais il eût alors mérité mieux qu&#8217;un tel commentaire ayant de façon plutôt fort médiocre pillé Arthur Danto. Je renvois donc au remarquable livre du philosophe américain</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1334" title="img861" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/10/img861.jpg" alt="" width="526" height="780" /></p>
<p>si plein lui aussi de ces fantaisies délicieusement délirantes pourvu qu&#8217;elles demeurent sur le papier.<br />
C&#8217;est du moins le conseil que l&#8217;on aurait pu donner à John Freiman s&#8217;échinant à reproduire l&#8217;oeuvre de Fra Angelico et dont les travaux ont également été présentés à la dernière foire de Milan.</p>
<p>Cattelan qui avait transporté une fameuse et fort quelconque enseigne de Californie en Sicile,</p>
<p>s&#8217;était en fait platement inspiré du projet infiniment plus fou de Freiman qui depuis le début des années 80 a entrepris de construire à l&#8217;identique l&#8217;une des plus célèbres constructions de Florence, le couvent de San Marco, quelque part sur les plus hauts sommets du grand Canyon, la prestation ayant été sponsorisée par la firme Monsanto</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/11/freiman3.jpg" alt="" title="freiman3" width="630" height="361" class="alignnone size-full wp-image-1378" /></a><br />
<em>(John Freiman, &#8220;Le couvent de San Marco&#8221;, actuellement en cours de réalisation, les travaux ayant débuté en 1983. Desert de l&#8217;Arizona, grand canyon, à noter que le gazon est d&#8217;origine transgénique )</em></p>
<p>Et de reproduire fidèlement les fresques de Fra Angelico à l&#8217;intérieur de chaque cellule, lesquelles sont également reconstruites à l&#8217;identique</p>
<p>Sur le plan technique la prouesse de Freiman force l&#8217;admiration car sans la précision ajoutée en Italique, on ne saurait distinguer l&#8217;original de la copie.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1323" title="img860a" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/10/img860a.jpg" alt="" width="630" height="446" /><br />
<em>(Fra Angelico :&#8221;Crucifixion, Florence vers 1450)</em></p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1323" title="img860a" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/10/img860a.jpg" alt="" width="630" height="446" /><br />
<em>(John freiman : &#8220;Crucifixion&#8221;, Arizona, grand Canyon 1995)<br />
</em></p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1324" title="img860b" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/10/img860b.jpg" alt="" width="562" height="642" /><br />
<em>(Fra Angelico : &#8220;La Cène&#8221;, Florence vers 1450)</em></p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1324" title="img860b" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/10/img860b.jpg" alt="" width="562" height="642" /><br />
<em>(John Freiman : &#8220;La cène&#8221;, Arizona, Grand Canyon, 1997)</em></p>
<p>Pourtant, là encore, il eût fallu tout le talent d&#8217;un Borges pour rendre compte de cette idée que les deux oeuvres quoique identiques sont cependant fort dissemblables. C&#8217;est un manque d&#8217;acuité intellectuelle qui nous porterait à croire que le travail de Freiman n&#8217;est qu&#8217;une simple copie de Fra Angelico. Celui-ci conçut pour des religieux au coeur de l&#8217;Europe chrétienne une oeuvre finançée par l&#8217;Eglise catholique, tandis que Freiman forge à des fins purement conceptuelles au coeur du désert de l&#8217;Arizona, une oeuvre finançée par une multinationale<br />
Une oeuvre créée par un moine italien du XV ème siècle sera nécessairement différente de celle d&#8217;un peintre américain du XXIème, homosexuel, libertin et athée, quand bien même la deuxième oeuvre serait la réplique exacte de la première. De catéchisme et d&#8217;édification chez Fra Angelico, l&#8217;oeuvre devient alors polémique, spéculative et philosophique chez Freiman.</p>
<p>Autrement dit si l&#8217;on pousse jusqu&#8217;au bout la thèse de Borges reprise par Danto</p>
<p>L&#8217;oeuvre de Fra Angelico serait plutôt d&#8217;approche grossière, philosophiquement conformiste   ainsi qu&#8217;imprègnée de naïve religiosité populaire</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1328" title="img860c" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/10/img860c.jpg" alt="" width="610" height="747" /><br />
<em><br />
(Fra Angelico: &#8220;Entrée du Christ à Jérusalem, Florence 1450)</em></p>
<p>Tandis que celle de Freiman est audacieuse et de très subtile approche en ce qu&#8217;elle allie à la fois la complexité d&#8217;une démarche philosophique et la quête du passé artistique, poétique au plus point en ce qu&#8217;elle tente de sceller l&#8217;union entre deux mondes antagonistes, </p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/11/freiman3.jpg" alt="" title="freiman3" width="630" height="361" class="alignnone size-full wp-image-1378" /></p>
<p>les décors du quattrocento et les paysages du far-west, la fresque italienne et le western, l&#8217;univers d&#8217;Alberti et celui de John Wayne</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1328" title="img860c" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/10/img860c.jpg" alt="" width="610" height="747" /><br />
<em><br />
(Freiman: &#8220;Entrée du Christ à Jérusalem, Arizona , Grand Canyon , 1999)</em></p>
<p>Mais si Danto ne présente certes pas le talent narratif d&#8217;un Borges, c&#8217;est tout de même avec une certaine saveur qu&#8217;il nous commente le Pierre Ménard et son Quichotte, saveur qui hélas ne se retrouve pas dans la présentation des travaux de Freiman.</p>
<p>La problématique de la mimesis devrait pourtant donner lieu à des analyses plus rigoureuses car de toute évidence elle ne cesse de captiver les plasticiens. Nous avons ainsi retrouvé à cette foire Jean Paul Walras, auquel nous avions déjà consacré un billet. Il n&#8217;a eu droit lui aussi qu&#8217;à un médiocre texte aux arguments éculés <a  href="http://falcophil.info/blog/walras-entre-mondrian-et-la-lcr/">dont nous avions déjà retranscrit l&#8217;essentiel</a>. Bien dommage car si Walras poursuit son travail dans la veine qui l&#8217;a fait connaître, la Foire de Milan fut pour lui l&#8217;occasion de renouveler une vieille technique comme l&#8217;art de la fresque par une vaste composition murale réalisée il y a tout juste un an, au titre étrangement prophétique</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1344" title="spread" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/10/spread.jpg" alt="" width="483" height="417" /><br />
<em>( Jean Paul Walras: &#8221; Prémonition de la crise de 2008&#8243; , fresque, peinture murale , juin 2007) </em></p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1370" title="walras-fresque2" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/11/walras-fresque2.jpeg" alt="" width="630" height="370" /></p>
<p>Walras n&#8217;hésite d&#8217;ailleurs pas à laisser tomber ses pinceaux en travaillant la matière informatique par des installations reliées aux grandes places financières intenationales</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1345" title="walras" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/10/walras.jpg" alt="" width="180" height="140" /><br />
<em>( Jean-Paul Walras: &#8221; En direct avec Wall Street&#8221;, installation informatique, 2008)</em></p>
<p>N&#8217;oubliant pas en effet la condition fortunée de ses acheteurs toujours en quête d&#8217;un placement, Walras leur permet du même coup un suivi en direct de l&#8217;évolution du dow jones ou du CAC 40.</p>
<p>Encore ce dernier avait-il pu s&#8217;appuyer sur un semblant de critique, ce qui ne fut pas le cas de tous les autres vus à cette foire, trop inconnus pour bénéficier d&#8217;un rudiment d&#8217;appui littéraire.</p>
<p>Mes faibles talents pour écrire ne peuvent hélas suppléer à cette carence, aussi ne pourra t-on évoquer qu&#8217;en vitesse quelque unes des nombreuses autres curiosités présentées lors de cette manifestation.</p>
<p>Depuis 1999 le brésilien Joao Paulo Antunès propose des oeuvres connectées à des caméra de vidéo-surveillance. L&#8217;oeuvre consiste à présenter un écran sur lequel le spectateur se voit de dos en train de regarder ce même écran qui, curieusement, a disparu du mur sur lequel il est pourtant accroché.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1346" title="salle-ui" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/10/salle-ui.jpg" alt="" width="461" height="536" /></p>
<p>Les écrans peuvent d&#8217;ailleurs présenter une autre configuration par laquelle les spectateurs regardant l&#8217;oeuvre auront disparu</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1348" title="antunes" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/10/antunes.jpg" alt="" width="461" height="537" /></p>
<p>tandis que l&#8217;oeuvre est bien fixée au mur et qu&#8217;elle montre les spectateur qui cette fois-ci sont présents mais en train de regarder un mur nu d&#8217;où l&#8217;oeuvre a de nouveau disparu.</p>
<p>L&#8217;un des principaux tenants de l&#8217;actuel avant-garde russe, Oleg Bondartchouk se distingue par cette particularité de ne jamais exposer ses oeuvres à l&#8217;intérieur du bâtiment qui l&#8217;accueille mais juste à l&#8217;entrée où il déverse le contenu de sa poubelle.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1374" title="p1030500b" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/11/p1030500b.jpg" alt="" width="620" height="415" /><br />
<em>(Oleg Bondartchouk: poubelle renversée, Milan FAC, 2008)</em></p>
<p>Le roumain Emil Atanasiù a  quant à lui fondé tout son travail sur un seul thème: la progression de sa calvitie qu&#8217;il ne cesse de scruter année après année, jour après jour, cheveux après cheveux, en une angoisse obsessionnelle</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1358" title="milan6" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/11/milan6.jpg" alt="" width="630" height="444" /></p>
<p><em>( Emil Atanasiu: &#8220;alopecia progression, 7 steps&#8221; 2008&#8243;)</em></p>
<p>qui nous paraîtrait futile si elle ne nous apparaissait pas comme un écho de cette sourde peur de notre déchéance évoquée par la machine de Preiss</p>
<p>Le suédois Jorg Bjornson, transforme l&#8217;espace qui lui est imparti en véritable étalage de supermarché où les visiteurs peuvent faire leurs courses aussi naturellement que dans un magasin Carrefour.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1359" title="milan-6" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/11/milan-6.jpg" alt="" width="347" height="451" /><br />
<em>( Jorg Bjornson, étalage de tomates et de piments, installation, FIAC Paris 2007) </em></p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1364" title="milan-8" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/11/milan-8.jpg" alt="" width="400" height="266" /><br />
<em>(Bjornson; &#8220;étalage de pots de confiture, présenté en 2006 palais de Tokyo)<br />
</em></p>
<p>Oeuvres d&#8217;un réalisme voire d&#8217;un naturalisme très cru renouvelant le thème de la nature morte ainsi que l&#8217;étude de moeurs</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1360" title="milan-7" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/11/milan-7.jpg" alt="" width="505" height="330" /><br />
<em>(Bjornson , installation, biennale de Venise : 2006)</em></p>
<p>Précisons que pour pouvoir pleinement apprécier le travail de Bjornson, il est nécessaire d&#8217;être muni d&#8217;un panier ou d&#8217;un caddie et de consommer.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1362" title="img8661" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/11/img8661.jpg" alt="" width="630" height="306" /></p>
<p><em>( Bjornson: étalage, FAC de Milan, septembre 2008)<br />
</em></p>
<p>Des caisses à l&#8217;entrée de l&#8217;exposition vous permettant de régler vos achats.</p>
<p>Nous sous sommes plus particulièrement attardés à examiner le travail du français Alain Rocher dont les oeuvres sont à la fois de minutieuses recherches d&#8217;organisation plastique mais qui se veulent par ailleurs de valeur didactique et pédagogique car toutes axées sur les principales et diverses étapes de l&#8217;histoire de l&#8217;art.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1363" title="img869" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/11/img869.jpg" alt="" width="630" height="934" /><br />
<em>(Alain Rocher: &#8220;principaux artistes baroques&#8221;, , acrylique sur toile, 2004)<br />
</em></p>
<p>Beaucoup d&#8217;autres étaient présents que nous ne pouvons malheureusement évoquer dans cet article déjà trop long.</p>
<p>Nous n&#8217;irons pas plus loin dans ces quelques exemples où sont appliqués à de pauvres petites prestations plastiques, les principes de la grande bibliothèque borgienne. Sachant qu&#8217;en matière d&#8221;art contemporain on ne fera jamais mieux que tout ce qui fut conçu sur une certaine ile flottante,</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1347" title="laputa" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/10/laputa.jpg" alt="" width="422" height="600" /></p>
<p>nous voudrions conclure en soulignant une fois de plus que s&#8217;il est nécessaire d&#8217;extérioriser sa bêtise, alors la littérature devient vitale en ce qu&#8217;elle sauve le monde parce qu&#8217;elle rend toute chose plus légère qu&#8217;une ombre.</p>
<p>Falcophil</p>
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