( août 15, 2011 )

ELOGE du RATAGE (4)

Nous terminions la fois dernière sur la question de la fusion du mysticisme et de l’ humour , fusion se réalisant par le ratage et à propos de laquelle on me demandait de plus amples détails. Cette bizarre synthèse fruit d’exigences inconciliables en apparence, serait assez bien illustrée par certains aspects de mon travail photographique dont voudrait parler le présent billet.

Dès le début de mon activité de photographe, la question de savoir comment réussir des photos


n’était pas vraiment mon problème ,

me trouvant de loin beaucoup plus intéressé par celle de savoir comment les rater,

D’emblée, mon axiome fut le suivant: le ratage est à la technique ce que la poésie est à la carte postale.

Si la technique peut se définir comme ce qui se donne pour idéal de fonctionner à la perfection, on ne voit pas très bien en ce cas ce qu’ elle laisse à l’homme, si ce n’est sa part mauvaise travaillant contre lui-même et que l’on ne pourrait conjurer que par notre faiblesse.

Plus la machine est perfectionnée moins nous avons droit à l’erreur car plus la machine est puissante plus nos erreurs sont fatales. Il est donc clair que l’idéal technique ne pouvant admettre de ratages, il ne peut en conséquence admettre ce qui est humain et au regard de cet idéal, le style pourrait se concevoir comme une résistance à l’empire de la technique par une volonté délibérée d’assumer sa défaillance.

On pourrait dans un premier temps citer comme exemple un Modigliani passant sa courte vie à rater ses portraits , ne pouvant rien faire d’autre pour n’avoir que trop prouvé dès l’age de 10 ans qu’il pouvait parfaitement les réussir. .

Cela peut en effet relever d’un truisme que vouloir un ratage personnel sera d’autant plus victorieux que l’on aura pu d’abord prouver que l’on possédait la totale maîtrise de la technique autorisant la réussite impersonnelle.

Mais on pourrait à vrai dire pousser plus loin en soutenant que n’avoir pas de don particulier serait une chance vous aidant beaucoup mieux dans la quête de votre humanité personnelle.. J’imagine que si Orcian dont il fut déjà plusieurs fois question, n’avait pas été au départ un dessinateur raté

il eut davantage couru le risque d’être un portraitiste d ‘une technique impeccable mais aux vibrations humaines assez plates

.

Ce que l’on maîtrise peut donner une illusion de force alors que cela nous rapprocherait plutôt de la mécanique exsangue. Ce qui vit doit revendiquer l ‘hésitation qu’imprime au tracé la main qui tremble ainsi qu ‘une certaine maladresse fruit d’une vague fébrilité inquiète contre une exécution sans défaillance qui relèverait davantage d’une anémie de la force vitale et donc de la force spirituelle

L’ équilibre serait ainsi de savoir stopper à temps la force en lui opposant la faiblesse tout en sachant orienter la faiblesse pour que celle-ci ne dégénère pas en impuissance.

La photo n’échappe pas davantage à cette loi. Je gage qu’au regard d’une composition de technique trop parfaite caractérisant certains photographes français Henri Cartier-Bresson

un Lee Friedlander se soit lui même posé la question de savoir comment rater un cadrage pour obtenir au bout du compte un résultat beaucoup plus convaincant sur la vie moderne.

Concernant la question de savoir ce que doit être une belle photo, pas de meilleure réponse que celle que vous donnera le conformisme ambiant. Le parangon du photographe travaille pour Géo, il se déplace aux 4 coins du monde, mobilise un appareillage technique important, avion, hélicoptère, kérosène pour produire des images jolies faisant plaisir à tout le monde au point qu’elles peuvent illustrer sans problème les formules de votre chéquier.
Comment je m’y prends quant à moi pour rater une photo ? C ‘est maintenant que je m’en vais vous expliquer en quelques mots ma conception de l’art d’être faible.

Comme je l’ai déjà souligné la fois d’avant, je me place dans cet état d’esprit consistant à n’aspirer qu’à l’ inefficacité au regard de la technique. D’abord, j’entre dans un supermarché, un Carrefour ou un Castorama, n’importe lequel fait l’affaire. J’y entre non tant pour acheter que pour m’efforcer d’avoir l’oeil étonné du persan de Montesquieu.
Aussitôt mon intérêt se porte sur ce machin :

A priori, je ne saurais en expliquer l’usage. J’ai demandé au vendeur, il reçoit dans un premier temps avec méfiance la niaiserie de ma question puis manifestant maintenant quelque pitié pour mon air imbécile, il m’indique alors que c’est une bouche d’ aération pour la climatisation ou je ne sais quoi d’autre. Je l’achète sans trop savoir pourquoi, pas franchement préoccupé de conditionner l’air, beaucoup plus occupé à ne pas devenir pauvre hère conditionné. Mais j’achète quand même le bidule parce qu’il me rappelle quelque chose,
un immeuble , un HLM, ou un truc de ce genre. Rien d’étonnant à cela, il a déjà été vu que nos villes étaient de plus en plus à l’image de l’intérieur de nos ordinateurs pourquoi en ce cas, les bouches d’ aération ne seraient-elles pas elles mêmes à l’image des immeubles sur lesquels on les plaque ? Maintenant, commence mon travail de photographe lequel n’est pas un travail de photographe mais plutôt le bricolage d’un pauvre type.

Pour savoir comment rater mes photos, la solution s’avère en fait assez simple:faire tout le contraire de Yann Arthus Bertrand, ne jamais sortir de chez moi de façon à n’avoir besoin ni d’hélicoptère ni de kérosène, n’avoir besoin tout au plus que d’une table de 50 cm sur laquelle je vais jeter un peu de terre pour y planter ma bouche d’aération.

Je précise que pour la lumière je n’ai aucune palette de projecteurs performants, trop technique, je préfère la misérable petite ampoule de 6O Watts fixée sur la non moins misérable lampe éclairant les soirées que je passe à lire depuis que je ne regarde plus la télé.

Je vous accorde que tout cela fait un peu miteux mais donne cependant l’avantage appréciable de ne pas me sentir contraint de quémander l’appui de quelques magnats du CAC 40 pour financer mon travail.

Ensuite, je vais disposer sur ma table différents objets trouvés dans une poubelle.

J’aime bien faire les poubelles,

C’est une forme de combat contre le système que de faire les poubelles. Un poète qui se respecte doit faire dans la récupération. C’est par les puces que le poétique prend dimension politique. Car la technique n’aime pas qu’on récupère collaborant étroitement avec le profit dans une logique voulant qu’on jette le plus vite possible afin qu’on rachète encore plus vite.

Dans ma poubelle donc, j’ai d’abord trouvé ça :

A quoi peut donc servir une boite vide ayant contenu 12 oeufs ? Demandez au technicien, si vous sentez qu’il vous prend pour un con, vous saurez alors que cette simple question vous met sur la bonne voie.

Dans ma poubelle , je trouve ensuite ceci

Pourquoi s’intéresser à des choses faites pour un gosse quand on est un adulte ? La plupart croient s’occuper d ‘affaires sérieuses quand ils ne font que jouer comme des enfants, voyez le trader, voyez l’internaute, voyez même le politicien. Moi j’ai décidé d’adopter l’inverse de cette démarche en jouant d’abord comme un enfant avec l’espoir de trouver quelques affaires sérieuse. Avoir des mains d’enfant qui pourraient traduire des préoccupations d’ adulte c’est à peu près ce que j’aimerais faire. D’autant qu’un jouet n’est jamais qu’une copie du monde adulte, que l’on considère un peu la place occupée par la technique dans le jouet,

voiture, avions, matériel de guerre, de BTP et autre robotique , les jouets du petit garçon, c’est déjà la laideur technique de l’adulte avec certes tout de même un peu de poésie du fait que nous sommes encore dans le domaine de l’enfance mais basta, pour ceux qui voudraient approfondir ce point, je renvoie à Roland Barthes qui l’ évoque mieux que moi quelque part dans ses « mythologies ».

De ma poubelle, je vais ensuite sortir cette chose:

Là encore, je ne sais pas trop à quoi ça sert. Pour y accrocher des trucs, peut-être mais peu importe, il me suffit de constater une fois de plus que nos objets sont aussi moches que nos constructions modernes et puis j’ ai ramassé suffisamment de saloperies pour que cela me permettre de commencer un début de discours, disposant les choses et orientant la lumière de façon particulière car il ne s’agit que de la sempiternelle question de la confrontation de l’universel et du particulier

.

Mais il manque encore quelque chose. Je cherche. On ne saurait trop insister sur ce point, refuser le plus possible l’adjuvant de la technique vous oblige à chercher par vous même en vous appuyant sur les seules ressources de votre propre imaginaire.

Donc, je continue de chercher quand soudain, j’entends qu’on gueule à ma porte ( Je n’ai pas de sonnette)

C’est un type en costard-cravate dont la qualification est d’être l’emmerdeur de service, celui qui vous téléphone à Midi , juste au moment où vous êtes en train de déjeuner, afin d’ essayer de vous vendre des persiennes. Comme je suis trop gentil pour envoyer paître les gens, je n’ai pas eu la fermeté pour le dissuader de venir. J’ai beau insister, lui dire que je n’ai absolument pas besoin de persienne, il persiste, tente de me convaincre qu’il connaît mieux que moi ce dont j’ai besoin. Maintenant, il a repéré la porte à moitié déglinguée de mon garage et m’affirme qu’avec lui je ne pouvais pas mieux tomber parce qu’il fait aussi dans la porte de garage. Il déballe ensuite son baratin, tourne les pages de son catalogue, me conseille les modèles les plus chers, ceux avec télécommande, précisant que j’oublierai vite le prix au profit du confort et de la sécurité. Je l’ écoute avec patience. Un peu aussi parce qu’il me fait pitié. Apparemment son tôlier le tarabuste pour qu’il fasse plus de chiffre d’affaires. On comprend qu’à 6000 Euros la porte, le type soit à la veille d’un licenciement pour insuffisance professionnelle. Considérant alors avec un ostensible mépris la lampe merdique surplombant la porte du garage

il excréte une railleuse et peu délicate allusion au fait que je dois tirer le diable par la queue. Le plus curieux est qu’ un rapide tour d’horizon lui ayant fait voir que le reste de ma baraque ne valait pas mieux que la porte du garage, ce qui le confirme ainsi dans son idée que je suis dans la dèche, il tente encore de me convaincre que 6000 Euros la porte , tout compte fait ce n’est pas cher au vu des différentes modalités d’ échelonnement. Il va jusqu’à tenter de me faire peur en me parlant des voleurs, m’avertissant qu’ avec une porte aussi pourrie n’importe qui peut entrer mais je lui réponds que je m’en fous et il comprend aussitôt l’inanité de son argument quand il voit que mon garage ne contient que les pauvres choses trouvées dans les poubelles et qui n’intéresseraient pas même le clochard du coin. Quand je vous disais que la poubelle était une arme efficace contre le système !

C’est alors que ne sachant plus quoi dire, le camelot finit par me lâcher:  » Oui mais enfin! vous ne pouvez pas continuer à vivre avec ça, on dirait l’entrée d’une étable » Sur ce, j’entreprends de lui parler d’ un film que j’ai revu récemment : L’aujourd’hui de la technique avec ses constructions nickels, contre le jadis de la vie provinciale avec ses rues cahotiques et ses constructions bancales.

Mais le cinéma de Tati n’intéresse pas le type qui d’ailleurs ne m’écoute même pas , trop occupé à calculer sur son calepin l’ étalement d’un paiement à raison de 50 Euros par mois. Enfin bref, quand j’insiste à mon tour pour avoir un crédit de seulement 5 Euros le mois, le type qui n’est tout de même pas si abruti, devinant l’ironie sous-jacente, finit par comprendre qu’il perd son temps et l’argent qui va avec et c’est ainsi que je m’en débarrasse….

La visite du margoulin aura pourtant servi à quelque chose. Grâce à lui, je me suis rappelé du film de Tati, ce qui me donne une idée: je vais récupérer l’entrée de mon étable , j’attends juste que la nuit tombe pour l’ illuminer de la lampe merdique et j’ajoute le tout à ma composition.

Il me faut insister sur le petit format.
25X20 cm.
Contre une époque voulant toujours voir trop grand, le poète combat le démesuré par la dimension réduite,
évitant le papillonnement du regard vers la sortie hors de soi , invitant l’oeil à se ramasser vers la rentrée dans la vivante unité du soi

Ah oui je sais bien, la banque postale n’en voudrait pas comme illustration pour les formules de ses chéquiers ! Mais peu m’en chaut, n’ayant nulle envie que mon travail entretienne le moindre rapport avec l’univers financier. L’autre jour un quidam s’enquérant du prix de mes photos, j’ai répondu qu’elles n’étaient pas à vendre mais à donner. Si je gagne ma vie à traiter des dossiers difficiles et « techniques », c’est pour que la poésie retrouve pleinement le caractère d’une offrande, comme quoi, la technique anonyme pourrait fort bien dans certains cas nourrir le désir secret de servir le poétique. Mais le quidam en question n’étant pas convaincu, m’a tout simplement répondu que j’avais tort car si mes photos sont gratuites tout le monde aura le sentiment qu’elles ne valent rien. Tant mieux- ai-je conclu- mon ratage ne serait pas complet si je produisais quoique ce soit pouvant se prêter à une évaluation monétaire.

Et puis enfin, mon bricolage me permet quand même de voyager un peu sans dépenser un goutte de pétrole. En somme ma démarche pourrait se résumer ainsi: avoir les moyens techniques les plus pauvres afin d’atteindre aux résultats les plus riches, Saint Jean de la Croix aurait dit :

« Todo y nada ».

Pour le dire autrement: « Pour atteindre au maximum ne viser que le minimum. »

Certes, nous avions vu précédemment que ce pouvait aussi être l’idéal de la technique, un maximum de chiffre d’affaires fondé sur un minimum de dépenses, un maximum de ventes avec le moins de vendeurs possibles.
Faire toujours plus avec toujours moins, de notre point de vue traduirait plutôt l’idée que plus vous faîtes confiance à la machine, plus vous vous laissez emporter par elle, comme certains dans leur hélicoptère et moins vous êtes alors incité à faire appel aux seuls efforts redoublés de votre intuition et de votre créativité personnelle. Là serait la raison qui explique pourquoi un Georges Méliès avec son voyage dans la lune a réussi, au travers de moyens nous apparaissant de nos jours tout à fait dérisoires, une oeuvre d’une intensité poétique que n’atteignent pas les films de science fiction actuels (Star trek)

lesquels mobilisent pourtant les plus extraordinaires déploiements de technologie. (Avatar)

Nous avons sans doute ici une part d’explication de cette immonde laideur qui envahie la vie moderne, nous recherchons moins la qualité de l’effet plastique pour n’avoir que trop la force du moyen technique. La beauté requiert temps et patience alors que l’ efficience technique rend impatient parce que la célérité fonde sa raison d’être de sorte que la différence essentielle entre l’industrie et l’artisanat résiderait en ceci que l’une produit l’insipide parce qu’elle est puissante alors que l’autre crée la saveur parce qu’il est faible. La beauté c’ était aussi l’astuce qu’avaient trouvé nos ancêtres pour compenser la faiblesse de leur outillage, il n’y avait pas de pelles mécaniques,pas de grues, pas de bétons armé, pas de structures métalliques, aucune technique permettant de construire dans les temps les plus courts des verticalités de 400 à 500 mètres, alors, pour compenser, on peaufinait le vitrail, on ciselait le chapiteau, on fignolait la statue. La main ne pouvant trouver appui sur la puissance de l’ instrument mécanique, on travaillait à la rendre plus habile à manier des outils aussi simples que burin ou pinceau, on l’orientait vers l’esthétique, lle savoir-faire et la dextérité n’étaient pas de se plier aux exigences de la machine mais de dompter le corps pour le soumettre à l’inspiration de l’esprit.

. Qu’importe aujourd’hui que nous ayons la laideur pourvu que la technique nous procure le confort et quand un logiciel de retouche fait la majeure partie du travail et qu’il suffit de faire glisser votre souris et de cliquer au bon endroit pour venir poser le calque adéquat, l’esprit dans sa dimension sensible n’est plus beaucoup appelé à relever des défis, le technicien ayant déjà fait le plus important du travail. Qu’avons nous besoin de faire intervenir la fantaisie poétique lorsque la machine nous donne déjà un tel sentiment de puissance?

Nous avons déjà évoqué plusieurs fois cette constante suivant laquelle la force de l’esprit se manifesterait plutôt par la faiblesse des moyens.

 » ce que le monde tient pour rien, c’est ce que Dieu a choisi pour confondre les forts  »
(Corinthiens: I, 27)

C’est pourquoi cela ne me dérange nullement que la porte de mon garage ressemble à l’entrée d’une étable, le vrai Dieu est celui qui naît dans une étable. Que l’on me retorque qu’il ne s’agit que d’une fable, je réponds que l’irréalité du mythe me paraît de beaucoup préférable à la réalité d’une multinationale.

Si l’on doit reconnaître l’intelligence à la faculté de relier et notamment de relier les contraires, alors la puissance est tout sauf intelligence car c’est toujours un effet de la puissance que de supprimer l’altérité, la multinationale écrase le local érigeant une parodie d’universalité, tandis que le local voulant lui aussi affirmer sa puissance s’empare d’un fusil et tue tout ce qui bouge.

C’est encore à l’humble personne aux faibles moyens qu’incombe cette tâche d’ « inter-legere » consistant à unir les antinomies, universel et local, logos et vie, les maintenant soudés, loin du sol lunaire qu’amène l’idolâtrie du premier, à l’écart de la mer déferlante qu’amène le culte voué au second, cette tâche est confiée à une réalité si délicate et si tenue qu’elle en est invisible, le théologien la désignera du nom de 3ème hypostase tandis que le poète la représentera sous la forme du plus fragile animal.

90 Comments to “ELOGE du RATAGE (4)” »

  1. Erato says:

    Il me semble qu’une fois encore tout cela est en contradiction avec certaines positions tranchées que vous aviez exprimées il y a 1 an.

    http://falcophil.info/blog/sur-le-rire-et-sur-le-reste/

  2. Falcophil says:

    Lesdites positions n’étaient tranchées que par un souci de structuration dialectique

    Le présent billet se voulant une sorte de synthèse de nos discussions de l’année dernière.

  3. Erato says:

    Faire une synthèse un an après, en terme d’ efficacité , laisserait plutôt à désirer !

  4. Falcophil says:

    Alors ne me taxez pas d’incohérence, si je veux me donner du temps, je dois en ce cas accepter d’être taxé d’inefficacité.

  5. Erato says:

    Mais comment voulez vous que vos idées aient de l’impact si vous les exprimez avec aussi peu d’ efficacité ?

  6. Falcophil says:

    Qu’entendez vous d’abord par « efficacité » ?

  7. Erato says:

    En premier lieu, un raisonnement par lequel les idées s’enchaînent de façon claire, rapide et menant vers une conclusion , sans digression ni interruption du fil conducteur.

  8. Falcophil says:

    n’y aurait-il pas une inconséquence à déplorer le rationalisme rigide ainsi que la stricte mécanique dans laquelle on veut enfermer le réel si je devais systématiquement m’exprimer dans le cadre de cette même rigidité avec des propositions s’enchaînant comme les rouages et le déterminisme d’une machine bien huilée ?

  9. Thierry says:

    Le problème est que selon de fortes probabilités, tu te condamnes à n’être ni lu ni compris.

  10. Falcophil says:

    Pourtant toi, tu me lis et me comprends

  11. Thierry says:

    Mais je ne lis pas tout

    et ne comprends pas tout non plus !

  12. Falcophil says:

    Tu es trop pressé

  13. Thierry says:

    Désolé,

    trop de contenu

    trop de longueur

    je n’ai pas le temps…..

  14. Falcophil says:

    http://falcophil.info/ifotos/?dir=Triptyques&pic=+L-Assassinat+du+poete

  15. Joël says:

    En effet, toujours trop long

    manque de concision

    Tu nous fais perdre du temps

    Preuve de l’inefficacité de ta démarche….

  16. Falcophil says:

    évidemment, si tout doit se situer sur le plan de la rapidité de lecture, 300 pages de Platon deviennent en ce cas moins efficaces que 2 ou 3 mots sur un panneau publicitaire.

    Tu es bien de ton époque qui doit toujours sacrifier à l’impact immédiat, le sensible y sacrifie la logique, elle même toute de mépris pour la sensibilité, la politique y sacrifiant pour sa part l’éthique en ne voyant plus que le court terme.

  17. Joël says:

     » … 300 pages de Platon deviennent moins efficaces que 2 ou 3 mots sur un panneau publicitaire.  »

    Et alors? ne disais-tu pas que le grand artiste fait beaucoup avec peu de moyens ?

  18. Falcophil says:

    Donc, tu as tout de même lu mon billet ! Preuve que je ne suis pas aussi dépourvu d’efficacité !

    Pour le reste, la différence entre la pub et l’artiste est que la première crée peu de choses avec la richesse alors que le second crée la richesse avec peu de choses.

    Cela dit, la liturgie de l’efficacité présente elle même un résultat stupéfiant et plutôt génial puisqu’elle te permet de courir plus vite après t’avoir coupé une jambe.

  19. Joël says:

    A chacun sa liturgie au cours de laquelle il immole à son Dieu, si d’aucuns immoleront l’éthique au dieu Politique pour toi ce serait plutôt le politique au Dieu Esthétique.

    L’efficacité du discours c’est aussi de tirer l’idée vers la praxis. Le hic est que tu n’es pas crédible parce que tu restes confiné dans la pure contemplation du beau et du bon, démarche purement individuelle dont tu ne veux pas tirer la moindre conséquence politique parce qu’il ne s’agit tout compte fait que d’une attitude égotiste.

  20. Falcophil says:

    Dans le moindre de tes actes il y a déjà de la politique comme il y a déjà de la philosophie puisqu’il y a déjà une conséquence pratique tirée d’une certaine conception que tu te fais de la vie. La même chose pourrait se dire pour le simple geste d’une femme qui s’accroche des boucles d’oreille , elle veut embellir donc elle fait déjà de l’art. Politique, philosophie et art, c’est un peu comme la prose pour Monsieur Jourdain….

  21. Thierry says:

    Il y a tout de même une différence, c’est que les mots quotidiens de M. Jourdain étaient déjà pleinement de la prose tandis que ton geste quotidien n’est qu’un embryon de politique tout comme il n’est qu’un embryon d’art ou de philosophie.Ton geste ne deviendra pleinement politique que si tu l’insère dans le cadre d’une réalité plus vaste qui est un programme politique.
    Faire des photos en prenant l’exact contre-pied d’un photographe héliporté, trop célèbre et trop médiatisé, celà peut certes relever d’une certaine prise de conscience politique mais si cette prise de conscience ne s’insère pas elle-même dans la sphère institutionnelle et le processus démocratique d’une action politique, celà risque surtout de relever d’uncomportement excentrique.

  22. Falcophil says:

    Entendons -nous bien, j’ai du respect et même de l’admiration pour l’honnête homme qui croit en ses idées et veut les faire connaître dans le cadre d’une campagne électorale. Simplement, je suis très sceptique quant au résultat.
    pourquoi la politique doit -elle absolument être « institutionnelle » ?
    Pourquoi ne pourrait-elle pas tout autant, sinon mieux, se faire de manière « excentrique ». Ce mot est construit à partir de « Ex », deux lettres que l’on retrouve dans le mot :

    « EXIT »

    par lequel je ne sais plus quel auteur patristique définissait une autre manière de faire de la politique,

  23. Thierry says:

    Il y a comme un anachronisme, « Exit » est un terme employé par Hirschman, sociologue et penseur politique qui n’avait rien de particulièrement chrétien. J’aimerais savoir à quel auteur « patristique » du attribues ce terme!?!?

  24. Falcophil says:

    saint Athanase aurait fort bien pu l’employer à propos de saint Antoine.

  25. Thierry says:

    S’il s’agit de l’ermite se sauvant au désert pendant qu’autour de lui règne l’injustice,
    je ne sais pas si c’est là une véritable attitude politique, je verrais plutôt ça comme une démission inspirée par le mépris du monde qu’on laisse à ses turpitudes, renonçant à essayer de l’améliorer.., « EXIT » n’a donc ici rien à voir avec un acte politique, ce n’est que de la spiritualité désincarnée qui pousse à s’évader du réel vers un ailleurs mystique et illusoire.

  26. Falcophil says:

    Il faudrait approfondir mais l’aspect politique me semble plausible. Le mouvement des pères du désert coïncide avec le moment où le christianisme devient religion tolérée (Edit de Milan 313) et même quasi officielle par la conversion de l’empereur romain ( Constantin et saint Pacôme sont du IVème siècle) . certains ont dû pressentir que le christianisme allait perdre de sa pureté en se compromettant avec le pouvoir. Si quelques-uns ont préféré fuir, c’était pour maintenir l’authenticité du christianisme des origines en refusant les commodités conférées par l’officialisation.. Le monde qu’il fallait fuir n’était pas le monde de la réalité mais celui des honneurs et de leur vanité. « EXIT » est bien politique dès lors qu’il est inspiré par le désir d’expérimenter d’autres formes de vie loin de l’appui de la puissance politique et militaire.

  27. Thierry says:

    Mais c’était marginal aussi. C’est bien le problème de ceux dans ton genre qui se disent « chrétien des origines », vous êtes bien intentionné mais hélas vous ne dépassez jamais le stade étriqué du communautarisme et vous êtes incapables d’accéder à la vraie conscience politique parce que vous restez confinés à l’écart de la société
    dans le retrait et l’isolement de votre contre-culture.

  28. Falcophil says:

    Le retrait et l’isolement sont le lot de ceux auxquels on recommande l’anticonformisme:

     » Ne vous conformez pas à l’esprit du monde mais transformez vous par le renouvellement de l’esprit… »

    (Romains: 12.2)

  29. Thierry says:

    Dommage qu’un tel « anticonformisme » ne soit pas partagé par la grande majorité des cathos qui votent UMP ou Berlusconi !

  30. Falcophil says:

    Ne t’intéresse donc pas au poids de 100 kilos attaché à la patte d’une colombe, pense plutôt aux ciseaux, il ne pèsent même pas 1000 grammes mais ils permettent du moins de couper la ficelle reliant le poids à l’oiseau.. Que t’importe ce que pensent ou font les 80 ou 90% ! Pense plutôt aux 10 % qui restent….

  31. Thierry says:

    Sur les 10 % qui restent , au moins 9% votent Le Pen, désolé, je préfère penser à autre chose !…..

  32. Falcophil says:

    En ce cas, pense aux 1% restants.

  33. Françoise says:

    1% ????

    Plutôt pauvre !
    Franchement faible !!!!!!!!!!!!!

  34. Falcophil says:

    Nous nous interessons ici à la pauvreté et à la faiblesse comme défi lancé à la puissance et à la richesse.

  35. Erato says:

    Alors que peut la poésie contre la puissance ?

  36. Clash says:

    Il ne peut pas te répondre parce qu’il ne connaît pas grand chose de ce qu’est un vrai poète. Il se croit poète sous prétexte qu’ il fabrique ses minables petites photos de merde à partir de quelques babioles qu’il dispose sur une table et qu’il éclaire avec sa petite ampoule jetant sa pauvre lumière sur ses soirées douillettes dans son petit intérieur molletonné où il se prélasse à chatouiller ses petits plaisirs cérébraux d’intello oiseux. Il photographie en ne sortant pas de chez lui non par esprit de révolte mais tout simplement parce qu’il a la flemme de sortir de chez lui. Quitter sa maison est bien sûr trop fatiguant, çà dérange trop ses petites habitudes, une table de 40 cm qu’on retrouve chaque soir, c’est un univers plus rassurant que l’extérieur avec tous ses imprévus. La nuit est moins inquiétante quand on la vit sous la couette plutôt que dans une rue déserte.Vers quelle lumière peut-on marcher quand on se fabrique son propre petit éclairage ?
    On a peur de l’inconnu , alors on donne le change en le récréant avec artifice et confort. Le malheur de l’homme n’est pas de ne pas savoir quitter sa chambre, c’est plutôt d’alléguer qu’on ne veut pas la quitter pour mieux dissimuler qu’on est incapable d’en sortir. On ne le verra jamais monter dans un hélico pour aller photographier à l’autre bout du monde parce que c’est à peine s’il a la force d’attraper le matin son Rer pour se rendre à son boulot ! sa faiblesse , ce n’est pas l’option du fort qui préfère renoncer à sa force comme suprême expression de sa force, c’est tout simplement sa pente naturelle, il est faible non pour avoir fait un choix mais parce qu’il s’est laissé choir. S’il parle d’ EXIT, ce n’est pas pour vivre à côté du système , mais plutôt pour se justifier de vivre à côté de ses pompes. Il ne prend pas la fuite pour reconstruire quelque chose dans le désert mais seulement parce que le désert est plus simple et moins embrouillé que la complexité du monde. D’ailleurs, il n’a pas le moindre effort à faire pour partir au désert puisque sa vie est déjà un désert. La vraie poésie, celle du voyant, de celui qui se fait voyant par débordement dionysiaque, il n’a jamais su ce que c’était parce qu’il n’a jamais voulu le savoir, ayant trop peur de le savoir. La vraie poésie se fait quand on vit dangereusement et on ne peut pas vivre dangereusement quand on est fonctionnaire avec sécurité de l’emploi assurée. Tout au plus pourra t’on écrire des romans où on parlera des petits secrets des autres, des gens comme nous, aussi insignifiants, aussi stériles, aussi dérisoire que nous, d’ailleurs, mieux vaut avouer que l’on est voyeur plutôt que de prétendre se dire voyant. Comme on dit péché avoué….mais lui justement est impardonnable parce qu’il se prétend poète et que sa poésie, n ‘est qu’une mystification cachant le petit bonheur pépère du petit homme médiocre avec sa petite vie mesquine où on prend le minimum de risques, bien à l’abri dans sa chaumière pendant que la tempête hurle au dehors. C’est le paravent de son anticonformisme qui est placé devant sa peur de vivre. Il est donc évident qu’un tel « poète » ne peut absolument rien changer pour la bonne raison qu’une poésie qu’on fabrique avec les pieds dans ses charentaises a plus de rapport avec le gras du bide avachi devant sa télé qu’avec la vraie poésie.

  37. Thierry says:

    Bah merde alors

    On peut vraiment dire que t’en prends plein la gueule !!!!!!

  38. Erato says:

    Le pire est qu’il ne réagit pas !!!!

  39. Falcophil says:

    S’il dit VRAI,

    je dois l’écouter

    S’il dit FAUX

    je peux m’en moquer

  40. Thierry says:

    En ce cas,

    tu écoutes ?

    Ou tu t’en moques ?

  41. Falcophil says:

    Cela ne regarde que moi.

    Disons que certaines phrases comme:

    « La nuit est moins inquiétante quand on la vit sous la couette plutôt que dans une rue déserte.Vers quelle lumière peut-on marcher quand on se fabrique son propre petit éclairage ?  »

    tombent sans peine si je leur oppose certains aspect de mon travail….

  42. Clash says:

    vision découlant d’un état morbide symptomatique d’une existence déliquescente, d’un esprit anémié.
    Loin de faire tomber mes propos, ton image ne les confirment que trop…….

  43. Falcophil says:

    Ne serait-ce pas plutôt toi l’anémique, incapable de hisser les yeux au delà de la vision immédiate pour essayer de voir ce qu’il y a au bout de la route ?

  44. ICHTHUS says:

    Comme dit Clash, on pourrait tout de même se demander si un certain type d’écolo ne serait pas lui même affecté des tares minant le monde moderne à savoir, l’avachissement au sein du moindre effort, l’ entropie de la force vitale qui se manifesterait par cette incapacité de résister aux entraînements du corps lequel aspire plus à se vautrer qu’à lutter. La plupart utilisent le peu de capacité de combat qui leur reste afin de se procurer le fauteuil dans lequel ils pourront s’écrouler pour se laisser ensuite happer par l’hypnose de leur télé. D’autres, comme l’auteur du présent blog, ne feront pas même l’effort pour se procurer les techniques de bien être, de par la pente d’une paresse congénitale qu’ils s’ingénieront à camoufler en vertu.

  45. Falcophil says:

    Tenir un blog qui n’apporte que des détracteurs venant déverser leur continuels dénigrements, leur sempiternel mépris, leurs incessantes paroles aux intentions blessantes, ne jamais recevoir le moindre mot d’encouragement, s’efforcer toujours de répondre, point par point à toutes ces attaques, le tout depuis désormais près de 5 ans mais continuer malgré tout sans jamais renoncer ni se lasser, croyez vous réellement que cela puisse relever du manque de courage et d’énergie ?

  46. Thierry says:

    Il n’empêche que la remarque de Clash apporte une excellente objection à ce que tu soutenais dans ce billet

    http://falcophil.info/blog/polyedres/

    prétendre que la technique nous ferait éprouver de moins en moins de vraies sensations tactiles est assez discutable car c’est le contraire qui est justement démontré par cette quête hédoniste du confort caractérisant notre époque. Et cette aspiration à la chaleur ouatée du « sweet home », à la lumière émolliente et feutrée de la lampe de chevet, aux milles senteurs aromatisées des ablutions ainsi qu’au petit coin de terre où l’on jardine et pose ses plantes et d’une manière générale, les loisirs où l’on flâne et se bronze, ce sont toutes ces choses goûtées par les contemporains qui démontrent qu ‘en dépit du virtuel nous sommes plus que jamais dans une culture du tactile et de l’épaisseur charnelle.

  47. Mimosa says:

    Il est tout de même dommage que cette inspiration ne te soit pas venue à l’époque où le billet fut écrit, plutôt que de te réveiller 5 mois plus tard !

  48. Thierry says:

    L’inspiration c’est comme la grosse commission, ça ne se commande pas

  49. Falcophil says:

    Fort heureusement, il existe encore de ces choses que la technique ne peut maîtriser. Comme je l’ai dit d’ailleurs, cela ne me gêne absolument pas qu’un développement soit interrompu pour être poursuivi 5 mois plus tard.
    Pour répondre à ton objection, je me pose la question de savoir si une vie toujours plus confortable nous donne de vraies sensations. La sensation est d’autant plus vivement éprouvée qu’il y a conscience et la conscience est elle même d ‘autant plus aiguisée que nous rencontrons une résistance. Avons nous une conscience réellement vive quand notre corps se laisse glisser dans la chaleur émolliente » et « ouatée »? Le corps entrainerait plutôt ici la conscience à s ‘étioler dans la brute et lourde animalité. L’esprit de celui qui se vautre dans son fauteuil est comme enveloppé de brume tandis que celui qui sait résister aux sollicitations du corps a davantage conscience de son corps et de lui même. Qui est le plus conscient ? Celui qui abandonné sur son siège se gave de chips ou l’athlète qui douloureusement surmonte un obstacle ? On sait que la multiplication des plaisirs finit par nous rendre insensible à ces mêmes plaisirs alors que ceux-ci seront beaucoup plus intensément ressentis s’il sont moins souvent éprouvés. Le sensuel n’est donc pas celui qui multiplie les plaisirs car il ne fait là qu ‘affaiblir sa capacité d’éprouver le plaisir, le vrai sensuel est au contraire celui qui les espace, les rend moins fréquents afin précisément de les mieux apprécier. Le sensuel est en fait celui qui sait attendre. Notre époque en dépit de sa quête obsédée du plaisir serait en fait beaucoup moins sensuelle qu’ il y paraît dans la mesure où elle est impatiente et qu’elle tend toujours à vouloir tout le plus vite possible, tare profonde que le virtuel ne ferait que renforcer. Il en irait de même pour la parole. Celui qui sait apprécier la parole n’est pas celui qui parle beaucoup mais celui qui parle peu parce qu’ appréciant la magie des mots, il ne veut pas utiliser ceux-ci à tort et à travers. Ce n’est donc pas dans les facilités du confort que l’on sent le corps car c’est dans ces facilités que s’ amoindrie la faculté de sentir. C’est pourquoi la quête effrénée d’achat et de consommation pourrait provenir d’une certaine incapacité à jouir dont on chercherait remède par des drogues ayant vocation à exciter nos sens émoussés.

  50. Thierry says:

    Si j’ai bien compris, ce que tu tenterais ici de nous dire est que la meilleure manière de sentir son corps serait de souffrir ?!?!?!?!.
    En somme une espèce de remake de la vielle rengaine chrétienne de la rédemption par la douleur!
    Prétendre qu’on est conscient que par l’effort est d’ailleurs fort discutable. L’effort nous porterait plutôt vers un objet extérieur à nous même, que ce soit l’objet d’une réflexion ou l’objet d’une tension physique, il absorbe notre attention au point que nous ne pensons plus à nous même. Je doute que le footballeur qui tape dans son ballon soit tellement plus conscient que celui qui le regarde en restant avachi devant sa télé. La conscience authentique c’est avant tout le repos, l’absence de tension, le calme plat, ce sont là les conditions nécessaires pour retourner vers soi, ce qui ne peut se faire que dans la sérénité propre à l’intérieur « ouaté » que précisément tu sembles tant dénigrer pour lui préférer la pouilleuse désolation de l’intérieur délabré.

  51. Falcophil says:

    Il s’agissait essentiellement de souligner ce marché de dupe que nous propose toujours la technique en nous faisant croire que tel ou tel artifice nous donnera beaucoup plus de plaisirs physiques par le biais d’une sollicitation toujours plus exacerbée de nos sens. Une fois encore, je ne vois pas comment il peut y avoir plaisir profondément ressenti dès lors que la conscience est peu présente. Or la plupart des divertissements et plus particulièrement ceux proposés par la technique moderne, relèvent d’un engourdissement des facultés intellectuelles. Existe t-il une conscience intacte quand le vin te monte à la tête et que l’alcool répand des vapeurs dans ton cerveau ? L’art véritable de la sensualité, il nous faut le trouver par nos propres ressources et non par l’adjuvant de toute la gamme des distractions que nous propose le monde marchand. Considère par exemple le simple fait d’être capable de rester assis sans t’appuyer contre le dossier de ta chaise. Tu gardes aiguisée ta conscience au moyen d’une vigilance par laquelle tu refuses de t’abandonner à la paresse spontanée du corps, en même temps que tu éprouveras le plaisir de sentir ce même corps en l ’empêchant de glisser sur sa pente naturelle.

  52. Mimosa says:

    Mais cette maîtrise ascétique du corps ne serait-elle pas en contradiction avec cette nécessité de donner place à sa défaillance et que tu évoquais dans ton billet ?

  53. Falcophil says:

    Il n’y a pas de contradiction.

    Il y a d’un côté le cavalier qui ne pouvant maîtriser sa monture se laisse emporter par elle et, de l’autre, celui qui connaissant l’art équestre peut mener sa bête où il veut tout en sachant donner du mou à la bride afin de maintenir chez l’animal une certaine part de vigueur spontanée.

  54. Thierry says:

    Tu me conseillerais donc de refuser de me branler quand j’en ai envie ?

  55. Falcophil says:

    Commence d’abord par te tenir droit sur ta chaise, nous en viendrons ensuite à des exercices un peu plus difficiles.

  56. Thierry says:

    Désolé mais je n’ai pas beaucoup de prédilections pour l’austérité monacale. Ce qui pue dans l’écologie c’est décidément ce subsconscient chrétien de frugalité du cloître et de fuite au désert.

    Mais quelle tristesse et quelle désolation qu’une vie comme la tienne!
    Crois tu franchement que ça vaut la peine d’être vécu ?

    Et puis j’insiste encore sur la chose, il n’est pas vrai que notre monde ait perdu le sens du tactile sous prétexte que les écrans de télé ou d’ordinateur auraient envahi nos vies. Que fais tu en ce cas de la vogue de toutes ces pratiques comme la thalassothérapie, le yoga, les scéances de massage ? Se bronzer au soleil n’est ce pas également le plaisir de sentir la chaleur sur son corps ? En quoi le fait de naviguer sur la toile m’empêche t-il de naviguer sur la mer ? On peut parfaitement combiner les deux, articuler le surfage sur le web et le surfage sur les vagues et je crois que notre époque sait parfaitement concilier ls deux choses. Il est assez discutable de parler de dématérialisation et de « décorporeité » alors que nous n’avons jamais été autant obsédé par le corps !

  57. Falcophil says:

    « je n’ai pas beaucoup de prédilections pour l’austérité monacale »

    De récents succès cinématographiques et qui en ont surpris plus d’un

     »

    tendraient à démontrer que le public sent confusément qu’il peut y avoir dans la vie d’ autres dimensions que l’excitation futile à laquelle veut la réduire un système ne voyant pas autre chose en l’homme qu’un robot consommateur ou un numéro fiscal.

     » Ce qui pue dans l’écologie c’est décidément ce subsconscient chrétien de frugalité du cloître et de fuite au désert. »

    Ce que je reprocherais pour ma part aux écologistes seraient plutôt une approche strictement gestionnaire de la planète, appuyée certes sur le bon sens mais qui n’en est pas moins dépourvue de toute connotation mystique ainsi que de toute lumière de transcendance. Cela dit, il est en effet possible que l’écologie politique ait sans vouloir redécouvert un aspect de l’essence subsversive du christiannisme certes pas celui pratiqué par les « bien-pensants » et qu’ont fustigé avec raison et véhémence les meilleurs auteurs catholiques tels que Péguy, Léon Bloy ou Bernanos mais celui qui fait peur à l’univers de la petite bourgeoisie voltairienne à laquelle tu appartiens.

    « Mais quelle tristesse et quelle désolation qu’une vie comme la tienne!
    Crois tu franchement que ça vaut la peine d’être vécu ? »

    Tu es comme le nourrisson qui se met à pleurer dès qu’on lui enlève sa tétine ou comme le drogué qui hurle pour peu qu’on lui retire quelques onces de sa merde pour essayer de lui faire entrevoir le sevrage.

    « Il est assez discutable de parler de dématérialisation et de « décorporeité » alors que nous n’avons jamais été autant obsédé par le corps ! »

    Nous sommes obsédés par la corps parce que nous sommes obsédés par le virtuel, en ce sens les opposés se rejoignent. Rester des heures à surfer sur la toile relève d’un extrême auquel répondra cet autre extrême consistant à rester des heures à se bronzer au soleil, tout comme cet autre extrême de notre solitude face à l’écran entraînera l’ extrême inverse du collectif démentiel tels que les apéros géants ou d’autres débordements insensés de joie collective. . Notre époque est celle des déséqulibres parce que nous ne savons plus nous penser comme interpénétration de corps et d’esprit. Et d’ailleurs, l’obsession pour le corps d’une part, et la solitude face à l’écran virtuel d’autre part, ne seraient-elles pas toutes deux le revers et l’avers d’une même médaille qui se nomme « narcissicisme », autre manière de perdre contact avec le réel par une attention exagérée portée à son personnage ?

  58. Sylvette 83 says:

    c’est quant même fort de café de déplorer que le monde moderne soit couper de la vie tout en faisant l’apollogie du moine parasite qui ne sert à rien , qui est même pas bon pour la reproduction et qui est lui même complètement hors du réel….

  59. Falcophil says:

    Le « parasite » en question pourrait déjà t’apprendre à te taire chose que n’est sûrement pas en mesure de t’inculquer l’univers de tintamarre médiatique et de bavardages oiseux dont tu n’es que le pur produit.

  60. Thierry says:

    Sylvette n’en a pas moins raison même si elle exprime la chose de façon plutôt maladroite.

    Il te fallait intituler ton billet « Eloge de l’inutile ».

  61. Falcophil says:

    Sujet intéressant de billet en effet.

    La réflexion porterait sur cette idée que le sens de l’inutile nous rapprocherait de la terre alors que l’obession de l’utile par laquelle nous enveloppons tout dans le calcul, la spéculation, la tactique et l’intérêt tendrait à nous en éloigner du fait même de l’avilissement de l’esprit qui en est l’autre conséquence.

  62. Erato says:

    Je pense que vous voyez les choses de manière trop contrastée. Je serais plutôt d’accord avec Thierry, la sensualité est partout, dans les petits objets comme dans les gros. Considérez ce simple exemple: partout triomphe la forme courbe et arrondie, au niveau de ma voiture comme au niveau de la souris que je tiens sous mes doigts. Il me semble que cette propension de la rondeur à se répandre partout serait assez significatif d’un attrait de notre époque pour la dimension sensuelle, preuve donc que la présence du tactile serait toujours aussi forte.

  63. Thierry says:

    Exact, on remarque en effet que le design actuel cherchant à marier l’esthétique et l ‘approche ergonomique, retient davantage les formes courbes pour suggérer la douceur dans l’outil et l’instrument. Preuve que le plaisir de la sensation charnelle n’est pas nécessairement incompatible avec l’univers technique.

  64. Falcophil says:

    Un tel argument est révélateur du mirage de l’hédonisme technique.

    Sans doute que l’ esprit se laisse davantage glisser vers la sensualité en présence de la forme arrondie que de la forme aux angles saillants. Mais là encore on retrouve je pense cette même erreur consistant à croire que l ‘abandon à la sensualité serait un vrai contact avec le réel. Il ne peut y avoir contact vrai avec le réel quand les sens sont engourdis ou sollicités au delà du besoin parce que c’est alors que nos perceptions étant déréglées elles nous donnerons inévitablement une image déformée de l ‘extérieur. Ce qui serait bien le cas pour cette prédominance des formes courbes dont la conséquence fallacieuse est de rendre moins visible la caractère coupant, agressif, rebutant, apathique, insensible, dur et glacé du monde de la technique par une illusion de douceur et de bienveillance. On a évidemment tout intérêt à ce qu’hommes et femmes entretiennent des rapports chaleureux avec la technique parce qu’on a tout intérêt à ce qu’ils soient efficaces et performants. On ne songe pas ici à des êtres humains mais à des robots professionnels ou consommateurs. On a recours ainsi à la forme arrondie pour « suggérer » un univers d’objets qui inviteraient au contact charnel alors que ce sont ces mêmes objets qui nous privent de tout rapport authentique avec le réel. Où donc les contacts entre les êtres sont-ils les plus distants et les plus étrangers que lorsque chacun pose sa main sur une souris pour communiquer avec quelque alter égo d’ ectoplasme virtuel ou bien même encore que sur une route où chacun est enfermé dans le cocon arrondie de son tas de ferraille ? Insinuer la sensation du confort et de la chaleur caressante au moyen de la forme arrondie relève peut-être ou sans doute d’une stratégie de vente, mais comme toute stratégie, elle vise avant tout à nous induire en erreur. Et je me demande même si le processus de dématérialisation ne tendrait pas beaucoup plus vers la rondeur que vers la forme aux angles droits. Moins je m’ouvre sur l’extérieur, plus je me referme sur moi même et plus mon dos se courbe et plus la courbe de mon corps dessine la rondeur qui me porte vers une séparation d’avec le monde où l’altérité devient de plus en plus reléguée dans une inconsistance lointaine. La rotondité marche avec le solipsisme parce que le soliloque se sent plus à l’aise dans la bulle. La forme ovoïde au coeur de laquelle je me recroqueville sur moi même comme un foetus, serait peut être précisément l’image de l’idéal individualiste et narcissique du monde moderne

  65. Mimosa says:

    Moralité, Il faut se méfier de la rondeur comme il faut se méfier du rire.

  66. Falcophil says:

    Si le rire est relâchement alors le système a tout intérêt à ce qu’on rigole parce que tant qu’on rigole la conscience n’est plus assez en éveil pour autoriser la rigueur de l’esprit critique, de là vient sans doute ce développement sans précédent de l’industrie du loisir et du divertissement.

  67. sylvette83 says:

    pour l’esprit critique et la rigolade, prend toi ça dans ta gueule pauvre gros nase de cato

    http://www.rue89.com/sites/news/files/styles/asset_img_full/public/assets/image/2011/11/admn7raceaeszbt.jpg

  68. Falcophil says:

    Je ne parlais pas seulement d’esprit critique mais aussi de rigueur or je ne pense pas que celle-ci aille de pair avec les bites et le pipi-caca, thèmes graphiques très prisés par cette feuille de chou et faisant plutôt référence à la liquéfaction ainsi qu’ à ce relâchement certes propice à la contagion hilare mais peu favorable à la densité sereine pourtant plus apte à l’approche exhaustive et sensée du réel.

  69. Sylvette83 says:

    Le pipi-caca c’est plutot chez toi dans ta baraque pourri pour jacouille puant vu que tu sais même pas reconnaître une bouche d’aérration, sa doit surement pué les chiotes grave de grave dans ta vie de raz d’égout du moyen age..

  70. Falcophil says:

    Il y a le « raz » de marée qui est récemment venu jeter un certain doute sur les bienfaits du nucléaire.

    Il y a le modeste « rat » d’ égouts comme moi qui vous dérange parce qu’il vous titille dans votre misérable petit conformisme.

    Enfin , il y a le « ras » le bol des personnes dans ton genre et de leurs ineptes commentaires.

  71. Sylvette says:

     » Pauvre mec de la prèshistoire qui n’a qua resté dans sa grote pour laissé aux autres le palais de la modernitée »

  72. Clash says:

    Il n’aime pas la rondeur parce qu’il a justement peur de l’épaisseur charnelle d’où son refuge vers des types d’acétisme qui sont effectivement de véritables « contre-sens » Effectivement, je pense moi aussi que c’est plutôt notre époque qui est beaucoup plus équilibrée que ces temps d’autrefois; on ne voit pas que la culture virtuelle de la toile qui n’est somme toute qu’une affaire de commodité pratique et d’éfficacité technique ait pu effacer la consistance charnelle et la densité sensuelle de notre environnement quotidien !

  73. Falcophil says:

    C’est sans doute qu’ à force d’être toujours scotché sur ton micro , tu ne sais plus voir ce qu’il y a autour de toi. Si tu ne vois pas, eh bien fait l’effort de regarder! Où vois tu de la densité charnelle quand les télés, les ordinateurs, les téléphones tendent à se rapprocher toujours plus de l’épaisseur d’une feuille de papier à cigarettes? Prend le seul cas du mobile. Il y a peu encore, des actes aussi différents que téléphoner, écrire sur un agenda, prendre des photos, prendre des notes, filmer une scène, écrire une missive et la mettre à la poste, écouter la radio, écouter sa musique préférée, remonter son réveil, taper sur une calculette, consulter des annonces, tous ces actes donc qui naguère nécessitaient pour chacun le maniement d’un type particulier d’outils, entraînant différent types de sensations tactiles, peuvent maintenant être réalisés au travers d’un seul objet, un objet de surcroît très petit et très mince et qui n’exige qu ‘une légère pression du doigt pour donner le service demandé. Je me pose alors cette banale question de savoir si un tel appauvrissement de la diversité de nos sensations tactiles ne risque pas d’entraîner à la longue un affaiblissement voire une certaine atrophie de notre esprit. Question très banale, dis-je car elle a déjà fait l’objet d’investigations de la part de certains comme le pédiatre allemand Peter Winterstein lequel a pu observer que des enfants regardant moins la télé dessinaient les choses de manière plus complète et moins schématique et avec plus d’imagination créative que des enfants passant plus de temps face à l’écran comme le montre l’exemple qui suit :

    Ce qui pourrait se comprendre par ce fait d’évidence qu’être moins en contact avec l’écran force à se trouver plus en phase avec le réel , ce qui de la sorte alimentera beaucoup mieux les capacités perceptives et donc les forces de la fantaisie, gardant ainsi l’esprit beaucoup plus en éveil.

    Mais ce qui est vrai pour la télé risque alors de s’aggraver par la centralisation technique opérée par certains outils actuels car si l’esprit ne peut fonctionner que par le biais des informations captées par les sens, quand ces informations ne passent plus que par le filtrage d’un nombre toujours plus réduits de truchements sensitifs, la conséquence ne devrait-elle pas être que l’ intellect ne trouvera plus à l’extérieur de quoi entretenir une sève sensorielle suffisamment riche pour croître en puissance et en diversité ?

  74. Clash says:

    Que je bâille!
    Que je bâille !

    Et dire qu’au début tu parlais d ‘humour !

    C’est du coup là qu’y aurait de quoi rire !

  75. Falcophil says:

    Eh bien va rigoler ailleurs et emporte Sylvette par la même occasion, je ne retiens que les gens sérieux.

  76. Thierry says:

    Ton problème c’est justement que tu es trop sérieux

  77. Falcophil says:

    J’avais pourtant cru avoir démontré le contraire dans ce présent billet, c’est sans doute que tu restes prisonnier d’un monde où l’on cherche trop à rire , c’est ce qui te fait perdre le sens de la nuance.

  78. Thierry says:

    On en a déjà parlé mais il est bon de le rappeler et d’insister là dessus, il n’ ya de désacralisant que le rire, il demeure l’ arme la plus efficace contre cette absolutisation du profit qui chaque jour un peu plus nous mène à la catastrophe.

  79. Falcophil says:

    S’il n’y a de désacralisant que le rire, c’est que tu considères en ce cas que seul le rire est sacré puisque rien à priori ne saurait lui résister. Tu retombes ainsi dans le même travers par lequel on absolutise le profit et qui consiste précisément à considérer comme sacré ce qui est naturel. Notre époque perd la boussole parce qu elle est constituée de néo-paiens qui se font des idoles de réalités relatives et contingentes, ne donnant pas au profane la juste place qui lui revient pour n’avoir plus vraiment l’intuition de ce qu’ est le sacré authentique.

  80. Mimosa says:

    Le tout étant de savoir ce que l’on entend ici par « sacré authentique ».

  81. Falcophil says:

    Il me semblait pourtant m’en être expliqué à la fin de ce billet déjà cité :

    http://falcophil.info/blog/polyedres/

  82. Mimosa says:

    Le tout étant de savoir si l’on peut expliquer ça par des mots……

  83. Falcophil says:

    En ce cas, je laisse tomber le mot pour l’image

  84. Clash says:

    Traiter du sacré n’a en soi rien de contestatble à condition d’être capable de renouveler le genre et de ne pas tomber dans l ‘artifice contrairement à cette image qui précède, toute dégoulinante du plus écoeurant sirop kitsch. c’est tout juste bon à servir de carte de voeux pour quelques vieilles tantes de province à l’esprit philistin. T’as beaucoup baissé mon pauvre, tu t’enfonces carément aux égouts prudhommesque. Un conseil, va te ressourcer en reprenant contact avec l ‘art vivant, le seul par lequel on puisse reconsidérer la question du « sacré authentique ».

  85. Falcophil says:

    A chacun sa conception du sacré, inutile par ailleurs de revenir sur des questions déjà suffisamment débattues sur ce forum. Je dirai simplement que je trouve pour le moins étrange de considérer comme « vivant » ce qui n’est rien d’autre qu’un cadavre d’animal immergé dans un grand bocal de formol….

  86. Mimosa says:

    Ce qu’il y aurait d’encore plus étrange serait que ce genre de travail soit défendu par celui là même qui un peu plus haut exprimait l’importance de la  » consistance charnelle et la densité sensuelle de notre environnement quotidien « ….

  87. Sylvette83 says:

    Je connaissai déjà le cou des bestioles dans le formol. Je dois dire que j’aime asser, c ‘est neuf et en effets , rien a voire avec ce qu’il fait lui avec ses trucs pour boite à chocolas pour pauvres gros nases de bourges . En plus il se permets de critiqué les trucs des autres!« Face à Yann Arthus Bertran, tes photos c’est de la merde. Lui du moin il mets son talens et son originalitée(au service de la planète et nous interpele sur les dangers qui la menace. s’est la preuve qu’on peux conjurer le talent et l’efficience technique.Regardez ce que Fais Spielberg, un des meilleurs cinéastre actuels.Et lui y prétens faire le pois contre Jurassik Park avec ses petits machins du dimanche. A mourrir de rire…..

  88. Falcophil says:

    Je tente à ma façon de rendre une certaine intuition de l’infini mais comme ta stupidité y parvient déjà amplement et de manière plutôt inégalable, je reconnais que cela rend mon travail assez superflu……..

  89. Pedigree Coupons says:

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  90. Willetta Elcock says:

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