( avril 30, 2018 )

De l’épée au désert.

De nouveau Sophie nous reproche de ne pas saisir, à l’évocation de certaines considérations sur le vent, la poussière, la Trappe et son « soleil noir »

, occasion d’élévation spirituelle en traitant du cloître et de l’archétype monacal plutôt que de rester empêtré dans une atmosphère belliqueuse toute en admiration pour le guerrier de jadis ou les « fallacieux soleil d’or et autres apparats de la mégalomanie politique ».
Si comme nous l’avions vu dernièrement le

guerrier de jadis offre un bon support de symbolique spirituelle, il est non moins vrai que le métier des armes pouvait autrefois tout autant apparaître comme préparant le mieux à l’ascèse spirituelle.

On notera déjà que la destination naturelle de l’aristocrate guerrier le plus authentique est celle du dépouillement monacal. Rappelons que Perceval finit par devenir moine, que saint Martin de Tours laissa tomber le glaive pour aller vers l’ennemi en brandissant la croix, que François d’Assise fut d’ abord fasciné par l’idéal chevaleresque avant de fonder son ordre , que saint Louis tendait de plus en plus vers l’austérité du cloître, que Jeanne d’Arc termina en martyre et comme sainte, que saint Ignace de Loyola se tourna vers le combat spirituel quand une blessure mit fin à ses fonctions militaires, et que bien plus tard c’est en encore un aristocrate officier qui finira sa vie en ascète chez les touaregs.

Le monastère ou la sainteté aimantent ainsi le véritable aristocrate dépourvu de tout esprit de marchandage, de calcul ou d’intérêt. L’épée du chevalier commençait d’ailleurs par la pointe et se terminait par la croix, la vocation de la fleur était de passer dans les cieux avait joliment résumé Antoine Blanc de Saint-Bonnet.

Sur un plan romanesque, c’est une atmosphère presque monacale qui enrobe un fort

(Valerio Zurlini: le désert des tartares)

où un officier passe la majeure part de son temps à scruter la pureté d’un désert, sa vie de soldat l’ayant préparé au combat le plus essentiel, le « grand djihad », quand, démobilisé,  seul, malade et abandonné de tous, il attend la mort en parvenant à sourire.
Le « petit djihad » comme préparation à la « grande guerre sainte » quoique tiré d’un hadith apocryphe n’en relève pas moins du plus bel apologue.
Un poète se souvenant de son expérience de garnison,

pensait qu’un véritable officier devait privilégier le silence du trappiste, n’ouvrant la bouche que pour laisser passer un ordre, tirant de l’ennui même de la vie de caserne, la grandeur cachée de l’abnégation. Pour en rester d’ailleurs au cas du trappiste et plus particulièrement du fondateur de l’ordre

le biographe note ici son « inclination militaire » qui le « poussait dans les lieux d’escrime ». Si l’auteur semble pourtant établir une antithèse en suggérant que:

« lorsque Louis XIV prît les rênes de l’Etat, la France se divisa, les uns allèrent combattre à l’étranger, les autres se retirèrent au désert ».

On pourrait tout autant y voir un parallèle entre services des armes et vie monastique.
De manière plus générale, Un apparent oxymore émerge sous Louis XIV, disons plutôt, les deux faces opposées d’une même médaille, sommet de puissance , sommet de renoncement, soleil d’or à Versailles, soleil noir à Soligny. Si le succès de Versailles est trop connu, on connaît moins celui de la Trappe. A peine 5 ou 6 moines quand Armand-Jean de Rancé arrive dans les marais du Perche, encore s’agissait-il de gens dont la vie relevait davantage de la sanction pénale que de la pénitence , près d’une centaine de reclus à l’indéniable vocation moins de 30 ans plus tard. De nombreuses candidatures qui affluent de partout, un intérêt venant des plus grand noms du temps, militaires, nous y reviendrons mais aussi littéraires, avec mesdames de La Fayette et de Sévigné,

philosophiques avec Malebranche et Leibniz, politique avec Jacques Ier , ex roi d’ Angleterre.

Quelques décennies après le succès de Sœur Angélique Arnaud, l’abbé de Rancé figurait à son tour parmi les « vedettes » de l’époque. On ne le perdait pas de vue dans les milieux mondains, ses ouvrages, sur les vies oubliées venues s’éteindre à la Trappe ainsi que sur les austérités de la vie monastique sont alors des « best sellers ». On n’imagine pas de nos jours un Dom Gérard Calvet rencontrer pareil succès à Saint Germain des Prés. Les vies et morts d’êtres denses et cachés étaient alors données en exemple tandis que de nos jours, les vies et morts de vaines célébrités ne sont que données en spectacle. Tout en ayant les yeux posés sur les grands du monde, on n’en gardait pas moins les mêmes yeux sur ceux qui renonçaient au monde et eussent préféré ne plus voir ses grands.

Au cœur de Versailles Madame de Maintenon parle de la Trappe comme d’une aspiration nostalgique. Le domaine de Rancé semble rester là présent, à la manière de cette boule de pain noir ramenée par « Monsieur » frère du Roi qui venant de faire un séjour chez les cisterciens de la « stricte observance », voulait montrer à une Cour très intéressée de quoi se sustentaient ceux qui avaient opté pour les plus grands renoncements. Imagine t-on lieux actuels de pouvoir manifester intérêt pour l’ordinaire de la grande chartreuse? A la Trappe on n’oubliait pas Versailles, symboles des péchés d’orgueil et de vanité mais à Versailles on n’oubliait pas non plus la trappe parce qu’on se savait pécheur. Lully, le libertin composant divertissements et ballets savait aussi quand il le fallait, orchestrer les plus poignants requiems et les plus profonds diaes irae. Le trappiste est mort au monde où il n’est cependant pas non plus mort pour tout le monde car si la Trappe méprise le monde, il s’agit d’un monde qui porte tout de même intérêt à ce mépris, ce qui des lors tendrait à démontrer qu’il n’est pas si méprisable.

On demeure par exemple étonné en présence d’un portraitiste attitré de gens les plus en vue d’alors,

Hyacinthe Rigaud

et qui se laisse entraîné aux fins fonds d’un cloître pour peindre l’homme  dont l’idéal est de ne plus être vu. On imagine mal de nos jours tel photographe spécialiste de « people » éprouvant le besoin de tirer le portrait d’un reclus dans quelque lointaine abbaye de province.

Le malouin nous rapporte que Bossuet toujours prompt à exalter le pouvoir terrestre n’oubliait cependant pas le fondateur de la Trappe auquel il envoyait ses oraisons funèbres afin que celui-ci fût mieux conforté dans sa fuite hors du terrestre néant. On pourrait trouver là encore contradictoire qu’un homme appréciant la pompe ait pu d’autre part en dénoncer l’inanité. A ces constants va et vient théologiques et littéraires de la grandeur à son néant, il serait d’ailleurs piquant d’associer quelques pendants plastiques tel ainsi cet artiste peignant d’abord le puissant tout en majesté pour s’attacher ensuite à le représenter ramené à presque rien

(Richelieu sur son lit de mort)

voire à totalement rien.

Simple regard de dérision sur la vacuité des grandeurs ? C’est ce que pourrait superficiellement conclure le nihiliste actuel. Le crâne de mort pour Philippe de Champaigne comme pour Bossuet (Ainsi que pour Rancé), est en fait un point d’appui (« Trappe » est d’ailleurs un terme patois qui ne signifie pas « piège » mais « marche » ou « degré ») d’où l’on peut s’élancer vers un summum

qui redescend vers nous et confère alors un peu de son plein éclat aux vivants d’ici-bas. De Rancé, le même nihiliste d’aujourd’hui ne retiendra que la fuite mais oubliera que c’est une fuite vers Quelqu’un. S’il est vrai que nous ne sommes rien, nous ne sommes cependant pas que des marionnettes, nous re-présentons quelque chose de ce Quelqu’un. Ainsi, quoique ne perdant pas de vue le néant, pouvait-on donner même au roturier un aspect des plus nobles,

( Philippe de Champaigne: Le prévost des marchands et les échevins)

tandis qu’aujourd’hui, les roturiers ne donnent que du néant, surtout ceux qui passent pour les plus nobles.

Néant des grandeurs mais la grandeur n’est pas non plus un néant car si la mort nous prend tout, c’est pour le restituer au centuple dont on a déjà quelque léger avant-goût. Notons au passage que la vanité comme genre à part entière est à l’époque un thème à la mode mais que toutefois, il s’impose plutôt dans les zones protestantes, apparaîssant assez marginal en terre catholique. Inséré dans le contexte plus global du grand sujet religieux, plus que jamais encouragé par l’Eglise romaine post tridentine, le néant d’une vie est rapporté à la figure spirituelle,

il n’y a pas de vanité en soi, à l’inverse de ce que pourrait suggérer un Peter Claesz

mais uniquement de vanité au regard de l’en soi qu’évoque la personne de la sainte et du saint. Le monde passe mais la sainteté porte en elle des paroles qui ne passent pas. On aura donc mieux compris que pour Bossuet comme pour Philippe de Champaigne, si l’homme et sa grandeur ne sont qu’inconsistance , ce n’est que rapporté à Dieu lequel redonne tout de même à l’homme quelque consistance et grandeur. Démarche plus logique et plus rationnelle car outre que le sentiment de ce qui est grand ne peut sortir du néant, cet autre sentiment de l’éphémère, si douloureux celui-là, ne peut aller sans l’intuition d’une joie inaccessible et secrète afférente à la plénitude pérenne.

Puissance sur les êtres et les choses, renoncement à toute puissance, tant sur les êtres que sur les choses, l’antinomie soleil de midi/ soleil de minuit n’est donc pas insurmontable.

A juste titre, a t-on fait remarquer la fois dernière que le Roi et son entourage étaient abreuvés de considérations sur la futilité des fastes et des pompes toujours sermonnés par des orateurs d’église eux-mêmes nourris des psaumes, de l’ ecclésiaste, du livre de Job, textes contenant déjà Cioran, délectation du nihiliste mais dépassant aussi Schopenhauer où le même nihiliste se trouve enlisé.

Louis XIV empli d’orgueil, imbu de grandeur, s’entendait dire ainsi que l’orgueil n’est que folie et que la grandeur n’est qu’illusion. On nous rapporte qu’il écoutait avec attention, le menton posé sur les mains elles-mêmes appuyées sur le pommeau de sa canne. On nous dira qu’il n’en tira aucune leçon, c’est à voir. Le Roi et sa Cour ne pouvaient entendre des centaines de sermons exaltant l’humilité, évoquant la même origine et le même sort qui attendent petits et grands, traitant de vertus cardinales et théologales sans que cela n’imprimât quelques marques dans leur être intime.


On avait probablement dû lire le psaume 147 au Roi, tout comme il devait également savoir, que le psaume 22, où il est dit « je suis un ver » est attribué à l’archétype de la fonction royale.

(Rembrandt: Le roi David)

A défaut, les mots de Bossuet ne lui avaient sûrement pas échappé.

On sait l’influence de ces orateurs ( Ainsi d’ailleurs que celle de Rancé) sur une Madame de la Vallière ex-favorite qui entra au Carmel. On sait aussi que Louis le Grand renonça finalement à ses aventures. Sans doute que le fait d’avoir entendu maintes fois Bossuet fustiger l’ excès ou Bourdaloue condamner l’impureté y fût-il pour quelque chose. Gageons que le soleil d’or doit avoir en tête le soleil noir assis près du crâne

(de celle qui fut sa maîtresse, disait-on) quand il termine ses jours dévotement après avoir, avec grandeur d’âme, dû affronter deuils et maladie ( ce que même le médisant duc de Saint-Simon était bien obligé de reconnaître!).

Ses obsèques donnèrent encore l’ occasion de rappeler le néant des grandeurs puisque l’historien nous dit que Massillon chargé de son oraison funèbre, montra du doigt les mots
« Louis le Grand »
Inscrits sur les tentures, et n’eût pour tout commentaire :
« Dieu seul est grand ».

On savait alors rappeler aux grands le sens de la limite en ramenant leur néant à la réalité la plus pleine. Néant, Dieu, on ne perdait pas de vue ces deux pôles qui donnent sa tension au livre de Qohelet. De ce poème, nous ne gardons que la première partie où il est question de buée, oubliant la seconde où il est aussi question d’Elohim. Notre néant n’est ainsi ramené qu’à du néant mais nous n’en n’avons pas moins l’audace et le ridicule de nous prendre pour Dieu. Fidèle à ses manières peu délicates, Céline demandait railleur à celui qui disait ne croire qu’en l’homme, s’il pourrait se faire qu’un jour la merde humaine cessât de puer.

On pourrait dire que le soleil noir fuit le soleil d’or à la manière du mouvement vers le désert lancé au IVème siècle par saint Antoine comme réaction à une reconnaissance officielle donnée par l’empereur Constantin. Les choses paraissent plus complexes concernant l’abbé de Rancé. Versailles représente certes tout ce que veut fuir la Trappe

mais Chateaubriand, toujours lui, propose une formule frappante par laquelle il paraît vouloir concilier puissance militaire et renoncement monastique:

« A l’abri derrière ses guerriers, et ses anachorètes, la France respire. »

L’historien du dimanche que je suis, aime à forger cette hypothèse que sans les Bourdaloue, les Bossuet

ou les Rancé insistant sur le néant des grandeurs, Louis XIV eut moins modéré ses ambitions que lui autorisait pourtant le puissance de son armée. Quoiqu’il en soit, L’expansion militaire de la France souvent reprochée au Roi soleil, fût somme toute assez limitée. Nos troupes ne s’aventurèrent pas plus loin que la Bavière ou le Palatinat, nos visées d’alors n’avaitent finalement d’autres buts que de protéger nos frontières du nord,

(Jacques Bainville: Histoire de France)

Sans rapport avec cette France issue de 1789 qui de Madrid à Moscou devait mettre toute l’Europe à feu et à sang. Louis XIV se repentit du moins d’avoir « trop aimé la guerre »,  nous n’avons pas souvenir de quelques regrets de ce type chez l’exilé de Sainte-Hélène.

La forteresse de Vauban d’un côté, de l’autre celle de Rancé. On  saisit l’intérêt de la première, on ne voit toujours pas en quoi la seconde permettait au pays de mieux respirer.

Un demi-siècle après Chateaubriand, un romancier, je ne sais plus dans quel ouvrage, sûrement l’un de ces deux-là :

rêve d’une ceinture de cloîtres qui auraient entouré Paris. Pour la protéger de quoi ? On comprend mieux le rêve de Huysmans si l’on considère qu’en fait de ceinture d’abbayes autour de la capitale,  il n’y a de nos jours, en dehors des zones urbaines constituées de quartiers dortoirs et de cités sinistres,  que centre commerciaux, hangars de tôle ripolinée abritant négoce de meubles, de télés , de lave-vaisselles , de moquettes, de hot-dog ou de hamburgers ainsi que parkings, distributeurs d’essence et incessants va et viens de métal et de moteurs. C’est aussi de cordon sanitaire dont parlait Huysmans et en particulier d’hygiène mentale.

Certes, l’on vendait et l’on se divertissait tout autant sous Louis XIV mais des institutions comme la Trappe nous rappellent précisément qu’il y a plus important que vendre et se divertir de même qu’une institution comme la noblesse interdite de travail parce qu’essentiellement vouée à payer l’ « impôt du sang », devait en principe nous rappeler qu’il y avait plus important que gagner de l’argent ou élaborer des plans de carrières. Toutefois, si sous Louis XIV maints éléments du monde intellectuel s’intéressent à la Trappe, l’intelligentsia sous Louis XV et Louis XVI travaille en revanche à déconsidérer l’idée même de vie monastique. De Voltaire à Diderot en passant par Condorcet ou Turgot, on inculque à l’opinion publique cette idée simpliste mais désormais tenace du moine fainéant, parasite, intolérant, inutile, névrosé, fanatique, obscurantiste, goinfre et libidineux. Le moine de Lewis et autres Melmoth de Mathurin, prendront la relève dans un contexte où progresse toujours plus la mentalité protestante que véhicule l’esprit franc-maçonnique. Le décret du 13 février 1790 et la loi de juillet 1901 exaucent amplement les vœux formulés dans cet ouvrage

quant à la suppression des ordres monacaux, pour le bien des individus et pour l’utilité de l’Etat. Soyons assurés que Monsieur Arouet n’aurait pas désapprouvé le temps du petit père Combes ( son fils spirituel à vrai dire) où l’on faisait appel à la troupe pour hâter les opérations d’expulsion. N’avait-il pas soutenu qu’il ne s’agissait que de cadavres à sortir de leur tombeau ? De nos jours, persiste le cliché, que ce soit l’image superficielle destinée à faire vendre ou l’œuvre qui se prétend sérieuse

Et l’auteur effacé de ces lignes a plus d’une fois entendu ces imbéciles remarques déjà notées ailleurs par un auteur autrement plus notable:

(André Frossard: Le sel de la terre)

L’amie et correspondante de Voltaire, Madame du Deffand, conseillait la frivolité à celui qui sentait le désespoir toujours là sous-jacent. Qu’il nous soit tout de même permis d’avoir pour avis qu’une Madame de la Vallière présente un peu plus d’allure ! Voltaire quant à lui, répondait à Pascal effrayé par les espaces infinis, d’oublier sa frayeur en considérant avec joie l’agitation incessante de Paris et de Londres. Là encore, mon estime est pour le second tandis que mon haussement d’épaules s’adresse au premier.

Frivolité, agitation futile, poursuite de vent et de vérités insignifiantes, si relève d’un truisme que de soutenir que tout cela n’est en rien l’apanage de notre époque, remarquons tout de même qu’au cœur de ces tares tout autant prisées par nos aïeux se trouvaient l’église et le monastère comme antidote aux forces immanentes voulant exclusivement accaparer l’esprit. L’image de la sainte sur le vitrail proposait une rupture radicale d’avec la mentalité horizontale des affaires, du négoce, du stricte empirisme inhérent à ce qui ne vient que de la terre. Aujourd’hui où les églises se vident quand elles ne sont pas détruites ou transformées en restaurant, la ligne horizontale ne rencontre plus de point de rupture mais se prolonge par l’image publicitaire. La sainte est remplacée par la pin-up, l’autre dimension du réel cède face au réel unidimensionnel, Marcuse ne nous aurait pas contredit sur ce point.

« A l’abri derrière ses guerriers, et ses anachorètes, la France respire. »

On ne se soucie plus des anachorètes et l’on étouffe car nous sommes encombrés de gadgets inutiles, conséquence paradoxale de cet esprit voltairien voulant que tout doive être utile, nous ne comprenons des lors plus l’intérêt de ce qui estau plus haut point inutile.

« A l’abri derrière ses guerriers, et ses anachorètes, la France respire. »

Le passage des premiers aux seconds était  d’ailleurs fréquent, un officier supérieur de l’époque ayant mené quelques campagnes de Louis XIV


(Maréchal Gigault de Bellefonds)

comptait parmi les plus fervents admirateurs de l’abbé de Rancé et la Trappe devait d’ailleurs attirer beaucoup de militaires. Etant préparé au sacrifice, au continuel côtoiement de la mort, il leur restait à devoir affronter cet ultime et plus essentiel combat, celui là même qui devait attendre le lieutenant Giovanni Drogo.

 
C’est ainsi que de l’épée nous passons au désert.

Le grand désert de Saint Bernard, du temps où l’épée avait forme de croix

Puis, quand l’épée fut remplacée par le fusil, un désert d’esprit un peu différent mais encore d’une certaine tenue.

Enfin, celui de Samuel Beckett , en nos temps de téléguidages et de télécommande.

beck

(Souffle)

93 Comments to “De l’épée au désert.” »

  1. Sophie says:

    Je suis plutôt réticente à l’égard de ce que tu écris. D’abord parce que j’éprouve la plus grande réserve concernant un auteur tel que Bossuet qui exalte la puissance terrestre, se compromet avec l’arbitraire du pouvoir royal pour venir ensuite en dénoncer l’inanité. Tu nous dis qu’il n’y a point, là, de contradiction mais tu tombes dans un tortueux raisonnement pour nous l’expliquer. Je préfère de loin Fénelon, plus sincère, plus entier, plus cohérent, plus direct, plus courageux, qui n’hésitait pas dans son Télémaque à présenter une dénonciation à peine voilée de louis XIV et de son goût pour le faste et la guerre et qui pouvait se permettre de dénoncer les pompes parce qu’il vivait sobrement, à l’inverse de l’Aigle de Meaux convaincu d’aimer la Trappe mais à la seule condition de n’y rester que quelques jours pour déguster de nouveau le luxe et la bonne chère, une fois rentré chez lui.
    . Tu établis un curieux parallèle entre la Trappe et Versailles, selon toi deux faces d’une même médaille mais je comprends mal tes contorsions intellectuelles. Si à Versailles, quelques-uns pouvaient s’intéresser à la Trappe, cela ne devait sûrement pas dépasser le stade de la curiosité mondaine, surtout suscitée par la personnalité atypique de l’abbé de Rancé. Celui-ci fuyait bien Versailles comme on fuit un navire en perdition car c’est bien de cela qu’il s’agissait, d’un monde perdu depuis toujours, celui de Mammon, abhorré par les pères du désert dont Rancé se voulait l’héritier, celui relevant de ces 3 grandes tentations durant les fameux 40 jours, univers du néant dont les mirages séduisent la plupart mais radicalement incompatible avec ce que recherche la vie monacale.

    Enfin et surtout, cette idée que la vie militaire serait propice à nous diriger vers l’ascèse spirituelle, voire la sainteté, relève selon moi davantage d’une affabulation romanesque que d’une observation lucide. Les « vies » de Rancé nous en donnent précisément plusieurs exemples. Que beaucoup de gens de l’armée aient pu rejoindre la Trappe, cela n’était en rien favorisé par l’ esprit militaire mais résultait plutôt, du moins en partie, de la saturation écoeurée, issue de toutes les débauches qu’occasionnait leur vie de soldat. Entre les vices et les tueries, on voit mal ce qui pouvait prédisposer à l’ascèse spirituelle, la narration concernant l’ex-grenadier Dom Muce illustre en particulier mon propos. Sans rapport donc avec un idéal chevaleresque qui les aurait préparé à devenir moine mais bien plutôt un retournement, psychologiquement assez inexplicable et dont le plus magistral exemple avait été donné 2000 ans plus tôt par Paul de Tarse.

  2. Falcophil says:

    Je ne parlais bien évidemment pas du militaire du rang ou du soudard de bas étage mais d’une vision aristocratique de la guerre. Mais nous n’allons pas revenir sur cette question, nous nous y sommes déjà plus que trop attardés.

  3. Sophie says:

    Certes mais qu’il me soit tout de même permis d’insister sur cette prétendue « vision aristocratique ».La relation de Rancé concernant un autre trappiste, le frère Palémon est à cet égard suffisamment éloquente. Issu de la noblesse italienne, l’aristocratique Louis Tana comte de Santéna, avant de devenir le frère Palémon « suivit le parti des armes et fut dans cette profession tel que sont presque tous ceux qui s’y engagent : le plaisir, la gloire et l’ambition furent ses idoles.», Sans doute que ce furent toujours là les idoles du monde profane mais apparemment, même l’aristocratie ne semblait pas échapper à cet envoûtement. Quoiqu’il en soit, Rancé avait peut-être eu dans sa jeunesse une « inclination militaire » , ses écrits ne paraissent cependant pas dénoter une bonne opinion de l’armée.

  4. The warrior says:

    Si par vision aristocratique, il faut entendre la capacité de placer une distance entre soi et son petit moi corporel, mondain, limité, futile, hédoniste et que caractérise notamment l’impatience (surtout de nos jours où il faut le satisfaire au plus vite), alors assurément que cette vision existait et existe chez le vrai guerrier et qu’ elle pourrait se traduire par cette fameuse phrase prêtée au maréchal de Turenne

    à la veille d’une bataille (Peut-être celle de Sasbach où il fut tué) :  » Tu trembles vieille carcasse mais tu tremblerais davantage si tu savais où je te mène ». Cette phrase Rancé aurait très bien pu la prononcer ainsi que tous ceux qui l’avaient rejoint car ils étaient sûrement tout imprégnés de cette vision qu’elle portait quant à la mise à distance de son moi empirique. Qu’un tel état d’esprit puisse en amener plus d’un au cloître, je n’en doute pas mais, et c’est ici que s’arrête mon accord avec l’auteur de l’article, car loin d’y voir une quintessence , j’y verrais plutôt une dégénérescence, concernant du moins une démarche telle que celle de Rancé, tant est elle implique cette haine du corps et de la vie que l’on a pu à juste titre reprocher au christianisme.

  5. Falcophil says:

     » Tu trembles vieille carcasse mais tu tremblerais davantage si tu savais où je te mène ».

    C’est en effet une fort judicieuse citation du Maréchal de Turenne dont on peut probablement dire que Rancé aurait pu la faire sienne et je regrette de ne pas y avoir pensé au moment où je rédigeais mon texte.
    Il est cependant dommage que tu sois incapable de déceler la connotation quasi religieuse qui se trouve déjà impliquée dans les propos de Turenne. Tu le pressens pourtant toi-même quelque part puisque tu parles d’une distance à mettre « entre soi et son petit moi corporel, mondain, limité, futile, hédoniste etc.. » ce qui sous-entend que le moi illusoire qui passe par la « carcasse », dépouille imminente et charogne en puissance, est tenu en mépris, au nom d’un moi plus profond, plus caché, plus secret, plus énigmatique, Moi non visible et in-conceptualisable, ne renvoyant à aucune aucune image (Et en cela, on peut y voir un « désert »), Moi où siège le domaine des valeurs, non celles que l’on se forge pour cacher sa faiblesse mais celles qui s’imposent à nous malgré nous. Ce moi profond, c’est déjà la transcendance et donc le religieux et donc le mystique. Certaines grandes traditions religieuses ne disent d’ailleurs pas autre chose pour résumer l’un des aspects essentiels de leur enseignement:
    « Le Moi qui dit moi n’est pas le vrai Moi » affirme Lao Tseu et qui sait même si le nirvana des bouddhistes ne renvoie pas également à ce moi authentique et secret ( Car il faut bien qu’il y ait toujours un Moi, fût-il d’une essence infiniment plus délicate pour pouvoir éprouver la délivrance) et la « vieille carcasse » dont parle Turenne, c’est un peu le « vieil homme » évoqué par saint Paul, le vieux moi déjà putréfié, plus qu’à moitié envasé dans la mentalité de marchandage, de calcul et de lucre et dont on a vu plus haut qu’elle avait constitué l’antithèse de l’état d’esprit d’un Godefroy de Bouillon et de beaucoup de ceux qui l’avaient suivi

    (Voir notamment)
    http://falcophil.info/blog/2016/06/07/croisades/comment-page-1/#comment-5341

    (Ainsi que)
    http://falcophil.info/blog/2016/06/07/croisades/comment-page-1/#comment-5346

    Dès lors, Nul doute que cet esprit aristocratique de la fonction martiale présentait une certaine dimension religieuse qui prédisposait à l’ascèse ou au cloître . Que la noblesse du temps de Louis XIV ayant déjà bien amorcé sa décadence, en fût passablement dépourvu, comme semble l’indiquer l’histoire du comte de Santéna devenu frère Palémon, relève d’une autre question.

  6. ICHTHUS says:

    Tu n’as évoqué que de manière trop brève , la figure de sœur Angélique Arnauld. Significatif aussi que durant la période ayant immédiatement précédé Rancé, la famille Arnauld ait également attiré l’attention de certains des plus grands noms artistiques et littéraires du temps (Pascal, Philippe de Champaigne, Racine… )

    Dans la France d’alors, le patronyme Arnauld représentait des sommets de spiritualité où il n’était question que de rapport entre grâce et liberté, d’âme et d’éternité.

    Tandis que dans la France d’aujourd’hui, le patronyme Arnault représente des sommets d’accumulation pécuniaire et de magouilles financières parrainant des sommets de laideurs prétendument artistiques et où il n’est avant tout question que d’investissements, de résultats comptables et d’optimisation fiscale.

    A chaque époque l’Arnauld(t) qui lui convient….

  7. ICHTHUS says:

    « j’y verrais plutôt une dégénérescence, concernant du moins une démarche telle que celle de Rancé, tant est elle implique cette haine du corps et de la vie que l’on a pu à juste titre reprocher au christianisme. »

    Lamentable confusion entre ce qu’on appelle la « vie » et cette pauvre petite enveloppe charnelle qu’on appelle le « corps », proie facile pour le markéting et la publicité au service du chiffre d’affaires, confusion propre à notre époque où l’esprit martial a laissé place à la mentalité commerciale.

    Confusion d’autant plus consternante qu’elle émane d’un quidam dont le pseudonyme est « The warrior ».

  8. BOF! says:

    L’aristocratie et la vie militaire préparant à l’ascèse spirituelle voire à la nuit sanjuaniste. Grotesque !

    D’abord quelle aristocratie ?

    Ces pantins futiles de Versailles dont Saint Simon n’a guère donné de portrait flatteur ? Ces petits hobereaux arrogants et prétentieux dont Turenne, justement lui, ainsi que Vauban disaient qu’il était impossible d’en faire de bons soldats tant ils étaient indisciplinés ?

    Quelle vie militaire ? L’anglais Arthur Young, ayant beaucoup parcouru le pays à la veille de 1789, notait dans ses récits de voyage en France : « Aux tables d’hôtes d’officiers, vous ne trouverez que volubilité obscène et absurde ». Ce que confirmait pour l’Allemagne, quelques décennies plus tard, Schopenhauer qui côtoyant au quotidien des officiers à l’auberge où il dînait, déclarait ne les avoir jamais entendu parler de rien d’autre que de femmes et de chevaux.

    Nous-même, fort d’une expérience de 12 mois, au temps du service obligatoire, avons pu constater que la sainte trinité du milieu militaire se résumait aux 3 B ( Boire, Bouffer, B…), les officiers que nous transportions, en qualité de conducteur de cars, ne tenant pas des propos de beaucoup plus édifiants que ceux des troufions.
    Et des personnages aussi dérisoires seraient donc supposés être des préparations à l’échelle de saint Jean Climaque ? Ridicule !

    Des conversions du type de celles qui sont narrées par l’ abbé de Rancé s’expliquent par bien autre chose que par une vision chevaleresque de la guerre, vision relevant surtout de fictions littéraires et cinématographiques, puérilités pour adultes attardés dont semblent imprégnés les imaginaires de certains visiteurs de ce site. Mais j’arrête là, comme dit Falcophil nous n’avons que trop parlé de cela, c’est le seul point avec lequel je sois d’accord avec lui. –

  9. Falcophil says:

    Je ne vois pas ce qui peut vous déranger dans cette idée que la fonction militaire pouvait jadis (et d’ailleurs même aujourd’hui) présenter une dimension proto-religieuse, les souffrances au combat ainsi que l’omniprésence de la mort, choses inhérentes à la fonction de soldat ( laquelle était avant tout la fonction des nobles d’antan , « Bellatores » par rapport aux « Oratores » et « laboratores », une fois encore ne confondons pas le principe et sa dégénérescence) , rien d’étonnant à ce que tout cela vous place en présence de quelque chose de fondamental, propre à favoriser notre sortie du « personnage dérisoire » synonyme du moi illusoire, englué dans les « 3 B » (Non seulement trinité du « troufion » mais aussi sacro-saintes hypostases du bourgeois) pour une réalité plus essentielle, celle qui touche à la Personne (Le vrai Moi au-delà du moi). De l’acceptation du sacrifice de sa vie au Sacré auquel on veut con « sacré » sa vie, il y a même origine étymologique nous faisant mieux comprendre pourquoi le courage au champ de bataille peut nous mener à la volonté de gravir l’échelle de saint Jean Climaque.

  10. Fidelis says:

    Il est certain qu’il existe des affinités entre le calme du vétéran et l’humilité du saint, le premier est un réchappé du combat, le second un réchappé de la vie, le premier, survivant de fortes angoisses et de fortes blessures, a fait un premier pas vers l’Être, le second, survivant à des angoisses et des blessures peut-être plus fortes encore, s’y est avancé encore plus profondément.

  11. Sophie says:

    Que voilà de bien étranges propos !

  12. Falcophil says:

    Un auteur cité plus haut, semble dire quelque-chose d’ avoisinant :

  13. Sophie says:

    L’ Être ? A-t-on loisir de penser à quelque chose d’aussi abstrait dans l’état paroxystique du combat ?

  14. Falcophil says:

    L’Être est nécessairement paroxysme en tant qu’il relève d’une extrême limite ( je ne puis le définir sans le présupposer puisque je me vois obligé de dire « est » pour en parler !) En tant que paroxysme, c’est déjà un au-delà de la vie ordinaire, le paroxysme n’étant que soi-même dépouillé des routines « Frivolités, agitations futiles, poursuite de vent et de vérités insignifiantes ». La maladie, l’angoisse et la proximité de la mort, c’est déjà le voisinage de l’Être car c’est presque déjà soi-même à l’état nu, à l’état brut, à l’état pur. En ce sens il y proximité entre l’homme malade et l’homme au combat, 2 manière de percevoir l’Être au travers du dépouillement de tous les décors, costumes, rôles, oripeaux et pacotilles constituant la trame de notre personnage. Maladie et guerre, on peut y survivre soit au sens de « vivre après », c’est-à-dire, vivre de nouveau comme avant, auquel cas on n’aura rien appris, soit on peut y SURvivre au sens de « vivre au-delà », de ce qui naguère était notre vie. En ce cas, dans un premier temps, le regard pourra se faire olympien et distant, on est alors en présence de quelque-chose d’essentiel mais dans un second temps, on franchira peut-être la porte qui mène au cloître car on est alors en quête de Quelqu’un d’Unique et de Fondamental.

  15. Sophie says:

    Après avoir perdu ton temps à traiter de thématique militaire voilà que tu recommences avec tes propos abscons de philo ! S’il s’agit d’abdiquer son petit égo, ce avec quoi je suis tout à fait d’accord, nul besoin d’aller au champ de bataille, la compassion patiente, secrète et muette de quiconque, avec le plus total dévouement, assiste au quotidien la personne alitée et malade, c’est ce qu’il y de plus propre à nous mettre en présence de l’essentiel, de l’ « Être » si tu préfères, voilà ce qui nous donne le dédain pour les frivolités du monde, ce qui nous permet de le dépasser par la mortification d’une sensualité toujours prompte à nous pousser vers les vaines distractions et les sollicitations mensongères de Mammon . La présence persévérante et cachée auprès du malade, c’est le meilleur héroïsme dans la plus noble des guerres pour la simple raison que cela passe complètement inaperçu et ne donne droit à aucune reconnaissance, à aucune médaille, à aucune distinction. Nulle vanité qu’on puisse en tirer pourvu de faire en sorte que nul regard ne soit posé sur vous, encore moins le regard du malade, trop fatigué pour vous regarder. A l’école du renoncement, on apprend beaucoup plus en vidant discrètement chaque jour un pot de chambre de grabataire plutôt qu’en vidant au grand jour un chargeur de fusil !

  16. BOF! says:

    Voilà pourquoi l’abbé de Rancé confiait aux postulants issus de la noblesse, la tâche de vider les vases d’aisances !

    ce qui à vrai dire nous fait retomber dans l’ontologie, Antonin Artaud n’avait-il pas dit que « là où ça sent la M…, ça sent l’être ? »

  17. Mimosa says:

    Blanc de Saint-Bonnet !

    Probablement pris dans ta bibliothèque à la lettre « B » entre Barruel et Bonald ! Votre admiration nostalgique pour la société d’Ancien Régime vous porte à des affabulations sur un passé que vous connaissez mal ou du moins, de manière très partiale et assez peu rigoureuse. Ne concernant que le XVIIIème, puisque c’est celui-ci qui t’ occupe, il suffit de renvoyer à ce que pensaient de l’aristocrate, les écrivains du temps. Par exemple Voltaire dans sa Lettre X de ses « Lettres philosophiques » ou encore Beaumarchais dans l’ acte V, scène III du Mariage de Figaro, c’est plus que suffisant pour nous faire toucher du doigt la bêtise d’une caste imbue de l’illusion de sa supériorité.

  18. Fidelis says:

    Il est tout de même plutôt risible de reprocher une évocation sans rigueur du passé tout en parlant de manière générale et sans discernement de l’Ancien Régime, notion qui couvre environ 3 siecles et dont en conséquence, on devrait bien se douter qu’elle englobe les aspects les plus divers. Sur le même registre, relève de la plus crasse ignorance que de prendre comme un bloc homogène une réalité aussi complexe que la noblesse qui présentait plusieurs stratifications économiques et sociales et pour laquelle une fine analyse est évidemment impossible et d’ailleurs hors de propos dans le cadre de cette présente discussion.

  19. Thierry says:

    Pour apporter une note d’humour et d’originalité à vos discussions trop sérieuses, pourquoi ne pas donner la citation d’Antonin Artaud en version plus complète:

     » Là où ça sent la merde
    ça sent l’être.
    L’homme aurait très bien pu ne pas chier,
    ne pas ouvrir la poche anale,
    mais il a choisi de chier
    comme il aurait choisi de vivre
    au lieu de consentir à vivre mort.

    C’est que pour ne pas faire caca,
    il aurait fallu consentir
    à ne pas être,
    mais il n’a pu se résoudre à perdre
    l’être,
    c’est-à-dire de mourir vivant.

    Il y a dans l’être
    quelque chose de particulièrement tentant pour
    l’homme
    et ce quelque chose est justement
    LE CACA. « 

  20. Falcophil says:

    cette abondance de références excrémentielles était peut-être originale du temps d’ Antonin Artaud mais de nos jours elle relèverait davantage du lieu commun !

    Quoiqu’il en soit, plutôt que de nous infliger les délires scatologiques de cet esprit passablement dérangé, j’eus préféré une relation de ta récente visite chez les cisterciens de Timadeuc !

  21. Thierry says:

    Je te l’ai dit, je n’ai pu visiter et me suis vu contraint de n’en voir que la façade extérieure.

  22. Sophie says:

    Je me rappelle un peu de cet endroit, il me semble qu’il ne s’agit là que de l’hôtellerie. En principe rien ne devait donc t’empêcher d’y faire une retraite de quelques jours. A partir de là, en insistant, tu pouvais poursuivre plus en profondeur au sein de l’enceinte non pas celle qui est objectivement visible et que, en effet, on ne visite pas (Les moines tenant à ce que leur paix soit préservée, redoutent les superficielles intrusions touristiques) mais celle qui ne renferme que tes lieux intérieurs.

    Bien sûr, cela impliquait que fût laissée pendant un certain temps à l’extérieur, la « bagnole » et toute la futile sophistication technologique dont elle est le symbole .

  23. BOF! says:

    Dommage que le véhicule stationné devant l’abbaye ne soit pas militaire, cela aurait pu illustrer les élucubrations du blogueur sur la vie du soldat comme propédeutique à l’amour de Dieu !

  24. Falcophil says:

    Qu’à cela ne tienne, je peux forger mes propres images pour illustrer mes « élucubrations »!

  25. Erato says:

    La citation de Turenne à propos de la « vieille carcasse » me paraît pourtant très appropriée, il me semble que dans sa rudesse de soldat bourru, le militaire exprimait déjà, à l’état brut, ce qui est dit de manière plus délicate à Géthsémani :

    « L’esprit est prompt mais la chair est faible ».

  26. Ichthus says:

    Pour évoquer ce qui nous retient à l’extérieur du château de l’ âme, Sainte Thérèse d’Avila parle de reptiles, trop fine qu’elle était pour évoquer également le caca qui semble attirer beaucoup de gens tels les BOF! et autres Thierry. Certes, il apparaît certain que du temps de la sainte, ce genre d’insectes scatophiles ne devait pas être encore très répandu. Sur ce plan là comme sur bien d’autres Luther était un précurseur !

    Pour répondre maintenant aux insanités superficielles de Mimosa s’agissant de la noblesse d’Ancien régime, je lui suggère la lecture d’un livre fort instructif

    https://www.amazon.fr/Gentilshommes-campagnards-lancienne-France-Vaissi%C3%A8re/dp/2905563087/ref=sr_1_fkmr0_2?s=books&ie=UTF8&qid=1528726382&sr=1-2-fkmr0&keywords=pierre+de+vaissiere+gentilhomme+de+l%27ancienne+france

    Plutôt que de faire référence à des lieux communs tirés de vieux souvenirs de lycée, cet ouvrage peu connu (Sinon des historiens spécialistes de l’Ancien Régime) la changera un peu du caractère scolaire de ses références littéraires, probablement puisées dans un vieux Lagarde et Michard.

  27. The warrior says:

    @ Erato

    L’attitude de Turenne relevait d’un courage que je qualifie de « stoïcien », c’est en soi une sagesse strictement terrestre qui à l’inverse du christianisme, ne spécule pas sur un au-delà hypothétique entraînant le mépris pour la chair et la corporéité mais se contente, en ne comptant que sur les seules forces humaines, de régler son existence suivant des principes purement naturels parce que conformes à la « nature » de l’homme, capable par essence de dompter le corps. Un héros de Homère ou un samouraï de l’ancien Japon auraient très bien pu approuver le propos plus haut cité sur la « vieille carcasse ». Cela n’est en rien religieux, sur ce point, Falcophil se fourvoie complètement. Ce qui n’empêche certes pas d’y voir une marque de force spirituelle, à la seule condition de ne pas tomber dans cette autre erreur consistant à confondre l’esprit et le surnaturel.

    @ Ichthus

    Je pense pour ma part qu’il existe un lien de parenté entre les grenouilles de bénitier genre Sophie et les insectes coprophiles genre BOF ou Thierry.

  28. Sophie says:

    @ Ichthus

    Les reptiles dont parle la sainte d’Avila pourraient également évoquer les polémiques stériles auxquelles vous vous attardez et qui vous empêchent de passer le seuil de la première demeure.

    @ The warrior

    L’esprit, n’est-ce pas déjà du surnaturel ? Le concept d’arbre que je ne perçois que par mon esprit, ce n’est déjà plus tel arbre sur telle terre, c’est un arbre transfiguré qui dépasse l’organique. C’est un arbre qui est à la fois partout et nulle part. Il possède le don d’ubiquité, la corruption ne saurait l’entamer, il n’est plus vraiment du monde, il porte déjà la marque de l’infini. Et c’est bien ce que l’on peut reprocher à toutes ces morales hédonistes qui ne prétendent à rien d’autre qu’aménager au mieux l’immanence, elle ne veulent rien savoir de cet infini inscrit au coeur de l’homme, elles relèvent d’un mental plutôt étriqué, dépourvu d’ambition parce qu’elles veulent ignorer l’abîme que je porte en moi et qui ne peut provenir que d’un abîme encore plus profond. La sagesse qui ne veut que la terre est beaucoup trop sage pour être qualifiée de sagesse. Ramenée aux seules vertus cardinales (Prudence, justice, tempérance et force) cette sagesse est finalement plate et ennuyeuse et c’est plus particulièrement le cas de toutes ces sagesses grecques, stoïciennes et autres épicuriennes. Pour dissiper l’ envie de bailler qu’elles finissent par nous donner tôt ou tard, il leur fallait davantage, il fallait leur ajouter une vibration d’infini, il leur fallait la sensation du vertige, il leur fallait la tension vers une autre dimension des choses, il fallait leur adjoindre tout cela au travers des vertus théologales (Foi, espérance, charité) qui devaient venir couronner les vertus cardinales, il fallait en un mot qu’elles fussent christianisées

  29. Thierry says:

    @ THE WARRIOR

    Je ne suis pas un coprophile,
    je rêve simplement à ce qui est

    LOIN

    De leurs verticalités grisâtres
    Qui puent
    Le morne TOC
    Le morne TAF
    Les mornes TICS
    Et les mornes TAC! TAC!
    Sur les mornes claviers

    Ah ! pouvoir fuir là-bas, FUIR
    Au plus
    LOIN
    Vers les déserts
    LOIN
    De leur feu et de leurs vers
    Vers les vrais déserts
    Vers les vrais silences
    Les vrais déserts encore purs
    Des tripotages militaires
    Des compagnies pétrolières
    Des touristiques laideurs
    Au plus LOIN
    Au désert
    Se retourner alors et JOUIR
    De voir les doigts du vent
    Effacer toutes traces
    Les doigts de vent
    Inlassables
    Qui forment et reforment
    La pureté
    Effaçant toute trace
    Même les miennes
    Surtout les miennes
    Par dessus tout
    Les miennes.

  30. Falcophil says:

    Pas besoin de fuir très loin, rester dans sa chambre peut suffire pour que le bord d’une table devienne le bord du monde.

    http://falcophil.info/ifotos/?dir=Cataclysmes&pic=Le+bord+du+monde

  31. Sophie says:

    Il y a danger d’orgueil car tu brûles les étapes, l’humilité exigerait que tu te contentes d’abord d’entrer dans les « premières demeures » !

  32. Falcophil says:

    je pense m’y trouver en ce moment. La sainte d’Avila avait oublié de mentionner que les premières demeures abritent une bibliothèque aussi vaste que celle de Borges. Je viens notamment d’y trouver l’ouvrage évoqué par Ichthus et je ne vois pas où est l’incompatibilité entre le fait d’être en un tel endroit et le fait de feuilleter cet excellent travail d’historien.

  33. Sophie says:

    De cette vaste bibliothèque, la sainte en parle implicitement lorsqu’elle nous dit qu’au sein des premières demeures, les âmes sont encore tout imprégnées de l’esprit du monde et notamment de ses oiseuses discussions. Tes livres ne sont rien d’autre que la vanité que l’on emporte avec soi et ta propension au savoir pédantesque est aussi incompatible avec l’avancée vers l’intérieur du château que pouvait l’être l’austérité de la Trappe avec les fastes de Versailles ou encore la futile noblesse des cours italiennes du XVIème avec saint Louis de Gonzague qui en était issu et dont tu as sans doute oublié que cette journée finissante en était la fête.

  34. Thierry says:

    Les gens qui interviennent sur ce site sont tout de même des personnes plutôt étranges et contradictoires.

    – Falcophil et ses propos déconcertants sur la noblesse futile de Versaille et les macérations de la Trappe, le tout présenté comme les 2 faces d’ une même médaille !( ça veut dire quoi au juste, j’avoue n’y avoir pas compris grand-chose !)

    – Ichthus, catho intégriste et donc en tant que tel supposé être un partisan de l’orthodoxie la plus stricte mais qui exprime pourtant son admiration pour l’hérésie janséniste.

    – Sophie, catho post conciliaire, pro Bergoglio, catholicisme donc réputé plus cool, plus moderne, plus ouvert, plus décontractée mais que fascine pourtant l’abbé de Rancé dont la terrible austérité tient ( influence du jansénisme ?) d’un catholicisme dépassé ( la simple curiosité m’a ce matin poussé à entrer dans une église où j’ai pu voir des filles en mini-jupe, en jean ou collant hyper moulant ainsi que d’autres en super décolleté, assister à la messe ! ) et prône une vie monacale tellement dure qu’à mon sens, elle doit probablement rebuter même les plus sévères cisterciens d’aujourd’hui.

    – Et enfin moi-même qui dans un mauvais pastiche de Mallarmé exprime mon aspiration vers les lointaines puretés des déserts tout en avouant effectivement me complaire dans le caca.

    Reconnaissons quand même que nous sommes tous plus ou moins des désaxés et que si la foi est l’expression d’un équilibre, c’est qu’en dépit de toutes vos belles phrases, il ne doit pas s’en trouver beaucoup d’authentique sur ce forum.

  35. Sophie says:

    Thierry,

    J’admire en effet le pape François et je pense que le concile Vatican II a été l’un des plus grands moments de l’Eglise qui se doit d’entretenir le sens historique en sachant s’adapter aux évolutions du monde et en ne se figant pas dans des formes et des approches qui ont pu correspondre à des époques révolues ainsi qu’à des mentalités qui ne sont plus celles d’aujourd’hui, ce qui ne veut absolument pas dire qu’il nous faille pour autant abandonner la tradition, ce que refusent de comprendre les Falcophil, Ichthus et autres Fidelis. A cet égard, je suis la première à déplorer certains dérapages que l’on s’autorise parfois dans un esprit « post conciliaire » souvent mal compris et détourné de son sens. Les filles en mini-jupe qui assistent à la messe en sont un exemple que j’ai pu moi aussi observer dans certaines paroisses dont il est consternant que les responsables ne rappellent pas à plus de pudeur et à moins de provocation dans les tenues.
    Concernant l’abbé de Rancé, j’avoue mon embarras ayant été la première à évoquer cette figure sur laquelle Falcophil est venu surenchérir avec en effet les idées bizarres qu’il aime à cultiver. Quelqu’un ayant alors évoqué les vies cachées des moines dont on ne pouvait rien dire, je m’empressai aussitôt de citer un ouvrage que je lisais à l’époque

    pour répondre que l’on pouvait au contraire beaucoup en dire. C’était peut-être maladroit de ma part, ce genre de référence devrait être manié avec beaucoup de précaution et tu as raison de rappeler que la figure de Rancé exprime peut-être un catholicisme un peu vieilli en ce qu’il se ressent beaucoup de l’influence janséniste, conceptions dont on comprend mal en effet qu’elles puissent tant susciter l’admiration d’Ichthus, vu les dégâts qu’elles ont pu causer dans la foi du petit peuple catholique de par les trop rigoureuses mortifications qu’elles exigeaient pour que l’on puisse accéder à la table eucharistique. (Quelques élus seulement étaient d’ailleurs prédestinés à y assister, c’était là tout le côté inacceptable du jansénisme !), ce qui ne pouvait qu’en detourner plus d’un de la pratique sacramentelle car à quoi bon communier si le sacrement n’est plus un soutien mais une récompense! ( c’était grosso modo l’idée soutenue par le « Grand » Arnauld) . Mais on peut après tout comprendre que les Ichtus et autres Falcophil puissent admirer l’esprit de Port-Royal étant donné son caractère élitiste (disons même entaché de gnosticisme) eu égard à la mentalité aristocratique dont ils ont la prétention de se targuer, ainsi que l’esprit anti-démocratique (et disons aussi imprégné d’orgueil) qui peut les caractériser.

    Si je devrais maintenant évoquer ces vie cachées des moines dont il y a énormément à dire , je me contenterais d’une simple image, celle que je scanne et que j’envoie à Falcophil et que je lui demande de publier, afin qu’elle puisse servir, à lui ainsi qu’à ses congénères, de leçon d’humilité.

    Quoiqu’il en soit relire les « Vies et morts des moines de la Trappe » serait peut-être plus intéressant si la lecture en était parallèle à un fort bel ouvrage récemment paru sur le même thème: « Un temps pour mourir » de Nicolas Diat, aux éditions Fayard.

  36. Ichthus says:

    J’ai surtout écrit que le patronyme « Arnauld » représentait un état d’esprit où l’homme affrontait la question de son rapport avec l’éternité, alors que l’ « Arnault » d’aujourd’hui n’est que représentatif de la stricte horizontalité comptable et quantitative de notre temps. Si je n’ai jamais dit approuver l’hérésie janséniste, je n’en exprime pas moins en effet mon admiration pour la noble austérité de ses grandes figures. Evoquer les conséquences délétères du jansénisme appelle d’ailleurs des nuances. Qu’il ait pu en détourner plus d’un de la pratique eucharistique est sans doute vrai mais ne mettons pas non plus de côté tout ce qu’il a pu inspirer en termes de beauté solennelle et de gravité dans les choses sacrées (ce que l’Eglise actuelle ferait d’ailleurs bien de méditer au regard des attitudes plus que désinvoltes plus haut rappelées auxquelles on pourrait ajouter bien d’autres exemple tels que, prie-Dieu supprimés, églises qui ressemblent à des salles de spectacles, génuflexions et agenouillements abandonnés (Il est vrai que l’attitude de Bergoglio n’est pas des plus exemplaires!), Le jansénisme apporte par ailleurs sa pierre à l’édifice du grand classicisme français illustré entre autres par la peinture de Philippe de Champaigne. Ici, nous voyons l’esprit de Port-Royal inspirer un art simple, solide, minimaliste et profond comme une tragédie de Racine , sans rien de pompeux ou de ronflant à l’inverse des vers de Hugo, d’une chair lointaine mais relevant aussi d’un mystere minéral étrangement proche, bien planté dans la matière et pourtant déjà emportée vers l’éternité, antithèse radicale des relâchements baroques qui allaient nous mener plus tard à la touche vaporeuse d’un Watteau, expression des prémisses d’un monde en déliquescence. Il y a loin de ces personnes à la charpente pérenne, campées par Philippe de Champaigne, aux doucâtres zombies de l’embarquement pour Cythère, Maurras aurait pu dire que se résume là tout ce qui peut séparer la vigueur pudique du classicisme de la fébrilité maladive du romantisme. Sur le plan du style, le jansénisme était en phase avec la sobre grandeur des sermons de Bossuet lequel ne l’avait jamais franchement condamné, sans doute parce qu’il devait retrouver beaucoup de lui-même chez les partisans le l’augustinus. Une fois encore, l’Eglise actuelle ferait bien de méditer les considération d’Antoine Arnauld sur une Eucharistie dont la signification est aujourd’hui fort mise à mal par un certain laxisme post conciliaire qui sous influence protestante, désacralise la liturgie, enlève à la messe beaucoup de sa dimension mystique et sacrificielle pour la ramener à une cérémonie commémorative, (Autels qui ne sont plus de pierre mais que tables en bois recouvertes d’une simple nappe !), plus particulièrement en ces temps où l’on autorise de plus en plus la communion aux personnes en situation d’adultère ( Bergoglio une fois encore, ne donne pas le bon exemple, et que dire des ambiguités de son amoris laetitiae !). La suprématie de la mentalité profane et séculière est-ce cela cette « évolution du monde » à laquelle, selon Sophie l’Eglise devrait s’adapter ? Ce « sens historique » qu’elle se devrait d’entretenir ? Chaque époque a d’ailleurs les voix religieuses qui lui correspondent. Jadis, c’était les voix puissantes de Bourdaloue et de Bossuet qui résonnaient à l’occasion des obsèques du grand soldat, de la moniale ou de la sainte, pour la France d’aujourd’hui, nous avons le curé style Renaud période loubard (et que Nabot Ier avait emmené avec lui pour sa visite au Vatican) qui éructe aux obsèques d’un gueulard de music- hall dont on nous dit qu’il va « foutre le bordel au paradis » ou celles encore se produisant sur cette même scène de spectacle pour déverser leurs chansons à l’eau de rose, propres à séduire beaucoup plus la pisseuse et la midinette que l’esprit en quête de transcendance.

    L’Eglise de Bossuet avait tout de même de la gueule tandis que celle de Bergoglio…..

  37. Mimosa says:

    Un curé, Guy Gilbert, qui se veut proche des exclus et des déshérités, ça les dérange, par contre un autre curé, Bossuet, plus à l’aise chez les aristocrates de Versailles que dans les zones de pauvreté, là, ils admirent ! Il est vrai qu’ils ne tarissent pas d’éloges pour l’Ancien régime, sa noblesse et ses privilèges alors que la République et ses principes d’universalisme et d’égalité, ça les rebute ! Et pourtant ils se disent chrétien ! un autre contradiction que pourrait signaler Thierry !

  38. Fidelis says:

    Toujours les mêmes poncifs !

    S’il est vrai que tu sors tes citations des Lagarde et Michard, tu y trouveras quelques extraits de Bossuet dénonçant la pauvreté de son temps (Pour cela il faudrait peut-être que tu laisses un peu tomber le volume consacré au XVIIIème et que tu ailles voir celui consacré au XVIIème si tant est que tu en aies fait l’acquisition !) Le billet aurait d’ailleurs dû insister sur le fait que les orateurs religieux concernés ne s’adressaient pas tant aux petits qu’aux « grands » du royaume et que leurs discours sur la « vanité des pompes » n’avaient pas pour but de maintenir les humbles dans leur condition subalterne mais de ramener les puissants à plus de modestie. Il aurait pu ajouter qu’il ne s’agissait pas d’avantage de donner quelques justification à la fatigue de quelques bourgeois désoeuvrés qui auraient traîné leur « inconvénient d’être né » mais bien plutôt d’instruire ceux qui se sentaient importants par un constant rappel de leur peu d’importance. Et il aurait surtout fallu insister sur cet autre fait qu’on serait tout de même en droit de se demander si parmi l’entourage de nos actuels dirigeants, politiciens arrivistes, hommes d’affaires , banquier, petit potentat local ou grand dictateur, il s’en trouverait beaucoup qui pourraient se permettre de leur faire publiquement remarquer qu’ils ne sont que des vers car c’est bien de la condition vermineuse des « grands » dont il était souvent question dans les sermons de ces grands orateurs sacrés.

  39. Bab.One says:

    Reste à nous expliquer le problème de savoir comment on peut dénoncer la vanité des fastes et des pompes tout en se plaisant à vivre dedans !

  40. Bab.One says:

    Autre problème, cette phrase:

    « le sentiment de ce qui est grand ne peut sortir du néant, cet autre sentiment de l’éphémère, si douloureux celui-là, ne peut aller sans l’intuition d’une joie inaccessible et secrète afférente à la plénitude pérenne. »

    ça veut dire quoi ?

  41. Falcophil says:

    – Je note cette significative répétition du mot « problème ». Il apparaît qu’effectivement le malaise des gens de notre temps tendrait à ne porter que sur des « problèmes » d’où cette importance démesurée qu’ a pris pour eux la technique car celle-ci ne résout que les problèmes, qu’ils soient mathématiques, pratiques ou affectifs. C’est la différence essentielle d’avec les hommes et les femmes de jadis. Ils avaient eux aussi des problèmes qu’ils tentaient également de résoudre par leur technique mais ils avaient tout de même quelque chose de plus, comme le rappelle le billet, ils se savaient pécheurs. Aujourd’hui, le mot péché (sauf quand il est « mignon ») a quasiment disparu du langage puisque les hommes n’ont plus que des problèmes, le péché n’étant plus quant à lui qu’un problème parmi d’autres, de culpabilité ou d’angoisse que doit résoudre la technique psychiatrique ou encore d’insertion sociale que doivent résoudre d’autres techniques, politiques, pénales ou socio-éducatives. N’avoir que des problèmes revient à n’être qu’un produit du monde mais se savoir pécheur, c’est déjà dépasser le monde puisque c’est sentir que l’on s’est détourné de quelque-chose de fondamental, d’irréductible aux obstacles d’ordre pratiques et matériels accaparant la majeure partie du mental de nos contemporains. A Versailles, on se rappelait toujours du péché quand bien même on était pris dans un tourbillon de fêtes et de distractions ( A noter tout de même que Versailles n’était pas que cela mais aussi lieu de pouvoir et de gouvernement, la seconde phase du Versailles de Louis XIV se rapprochant d’ailleurs d’avantages de la Trappe que du plaisir mondain !). Car se sentir pécheur va bien au delà d’un problème, c’est aussi une nostalgie, un rappel de la source divine dont nous sommes issus et dont nous nous sentons désormais séparés. Bossuet aimait le faste mais se sachant pécheur, c’est à dire homme cédant peut-être un peu trop facilement aux mirages des sollicitations sensibles ( S’il fut grand écrivain et grand homme d’ Eglise, il n’a cependant jamais été soutenu qu’il fût un saint), il ne s’en rappelait pas moins d’une réalité infiniment plus haute rendant ce faste dérisoire tandis qu’aujourd’hui, le faste ne serait plus qu’un problème d’ordre technique, d’ascension sociale pour les ambitieux ou de justice sociale pour les envieux. Jadis, hommes et femmes se rappelant donc de leur source divine, ils regardaient alors plus facilement vers moines et moniales dont la vocation est de s’en rapprocher au plus près, dès cette vie éphémère et transitoire. D’où les fréquentres visites de Bossuet à la Trappe, d’où la fascination que pouvait exercer l’abbé de Rancé, d’où le succès de ses ouvrages au sein même d’un monde que l’on aurait pu croire complètement immergé dans les mondanités frivoles. ( Je note au passage quer si les vies et mort des moines de la Trappe connurent un fort succès auprès des contemporains, je doute qu’il en soit de même concernant un livre portant sur le même thème, récemment paru et dont il a déjà été question plus haut, les « best sellers » de notre temps concernant plutôt les ouvrages de Guillaume Musso ou de Virginie Despentes !)

    Nous sommes de moins en moins en mesure d’éprouver ce genre de nostalgie dans un monde où débarassés de tout sentiment du péché, on est tout simplement seul avec pour seule occupation des problèmes à résoudre, un monde qui ne pouvant ainsi plus recevoir aucune grâce (nécessairement donnée par l’accepation du mystère qui nous dépasse) ne pourra dès lors que se contenter d’aménagements techniques et de problèmes résolus.

  42. Fidelis says:

    En plus de la perte du sens péccamineux, je note quant à moi, cette autre non moins consternante impossibilité où se trouve Bab-One de saisir une réflexion aussi simple que : « le sentiment de ce qui est grand ne peut sortir du néant… » et qui veut tout simplement dire que le plus ne peut sortir du moins et encore moins du rien, assez révélatrice d’un certain affaiblissement des intelligences contemporaines, incapable d’élévation métaphysique en ce qu’elles semblent désormais percevoir comme des obstacles, ce que les esprits les plus ordinaires percevaient jadis comme des évidences.

    Outre que le protestantisme et Kant sont hélas passés par là, cette dégradation est également très compréhénsible au regard du fait qu’étant ceinturés d’objets artificiels et techniques, si nous pouvons nous poser comme cause absolue face à des réalités inférieures , cela semble inversement nous rendre de moins en moins capables de poser le « problème » d’un qualité humaine en tant qu’émanant d’une nature qui lui est pourtant inférieure. Qu’il ne puisse y avoir plus dans l’effet que dans la cause, c’est ce que nous pouvons à la rigueur comprendre en nous plaçant comme cause absolue face à une télé, un Iphone ou une voiture (puisque réalités inconscientes n’émanant que de notre ingéniosité consciente) mais c’est ce que nous ne paraissons plus comprendre comme réalité consciente supposée n’être qu’un résultat d’une nature inconsciente ou comme personne supposée provenir d’une non-personne. La technique fait de nous des rois plutôt dérisoires régnant sur des sujets inconscients et impersonnels, incapables de se voir eux- mêmes comme sujets conscients et personnels nécessairement issus d’un Roi doté de la suprême conscience et de la personnalité suprême!

  43. Le morpion says:

    Certains rêvent donc d’une « ceinture de cloîtres » autour de Paris !

    Pour sodomiser en cachette des petits enfants ?

    Tas de misérables tocards hypocrites !

  44. Fidelis says:

    Tiens! Un nouveau !

    Inutile de demander à quel(les) parti(es)doit adhérer ce pauvre pou de bas-ventre!

  45. Le morpion says:

    Certainement pas ton parti en tout cas, parti qu’il faudrait d’ailleurs songer à réformer sérieusement, à considérer toutes les affaires de pédophilie qui achèvent de discréditer complètement votre église vermoulue. Mais ce n’est sûrement pas demain la veille quand on voit que même des cathos dits « progressistes » comme Sophie, s’offusquent de voir une jupe un peu trop courte à la messe ! Quand vous en aurez fini avec votre haine du corps et votre peur du sexe alors vous pourrez peut-être enfin devenir pleinement adultes, en décidant une fois pour toute de vous débarrasser de vos stupides principes tels que célibat des curés, interdiction de la pilule et du préservatif, et autres sentiments du « péché », vos rangs comporteront sûrement un peu moins de gens frustrés, culpabilisés, mentalement torturés, coincés du cul et de la chatte et puis surtout, « last but not least », un peu moins de fillettes et de garçonnets tripotés, enculés ainsi que violés !

  46. Fidelis says:

    Il existe différentes manières de se débarrasser des insectes inutiles que l’été ramène chaque année. Dans le présent cadre, je rappelle au propriétaire du blog que les fonctions « indésirable » puis « supprimer définitivement » prévues dans la partie administrative , suffisent pour inviter ce genre de bestioles à s’en aller pondre leurs œufs pourris sur d’autres sites plus appropriés.

  47. Le morpion says:

    Ben tu vois, il m’a toujours pas supprimé. Il doit sans doute aimer qu’on lui pisse dessus, les cathos sont plus ou moins masos, c’est bien connu. Vous pensez probablement que faire du mal à votre corps renforce l’intellect mais on a de bonnes raisons d’en douter à voir les conneries et balivernes auxquelles vous croyez, trinité, virginité perpétuelle de Marie, résurrection de Jésus ! Comme aussi le fait de soutenir que le plus ne peut sortir du moins, on se demande bien au nom de quoi un homme serait un « plus » par rapport à une plante, une pierre ou un insecte ? Anthropocentrisme imbécile rien de plus !

  48. BOF! says:

    Sur ce dernier point, je suis plutôt d’accord avec toi .Prétendre qu’un homme est un « plus » au regard d’un insecte reste en effet discutable. La durée de vie d’une mouche est d’une vingtaine de jours, une vie humaine dure en moyenne de 75 à 80 ans, la différence est-elle notable eu égard aux milliards d’années que compte déjà l’univers et des milliards d’autres qui lui restent encore de durée ? Je ne pense pas que sur ce point Bossuet viendrait me contredire. Il affirmera certes que nous valons infiniment plus qu’une mouche mais qu’avons-nous donc de plus ? La pensée ? Dans la plupart des cas elle ne sert qu’à organiser notre insignifiance par des tracas quotidiens, des « plans de carrière » ou de retraite, ce qu’on ne peut franchement considérer comme un plus sortant d’un moins ! Dans les cas plus rares, philosophie ou théologie, il ne s’agit que de spéculations vaines qui tournent en rond et où chaque affirmation reçoit sa contradiction, séries d’antithèse que nous sommes incapables de dépasser. La mouche ne sait pas qu’elle va mourir le lendemain, l’homme le sait, là encore peut-on affirmer qu’il s’agirait d’un surcroît de qualité ? Croître en science c’est croître en douleur, la Bible elle-même le reconnaît, on pourrait tout autant voir dans la pensée un dérapage, une sorte d’emballement inutile de la matière plutôt qu’un véritable « plus ».
    Dommage que tu aies gâté cette pertinente objection contre un tel sophisme (parmi d’autres) de leur apologétique par des propos banals sur le christianisme empêtré dans le dégoût du corps, sempiternels lieux communs enrobés par ailleurs d’un ton vulgaire dont tu aurais fort bien pu te passer.

  49. Bab-One says:

    Je reviens de 15 jours de vacances aux USA et j’ai encore sous les yeux les incroyables rochers de Monument Valley. Que l’érosion du vent et de l’eau ait pu produire ces magnifiques sculptures, n’est-ce pas un exemple d’effet supérieur à la cause ?

  50. Falcophil says:

    Le processus qui va de l’atome au cerveau humain ne peut être rendu par la métaphore du vent sculptant les rochers du Far West, formes tout de même rudimentaires aussi indéniablement fascinantes qu’on puisse les trouver. Un effet supérieur à sa cause serait plutôt qu’en plein désert du Colorado, une cathédrale gothique ait pu naître de la seule érosion éolienne et aqueuse !

  51. Thierry says:

    Et à BOF et au morpion, tu réponds quoi ?

  52. Falcophil says:

    Le second n’est qu’une punaise fétide et quant au premier, à maintes reprises on a déjà répondu à son nihilisme, le présent billet se termine d’ailleurs sur une représentation théâtrale (Probablement la plus courte de l’histoire!) tirant toutes les conséquences de cette manière de voir l’existence humaine.

    (« Souffle » de Samuel Beckett)

  53. Thierry says:

    Un peu trop facile ( et surtout fort peu charitable) de traiter de « punaise fétide » quelqu’un qui vous balance tout de même des vérités bien acérées sur l’hypocrisie de l’Eglise et les dégâts psychologiques de cette peur absurde du corps et du sexe encore partagée par bien des cathos.( Dans un langage peu châtié, il est vrai mais qui n’en apporte pas moins quelque piment à votre prose souvent un peu trop précieuse.)
    Et quant à votre apologétique sur le plus qui ne peut sortir du moins, ça me rappelle la scène d’un film

    où un prêtre tente par le même genre d’argument de convaincre une jeune femme très dubitative laquelle lui cloue le bec en lui répondant :

    – C’est de la scolastique !

  54. Falcophil says:

    C’est de la scolastique parce que c’est du bon sens ! L’abbé Morin me semblait pourtant avoir suffisamment l’esprit de répartie pour pouvoir lui rétorquer cela du tac au tac !

  55. Thierry says:

    Je ne vois pas trop où est le bons sens dans tout le charabia de l' »Ecole » mais admettons et abordons maintenant la question de votre problématique rapport au corps. A titre d’exemple, la récente « performance » de Deborah de Robertis qui a scandalisé pas mal de pèlerins de passage à Lourdes. Peux-tu maintenant m’expliquer en quoi la nudité (plus particulièrement celle de la femme!) vous pose un problème?

  56. Falcophil says:

    Ce qui pose problème, ce n’est pas tant la nudité que la chair.

  57. Thierry says:

    La chair donc le corps !

  58. Falcophil says:

    Non, la chair au sens de Paul dans Romains (7, 24 et 8, 5-13).

  59. Sophie says:

    @ BOF !

    Toi aussi tu fais dans le lieu commun, qu’une vie d’homme n’ait en apparence pas plus d’importance qu’une vie de mouche, la Bible ne cesse de nous le rappeler depuis longtemps, ainsi, le psaume 89 :

    Tu fais retourner l’homme à la poussière ; tu as dit : « Retournez, fils d’Adam ! »
    A tes yeux, mille ans sont comme hier, c’est un jour qui s’en va, une heure dans la nuit.
    Tu les as balayés : ce n’est qu’un songe ; dès le matin, c’est une herbe changeante :
    elle fleurit le matin, elle change ; le soir, elle est fanée, desséchée.
    Sous tes fureurs tous nos jours s’enfuient, nos années s’évanouissent dans un souffle.
    Le nombre de nos années ? soixante-dix, quatre-vingts pour les plus vigoureux ! Leur plus grand nombre n’est que peine et misère ; elles s’enfuient, nous nous envolons.

    Mais la différence entre l’homme et la mouche réside dans la capacité du premier à tirer de cela un poème « inspiré ». Pour toi ce n’est que chose négligeable et pourtant de l’insecte qui pond ses larves sur une charogne à l’homme écrivant un poème sur cette même charogne, quel saut qualitatif ! Même saut qualitatif allant du moustique venant me piquer à moi-même qui pendant ce temps lève les yeux vers la voûte étoilée, prise par la sensation vertigineuse de l’insondable mystère qui nous circonscrit de toutes parts! Affirmer que de simples particules pouvaient à elles-seules en tant que « causa sui », produire un tel effet, relève de la même absurdité consistant à soutenir qu’un bloc de marbre se serait organisé tout seul pour réaliser la Piéta de Michel-Ange ou le penseur de Rodin ! Ce n’est point-là de l’anthropocentrisme mais comme il est dit plus haut, du simple bon sens lequel semble effectivement faire défaut à bien de nos contemporains fermés à ce type de raisonnement qui aurait pourtant pu être accessible au simple quidam d’autrefois !

    Je ne sais trop ce qui a pu rendre aussi obtus des gens comme toi à qui l’intelligence ne fait pourtant pas défaut mais du moins, es-tu assez cultivé pour te rendre compte de la bêtise qu’inspire cette autre banalité à propos du christianisme et de sa prétendue haine du corps, éructée par ce dégoûtant « morpion » dont on ne comprend pas bien ce qu’il est venu faire ici.

  60. Falcophil says:

    Nous disons : « Au commencement était le verbe »
    Ils disent : « Au commencement tout n’était qu’aphasie ».
    Nous disons : « Au commencement était le Logos »
    Ils disent : « Au commencement tout n’était qu’inconscience ».

    Nous voyons la Pensée comme origine mais ils disent que la pensée n’est qu’un épiphénomène d’une absence de pensée, là où nous voyons le mystère d’une raison suprême, ils ne voient qu’évidence d’une irrationalité fondamentale et pourtant ils nous taxent d’irrationalisme tout en prétendant porter la raison au pinacle.

    Nous disons que tout vient de la Lumière et que tout retourne à la Lumière et ils nous traitent d’obscurantistes.
    Ils disent que tout vient du Noir et que tout retourne au Noir et ils se considèrent comme enfants des « lumières ».

  61. Fidelis says:

    Que notre époque soit privée de bon sens au point de se trouver de moins en moins capable de saisir les données objectives fournies par le monde et de les penser jusqu’au bout, c’est ce que démontrent les consternantes interventions qui précèdent et ce qui rend certaines personnes obtuses, je me propose, du moins en partie, d’en donner une explication. La scolastique, c’est en effet du bon sens puisqu’elle raisonne à partir des données de la réalité extérieure, données que l’homme moderne ne veut plus voir, trop occupé qu’il est à reconfigurer ce qui l’entoure par sa technologie ou à se complaire dans les « structures à priori » de son esprit. . J’y vois, entre autres, une conséquence de la prépondérance de la pensée germanique dont les effets négatifs se poursuivent toujours dans les esprits actuels. Que la vie intellectuelle soit un progrès au regard du pur instinct animal, il semble qu’on peine à le comprendre, sans doute parce que Schopenhauer est passé par là. Que la raison soit supérieure à l’irrationnel, la quête métaphysique à la simple préoccupation du boire et du manger, il semble également qu’on ne le comprenne pas davantage, sans doute parce que Nietzsche est passé par là. Que le conscient soit supérieur à l’inconscient, le souci de l’invisible, au souci de la copulation, on le comprend moins encore, sans doute parce que Freud est passé par là. Que le moins tel que l’être unicellulaire inconscient, ne puisse, à lui tout seul, se donner ce qu’il n’a pas, la conscience de l’intelligence la plus lumineuse, là encore on ne le comprend plus, sans doute parce que l’idéalisme allemand est passé par là (Et aussi le matérialisme de l’évolution). On trouvera naïve cette idée voulant que l’on ne puisse remonter à l’infini dans la chaîne des effets et des causes sans rencontrer tôt ou tard la nécessité d’un premier moteur non causé mais on sera beaucoup plus disposés à l’acquiescement concernant cette bizarrerie suivant laquelle l’espace, le temps, la causalité ne sont que des structures à priori par lesquelles mon esprit configure le monde et ordonne les choses qui s’y trouvent. On aurait pu répondre à monsieur Hume, éveilleur du dogmatique sommeil kantien, que point n’était besoin de vérifier tous les coups de poing qui de tout temps avaient été portés en plein milieu du visage pour savoir que de telles causes entraînaient systématiquement des effets douloureux sur le nez mais le philosophe de Königsberg qui n’avait sans doute jamais reçu de coup de poing sur le nez, sa vie étant trop sage et trop routinière, pouvait tranquillement écrire que la causalité n’est qu’un catégorie de mon intellect, un cadre antérieur à mon expérience, celle-ci n’étant que mise en ordre suivant les à priori structurant mon esprit. (de là, il pourrait très bien résulter que des effets puissent se produire sans cause, je ne les connais pas pour la seule raison que mon esprit n’est pas structuré pour les saisir, n’ayant pas les « catégories appropriées pour les capter !)

    De ce que je ne puis percevoir un monde en soi mais un monde à ma mesure, ou du moins à la mesure des facultés d’ordonnancement données par les cadres à priori de mon intellect, on passera vite à cette idée qu’il n’y a de monde valable que le monde que je puis structurer suivant les exigences de ma raison. D’où cette conséquence d’un monde où l’intuition de son insondable fond d’énigme finit par se dissiper sous l’omniprésence des reconfigurations techniques.

    Le cosmos et le sentiment de mystère qu’inspirent les constellations? Exit dans ce monde urbain où la lumière des villes nous voile toute la voûte céleste en la vidant de la plupart de ses étoiles. Cet autre sentiment du grand mystère de la nature que l’on perçoit dans la forêt, dans la profondeur des bois, au coeur de la végétation sauvage ? Exit aussi dans ce même monde où la nature doit être entièrement soumise à la mainmise humaine, ce qui nous donne le « parc naturel », ce fameux « jardin à la française » (entendons le jardin cartésien!) avec son herbe coupée à ras aux allures de moquette, ses allées régulières comme des formes géométriques et qui est à la vraie nature, ce que le canard de Vaucanson était au canard d’os et de chair.

    On aura bien compris que la voie sera dès lors ouverte pour qu’une raison de plus en plus « législatrice » ainsi qu’ordonnatrice du réel puisse infliger des atteintes toujours plus graves à l’ordre naturel, mariage homosexuel, manipulations génétiques, jusqu’aux délires du transhumanisme et que l’on peut de moins en moins s’opposer à la démesure humaine quand l’homme veut chaque fois davantage réduire le monde à sa mesure.

  62. Bab-One says:

    c’est tout de mêle curieux votre technophobie. N’est-il pas écrit dans la Genèse que l’homme doit dominer la Terre et soumettre toutes ses créatures ?

  63. BOF ! says:

    @ Sophie

    De la mouche à l’homme, il n’y a pas de saut mais des stades intermédiaires (que les théories de l’évolution expliquent d’ailleurs très bien). Je ne nie pas qu’il y ait une progression sur le plan matériel au sens où il est évident qu’il y a toujours plus de matière organisée de manière toujours plus compliquée un peu comme au sommet d’une montagne une boule de neige est de la taille d’une balle de ping-pong pour atteindre une dimension gigantesque après qu’elle ait dévalé la pente, exemple d’effet supérieur à la cause par auto-accumulation.
    J’insiste d’ailleurs sur l’ expression « dévalé la pente » car je ne vois là qu’une descente. Bien sûr que le grand Arthur de Francfort est passé par là ! Lui qui précisément comparait la vie d’un homme au fait de dévaler une pente sur laquelle on n’est maintenu debout que par le mouvement de notre course descendante ! J’irai même plus loin (Il l’a d’ailleurs dit implicitement) en soulignant que c’est toute l’histoire de la vie depuis les premiers êtres unicellulaires que l’on devrait illustrer par une telle métaphore car à mesure que la conscience croît, c’est la douleur que l’on voit grandir en proportion. Aucune douleur chez l’amibe mais déjà de l’anxiété chez le lièvre toujours sur le qui-vive. Il existe une plus grande aptitude à la souffrance morale chez l’homme intelligent que chez l’idiot du village, ce n’est qu’un constat plutôt banal mais moins banal serait de dire que du minéral à la conscience, ce n’est qu’une déchéance dans la mesure où ce n’est qu’une augmentation de l’aptitude à souffrir. On me dira que l’on verra croître aussi l’aptitude à ressentir le bonheur, c’est ce que l’on peut contester . Existe-t-il en effet un mode heureux par lequel on pourrait sentir sa main, sa jambe ou une simple dent ? Non. Qui donc ira penser à sa main, à son genou ou à telle molaire si aucune de ces parties du corps ne vous fait mal ? Mais qu’un coup soit donné sur la main, que la jambe soit affectée d’un sciatique ou que la dent soit cariée, c’est là dans la présence douloureuse que je sentirais l’existence de ces choses que j’étais pourtant incapable de sentir dans l’absence de douleur.

    La conscience, c’est avant tout et plus que tout l’éveil causé par la pointe de la douleur, ira-t-on me dire maintenant qu’il s’agirait d’un surcroît de qualité ? J’envie mon vieux chat incapable d’éprouver de la nostalgie pour les choses qu’il n’a plus telles que sa jeunesse et sa santé. Plutôt que du minéral à l’homme en passant par l’insecte, la remontée se situerait en sens inverse, de l’homme vers l’insecte jusqu’au minéral !

    N’était-ce pas au fond cet état d’insensibilité minéral que cherchaient ces hommes qui entraient à la Trappe ?

    Le désir de Dieu n’est finalement qu’un désir de la mort.

  64. Thierry says:

    Dans un jardin, sous un vent très doux, une fraise se balance au dessus d’une merde.

    La fraise dit à la merde: « Ce que tu peux être moche! T’as pas une belle couleur et par dessus le marché, tu pues ».

    Puis le jardinier arrive. Il cueille la fraise, il la dirige vers son nez et la maintient longuement sous ses narines. Ensuite il la porte devant ses yeux, la tourne de tous les côtés pour la regarder et la fraise dit alors à la merde:

    – tu vois comment on m’admire, comment on me respire!. C’est normal, Moi je suis pas comme toi, je suis belle et pis j’ai une couleur magnifique et en plus je sens bon !

    C’est alors que le jardinier, ouvre la bouche et dépose la fraise sur sa langue.

    – A tout à l’heure ! lui répond la merde , juste avant que le jardiner ait refermé sa bouche et croqué dans la fraise.

  65. Mimosa says:

    Bonne blague qui m’a bien fait rire et en plus, c’est du moins ce que je pense avoir deviné, tu as saisi l’occasion de te moquer de ces précédents étalages de pédantesques et prétentieux propos en disant bien davantage que tout ce qu ont pu débiter tous ces gens infatués d’eux-mêmes et de leur pauvre petite prose !

  66. Le morpion says:

    Moi ce qui me fait surtout marrer c’est d’entendre un guignol comme Fidelis, gerber sur la modernité au motif que l’homme y voudrait un monde à sa mesure ! Qui donc voulait un monde à la mesure de l’homme avec une nature supposée protectrice et faîte pour lui, si ce n’est l’Eglise catholique et ses curetons du Moyen Âge ? Le systeme de Ptolémée avec ses distances raisonnables entre les astres, c’etait pas un monde que l’homme avait construit à sa mesure peut-être ? Et qui donc s’est alors braqué quand on a remis tout ça en cause ? . Qui donc a fait chier Galilée parce qu ‘il venait dire que tout ne se trouvait pas ordonné autour de notre pauvre petite motte de terre et qu’ il portait à ce pressentiment qu’ on n ‘ est pas dans le cosmos comme le foetus dans le bide à Maman mais comme sur un petit tas de boue perdu au sein de l’immensité sans fin de l’univers ? Qui donc a torturé puis cramé Giordano Bruno parce qu ’il laissait entendre que les étoiles n’étaient pas tournées vers nous mais que nous etions complètement décentrés au regard d’une infinité de poussières cosmiques qui dans l’infinité de leur eloignement tournoyant se fichent de notre existence ? On avait la prétention d’être au centre de l’univers, on croyait que tout gravitait autour des asticots que nous sommes et se tortillant sur cet étron qu’est notre planète parce que c’était bien là le monde à notre mesure tel que nous le voulions ! mais la science est venue nous dire que tout ça était illusoire et l’ Eglise alors lui a répondu : « Ferme ta gueule, tu nous fous les boules parce que nous on veut un univers manière cocooning où on se sent protégé, où tout doit être organisé en fonction de nous, où la voûte céleste avec ses étoiles clouées après, doit être comme un couvercle nous recouvrant sous la bienveillance paternelle du vieux Pépé à barbe blanche ! L’attitude de Pascal qui avait la pétoche en voyant l’espace infini où personne ne te parle où personne ne t’écoute , n’était en rien chrétienne, elle relevait déjà de la lucidité de l’homme moderne ! Inutile désormais de se voiler la face, cet homme moderne il lui fallait maintenant apprendre à vivre avec sa pétoche et Voltaire avait beau vouloir oublier tout ça en allant s’amuser un peu à Paname, quelques tremblements de terre venaient quand même lui rappeler qu’on est seul et qu’on n’a pas plus d’importance que la crotte de Thierry.

    Si ça vous fait mal de vous entendre dire que vous êtes des merdes et rien d’autre, et qu’il n’ y a pas plus d’intelligence et d’amour suprême pour vous prêter attention que vous ne vous souciez du colombin que votre anus a dégorgé hier, c’est que du coup c’est bien vous autres qui en vous obstinant à vivre dans votre univers fermé des temps médiévaux, souhaitez vous consoler en réduisant le cosmos à la mesure de vos réalités de moucherons égocentriques !

  67. BOF! says:

    Si je partage entièrement le fond, je maintiens mes réserves quant à la forme, cette langue qui se voudrait sans doute originale dans son aspect si peu châtié, n’étant que de la pure et simple vulgarité. Elle présente outre cela le défaut de donner un désagréable sentiment de manque de rigueur pour un sujet pourtant des plus intéressant à propos de l’univers sécurisant, à la « mesure humaine » que nous avait légué l’ aristotelo-christianisme et d’où la science nous a sorti comme on sort de son lit un matin d’hiver quelqu’un voulant continuer à somnoler bien au chaud sous sa couette.

  68. Sophie says:

    L’image du dormeur paressant au lit et qui ne cesse de dire à celui qui veut le tirer de sous ses draps «encore un moment», est tout de même de saint Augustin. C’est ainsi que l’évêque d’Hippone décrivait sa vie d’avant sa conversion, temps pour lui des plaisirs sensuels et du luxe, et qu’il voulait nous faire comprendre que le vrai chrétien cherche tout sauf son petit confort terrestre. (Les vies des moines de la Trappe, relatées par Rancé, suffiraient à nous le faire comprendre!)

    Pour le reste, s’agissant du « Morpion » et de la vulgarité de ses propos tout suintant d’appétence fécale , je partage ton opinion et continue à me demander ce qu’un tel pou gluant vient faire en ces lieux.

  69. Thierry says:

    Une fois encore trop facile et peu charitable (Cela m’étonne même de toi Sophie !) d’exprimer son mépris à l’égard d’un intervenant, certes au langage un peu trop cru mais qui nous explique quand même très bien pourquoi l’Eglise (et les religions en général) n’apprécie guère la recherche scientifique. Il suffit d’ailleurs de se remémorer le mot fameux de Giordano Bruno , entendant sa condamnation à mort :

     » Vous avez certainement plus peur en prononçant cette sentence que moi en l’écoutant »

    On peut certes comprendre qu ‘à l’époque on ait été effrayé en presence de son cosmos où n’existait plus de repères absolus. C’était d’ailleurs lui encore qui comparait la science au fait de voir sans cesse l’horizon reculer à mesure qu’on marche vers lui, rappelant que c’est une illusion d’optique que de croire qu’il y a  là-bas une limite  que dessinerait une ligne qu’on est pourtant sûr et certain de percevoir !
    Ne serait-ce pas la même peur d’un monde sans limite, sans point d’ancrage, toujours changeant, toujours instable où rien n’est certain, où les contours se dissipent quand on veut les cerner, à la manière de cette fallacieuse ligne d’horizon, peur qui pousserait certains d’entre vous à rêver au cloître pour vous sécuriser en allant vous enfermer à l’écart, afin de retrouver précisément ces limites, dans votre rassurant microcosme (de « moucherons égocentriques » comme l’a si bien dit le « Morpion ») bien encerclé par des murs bien solide, recroquevillés comme un foetus au cœur du « château de l’âme »? Vos envies de « fuga mundi » ressembleraient alors d’avantages à de la lâcheté qu’à une véritable quête d’absolu !

    ( PS : sur la scolastique , dommage que je n’aie pas eu la présence d’esprit de te balancer cette autre vanne : « Thomas d’aquin disait de son œuvre qu’elle n’était que de la paille. Qu’est-ce à dire ? Que des générations de théologiens seraient comme des ânes auxquels on aurait donné de la paille à manger?)

  70. Fidelis says:

    Concernant cette sempiternelle « tarte à la crème » sur la religion comme entrave à l’esprit scientifique , il me suffira de rappeler brièvement que l’espace sans repère absolu de Giordano Bruno avait déjà été imaginé un siècle avant par un cardinal , Nicolas de Cuse, que l’ héliocentrisme était déjà théorisé par un chanoine, Nicolas Copernic, lui-même s’étant inspiré de Nicole Oresme qui avait auparavant formulé cette idée en plein Moyen Âge chrétien. Peut-être même que Galilée n’aurait jamais pu construire sa lunette sans les travaux optiques du franciscain Roger Bacon (Bas Moyen Âge toujours) et qui sait même si Christophe Colomb aurait pu entreprendre son audacieux voyage s’il n’avait lu les première descriptions à peu près correctes de la planète données par un évêque, Pierre d’Ailly, proche conseiller des papes d’Avignon. Cela relève de la pure légende anti-cléricale que d’affirmer que l’Eglise catholique ait été en soi un obstacle à la recherche scientifique. Les peurs irrationnelles n’ont jamais concerné (et concernent d’ailleurs toujours) que les petits esprits, le catholicisme ne change rien à l’affaire.

    Concernant ta « vanne » sur Thomas d’Aquin et la scolastique, il est bien connu que le sarcasme est souvent la profondeur des pensées superficielles, c’est pourquoi il coulait si facilement de la plume d’un Voltaire. La paille dont parlait l’ Aquinate n’était que l’humilité du vrai saint dont on peut trouver parfois l’embryon chez le vrai savant, plus particulièrement lorsque celui-ci évoque :

    « L’harmonie des lois de la nature dans laquelle se dévoile une intelligence si supérieure que toutes nos pensées humaines ne peuvent révéler face à elle que leur néant dérisoire » .

    Affronter son « néant dérisoire » .

    Cela suppose bien, en effet, cette sainte vertu qu’est l’humilité, vertu monacale, par excellence et qui demande sûrement plus de courage que de lâcheté.

    De cette vertu, Einstein en donnait quelques preuves en énonçant ces propos que l’on vient de citer, ainsi que Copernic lequel se gardait bien de présenter comme avéré ce dont il n’existait alors aucune démonstration irréfutable , voie de sagesse (ainsi que de véritable esprit scientifique) refusée par l’arrogant Galilée, le pisan s’attirant ainsi bien des ennuis qui, au demeurant, ne l’empêchèrent pas d’être traité comme un prince jusqu’à la fin de ses jours.

  71. Sophie says:

    Qui donc exprime des « pensées «superficielles»  ? celui qui ne manifeste aucun prétention à l’infini, ou bien celui qui prétend l’approcher mais qui ne se délecte en fait que de lui-même au travers de ses pauvres petits concepts et de son pauvre petit bagage culturel  ? Paille que peut disperser le moindre vent ou anéantir la moindre flamme, ce qui nous invite alors à ne plus souhaiter rompre le silence.

    Il est vrai qu ‘il me faut moi même battre ma coulpe car, ainsi que l’a bien noté Thierry, en traitant quelqu’un de «  pou gluant», j’ai trop parlé et comme il advient souvent quand on parle trop, manqué à mon devoir de charité.

    Il est tout aussi vrai que je ne m ‘étais avancée que jusqu’aux troisièmes demeures, là où, comme dit la sainte d’ Avila, étant trop encore proche des deux premières, nous pouvons encore être atteints par les bruits du monde, y réagir de manière inappropriée et nous retrouver ainsi sur la case de départ , projeté hors de l’enceinte.

    Je demande donc humblement pardon au frère «  Morpion  » (lui aussi créature de Dieu , après tout !) et reprends mon « voyage » vers l ‘intérieur du « château de l’âme ».

  72. BOF ! says:

    François d’ Assise  aurait apparemment oublié un couplet dans son cantique des créatures :

    Loué sois-tu, mon Seigneur, pour frère Morpion
    Par qui
    Sans cesse le pubis
    Me gratte sans répit
    Mais Ô sublime démangeaison!
    Qui donne l’intense plaisir
    Et le soulagement divin
    De par le raclage du bas-ventre !

    D’ailleurs tant qu’il y était pourquoi le saint d’Assise n’a t-il pas également remercié Dieu pour les puces,les tiques, les moustiques, la gale, les araignées venimeuses, les séismes, les serpents et la lèpre, adorables petites choses qui vont de pair avec Messire le frère Soleil ?

    Et au demeurant si comme vous le soutenez, la vie est un progrès sur le minéral, iras-tu soutenir qu’une punaise ou un scorpion soient des progrès au regard d’une améthyste ou d’une opale ?

  73. Le morpion says:

    @ Sophie

    Tu veux savoir ce que je viens faire là  ?

    BOF ! t’en as déjà donné une vague idée, je viens ici tout simplement pour m’accrocher à vos poils de zob (dans ton cas je dirais de chatte) afin que ça vous démange et que ça vous tourmente. C’est pourquoi, venant ici pour vous emmerder, je continue  :

    L’Eglise qui n’aurait jamais été hostile à la science  ! je me bidonne et me tords  ! Elle a fait chier Roger Bacon tout comme elle a fait chier Galilée, a tel point que Descartes n’a jamais rien voulu écrire en faveur de l’ héliocentrisme se doutant bien qu’on l’aurait tout autant fait chier que Galilée.
    Qui donc a encore gueulé quand on est venu dire qu’on avait pas pour ancêtre une femme à poil mais une guenon poilue  ?
    Qui donc a encore regimbé quand Freud est à son tour venu dire que notre rationalité n’est qu’une couche superficielle comme la surface d’un étang avec au fond tout plein de bestioles visqueuses en forme de quéquettes et de vulves  ?
    Il est vrai que les culs et les chattes, ça aussi ça vous dérange  ! Ah que tu es vilain nous dit saint Augustin quand tu restes trop longtemps au paddock pour t’astiquer le morceau  !. Faut-il quand même que votre dieu soit mesquin pour n’être pas content à cause de quelques malheureuses branlettes et faut-il aussi que vous-même soyez débiles pour croire en un Dieu qui Fronce les sourcils pour quelques petits plaisirs à  tripoter Popaul dont la présence est sûrement plus sympa que celle de saint Paul ?
    et qui donc a d’ailleurs fait chier Michel-Ange parce qu’il avait peint des bites et des trous de balle sur les murs d’une chapelle  ? Qui donc a ensuite engagé un barbouilleur pour peindre des bouts de tissus sur ces bites et ces culs qui heurtaient trop les regards  ? Chose étrange a vrai dire car en créant les corps, le père tout puissant n’a t-il pas tout autant créé les bites ainsi que leurs érections qui vont souvent avec  ? Pourquoi alors parler de péché  ? Par haine des bites et des érections  ? Mais pourquoi détester les bites et les érections  ? Par haine du corps  ? il y a l’expression qui veut qu’un crétin soit « con comme une bite » moi je dirai plutôt con comme un chrétien et d’ailleurs pardon les filles, pourquoi dire « con » synonyme de votre merveilleuse intimité pour désigner la bêtise ? Plutôt que « con » disons tout simplement « chrétien », ça sera amplement suffisant !
     

  74. Ichthus says:

    A en juger par tes propos, tu dois être adepte, j’allais dire addictif de l’onanisme. En tires-tu de réelles satisfactions ? J’en doute, à voir l’agressivité ainsi que la haine jointes à l’excès de vulgarité affectant ta prose comme une salive imprégnée de fiel. Sans doute que tu dois être en quête de quelque désir de plénitude que ne peuvent évidemment pas t’offrir ces quelques éphémères et minables petits plaisirs pour lesquels Dieu ne fronce sûrement pas les sourcils mais s’ apitoie plutôt sur ton sort de larve amputée qui se traîne dans son désert, à l’affût de la moindre petite goutte d’eau pour calmer pendant quelques +instants sa condition de sempiternelle assoiffée.
    Apprendre à maîtriser tes pulsions, à tenir la bride aux emballements de ton corps te serait pourtant bénéfique. Tu t’échaufferais un peu moins la tête, ce qui te donnerait la patience nécessaire pour réfléchir ou pour effectuer quelques recherches livresques avant de te précipiter sur ton clavier pour écrire n’importe quoi. Et puisque de manière si stupide tu évoques la personne de saint Paul, peut-être serais-tu ainsi par hasard tombé sur ce passage :

    « S’ils ne peuvent se contenir, qu’ils se marient car mieux vaut se marier que de brûler » (II Corinthiens:7-9).

    Et qui montre qu’au contraire de ce que porte à penser ta pauvre ignorance, l’ Eglise ne condamne pas les organes qui gonflent et se redressent sous l’effet de lois biologiques mais bien plutôt leurs manifestations déréglées en dehors de certains cadres précis plus communément appelés « mariage », institution un peu désuète sans doute, en nos temps d’unions libres, d’ accroissement d’adultères et de paiens dérapages.
    Mais peut-être qu’il est inutile de te dire tout cela et que mieux vaudrait après tout te répondre en se bornant à citer le psaume 63 :

    «  Leurs coups ne sont portés que par des flèches d’enfant et leur langue d’infirme se retourne contre eux  »

     

  75. Sophie says:

    @ Bof

    Puisque tu aimes les questions, prends alors une opale, contemple- là longuement (Ce que ne saurait faire une opale à ton égard, n’est-ce pas aussi un progrès que cela?) jusqu’à ce que tu sentes poindre une autre question, autrement plus fondamentale :

    Pourquoi y a t-il quelque-chose plutôt que rien ?

    @ Le Morpion

    Je t’accorde que s’agissant de ses rapports plus que fautifs avec la science, l’Eglise était tenue de faire sa repentance (Ce qu’elle a fait d’ailleurs). Tiens j’en rajoute même une louche en te citant un théologien catholique (aux idées, il est vrai un peu plus larges que celles des adeptes de Mgr Lefebvre!), ce théologien a pu donc écrire: « On assista à la suite du cas Galilée à une émigration quasi silencieuse des physiciens hors de l’ Eglise catholique et à un conflit permanent entre les sciences de la nature et la théologie ordinaire dominante : sous le fouet de l’inquisition, l’Italie et l’Espagne restèrent jusqu’ au XXème siècle sans scientifique digne d’être cités. Néanmoins, la répression ecclésiastique ne put s’imposer contre l’évidence des sciences physiques. » !

    ( Hans Küng : Petit traité du commencement de toutes choses »)

    Je t’accorde aussi qu’en ce qui concerne la sexualité depuis la patristique et les premiers siècles chrétiens ( l’ encratisme, Tertullien, saint Jean Chrysostome, saint Jérôme)
    et surtout depuis saint Augustin, l’ Eglise est demeurée trop longtemps focalisée sur une méfiance voire une hostilité bien illégitime à l’égard de plaisirs, après tout donnés par la nature et qu’elle n’est revenue sur cette attitude que très récemment, dans la constitution pastorale « Gaudium et spes », l’un des textes majeurs du Concile Vatican II, reconnaissant que l’acte sexuel pouvait être l’expression de l’amour des époux, indépendamment de toute finalité procréative. Attitude d’hostilité inspirée de cette vieille idée paulinienne suivant laquelle la chair serait nécessairement de condition pécheresse, néfaste à l’esprit, idée à laquelle on ne trouve au demeurant aucune base réelle dans l’enseignement de Jésus parce qu’elle est davantage d’inspiration platonicienne que d’inspiration évangélique. De cette idée, l’épisode du peintre Daniel da Volterra dit le «culottier »  chargé de peindre des voiles sur les parties sexuelles des athlètes de Michel-Ange constitue effectivement l’un des épisodes les plus lamentables. Episode auquel ne serait d’ailleurs pas hostile le catholicisme intégriste ( Je te donne cet autre os à ronger!) si l’on en juge par les propos suivant de Mgr Lefebvre qui reprochait à Michel-Ange un « nudisme »  exprimant une :

    «  exaltation de la chair bien opposée à l’enseignement de l’Evangile » (« Ils l’ont découronné », édition Clovis, page 16).

    Autrement significatif d’ailleurs que l’évêque d’ Ecône ne cite pas l’ Evangile à l’appui mais plutôt l’épître aux galates où saint Paul développe sa fameuse thèse de l’opposition inconciliable entre esprit et chair, antinomie dont, rappelons-le une fois encore, on ne trouvr pas de réel soubassement évangélique.

    Je t’accorde donc tout cela, mais de grâce ! Il y a manière et manière de le dire sans pour autant aimer à se vautrer dans la souillure de la vulgarité !

    Je ne sais ce qui peut expliquer cette haine ainsi que ces immondices qui coulent de ta bouche comme cette matière verdâtre crachée par la fillette possédée dans le film l’ éxorciste . On sent le Malin grouiller en toi comme des rats dans quelques recoins sombres et sordides d’une maison.

    @ Ichthus

    D’où sors tu cette traduction du psaume 63 ?

  76. ICHTHUS says:

    C’est tout simplement la mienne et je crois pouvoir coller au plus près de la Vulgate  :

    «  Sagittae parvulorum factae sunt plagae eorum, et infirmatae sunt contra eos lingae eorum  »

  77. Mimosa says:

    Quelle pédanterie!

  78. Ichthus says:

    Connaître le latin donnerait peut-être à des catholiques déliquescents du style Sophie, la possibilité de retrouver un sens de la tradition (entre autres, en échappant aux insipides traductions AELF et TOB et autres Louis Segond !) ainsi que de la rigueur (la langue de Cicéron relevant, c’est bien connu , de la pure logique) lui permettant par là même de prendre ses distances vis-à-vis de gens tel Hans Küng, auteur à succès mais à la théologie évanescente et dévoyée, minée de protestantisme libéral. Peut-être qu’elle prendrait aussi goût au thomisme et à sa précision de raisonnement plutôt qu’au vague humanisme oecuménique prôné par le médiocre et pansu de la Pampa, pseudo successeur pétrinien mais authentique hérétique. C’est alors qu’elle pourrait aimer Bossuet et son verbe vigoureux plutôt que Fénélon, qu’à juste titre Louis XIV qualifiait de « chimérique » et chez qui l’on pourrait d’ailleurs voir l’ancêtre des suivistes du félon et calamiteux Bergoglio. Soucieuse de choses exactes, elle aurait alors une répartie incisive plutôt qu’une mièvre repentance, fruit d’une crasse inculture historique aussi bien que théologique.

    Ainsi, en lisant les absurdités de monsieur Küng, à propos de l’Italie qui depuis l’affaire Galilée, serait demeurée, jusqu’au XXème siècle, sous la férule de l’inquisition , dépourvue de grands savants dignes d’ être cités, aurait-elle pu précisément citer Torricelli, inventeur du baromètre, Cavalieri, mathématicien créateur du calcul intégral, ainsi aurait-elle pu également pour le XVIII ème, évoquer Marcello Malpighi, fondateur de l’anatomie microscopique, Jean-Baptiste Morgagni, fondateur de l’anatomie pathologique, Lazzaro Spallanzani, l’un des fondateurs de la biologie moderne ou encore Luigi Galvani, découvreur des fonctions biologiques de l’electricité mais sans doute qu’elle n’était pas assez « galvanisée » pour se rappeler d’Alessandro Volta, inventeur de la pile éléctrique, sans doute qu’elle n’avait pas assez de « voltage » pour se rappeler de la « loi d’Avogadro » qu’on a pourtant sûrement dû lui enseigner au lycée. Certainement qu’elle ne s’est jamais assez intéressée à la chose pour connaître un nom tel que Paccinotti, inventeur au XIXème siècle de la première dynamo, ou encore d’Augusto Righi, physicien dont les travaux sur les ondes permirent à son élève Guglielmo Marconi, d’inventer ultérieurement la radio et le télégraphe sans fil.

    Ainsi, pour aborder maintenant la question théologique, n’aurait-elle jamais proféré ces insanités sur saint Paul, prétendument défenseur d’une conception platonicienne relative à la chair siège du corps coupé de l’âme parce qu’elle aurait su que chez l’Apôtre le vocable « chair » englobe au contraire (Comme d’ailleurs Falcophil l’a rappelé plus haut), ces deux dimensions humaines en ce qu’il désigne la créature revendiquant son autonomie, ne cherchant que sa seule satisfaction immédiate, que son seul intérêt matériel, que sa seule bienheureuse installation dans une immanence privée de toute référence surnaturelle. Et n’est-ce pas déjà une certaine amorce de cette dérive que l’on pourrait constater chez Michel-Ange et qu’avait pertinemment souligné Mgr Lefebvre ? Il ne s’agit pas tant de vouloir masquer phallus et postérieurs (qui d’ailleurs n’avaient effectivement rien à faire dans un lieu de culte) que de noter qu’à vouloir toujours exalter la musculature des corps athlétiques, il y a risque de ne plus voir que cela pour enfin ne plus exalter que l’ homme se suffisant à lui-même dans son narcissisme anthropocentrique. Dans la création d’Adam, Dieu paraît devenir adventice car c’est surtout sur le premier que se polarisent les regards. Ce premier homme, certes si génialement peint par Buonarroti, ne pourrait-il cependant pas s’entendre presque dire ces fameux propos pélagiens ( « Je te donne l’entière liberté d’ être ce que tu veux, de t’élever aussi bien que de t’abaisser ») imaginés par Pic de la Mirandole que Michel-Ange avait du reste fréquenté à la cour de Laurent de Médicis et qui seraient déjà quelque peu du Sartre avant la lettre ?

  79. Thierry says:

    J’aimerais bien savoir combien de temps tu as perdu pour élaborer cette si fastidieuse énumération de savants italiens, énumération d’autant fastidieuse qu’elle ne prouve rien , si ce n’est que les temps étaient mûrs pour que les hommes commencent à se libérer de la tutelle de l’Eglise. On l’a déjà noté plus haut, on rejetait de plus en plus le monde sécurisant et fermé légué par l’Antiquité grecque et auquel une Eglise frileuse continuait à s’accrocher, pour entrer dans l’univers du savoir scientifique, univers de l’infini parce q’univers du continuel recul des limites et qu’on refusait alors ardemment parce qu’il faisait trop peur. Le fait que quelques rarissimes personnalités du clergé comme Nicolas de Cuse aient eu des intuitions géniales ne modifie en tien les données du problème. L’homme commençait à éprouver un légitime orgueil de sa puissance, de son pouvoir, peu à peu, il comprenait qu’il lui étai possible de s’auto-gerer par la seule raison, sans besoin de s’inventer des légendes dorées ou des contes pour enfants . Cela pouvait provoquer de l’effroi chez beaucoup dont certains préfèrant ne pas voir cela, jugeaient qu’il valait mieux aller se cloîtrer. Feuerbach a très bien expliqué la cause du sentiment religieux, la peur de soi, de ses pouvoirs, de ses potentialités. Ce qui fait peur à l’homme c’est de savoir qu’il est suffisamment puissant pour être capable de se passer de Dieu. N’avoir aucun besoin de cette hypothèse comme aurait dit Laplace, voilà ce qui étrangement suscite encore de la crainte. La plupart des hommes religieux ont peur et se réfugient derrières les parois d’un monastère ou derrières les remparts de fables et de mythes pour continuer à se rassurer en essayant de se convaincre que nous avons tout de même de l’importance et que nous sommes autre chose que quelques misérables poussière sur un autre poussière à peine plus grande appelée terre se trouvant elle-même à l’intérieur d’une autre poussière pas tellement plus consistante appelée « Voie lactée ».  L’ennui est que cette peur est dangereuse pour la paix, des hommes sont toujours prêts à la haine parce qu’on vient leur contester l’historicité de tel ou tel passage de l’ Evangile, voire même prêt à tuer si l’on conteste l’authenticité de tel ou tel verset du Coran. Vous prétendez que l’Eglise n’a jamais été fâchée avec la science et qu’elle s’est depuis longtemps réconciliée avec elle mais finalement n’est ce pas encore la peur qui devrait vous saisir quand un grand physicien de notre époque vient nous dire (confirmant par là-même l’intuition de Hume dont Fidélis croyait intelligent de se moquer !) que :

    «  il arrive souvent en science qu’un assemblage important se comporte très différemment de ses composants individuels. Ainsi les réponses d’un neurone unique ne ressemblent en rien à celle du cerveau humain ; de même connaître le comportement d’une molécule d’eau ne vous dira pas grand chose sur celui d’un lac entier… » et que « …les atomes individuels et les molécules opèrent de façon profondément différente de notre expérience quotidienne. La physique quantique est donc un nouveau modèle de réalité qui se traduit par un image différente de l’Univers, une images dans laquelle de nombreux concepts fondamentaux issus de notre intuition de la réalité n’ont plus ucune signification ».

    ( Stéphen Hawkings : Y a t-il un grand architecte dans l’univers ? »

    Retiens bien cette dernière phrase qui à elle seule rend compte du bouleversement apporté par la physique quantique, bouleversement analogue à ce qu’ a été, il y a 5 siècles la révolution copernicienne :

    «  La physique quantique est donc un nouveau modèle de réalité qui se traduit par un image différente de l’Univers, une image dans laquelle de nombreux concepts fondamentaux issus de notre intuition de la réalité n’ont plus aucune signification ».

    Si les lois de Newton sont bonnes pour notre macrocosme , elles ne valent donc plus rien au niveau quantique. Pareillement , au même niveau quantique que peuvent valoir vos raisonnements sur la causalité ou l’effet qui ne peut être supérieur à la cause ainsi que toutes vos observations quotidiennes relevant de votre petit « bon sens » ? Pas grand-chose non plus, le monde quantique est sans rapport avec le bons sens parce qu’il est en fait insensé . Pour reprendre une image du même Hawking, nous sommes comme un poisson rouge qui peut à la rigueur émettre quelques vérités à l’intérieur de son bocal mais qui au delà n’en perçoit pas moins de manière déformée un réel vu au travers de la convexité (ou de la concavité!) du récipient dans lequel il se trouve.

    Ce genre de vérité, combien d’entre vous sont-ils prêts à les recevoir ?

  80. Falcophil says:

    J’ai lu cet ouvrage de Hawking dont tu nous parle et je n’y ai rien trouvé qui puisse m’effrayer. Je ne vois pas en quoi tous ces développements sur le principe d’Heisenberg ou sur les fentes de Young peuvent contredire l’argument de l’effet qui ne saurait être supérieur à la cause. Pour reformuler un peu le propos de Sophie, si j’observe et tente de comprendre le quarck , celui-ci quant à lui n’observe rien et ne comprendra jamais rien ! Comment l’on passe du microcosme au surcroît de qualité constaté dans le macrocosme, la question reste entière.

  81. Barny says:

    @ Ichthus

    Cet homme qu’avec une totale irrévérence tu qualifie de « médiocre » nous donne dans son exhortation apostolique « Gaudate et exultate », des passages très subtiles sur le pélagianisme et la gnose, tu devrais les méditer puisqu’il te plaît de toujours dénoncer l’ « hérésie ». Il semblerait ainsi que tu sois toi-même entaché de gnosticisme quand tu parais te complaire dans ton ramassis de connaissances, oubliant que : « La perfection des personnes se mesure par leur degré de charité et non par la quantité de données et de connaissances qu’elles accumulent ». Ne serais-tu pas en effet, un gnostique incapable de toucher la chair souffrante du Christ dans les autres » parce que tu es tout simplement « corseté dans une encyclopédie d’abstractions » ? Rien de chrétien dans ta pédanterie, rien que de la superficialité vaniteuse. Demande toi un peu si par votre thomisme que vous portez au pinacle, vous n’auriez pas tendance à réduire l’ Evangile à une « logique froide et dure ». » ? Médite un peu cet autre  passage de l’ exhortation où François cite saint Paul : « …seule la charité rend possible la croissance dans la vie de la grâce car si je n’ai pas la charité, je ne suis rien… »

  82. Thierry says:

    Une nouvelle !! Et Barny en plus ! L’abbé Morin est parti alors elle vient te voir ?

    Et Sophie que devient-elle ? Elle poursuit sa « fuga mundi » ?

  83. Falcophil says:

    Elle vient de franchir le seuil des quatrièmes demeures, là où Thérèse d’Avila nous dit que pour progresser au sein de cette forteresse « L’important n’est pas de penser beaucoup mais d’aimer beaucoup ».

  84. BOF! says:

    Au regard des données que j’ai évoquées plus haut, telles que puces , tiques, araignées venimeuses, séismes, lèpre , cancer, et, d’une manière plus générale, cette idée que la douleur relève de la partie consciente de ma personne, le bonheur n’en étant que la partie anesthésiée, au regard de tout cela donc, si tu vois Sophie, dis-lui de ma part que sa question :

    « Pourquoi y a t-il quelque-chose plutôt que rien ? »

    se trouve chez moi remplacée par cette assertion :

    « Mieux vaudrait qu’il n’ y ait rien plutôt que quelque-chose ! »

  85. Falcophil says:

    Ton maître à penser de Francfort n ‘a-t-il pas dit que le monde n’était que ton œil qui voit ou que ton doigt qui touche ? En ce cas, il ne tient qu’ à toi de faire en sorte qu’ il n’y ait plus d’oeil pour voir et de doigt pour toucher afin qu’ advienne le règne de ce rien que tu vénères!

  86. BOF! says:

    Tu voudrais donc me mettre dans la situation de l’amoureux conduit au geste fatidique à cause d’une traînée qui aurait ignoré ses avances malgré tous les efforts d’un ami pour le convaincre qu’elle n’en valait pas la peine ?

  87. Thierry says:

    Curieux de voir de quelle manière la croyante et l’athée peuvent parfois se rejoindre ! Car finalement le Grand désert du RIEN, c’est ce vers quoi BOF et Sophie sont en fuite !

  88. BOF! says:

    N’est-ce pas ce qu’avait recherché l’abbé de Rancé après l’avoir au demeurant constaté ? Il avait aimé l’une des plus belles femmes du royaume et puis dans quel état l’avait-il retrouvée ! La tête qui avait roulé sur le sol jusqu’à ses pieds est hélas, une légende que Chateaubriand a par la suite enlevée des éditions ultérieures de sa biographie. Car tout de même, quelle belle légende, quelle image frappante ! Reste cette anecdote qui paraît plus vraissemblable : comme l’abbé montait les marches pour rejoindre sa bien-aimée, quelqu’un vint lui dire ces mots de la fin que l’on prête au père de Gargantua :

    « Tirez le rideau, la farce est jouée ».

  89. Falcophil says:

    Chez Sophie le rien n’est que l’insuffisance de tout ce que l’on peut dire sur Quelqu’un, chez toi ce n’est que l’épuisement de quelqu’un qui n’a plus rien à dire.

  90. BOF! says:

    Tu as tout compris.

    Comme pour Sophie, ce sera donc :

    LE GRAND SILENCE.

  91. Thierry says:

    Dans les 2 cas, ça reste une fuite !

  92. Sophie says:

    Le fauve étant mortellement fort par ses griffes et ses crocs, la force de sa proie qui n’a ni ses crocs ni ses griffes sera en ce cas de savoir prendre la fuite !

  93. Thierry says:

    Je ne savais pas qu’au sein du « château de l’âme » , on était encore connecté à la Toile !

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