BONJOUR DE ROME
Depuis hier matin, je suis à Rome et déjà je m’emmerde.
Il y a les ruines de l’Antiquité mais je les trouve insipides, il y a du baroque mais je n’aime pas le baroque. Je n’ai pas amené mon appareil photo parce que je ne voulais pas avoir l’air d’être aussi con qu’un touriste.
Comme j’avais toujours en tête, l’avant dernier billet, je me suis rendu dans l’eglise Sainte Marie de la Victoire pour revoir la chapelle Cornaro qui abrite l’Extase de Sainte Thérèse d’Avila sculptée par le Bernin. Là , j’ai quand même un peu regretté de ne pas avoir mon appareil. On m’a prêté un compact merdique. Excusez moi donc pour la mauvaise qualité des photos qui vont suivre:

j’en ai donc choqué certains, l’autre fois, par la production de quelques travaux où j’avais moi aussi tenté de représenter l’extase de Thérèse par des couples faisant l’amour, démontrant par là que je n’aurais rien compris à l’authenticité d’une démarche qui échappe en effet à la plupart d’entre nous.
Je n’ai pourtant jamais perdu de vue qu’une certaine interprétation est assez significative de l’etat d’esprit d’une époque. Quand des essayistes ou psychanalystes nommés Roland Barthes , Jacques Lacan, Klosowski vous disent en clignant de l’oeil et en désignant la Sainte “Voyez comme elle jouit” et que les mêmes ajoutent que Gian Lorenzo Bernini paien lubrique n’aurait fait que transposer là quelqu’ orgasme vu dans un bordel, celà en dit long sur la déchéance de larges pans de notre époque, véritable écurie d’Augias incapable de dimension transcendante.
J’en veux pour preuve cette focalisation constante sur l’expression de langueur voluptueuse que l’on peut lire sur le visage de Thérèse alors que l’on ne remarque pas les autres détails de cette scuplture, ignorant tout, par ailleurs, du contexte qui l’entoure
Par exemple ce personnage au sourire étrange faisant face à la Sainte

Il a de grande ailes, ce n’est ni un homme , ni une femme mais un androgyne. C’est l’ange dont parle Thérèse et qui vient de la transpercer de sa flêche,
Mais celà n’est pas de nature à ébranler la conviction de nos fins observateurs, ils n’en démorderont pas, ils ne dépasseront pas le dessous de la ceinture, l’ange c’est Cupidon, la flêche c’est un phallus, on leur dit “mystique “, ils vous répondent “bagatelle”, a part celà, c’est nous autres catholiques qui paraît-il faisons une fixation sur le sexe.
Ils vous diront: “Voyez ses écrits, les images “Olé, Olé” abondent, elle s’adresse à Dieu en l’appelant son amant et elle rêve que ses lèvres se joignent aux siennes tandis qu’elle se sent “pénétrée” par Lui jusqu’aux entrailles

N’est-ce pas la preuve qu’elle avait en réalité le feu en un certain endroit, que son prétendu mysticisme masquait en fait son profond désir d’une bonne partie de jambes en l’air, désir qu’elle était incapable de regarder bien en face à cause de ces stupides interdits qu’une Eglise oppressive a toujours fait peser sur le sexe? “.
Méconnaissance totale de l’authentique spiritualité oubliant que Thèrèse avait confié à des confesseurs, des casuistes, ainsi qu’à des théologiens le soin de contrôler ses écrits et propos, oubliant également qu’en cet espagne du XVI ème siècle l’inquisition reste vigilante prête à sanctionner les moindres démarches suspectes. Qu’importe donc que tous ces gens qui , à bien des égards auraient pu en remontrer à nos modernes psychiatres sur maints recoins de notre psychisme, n’aient jamais rien trouvé de douteux dans l’”érotisme” de la mystique et qu’ils n’aient pas davantage mis en cause la sincérité de son expérience, cela ne compte pour rien, la prétendue sainte n’était qu’une “mal baisée”, l’explication on la tient, elle se résume en trois lettres, chaque époque à son absolu face auquel on se proterne

La méconnaissance touchant à l’hagiographie touche tout autant l’histoire de l’art. Pour preuve , les intentions luxurieuses sur arrière fond de mécréance que l’on prête au Bernin alors que le “Cavalier” était en fait un homme pieux , passionné de théologie, certainement beaucoup plus sain que nous dans sa tête et qui, travaillant d’ailleurs sous contrôle de son confesseur jésuite ainsi que du cardinal Cornaro, commanditaire de l’oeuvre,

n’aurait jamais songé à la moindre intention blasphématoire. Le Bernin prenait en effet l’imagerie érotique de Thérèse pour ce qu’elle était réellement, non l’expression de cet inavouable désir de faux infini- à portée de caniche- comme aurait-dit Celine, mais symbolique du désir de l’authentique infini, de celui dont les mots ne sont que pâles reflets et dont seule peut rendre compte, quoique de façon très imparfaite, l’ image de l’amour physique.
Certes le Bernin aura par son oeuvre contribué lui aussi à fausser la compréhension exacte de la mystique en s’attachant à représenter un aspect tout à fait secondaire d’une expérience qui va bien au delà d’une extase, simple défaillance passagère d’un psychisme devant affronter une aventure intérieure hors norme, analogue à cette suffocation qui nous prend sur les hautes cimes,
. Mais la mode est au baroque et en bon artiste baroque, le Bernin aime les effets de théatralité.

Exagération des poses, dramatisation des effets, le baroque est art de propagande qui vise à frapper les sens et non art de l’intériorité invitant au recueillement. On ne pourra s’empêcher désormais de relier le mot mystique à cet effet “médiatique” que recherchait le baroque, surexcitation émotive, visages qui se renversent, personnages qui se pâment, lèvres entre-ouvertes et yeux-mi-clos, le Bernin récidivera avec cette autre statue représentant la “bienheureuse” Ludovica Albertoni,

A partir de là, une brêche sera largement ouverte que certains ne se priveront pas de venir élargir, exemple type, Salvador Dali pour qui l’extase mystique devient alors une sorte de fourre-tout où l’on met en vrac l’hystérie, la volupté, l’évanouissement, les vapeurs données par l’alcool ou la drogue

ajoutez à celà l’expression singée par une actrice de X durant un moment censé être crucial et le tableau sera complet
Pour en revenir à des choses plus sérieuses, on remarquera , de chaque côté de l’autel où est placée la transverbération de Thérèse, un groupe de personnages , sculptés à mi -corps par les élèves du Bernin.
Il s’agit de la famille du cardinal Cornaro, commanditaire de l’oeuvre dont il a déjà été question.

Les personnages sont aussi censés représenter des théologiens en pleine discussion, commentant la vision de Thérèse. Etrangement, aucun ne regarde la scène, ils conversent entre eux mais personne ne semble prêter attention à ce qui arrive à la sainte comme si celà ne les intéressait pas. Peut-être savent-ils que l’essentiel est ailleurs. Celui-ci par exemple,

plongé dans sa lecture, on pourrait l’imaginer lisant tel passage de Grégoire de Nysse expliquant le sens exact du mot “extase” par l’ abandon du moi contingent réduit à sa dimension matérielle, ou de Saint Jean de la Croix insistant sur le fait que l’extase n’est en soi qu’un phénomène passager résultant du choc provoqué par une expérience inhabituelle et qu’elle doit disparaître lorsque l’on s’installe de manière durable en un plan supérieur de l’esprit.
Celà pour dire qu’ influences New-Age aidant, d’autres, souvent plus friands d’incidences physiologiques que de démarches profondes, se mettront alors à collectionner les exemples pittoresques, d’Angela da Foligno parlant de l’orgasme éprouvé par le contact de l’hostie sur la langue à telle autre qui devient “fontaine” en priant, en passant par tel autre encore qui éjacule en oraison, voyant ainsi dans le psycho-somatique, l’union du ciel et de la terre et ne comprenant pas qu’il n’y a là que défaillances ou épiphénomènes d’une totale victoire de la vie sur l’incomplétude de son enveloppe charnelle.

L’histoire sainte elle même ne sera pas toujours exempte de ce genre de contre-sens, en insistant sur certains phénomènes tels que lévitation ou stigmates alors que les mystiques furent les premiers à se méfier de ces manifestations parce que relevant trop encore de l’ ensomatose. Aldous Huxley qui à l’instar d’Henri Michaux ira lui même s’égarer dans des parodies de mysticisme provoquées par les drogues, avait pourtant compris dans sa “Philosophia Perennis” que tout se passait dans le centre intime d’où part la guerre contre le “vieil homme”.

Certains plus subtiles comme Michel de Certeau parleront d’un langage “somatique” qu’il faut savoir écouter, à défaut des mots incapables de rendre réellement compte de l’exact vécu de la vraie “surréalité.”
Seul Bergson prendra vraiment l’authentique mesure de la démarche mais qui s’interesse encore à Bergson? On préfère s’en tenir au préfixe “Ex” qui pourtant nous égare beaucoup plus qu’il nous renseigne
On parle ainsi d’ EX tase pour la mystique
Tout comme l’on parle d’EX pression pour l’art
Dans les deux cas, il s’agit d’une erreur de perspective par laquelle cette notion d’Ex tériorité renvoyant à la sortie hors du soi nous fait basculer hors de nous même, nous disperse dans un divers sensible , entravant la marche intérieure en direction de l’en soi, la concentration sur la dureté de diamant de la fibre intime laquelle caractérise l’authenticité d’une démarche tant spirituelle qu’artistique.
Le baroque qui a bien des égards aura ainsi contribuer a fausser l’exacte compréhension de l’art en prisant trop cette chute hors de l’être vers le pathos et l’étourdissement des sens, ne pouvait que contribuer parallèlement à fausser la compréhension du spirituel, le ramenant à la satisfaction émotive et laissant de côté la nuit cachée du coeur où se disent pourtant les choses les plus fondamentales.
Détournons donc nos regards du baroque, il ne nous sert à rien dans cette quête de l’intime.
Concernant l’expérience d’une mystique comme Thérèse, je ne vois guère que ce portrait d’Antonello de Messine qui pourrait le mieux en rendre compte.
En contemplant cette oeuvre fascinante, on comprend mieux les nazaréens, John Ruskin et les préraphaëlites, ces “primitifs” italiens, il est difficile de retrouver la fraîcheur et la simplicité de leur inspiration chez ceux qui sont venus par la suite, les néo paiens et les humanistes de la Renaissance et par dessus tout les artistes du Baroque n’ayant fait qu’accompagner le glissement de notre culture vers la zone de basse envergure de l’ “Humain trop humain” et l’effet grossier du pur impact sensoriel.
Je sais quant à moi ce qu’il me reste à faire. Je quitte Rome, je pars pour la Toscane.
Falcophil
27 commentaires to “BONJOUR DE ROME” »
Flux RSS des commentaires de cet article.
Galeries
Photoblog
Photobis
OdExpo
juillet 31st, 2007 at 6:46
1.- ” Détournons donc nos regards du baroque, il ne nous sert à rien dans cette quête de l’intime.”
Que fais tu de Zurbaran, peintre par excellence de la vie monacale ?
Et de Georges de la Tour, peintre de l’intime traité par le clair-obscur (que toi même tu es très content d’utiliser dans tes photos), invention du baroque ?
2.- ” Baroque n’ayant fait qu’accompagner le glissement de notre culture vers la zone de basse envergure de l’ “Humain trop humain” et l’effet grossier du pur impact sensoriel. ”
C’est le soleil d’Italie qui t’as tapé sur la tête ou quoi? C’est quoi encore que ces conneries?
juillet 31st, 2007 at 7:53
Ce qui est extraordinaire avec ce type, c’est qu’il vous soutient une chose et l’exact contraire la fois d’après.
D’abord il donne une version tendance erotico/hard d’une vision mystique en précisant qu’il s’inspire de Lacan et maintenant, il vous défend l’inverse. On sent que c’est maintenant la clique des intégristes paralysés de la bite et bouchés du cul qui a repris le dessus. Le plaisir c’est un pêché et il est donc exclu qu’une “sainte” ait pu en éprouver. Ridicule
Quant à l’évocation du baroque responsable d’un glissemenr vers l’”humain trop humain “, c’est franchement du n’importe quoi. A cet égard , je te renverrais plutôt aux analyses de Wollflin démontrant en quoi le baroque ouvre vers l’infini par l’exaltation de la couleur, l’évanescence et l’ondulation de la forme et le décloisonnement d’un classicisme trop sclérosé par la ligne.
Enfin de compte, tu fais du mal à ton crâne en écrivant des conneries, tu n’arranges pas ton teint en restant cloîtré dans ta chambre d’hôtel, tu refuses de faire plaisir à ta queue avec une de ces petites salopes d’italienne. Enfin bref, tes vacances à Rome sont à l’image de ta vie en France, tout simplement ratées.
juillet 31st, 2007 at 12:56
Taper un tel billet a quand même du prendre du temps. J’en déduis qu’au lieu d’être dehors à te ballader sous le soleil de Rome, tu t’enfermes effectivement dans une chambre à travailler à ton blog.
C’est vrai que t’es quand même un peu givré sur les bords!
août 1st, 2007 at 8:47
Si c’est être givré que de vouloir sortir de la masse grégaire des idées et des comportements, alors oui, je veux bien être givré, cela me permet du moins d’avoir des points de vue s’écartant des sentiers battus, ce qui déplaît visiblement à un type comme Harry. Dans sa Fac, on a, selon toute probabilité, du lui seriner que la Renaissance comme son nom l’indique fut un renouveau et que le Baroque fut un grand moment de notre histoire, moi , je ne crois pas, je pense qu’au contraire Renaissance, humanisme et baroque ne furent que des étapes dans le lent processus de désagrégation de la chrétienté allant de paire avec le déploiement d’une connaissance incapable de procéder autrement que par décomposition accumulant le détail au détriment de la captation du principe supérieur et que l’évolution de l’art depuis la fin du moyen-âge, illustre bien une déchéance toujours plus accentuée vers une démarche toujours plus axée sur la sollicitation sensorielle, la sensibilité subjective, centrée sur l’homme érigée en valeur absolue du cosmos avec tout ce que cela peut impliquer comme heurts, grossiereté croissante, perte de délicatesse parce que la conception de l’homme pris en lui même sans rattachement à ce qui le dépasse entraîne fatalement la désintégration dans la mutiplicité du relatif et de ses points de vue. On peut à l’appui multiplier les exemples, c’est déjà un abîme qui sépare la délicatesse d’un Fra Angelico ou d’un Jean Fouquet,
de la brutalité de contrastes d’un Caravage,
déjà la grandeur mystique du Moyen äge des cathédrale s’achève au XIV sur le réalisme plus ou moins terre à terre des flamands, de Van Eyck à Quentin Metsys, à partir de là, une connaissance de plus en plus pratique limitée à l’ordre inférieur des choses ne pourra qu’accompagner une croissante déchéance de l’art, il est par exemple significatif que l’humanisme soit, entre autre, illustré par le rire gras et les plaisanteries scatologiques d’un Rabelais, Cervantès qui tentera de réintroduire un peu d’esprit chevaleresque dans un monde embourgeoisé ne pourra pas s’y prendre autrement que sous l’accent de la parodie, le saint et le guerrier n’est désormais plus qu’un pauvre fou, le vaurien ne vivant que de rapines et de magouille, caractéristique du roman picaresque, a remplacé la quête du graal, la France par son esprit classique tentera d’enrayer cette déliquescence mais déjà le mal est fait, à la noble grandeur de la tragédie racinienne ou de l’austérité janséniste d’un Philippe de Champaigne, le XVIII ème n’aura rien à opposer hormis les langueurs de Watteau, le badinage frivole d’un Boucher , les casseroles d’un Chardin, la superficielle sensualité d’un Fragonard, je passe sur les détails de cette dégradation qu’accompagnera une vision toujours plus positiviste du monde, il faudrait un livre pour la décrire et je n’ai pas le temps mais disons pour faire bref que ce n’est ni le classicisme plutôt artificiel d’un David, ni les visions de quelques isolés comme William Blake qui pourront l’enrayer, un abîme de plus va se creuser entre ce que le Caravage avait pu conserver de grandeur tragique et une peinture de plus en plus rétinienne qui culminera avec l’impressionnisme. Que l’on considère maintenant ce nouvel abîme qui s’est creusé depuis, à l’époque de Monet on parlait du moins de “salon” maintenant on parle de “foire” demain on, parlera de supermarché, et l’on verra les “artistes” exposer leurs travaux sur des rayons et les collectionneurs mécènes passer avec leurs caddies, si l’on n’est pas convaincu, que l’on accepte du moins cela comme hypothèse de travail….
août 1st, 2007 at 9:40
rien à répondre à tout ce verbiage d’intellectuel frigide. C’est sûr que t’es pas le mec avec qui je partirais en vacances, tu me fais penser à ce film ” les visiteurs”, histoire d’un chevalier pouilleux et puant du Moyen-Age, perdu dans la modernité et qui n’aspire qu’à retourner dans sa campagne médiévale boueuse et arriérée.
Un conseil , plutôt que de passer tes vacances romaines à écrire tes délires sur l’occident décadent, fais toi plutôt pomper le dard par une italienne, elles sont plutôt chaudes là-bas, non ?
août 1st, 2007 at 10:03
Mme Virginie,
vos considérations sur l’époque médiévale, vous pouvez vous les introduire là où je pense , étant donné que, soit-dit en passant, la seule chose pour laquelle vous soyez apparemment douée, réside dans le fait de vous introduire un certain type d’élément en une certaine partie de votre anatomie, votre ignorance et votre vulgarité n’ayant d’égale que votre stupidité.
Concernant le cinéma, je ne puis discuter du film “les visiteurs” ne l’ayant point vu parce que je me suis toujours refusé à le voir, là encore nos valeurs ne sont pas les mêmes, tandis que vous barbottez dans les fosses d’aisances de la pellicule, je me tourne moi vers d’autres films. Vous c’est Christian Clavier moi c’est Ingmar Bergman (Paix à son âme!).
août 1st, 2007 at 2:10
Mais quelle Merde alors ce mec!
“vos considérations sur l’époque médiévale, vous pouvez vous les introduire là où je pense ” ,
Pauvre type va! Ce que je m’introduis là où tu penses, est toujours susceptible de me donner du plaisir et je préfère une bonne grosse queue à ton moyen-âge imbibée de ses croyances puériles et où on faisait chier les
gens en leur parlant toujours de pêché ou de culpabilité.
”
“Concernant le cinéma, je ne puis discuter du film “les visiteurs” ne l’ayant point vu parce que je me suis toujours refusé à le voir, là encore nos valeurs ne sont pas les mêmes, tandis que vous barbottez dans les fosses d’aisances de la pellicule, je me tourne moi vers d’autres films. Vous c’est Christian Clavier moi c’est Ingmar Bergmann (Paix à son âme!). ”
Minable! Alors tu crois que parce qu’on va voir des films qui font rigoler, ça nous empêche de ne pas apprécier les cinéastes plus sérieux? malgré ce que tu peux penser, j’ai vu la plupart des films de Bergmann mais on peut tout à fait aimer le sérieux tout en appréciant la, déconnade. C’est là votre problème à vous autres, la rigidité et le manque d’humour
Allez salut, j’ai assez perdu de temsp comme ça avec toi, crétin va…
août 1st, 2007 at 2:56
Décidément, que tu sois en France ou à Rome, tes billets suscitent des réactions toujours aussi volcaniques…
Laisse tomber Philippe, ces gueux ne comprendront jamais la profondeur qui t’habite (en un mot, cela va sans dire, sinon ça va encore faire jaser)
août 1st, 2007 at 5:06
pour te remercier de ton compliment (Cela fait d’autant plus plaisir qu’ils sont effectivement très rares),
je voudrais te faire un petit cadeau,
Il s’agit d’un portrait de Velasquez représentant le nain Sebastiano de Mora qui remplissait les fonctions de bouffon attitré du roi d’Espagne. Il était d’usage autrefois, dans les cours princières d’Europe , d’utiliser les nains pour amuser une aristocratie stupide qui ne savait pas quoi faire de sa vie. Quand on s’ennuyait parce que par exemple le mauvais temps contraignait à rester chez soi, on prenait l’un de ces malheureux, on le plaçait au milieu de la pièce et on le bombardait de tomates ou de tartes à la crème. Les gens -paraît-il- se tordaient de rire
Pourquoi est-ce que je te raconte celà ? je ne sais trop, peut-être pour te dire que la bêtise est éternelle. Mais regarde bien les yeux du nain, Velasquez a je crois sû retranscrire toute l’intensité de la fureur de l’homme humilié mais qui conserve tout de même sa dignité.
Ce nain , c’est finalement, l’une des plus nobles figures humaines que l’on ait pu représenter, en même temps qu’il nous offre une belle leçon de courage
août 1st, 2007 at 8:01
Votre texte sur Thérèse d’Avila est très beau. Je ne suis pas croyante mais celà me donne envie de m’interesser d’un peu plus près au mysticisme. Quels ouvrages pourriez vous me conseiller ? (Pas trop dans la bigoterie quand même!) Je suis pas contre choquée par la violence de Virginie. Les gens sont franchement d’une agressivité incroyable……
août 1st, 2007 at 8:47
Bah, Virginie c’est une nymphomane hystérique, on m’a dit que la chaleur était revenue sur Paris, ça doit la démanger là où je pense, le pauvre Clash n’y suffit plus
Concernant le mysticisme vous me posez là une colle tant le sujet est vaste. Je vous conseillerais néanmoins “La philosophie éternelle” d’Aldous Huxley (qui n’était absolument pas bigot) laquelle constitue une anthologie assez remarquable des mystiques chrétiennes, islamiques, bouddhistes et hindhoues, l’ouvrage est une analyse très fouillée de la psychologie du mystique même si son approche syncrétiste paraît discutable à bien des égards. Je vous fais remarquer que le mysticisme peut également être abordé sur un plan purement littéraire, les poèmes de Saint Jean de La Croix sont parmi les plus beaux de la littérature espagnole , mais c’est surtout la poésie islamique qui atteind des sommets, son plus grand représentant étant Rumi, poète persan qui faisait l’admiration de Goëthe, enfin voilà, lisez d’abord Huxley, il contient de nombreuses pistes qui peuvent vous diriger vers d’autres auteurs…
août 1st, 2007 at 8:51
Tu sais Philippe, je n’ai que peu de connaissances techniques en peinture et je suis loin d’être aussi habile que toi dans la façon de capter, de restituer ou de faire parler les images, les photos, les êtres…
Mais l’émotion qui se dégage de ce portrait, le maintien de ce nain, la profondeur de son regard qui fixe et qui feint le maintien d’un sourire presque imperceptible et le fait que tu m’en fasses cadeau me touche… vraiment
Je ne perçois d’ailleurs même pas de fureur dans ce regard. L’homme est noble et semble transcender sa condition quotidienne.
Si la bêtise est éternelle, je suis heureuse de constater que malgré la finitude qui nous carcatérise, il y aura toujours de belles personnes pour contempler le beau qui parcourt (aussi) ce monde et dont tu es finalement l’un des gardiens et porte-parole.
Quoi que tu en dises, profite de cette escapade romaine et apprécie la à sa juste valeur, Hugues n’est pas loin!
août 1st, 2007 at 10:03
Pour le nain, Envolée lyrique a vu plus juste, il n’y a effectivement pas de fureur mais la grande beauté d’un regard. C’est vrai qu’il est sublime ce portait
Pour Huxley pouvez vous me précisez l’éditeur?
août 1st, 2007 at 10:19
Ok ça va, je la’i dit à envolée lyrique, il n’y a pas de fureur, Don sebastiano de Mora (On lui avait donné un titre de noblesse parce qu’on pensait le ridiculiser encore plus) est au dessus de la rancune.
Pour l’éditeur, je pense que c’est paru dans la collection Seuil Point Sagesse mais je vous parle d’un livre que j’ai lu, il y a plus de 20 ans, cherchez sur Google vous trouverez bien
août 1st, 2007 at 10:57
Mon interprétation de ce nain serait quand même un peu différente. C’est vrai que sa tête est noble et ce qui me frappe c’et effectivement la profondeur du regard, moi je crois qu’on peut y lire à défaut de fureur, la tragédie intérieur d’un homme que la vie a meurtri. Le paradoxe de ce nain c’est qu’il présente un visage tragique sur un corps grotesque. Soyons sincère, on ne peut s’empêcher quelque part de rire en le voyant parce que son corps de nabot reste un corps de bouffon.
A quoi voulais-je en venir? A ceci nous souffrons mais nous n’avons pas même la dignité d ‘un héros de tragédie parce que foncièrement nous sommes des clowns et des bouffons qui nous agitons une fraction de seconde pour s’en aller pourrir dans un cercueil. Ce portrait il est extraordinaire parce qu’il résume bien la condition humaine, pitoyables bouffons, voilà ce que nous sommes, nous vivons une tragédie dont nous ne pouvons pas tirer le moindre drame parce que notre réalité quotidienne est celle du dérisoire et de l’insignifiance. Ce portrait me fait surtout penser à ces pièces de samuel Beckett où l’on voit des têtes sortir des poubelles ou s’enfoncer dans du sable tout en débitant des propos disloqués sur leur existence ratée.
août 2nd, 2007 at 6:01
Eh, Thierry, tu devrais lire un peu moins Michel Houellebecq et te familiariser toi aussi un peu plus avec la littérature mystique. Ce que tu dis là est révelateur de la capitulation de l’esprit face au monde de la matière. Regarde encore l’intensité qui émane des yeux du nain, comme cela a été si bien dit plus haut, il se dégage de ce regard, une force spirituelle qui dépasse le quotidien. Ne te laisse pas piéger par un système qui réduit l’homme à ses contingences matérielles et qui finit par le ridiculiser justement parce qu’il ne veut voir en lui qu’un simple corps (Jeune, beau , mince et bronzé de préférence).
août 2nd, 2007 at 7:48
Qude la vie ne soit qu’un cloaque qui charrie son lot quotidien d’ordures , tu le sais mieux que moi et j’en veux pour preuve cette passion que tu as pour l’art et qui te pousse toi même à créer. ça me rappelle justement ce que Houellebecq écrit au tout début de son ouvrage consacré à Lovecraft, quand on aime la vie, on ne lit pas, on ne va pas au cinéma, on ne s’interesse pas à la peinture. En effet, si la vie te convenait vraiment, quel besoin en ce cas aurait tu de t’évader vers le beau? L’univers artistique est surtout réservé à ceux qui sont plus ou moins dégoûté de la vie et cet enthousiasme que tu éprouves pour les choses de l’art ne fait à mon sens que révéler le dégoût que tu as de la vie. Tu n’aimes pas Michel Houellebecq parce que tu sais qu’il est terriblement lucide.
août 2nd, 2007 at 9:22
Voici 2 autres portraits de nains, ils n’ont certes pas la qualité artistique de celui de velasquez mais ils sont tout ausi évocateurs
Commençons avec celui-ci
Regarde un peu l’esprit conquérant , dominateur, infatué de lui même, fier de ses habits, de son épée, on a envie de lui dire, Eh! pour qui te prends tu toi le nabot , qui te crois tu au juste pour toiser les gens avec cet air méprisant ? As tu donc oublié que tes beaux habits c’est le Roi qui te les a donnés, parce que le Roi voulait avant tout que tu lui lèches les bottes en faisant le pitre devant lui. Combien en connaissons-nous toi et moi, de ces gnomes qui croient être quelque chose, on en croise des tas comme lui dans notre vie professionnelle ou le soir dans les dîners en ville. Ce n’est pas le quotidien qui est clownesque en soi, c’est plutôt l’homme qui devient grotesque pour n’avoir pas assez de recul par rapport à son qotidien. Autant on respecte le nain de Velasquez, autant celui-là on a envie de lui rire au nez
Maintenant regarde aussi cet autre portrait.
C’est le Roi d’Espagne Philippe IV en compagnie de son nabot favori. Là encore, vois un peu cette expression du nain, combien il est imbu de lui même, si sûr de sa position sociale, probablement parce que le Roi pose une main protectrice sur sa tête. Souvent, les nains de cour étaient plus cultivés que les courtisans lesquels étaient passablement ignares. On leur faisait faire des études parce qu’ils avaient entre autre pour fonction d’amuser la galerie par des talents littéraires qui leur permettaient d’improviser des poèmes ou des chansons ou de sortir des vannes et des boutades. Les témoins racontent que leurs plaisanteries étaient vulgaires et leur chansons méchantes et brutales, normal, ils faisaient ce qu’on leur demandait, le Roi, et les courtisans aimaient les distractions vulgaires . Ton Houellebecq me fait penser à ce genre de nabot. Lui aussi avec ses talents littéraires amuse un public de bourgeois matérialistes sur lesquels il pisse et vomit parce que c’est ce que lui demande ces mêmes bourgeois matérialistes qui aiment à se vautrer dans leur fange, ne voulant pas voir autre chose dans leur vie que la boue qui leur sert de quotidien, le tout avec la bénédiction du système parce que le label “Houellebecq” rapporte de l’argent. Mais fondamentalement ton Houellebecq reste un pauvre nabot, autant je peux admirer les grands athées comme Nietszche qui poussent jusqu’à l’éffondrement de leur raison leur quête d’absolu, autant je méprise le misérable petit nihilisme d’un Houellebecq soucieux avant tout d’entretenir sa petite notoriété dans les mondanités littéraires
août 2nd, 2007 at 10:08
Je crois Thierry que pour que tu tiennes des propos d’une telle tristesse , c’est que tu dois probablement pas mal souffrir dans ta vie. mais ta souffrance, ne serait-elle pas également dûe au fait que tu as probablement toi même beaucoup fait souffrir les autres?
août 2nd, 2007 at 4:40
Pourquoi me poses tu cette question? Tu n’es pas un peu prétentieuse pour lancer comme ça des affirmations sur des gens que tu ne connais ni d’Eve ni d’Adam?!?!?!
août 2nd, 2007 at 6:12
Ce ne sont pas des affirmations mais des suppositions….
août 2nd, 2007 at 6:53
Si tu “supposes” réellement que j’aie pu faire souffrir quelqu’un, cette “supposition” sur quoi est-elle basée? Ne serait-ce pas sur le fait que tu as toi même fait souffrir autrui?
août 3rd, 2007 at 5:21
Je connais la vie, c’est tout
août 3rd, 2007 at 6:58
Eh , Falcone, quand tu traites ma femme de nymphomane hystérique, modère un peu ton langage , pauvre mec, cette nymphomane hystérique, j’ai passé toute ma journée d’hier à regarder sous ses jupes pour lui photographié son petit cul, il y là beaucoup plus de douceurs et de beautés que tu n’en verras jamais dans toute ta Rome de papes verreux et corrompus.
Erato, tu connais peut-être la vie, mais lui ne la connaît pas, son regard est trop voilé par ses théories philosophiques et ses considérations d’esthète.
S’il fait cadeau à quelqu’un d’une photo de nabot, c’est pour faire oublier qu’en fait c’est lui le véritable nabot.
août 3rd, 2007 at 8:04
Peuh!
Et par dessus le marché, tes photos sont nulles !
Moi aussi , j’ai passé hier tout mon après-midi à photographier sous les jupes.
Je vais t’envoyez les clichés.
Voici,
Quelques fresques du manièrisme italien, je me suis donné un torticolis du diable hier après-midi pour les capter. Et moi je n’ai qu’un petit compact. Pas ton appareil de super-pro qui vaut plus cher que ma voiture.
J’en ai beaucoup d’autres encore mais ça prend trop de temps à charger. A quoi bon se donner du mal pour te faire voir des choses alors que tu n’as que de la merde dans les yeux….
août 13th, 2007 at 11:08
je m’invite sur ce blog, c’est plaisant de remarquer que les bouffonneries de la vie ‘dixit le nain de Velasquez” perdurent avec le temps dans les commentaires de blogs !
l’humanité est ce quelle est et demeure…
je trouve amusant de lire les élucubrations d’une demoiselle Virgine sur un site tel que le votre…on ne refait pas le monde (!)
je me présente rapidement, je suis historienne d’art et fait mes études au Centre d’Etude supérieure de la Renaissance et fait un mémoire sur les portraits de philippe de Champaigne que tu as cité dans la question de l’intime. Actuellement, je m’installe en solo comme peintre, après avoir été prof pour l’éducation national. c’est dans mes pseudo recherches que je suis tombé sur ton site.
j’ai apprécié ton analyse du Bernin et les paradoxe volupté/”souffrance” et extase mystique/extase charnelle…
idem pour illustrer les propos de “la bêtise humaine” avec la figure du nain à la cour espagnole.
je t’encourage vivement dans l’écriture d’un bouquin traitant de ce thème, tes propos sont pertinent. ça manque dans notre littérature. un ouvrage dit de vulgarisation, avec de belles illustrations sur le thème de l’extase…divin ou autres: celle de la Vie en tout cas!
c’est un beau projet tout ça. y a de la matière et tu a l’aire d’avoir déjà bien appronfondit la question (cf ” ex-tase/ex-pression/ex- tériorisation de l’intime …)ton style d’écriture est simple, abordable, claire, etprécis…facile, quoi!
je suis pas doué pour les mots mais je tenais simplement à te dire merci pour tes propos simple sur ce qui est d’ordinaire difficile à saisir.
on le vois bien: les gens oscillent soit dans le porno via la psycho de bazar soit dans l’intellectualisation de dieu.
tout le débat est centré là.
A quant un juste équilibre?!
ps: je faisais des recherches car je travaill sur un “Saint Michel tuant le dragon”, via un “David et Goliath” et pour ma figure du “pseudo dragon” je potasse l’extase.
mon travail consiste justement à unifier la compréhension de dieu (telle qu’on l’a en occident) et l’expérience mystique sans tomber dans les extrêmes. l’expérience charnelle en fait partie car c’est celle que nous connaissons tous. c’est juste une base.
voilà, en gros, je réunis les pièces d’un puzzle dont les pièces historiques sont l’iconographie de la renaissance, du baroque, maniérisme, XVIIe et l’expressionnisme abstrait, le Pop art, blablabla… ce ne sont que des termes…l’image suffit…enfin pour moi
passer une émotion… c’est tout.
août 15th, 2007 at 10:43
Bonjour Christelle
Merci pour ton intervention. Tu es bien sûr la bienvenue sur ce forum et tu peux revenir quand tu veux. N’hésite surtout pas à faire part de tes critiques et de tes éventuels désaccords, je ne recherche pas la polémique mais les points de vue opposés m’interessent car il n’y a que par les objections d’autrui que l’on peut approfondir sa propre réflexion. Ton étude sur Philippe de Champaigne m’interesserait, j’aime en effet la vigueur classique de ce peintre qui a sû se maintenir dans un remarquable équilibre en se tenant relativement à l’écart des modes plastiques de son temps. D’une manière générale, la France du XVIIème siècle me captive, ne cessant de m’interroger sur les raisons de sa résistance au baroque.
Pour la question d’écrire un livre, c’est malheureusement hors de question, étant d’une part trop pris par ma vie professionnelle et par ailleurs trop absorbé par mon activité de photographe , je ne peux au demeurant travailler à ce blog qu’ à de rares moments perdus. Ton travail sur l’approche de Dieu au travers des oeuvres d’art m’a l’air tout autant passionnant mais la tâche consistant à vouloir unifier la compréhension du divin en occident me paraît chose terriblement ardue, chaque époque ayant sa propre compréhension de cette réalité, Thomas d’Aquin avait la sienne, tout comme Hegel avait également la sienne. La différence qui existe par exemple entre le Moyen-Age et l’époque du baroque, c’est que le Moyen Age a connu un authentique art sacré, le Baroque n’ayant connu pour sa part qu’un art religieux, ce qui n’est pas tout à fait la même chose Ce que je me suis efforcé justement de démontrer dans le cadre de cette approche de la mystique au travers d’une sculpture baroque, c’est que notre culture est entré dans une phase de chute hors de soi qui ne peut que nous rendre de plus en plus incompréhensible l’authentique approche de Dieu. Notre modernité est, à mon sens , une culture essentiellement paienne qui lorsqu’elle croit saisir le divin ne fait que sanctifier les forces naturelles ou l’auto- narcissisme de l’individu. Mais là encore , ce n’est qu’une opinion, ton champ d’étude est bien sûr très vaste, il englobe Maître Eckhart et Georges Bataille en passant par le Romantisme et le Surréalisme
. Je serais bien sûr heureux d’en rediscuter avec toi si tu le souhaites et, encore une fois, tout à fait interessé par l’évolution de tes recherches.