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	<title>*******SOLUS SOLI******* &#187; Art contemporain</title>
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	<description>Philippe Falcone&#039;s blog</description>
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		<title>NUAGES FLOTTANTS.</title>
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		<comments>http://falcophil.info/blog/couvertures-auxquelles-vous-avez-echappe/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 06 Nov 2008 21:30:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Falcophil</dc:creator>
				<category><![CDATA[Art contemporain]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie esthétique]]></category>
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		<category><![CDATA[Ajouter un tag]]></category>
		<category><![CDATA[étapes de l'hitoire de l'art]]></category>
		<category><![CDATA[tentatvi]]></category>

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		<description><![CDATA[En lisant un article sur une exposition dernièrement consacrée à César,

je me suis souvenu avoir entendu celui-ci déclarer qu&#8217;

&#8216;autant il détestait les extrêmes en politique autant il les trouvait souhaitables en matière d&#8217;art. L&#8217;assertion peut sembler des plus spécieuses car on ne voit pas pourquoi ce qui serait néfaste en politique devrait être bénéfique en [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>En lisant un article sur une exposition dernièrement consacrée à César,</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/11/1.jpg" alt="" title="1" width="250" height="339" class="alignnone size-full wp-image-1376" /></a></p>
<p>je me suis souvenu avoir entendu celui-ci déclarer qu&#8217;</p>
<p><span id="more-1304"></span><br />
&#8216;autant il détestait les extrêmes en politique autant il les trouvait souhaitables en matière d&#8217;art. L&#8217;assertion peut sembler des plus spécieuses car on ne voit pas pourquoi ce qui serait néfaste en politique devrait être bénéfique en art. Il ne semble pas qu&#8217;un type particulier d&#8217;activité fut visé par les mythes et fables des anciens qui voyaient un principe d&#8217;autodestruction</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1371" title="chutical" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/11/chutical.jpg" alt="" width="410" height="227" /></p>
<p>dans toute volonté d&#8217;atteindre les extrêmes.</p>
<p>Concernant Cesar, observons d&#8217;emblée que si la méconnaissance de la limite le porta vers le gigantisme, elle le mena aussi vers un principe tout autant contestable qui fut de méconnaître le cloisonnement des activités. Le travail d&#8217;un sculpteur ne rejoindra jamais celui d&#8217;un ferrailleur, abolir l&#8217;étancheité des parois séparant les deux activités, c&#8217;est assurer la prédominance du ferrailleur mais sûrement pas celle du sculpteur,</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1337" title="img863" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/10/img863.jpg" alt="" width="450" height="686" /></p>
<p>l&#8217;activité artistique étant de quête trop délicate pour résister à la rudesse des moyens mis en oeuvre par l&#8217;ouvrier de l&#8217;industrie, du bâtiment ou de la récupération.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1372" title="cesar-ferrailles" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/11/cesar-ferrailles.jpg" alt="" width="600" height="592" /></p>
<p>Remarquons d&#8217;autre part que si l&#8217; on admet généralement que sur un plan éthique les idées les plus extrêmes nous mènent au désastre, la chose sera moins reconnue sur le plan esthétique alors qu&#8217;il serait à cet égard tout de même permis de se demander si l&#8217;étrangeté, la bizarrerie voire l&#8217;extravagance d&#8217;une idée n&#8217;y perd pas en force poétique dès l&#8217;instant où elle connaît le moindre début de réalisation concrète. Un projet peut sembler d&#8217;autant plus beau qu&#8217;il est dément et d&#8217;autant plus dément que personne ne le réalisera.</p>
<p>Les incroyables machines imaginées par certains &#8220;fous littéraires&#8221;</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1318" title="img855" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/10/img855.jpg" alt="" width="400" height="662" /></p>
<p>me paraissent plus captivantes dans leur fantaisie hallucinante que certaines descendances plus ou moins lointaines</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1329" title="grand-verre" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/10/grand-verre.jpg" alt="" width="500" height="600" /></p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1338" title="chaos9" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/10/chaos9.jpg" alt="" width="430" height="404" /></p>
<p>Sur ce point, il semblerait que le littéraire autorise des excès que ne permettent pas les arts tombant sous les sens. Montrer un triangle carré est chose visuellement impossible alors que l&#8217;on pourrait fort bien concevoir un récit fantastique ayant pour thème la découverte d&#8217;un triangle carré. On n&#8217; a encore jamais vu de statues qui bougent  (Il s&#8217;agirait en ce cas d&#8217;automates) ou de portraits qui parlent, le générique de l&#8217;émission &#8220;d&#8217;art d&#8217;art&#8221;  (&#8217;&#8221;De l&#8217;art? MMMH! J&#8217;adore!&#8221;) en dit assez long sur la stupide laideur d&#8217;une telle éventualité. On verra pourtant plus bas que ce qui est impossible au plasticien ne l&#8217;est pas pour l&#8217;illustrateur et l&#8217;écrivain.</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/12/merimee.jpg" alt="" title="merimee" width="315" height="482" class="alignnone size-full wp-image-1400" /></a></p>
<p>Si l&#8217;on accorde à Henri Michaux que la réalisation littéraire d&#8217;une idée poétique est déjà une amorce de son altération, il faut alors en déduire que sa concrétisation matérielle achèvera de la gâter. Tout ce qui concrètement se réalise déçoit parce que tout ce qui s&#8217;incarne déchoit. Il y a déjà forte dégradation dans la possession visuelle et qui vire à l&#8217;écoeurement dans la possession physique. Dès lors, la littérature devient l&#8217;art supérieur par excellence parce que tuant la chair pour s&#8217;affirmer, elle bloque à temps un tel principe d&#8217;entropie. On comprendra ainsi d&#8217;autant mieux ce qualificatif de &#8220;poète&#8221; que Balzac mît dans la bouche de Poussin à propos d&#8217;un Frenhoffer incapable d&#8217;aboutissement pour être trop épris de puissance.</p>
<p>La conclusion logique est qu&#8217;il faudrait ne rien faire afin que la moindre idée, le moindre projet nous replace dans cette immensité de nos premières années.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1292" title="karl_k_hnle_4" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/09/karl_k_hnle_4.jpg" alt="" width="500" height="428" /></p>
<p>La paresse pourrait alors s&#8217;auréoler de la quête d&#8217;un passé perdu dont le futur ne serait que caricature et amoindrissement.</p>
<p>Mais outre que la connotation paienne de pareille conception me rebute, force est d&#8217;admettre que la stérilité est autant aveu d&#8217;impuissance que l&#8217;accumulation est forme de faiblesse. Un troisième terme pourrait alors s&#8217;esquisser si nous gardons présent à l&#8217;esprit que obnubilé par l&#8217;acte au point de le confondre avec la puissance, nous en oublions la retenue ascétique que devrait entraîner une juste compréhension de celle-ci.</p>
<p><a  href="http://falcophil.info/blog/quod-ergo-deus-coniunxit/">Il a déjà  été vu que l&#8217;art de l&#8217;icône dépassa cette brutale ambivalence entre la chair et l&#8217;esprit</a>, nous pourrions en conséquence, à notre modeste niveau, proposer ce très pâle avatar de l&#8217;icône qu&#8217;est l&#8217;informatique, laquelle après tout contient elle aussi irradiation et lumières (voire aussi des icônes quoique de façon fort dégradée!!!), l&#8217;ensemble enveloppant des choses non présentes dans leur indéniable présence. </p>
<p><img id="image148" height=300 width=350 alt=p1010149.jpg src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2007/02/p1010149.jpg" /></p>
<p>Installés donc sur un nuage flottant, nous partons ainsi en quête d&#8217;autres nuages flottants pour en revenir à ce fort discutable passage de la puissance à l&#8217;acte dont nous voudrions donner un autre exemple en rappelant que par ses pouces ou ses mains géantes, César n&#8217;avait en fait rien inventé, les altérations de proportion, de décuplement ou d&#8217;involution, n&#8217;étant que vieux fantasmes. Si notre époque a  parfois pu relancer le thème de façon fort convaincante, revu par césar , il n&#8217;est plus que faible avorton de certains voyages.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1316" title="img854" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/10/img854.jpg" alt="" width="600" height="587" /></p>
<p>que l&#8217;on ne saurait trop conseiller de relire car d&#8217;une part les images qui les illustrent ne suivent pas l&#8217;inspiration qui les conçut, ce qui permettrait d&#8217;autre part de voir combien auprès de Brobdingnag, les pouces de Cesar dépassent à peine le niveau du parc d&#8217;attraction. Du gigantisme, on conserve encore maintes traces</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1320" title="img858" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/10/img858.jpg" alt="" width="630" height="425" /></p>
<p>qui nous font comprendre que la démesure est souvent là pour pallier la carence d&#8217;un imaginaire beaucoup plus proche de l&#8217;essoufflement et du déclin que de la vigueur et de l&#8217;élan.</p>
<p>Nous est alors donné un autre aspect de la vraie puissance d&#8217;autant plus forte qu&#8217;elle est contenue dans de stricte limites d&#8217;espace et de temps, tout ce qui s&#8217;étend au travers de ces deux dimensions, dans la plupart des cas n&#8217;empruntant qu&#8217;une voie de déliquescence.</p>
<p>Rappelons par ailleurs que le pouce géant de César fut déjà imaginé au XIXème siècle par le dessinateur Jean-Isidore Grandville, dans son ouvrage fantastique &#8220;Un autre monde&#8221; .</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1319" title="img857" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/10/img857.jpg" alt="" width="620" height="595" /></p>
<p>Se vérifie, pensons nous, cette idée que de la poésie visionnaire au gigantisme décadent , il n&#8217;y a qu&#8217;un pas.</p>
<p>Un peintre, avons-nous dit, ne pourrait pas concevoir un portrait doté d&#8217;une voix sans tomber dans le ridicule, la force d&#8217;une peinture étant justement de remplacer la voix. Pourtant, Grandville a pu réaliser cet extrême pour n&#8217;être pas sorti du plan idéal. Dans la partie de l&#8217;ouvrage consacrée à de nouvelles formes d&#8217;art, il concevait ainsi les inventions les plus délirantes comme des tableaux dotés de bras armés menaçant les visiteurs. Confinée au simple niveau de l&#8217;imaginaire, la chose relevait d&#8217;un merveilleux digne de Swift, elle devenait franchement douteuse lorsque l&#8217;artiste italien Michelangelo Salamida s&#8217;en inspira en concevant sa fameuse réalisation intitulée &#8220;la connaissance du bien et du mal&#8221;:</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/10/cul1.jpg" alt="" title="cul1" width="398" height="306" class="alignnone size-full wp-image-1306" /></a><br />
<em>(Michelangelo Salamida: bas-relief en latex fixé sur plaque d&#8217;émail, présenté à la foire de Bâle de 2002) </em></p>
<p>Reproduction en trois dimensions d&#8217;un postérieur de femme qui vibrait et frétillait avec la même élasticité, lâchant de méphitiques flatulences sur le visiteur s&#8217;approchant d&#8217;un peu trop près pour observer, cette réalisation se trouvait reliée à un tuyau lui même connecté à une machine complexe fabriquant des gaz constitués des mêmes éléments chimiques que ceux produits par nos intestins. Une cellule photosensible inseréé dans le trou anale commandait l&#8217;échappée des gaz. Dans l&#8217;esprit de Salamida, ce &#8220;faux cul&#8221;, réminiscence fort vague d&#8217;un tableau de Courbet</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1330" title="courbetorig" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/10/courbetorig.jpeg" alt="" width="300" height="247" /></p>
<p>devait reproduire le mythe de la tentation et du péché originel ainsi que le processus par lequel se pérennise le drame de la chute et la nostalgie du paradis perdu.</p>
<p>Salamidà était d&#8217;ailleurs plutôt récidiviste en la matière puisqu&#8217;il avait déjà quelque temps auparavant conçu &#8220;vomica&#8221; la &#8220;dégobilleuse&#8221;.  Machine programmée pour vomir les aliments que l&#8217;on versait dedans, cette réalisation devait selon Salamidà  exprimer l&#8217;aliénation de l&#8217;homme moderne au travers de l&#8217;illusion de sa prétendue liberté.</p>
<p><a  href="http://falcophil.info/blog/propos-oiseux-desthete/#comment-185">De cette folle invention qui fût déjà évoquée à l&#8217;occasion d&#8217;un article précédent,</a> la plupart pensèrent qu&#8217;il s&#8217;agissait d&#8217;un canular forgé par moi, la chose étant trop absurde pour pouvoir être vraie. Mais c&#8217;était précisément parce que la chose était d&#8217;une stupidité totale que s&#8217;il elle ne méritait pas d&#8217;être créée, elle méritait néanmoins d&#8217;être écrite. De même, la machine à manger inventée par Chaplin dans les temps moderne</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1309" title="temps-modernes" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/10/temps-modernes.jpg" alt="" width="500" height="453" /></p>
<p>présentait toutes les raisons d&#8217;être filmée parce qu&#8217;elle n&#8217;avait aucune raison d&#8217;exister. Ce ne fut pourtant pas ce genre de considération qui arrêta Michelangelo Salamidà lequel s&#8217;inspirant de Chaplin voulut pousser encore plus loin l&#8217;absurdité en créant sa machine à dégueuler. </p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/11/vomica3.jpg" alt="" title="vomica3" width="335" height="409" class="alignnone size-full wp-image-1382" /></a><br />
<em>(Michelangelo Salamidà: &#8220;Vomica&#8221; ou la machine à dégueulis, maquette de la première version de 1990, dîte à &#8220;point d&#8217;impact sidéral&#8221;, fonte, plastique et oeil electronique)</em></p>
<p>Une fois encore, on ne peut que constater le caractère spécieux d&#8217;une démarche qui à vouloir une réalisation matérielle des idées les plus absurdes, les prive des lors, de tout impact poétique car l&#8217; on conviendra sans peine que c&#8217;est un abime qui sépare Charlie Chaplin de Salamida.</p>
<p>On pourrait de tout cela déduire que le droit à l&#8217;existence de nos idées les plus idiotes serait proportionnel à nos dons littéraires. Les idées puériles d&#8217;un plasticien resteront toujours puériles alors que seule la littérature semble pouvoir sauver un auteur de son infantilisme. Lewis Carroll était certainement infantile, il n&#8217;a pourtant pas réaliser d&#8217;oeuvre infantile, je n&#8217;en dirais cependant pas autant de Miro ou de Niki de Saint Phalle.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1339" title="img864" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/10/img864.jpg" alt="" width="500" height="849" /></p>
<p>Ou même encore d&#8217;un Murakami</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/11/murakami1.jpg" alt="" title="murakami1" width="300" height="300" class="alignnone size-full wp-image-1379" /></a></p>
<p>Nous continuerons à vérifier l&#8217;exactitude de l&#8217;assertion en décrivant cette autre machine présentée par l&#8217;allemand Wolfgang Preiss à la dernière foire de Milan.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1342" title="wolfgang-preiss" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/10/wolfgang-preiss.jpg" alt="" width="237" height="304" /><br />
<em>(Wolgang Preiss: &#8220;I want to know&#8221;, 2006) </em></p>
<p>Le principe d&#8217; &#8220;I want to know&#8221; est assez simple. Vous glissez à l&#8217;intérieur de la machine une photo de vous récente tout en ayant au préalable pris soin de déposer sur l&#8217;image un peu de votre salive, puis, suivant le chiffre que vous aurez composé à l&#8217;aide d&#8217;un clavier, 10, 20, 30 ou 40, la machine vous restitue votre photo accompagnée d&#8217;une autre image vous présentant votre visage vieilli de 10, 20, 30 ou 40 ans. J&#8217;ai voulu tenter l&#8217;expérience en introduisant une photo de moi prise l&#8217;année dernière</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1343" title="pentax06" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/10/pentax06.jpeg" alt="" width="500" height="692" /></p>
<p>puis, après avoir composé le 25 j&#8217;ai pu obtenir en quelques secondes l&#8217;image de ma figure vieillie de 25 ans.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1349" title="preiss" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/10/preiss.jpeg" alt="" width="500" height="701" /><br />
<em>(Wolgang Preiss: instantané issu de &#8220;I want to know&#8221;, Milan , Octobre 2008) </em></p>
<p>Il faut préciser que ladite machine semble fonctionner de façon très fiable. Conçue en collaboration avec des savants, ingénieurs, médecins, anatomistes et informaticiens, c&#8217;est à partir de vos traits présents et du code génétique contenu dans votre salive que ce bizarre appareil est capable d&#8217;extrapolations par lesquelles un programme informatique déduira de quelle manière doit évoluer l&#8217;altération de votre physionomie.</p>
<p>Ce qu&#8217;une telle machine peut recéler d&#8217;intéressant est qu&#8217;elle montre à quel point l&#8217;infantilisme peut aller se nicher jusque dans les conceptions les plus ingénieuses. Vouloir voyager dans l&#8217;avenir n&#8217;est ce pas un rêve d&#8217;enfant ? Encore une fois, Herbert Georges Wells fît un rêve puéril</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1341" title="wells" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/10/wells.jpg" alt="" width="200" height="332" /></p>
<p>mais qui eût pour résultat quelque chose qui ne l&#8217;est pas.</p>
<p>Wolfgang Preiss est non seulement puéril mais il a de plus fabriqué une oeuvre puérile car l&#8217;on serait bien en droit de se demander où est l&#8217;intérêt de vouloir vieillir de 25 ans en quelques secondes. Preiss s&#8217;est contenté de hausser les épaules, façon de me dire que je posais des questions stupides et qu&#8217;en tout état de cause, il n&#8217;appartenait qu&#8217;à moi de trouver la réponse.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1342" title="wolfgang-preiss" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/10/wolfgang-preiss.jpg" alt="" width="237" height="304" /></p>
<p>Le scientifique pourra voir dans cette invention un exemple de déterminisme de type laplacien. Le philosophe pourra plutôt penser à tel aphorisme de Cioran selon qui la vieillesse n&#8217;est que punition d&#8217;avoir vécu ou tel autre de Nietzsche observant qu&#8217;une imagination assez forte pour nous rendre capable de nous représenter un visage vieilli de 40 ans nous permettrait de traverser la vie sereinement.</p>
<p>Il s&#8217;agirait autrement dit d&#8217;une machine propre à donner la sagesse, la plupart des machines nous frappant de décervelage et d&#8217;addiction, la création de Weiss constituerait ainsi une première.</p>
<p>Quelle fardeau de sagesse était-je donc capable de supporter? C&#8217;était au fond la seule question essentielle que je me posais tout en ne pouvant détacher mes yeux médusés de cette image de mon futur.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1349" title="preiss" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/10/preiss.jpeg" alt="" width="500" height="701" /></p>
<p>J&#8217;avais beau me dire que tout cela ne dépassait pas le niveau d&#8217;un divertissement de fête foraine, ce fut avec un surcroît de nausée qu&#8217;après avoir composé le 30 , je découvris ma tête à l&#8217;age de 80 ans.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1350" title="preiss2" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/10/preiss2.jpeg" alt="" width="500" height="701" /></p>
<p>Bien sûr, je restai quelque peu incrédule mais d&#8217;une certaine manière la machine me démontrait que j&#8217;étais loin d&#8217;être un sage car c&#8217;est assurément un manque de sagesse que de refuser d&#8217;accepter l&#8217;inéluctable laideur et déchéance physique que nous réserve l&#8217;avenir.</p>
<p>Et puis, me rappelant que c&#8217;était la meilleure forme de sagesse que de se dire que l&#8217;on était tout sauf un sage, j&#8217;eus comme une illumination qui dissipa toute peur de l&#8217;avenir, durant certes un très bref laps de temps mais tout de même suffisant pour m&#8217;inciter à taper le 40.</p>
<p>M&#8217;apprêtant donc à connaître l&#8217;état de mon visage à 87 ans, vous jugerez de mon désappointement lorsque la machine me renvoya cette image.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1307" title="john-derrick-blue-sky" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/10/john-derrick-blue-sky.jpg" alt="" width="440" height="660" /></p>
<p>Preiss fut incapable de me donner une explication. La machine présentait parfois de ces défaillances qui donnaient ce genre de résultat. Peut-être existait-il un blocage au niveau de l&#8217;encrage ? Ou encore, l&#8217;ordinateur ne parvenait-il plus à pronostiquer l&#8217;évolution de mes traits au delà d&#8217;une certain temps ? Le monochrome pouvait fort bien signifier la couleur de l&#8217;absence.<br />
A ma question de savoir si l&#8217;absence dont il parlait signifiait &#8220;trépas&#8221;, il répondit &#8220;Peut-être&#8221;.<br />
A mon autre question de savoir pourquoi ce trépas était de couleur bleu ciel, l&#8217;usage voulant que pour la représentation de la mort un chromatisme triste ou sombre fut plus approprié, il ne trouva rien d&#8217;autre à dire que</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1307" title="john-derrick-blue-sky" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/10/john-derrick-blue-sky.jpg" alt="" width="440" height="660" /></p>
<p>n&#8217;être plus de ce monde n&#8217;était au fond pas si dramatique.</p>
<p>Il me suggéra de retenter l&#8217;expérience mais sentant aussitôt l&#8217;arnaque car plus ont souhaitait voir loin dans le temps plus il fallait payer cher, j&#8217;allais voir ce que l&#8217;on exposait au stand voisin où je découvris que pour beaucoup d&#8217;autres, l&#8217;outre tombe présentait également la couleur de l&#8217;azur puisque l&#8217;on proposait les mêmes monochromes.</p>
<p>On m&#8217;informa alors que je n&#8217;y étais pas du tout. Ces autres monochromes, quoique de même couleur n&#8217;étaient pourtant point de création mécanique mais bel et bien faits de main humaine, ayant pour auteur un peintre espagnol du nom de Luis Zamora.</p>
<p>Une première huile sur toile décrivait ainsi le ciel après le passage d&#8217;un oiseau</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1313" title="cadre-empire-grand-format-2" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/10/cadre-empire-grand-format-2.jpg" alt="" width="491" height="573" /></p>
<p>La seconde toile voulait évoquer la pensée de Yves Klein sautant dans le vide</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1313" title="cadre-empire-grand-format-2" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/10/cadre-empire-grand-format-2.jpg" alt="" width="491" height="573" /></p>
<p>La troisième se proposait d&#8217; illustrer la couverture d&#8217; un roman de Georges Bataille</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1313" title="cadre-empire-grand-format-2" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/10/cadre-empire-grand-format-2.jpg" alt="" width="491" height="573" /></p>
<p>La Quatrième peinture ne voulait pas être une oeuvre d&#8217;art mais rien d&#8217;autre qu&#8217;une couleur bleue étalée sur une surface plane.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1307" title="john-derrick-blue-sky" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/10/john-derrick-blue-sky.jpg" alt="" width="660" height="440" /></p>
<p>Commentaire du catalogue accompagnant l&#8217;exposition : <em>&#8220;Le tour de force de Luis Zamora est de nous montrer que quatre objets absolument identiques, en l&#8217;occurrence une surface recouverte d&#8217;une couleur bleue ciel peut se révéler être différente suivant l&#8217;intention qui préside à sa création, ainsi les trois premiers tableaux présentent-ils un travail artistique ( Un paysage, un portait psychologique et l&#8217;illustration d&#8217;un roman) alors que le 4eme ne l&#8217;est point puisqu&#8217;il n&#8217;est rien d&#8217;autre qu&#8217;une couleur bleu ciel étalée sur une toile.&#8221; </em><br />
Loin de moi l&#8217;idée de me gausser de ce travail qu&#8217;il serait d&#8217;ailleurs injuste de qualifier d&#8217;inintéressant car il nous interpelle tout de même quelque part mais il eût alors mérité mieux qu&#8217;un tel commentaire ayant de façon plutôt fort médiocre pillé Arthur Danto. Je renvois donc au remarquable livre du philosophe américain</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1334" title="img861" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/10/img861.jpg" alt="" width="526" height="780" /></p>
<p>si plein lui aussi de ces fantaisies délicieusement délirantes pourvu qu&#8217;elles demeurent sur le papier.<br />
C&#8217;est du moins le conseil que l&#8217;on aurait pu donner à John Freiman s&#8217;échinant à reproduire l&#8217;oeuvre de Fra Angelico et dont les travaux ont également été présentés à la dernière foire de Milan.</p>
<p>Cattelan qui avait transporté une fameuse et fort quelconque enseigne de Californie en Sicile,</p>
<p>s&#8217;était en fait platement inspiré du projet infiniment plus fou de Freiman qui depuis le début des années 80 a entrepris de construire à l&#8217;identique l&#8217;une des plus célèbres constructions de Florence, le couvent de San Marco, quelque part sur les plus hauts sommets du grand Canyon, la prestation ayant été sponsorisée par la firme Monsanto</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/11/freiman3.jpg" alt="" title="freiman3" width="630" height="361" class="alignnone size-full wp-image-1378" /></a><br />
<em>(John Freiman, &#8220;Le couvent de San Marco&#8221;, actuellement en cours de réalisation, les travaux ayant débuté en 1983. Desert de l&#8217;Arizona, grand canyon, à noter que le gazon est d&#8217;origine transgénique )</em></p>
<p>Et de reproduire fidèlement les fresques de Fra Angelico à l&#8217;intérieur de chaque cellule, lesquelles sont également reconstruites à l&#8217;identique</p>
<p>Sur le plan technique la prouesse de Freiman force l&#8217;admiration car sans la précision ajoutée en Italique, on ne saurait distinguer l&#8217;original de la copie.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1323" title="img860a" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/10/img860a.jpg" alt="" width="630" height="446" /><br />
<em>(Fra Angelico :&#8221;Crucifixion, Florence vers 1450)</em></p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1323" title="img860a" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/10/img860a.jpg" alt="" width="630" height="446" /><br />
<em>(John freiman : &#8220;Crucifixion&#8221;, Arizona, grand Canyon 1995)<br />
</em></p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1324" title="img860b" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/10/img860b.jpg" alt="" width="562" height="642" /><br />
<em>(Fra Angelico : &#8220;La Cène&#8221;, Florence vers 1450)</em></p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1324" title="img860b" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/10/img860b.jpg" alt="" width="562" height="642" /><br />
<em>(John Freiman : &#8220;La cène&#8221;, Arizona, Grand Canyon, 1997)</em></p>
<p>Pourtant, là encore, il eût fallu tout le talent d&#8217;un Borges pour rendre compte de cette idée que les deux oeuvres quoique identiques sont cependant fort dissemblables. C&#8217;est un manque d&#8217;acuité intellectuelle qui nous porterait à croire que le travail de Freiman n&#8217;est qu&#8217;une simple copie de Fra Angelico. Celui-ci conçut pour des religieux au coeur de l&#8217;Europe chrétienne une oeuvre finançée par l&#8217;Eglise catholique, tandis que Freiman forge à des fins purement conceptuelles au coeur du désert de l&#8217;Arizona, une oeuvre finançée par une multinationale<br />
Une oeuvre créée par un moine italien du XV ème siècle sera nécessairement différente de celle d&#8217;un peintre américain du XXIème, homosexuel, libertin et athée, quand bien même la deuxième oeuvre serait la réplique exacte de la première. De catéchisme et d&#8217;édification chez Fra Angelico, l&#8217;oeuvre devient alors polémique, spéculative et philosophique chez Freiman.</p>
<p>Autrement dit si l&#8217;on pousse jusqu&#8217;au bout la thèse de Borges reprise par Danto</p>
<p>L&#8217;oeuvre de Fra Angelico serait plutôt d&#8217;approche grossière, philosophiquement conformiste   ainsi qu&#8217;imprègnée de naïve religiosité populaire</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1328" title="img860c" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/10/img860c.jpg" alt="" width="610" height="747" /><br />
<em><br />
(Fra Angelico: &#8220;Entrée du Christ à Jérusalem, Florence 1450)</em></p>
<p>Tandis que celle de Freiman est audacieuse et de très subtile approche en ce qu&#8217;elle allie à la fois la complexité d&#8217;une démarche philosophique et la quête du passé artistique, poétique au plus point en ce qu&#8217;elle tente de sceller l&#8217;union entre deux mondes antagonistes, </p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/11/freiman3.jpg" alt="" title="freiman3" width="630" height="361" class="alignnone size-full wp-image-1378" /></p>
<p>les décors du quattrocento et les paysages du far-west, la fresque italienne et le western, l&#8217;univers d&#8217;Alberti et celui de John Wayne</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1328" title="img860c" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/10/img860c.jpg" alt="" width="610" height="747" /><br />
<em><br />
(Freiman: &#8220;Entrée du Christ à Jérusalem, Arizona , Grand Canyon , 1999)</em></p>
<p>Mais si Danto ne présente certes pas le talent narratif d&#8217;un Borges, c&#8217;est tout de même avec une certaine saveur qu&#8217;il nous commente le Pierre Ménard et son Quichotte, saveur qui hélas ne se retrouve pas dans la présentation des travaux de Freiman.</p>
<p>La problématique de la mimesis devrait pourtant donner lieu à des analyses plus rigoureuses car de toute évidence elle ne cesse de captiver les plasticiens. Nous avons ainsi retrouvé à cette foire Jean Paul Walras, auquel nous avions déjà consacré un billet. Il n&#8217;a eu droit lui aussi qu&#8217;à un médiocre texte aux arguments éculés <a  href="http://falcophil.info/blog/walras-entre-mondrian-et-la-lcr/">dont nous avions déjà retranscrit l&#8217;essentiel</a>. Bien dommage car si Walras poursuit son travail dans la veine qui l&#8217;a fait connaître, la Foire de Milan fut pour lui l&#8217;occasion de renouveler une vieille technique comme l&#8217;art de la fresque par une vaste composition murale réalisée il y a tout juste un an, au titre étrangement prophétique</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1344" title="spread" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/10/spread.jpg" alt="" width="483" height="417" /><br />
<em>( Jean Paul Walras: &#8221; Prémonition de la crise de 2008&#8243; , fresque, peinture murale , juin 2007) </em></p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1370" title="walras-fresque2" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/11/walras-fresque2.jpeg" alt="" width="630" height="370" /></p>
<p>Walras n&#8217;hésite d&#8217;ailleurs pas à laisser tomber ses pinceaux en travaillant la matière informatique par des installations reliées aux grandes places financières intenationales</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1345" title="walras" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/10/walras.jpg" alt="" width="180" height="140" /><br />
<em>( Jean-Paul Walras: &#8221; En direct avec Wall Street&#8221;, installation informatique, 2008)</em></p>
<p>N&#8217;oubliant pas en effet la condition fortunée de ses acheteurs toujours en quête d&#8217;un placement, Walras leur permet du même coup un suivi en direct de l&#8217;évolution du dow jones ou du CAC 40.</p>
<p>Encore ce dernier avait-il pu s&#8217;appuyer sur un semblant de critique, ce qui ne fut pas le cas de tous les autres vus à cette foire, trop inconnus pour bénéficier d&#8217;un rudiment d&#8217;appui littéraire.</p>
<p>Mes faibles talents pour écrire ne peuvent hélas suppléer à cette carence, aussi ne pourra t-on évoquer qu&#8217;en vitesse quelque unes des nombreuses autres curiosités présentées lors de cette manifestation.</p>
<p>Depuis 1999 le brésilien Joao Paulo Antunès propose des oeuvres connectées à des caméra de vidéo-surveillance. L&#8217;oeuvre consiste à présenter un écran sur lequel le spectateur se voit de dos en train de regarder ce même écran qui, curieusement, a disparu du mur sur lequel il est pourtant accroché.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1346" title="salle-ui" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/10/salle-ui.jpg" alt="" width="461" height="536" /></p>
<p>Les écrans peuvent d&#8217;ailleurs présenter une autre configuration par laquelle les spectateurs regardant l&#8217;oeuvre auront disparu</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1348" title="antunes" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/10/antunes.jpg" alt="" width="461" height="537" /></p>
<p>tandis que l&#8217;oeuvre est bien fixée au mur et qu&#8217;elle montre les spectateur qui cette fois-ci sont présents mais en train de regarder un mur nu d&#8217;où l&#8217;oeuvre a de nouveau disparu.</p>
<p>L&#8217;un des principaux tenants de l&#8217;actuel avant-garde russe, Oleg Bondartchouk se distingue par cette particularité de ne jamais exposer ses oeuvres à l&#8217;intérieur du bâtiment qui l&#8217;accueille mais juste à l&#8217;entrée où il déverse le contenu de sa poubelle.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1374" title="p1030500b" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/11/p1030500b.jpg" alt="" width="620" height="415" /><br />
<em>(Oleg Bondartchouk: poubelle renversée, Milan FAC, 2008)</em></p>
<p>Le roumain Emil Atanasiù a  quant à lui fondé tout son travail sur un seul thème: la progression de sa calvitie qu&#8217;il ne cesse de scruter année après année, jour après jour, cheveux après cheveux, en une angoisse obsessionnelle</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1358" title="milan6" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/11/milan6.jpg" alt="" width="630" height="444" /></p>
<p><em>( Emil Atanasiu: &#8220;alopecia progression, 7 steps&#8221; 2008&#8243;)</em></p>
<p>qui nous paraîtrait futile si elle ne nous apparaissait pas comme un écho de cette sourde peur de notre déchéance évoquée par la machine de Preiss</p>
<p>Le suédois Jorg Bjornson, transforme l&#8217;espace qui lui est imparti en véritable étalage de supermarché où les visiteurs peuvent faire leurs courses aussi naturellement que dans un magasin Carrefour.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1359" title="milan-6" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/11/milan-6.jpg" alt="" width="347" height="451" /><br />
<em>( Jorg Bjornson, étalage de tomates et de piments, installation, FIAC Paris 2007) </em></p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1364" title="milan-8" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/11/milan-8.jpg" alt="" width="400" height="266" /><br />
<em>(Bjornson; &#8220;étalage de pots de confiture, présenté en 2006 palais de Tokyo)<br />
</em></p>
<p>Oeuvres d&#8217;un réalisme voire d&#8217;un naturalisme très cru renouvelant le thème de la nature morte ainsi que l&#8217;étude de moeurs</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1360" title="milan-7" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/11/milan-7.jpg" alt="" width="505" height="330" /><br />
<em>(Bjornson , installation, biennale de Venise : 2006)</em></p>
<p>Précisons que pour pouvoir pleinement apprécier le travail de Bjornson, il est nécessaire d&#8217;être muni d&#8217;un panier ou d&#8217;un caddie et de consommer.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1362" title="img8661" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/11/img8661.jpg" alt="" width="630" height="306" /></p>
<p><em>( Bjornson: étalage, FAC de Milan, septembre 2008)<br />
</em></p>
<p>Des caisses à l&#8217;entrée de l&#8217;exposition vous permettant de régler vos achats.</p>
<p>Nous sous sommes plus particulièrement attardés à examiner le travail du français Alain Rocher dont les oeuvres sont à la fois de minutieuses recherches d&#8217;organisation plastique mais qui se veulent par ailleurs de valeur didactique et pédagogique car toutes axées sur les principales et diverses étapes de l&#8217;histoire de l&#8217;art.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1363" title="img869" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/11/img869.jpg" alt="" width="630" height="934" /><br />
<em>(Alain Rocher: &#8220;principaux artistes baroques&#8221;, , acrylique sur toile, 2004)<br />
</em></p>
<p>Beaucoup d&#8217;autres étaient présents que nous ne pouvons malheureusement évoquer dans cet article déjà trop long.</p>
<p>Nous n&#8217;irons pas plus loin dans ces quelques exemples où sont appliqués à de pauvres petites prestations plastiques, les principes de la grande bibliothèque borgienne. Sachant qu&#8217;en matière d&#8221;art contemporain on ne fera jamais mieux que tout ce qui fut conçu sur une certaine ile flottante,</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1347" title="laputa" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/10/laputa.jpg" alt="" width="422" height="600" /></p>
<p>nous voudrions conclure en soulignant une fois de plus que s&#8217;il est nécessaire d&#8217;extérioriser sa bêtise, alors la littérature devient vitale en ce qu&#8217;elle sauve le monde parce qu&#8217;elle rend toute chose plus légère qu&#8217;une ombre.</p>
<p>Falcophil</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>VEAU D&#8217;OR et POULE AUX OEUFS D&#8217;OR.</title>
		<link>http://falcophil.info/blog/la-poule-aux-oeufs-dor/</link>
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		<pubDate>Thu, 18 Sep 2008 10:22:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Falcophil</dc:creator>
				<category><![CDATA[Art contemporain]]></category>
		<category><![CDATA[Art moderne]]></category>

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		<description><![CDATA[On pourrait croire que l&#8217;évènement survenu lundi dernier à la Sotheby&#8217;s où Damien Hirst a fait sensation viendrait infirmer certaines parties du précédent article. Quelques uns affirment que Hirst aurait réécrit l&#8217;histoire de l&#8217;art. Rien que celà ! Qu&#8217;a t&#8217;il donc fait de si éblouissant?  Il n&#8217;a sûrement pas, en tout cas, révolutionné sa [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>On pourrait croire que l&#8217;évènement survenu lundi dernier à la Sotheby&#8217;s où Damien Hirst a fait sensation viendrait infirmer certaines parties du précédent article. Quelques uns affirment que Hirst aurait réécrit l&#8217;histoire de l&#8217;art. Rien que celà ! Qu&#8217;a t&#8217;il donc fait de si éblouissant?  Il n&#8217;a sûrement pas, en tout cas, révolutionné sa manière puisqu&#8217;il n&#8217;a fait que revendre pour un prix record son sempiternel veau plongé dans du formol. Le &#8220;veau d&#8217;or&#8221;,</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/09/h_4_ill_1095641_veau.jpg" alt="" title="h_4_ill_1095641_veau" width="420" height="281" class="alignnone size-full wp-image-1285" /></a></p>
<p><span id="more-1286"></span></p>
<p> titre significatif pour un homme s&#8217;extasiant devant l&#8217;incommensurable grandeur du marché. Nous avons consulté quantité d&#8217;articles sur le web pour savoir en quoi était réécrite l&#8217;histoire de l&#8217;art. Celà tient-il à la qualité plastique du &#8220;veau d&#8217;or?&#8221; ? A la puissance d&#8217;imagination dont est imprégnée l&#8217;oeuvre? A la manière dont un artiste réorganiserait le monde suivant une fantaisie peu commune ? A nous élever vers  l&#8217;inoui par le sens poétique? A l&#8217;alliage subtil entre la force de la pensée et la délicatesse d&#8217;une sensibilité? A capter les profondes aspirations de notre époque? A nous montrer des choses qui jusqu&#8217;à maintenant avaient échappé à l&#8217; attention de l&#8217;homme ordinaire? A relancer le pied de nez de l&#8217;urinoir duchampien ? à inventer un quatrième type d&#8217; objet après l&#8217; &#8220;objet spécifique&#8221; ?  On serait bien en peine d&#8217;opter pour une seule de ces hypothèses car des veaux plongés dans du formol ainsi qu&#8217; un requin dans du formol et aussi un zèbre dans du formol </p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/09/hirstjj.jpg" alt="" title="hirstjj" width="417" height="512" class="alignnone size-full wp-image-1298" /></a></p>
<p>et demain peut-être, un éléphant dans du formol ,enfin bref , on reconnaîtra très vite que même réduit au seul &#8220;concept&#8221; tout celà ne dépasse guère le niveau de ce que vous trouverez dans un muséum d&#8217;histoire naturelle. </p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/09/calmar-mnhn.jpg" alt="" title="calmar-mnhn" width="420" height="280" class="alignnone size-full wp-image-1288" /></a><br />
<em>Calmar géant, musée d&#8217;histoire naturelle de Paris<br />
</em></p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/09/araignee.jpg" alt="" title="araignee" width="400" height="236" class="alignnone size-full wp-image-1289" /></a><br />
<em>Araignée, musée d&#8217;histoire naturelle de Paris</em></p>
<p> Non ,le coup de génie est ailleurs ,  il est dans le pactole empoché.  70 millions de livres! Par ici la bonne soupe! et pas n&#8217;importe comment s&#8217;il vous plaît!  Directement, sans passer par l&#8217;intervention d&#8217;une galerie ! Voilà la véritable originalité! Avoir vendu directement ses &#8220;oeuvres&#8221; en se passant des commissions touchée par les intermédiaires. C&#8217;est une première et en effet, quelque chose semblerait à première vue ébranlé dans ce  jeu de flipper dont il a été  question la fois d&#8217;avant. Ebranlé ? vraiment?. Car l&#8217;on soupçonne tout de même que l&#8217; &#8220;artiste&#8221; aurait été de connivence avec sa propre galerie laquelle espérait qu&#8217;un tel coup d&#8217;éclat médiatique fît rebondir la cote de notre génie. Non, celà ne dément pas du tout ce que nous avons écrit précédemment, cet épisode nous en donne au contraire une confirmation magnifique ainsi que l&#8217;étincellante illustration d&#8217;un pseudo art qui n&#8217;est que mimesis d&#8217;une stratégie de vente et orchestration d&#8217;un pur jeu financier.</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/09/hirst.jpg" alt="" title="hirst" width="272" height="344" class="alignnone size-full wp-image-1290" /></a></p>
<p>  On s&#8217;extasie uniquement devant une opération commerciale, devant la santé d&#8217;un marché qui  semble ignorer les effets de la crise des subprimes, devant une audace de businessman qui a court-circuité les galeries, devant un &#8220;artiste&#8221; qui devient son propre agent et son propre commissionnaire, devant un tour de passe passe réalisant l&#8217;hybridation du veau d&#8217;or et de la poule aux oeufs d&#8217;or, devant la fortune d&#8217;un homme équivalente à celle d&#8217;un  grand nom de la littérature, JK Rowling, le nouveau Joyce de notre époque, </p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/10/harry-potter-reliques-mort.jpg" alt="" title="harry-potter-reliques-mort" width="115" height="180" class="alignnone size-full wp-image-1303" /></a></p>
<p>fortune que d&#8217;ailleurs, paraît-il, notre golden boy n&#8217;hésiterait pas à réinvestir dans l&#8217;achat de ses propres oeuvres pour faire monter sa cote. Mais d&#8217;Art  dans tout cela, point question, et pour cause, il n&#8217;y en a pas. N&#8217;existe qu&#8217;un homme d&#8217;affaire qui ne fait que se soumettre à la grande loi de notre époque, l&#8217;omniprésence de l&#8217;argent. On est d&#8217;ailleurs d&#8217;autant plus fasciné par le canard qui court que sa tête est coupée depuis longtemps. Quand l&#8217;idée a disparu, n&#8217;ont alors d&#8217;intérêt que les simulacres et opérations par lequelles on maintient la seule permanence d&#8217;un mot en 3 lettres.</p>
<p>Ne cherchez donc pas ce regard distant que le poème authentique porte sur ceux qui dansent autour du veau d&#8217;or, où alors si vous le cherchez  vous le trouverez dans  l&#8217; oeil méprisant d&#8217;un homme</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/09/moses.jpeg" alt="" title="moses" width="280" height="407" class="alignnone size-full wp-image-1287" /></a></p>
<p>qui déjà, il y a bien longtemps, assistait au même genre de pitoyable spectacle. </p>
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		<title>LIBRES PROPOS D&#8217;UN FASCISTE SUR L&#8217;ART DEGENERE</title>
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		<pubDate>Fri, 05 Sep 2008 21:59:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Falcophil</dc:creator>
				<category><![CDATA[Art contemporain]]></category>
		<category><![CDATA[Art moderne]]></category>

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		<description><![CDATA[Je suis donc un fasciste.
On m’avait déjà traité de merde, de pédé, de minable, de fonctionnaire, de cafard puant et de cadavre ambulant, de rat et de raté, il ne manquait plus que le mot &#8220;fasciste&#8221; .
On se croirait revenu il ya 10 ans, durant l&#8217;année 1997 où Art Press sonnait le tocsin de sa [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je suis donc un fasciste.</p>
<p>On m’avait déjà traité de merde, de pédé, de minable, de fonctionnaire, de cafard puant et de cadavre ambulant, de rat et de raté, il ne manquait plus que le mot &#8220;fasciste&#8221; .</p>
<p>On se croirait revenu il ya 10 ans, durant l&#8217;année 1997 où Art Press sonnait le tocsin de sa parano</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1276" title="img851" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/09/img851.jpg" alt="" width="420" height="563" /><br />
<em>(art press, avril 1997)</em></p>
<p><span id="more-1273"></span></p>
<p>et où l&#8217;on croyait voir surgir le révolver de Goebbels pour la moindre remarque sur l&#8217;affligeante et pourtant si évidente nullité de Warhol</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1247" title="img837" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/09/img837.jpg" alt="" width="420" height="350" /><br />
<em>( Entretien avec Philippe Sollers, Beaux Arts magazine de juillet 1997)</em></p>
<p>On vous soumettait alors à des parodies d&#8217;inquisition, on vous humiliait publiquement, quelques lignes sur certains aspects vernaculaires de la peinture française de Jean Fouquet à Matisse suffisaient à vous soupçonner de vous rapprocher d&#8217;une certaine idéologie de la Race.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1274" title="img830" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/09/img830.jpg" alt="" width="400" height="579" /></p>
<p>Je pensais pourtant qu&#8217;il s&#8217;agissait là de polémiques désormais dépassées, la pauvreté d&#8217;argument consistant à traiter de beauf ou de fasciste tout contempteur de l&#8217;art contemporain n&#8217;étant que trop évidente.</p>
<p>L&#8217;année 1997 se trouvant désormais bien loin, je serais d&#8217;abord tenté de ne pas répondre à d&#8217;aussi lamentables propos. Il semblerait même à première vue que les crétins qui visitent mon blog retardent un peu car aujourd&#8217;hui où la menace du FN se trouve fortement diminuée par l&#8217;age avancé de son leader ainsi que par la victoire d&#8217;un ami des milliardaires lesquels financent les plus importantes stars de l &#8216;Art Contemporain, il paraît un peu déplacé de soutenir que celui-ci se trouve entouré de fachos prêts à l&#8217;envoyer au crématorium.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1269" title="h_g_adolf_zieglerthumbnail" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/09/h_g_adolf_zieglerthumbnail.jpg" alt="" /></p>
<p>Si certaines insultes ne semblent plus d&#8217;actualité, ce n&#8217;est toutefois qu&#8217;une apparence car pour n&#8217;être plus proférées à voix haute, elles n&#8217;en sont pas moins plus que jamais tapies dans les pensées et rejaillissent de manière aussi spontanée que la fois d&#8217;avant , à l&#8217;occasion de mon dernier billet.</p>
<p>Il suffira d&#8217;ailleurs d&#8217;évoquer Catherine Millet qui dans la préface de la réédition 2006 de son ouvrage sur l&#8217;art contemporain qualifie encore d&#8217;extrême droite les critiques à l&#8217;égard d&#8217;une certaine création d&#8217;aujourd&#8217;hui, laissant sous-entendre qu&#8217;en tout état de cause ces mêmes critiques ne sauraient être dangereuses puisqu&#8217;elles auraient depuis longtemps &#8221; fait long feu.&#8221; Au travers de l&#8217;évident mépris émanant de ces propos à l&#8217;emporte pièce, on pourra voir que sont toujours prêtes à gicler les mêmes éructations aux relents de malhonnêteté et de paresse intellectuelle. Qu&#8217;en 2006 et 2007 aient paru quelques ouvrages ne partageant pas les vues de Mme Millet</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1235" title="img832" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/09/img832.jpg" alt="" width="500" height="738" /></p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1236" title="img833" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/09/img833.jpg" alt="" width="500" height="774" /></p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1237" title="img834" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/09/img834.jpg" alt="" width="500" height="765" /></p>
<p>qu&#8217;il y a peu encore, en aout 2008, ait été publié dans Le Monde Diplomatique (que l&#8217;on ne pourrait certes pas qualifier d&#8217;extrême droite!) un article titrant, <a  href="http://www.monde-diplomatique.fr/2008/08/PATAUD_CELERIER/16183">&#8220;l&#8217;art(contemporain) de bâtir des fortunes avec du vent&#8221;,</a> tout cela restera malgré tout de piètre importance, les Jean Clair et consorts ne seront jamais que des mélancoliques paralysés par un conformisme attaché aux normes d&#8217;un passé révolu,</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1256" title="image001" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/09/image001.jpg" alt="" width="460" height="597" /><br />
<em>(Mario Sironi)</em></p>
<p>incapables de saisir le train de la modernité, à l&#8217;instar de certains gauchistes cripés sur des acquis sociaux d&#8217;un temps préhistorique à l&#8217;heure d&#8217;une mondialisation où le seul mot d&#8217;ordre est de faire des profits.</p>
<p><a  title="Walras" href="http://falcophil.info/blog/walras-entre-mondrian-et-la-lcr/" target="_self">Dans un précédent article consacré au plasticien Jean Paul Walras,</a> il avait déjà été question d&#8217;une certaine collusion entre création artistique et capitalisme triomphant, l&#8217;objet de ce billet serait d&#8217;expliciter en quoi le conformisme et la paralysie ne sont pas là où l&#8217;on croit et qu&#8217;un art prétendument &#8220;vivant&#8221; , loin d&#8217;être contestataire, comme l&#8217;était vraiment les ancêtres Dada ou surréalistes dont il prétend avoir récupéré le message, n&#8217;est que complaisance envers un ordre économico-financier qui le fait vivre.</p>
<p>Prétendre tout d&#8217;abord que l&#8217;art moderne ou contemporain est de nature anti-conformiste et contestataire, c&#8217;est oublier qu&#8217;une oeuvre ne fera souvent que traduire l&#8217;esprit prédominant propre à son époque et celà d&#8217;autant plus qu&#8217;elle sera de médiocre qualité, ce qui entre-autre expliquera pourquoi, par exemple, la production d&#8217;un Lichtenstein ne fait que reprendre l&#8217; imagerie tape à l&#8217;oeil et vulgaire des comics</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1251" title="img841" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/09/img841.jpg" alt="" width="660" height="272" /></p>
<p>La chose ne regarde pas du reste que les médiocres car sont aussi concernés les moins inintéressants tel un Pollock déclarant vouloir peindre à la plus extrême vitesse possible parce qu’à l’ère des avions et des trains, le peintre ne peut désormais faire autrement. On reste confondu par ce genre de motivation. Si le rôle du poète doit être de représenter l’antithèse du monde, pour reprendre une belle expression de Musil, c’est qu’il doit toujours plus ou moins se refuser à un comportement qui en adopterait les dérives . En Pollock, nous voyons ici, au contraire un homme se croire obligé de reproduire dans sa pratique artistique les défauts d&#8217;un monde obsédé par la vitesse et l&#8217;agitation fébrile.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1243" title="img836" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/09/img836.jpg" alt="" width="650" height="398" /></p>
<p>A vouloir en effet être témoin de son époque en se calquant sur ses pratiques et sa mentalité, surgit alors cet inconvénient que l&#8217;oeuvre, loin de se détacher du systèmes, apparaitra beaucoup plus comme un résultat de ses défectuosités psychiques.</p>
<p>La même chose pourrait s&#8217;observer chez Warhol lequel constatant que l&#8217;oeuvre d&#8217;art est entrée dans l&#8217;ère de la &#8221; reproductibilité technique&#8221;, l&#8217;artiste ne peut en ce cas que proposer le pastiche et le duplicata d&#8217;un processus de reproduction quantitative et mécanique.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1250" title="img840" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/09/img840.jpg" alt="" width="600" height="807" /></p>
<p>On répondra certes que Warhol déclarant travailler comme une “machine” ou Wim Delvoye s’evertuant à faire en sorte que cette machine ne soit bonne qu’à ingurgiter pour n&#8217;émettre que vents méphitiques et déjections ne font que détourner les pratiques du système pour le mettre face à ses vices et déréglements. On reste pourtant très dubitatif car le pur mimétisme est davantage facteur de démultiplication du modèle et donc de sa prééminence que facteur d’authentique antithèse. Tourner en dérision le stupide ramassis de distractions vulgaires avec lesquelles on détériore l&#8217;esprit du citoyen lambda est en soi une démarche fort légitime, le seul problème étant que lorsque la démarche tourne à la banale imitation</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1260" title="sans-titre-jjjjjikki" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/09/sans-titre-jjjjjikki.bmp" alt="" /></p>
<p>on ne fait qu&#8217;ajouter une nouvelle distraction imbécile à l&#8217;énorme masse déjà existante.</p>
<p>On a d’ailleurs souvent souligné qu’Andy Warhol et beaucoup d&#8217;autres tenants du pop-art n’ont jamais contesté la société de consommation mais qu’ils en ont bien plutôt adopté les tics et les tares. Warhol déclarait lui même qu’il n’avait jamais pensé sa pratique comme une contestation mais qu’il la vivait ” comme ça…”. Oui, comme ça, autrement dit, l’homme machine s’impose désormais avec une telle force que même l’artiste, à son insu , se transforme lui aussi en machine vomissant la pacotille que vomit n&#8217;importe quelle machine sur n&#8221;importe quel rayon de supermarché.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1249" title="img839" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/09/img839.jpg" alt="" width="640" height="884" /></p>
<p>Arrivé alors à ce stade, il sera permis d’observer que les artistes contemporains passant pour “originaux”, enfin disons plutôt ceux qui sont “grands artistes originaux” parce qu’ainsi l’a décidé l’ensemble du “réseau ” de l’art, ceux là, donc, loin de proposer une contestation du système, entendons du système consommateur et capitaliste, sont bien au contraire si imbibés de son esprit qu&#8217;ils n&#8217;en constituent que la spectaculaire mise en scène.</p>
<p>Interrogez les jeunes désaxés des banlieues, les prolos des usines, les SDF et autres exclus du systèmes, combien se retrouveraient dans les oeuvres d’un Damien Hirst ou d’un Maurizio Cattelan? Les artistes actuellement les plus en vue comme Jeff Koons fréquentent beaucoup plus les milliardaires à la François Pinault que les pauvres smicards aux fins de mois difficiles. A cet égard, on s&#8217;attardera sur une significative anecdote concernant Wim Delvoye . Après en avoir fini avec sa passionnante ” machine à fabriquer de la merde “, l’artiste belge crée une porcherie en Chine où l&#8217;on élève de vrais cochons sur lesquels sont tatoués des dessins kitsch du plus mauvais goût, l&#8217;animal pouvant alors être vendu comme véritable &#8221; oeuvre d&#8217;art vivante &#8220;.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1254" title="delvoye-cochon-empaille" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/09/delvoye-cochon-empaille.jpg" alt="" width="660" height="388" /></p>
<p>Dans l&#8217;esprit de Delvoye, toujours fidèle à ses préoccupations, il est en effet plus interessant de fabriquer une oeuvre d&#8217;art qui grogne et se goinfre, qui pète et qui chie plutôt qu&#8217;un tableau inerte qui ne fait rien de tout celà. Donc M.Delvoye s&#8217;en va installer sa porcherie en Chine. Pourquoi en Chine? Eh bien parce qu&#8217;ayant d’abord voulu monter sa porcherie en Belgique, Delvoye s’est aussitôt heurté à des difficultés, la réglementation imposant des normes rigoureuses en matières d’hygiène. Ce qui lui donne alors l’ occasion, dans un entretien accordé au Monde, de vitupérer le bureaucratie de nos pays à laquelle il oppose le capitalisme chinois où un formidable esprit de libre entreprise permet de tout faire sans aucune entrave aux initiatives.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1255" title="ep-delvoye-03g" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/09/ep-delvoye-03g.jpg" alt="" width="500" height="463" /></p>
<p>Comme quoi, l’artiste le plus en vue ainsi que le plus d’ “avant garde” peut fort bien rejoindre les récurrentes réflexions à courte vue dont nous abreuve toujours le Medef, en reprenant à son compte les pratiques de délocalisation nécéssitées par la logique du système, tout en manifestant, par ailleurs, ce même mépris propre à l&#8217;occident technique à l&#8217;égard d&#8217;une nature et d&#8217;un monde animal réduits à l&#8217;état de simples moyens aux services des infantiles caprices du bipède.</p>
<p>Pour approfondir cette collusion entre l&#8217; esprit du système et certains noms de la création contemporaine, il faudrait citer de nouveau Jeff Koons car avec lui fini l’artiste créant seul dans son atelier. On est au contraire en présence d’un chef d’entreprise où l’on fabrique ces machins</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1245" title="koons" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/09/koons.jpg" alt="" width="262" height="325" /></p>
<p>à peine plus intéressants que la camelotte qui sort de chez Mattel mais qui rapportent tout autant de dollars, ce qui, assez significativement, vaut à Koons d’être invité à l’émission “Capital”, dans un reportage où les collaborateurs de Guy Lagache visitent sa boite avec le même intérêt qu&#8217;ils apportent à visiter toutes celles méritant d&#8217;être &#8220;vues&#8221; à la télé, étant entendu que le seul critère qui permet ici d&#8217;évaluer un tel mérite n&#8217;est point la qualité artistique mais uniquement d&#8217;avoir fait fortune. On ne fera jamais croire à personne que c’est la production de choses si indigentes</p>
<p><img class="wp-image-1234" title="img831" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/09/img831.jpg" alt="" width="620" height="776" /></p>
<p>qui donne à l’auteur ce privilège d’être l’artiste vivant le plus coté.</p>
<p>L’explication est ailleurs, elle a pour nom ” réseau” , capacité de se “vendre”, de peaufiner son “image médiatique”, d’avoir le sens du “marketing”, une stratégie de “communication”n&#8217;hésitant pas jusqu&#8217;à pousser vers le people, autrement dit, d’ être si bien coulé dans le conformisme socio-économique qu’un soi-disant artiste n&#8217;utilisant plus ni burin ni pinceaux mais uniquement téléphone et carnet d&#8217;adresse est désormais plus proche du management que des authentiques créateurs de jadis. . Il faudrait encore s’attarder sur la manière dont un Damien Hirst a pu lui même se hisser aux premiers plans de la scène artistique, non par la qualité de ses oeuvres qui n’en présentent aucune</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1258" title="img844" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/09/img844.jpg" alt="" width="600" height="917" /></p>
<p>mais par des liens noués avec tel milliardaire propriétaire de l’un des plus grandes agences de publicité du monde, fondateur d’un prix prestigieux décerné par un grand musée avec lequel le dit milliardaire entretient d’étroites relations, ce qui vaudra ainsi à l’artiste de recevoir le “Turner prize” pour son veau coupé en deux plongé dans un récipient rempli de formol.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1244" title="hirstg" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/09/hirstg.jpg" alt="" width="366" height="277" /></p>
<p>Là toutefois n’est pas le plus significatif car au delà de cette évidente collusion entre puissance financière et création, demeurre la question de la substance commune et secrète par laquelle existe cette étroite complicité entre le milliardaire et l&#8217;artiste. Certes, l&#8217; artiste eût toujours des mécènes mais ce que cherchait autrefois un Laurent de Médicis ou un Jules II relevait d’une essence tout de même un peu plus délicate qu’une blague de potache à la Cattelan</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1231" title="pantoufle" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/09/pantoufle.jpg" alt="" width="437" height="283" /></p>
<p>Oui, certes, nous l&#8217;avons vu, Jeff Koons, Damien Hirst, Wim delvoye, reproduisent le système, en adoptent les logiques, du fond de leur bureau, ils créent avec leur mobile, arme du &#8220;battant&#8221; accompli, ne se salissent point les mains dans le désordre d&#8217;un atelier et n&#8217;affrontent pas la résistance du matériau car ce ne sont là que comportements du parfait looser, eux maîtrisent au contraire un art bien plus intéressant parce que bien plus en phase avec notre époque, l&#8217;art de remplir un CV de la liste des plus offrants auxquels ils se vendus pour très chers.</p>
<p>Je crois pourtant deviner que l&#8217;internaute qui me lit reste toujours sur sa faim, que les explications données jusque là ne l&#8217;auront pas encore tout à fait convaincu et qu&#8217;à juste titre, il continue à s&#8217;interroger sur ce qui pousse le milliardaire à payer si cher les plaisanteries scatologiques ou porcines d’un Delvoye ou les bouffonneries d’un cattelan. Bouffonnerie avons nous dit, le mot n’est même pas de nous , il est de Harry Bellet qui dans un article du monde titrait “Cattelan le bouffon des riches” , tant il est vrai d&#8217;ailleurs que l&#8217;italien présente bien le physique de l&#8217;emploi</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1262" title="cat-240x180" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/09/cat-240x180.jpg" alt="" width="240" height="180" /></p>
<p>Les riches, on le sait, eurent toujours leur bouffon mais toutefois, il ne serait jamais venu à l&#8217;idée d&#8217;un &#8220;grand&#8221; d&#8217;Espagne de sacrer grand artiste un Don sebastiano de Mora</p>
<p><img id="image458" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2007/08/img488.jpg" alt="img488.jpg" width="434" height="600" /></p>
<p>ou un Diego de Acedo ,</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1248" title="img838" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/09/img838.jpg" alt="" width="600" height="794" /></p>
<p>au motif qu&#8217;ils le distrayaient de son existence inutile, on avait encore à l&#8217;époque le sens de la mesure et le titre de grand artiste, on l&#8217;aurait plutôt réservé à Velasquez auteur des précédents portraits.</p>
<p>Il faut de nouveau souligner cette évidence que les réalisations d&#8217;un Wharol, d&#8217;un Cattelan ou d&#8217;un Hirst quoiqu&#8217;elles prétendent s&#8217;inscrire dans le sillage de Dada n&#8217;en sont plus que la coquille vide comme l&#8217;art sulpicien n&#8217;est que la coquille vide de Raphaël ou du Corrège. Dada était contestataire et subsversif , Cattelan n&#8217;est ni contestaire ni subversif . S&#8217;il intéresse les riches, c&#8217;est qu&#8217;il ne les dérange pas et il ne les dérange pas parce qu&#8217;il se trouve parfaitement intégré dans leur système. Un Pinoncelli, lui, dérange, la preuve en est que le riche lui fera un procès pour n&#8217;avoir pas respecté le principe sacro-saint de propriété auquel ni un Cattelan , ni un Damien Hirst ne s&#8217;attaqueront, trop soucieux quant à eux de maintenir intact leur réseau d&#8217;influence. Pas davantage un Koons ne sera contestataire ou subsversif puisqu&#8217;il ne fait que produire les duplicatas de la même merde dont nous abreuvent les riches,</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1241" title="jeff-koons-lart-rigolo-versailles-l-1" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/09/jeff-koons-lart-rigolo-versailles-l-1.jpeg" alt="" width="394" height="599" /></p>
<p>En principe, un milliardaire devrait donc être porté à aimer Koons aussi naturellement qu&#8217;il aimera Berlusconi ou Sarkozy. On répondra certes que la plupart des milliardaires ont des choses plus importantes à faire que de s&#8217;intéresser aux mascarades de Koons. C&#8217;est vrai, le milliardaire a chose plus importante à faire, le milliardaire doit vendre, vendre tout et rien, vendre n&#8217;importe quoi pourvu que celà fasse monter le chiffre d&#8217;affaire, acheter des titres pour pas cher et les revendre ensuite au plus vite pour plus cher, produire le superflu sans apport qualitatif mais vous convaincre tout de même que vous avez besoin de ce superflu et puis quand vous en êtes convaincu, vous mettre au chômage parce que vous gagnez trop, pour s&#8217;en aller très loin faire travailler des bridés qui ne gagnent rien. Produire pour produire, vendre pour vendre, acheter pour acheter, gaspiller sa vie dans une activité n&#8217;ayant d&#8217;autre but que son propre renouvellement, celà porte un nom, celà s&#8217;appelle le jeu.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1252" title="monopoly" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/09/monopoly.jpg" alt="" width="650" height="650" /></p>
<p>Jouer au ping -pong n&#8217;a pas d&#8217;autre fin que de faire rebondir une balle pour le simple délassement, c&#8217;est en celà que le Ping pong est un jeu, il ne viendrait à personne cette idée que faire rebondir une balle est, au delà du délassement, une fin en soi ou alors c&#8217;est que le ping pong perdrait du coup sa nature de jeu pour se muer en dérapage mental. Que néanmoins des hommes puissent, en tapant dans un ballon, gagner en une soirée ce que d&#8217;aucuns ne gagneront même pas en une année et peut être même pas en 10 ans, voilà qui n&#8217;étonne que peu ou prou et qui pourtant devrait nous interpeller davantage sur le degré d&#8217;avilissement de notre époque.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1253" title="photo_baby_crouzit_aout_3" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/09/photo_baby_crouzit_aout_3.jpg" alt="" width="200" height="150" /></p>
<p>A cet égard, c&#8217;est tout le monde moderne qui voit triompher le jeu parce que ce monde dresse un autel pour idolâtrer son action sans voir que celle-ci n&#8217;est tout au plus que fébrile soubresaut. On joue avec Internet, on joue avec les mobiles, on joue avec le sexe, on joue au maillon le plus faible, on joue avec la semence humaine, on joue avec les gênes, on joue à la politique,</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1266" title="7" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/09/7.jpg" alt="" width="270" height="369" /></p>
<p>on joue à la finance, on joue avec des hommes que l&#8217;on fait jouer au soldat pour protéger le pétrole dont on a tant besoin pour jouer avec des voitures, la capitale du monde n&#8217;est pas New York ou Washington mais Las Vegas. Le triomphe spectaculaire du milliardaire margoulin c&#8217;est donc moins le triomphe de l&#8217;argent que le triomphe plein et entier du jeu et quoi d&#8217;étonnant alors si certains de ces milliardaires se tournent vers de prétendus artistes qui ne sont eux même que de grands enfants dont les productions ne sont que d&#8217;autres jeux parmi l&#8217;ensemble des jeux d&#8217;un monde qui n&#8217;a d&#8217;autres occupations que de tourner à vide ?</p>
<p>Peut-être en avons nous trop dit, peut-être même que parler de Koons , fût-ce pour s&#8217;en gausser n&#8217;est pas autre chose qu&#8217;un jeu, peut-être même que ce blog n&#8217;est lui même qu&#8217;un jeu. Mais il s&#8217;agit aussi d&#8217; un effort pour comprendre et en cela , il est déjà dépassement du jeu.</p>
<p>Que cherche à comprendre un François Pinault ? Rien, il joue à dépenser ses dollars pour gagner encore plus de dollars et quand il est fatigué de jouer à gagner ses dollars, il joue à collectionner les jeux des autres.</p>
<p>Que cherche à comprendre un Cattelan? pas davantage , il joue au plus con et gagne à tous les coups la gloire, les femmes et l&#8217;argent, un François Pinault qui se pâmera devant telle dérision nihiliste figurant parmi les pièces les plus chères de sa collection</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1264" title="img845" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/09/img845.jpg" alt="" width="590" height="807" /></p>
<p>se pâmera tout autant devant la dérision de la dérison,</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1263" title="robinson5-18-2" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/09/robinson5-18-2.jpg" alt="" width="298" height="400" /></p>
<p>le geste qui profane étant de valeur égale au geste profanant le profanateur, je t&#8217;encense parce que tu pisses sur les valeurs mais j&#8217;encense aussi celui qui te pisse dessus , on pourrait penser à Hegel et à son rêve d&#8217;un troisième terme réconciliant les ambivalences de la conscience malheureuse mais la vérité est qu&#8217;il ne s&#8217;agit là encore de rien d&#8217;autre que de l&#8217;esprit du jeu où tout est récupéré par le système parce qu&#8217;aux yeux de ce même système tout se vaut et s&#8217;équivaut, les crachats qu&#8217;il reçoit comme les honneurs qu&#8217;il dispense, la rigolade comme le tragique, on joue avec son galeriste à qui l&#8217;on demande de se déguiser en chaud lapin géant</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1239" title="errotin19951" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/09/errotin19951.jpg" alt="" width="250" height="382" /></p>
<p>tout comme on joue avec Hitler que l&#8217;on déguise en petit enfant bien sage</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1232" title="adolf2" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/09/adolf2.jpg" alt="" width="198" height="265" /> <img class="alignnone size-full wp-image-1240" title="adolf1" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/09/adolf1.jpg" alt="" width="198" height="265" /></p>
<p>ni un Pinault, ni un Cattelan ne croient en quoique ce soit d&#8217;absolu,</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1257" title="img842" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/09/img842.jpg" alt="" width="650" height="441" /></p>
<p>le relativisme relève encore de l&#8217;esprit du jeu puisque ce n&#8217;est rien d&#8217;autre que jongler avec des idées ou des images dans le seul plaisir de voir des balles qui partent en l&#8217;air et qui retombent et qui rebondissent et l&#8217; on sait fort bien d&#8217;ailleurs que les margoulins du commerce sont les premiers à jouer avec n&#8217;importe quoi, avec les icônes comme avec les vérités transcendantes et sacrées , le seul sacré n&#8217;étant à leurs yeux que le meilleur slogan permettant les plus fortes ventes.</p>
<p>Qui donc pourra nier qu&#8217;est à peine plus évolué qu&#8217;un enfant jouant au play mobil le milliardaire qui demande à Jeff Koons de décorer ainsi son bateau ?</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1242" title="guilty_001" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/09/guilty_001.jpeg" alt="" width="420" height="248" /></p>
<p>Qui donc pourra nier qu&#8217;est à peine plus évolué qu&#8217;un garnement celui qui s&#8217;amuse à de telles choses?</p>
<p><img class="alignright size-full wp-image-1271" title="img849" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/09/img849.jpg" alt="" width="600" height="907" /></p>
<p>Placer une bite à la place du nez, celà permet d&#8217;additionner des zéros sur un compte en banque, moi aussi je dessinais déjà ce genre de blagues à l&#8217;école mais je n&#8217;additionnais que les zéros de conduite et les heures de colle.</p>
<p>Dans cet effort de la connaissance, il serait d&#8217;ailleurs interessant de remonter loin dans le passé pour trouver des ancêtres aux Hirst et cattelan , chez certains dont la vision superficielle</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1268" title="img848" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/09/img848.jpg" alt="" width="620" height="903" /><em>(Fragonard)</em></p>
<p>n&#8217;était déjà qu&#8217;un jeu n&#8217;ayant d&#8217;autre sens que de relancer le jeu. Roger Caillois s&#8217;était déjà attiré certaines foudres par un article publié dans le Monde en 1975, où il faisait remarquer que Picasso avait lui aussi en son temps poussé le plus loin possible cet esprit du jeu, ce que Picasso lui même n&#8217;aurait nullement contesté à en juger par cette étonnante confession donnée à Giovanni papini dont on reprendra ce bref extrait :</p>
<p>&#8221; A force de m’amuser à tous ces jeux, à toutes ces fariboles, à tous ces casse-tête, rébus et arabesques, je suis devenu célèbre et très rapidement&#8221;</p>
<p>et dont on trouvera l&#8217;intégralité en allant sur la page <a  title="Ils ont osé le dire" href="http://falcophil.info/blog/breviaire-du-cretin/" target="_self">&#8220;Ils ont osé le dire</a>&#8220;<a title="Ils ont osé le dire" href="http://falcophil.info/blog/breviaire-du-cretin/" target="_self"></a></p>
<p>Picasso, personnage plutôt pueril et capricieux qui jouait avec ses formes comme il jouait avec ses femmes, déconstruisant celles-ci pour les recomposer en être disloqué reprenant forme de suicidée (Jacqueline Roque ou Marie Thérèse Walter) ou d&#8217;aliénée (Olga Kokhlova, Dora Maar) rien de surprenant donc que l&#8217;espagnol poussant si loin le jeu avec l&#8217;image humaine, vît alors sa propre image devenir elle-même objet d&#8217;un autre jeu auquel s&#8217;amusera un Cattelan</p>
<p><img class="alignnone size-medium wp-image-1246" title="picasso" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/09/picasso.jpg" alt="" width="213" height="283" /></p>
<p>Puisque l&#8217;on est dans le jeu , je voudrais quant à moi vous inviter à jouer au flipper, jeu il est vrai un peu démodé mais plutôt actuel tout de même car il est assez surprenant de voir comment le réseau fonctionne à merveille aussi bien qu&#8217;un flipper bien huilé où la boule rebondit aux quatre coins tandis que le score affiche des sommes faramineuses. Un François Pinault épicier au trois quart inculte qui a passé sa vie à jouer en spéculant sur le sucre ou aux rachats d&#8217;entreprises en liquidation, aussi grand artiste en la matière qu&#8217;un Bernard Tapie, s&#8217;interessera donc à un Cattelan tout aussi inculte mais qui passe lui aussi sa vie à jouer, les deux intéressant un troisième passant également sa vie à jouer en les accueillant dans sa galerie sur le mur de laquelle il se fait complaisamment scotché,</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1261" title="03-1" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/09/03-1.jpg" alt="" width="345" height="425" /></p>
<p>le tout intéressant un quatrième lequel, là encore, passe aussi sa vie à jouer en écrivant pour &#8220;Le Monde&#8221; des critiques sur les jeux des trois autres, on est étonné de voir à quel point les pièces s&#8217;imbriquent les unes dans les autres de façon à reconstituer le tout d&#8217;un autre jeu, un grand jeu de puzzle dont le thème n&#8217;est autre que la connaissance pervertie parce que tournée vers le seul service et profit de la plus basse immanence.</p>
<p>Le jeu, sans doute, exista toujours, Pascal y consacra de longs développement mais du moins alors le jeu n&#8217;était-il pas encore assez triomphant pour contaminer l&#8217; Art, le vrai, tout comme le plus médiocre d&#8217;ailleurs car on aura beau appliquer à Gérard Dou les déterminismes dégagés par un Taine voire un Marx,</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1267" title="img846" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/09/img846.jpg" alt="" width="500" height="643" /></p>
<p>toujours en Gérard Dou quelque chose malgré tout échappe à l&#8217;ambiance cupide et commerciale de son temps. Marcuse observait que face à l&#8217;horizontale fébrilité du mercantile jeu du bourg, se dressait en vertical contrepoint le déni de la cathédrale. Certes me direz vous, le contrepoint vertical existe encore de nos jours , quel plus bel exemple de verticalité que ce homard</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1259" title="38906" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/09/38906.jpg" alt="" width="320" height="400" /></p>
<p>actuellement suspendu par Jeff Koons dans une salle du palais de Versailles !</p>
<p>Allez tenez, puisqu&#8217;il ne s&#8217;agit que d&#8217;un jeu moi je vous en propose un, le jeu du dico, vous connaissez? Je vous propose une définition tirée du Larousse et vous devez trouver le mot qui correspond. Vous êtes prêt ? Alors voici:</p>
<p>&#8221; En parlant de l&#8217;être humain, perdre de ses qualités morales et intellectuelles, de son mérite&#8221;</p>
<p>A quel mot correspond cette définition?</p>
<p>ça commence par un &#8220;D&#8221;, vous ne trouvez pas?</p>
<p>Allez je vous donne la solution :</p>
<p><strong>&#8220;DEGENERER&#8221;</strong></p>
<p>Je sais bien, c&#8217;est de mauvais goût et de sinistre mémoire, le genre de trucs à vous valoir le lynchage médiatique mais je m&#8217;en fous, je suis inconnu , je vis dans un anonymat dont je ne veux pas sortir ne cherchant nullement la reconnaissance d&#8217;un monde que je méprise. Pourquoi d&#8217;ailleurs devrais-je m&#8217;interdire d&#8217;employer le mot &#8220;dégénéré&#8221; fort à propos pour les Hirst et les Koons sous prétexte que les nazis l&#8217;employèrent mal à propos pour Renoir et Gauguin ? et puisque Maurizio Cattelan peut faire de la provoc qui lui rapporte des poignées de dollars, quel mal y aurait- t&#8217;il à ce que je fasse quant à moi de la provoc qui ne me rapportera jamais rien ?</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-1265" title="nnnko" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/09/nnnko.jpg" alt="" width="330" height="425" /></p>
]]></content:encoded>
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		<title>LEBENSWELT</title>
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		<pubDate>Tue, 06 May 2008 11:02:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Falcophil</dc:creator>
				<category><![CDATA[Art contemporain]]></category>
		<category><![CDATA[Renaissance]]></category>

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		<description><![CDATA[Alors que je poursuivais ma réflexion sur le concept de Renaissance , la discussion devait la fois dernière dériver sur la question du suicide.
Une approche superficielle me ferait observer qu&#8217;il y a là un hors sujet.  La preuve que nous sommes bien encore dans notre sujet, je la tiendrais de mon ami Paul ORCIAN, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Alors que je poursuivais ma réflexion sur le concept de Renaissance , la discussion devait la fois dernière dériver sur la question du suicide.<br />
Une approche superficielle me ferait observer qu&#8217;il y a là un hors sujet.  La preuve que nous sommes bien encore dans notre sujet, je la tiendrais de mon ami Paul ORCIAN, passionné par la Renaissance et obsédé lui aussi par l&#8217;idée de mettre fin à ses jours. Je n&#8217;ai aucune crainte pour lui, il ne le fera jamais parce qu&#8217;il en parle tout le temps.<br />
En fait non, à vrai dire ORCIAN ne parle pas, il picole et quand il n&#8217;est pas occupé à se cuiter, il dessine et c&#8217;est par un dessin qu&#8217;il a voulu réagir à nos propos tenus dernièrement</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/06/p1030724ab.jpeg" alt="" title="p1030724ab" width="400" height="547" class="alignright size-full wp-image-1044" /></a></p>
<p><span id="more-989"></span></p>
<p>Passionné donc de Renaissance, ORCIAN cherche à comprendre la cassure intervenue à ce moment là chez l&#8217;homme occidental. Cette cassure , il pense en déceler l&#8217;approche lucide dans cette fameuse gravure de Dürer</p>
<p><img id="image498" height=599 width=451 alt=durmel.jpg src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2007/08/durmel.jpg" /></p>
<p>que depuis 20 ans il ne cesse de recommencer. </p>
<p><a  href="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/05/vague.jpg" class="thickbox no_icon" rel="gallery-989" title=""><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/05/vague.jpg" alt="" title="vague" width="500" height="666" class="alignright size-full wp-image-971" /></a></p>
<p> Tout son oeuvre n&#8217;est donc qu&#8217;une variation sur un seul et même thème</p>
<p>  <img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/05/orc.jpeg" alt="" title="orc" width="650" height="817" class="alignright size-full wp-image-1019" /></a></p>
<p>De sorte qu&#8217;il explique l’énigme d’une œuvre par l’énigme de ses propres travaux </p>
<p>Jusqu&#8217;à son dernier dessin, le plus étrange de tous et qui m&#8217;a décidé à mettre à exécution mon vieux projet d&#8217;aller le voir.</p>
<p>C&#8217;était la première fois que je  me rendais chez lui.</p>
<p>Il habite  un immeuble  lézardé qui achève de se déglinguer dans l&#8217;un des coins les plus pourris de la banlieue . L&#8217;immeuble surplombe un terrain vague  sur lequel une pelle-mécanique ne cesse d&#8217;aller et venir </p>
<p>D&#8217;emblée, comme je pénètre dans sa pièce, je suis sidéré car la scène que j&#8217;ai sous les yeux m&#8217;apparaît comme un quasi duplicata du dessin qu&#8217;il m&#8217;a envoyé.</p>
<p><img id="image948" height=845 width=650 alt=p1030724b.JPG src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/04/p1030724b.JPG" /></p>
<p>ORCIAN est lui aussi allongé sur un grabat empestant la punaise écrasée.<br />
Il ne tient pas de flingue dans sa main mais une bouteille  qu&#8217;il vient de vider.  Je lui dis bonjour mais il ne répond pas, beaucoup trop soûl pour me reconnaître.  Il s&#8217;agit bien de la même gueule grande ouverte d&#8217;où ne s&#8217;échappe aucun cri mais rien que quelques renvois ramenant des relents de vinasse.</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/05/p1030724a.jpg" alt="" title="p1030724a" width="340" height="475" class="alignnone size-full wp-image-968" /></a></p>
<p>Je m&#8217;approche de la fenêtre qui donne sur le terrain vague dans un coin duquel la pelle-mécanique est maintenant immobilisée.</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/05/imgp4582.jpg" alt="" title="imgp4582" width="500" height="375" class="alignnone size-full wp-image-969" /></a></p>
<p>Sur le plancher poussièreux , on trouve la même boite à godasse  marquée du même symbole </p>
<p><img id="image954" height=388 width=600 alt=p1030724po.jpg src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/04/p1030724po.jpg" /></p>
<p>sauf que celle-ci n&#8217;est pas vide mais contient une matière sombre m&#8217; indiquant que quelques rongeurs sont probablement venus se soulager dedans.</p>
<p>L&#8217;oeil d&#8217;ORCIAN fixe et grand ouvert  semble regarder devant lui comme perdu dans le vide mais je comprends qu&#8217;en fait il observe  quelque chose qui doit se trouver derrière moi.</p>
<p>Me retournant, je suis d&#8217;abord très étonné de découvrir , accroché au mur, un tableau d&#8217;Erato. </p>
<p><a  href="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/05/imgp2338a1.jpg" class="thickbox no_icon" rel="gallery-989" title=""><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/05/imgp2338a1.jpg" alt="" title="imgp2338a1" width="500" height="371" class="alignright size-full wp-image-974" /></a> </p>
<p>J&#8217;ignorais que tous deux se connaissaient.  A première vue, il semblerait pourtant que rien ne puisse les rapprocher, les démarches sont antinomiques. Chez Orcian, sauf quelques rares concessions au modernisme, le dessin veut se maintenir dans les limites d&#8217;un réalisme confinant à l&#8217;impersonnalité</p>
<p> <a  href="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/05/vague20a20l-ame1.jpeg" class="thickbox no_icon" rel="gallery-989" title=""><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/05/vague20a20l-ame1.jpeg" alt="" title="vague20a20l-ame1" width="500" height="771" class="alignnone size-full wp-image-986" /></a></p>
<p>Erato rejette au contraire toute référence, au présent comme au passé, ne s&#8217;interessant qu&#8217;à ses déformations personnelles,  soucieuse, en apparence, de saisir une inspiration vierge de tout impact culturel.</p>
<p>J&#8217;avise ensuite, épinglées au mur, plusieurs gravures représentant des figures géométriques.</p>
<p> <img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/05/img7251.jpg" alt="" title="img7251" width="474" height="666" class="alignnone size-full wp-image-972" /></a></p>
<p> <img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/05/img724.jpg" alt="" title="img724" width="477" height="693" class="aligncenter size-full wp-image-975" /></a></p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/05/img726.jpg" alt="" title="img726" width="474" height="677" class="alignnone size-full wp-image-976" /></a></p>
<p>Comme je m&#8217;absorbe dans une réflexion où j&#8217;essaie de comprendre le rapport entre Erato, Orcian et ces gravures,  je sursaute soudain au son d&#8217;une voix. </p>
<p>- Quel gâchis d&#8217;avoir détruit un si bel ouvrage !</p>
<p> Quelqu&#8217;un est maintenant debout près de moi</p>
<p>L&#8217;ombre qui vient de prononcer ces mots se dirige  alors vers le mur et entreprend de décrocher les gravures qu&#8217;elle fourre dans sa besace.  Je lui demande qui elle est et ce qu&#8217;elle fait là et pour toute réponse, l&#8217;ombre me dit qu&#8217;elle tente de sauver ce qui peut encore être sauvé. Elle ramasse ensuite un livre qui traîne sur le sol  et en se désolant à haute voix de le retrouver en si piteux état, elle le jette dans la boite </p>
<p><img id="image954" height=388 width=600 alt=p1030724po.jpg src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/04/p1030724po.jpg" /></p>
<p>. </p>
<p>Ce livre, &#8220;de divina proportionne&#8221;, écrit par un mathématicien italien du XVIème siècle, est affreusement mutilé, la moitié des pages a  été arrachée, celles qui demeurent sont déchirées, seul susbsiste à peu près intact le portrait de son auteur, Fra Luca Paccioli. </p>
<p> <img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/05/img730.jpg" alt="" title="img730" width="500" height="431" class="alignnone size-full wp-image-978" /></a></p>
<p>L&#8217;ombre  déclare , comme si elle se parlait à elle même, qu&#8217;elle comprend très bien  que l&#8217;on puisse haïr un  ouvrage prônant une telle désincarnation suspendue à des fils aussi légers</p>
<p> <img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/05/img727.jpg" alt="" title="img727" width="474" height="685" class="alignright size-full wp-image-977" /></a></p>
<p> désincarnation car il s&#8217;agit bien là de reléguer la terre le plus loin possible au moyen de ces fameux &#8220;corps platoniciens&#8221;,  le feu devenant tétraède, l&#8217;air, octaèdre, la terre,  cube, l&#8217;eau, isocaèdre et le doécaèdre, la quintessence par laquelle le théologique n&#8217;est plus que déclinaison du mathématique</p>
<p>Je réponds que cette désincarnation pourrait  tout aussi  bien se comprendre comme un simulacre d&#8217;incarnation où ce n&#8217;est plus le verbe qui vit dans un corps mais l&#8217;idée qui se fige dans un solide</p>
<p>Me désignant du doigt le tableau accroché au dessus du lit d&#8217;ORCIAN,</p>
<p><img id="image953" height=782 width=630 alt=p1030724ac.jpg src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/04/p1030724ac.jpg" /></p>
<p>l&#8217;ombre me fait  remarquer que plutôt que d&#8217;intituler ce tableau &#8220;ACEDIA&#8221; , terme de théologie mystique désignant la nostalgie du tout autre, mieux vaudrait parler de &#8220;Lebenswelt&#8221;, terme de  phénoménologie  désignant la nostalgie de la terre, de cette terre maintenant hors d&#8217;atteinte de par le voile des représentations.</p>
<p> C&#8217;est alors que je me souviens que  &#8220;LEBENSWELT&#8221; était le titre d&#8217;une exposition récente qui s&#8217;était tenue dans ma ville et consacrée à un artiste allemand du nom de Kieffer, une sorte de  néo-conceptualiste parlant d&#8217;une nécessité de retrouver un nouvel art de l&#8217;icône .</p>
<p>Comme si elle avait deviné ma pensée l&#8217;ombre me confirme alors qu&#8217;elle se nomme bien Kieffer puis elle va se planter devant le tableau d&#8217;Erato</p>
<p><img src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2008/05/imgp2338a1.jpg" alt="" title="imgp2338a1" width="650" height="483" class="alignright size-full wp-image-974" /></a> </p>
<p>et me demande si à mon avis , il s&#8217;agit vraiment là d&#8217;une solution pour retrouver cette &#8220;LEBENSWELT&#8221; évoquée par Husserl, langage antérieur à tout langage, prédisposition anté-prédicative,  passive et synthétique où se forgent les concepts, terre natale  où le sol ne sera jamais appauvri par les engrais des entités rationnelles parce que l&#8217;humus et la sève y sont inépuisables. </p>
<p>  C &#8216;est alors que je remarque  un rat d&#8217;égoût traversant la pièce. Je tente de lui décocher un coup de pied mais le rat  pourtant assez gros parvient à disparaître dans un tout  petit trou.</p>
<p>Entretemps, Kieffer a quitté la pièce. Un moment, j&#8217;hésite entre rester et le suivre puis voyant Orcian ronfler la bouche grande ouverte , je me précipite à mon tour hors de la pièce et arrivant sur le palier au moment où Kieffer se trouve déjà 4 étages plus bas, celui-ci me crie de laisser ce poivrot d&#8217;Orcian  cuver son pinard et m&#8217;invite à le rejoindre  afin qu&#8217;il m&#8217;explique plus amplement le sens de sa démarche.</p>
<p>                                                                                                 A SUIVRE&#8230;&#8230;&#8230;</p>
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		<title>Hchicha vidéaste, Erato peintre.</title>
		<link>http://falcophil.info/blog/mise-en-abime/</link>
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		<pubDate>Thu, 29 Nov 2007 10:48:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Falcophil</dc:creator>
				<category><![CDATA[Art contemporain]]></category>
		<category><![CDATA[Art moderne]]></category>
		<category><![CDATA[Art sacré]]></category>

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		<description><![CDATA[Merci  Erato d&#8217;avoir évoqué la fois dernière un roman qui m&#8217;a donné l&#8217;idée d&#8217;acheter le DVD du film qu&#8217;on en a tiré.


En voyant ce genre de film, je ne peux m&#8217;empêcher de penser à l&#8217;ami Hchicha , fan de vidéo. Hchicha filme tout, ses copains, ses copines, ses collègues,  il filme ses yeux [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Merci  Erato d&#8217;avoir évoqué la fois dernière un roman qui m&#8217;a donné l&#8217;idée d&#8217;acheter le DVD du film qu&#8217;on en a tiré.</p>
<p><img id="image714" height=500 width=332 alt=73219506559461.jpeg src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2007/11/73219506559461.jpeg" /></p>
<p><span id="more-726"></span></p>
<p>En voyant ce genre de film, je ne peux m&#8217;empêcher de penser à l&#8217;ami Hchicha , fan de vidéo. Hchicha filme tout, ses copains, ses copines, ses collègues,  il filme ses yeux , son nez, sa bouche , il m&#8217;a même  avoué qu&#8217;il envisageait de filmer sa bite et son trou du cul. ça nous changera un peu de tous ces films américains  tapes à l&#8217;oeil et faux parce que trop éloignés des petites choses de la vie.<br />
Tu te demandais Hchicha ce que la vidéo pouvait apporter de plus par rapport au cinéma. Eh bien , si tu regardes ce film artificiel , typique du cinéma hollywoodien de l&#8217;époque, tu le comprendras peut-être. Tu peux justement apporter la crudité d&#8217;un regard et peut-être surtout , cette maladresse d&#8217;amateur dont tu te plains mais qui peut constituer un gage d&#8217;authenticité. </p>
<p>A sa manière, Hchicha est d&#8217;ailleurs dangereux car il me donne parfois envie d&#8217;abandonner l&#8217;image fixe pour me lancer à mon tour dans l&#8217;image en mouvement</p>
<p>Il m&#8217;a donc filmé  face à mon blog, en train de commenter la peinture d&#8217;Erato dont j&#8217;attends toujours qu&#8217;elle me livre quelques éléments sur le sens de sa démarche, symptomatique à mon sens de notre univers de dégénérés. </p>
<p><object width="425" height="355"><param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/8llyC7QUw2I&#038;rel=1"></param><param name="wmode" value="transparent"></param><embed src="http://www.youtube.com/v/8llyC7QUw2I&#038;rel=1" type="application/x-shockwave-flash" wmode="transparent" width="425" height="355"></embed></object> </p>
<p>Enfin , je sais que mes attaques contre le cinéma américain vont faire hurler l&#8217;autre copain Thierry dont le site </p>
<p><a href="http://tortillafilms.free.fr/index.html"></p>
<p>&#8220;Tortilla&#8221;</p>
<p> est justement un hommage au cinema d&#8217;outre-atlantique.</p>
<p>Davantage de place aux films japonais, chinois, arabes, sénégalais voire  jivaros ou papous ne nous ferait pourtant pas de mal  en nous permettant d&#8217;échapper un peu à cette lobotomie de l&#8217;américanisation. </p>
<p>J&#8217;espère sincèrement qu&#8217;Hchicha trouvera sa voie dans sa nouvelle passion et qu&#8217;il pourra apporter sa petite contribution au grand bol d&#8217;air frais du cinéma underground.</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
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		<title>SAUTE D&#8217;HUMEUR</title>
		<link>http://falcophil.info/blog/saute-dhumeur/</link>
		<comments>http://falcophil.info/blog/saute-dhumeur/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 08 Nov 2007 10:40:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Falcophil</dc:creator>
				<category><![CDATA[Art contemporain]]></category>
		<category><![CDATA[Art moderne]]></category>
		<category><![CDATA[Photographie contemporaine]]></category>

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		<description><![CDATA[&#8220;le fait que vous ne compreniez rien à une grande artiste comme Sophie calle ainsi qu’à maints autres aspects de l’Art contemporain doit à mon sens être mis en relation avec le fait que vous n’avez pas davantage compris l’art de Caravage &#8221;
Le billet précédent s&#8217;est donc terminé sur cette magistrale intervention d&#8217;une nouvelle venue. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>&#8220;le fait que vous ne compreniez rien à une grande artiste comme Sophie calle ainsi qu’à maints autres aspects de l’Art contemporain doit à mon sens être mis en relation avec le fait que vous n’avez pas davantage compris l’art de Caravage &#8221;</p>
<p>Le billet précédent s&#8217;est donc terminé sur cette magistrale intervention d&#8217;une nouvelle venue. </p>
<p>Je devrais en ce moment être en train de rédiger un rapport pour empêcher le licenciement d&#8217;un pauvre bougre mais tant pis, je ferais ça chez moi, il y a parfois de ces conneries qui vous énervent tant que l&#8217;on ne peut s&#8217;empêcher de répondre sur le champ et l&#8217;exaspération est telle que je rédige immédiatement ce billet. </p>
<p>On peut à vrai dire se demander si celà vaut la peine d&#8217;écrire sur Sophie Calle. Si vous aimez la photo, je vous conseillerais  plutôt d&#8217;aller voir l&#8217;expo du jeu de paume consacrée à ce grand ancêtre que fût Edward Steichen    </p>
<p><img id="image700" height=403 width=400 alt=brooklynbridge46.jpg src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2007/11/brooklynbridge46.jpg" /></p>
<p><span id="more-701"></span></p>
<p>Mais enfin, paraît-il que Sophie Calle est aussi une grande photographe. </p>
<p>Non pas tant pour la qualité de ses photos qui  n&#8217;ont pas plus d&#8217;intérêt qu&#8217;un cliché  pris par le premier amateur venu, non, la qualité de Sophie Calle est ailleurs. Elle réside dans cette subtile alchimie par laquelle des photos nulles à chier, commentées par des textes tout aussi nuls à chier aboutissent cependant à des résultats lui valant d&#8217;être l&#8217;un des rares artistes français reconnu sur la scène internationale.</p>
<p>Qu&#8217;on en juge par ce cliché. </p>
<p><img id="image407" height=300 width=460 alt=calle_breath.jpg src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2007/07/calle_breath.jpg" /></p>
<p>Vous pouvez constater que Sophie Calle a photographié un divan. La photo, c&#8217;est de la merde, on est d&#8217;accord mais attendez, il ne faut pas juger suivant les critères traditionnels. D&#8217;abord Sophie Calle n&#8217;a pas photographié n&#8217;importe quel divan. C&#8217;est le divan du psychanalyste chez qui elle s&#8217;est rendue. Vous voyez déjà que ça commence à devenir interessant. Voyons donc la suite.<br />
Pourquoi s&#8217;est-elle rendue chez un psychanalyste ?  Un texte accompagnant la photo nous l&#8217;explique. Un jour son papa lui a dit qu&#8217;elle puait de la gueule et lui a conseillé alors de voir un psychanalyste. Pourquoi un psychanalyste ? On ne sait pas au juste mais quoiqu&#8217;il en soit le psychanalyste lui a donné à son tour le conseil de ne pas croire à tout ce que racontait son papa. Voilà , c&#8217;est fini, le texte qui accompagne la photo n&#8217;en dit pas plus, passionnant  comme vous voyez.</p>
<p>Le cas de Sophie Calle est à lui seul symptomatique de certaines caractéristiques de l&#8217;art contemporain, plus particulièrement, la mentalité infantile des artistes ainsi que la prétentieuse vacuité de la critique</p>
<p>Concernant l&#8217;infantilisme de l&#8217;artiste, Sophie Calle présente la circonstance aggravante de teinter celà d&#8217;un narcissisme lequel n&#8217;est à vrai dire qu&#8217;un effet de sa puérilité. On peut en juger par le fait qu&#8217;une bonne partie de son travail tourne autour des reliques et des minables aspects de sa pauvre petite histoire personnelle </p>
<p>Par exemple, chaque année,  à l&#8217;occasion de son anniversaire, elle photographie  les cadeaux apportés par ses amis.</p>
<p><img id="image411" height=431 width=284 alt=annif.jpg src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2007/07/annif.jpg" /></p>
<p>Ou encore elle se photographie la poitrine découverte en expliquant qu&#8217;elle est heureuse d&#8217;avoir de gros nibards parce qu&#8217;adolescente elle était complexée à cause de ses petits seins. Super interessant!!!! (Désolé Song, je n&#8217;ai pas de photos, dommage faut avouer qu&#8217;elle est pas mal roulée, ça aurait pu te servir pour tes branlettes) </p>
<p>Ou encore, elle embauche un detective privée qui la prend en filature. Là , elle fait fort, elle ne prend même pas de photos, c&#8217;est le détective privé qui prend les clichés. Il la photographie à tel endroit  puis  accompagne la photo d&#8217;un texte mentionnant le lieu où l&#8217; &#8220;artiste&#8221; se trouvait de telle heure à telle heure. </p>
<p><img id="image412" height=400 width=400 alt=louvre.jpg src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2007/07/louvre.jpg" /></p>
<p>Certains diront qu&#8217;ils n&#8217;ont que foutre de ce que le 29 juin 1979 a 10h30 , Sophie Calle est entré dans une cabine de WC pour en sortir  une demie-heure plus tard , je leur répondrais qu&#8217;ils sont à côté de la question car du moment que celà interesse l&#8217;artiste celà doit interesser tout le monde.</p>
<p>Ou encore elle livre au public la photo du  peignoir de son premier amant ou encore le billet d&#8217;adieu de son dernier amant ou bien encore un simple bout de papier trouvé dans une chambre d&#8217;hotel,</p>
<p><img id="image704" height=600 width=476 alt=calle_rencontre.jpg src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2007/11/calle_rencontre.jpg" /></p>
<p> ou bien même encore la robe de mariée qu&#8217;elle a enfilé juste avant de se faire elle-même enfiler pour la première fois.</p>
<p>A sa manière Sophie Calle est un précurseur de Loft-Story. C&#8217;est dans les années 70 qu&#8217;elle a commençé son odyssée de la nullité en photographiant des gens qu&#8217;elle invitait à venir dormir dans son lit. </p>
<p><img id="image703" height=863 width=600 alt=exp-sophiecalle.jpg src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2007/11/exp-sophiecalle.jpg" /></p>
<p>Elle avait eu en celà un glorieux précurseur en la personne d&#8217;Andy Wharol lequel avait filmé pendant 8 heures un type en train de dormir.</p>
<p>Andy Warhol: celui là même qui annonçait la minute de célébrité pour chacun, autrement dit la médiocrité sans fioriture érigée en valeur de spectacle, on établira aussitôt le rapport avec Sophie Calle et la télé-réalité.</p>
<p>Ce ne sont là que quelques exemples, les &#8220;travaux&#8221; de Sophie Calle sont nombreux mais tous illustrent cet infantilisme de l &#8216;adulte d&#8217; aujourd&#8217;hui lequel,  en art comme en d&#8217;autres choses, veut laisser croire qu&#8217; il est sérieux alors qu&#8217; il ne fait que jouer comme un enfant. A l&#8217;instar de l&#8217;enfant, on est en effet si imbibé de son ego qu&#8217;il  faut absolument focaliser les regards sur son Moi, au prix de faire le pitre pour devenir le point de mire de toute la classe.  </p>
<p>On me dira que je suis simpliste et que le travail de Sophie Calle va bien au delà de son égo puisqu&#8217;elle s&#8217;interesse beaucoup aux autres. La preuve en est qu&#8217;après avoir été filée par un détective privé, elle s&#8217;est mise elle même à filer les autres. Elle rencontre ainsi un inconnu dans une rue de n&#8217;importe quelle ville par exemple, à Venise et elle le suit partout et le prend en photo. </p>
<p><img id="image702" height=501 width=227 alt=filature.jpg src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2007/11/filature.jpg" /></p>
<p>Ce n&#8217;est plus l&#8217;instant décisif de Cartier-Bresson, c&#8217;est la nullité de chaque instant d&#8217;une paumée désoeuvrée qui ne sait pas quoi faire de ses journées. Et quant à son &#8220;voyeurisme&#8221; qui traduirait selon certains son intérêt pour les autres, je ne pense pas pour ma part que le voyeurisme exprime un réel intérêt pour autrui. Le désir de surprendre l&#8217;autre dans son intimité n&#8217;est qu&#8217;un désir de le dominer ou de le posséder. Si le voyeur s&#8217;interesse à l&#8217;autre, c&#8217;est toujours pour mieux jouir de lui-même, le voyeur ne s&#8217;interesse à l&#8217;autre que parce qu&#8217;il ne s&#8217;interesse qu&#8217;à lui-même. </p>
<p> Mais peut-être que j&#8217;en reste toujours à un niveau superficiel en oubliant qu&#8217;en plus d&#8217;être photographe, Sophie Calle est écrivain, enfin du moins est-elle présentée comme tel du fait qu&#8217;elle rédige toujours un texte pour compléter ses clichés.  Mais celà suffit-il à faire de vous un écrivain? C&#8217;est ce que prétend la critique qui la rattache à Georges Perec ou au nouveau roman  pour ses côtés puzzle et labyrinthe. Accordons à Sophie Calle que sa démarche de constat d&#8217;huissier n&#8217;est pas sans rappeler certains aspects d&#8217;  d&#8217;Alain Robbe-Grillet. Mais alors , ce serait du sous-sous-sous-sous-sous-sous-sous Robbe-Grillet  et encore , je suis généreux. Je citerais à l&#8217;appui, son travail sur les chambres d&#8217;hotel. Avec le culot le plus déluré et sans même se poser le moindre problème de déontologie, elle se déguise en  femme de chambre et s&#8217;introduit dans les chambres d&#8217;hôtel laissées par leurs occupants qui sont dehors à se promener. Une fois dans la chambre, elle fouille partout, ouvre les tiroirs, les armoires, les sacs , les valises et photographie toutes vos affaires personnelles, n&#8217;importe quoi, votre slip, vos capotes, vos chaussettes, vos boites de pillules, votre brosse à dent, votre lubrifiant, le contenu de votre poubelle . Parfois , ça peut rappeler Gary Grant dans une scène de &#8220;La mort aux trousse&#8221; mais ça reste bien sûr du sous sous sous sous sous sous sous sous sous sous&#8230;Hitchcock</p>
<p>on pourra en juger au résultat: </p>
<p><img id="image410" height=614 width=313 alt=effetsperso.jpg src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2007/07/effetsperso.jpg" /></p>
<p>Quand au texte qui commente l&#8217;image, voilà ce que celà donne</p>
<p>&#8220;J&#8217;entre au 24, la chambre est rose, les lits sont jumeaux sont  défaits,<br />
il y a deux pyjammas, un rouge, un jaune, une paire de chaussure de sport<br />
 de marque Adidas. Je trouve trois valises&#8221;</p>
<p>Ce n&#8217;est  plus le &#8220;foyer de résistance optique&#8221; caractérisant les descriptions de Robbe-Grillet, c&#8217;est l&#8217;errance dans l&#8217;optique de l&#8217;inconsistance sacralisée par une critique tout aussi inconsistante mais qui parvient tout de même à donner le change.  Vous constaterez vous même en lisant n&#8217;importe quel article sur Internet consacré à Sophie Calle, l&#8217;avalanche  de propos creux,  ronflants, encombrés de pédanteries  pseudo philosophiques  ainsi que de pitoyables formules éculées tel le fait de &#8220;brouiller nos repères &#8221; ou le &#8220;Je est un autre&#8221;, destinées à masquer les platitudes les plus insipides doublées d&#8217; un conformisme de feuille morte qui tourne au gré  du vent.</p>
<p>Je ne donnerais qu&#8217;un seul exemple tiré d&#8217;un numéro spécial de juin 2007 de la revue &#8220;Art Press&#8221; où un critique, &#8220;spécialiste&#8221; du travail de Sophie Calle  écrit notamment que &#8220;l&#8217;autorité de l&#8217;artiste fonctionne au gré des déplacements subjectifs à ce point chargés de significations potentielles qu&#8217;ils permettent pratiquement à n&#8217;importe quelle version, fortuite ou non, d&#8217;avoir l&#8217;air d&#8217;être la bonne&#8221;. Tout ce charabia pour dire quoi? Ce que l&#8217;on peut déjà apprendre dans un cours de français pour classe de Troisième, à savoir que chacun interprète  une oeuvre en fonction de ce qu&#8217;il sent à titre personnel. </p>
<p>Mais je préfère m&#8217;arrêter là car le billet commence à être un peu long, déjà mon irritation est retombée, écrire celà m&#8217;a fait du bien, je vais  pouvoir de nouveau réfléchir à des arguments destinés à empêcher le licenciement d&#8217;un salarié , c&#8217;est certainement plus important que de se pencher sur le cas de cette nullité de Sophie Calle. </p>
<p><img id="image705" height=500 width=386 alt=aveugle.jpg src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2007/11/aveugle.jpg" /></p>
<p>Mais  n&#8217;oubliez pas tout de même qu&#8217;un jour un grand critique et grand collectionneur de photos nommé Lamache-Vadel  décida que sophie calle était une grande artiste, alors&#8230;Je vous conseille de vous incliner parce que sans celà vous passerez pour un pauvre plouc ringard, attendez un peu de voir ce que ce billet va encore me valoir comme déluge d&#8217;insultes de la part des Harry et des Clash et vous verrez que mieux vaut ne pas toucher à Sophie Calle si vous ne voulez pas être réduit à rien dans l&#8217;estime de l&#8217;intelligensia. </p>
<p> Mais enfin, bon, moi ce que j&#8217;en dis, Cristina a laissé sous entendre que mieux comprendre Sophie Calle me permettrait de mieux comprendre Caravage tout comme Clash avait souligné que celà me donnerait aussi la possibilité de saisir en quoi le fait de pisser dans la bouche de sa femme était un acte artistique. </p>
<p>Je suis donc condamné à ne jamais rien comprendre à Caravage tout comme à ne jamais voir ce qui peu différencier l&#8217;Art d&#8217;un vulgaire gang-band de scatos débiles.</p>
<p>Falcophil.</p>
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		<title>CLASH OU LE DOIGT QUI SE RETIRE</title>
		<link>http://falcophil.info/blog/clash-ou-le-doigt-qui-se-retire/</link>
		<comments>http://falcophil.info/blog/clash-ou-le-doigt-qui-se-retire/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 05 Oct 2007 09:18:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Falcophil</dc:creator>
				<category><![CDATA[Art contemporain]]></category>
		<category><![CDATA[Art moderne]]></category>

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		<description><![CDATA[Selon Clash mon humour serait donc inoffensif , gentillet et manquerait de folie.
Il est vrai qu&#8217;en matière de folie, il est difficile de rivaliser avec Clash.
Allez voir cette interview de lui en cliquant   &#8220;> ici
 Et après vous me direz lequel de nous deux est le plus fou !!!!
]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Selon Clash mon humour serait donc inoffensif , gentillet et manquerait de folie.</p>
<p>Il est vrai qu&#8217;en matière de folie, il est difficile de rivaliser avec Clash.</p>
<p>Allez voir cette interview de lui en cliquant   <a href="http://fr.youtube.com/watch?v=SUP3xF49DPw">&#8220;> ici</p>
<p> Et après vous me direz lequel de nous deux est le plus fou !!!!</p>
]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>L&#8217;ECONOMIE SELON WALRAS</title>
		<link>http://falcophil.info/blog/walras-entre-mondrian-et-la-lcr/</link>
		<comments>http://falcophil.info/blog/walras-entre-mondrian-et-la-lcr/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 25 Mar 2007 12:56:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Falcophil</dc:creator>
				<category><![CDATA[Art contemporain]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://falcophil.info/blog/walras-entre-mondrian-et-la-lcr/</guid>
		<description><![CDATA[A ceux qui me reprochent souvent mon tempérament quelque peu réactionnaire et mon désintérêt pour  l&#8217;art contemporain, je répondrai simplement par le présent billet évoquant le travail d&#8217;un jeune artiste, Jean Paul Walras (né en 1971) et  celà afin de bien montrer une fois pour toute que je ne suis pas insensible à certaines démarches qui, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>A ceux qui me reprochent souvent mon tempérament quelque peu réactionnaire et mon désintérêt pour  l&#8217;art contemporain, je répondrai simplement par le présent billet évoquant le travail d&#8217;un jeune artiste, Jean Paul Walras (né en 1971) et  celà afin de bien montrer une fois pour toute que je ne suis pas insensible à certaines démarches qui, à défaut de susciter mon admiration, m&#8217;intriguent et me laissent assez perplexe.</p>
<p><img id="image260" height="600" alt="img389.jpg" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2007/03/img389.jpg" width="300" /><br />
<em>( &#8220;Xerox, Carrefour,Sporever, Ersnt &#038;Young&#8221;, tiré de la série &#8221; Direction des ressources humaines&#8221;, Acrylique sur toile 300&#215;100, également disponible en version anglaise) </em></p>
<p><span id="more-259"></span></p>
<p>Je me contenterai de reproduire ici une critique extraite du catalogue d&#8217;une exposition consacrée à cet artiste et qui se tient actuellement à Montpellier.</p>
<p>&#8220;Pour qui ne connaît pas Jean Paul WALRAS, l&#8217;identification de son répertoire formel de départ semble assez simple. Le choix des aplats aux couleurs pures ainsi que l&#8217;opposition des horizontales et des verticales pourraient évoquer Mondrian, de même que l&#8217;on sent la double présence mystique de  Duchamp et de Warhol pour la récupération et le détournement sémiotique</p>
<p><img id="image267" height="410" alt="img3882.jpg" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2007/03/img3882.jpg" width="520" /></p>
<p><em>(&#8221;Alcatel, Axa, Paribas&#8221; tiré de la série &#8220;Haute tension&#8221; : acrylique sur toile , 200&#215;600, également disponible en version anglaise)</em></p>
<p>Le parcours de Walras est en fait plus complexe. C&#8217;est en en 1995 que Walras sort de l&#8217;Essec. C&#8217;est pour lui un moment crucial car il découvre alors (ou redécouvre) Mondrian à l&#8217;occasion d&#8217;une exposition organisée au musée d&#8217;art moderne de la ville de Paris.</p>
<p>Pour Walras, l&#8217;art n&#8217;est alors pas autre hose que ce que peut en connaître tout fils de bonne famille aisée et cultivée. Mais avec Mondrian, le choc est frontal, direct et viscéral. &#8220;J&#8217;ai été alors stupéfait-confiera t&#8217;il plus tard- de découvrir que Mondrian et moi utilisions le même répertoire formel, lui pour concevoir ses tableaux en quête d&#8217;absolu moi pour élaborer mes tableaux en quête d&#8217;évolution de PNB ou de chiffre d&#8217;affaire. La lecture de Mondrian m&#8217;a fait alors comprendre que chacun porte en lui-même la juste intuition de l&#8217;universel et que la perversité de notre système était de se servir de nos aspirations vitales pour assouvir sa haine du vivant.&#8221;</p>
<p><img id="image274" height="400" alt="me0000088901_3.jpg" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2007/03/me0000088901_3.jpg" width="400" /><br />
(Mondrian:&#8221;Broadway Boogy Woogie&#8221;)</p>
<p>Mondrian sera pour Walras l&#8217;anti destin. Un nom comme Walras (l&#8217;économiste est un lointain parent de l&#8217;artiste) pouvait en effet prédestiner au monde du commerce et de l&#8217;économie. Au grand dam de sa famille, il décide cependant, en 1999, de se consacrer à l&#8217;art.</p>
<p>Si Mondrian est l&#8217;anti-destin , il n&#8217;est toutefois pas question de verser dans ce vague hégélianisme qu&#8217;affectionnait le hollandais et tous les minimalistes qui ont suivi. Il ne s&#8217;agit pas pour Walras d&#8217;abolir le tragique mais bien au contraire de l&#8217;exprimer par l&#8217;antithèse entre l&#8217;universalité de la figure pure et la localisation d&#8217;un discours marquant la phase la plus agressive du capitalisme.<br />
C&#8217;est alors que se mettra en place ce deuxième pôle du répertoire de Walras, la réappropriation des signes marquant notre monde obsédé par la finance et la vente, travail de détournement dont le tableau &#8220;données&#8221; inspiré du Broadway-Boogy-Woogie de Mondrian sera la jalon initial.</p>
<p>&#8220;Données&#8221;, présente un état comparatif entre les principales puissances économiques dont on ne sait ce qu&#8217;il compare puisque celà n&#8217;est pas précisé.</p>
<p><img id="image264" height="400" alt="img400.jpg" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2007/03/img400.jpg" width="420" /><br />
<em>(Données: acrylique sur toile,400&#215;350, 1998 .Coll part) </em></p>
<p>Les oeuvres suivantes, dans la même veine, s&#8217;enrichiront de divers apports telle que l&#8217;abstraction purifiée d&#8217;un Barnett Newman ou d&#8217;un Robert Ryman et travailleront à brouiller nos repères habituels par des productions d&#8217;états tronqués ou incomplets et qui, en dépit de leurs réponses précises et quantifiées, n&#8217;en demeurent pas moins des énigmes faute de connaître l&#8217;exacte nature de la question posée.</p>
<p><img id="image270" height="600" alt="img404.jpg" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2007/03/img404.jpg" width="480" /></p>
<p><em>(&#8221;Enquête, avril 2000&#8243; huile sur carton entoilé, 600&#215;400, coll. François Pinault)</em></p>
<p>La stratégie plastique de Walras est désormais en place et ne cessera de s&#8217;affiner dans cet effort pour creuser toujours davantage le travail de récupération de la symbolique quantitative, anonyme et froide impregnant nos vies et dont l&#8217;absurdité saute aux yeux dès lors qu&#8217;un simple changement de support la place en porte à faux par rapport à l&#8217;observateur, tout en exploitant le mystère de l&#8217;épuration plastique opérée par le simple déplacement contextuel.</p>
<p><img id="image301" height="816" alt="img419.jpg" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2007/04/img419.jpg" width="456" /></p>
<p><em>(Planisfère: huile sur toile, 2006)</em></p>
<p>Les &#8221; Directions des ressources humaines&#8221; constitueront la première des approches séquentielle sur lesquelles ne cessera de travailler Walras.</p>
<p><img id="image262" height="600" alt="img3901.jpg" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2007/03/img3901.jpg" width="300" /><br />
<em>(Paribas, Axa, Alcatel, Bouygues, direction des ressources humaines n°3, 100&#215;600, acrylique sur toile) </em></p>
<p>Cette série de 25 tableaux combine l&#8217; investigation exhaustive  sur le terrain, 50 firmes ont à cet égard fait l&#8217;objet d&#8217;une rigoureuse enquête, avec le détournement des signes de l&#8217;univers économique, lesquels sortis de leur cadre utilitaire invitent à focaliser le regard sur l&#8217;aburde et l&#8217;arbitraire qui les conditionnent. Joignant l&#8217;esthétique et l&#8217;étude économico-sociologique dans une double démarche qui n&#8217;est pas sans rappeler le travail d&#8217;un Emile Zola,  cette approche sérielle à l&#8217;acrylique se penche en même temps sur les liens étroits entretenus entre les &#8220;Ressources Humaines&#8221; des entreprises et le monde de la finance sur lequel on peut soutenir que Walras porte un regard quelque peu narquois. Certains observent à cet égard que les rectangles de couleur que Walras se plait à peindre sur des tableaux empruntés à la vie économique ne sont pas sans rappeler le geste iconoclaste de Duchamp dessinant des moustaches à la Joconde.</p>
<p> Ce serait en effet une erreur de croire que l&#8217;oeuvre de Walras  relève  seulement de la banale mimesis</p>
<p><img id="image317" height="700" alt="img420.jpg" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2007/05/img420.jpg" width="500" /></p>
<p><em>&#8220;Promotions&#8221; ( huile sur toile, 2006, coll.part)</em></p>
<p>car de façon plus subtile, le dérisoire duplicata se teinte  d&#8217;irréverence et d&#8217;ironie en ce que le signe extrait de la logique aliénante qui le produit affirme pleinement son caratère en soi dépourvu de sens, dès lors qu&#8217;il n&#8217;a plus de rapport avec son contexte.</p>
<p><img id="image322" height="300" alt="img421.jpg" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2007/05/img421.jpg" width="290" /></p>
<p><em>( Fast-food: Acrylique sur toile, coll.Sarkozy) </em></p>
<p>Avec la série &#8220;haute tension&#8221; walras poursuit son travail seriel de déplacement sémiologique des logiques commerciales dont la réappropriation doit favoriser un nouvel espace de rapport au réel par une lecture critique<br />
d&#8217;un environnement dominé par la loi du profit&#8221;.</p>
<p><img id="image281" height="410" alt="img3851.jpg" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2007/04/img3851.jpg" width="520" /></p>
<p><em>(Renault, Société Générale, Totale, série &#8220;haute Tension&#8221;, Acrylique sur toile , 2006, également disponible en version anglaise)</em></p>
<p>Actuellement à la tête d&#8217;un véritable cabinet d&#8217;étude technique en matière de marketing, de conseil et d&#8217;assistance aux entreprises ainsi que de travaux statistiques, Walras forge des oeuvres qui dans un premier temps constituent le résultat d&#8217;investigations exhaustives menées par des experts du monde économique collaborant avec des artistes plasticiens. Ainsi en est-il de &#8220;Dégradation&#8221;, aboutissements d&#8217;une étude sur les mauvais résultats financier d&#8217;une entreprise.</p>
<p><img id="image272" height="500" alt="img4051.jpg" src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2007/03/img4051.jpg" width="600" /><br />
(&#8221;Dégradation&#8221;, 2006, photocopie, format A4, coll. Bernard Arnault)</p>
<p>Walras qui jusque là avait utilisé des procédés traditionnels telles que l&#8217;huile ou la toile, abandonnera ces techniques pour se contenter désormais d&#8217;une pure transposition d&#8217;encadrement spatial par simple voie de photocopieuse, sans autre intervention plastique que l&#8217;acte le plus neutre et le plus dépouillé consistant à appuyer sur un bouton.</p>
<p>&#8220;Dégradation&#8221; ferme un cycle et peut être une page d&#8217;histoire. La plupart traduiront ce terme par déchéance mais les plus avisés auront compris que &#8220;Dégradation&#8221; est l&#8217;autre nom par lequel on désigne l&#8217;ascèse. Car c&#8217;est bien avec ces derniers travaux que Walras  rejoint la nudité la plus extrême de la démarche artistique, là où la quintessence advient par la seule direction transfigurante du regard et du geste qui choisit et déplace, instant magique où, pour paraphraser Roland Barthes, l&#8217;art à l&#8217;instar du phosphore brille plus que jamais au moment même où il sait qu&#8217;il est sur le point de s&#8217;éteindre.</p>
<p>  &#8217;Extrait du catalogue de l&#8217;exposition&#8221;</p>
<p>(Jean Paul Walras, exposition de tableaux, peintures, encres et photocopies, Corum de Montpellier du 15/03 au 25/06/2007)</p>
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		<title>&#8220;BIENVENUE A GATTACA&#8221;.**</title>
		<link>http://falcophil.info/blog/propos-oiseux-desthete/</link>
		<comments>http://falcophil.info/blog/propos-oiseux-desthete/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 03 Feb 2007 16:12:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Falcophil</dc:creator>
				<category><![CDATA[Art contemporain]]></category>
		<category><![CDATA[Art moderne]]></category>

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		<description><![CDATA[&#8220;Propos oiseux d&#8217;esthète&#8221; 
C&#8217;est ce qu&#8217;une personne répondant au pseudo de Vania a cru très intelligent de retenir concernant une définition que je tentais dernièrement de donner de l&#8217;oeuvre d&#8217;art.
Une autre, dénommée &#8220;Clio&#8221;, découvrit alors que puisqu&#8221;aucune définition de l&#8217;art n&#8217;était possible, en ce cas, un &#8220;artiste&#8221; exposant ceci:

avait tout à fait le droit de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>&#8220;Propos oiseux d&#8217;esthète&#8221; </p>
<p>C&#8217;est ce qu&#8217;une personne répondant au pseudo de Vania a cru très intelligent de retenir concernant une définition que je tentais dernièrement de donner de l&#8217;oeuvre d&#8217;art.<br />
Une autre, dénommée &#8220;Clio&#8221;, découvrit alors que puisqu&#8221;aucune définition de l&#8217;art n&#8217;était possible, en ce cas, un &#8220;artiste&#8221; exposant ceci:</p>
<p><img id="image185" height=300 width=200 alt=book_v_136.jpg src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2007/02/book_v_136.jpg" /></p>
<p>avait tout à fait le droit de proclamer: &#8220;C&#8217;est de l&#8217;Art puisque j&#8217;en ai décidé ainsi&#8221;.</p>
<p><span id="more-141"></span></p>
<p>Il est vrai que l&#8217;on ne faisait que tirer les conclusions des constats de certains tenants de Wittgenstein pour lesquels il est impossible de dépasser le stade de la perception visuelle.<br />
Cela me rappelle ce philosophe fier de vivre comme un porc</p>
<p> <img id="image147" height=240 width=300 alt=gerome.jpg src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2007/02/gerome.jpg" /></p>
<p>et qui trouvait spirituel de faire remarquer à Platon qu&#8217;il voyait le cheval mais pas la &#8220;cabalité&#8221;.<br />
Cabalité ?<br />
En effet, qu&#8217;est ce que cela ?</p>
<p><img id="image148" height=300 width=350 alt=p1010149.jpg src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2007/02/p1010149.jpg" /></p>
<p>Un concept, une essence, une susbtance ou si vous préférez, quelque chose qui se tient dessous.<br />
D&#8217;aucuns et même, peut-être, la plupart, auraient plutôt tendance à penser que la substance ou  l&#8217;essence serait de ces choses:</p>
<p><img id="image169" height=300 width=350 alt=p1010148.JPG src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2007/02/p1010148.JPG" /></p>
<p>se tenant au dessus, dans le vide, pour filer dans leur inconsistance de vapeur.<br />
Croyant par là qu&#8217;ils ont fait une géniale découverte à laquelle on avait pourtant déjà pensé chez les grecs et au Moyen-Age. Seulement, la Grèce antique et le Moyen-Age étaient des sociétés encore assez saines où les dérives de la pensée restaient limitées à quelques cercles restreints.<br />
Pour Guillaume d&#8217;Ockham par exemple  (XIV ème siècle), principal théoricien du courant nominaliste, la généralité du concept est pure convention linguistique et rien de ce que l&#8217;on pourrait appeler &#8220;essence&#8221; ne saurait exister sous les choses.</p>
<p><img id="image170" height=300 width=350 alt=p1010151.JPG src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2007/02/p1010151.JPG" /></p>
<p>Autrement dit, il y a tel homme, Pierre ou Paul mais où trouvera t&#8217;on le concept d&#8217;humanité?<br />
Peut-on le toucher?  Peut-on le sentir?<br />
Alors? Qu&#8217;est-ce à dire?<br />
Que dès lors qu&#8217;aucune réalité susbstantielle ne peut-être tirée des choses, celles-ci n&#8217;ont de vérité que par leur individualité purement éphémère et matérielle.</p>
<p>Et dès lors que la seule réalité réside dans mon identité matérielle, la seule valeur résidera en ce cas dans ce qui me distinguera du reste. Dans mon &#8220;originalité&#8221;. Plus je pourrais me distinguer du reste, plus j&#8217;aurais le sentiment de m&#8217;accrocher à quelque-chose de réel. Et comment aller toujours plus loin dans cette exigence de me distinguer du reste si ce n&#8217;est par le biais du bizarre ou du saugrenu, cultivés pour leur valeur propre et non plus à titre d&#8217;adjuvant ?</p>
<p>En résulteront alors la fanfaronnade, la surenchère dans la pitrerie, les dérapages le plus farfelus, en un mot, l&#8217;extravagance et si l&#8217;extravagance est ce par quoi je me distingue du reste, je ne peux  qu&#8217;en déduire que plus mes conneries seront grosses, plus il y aura de réalité.</p>
<p> Ainsi, Moi, je m&#8217;appelle Wim DELVOYE, voici ce que j&#8217;ai fabriqué: </p>
<p><img id="image150" height=400 width=320 alt=cl_org_apen.jpg src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2007/02/cl_org_apen.jpg" /> </p>
<p>&#8220;cloaca&#8221;, une machine reproduisant le processus de la digestion, autrement dit, une machine à faire de la merde</p>
<p>C&#8217;est de l&#8217;art puisque j&#8217;en ai décidé ainsi</p>
<p>Déjà Moi Duchamp, exposant un simple urinoir</p>
<p><img id="image151" height=300 width=300 alt=fontaine.jpg src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2007/02/fontaine.jpg" /></p>
<p>j&#8217;avais pu dire que c&#8217;était de l&#8217;art puisque telle était ma volonté</p>
<p>Et Moi , Pierre PINONCELLI, j&#8217;ai pissé dans cet urinoir</p>
<p><img id="image156" height=300 width=300 alt=img348.jpg src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2007/02/img348.jpg" /></p>
<p>Et j&#8217;ai pu, à mon tour, affirmer que c&#8217;était de l&#8217;art puisque telle était ma fantaisie</p>
<p>Et Moi alors?</p>
<p> <img id="image152" height=400 width=300 alt=_01_grd.jpg src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2007/02/_01_grd.jpg" /></p>
<p>Pourquoi n&#8217;aurais-je pas eu le droit de dire que ceci:</p>
<p><img id="image153" height=400 width=300 alt=explode_getty410x443.jpg src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2007/02/explode_getty410x443.jpg" /></p>
<p>était une oeuvre d&#8217;art, s&#8217;il m&#8217;était venu le caprice d&#8217;en décider ainsi?<br />
4000 morts? Bof! qu&#8217;importe ?<br />
On considère à l&#8217;unanimité que les pyramides d&#8217;Egypte sont des oeuvres d&#8217;art sans trop se soucier du sort des esclaves grâce auxquels on les a construites.<br />
Et puis enfin, nous en avions conclu dernièrement qu&#8217;aucune définition de rien ne peut-être donnée<br />
Nous avons pris acte de la capitulation de l&#8217;intelligence face aux exigences de l&#8217;esprit, lequel invite pourtant au dépassement du simple donné matériel pour tenter de trouver la réalité durable qui se cache sous l&#8217;apparence et les mirages que font miroiter les sens.</p>
<p>Dans la fresque de Raphaël, l&#8217;école d&#8217;Athènes</p>
<p><img id="image143" height=300 width=420 alt=800px-raffael_058.jpg src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2007/02/800px-raffael_058.jpg" /></p>
<p>On peut voir Platon diriger son doigt vers le haut</p>
<p><img id="image144" height=280 width=200 alt=platon.jpg src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2007/02/platon.jpg" /></p>
<p>Et Aristote diriger sa main vers le bas</p>
<p><img id="image145" height=290 width=200 alt=aristote.jpg src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2007/02/aristote.jpg" /></p>
<p>Nous ne sommes que les avortons dégénérés d&#8217;Aristote, ce n&#8217;est pas seulement la main que nous dirigeons vers le bas, c&#8217;est tout notre corps qui rampe à même le sol, toujours plus content de jouir dans sa boue.</p>
<p>Noble figure au contraire que celle de Platon.<br />
Lui et son effort pour s&#8217;élever au delà de la dispersion du divers sensible, au-dessus de l&#8217;éparpillement et du chaos des sensations, au dessus des mouches à purin du divertissement, lui et son effort pour dompter le monde par la force du concept.<br />
Quelque part, Nietszche est lui-même obligé d&#8217;en convenir, au regard de notre univers d&#8217;ingénieurs, de mécaniciens et d&#8217;épiciers, on avait beau élaborer des concepts &#8220;froids et gris&#8221;, on n&#8217;en demeurait pas moins un &#8220;aristocrate&#8221; de la pensée. Ce genre d&#8217;aristocrate est désormais destiné à être parqué dans l&#8217;une de ces réserve du meilleur des mondes.<br />
Moi, homme d&#8217;aujourd&#8217;hui, je ne vois que le cheval par exemple, celui qui court à Longchamps parce que  seul ce cheval là  peut éventuellement remplir mon portefeuille. La cabalité? Peuh! Qu&#8217;est ce que celà? </p>
<p><img id="image148" height=300 width=350 alt=p1010149.jpg src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2007/02/p1010149.jpg" /></p>
<p>Le mot n&#8217;existe même pas dans notre langue  preuve qu&#8217;il ne saurait désigner quoique ce soit de réel.<br />
Certes, le mot &#8220;humanité&#8221; existe mais si l&#8217;on suit le même raisonnement, il ne devrait pas désigner quelque-chose de beaucoup plus réel que la cabalité.  </p>
<p><img id="image169" height=80  alt=p1010148.JPG src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2007/02/p1010148.JPG" /> </p>
<p> simple concept que je ne vois pas de mes yeux, que je n&#8217;entends pas de mes oreilles, que je ne peux toucher des mes doigts, propos oiseux d&#8217;esthète ou de philosophe. Sans intérêt comme la cabalité.<br />
Puisque l&#8217;humanité n&#8217;est qu&#8217;un simple concept tissé de l&#8217; étoffe des nuées, en ce cas l&#8217;humanité ne peut m&#8217;interesser.<br />
Puisqu&#8217;aucun à priori de l&#8217;homme ne saurait exister nulle part comme ne peut exister nulle part aucun à priori définissant l&#8217;art<br />
Puisque j&#8217;ai le droit de dire que ceci:</p>
<p> <img id="image155" height=200 width=200 alt=merda_d-artista.jpg src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2007/02/merda_d-artista.jpg" /></p>
<p>est une oeuvre d&#8217;art car tel est mon bon plaisir</p>
<p>Puisqu&#8217;il n&#8217;y a rien d&#8217;autre qu&#8217;un devenir qui résulte de mes choix qu&#8217;aucune essence ne vient orienter ou circonscrire encore moins définir.<br />
Alors, c&#8217;est que j&#8217;ai le droit de dire ce que doit être un &#8220;vrai&#8221; homme selon ce qui doit encore résulter de mon bon plaisir</p>
<p>Par exemple pour moi</p>
<p><img id="image157" height=300 width=360 alt=hitlerimage1.jpg src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2007/02/hitlerimage1.jpg" /></p>
<p>Il doit être blond aux yeux bleus parce que j&#8217;aime bien les blonds aux yeux bleux et que je n&#8217;aime pas les juifs et les nègres</p>
<p>Pas de problèmes<br />
On te fabriquera un homme sur mesure.<br />
Qui nous en empêchera puisque l&#8217;essence de l&#8217;homme n&#8217;existe nulle part ?<br />
Tel cheval existe mais pas la cabalité<br />
Tel homme existe mais pas l&#8217;humanité.<br />
Ce qui existe c&#8217;est ce que je vois de mes yeux  et ce que je vois de mes yeux c&#8217;est par dessus tout ce que je peux fabriquer.<br />
Demain je te fabriquerais l&#8217;homme que tu souhaites<br />
J&#8217;en ai le pouvoir, de la vie je perce toujours plus de secrets</p>
<p><a class="imagelink" title=img351.jpg href="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2007/02/img351.jpg"><img id="image161" height=96 alt=img351.jpg src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2007/02/img351.jpg" /></p>
<p>Qui peut m&#8217;en empêcher puisque l&#8217;essence n&#8217;est nulle part et que la chimie est partout ?</p>
<p>J&#8217;ai dit précédemment que depuis longtemps je sens partout la puanteur du village. </p>
<p><a class="imagelink" title=prisonnierkq1.jpg href="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2007/02/prisonnierkq1.jpg"><img id="image159" height=96 alt=prisonnierkq1.jpg src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2007/02/prisonnierkq1.jpg" /></p>
<p>Mais je me répète, trouvons autre chose pour terminer<br />
Voilà! C&#8217;est peut-être moins génial que le &#8220;number 6 &#8221; .</p>
<p><a class="imagelink" title=img349.jpg href="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2007/02/img349.jpg"><img id="image160" height=85 alt=img349.jpg src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2007/02/img349.jpg" /></p>
<p>mais c&#8217;est quand même un beau film&#8230;&#8230;&#8230;.</p>
<p><img id="image599" height=400 width=325 alt=1549_830009101_normal_003_h103435_l.jpeg src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2007/09/1549_830009101_normal_003_h103435_l.jpeg" /></p>
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		<title>LE CREATEUR ET SA MAIN VIDE</title>
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		<pubDate>Wed, 06 Dec 2006 21:36:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Falcophil</dc:creator>
				<category><![CDATA[Art contemporain]]></category>
		<category><![CDATA[Art moderne]]></category>

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		<description><![CDATA[p>L&#8217;autre jour, réfléchissant au sujet du présent article et me rappelant que l&#8217;on m&#8217;avait reproché de pasticher un génial devancier, je me pris à méditer sur un tableau vieux de près d&#8217;un siècle

Qui pouvait en effet avoir inspiré certains de mes premiers travaux vieux de près de 15 ans.

Je ne cessais de ruminer les paroles [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>p>L&#8217;autre jour, réfléchissant au sujet du présent article et me rappelant que l&#8217;on m&#8217;avait reproché de pasticher un génial devancier, je me pris à méditer sur un tableau vieux de près d&#8217;un siècle</p>
<p><a class="imagelink" title=chirico.jpg href="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2006/12/chirico.jpg"><img id="image123" height=96 alt=chirico.jpg src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2006/12/chirico.jpg" /></p>
<p>Qui pouvait en effet avoir inspiré certains de mes premiers travaux vieux de près de 15 ans.</p>
<p><a class="imagelink" title=cont7.jpg href="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2006/12/cont7.jpg"><img id="image124" height=96 alt=cont7.jpg src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2006/12/cont7.jpg" /></p>
<p>Je ne cessais de ruminer les paroles de Clash, intervenant qui ne m&#8217;a pas ménagé à l&#8217;occasion du dernier billet.</p>
<p> &#8220;Tu es incapable de l&#8217;opération artistique pure entièrement réinventée de toutes pièces à partir de tes impulsions personnelles&#8221;</p>
<p><span id="more-102"></span></p>
<p>Quelle remarque profonde! Et il avait trouvé celà tout seul!</p>
<p>Clash qui, je le précise, est un artiste, se pique aussi d&#8217;être poète et penseur!</p>
<p>   Et ce fut alors que j&#8217;eus l&#8217;idée de lui consacrer ce présent article. Je ne savais pas encore comment j&#8217;allais m&#8217;y prendre, clash ne voudrait certainement pas que j&#8217;écrive sur lui, craignant trop les sarcasmes dont le pauvre Song avait déjà fais les frais. Comme toujours malgré tout respectueux de l&#8217;autre, je décidai tout de même de lui demander son avis.</p>
<p> Arrivé chez lui, je vis que sa porte n&#8217;était pas fermée et je me  permis d&#8217;entrer. La  nuit venait vite, elle semblait même se précipiter à mesure que des bruits de pas se rapprochaient. Avec brusquerie, la porte fut poussée et quelqu&#8217;un entra.<br />
 C&#8217;était Clash, je n&#8217;eus que le temps de me cacher.</p>
<p>Il alla s&#8217;asseoir, se recroquevilla sur lui-même et je vis son ombre grandir tandis que sa tête avait disparu, spectacle étrange qui me rappelait ce tableau </p>
<p><a class="imagelink" title=soir-divresse.jpg href="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2006/12/soir-divresse.jpg"><img id="image111" height=96 alt=soir-divresse.jpg src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2006/12/soir-divresse.jpg" /></p>
<p>Puis soudain, il se leva  et se mit nerveusement à marcher  de long en large quand je vis qu&#8217;une chose s&#8217;avançait vers lui.</p>
<p> Elle se présentat comme étant la main du banquier. Clash eut un recul de peur mais voyant maintenant que la main demeurait immobile, il  se reprit et s&#8217;étonna tout haut de ce que la main d&#8217;un banquier fût vide. Je reconnus quant à moi une photo de Nadar qui flottait dans l&#8217;air.</p>
<p><a class="imagelink" title=img3352.jpg href="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2006/12/img3352.jpg"><img id="image121" height=85 alt=img3352.jpg src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2006/12/img3352.jpg" /></p>
<p>Alors Clash avança sa main droite vers la main vide de Nadar  mais s&#8217;aperçut aussitôt qu&#8217;il touchait en fait une autre main, sa propre main gauche qui n&#8217;était pas vide mais tenait une image.  </p>
<p>Clash prit cette image,  y jeta un bref coup d&#8217;oeil et puis, visiblement irrité, il la lança dans le coin d&#8217;ombre où je me tenais. Je la ramassai et  par le peu de lune qui coulait dans mon coin d&#8217;ombre, je pus découvrir qu&#8217;il s&#8217;agissait de cette photo : </p>
<p><a class="imagelink" title=sartre.jpg href="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2006/12/sartre.jpg"><img id="image136" height=96 alt=sartre.jpg src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2006/12/sartre.jpg" /></p>
<p>Entretemps, la main vide du banquier venait de réapparaître.</p>
<p><a class="imagelink" title=img3352.jpg href="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2006/12/img3352.jpg"><img id="image121" height=85 alt=img3352.jpg src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2006/12/img3352.jpg" /></p>
<p> L&#8217;opération se répéta , une fois, deux fois, trois fois. Chaque fois, Clash voulant toucher cette main vide, c&#8217;était aussitôt sa main gauche qui lui tendait une image qu&#8217;il prenait et jetait ensuite dans mon coin d&#8217;ombre. </p>
<p>Trois autres images furent ainsi jetées dans l&#8217;ombre de la lune.</p>
<p><a class="imagelink" title=img334.jpg href="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2006/12/img334.jpg"><img id="image107" height=96 alt=img334.jpg src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2006/12/img334.jpg" />  <a class="imagelink" title=liiii.jpg href="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2006/12/liiii.jpg"><img id="image108" height=96 alt=liiii.jpg src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2006/12/liiii.jpg" />  <a class="imagelink" title=hygtyuh.jpg href="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2006/12/hygtyuh.jpg"><img id="image109" height=96 alt=hygtyuh.jpg src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2006/12/hygtyuh.jpg" /></p>
<p>Alors Clash voulant frapper la main vide, prît un bâton et courut après. La main comme un oiseau sortit d&#8217;une fenêtre et Clash la poursuivit dehors dans le silence des rues nocturnes.</p>
<p><img id="image121" height=85 alt=img3352.jpg src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2006/12/img3352.jpg" /></p>
<p>Ayant suivi Clash, je le vis un peu plus loin, poussant une porte puis montant un escalier<br />
Il se trouvait maintenant dans une pièce, très peu éclairée, où, sur le côté, l&#8217;on devinait une forme humaine allongée sur un lit et tournée contre le mur.</p>
<p>- Que voulez vous ? Demanda la forme qui restait toujours tournée contre le mur<br />
- J&#8217;ai vu une main, une main vide entrer chez vous par la fenêtre-répondit Clash</p>
<p>A ces mots, la forme se leva, alluma une bougie, l&#8217;approcha d&#8217;une grande feuille blanche punaisée sur le mur opposé. La bougie vint s&#8217;appliquer sur la feuille et la blancheur de celle-ci s&#8217;éclaira de noirceur pour découvrir ce dessin:</p>
<p><a class="imagelink" title=imgp3768i.jpg href="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2006/12/imgp3768i.jpg"><img id="image119" height=96 alt=imgp3768i.jpg src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2006/12/imgp3768i.jpg" /></p>
<p>Clash déclara que celà ne valait rien.</p>
<p>La forme qui entretemps s&#8217;était recouchée, de nouveau face contre mur, expliqua qu&#8217;il s&#8217;agissait du dilemme de Kirilov.<br />
Clash voulut savoir pourquoi Kirilov était devenu un cyclope</p>
<p><a class="imagelink" title=imgp3727nhh.jpg href="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2006/12/imgp3727nhh.jpg"><img id="image137" height=96 alt=imgp3727nhh.jpg src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2006/12/imgp3727nhh.jpg" /></p>
<p>La voix déclara que les monstres d&#8217;aujourd&#8217;hui n&#8217;étaient que les avortons de ceux d&#8217;antan</p>
<p>Clash voulut alors qu&#8217;on lui dise pourquoi la main du cyclope n&#8217;était pas vide</p>
<p><a class="imagelink" title=imgp3729.jpg href="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2006/12/imgp3729.jpg"><img id="image131" height=96 alt=imgp3729.jpg src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2006/12/imgp3729.jpg" /></p>
<p>Et il lui fut répondu qu&#8217;elle serrait fermement la peur qui l&#8217;arrêtait</p>
<p>Et Clash demanda vers quel lieu cette peur l&#8217;empêchait de se rendre<br />
Et il lui fut dit qu&#8217;il connaissait la réponse</p>
<p><a class="imagelink" title=jin.jpg href="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2006/12/jin.jpg"><img id="image132" height=96 alt=jin.jpg src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2006/12/jin.jpg" /></p>
<p>Située sur cette terre dont avait rêvé Flaubert.</p>
<p>Alors Clash se demanda ce qui, au fond, pouvait empêcher le cyclope de presser la détente<br />
A quoi il ne fut répondu que par une détonation</p>
<p>J&#8217;eus peur. Je me sauvai. En bas de l&#8217;escalier, une ombre qui venait vers moi  voulut m&#8217;empêcher de sortir.Je pus me dégager et m&#8217;enfuir par une porte dérobée.<br />
Je me retrouvai sur un terrain vague au milieu duquel il y avait quelqu&#8217;un d&#8217;étendu. C&#8217;était Clash, un sourire de béatitude sur son visage couvert d&#8217;une sorte de boue lunaire.<br />
Sa main se leva pour me désigner quelque chose qui flottait dans le ciel noir sans étoile.</p>
<p><a class="imagelink" title=img335.jpg href="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2006/12/img335.jpg"><img id="image120" height=85 alt=img335.jpg src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2006/12/img335.jpg" /></p>
<p>Comme je tentais de relever Clash, je vis un trou sur son front; l&#8217;impact d&#8217;une balle.</p>
<p>Le ciel s&#8217;éclaircissait peu à peu, l&#8217;aube s&#8217;imposait, les yeux sans vie de Clash ne remarquaient plus que maintenant, deux mains se dissipaient dans les vapeurs du matin.</p>
<p><a class="imagelink" title=img338.jpg href="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2006/12/img338.jpg"><img id="image133" height=84 alt=img338.jpg src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2006/12/img338.jpg" /></p>
<p>Effrayé je rentrai chez moi, me jetai sur mon lit et m&#8217;endormis aussitôt.</p>
<p>Avais-je rêvé?<br />
Le lendemain j&#8217;allais chez Clash qui était frais et dispos et ne semblait pas se souvenir de ce qu&#8217;il avait vécu la nuit précédente.<br />
A ma grande surprise, il ne fit aucune difficulté lorsque je lui proposai de lui consacrer le présent article mais posa comme condition que j&#8217;ouvre sur mon site une galerie consacrée à ses travaux.</p>
<p>C&#8217;est désormais chose faîte .</p>
<p><a href="http://falcophil.info/ifotos/?dir=CLASH">&#8220;><</p>
<p>Je suis incapable de dire si j&#8217;ai rêvé ou si je ne me suis pas, sans vouloir, trouvé dans le mauvais rêve de Clash. Il affirmera toujours n&#8217;avoir jamais rêvé une telle chose mais à voir la récente évolution de son travail,<br />
<a class="imagelink" title=toile-mise-en-pieces.jpg href="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2006/12/toile-mise-en-pieces.jpg"><img id="image134" height=96 alt=toile-mise-en-pieces.jpg src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2006/12/toile-mise-en-pieces.jpg" /><a class="imagelink" title=toile-mise-en-pieces-2.jpg href="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2006/12/toile-mise-en-pieces-2.jpg"><img id="image138" height=96 alt=toile-mise-en-pieces-2.jpg src="http://falcophil.info/blog/wp-content/uploads/2006/12/toile-mise-en-pieces-2.jpg" /></p>
<p>je ne peux m&#8217;empêcher de penser que quelque part, kirilov est là qui lui souffle son effrayant dilemme et que sans se l&#8217;avouer, Clash espère en ce jour où la détente qu&#8217;il pressera sera bien réelle.</p>
<p>Falcophil</p>
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