( février 3, 2010 )

SURNATUREL

Ce billet vient un peu tard puisqu’il prend prétexte d’une exposition organisée par la pinacothèque de Paris,

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se terminant le 7 février prochain. Mais je tenais d’abord à réagir contre une remarque imbécile de la fois dernière qualifiant une telle peinture de

« victoire d’un réalisme séculier et d’un naturalisme positiviste et sordide où il est souvent malaisé de déceler le “surnaturel” mais bien plutôt la préfiguration de cette complète parodie de l’humain caractérisant notre époque »

en exposant ce paradoxe déjà souligné

http://falcophil.info/blog/photos-de-vacance/

et suivant lequel, le réalisme le plus poussé n’est que la forme la plus subtile de surnaturel.

En premier lieu, l’age d’or hollandais, c’est plus que de la peinture, c’est plus que de l’art, c’est une leçon spirituelle, on n’y relate pas de grands exploits mais les choses graves sont traitées avec légèreté

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(Van des Schoor)

et les choses légères avec gravité

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(Pierre Gerritz Van Roestraten)

Le rigorisme iconoclaste du calvinisme empêchait ces artistes de réprésenter des scènes religieuses mais qu’importe, ils n’avaient besoin ni des dieux grecs ni du panthéon chrétien pour évoquer le divin, la tendresse de la mère coiffant sa fille devenait alors plus belle et plus vraie qu’une madonne et son artificiel bambino,

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(Gérard Terboch)

le velouté d’un tissu beaucoup plus transcendant qu’une icône ou qu’un christ.

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(Gabriel Metsu)

Ces peintres n’ enseignent que l’amour de la vie, l’amour des joies simples, celles de l’intérieur familial,

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(Pieter de Hooch)

comme celle de la drague et de l’étreinte imminente

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(Frans Van Mieris)

La vie en ce temps là n’était certes pas facile, pas de frigo, pas de lave vaisselle


(Jan Steen)

ni de radio, de télé ou d’Internet mais s’en portait-on plus mal ? A la vie urbaine de l’époque, peut être tout aussi trépidente que la notre, parce que vie du négoce et des affaires, on avait du moins su trouver le contrepoint de la vie calme et reposante du foyer. Aujourd’hui que les excitations de la technique pénètrent jusqu’au coeur de nos logis, il est permis de se demander si nous serions encore capables d ‘un tel art du silence et de la lenteur.


(Pieter de Hooch)

Nous autres, avortons impregnés de cinéma et de vidéos, drogués d’images en mouvement ou, pour le dire autrement, d’images incapables d’atteindre à leur propre plénitude, que pouvons nous comprendre à cette supériorité de l’immobile qui n’est que la pleine révélation donnée par la mort, aboutissement dont la leçon parle de la contingence de l’action pour mieux évoquer l’implicitement nécessaire du statique ? Rappelons au passage que les hollandais furent les véritables inventeurs de la nature « morte » genre qu’ils qualifiaient quant à eux de « stil leven », nature « immobile ».

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(Pieter Claesz)

Mais la « pensée unique  » du monde moderne porte également sur le conformisme du bruit et contre cet univers qui s’évertue à tout vider par cette obsession de tout étaler par le bruit, depuis les tapages des médias jusqu’aux vrombissements des moteurs en passant par les vents malséants lâchés dans les portables, pas de meilleurs remèdes que les maîtres hollandais dont le réalisme simple et sans prétention nous porte mystérieusement vers le retrait dans les recoins obscurs de la demeure, coeur du monde parce que berceau de l’être et parce que berceau de l’être, foyer de la surnature.

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(Pieter de Hooch)

J’en arrive alors à l’essentiel de mon propos. Il s’agit ici de « surnaturel «  » parce qu’il s’agit d’être de plein pied dans le réel. Ces merveilles nous font mieux saisir cette approche superficielle, développée précédemment par Ichthus, selon qui la sensibilité moderne ne mènerait qu’à des créations de dérision et que rien de grand ne pourrait se faire dans un contexte de valeurs mercantiles. Faux. Rien en effet de plus commercial que la société hollandaise de l’époque. La prospérité d’une nation, enrichie par le négoce maritime, put apporter cette nécessaire tranquillité de vie permettant de déceler le sublime dans les choses les plus quelconques.

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(Pieter de Hooch)

Il faut insister sur l ‘étonnante sagesse dont ce peuple sut alors faire preuve, combatif par ses luttes continuelles contre les impérialistes espagnols mais aussi contre les éléments hostiles,

Polders

couvrant la surface du globe de ses comptoirs et navires, en même temps que méditatif, tournant la nature immobile en leçon de philosophie par l’invention de la « vanité ».

Le miracle hollandais fut d’atteindre un rare équilibre, forcemment précaire, comme tout équilibre, entre diastole et systole, l’éternelle loi de l’être étant de mourir en se donnant et de renaître en reprenant le don pour nous inviter au secret de l’intime et du voilé.

Désormais, le sacré n ‘est plus dans le temple ou dans le tabernacle car , comme l’enseigne la morale protestante, c’est l ‘activité la plus banale et donc la plus cachée, celle du cordonnier comme celle du tailleur qui devient sacrement

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(Van Breckelenkam)

C’est alors que l’on pressentira le véritable « surnaturel ». Non dans les divagations de l’imaginaire mais dans une discretion laissant chuchotter la surnature par mouvement de reflux, repli vers du caché, vers de l’en-deçà recouvert de naturalisme, vers de l’enfermement par sourde aspiration à l’infini

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Si telle Madonne de Raphaêl doit être tenue pour moins sacrée que l’image de la mère épouillant son enfant, c’est que le sacré se dévoile dans le premier cas, alors que dans le second, il se cache pour mieux se donner.

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(Nicolas Maes)

Lever un petit pan de rideau tel est l’acte liturgique par excellence, l ‘ ostentatoire étant l’ennemi de la vraie transcendance, le plus dont nous aurons l’intuition doit venir par le biais du moins que nous devrons montrer.
Dès lors, restons distant de la sainteté qui s’étale car elle rejoint beaucoup plus le théâtral et son décors que le silencieux et retiré secret du sacré.

Sacré, saint, secret, trois mots pour désigner une même idée, celle de caché, la poésie comme la science ne veulent que du caché, par la complexité de la formule , pour la science, par l’humilité de la forme, pour la poésie.

Il n’y a d’incroyable que dans la proportion inverse où s’étale ce qui est croyable, le réalisme le plus réussi étant celui qui nous permet de capter le plus de mystère. Le réalisme est le plus achevé là où il nous invite à comprendre l’inachèvement du réel par renvoi à son invisible et indissociable complémentarité d’irréel.

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(Pieter de Hooch)

Contrairement à ce qui fut dit, Apollon n’est pas le dieu du paraître mais le gardien qui scelle car c’est bien Dionysos qui dévoile, c’est lui le sans-gêne, de par ses contorsions impudiques et ses étalages lubriques ,
c’est son rythme effréné que récupère tout un système qui veut nous asservir à ses vapeurs telluriques et capiteuses.

Nul besoin donc d’un prêtre pour célébrer le divin, l’homme et sa foi suffisent, chaque recoin de l’intérieur le plus humble nous donne assez de sentiment sacré pour comprendre que rien n’est plus divin que l’endroit le plus sombre, le plus reculé, le plus dédaigné parce que c’est là qu’opère le processus de l’esprit. La graine ne germe que sous terre, mise en pleine lumière, elle se déssèche et elle meurt.

. De Vermeer peignant sa laitière à Kurt Schwitters collant ses tickets de métro, si le génie a toujours relevé de la capacité de s’étonner ou de s’extasier devant les choses les plus banales, pomme de Newton ou pomme de Cézanne, c’est que l’animal se retire là où s’évanouit ce qui apparaît et que l’homme commence quand se révèle ce qui se retire.

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(Johannes Van Ouddenrog)

Méfions nous donc de ceux qui veulent détruire le réel, tant par reproduction pure et simple que par l’imagination la plus poussée ou que par l’abstraction la plus radicale, les uns ne donnent que parodie de réel, en ce sens Ichthus a raison, parce que réel tronqué, inabouti, avorté, en tant que privé de sa moitié qui est le surnaturel,

d’autres confondant ce surnaturel avec le dérèglement des sens et des associations de l’esprit qui n’est qu’un dérèglement de la vraie pensée et donc dérèglement de la vraie poésie, d’autres encore n’étant qu’une variante d’iconoclasme contre lesquels bataillaient déjà certains théologiens rappelant que notre nature corporelle ne peut contourner le truchement du corporel pour rejoindre la surnature, l’incarnation devenant alors la voie royale par laquelle le divin peut compléter pleinement la semence déjà déposée par lui dans le tréfonds de l’ordre naturel.

67 Comments to “SURNATUREL” »

  1. Erato says:

    Je suis en tout cas, fort heureuse, Philippe, de vous savoir de retour !

  2. Zardoz says:

    Ce n’est pas lui qui a écrit ce billet, c’est Moi !

  3. Erato says:

    Ah?

    j’avais pourtant cru reconnaître son style, ainsi que sa façon de raisonner un peu bizarre.

    Et puis « Madonne » avec deux « n », qui donc aurait pu commettre un tel italianisme, si ce n’est un italien ?

  4. Zardoz says:

    Je suis italien, moi aussi

  5. Thierry says:

    Je croyais que tu étais juif

    http://falcophil.info/blog/extinction-des-feux/#comment-2322

  6. Zardoz says:

    Je suis un juif italien comme Primo Levi, où est le problème ?

  7. Cristina says:

    le problème serait dans ce passage

    « l’incarnation devenant alors la voie royale par laquelle le divin peut compléter pleinement la semence déjà déposée par lui dans le tréfonds de l’ordre naturel. »

    La métaphore me paraît d’inspiration trop chrétienne pour qu’un juif ait pu la forger…

  8. Zardoz says:

    Je suis un juif converti au calvinisme

  9. Cristina says:

    Je ne pense pas non plus qu’un vrai calviniste aurait pu écrire ce texte. Vous qui parliez pourtant de cette modestie que le calvinisme avait pu inspirer à ce type de peinture, vous avez fini, mon cher Philippe, par vous trahir pour avoir introduit des ratiocinations de jésuite à propos d’œuvres qui ne demandent que le seul regard de celui qui se contente du simple miracle d’être en vie. Vous, il vous faut plus, il vous faut la continuelle tension vers l’absolu, autrement dit de l’impossible. En ce sens , la remarque d’Ichthus, imbécile, ça je vous l’accorde, sonnerait beaucoup mieux catho intégriste que votre simulacre ne sonne protestant. Le texte avait pourtant très bien commencé en évoquant la vraie transcendance, celle consistant justement à ne pas s’occuper de transcendance pour ne s’en tenir qu’au simple plaisir de ce qui existe, la tendresse de la mère, l’innocence de l’enfant voire le plaisir de « la drague et de l’étreinte imminente », mais ça vous démangeait, c’était plus fort que vous, il fallait tôt ou tard vous embourber de nouveau dans le marais catho-sorbonagre des prises de tête absconses de l’ ontologiste et du théologien qui tonsure Aristote.

    Dommage.

  10. Thierry says:

    par ailleurs, nous inviter à visiter une expo qui s’est ouverte, il y a 4 mois et qui doit se terminer dans 3 jours, il n’y avait que l’ami Falcone pour faire preuve d’une idée aussi saugrenue.

    Ramenons un peu de bon sens. Au moment où se termine l’expo sur l’art hollandais , s’en est ouverte une autre, hier au musée Maillol, sur le thème de la vanité.

    http://culture.france2.fr/art-et-expositions/expos/Vanit%C3%A9s,-vie-et-mort-au-mus%C3%A9e-Maillol-60753328.html

    Caravage

    Sachant qu’en effet les « vanités » furent surtout une invention de la peinture hollandaise, cela nous permet une bonne transition. Plus que trois jours pour voir les peintures hollandaises mais 4 mois encore pour voir les vanités du musée « Maillol ».

    Miradori

  11. Zardoz says:

    Mais je ne vois pas pourquoi vous devez mettre en doute la sincérité de mon calvinisme sous prétexte que je parle de « surnature ». Pas de meilleure approche du mystère que le non-mystère, se contenter d’être là, c’est déjà être au-delà, voilà en substance ce que j’ai dit, le surnaturel est ici et pas au-delà, nous avons à être humble ici, sachant que la surnature nous échappe, elle n’est que perdition parce que nous la désirons mais elle devient gratuité d’un don infini quand nous la trouvons sans la chercher, n’est-ce pas là qu’est toute l’essence du protestantisme ? Quant à cette exposition sur les vanités, c’est encore mon calvinisme qui la refuse. Elle n’est d’ailleurs que trop significative des excès de notre monde déséquilibré, soit nous cachons la mort soit nous la tournons en spectacle, car mettre partout des têtes de mort, c’est faire du spectacle, de la danse macabre médiévale au clinquant morbide du baroque, c’est toujours du spectacle dans la tradition du mauvais goût catholique. Damien Hirst, présent paraît-il à cette expo, revendique son catholicisme, je veux bien le croire, s’il n’a pas le talent des grands génies catholiques, il en a du moins tout le tape à l’oeil exaspérant

    Hirst

    Mais la tête de mort est un support graphique un peu trop éculé, une idée rebattue entravant les vrais efforts de l’imaginaire et il y a des façons plus fines de traiter le thème de la vanité

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    en épousant le livre de Qohelet dans toutes les nuances d’une subtilité qui échappe aux sensibilités basiques et grossières d’aujourd’hui. L’approche de la mort par le calviniste demeure dans sa ligne de conduite sous l’égide du pudique. Quand on parle beaucoup d’une chose, c’est que l’on ne sait pas la penser, on parle beaucoup de sexe par incapacité de penser le sexe, on parlera beaucoup de la mort par incapacité de penser la mort. La mort, le calviniste n’en parle pas, il la cache, non pour l’oublier mais pour la vivre consciemment afin que l’humilité soit portée à sa quintescence.

    « Si le grain de blé qui est tombé en terre ne meurt, il reste seul ; mais, s’il meurt, il porte beaucoup de fruit ».
    (Jean 12, 24-25 )

  12. Cristina says:

    Cher Philippe, vous tentez, certes intelligemment, de sauver la vraissemblance de votre juif « calviniste » mais un je-ne-sais-quoi le rend pourtant toujours un peu moins vraissemblable. Peut-être avez vous commis la maladresse d’appuyer vos propos par l’une de vos images qui reflètent votre goût pour un mysticisme que rejette justement le protestantisme. Il me semble qu’un protestant abordant le thème de la vanité le ferait de manière certes « pudique » et qu’en effet, une réserve toute protestante doit répugner à la mort spectacle mais il le ferait tout autant sur un certain mode « séculier » et en ce sens, peut-être beaucoup plus parlant. Je retrouve par exemple dans mes archives, cette image d’Adrian Brouwer

    Brouwer

    A première vue , cela représente un homme qui fume la pipe mais le tableau nous dit bien autre chose, il nous parle de la vie qui s’en va comme un fumée et en fligrane, il nous apparaît que ce qui nous est dit pourrait à peu près se résumer à ceci:

     » ne perd donc pas ta vie en spéculations inutiles, rêves impossibles et chateaux de vapeurs!  »

  13. Erato says:

    Je serais foncièrement d’accord avec vous mais certaines questions nous interpellent tout de même, il est dans la nature humaine de se les poser et on ne peut les esquiver sans du même coup renoncer à son humanité, je note par exemple cette phrase :

    « …on parlera beaucoup de la mort par incapacité de penser la mort »

    La mort est certes l’horizon de nos vies mais c’est un horizon invisible. Ce que l’on voit n’est jamais la mort mais une espèce de haute muraille qui nous la cache. Car en quoi la mort peut-elle être « pensable » ? Comment la pensée pourrait-elle coller à la mort ?

  14. Sophie says:

    Il faut mettre cela en rapport avec une phrase du billet: « l’animal se retire là où s’évanouit ce qui apparaît et que l’homme commence quand se révèle ce qui se retire. » L’homme commence avec la mort parce que l’homme commence avec la pensée. La mort vient toujours avec la pensée de sorte que penser la mort, c ‘ est tenter une conjonction de la pensée et de la mort et si la pensée peut coller à la mort, c’est qu’elle n’est rien d’autre que de la mort en marche. Nous refusons de mourir parce que nous ne pensons pas mais répétons comme des disques rayés. Ce qui d’ailleurs expliquerait cet autre fait que la plupart ne comprennent pas grand chose à la poésie. Le vrai poète est un homme qui n’en finit jamais de mourir mais on ne veut pas de poésie, on veut du joli, de l’agréable, de la carte postale. On se repaît d’images de couchers de soleil un peu de la même manière qu’on aime à se casser les oreilles par des bruits de batteries et de percussions qui ne sont là que pour nous faire oublier l’absence de cette vraie mélodie, sans laquelle aucune authentique beauté musicale n’est possible, celle qui chante la beauté du véritable crépuscule.

    « Sacré, saint, secret, trois mots pour désigner une même idée, celle de caché » nous dit le billet, ce que je complèterai par la trinité suivante

    pensée, poésie et mort trois hypostase d’une même énigme, celle de la vie qui se retire vers son secret, au delà de cette muraille dont tu parles , vers cet horizon de totalité invisible sans lequel pourtant aucun jugement de connaissance ne serait possible.

  15. Clash says:

    Quelles prises de tête d’intello pour des peintres qui comme le dit le billet n’ enseignent que l’amour de la vie, l’amour des joies simples ! Moi aussi j’ai un truc dans mes archives , Un tableau de Jean Steen, la franche camaraderie dans les tavernes où l’on rigole et picole

    img075.

    chose qui doit sûrement paraître incompréhensible à certaines personnes de ce forum!

  16. Cristina says:

    J’ai retrouvé cette autre image

    Cristuyt

    on ne peut, en effet s’empêcher de penser à ces paroles du Qohelet

     » Jouis de la vie avec la femme que tu aimes, pendant tous les jours de ta vie de vanité … »

  17. ICHTHUS says:

    Puisque nous devons faire assaut d’images, moi, je vous proposerai ce tableau-ci

    Visite

    La « visite du médecin », par Gabriel Metsu

    J’attire l’attention sur le contenu du flacon examiné par le médicastre.

    De la pisse! l’homme examine de la pisse ! Avez vous bien saisi ? De la pisse!
    C’est probablement la première fois dans l’histoitre qu’un artiste représente un homme en train d’examiner de la pisse ! Vous vous évertuez à me contredire, à prétendre que je ne profère que des billevesées alors que ce modeste exemple suffirait à lui seul pour confirmer ma thèse dont j’ai donné un vague arpeçu à l’occasion des précédentes discussions. L ‘histoire n’est que le lent processus de notre déchéance, la lente, mais sûre involution vers la parodie de l’humain qui n’est que l ‘infra humain de la modernité. L’essor des pays bas qui comme l’a rappelé l’ article n’est que l’essor de la bourgeoisie mercantile ne pouvait qu ‘accélérer ce processus de dégradation et je maintiens que cette peinture de genre vantée par Zardoz, n’est, à l’exception de quelques poètes comme Vermeer, qu’ une mascarade de l’humain, sa pitoyable parodie dont il était tout à fait dans la logique des choses qu’ elle fût inspirée par cette parodie d’Eglise qu’ apporta le protestantisme.

  18. Cristina says:

    Philippe m’a confié qui tu étais

    Un ancien militaire. Capitaine dans une garnison où tu t’ennuyais. Tu n’étais même pas le Drogo du « désert des tartares ». L’endroit où tu te trouvais n’avait rien de féérique. Une morne caserne perdue dans une morne cambrousse. A quelques centaines de mètres se trouvait un porcherie. Un jour que tu te promenais le long d’une route où ne passait jamais personne, un cochon qui s’était échappé te renversa et tu te brisas une jambe, à la suite de quoi tu fus renvoyé de l’armée.

    Je conçois qu’ une carrière aussi misérable ait pu créer tant d’amertume au point de te rendre aussi stupide.

  19. ICHTHUS says:

    J’ignorais que Falcone t’avait fait ces confidences, il me déçoit énormément, je le croyais plus discret; il aurait tout de même pu te préciser que ce cochon, je l’ai abattu avec mon PA !

  20. Cristina says:

    Tu auras quand même réussi à tuer quelque chose, tu ne fus donc pas tout à fait un militaire raté !

  21. Clash says:

    « Militaire raté » Quel pléonasme !!!!

  22. ICHTHUS says:

    De la pisse Monsieur clache! De la pisse!

    Visite

    Il s’agit d’un tableau qui représente un homme examinant de la pisse!

    Ce n’est plus le prêtre accompagné de liquide sacré comme l’eau du baptême ou le vin de messe mais un medecin examinant du liquide urinaire. Ce médecin c’est vous Monsieur Clache avec cette différence que le médecin conservait encore quelques bribes de savoir alors qu’avec vous on bascule définitivement dans l’ignorance.
    Une fois encore, confirmation de ma thèse: chaque avancée dans l’histoire n’est qu’une étape supplémentaire dans la déchéance.

  23. Clash says:

    « Clache » rime certes beaucoup mieux avec la « tache » que tu es mais mon nom s’écrit quand même « Clash »

    Apprend d’abord à écrire correctement les pseudos de ceux auxquels tu t’adresses avant de les traiter d’ignorant, espèce de rat puant de confessionnal et de grosse mouche à soutane

  24. ICHTHUS says:

    C’est à dessein que j’ai francisé votre pseudonyme. Il suffit d’ailleurs de rappeler à quoi il renvoie

    http://falcophil.info/blog/le-createur-et-sa-main-vide/#comment-138

    pour avoir une juste idée de notre degré de décomposition.
    Pas étonnant d’ailleurs que vous ayez choisi un mot anglais pour vous désigner, vous savez ce que l’on a dit de l’anglais, « le latin des ignorants ». Jadis le latin était la langue universelle des théologiens et de la liturgie, langue sacrée permettant d’approcher le sacré. Aujourd’hui, nous avons l’anglais, langue universelle des margoulins et des multinationales, langue de dégénéré permettant l’organisation de la mondialisation financière.

    De la pisse !

    De l’anglais !

    Du Clash !

    Et du Crash !

  25. THITRA says:

    mais en quoi le fait de montrer un homme regardant de la pisse à des fins scientifiques peut-il constituer une  » parodie  » de l’humain! Ce tableau représentre un médecin,

    Visite

    donc un savant qui tente de déceler dans les urines d’une personne qui se sent mal, l’ éventuelle maladie qui pourrait l’affecter. Cette oeuvre nous rappelle que la Hollande du XVIIème siècle, c’est aussi la société qui voit naître un formidable essort scientifique, la Médecine, l’astronomie, l ‘optique, la cartographie y connaissent alors de formidables progrès, le physicien Huygens découvre les anneaux de Saturne tandis que van Leeuwenbock invente le microscope. Renoncer à bâtir des chateaux dans les nuages mène au positivisme et donc à une approche plus sensée des phénomènes terrestres, ce qui n’exclue pas la poésie, c’est ce que tentait de démontrer ce billet de Zardoz ( alias Falcophil ?). Ce tableau du médecin observant un flacon d’urine, je le tiendrais tout au contraire pour un hommage à l’ intelligence scientifique et d’ailleurs à cet égard, plutôt que de s’interroger sur la peinture hollandaise pour se demander en quoi le naturel renvoie au surnaturel; je trouverais plus pertinent de s’interroger sur la manière dont la science pourrait contribuer à nous redonner le sens du sacré.

  26. Sophie says:

    N’est ce pas ce qui est tenté ici ?

    http://www.philippe-falcone.odexpo.com/galerie_d.asp?galerie=8440&ng=SIDERAL

  27. Thierry says:

    Les images sont certes belles et leur poésie indéniable mais quant à leur côté scientifique…faire un travail d’imagination infographique à partir de clichés de la NASA ne démontre pas en quoi la science ouvre sur l’au delà, ni en quoi le « croyable » débouche sur de l’incroyable, l’empirique et le spirituel demeurent séparés par une cloisons étanche. La science ne mène pas plus à Dieu qu’elle ne prouve le néant.

  28. Sophie says:

    Dieu et le néant ne sont qu’une seule et même réalité

  29. Thierry says:

    A savoir ?

  30. Sophie says:

    l’indicible

  31. Erato says:

    Si l’indicible est égal au néant, qu’ai je donc à faire de l’indicible ? Il ne saurait m’interesser parce que le néant ne peut rien m’apporter

  32. Sophie says:

    Compare ces deux images

    Sans titre-2

    laquelle te semble la plus imprégnée de poésie ?

  33. Erato says:

    un je ne sais quoi dans la composition et le traitement de la couleur me ferait dire que c’est la première

  34. Sophie says:

    un « je ne sais quoi ». Veux tu dire par là quelque chose d’indicible ?

  35. Sophie says:

    Tu ne réponds pas

    C’est donc qu’il s’agit bien d’indicible
    Etant admis que l’indicible renvoie au néant, comment peux tu dire en ce cas que le néant n’apporte rien étant donné que c’est grâce à lui que tu peux déceler la plus ou moins forte présence du poétique ? Pourrions nous sans le néant avoir l’intuition de ce qui sépare le poétique du prosaïque ?

  36. Thierry says:

    Mais en quoi ce qui est indicible est-il surnaturel ? La réalité du monde quantique est indicible, elle n’est pas pour autant surnaturelle …

  37. Sophie says:

    D’après le peu que je crois en avoir compris, la mécanique quantique n’a rien d’absolument indicible. Elle « dit », au contraire, mais elle dit avec approximation et calcul de probabilités. Il y a une différence entre l’indicible provenant d’une impossibilité physique, ce que je ne peux décrire parce que je ne le vois pas et l’indicible résultant d’une impossibilité conceptuelle, ce que je vois mais que je ne peux décrire.

  38. Thierry says:

    Cela prouve simplement que nous avons des limites aussi bien physiques qu’intellectuelles. En quoi l’existence de nos limites prouve t-elle une réalité surnaturelle ?

  39. Sophie says:

    Et comment pourrions nous éprouver une limite de la raison sans l’intuition d’une totalité trônant au dessus d’elle ?

  40. Thierry says:

    Et pourquoi cette totalité ne serait-elle pas l’univers même ?

  41. Sophie says:

    Parce qu’en ce cas, l’univers se suffirait à lui-même.

  42. Thierry says:

    mais je pense qu’effectivement l’ univers se suffit à lui-même.

  43. Sophie says:

    Qu’est ce donc en ce cas qui pourrait pousser quelqu’un à réaliser ceci ?

    AZAEa

  44. Thierry says:

    Demande le à l’auteur.

    Suis-je dans la tête de « Mystère » Falcone ?

  45. Thierry says:

    On pourrait d’ailleurs très bien répondre que ce qui pousse quelqu’un à forger ce genre de chose serait une sorte de détraquement de la matière. Après tout, il n’ y a que matière, les atomes, les quarck enfin btref , toute l’énergie qui tient le monde en mouvement est matière, au sens de réalité non pensante, de sorte que dès qu ‘on se met à rêver d’absolu, de spiritualité, il y a comme une sorte d’emballement de quelque chose qui aurait dû foncièrement demeurer pure énergie tout à fait dénuée de pensée. La conscience est une sorte de tumeur cancéreuse et c’est la raison pour laquelle elle fait tant souffrir. Viser au maximum d’impassibilité sans la moindre aspiration à quoique ce soit de prétendûment spirituel, serait le meilleur moyen pour réintégrer la béattitude de l ‘inconscience et donc l’inéffable paix de l’unité qui n’est que la paix de la non-pensée.

  46. Sophie says:

    bref, si la réalité essentielle est la réalité non pensante (C’est ta définition du matérialisme) le contenu de Paris-Match ou de facebook est en ce cas supérieur à la Critique de la raison pure et le journal de 20 heures s’approche beaucoup plus de l’absolu que les méditations de Heidegger !!!
    Je n’ai pas l’impression que nous ayons les mêmes valeurs !!!!!!!……

  47. Erato says:

    je viens de lire à l’instant, dans « Bel ami » de Maupassant, quelque chose d’analogue à ce que dit Thierry:

    « Pourquoi souffrons nous ainsi ? C’est que nous étions nés sans doute pour vivre davantage selon la matière et moins selon l’esprit; mais à force de penser, une disproportion s’est faite entre l’état de notre intelligence agrandie et les conditions immuables de notre vie ».

  48. Sophie says:

    Crois tu vraiment que ceci:

    Hooch3
    (Pieter de Hooch)

    Soit le résultat d’un dérèglement ou d’une « disproportion » ?

  49. Sophie says:

    car si, à la rigueur, l’on pourrait fort bien concevoir qu’une imagination débridée puisse relever d’un dérèglement de la matière, en revanche ceci

    verm2

    nous conduirait plutôt au constat d’une matière qui étrangement s’organise pour tendre vers le surnaturel

  50. Erato says:

    « d’une matière qui étrangement s’organise pour tendre vers le surnaturel »

    C’est, sans doute, ce qu’entendait Zardoz en soulignant qu’il y a d’autant plus d’incroyable qu’il y a de croyable?

  51. Cristina says:

    Je n’ai franchement pas très bien compris ce qu’ a voulu dire par là, compère Zardoz-Falcone;peut-être que le fantastique est d’autant plus convaincant qu’il se greffe sur le réalisme le plus poussé ? D’ailleurs, l’objet le plus quelconque regardé avec suffisamment d’attention,devient la chose la plus étrange qui soit, sans doute parce que les choses qui nous sont familières sont celles auxquelles nous n’accordons aucune attention. La familiarité, c’est finalement la condition animale, celle qui n’accorde d’attention à rien et qui perçoit comme une menace l’inquiétante étrangeté venant rompre sa routine.

  52. Sophie says:

    Mais qu’est ce qui fait que soudainement, les objets ne sont plus familiers ? Vermeer peint pourtant avec un réalisme quasi photographique

  53. Erato says:

    C’est le néant qui rend les choses étranges.

  54. Sophie says:

    Sans doute que nous ne reconnaissons plus vraiment les objets parce qu il y a quelque chose, comme l’appel sourd d’une terre natale

  55. Cristina says:

    Autrement dit, l’étrangeté ne serait que la façon particulière d’entrevoir la familiarité invisible enveloppant les choses.

  56. Thierry says:

    Je maintiens en ce cas que la véritable « terre natale » consisterait à n’être que le pur miroir du monde, un peu comme une flaque d’ eau qui se contenterait de réfléchir le ciel et le passage des nuages.

  57. Sophie says:

    Comme ceci ?

    img091a

  58. Thierry says:

    marrant, dans la flaque d’eau, on dirait ton copain Orcian

    tui

  59. Sophie says:

    Perspicace!

    Sans titre-1

  60. Thierry says:

    la résurrection signifierait-elle que l’on vit désormais la tête en bas ?

  61. Sophie says:

    Et qui te dit que c’est lui qui vit la tête en bas ?

    arch

  62. Erato says:

    Psychologiquement, j’aimerais savoir ce qui se passe dans une tête à l’endroit mais qui n’est qu’un simple reflet dans l’eau.

  63. Sophie says:

    Psychologiquement? Mais il n’y a pas de psychologie! Quand on s’épuise dans la psychologie, il n’ y a que des fantôches tout jute bons à nous faire perdre du temps au travers des romans.

  64. Erato says:

    J’aurais tout de même aimé connaître la suite de l’histoire

  65. Thierry says:

    Quelle histoire ? Tout le monde a sûrement tout oublié depuis longtemps

  66. Sophie says:

    Tentons alors un effort d’anamnèse en reprenant les différentes péripéties

    http://falcophil.info/blog/eloge-du-ratage/

    http://falcophil.info/blog/trou-blanc-par-sophie/#more-2841

    http://falcophil.info/blog/trou-blanc-par-sophie/#comment-2915

    http://falcophil.info/blog/trou-blanc-par-sophie/#comment-2944

    http://falcophil.info/blog/trou-blanc-par-sophie/#comment-2954

  67. Sophie says:

    Tant au niveau du texte qu’au niveau des images

    Untitled-1

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