Ils ont osé le dire
“ Du moment que l’art n’est plus l’aliment qui nourrit les meilleurs, l’artiste peut exercer son talent en toutes tentatives de nouvelles formules, en tous les caprices de la fantaisie, en tous les expédients du charlatanisme intellectuel. Dans l’art, le peuple ne cherche plus consolation et exaltation; mais les raffinés, les riches, les oisifs, les distillateurs de quintescence cherchent le nouveau, l’étrange, l’original, l’extravagant, le scandaleux. Et moi-même, depuis le cubisme et au-delà, j’ai contenté ces maîtres et ces critiques, avec toutes les bizarreries changeantes qui me sont passées en tête, et moins ils les comprenaient et plus ils m’admiraient. A force de m’amuser à tous ces jeux, à toutes ces fariboles, à tous ces casse-tête, rébus et arabesques, je suis devenu célèbre et très rapidement. Et la célébrité signifie pour un peintre: ventes, gains, fortune, richesse.
Je suis riche.
Oui. Mais quand je suis seul à seul avec moi-même, je n’ai pas le courage de me considérer comme un artiste dans le grand et antique sens du mot. Ce furent de grands peintres que Giotto, le Titien, Rembrandt et Goya; Moi, je suis seulement un amuseur public qui a compris son temps et a puisé le mieux qu’il a pu dans l’imbécillité, la vanité, la cupidité de ses contemporains.
C’est une amère confession que la mienne, plus douloureuse qu’elle ne peut sembler, mais elle a le mérité d’être sincère.”
( Picasso à Giovanni Papini, propos publiés en 1952 dans “il libro nero” )
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” Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire. Le paysan africain, qui depuis des millénaires, vit avec les saisons, dont l’idéal de vie est d’être en harmonie avec la nature, ne connaît que l’éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles.
Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n’y a de place ni pour l’aventure humaine, ni pour l’idée de progrès.
Dans cet univers où la nature commande tout, l’homme échappe à l’angoisse de l’histoire qui tenaille l’homme moderne mais l’homme reste immobile au milieu d’un ordre immuable ou tout semble être écrit d’avance.
Jamais l’homme ne s’élance vers l’avenir. Jamais il ne lui vient à l’idée de sortir de la répétition pour s’inventer un destin.”
( Sarkozy: Dakar le 29 juillet 2007)
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“Toute la duplicité de l’art contemporain est là : revendiquer la nullité, l’insignifiance, le non-sens, viser la nullité alors qu’on est déjà nul. Viser le non-sens alors qu’on est déjà insignifiant. Preténdre à la superficialité en des termes superficiels. Or la nullité est une qualité secrete qui ne saurait être revendiquée par n’importe qui. L’insignifiance -la vraie, le défi victorieux au sens, le dénuement du sens, l’art de la disparition du sens est une qualité exceptionnelle de quelques œuvres rares, et qui n’y prétend jamais. Il y a une forme initiatique de la nullité, comme il y a une forme initiatique du rien ou une forme initiatique du Mal. Et puis, il il y a le délit d’initié, les faussaires de la nullité, le snobisme de la nullité, de tous ceux qui prostituent le Rien à la valeur, qui prostituent le Mal à des fins utiles. Il ne faut pas laisser faire les faussaries. Quand le Rien affleure dans les signes, quand le Neant émerge au cœur même du système de signes, ca, c’est l’événement fondamental de l’art. C’est proprement l’opération poétique que de faire surgir le Rien à la puissance du signe – non pas la banalité ou l’indifférence du réel, mais l’illusion radicale. Ainsi Warhol est vraiment nul, en ce sens qu’il réintroduit le neant au cœur de l’image. Il fait de la nullité et de l’insignifiance un événement qu’il transforme en une stratégie fatale de l’image”
(Jean Baudrillard “Libération” du 20 mai 1995)
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“Nul” fut précisément le mot qu’employa le philosophe Jean Baudrillard quand, en 1997, il stigmatisa l’art contemporain. Il s’ensuivit des polémiques qu’alimentèrent des penseurs d’extrême droite, ceux-là. Leurs critiques ont fait long feu.
(Catherine Millet, l’art contemporain, Flammarion 1997)
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“¨Parce qu’elle est la clé du progrès, la croissance est la solution, non le problème”
(Georges W. Bush, Silver Spring 14 février 2002).
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“Il est un mythe savamment entretenu par les économistes libéraux, selon lequel la croissance réduit les inégalités. Cet argument permettant de reporter à plus tard toute revendication redistributive est une escroquerie intellectuelle sans fondement”.
Jacques ATTALI , vers une théorie économique de la croissance, 1973.
“La croissance n’entraîne pas systématiquement la justice sociale mais elle lui est nécessaire”
Jacques ATTALI, rapport de la commission pour la libération de la croissance française, janvier 2008.
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” A côté des grands sculpteurs de l’Antiquité, Rodin n’est déjà pas grand-chose; par rapport à Rodin, les grands sculpteurs actuels ne sont pas grand-chose non plus.”
Etienne Martin, cité par Arnaud Desjardins in “Regards sages sur un monde fou”
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