( mars 22, 2009 )

VOYELLES

Il a donc été vu la fois dernière comment l’unité pouvait rapidement se muer en totalitarisme dès lors que de contemplation elle prenait forme politique. Plus radicalement, tout ce qui est destinée historique est négation de chaque destinée qui la constitue et si chaque destinée relève avant tout d’un secret , c’est dans le plus invisible des secrets que doit se trouver l’unité qui les sous-tend, secret dont la subtilité doit être à la mesure de l’écart séparant les êtres et les choses.

Ayant ainsi passé ce dimanche de grisaille dans le désagréable calme des vents

, vagabondant ça et là entre choses sans rapport, cinéma des USA ou textes médiévaux, par exemple tel film américain des années 70

et tel manuscrit

hébreux réalisé au XV ème siècle en Italie,

est soudain venue l’idée d’écrire ce texte en comprenant que la réflexion ne s’exerce vraiment qu’en présence de choses sans rapports. Intelligence vient d’ « inter-legere  » mettre un lien entre, sachant que le terme « entre » doit être situé au milieu de forces d’autant plus contraignantes et centrifuges qu’elles permettront d’apprécier la force du lien. C’est alors que la force deviendra par delà les apparences, mystère autorisant l’intuition de la secrète union des singularités contraires parce qu’elle sera saut hors du monde vers l’absolue singularité.

La miscellanea (Mélange) de Rothschild exposée à l’Israël museum est un ensemble de textes juifs, d’ordre religieux, historiques, philosophiques, scientifiques, fabuleux ou littéraires, illustrés par un artiste identifié comme un enlumineur de l’école lombarde , probablement issu de l’atelier de Cristoforo de Predis, le Jean Fouquet italien.

Il était fréquent à l’époque, en Italie plus particulièrement, que des juifs fissent appel à des chrétiens pour décorer leurs manuscrits.

La miscellanea de Rothschild présente ainsi ce curieux voisinage qui voit des commentaires rabbiniques ou des textes kabbalistiques cotoyer des illustrations issues de mains chrétiennes , surprenante rencontre entre l’univers de l’imagerie des « goys » et le monde des érudits séfarades ou askhénazes, collaboration inattendue entre des hommes ne partageant pourtant pas la même foi.

On nous répondra aussitôt que de tels exemples sont rares et l’on citera plus volontiers les persécutions anti-juives infligées par les populations chrétiennes. Réaction fort prévisible et d’autant plus significative que la prévalence de notre atmosphère dialectique, nous porte à nous intéresser avant tout au choc et à l’affrontement. La fois dernière, comme j’ évoquais le corporatisme, la réaction immédiate fut de parler de l’irrémédiable lutte des classes, des compromissions de la CFDT et de la saine opposition de la CGT, un syndicalisme sain n’étant qu’un syndicalisme d’opposition systématique.

La prééminence de l’affrontement sans merci des classes, dans sa double inspiration marxiste et libérale n’est qu’ avers et revers de cette même médaille de l’immanence dialectique. La focalisation sur le polémos pourrait d’ailleurs recouper d’autres types de confrontations, telles ces thèses d’Huntington, également évoquées la dernière fois qui quoique dédaignées par les milieux universitaires, demeurent latentes au sein de beaucoup d’inconscients collectifs.
Sans doute d’ailleurs assistons nous à un choc de culture entre islam et occident

mais cela ne saurait m’intéresser parce que l’affrontement est trop commun et de l’ordre d’une appréhension beaucoup trop dénuée de recul. A un premier niveau, nous voyons combien le long terme de la sédimentation historique peut donner lieu à des reconfigurations issues de rencontres que l’impératif de l’immédiat donnait pourtant pour inconciliable. C’est un fait que le passé nous enseigne l’absurdité de tous les conflits mais que nous n’en tirons que très rarement des conséquences pour le présent. Si nous pouvions transformer le présent en un passé à jamais révolu comme si l’homme avait pour toujours épuisé ses possibilités, sereinement nos pensées pourraient se tourner vers un peu d’infini et c’est alors que nos vraies possibilités seraient mises en oeuvre.

La ligne droite tendant vers l’infini pour s’abîmer dans l’ intime union des distances

alors devient cercle retournant vers son départ, de ligne droite tendant vers l’infini pour s’abîmer dans l’intime union des distances.

Notons d’ailleurs combien certains poètes surent jouer de la feuille

en sa blancheur
qui tombe en son propre ciel
Egale au noir des neiges
Au ressac des cîmes
Sous l’instant
des coups de dés

Ainsi que l’étreinte entre l’image et l’essence de ce qui la nie

L’affrontement trop banal et trop limité pour susciter notre intérêt n’est ainsi que de stricte provenance sublunaire là où chaque singularité s’avère trop faible pour franchir le fossé qui la sépare d’une autre, la mutuelle fécondation des antagonismes étant d’une essence plus rare que l’on pourrait comparer à la soudaine irruption de certains corps de provenance cosmique.

C’est en effet un présupposé matérialiste de notre temps que de prendre la vie pour la lutte alors que ce n’est que prendre la partie pour le tout. Quand ce tout veut imposer sa manifestation historique sachons avoir aussitôt le réflexe du rejet mais sachons l’accueillir avec gratitude quand il est invisible et rebelle à toute existence.
Qui sent la vie de l’intérieur saura que c’est un même souffle qui unit des choses aussi opposée que l’oeil, la main et la pensée. Un souffle invisible qui me traverse et qui reprend ailleurs. La vie est invisible et pour cela elle est infinie.

Si le troisième terme reliant les différences est situé sur le plan de l’infini, c’est parce qu’il est donc avant tout d’essence vitale et quand cet infini sera cherché par l’ effort de la pensée vers la coïncidence des opposés, on peut dire alors que cet effort deviendra comme une rivière inversant mystérieusement son cours en remontant vers son amont.

Pour en revenir aux rapports entre juifs et chrétiens, nous préciserons alors que l’ antisémitisme chrétien releverait essentiellement selon nous d’une sacralisation du profane qui n’est que profanation du sacré lequel sacré réside avant tout dans cet esprit sémite dont le christianisme tire toute son essence. Qu’est ce donc que l’esprit sémite? là encore, le bon vers l’infini du tout autre, seule dimension pouvant réaliser la conjonction des contraires, celle du logos et du silence , du visuel et du non visuel, du poétique et de l’intelligible, du philosophe et du prophète, de ce qui est et de ce qui existe

antinomies surmontées par la parole du buisson ardent

On ajoutera que si le buisson ardent peut concilier ces choses contraires énumérées plus haut ,il pourrait en aller de même entre cette destinée de réunion et une mystique de la séparation.

Ce qui est pleinement religieux est en effet relation au tout autre et la relation au tout autre n’a de sens que quand la personnalité d’un « je » s’affirme face à la personne qui la contemple. Nul rapport au tout autre au coeur d’un soi qui abolit et le moi et les autres mais relation au tout autre quand ce tout autre affirme sa différence par rapport à la mienne car alors commence l’authentique rencontre d’un mystérieux face à face entre deux solitudes.

Si nous voulons saisir le véritable sens du mot « autre », il nous faut en ce cas revenir à la parole du buisson ardent.

« Je suis parce que je suis ».

Nulle autre explication.

Une voix affirme son irréductible réalité et laisse sans réponse la question « qui es tu? »

comme si la non réponse à cette question conditionnait ma propre dignité de personne. Si tu me comprends je disparais en toi et si je disparais en toi face à qui pourras tu exister pour affirmer ta propre solidité de personne?

Ce qui est, coincide avec ce qui est autre et je suis moi-même l’être en ce que je suis l’autre de tous les autres. Au delà ne peut être qu’au delà vers quelqu’un d’autre, autrement « au delà » serait privé de sens. Si au delà n’etait que quelque chose, ce ne serait que quelque chose de plus voire quelque chose de moins, incapable de combler l’attente de quelqu’un d’autre.

Aucune énigme en effet sans la voix de quelqu’un d’autre et sans énigme, rien qu’un plafond bas en guise de cosmos ainsi qu’un enfermement dans la cellule de mon moi. Sans la distance donnée par autrui, le nuage que je traverse de compact et cotonneux devient dès lors vapeur sans consistance et sans doute n’est ce que ma propre vapeur que je traverse. Dire « Je suis parce que je suis » resterait toutefois insuffisant sans le plein accomplissement de la parole où le « je suis » du père

devient alors inséparable de sa saisie comme autre dans le logos , lui-même se revendiquant parole conjointe à l’absolue par le tout autre de son silence ailé. Si l’insondable se comprends comme autre que lui-même pour être totalement lui même, c’est alors qu’il n’y aura peut-être pas de meilleure parole de l’insondable qu’ au sein du tout autre que lui-même comme fondement justifiant la transcendance de l’autre de moi-même.

La miscellanea exprime ainsi fort bien cette idée que je ne suis pleinement moi que par celui qui n’est pas moi. Nous tentons alors d’imaginer ce sentiment d’étrangeté voire de malaise qui devait prendre l’enlumineur chrétien quand le commanditaire juif lui expliquait comment illustrer le sabbat, le pesah, le yom kippour ou le purim , au contact de cette écriture qu’il ne comprenait pas, face à ces coutumes, ces rituels, ces cérémonies d’un peuple qui n’était pas le sien.

. . Probablement le même sentiment de malaise qui devait prendre le juif en présence d’une imagerie religieuse que l’enseignement rabbinique ne perdant jamais de vue le deuxième commandement, ne pouvait s’empêcher de suspecter de dérive idolâtre. Et pourtant, c’est ce que nous susurre ce manuscrit, le juif était attiré par le chrétien lequel n’en était sûrement pas moins fasciné par le juif.

L’alphabet hébreux provoquait le malaise du chrétien mais devait sûrement le fasciner de par sa mystérieuse beauté plastique, tout comme l’enluminure chrétienne fascinait le juif au point de faire appel à un émule de Leonardo Bellini ou de Cristoforo de Predis. La fascination suppose le rejet et le désagrément de ce qui nous hisse hors de nos habitudes culturelles.

Rejet et désagrément deviennent alors conditions de rencontre où l’on donnera le meilleur de soi parce que l’on sera sollicité à sortir hors de soi. Et c’est alors que la rencontre de deux mondes qui ne se comprennent pas donnera le mystère d’une séparation qu’il devient désormais impossible de séparer. Sans l’image chrétienne , le mot hébreux pâlit et l’image chrétienne s’appauvrit à son tour sans l’étrangeté du mot hébreux. On voit ainsi chaque monde renforcer la beauté de son imaginaire au contact d’un mystère, le mystère de l’autre et c’est encore un autre mystère, le mystère d’un tout autre encore plus autre qui cèle la rencontre éternelle de ces deux autrui réciproques.

Observons qu’un tel ouvrage réalise à tous les niveaux la concordances des opposés, non seulement entre juifs et chrétiens mais aussi entre poésie et science, entre histoire et humour entre Esope et Maïmonide , entre philosophie et contes pour enfants, entre l’imprononçable YVHW et la délectation dans le sensible profane.
Avoir le regard tourné vers l’infini reviendrait donc à tomber dans un pot pourri, les grands romans modernes qui ne sont souvent qu’ odyssées vermiformes et scatographies ne seraient pas loin de cette conciliation des contraires s’ils tenaient ferme dans leur ambition de benne à ordures. Puisque nous n’avons plus d’aspirations à l’épique sans tomber dans le ridicule, n’ayons alors pas d’autres prétentions que d’être d’honnêtes éboueurs, si quelques part les extrêmes se touchent, une poubelle bien sentie devrait tôt ou tard rencontrer le cosmique.

Si l’union est la synthèse reliant deux différences, l’analyse est ce qui les juxtapose. La démarche étant spirituelle dans le premier cas , elle devient scientifique dans le second. C’est un fait qu’à partir du XVIIIème siècle, on ne voit plus l’unité qui sous tend le genre humain. Pour la plupart des auteurs de ce temps, la vie n’est qu’une mécanique. Rappelons d’ailleurs la passion qu’eût l’époque pour les automates.

et voyons maintenant l’envers de la « création » de Jacquet-Droz

Quel peut être en ce cas le sens du mot « autre  » dans une telle optique où l’on saisit le vivant par le déterminisme de la sécrétion glandulaire ou l’aléa du génétique?

Quand l’impérialisme d’un positivisme unifiant ou d’une sacralisation historique prétendent apporter la lumière dans la pénombre d’une singularité, la totalité n’est fatalement qu’une mécanique et l’altérité devient cames ou ressort quand elle n’est pas débris et déchets si elle persiste dans son statut de tout autre. Sans une véritable théologie de l’autre , il y a fort danger à ce que l’on ait une tératologie d’autrui. En admettant qu’un tel système génère la mort de toute métaphysique, on admettra sans peine en ce cas que le sort du poétique ne vaille guère mieux dès lors qu’est reconnue la profonde connivence des deux disciplines, voire leur synonymie dans leur manière de vivre pleinement la séparation comme promesse de rédemption. Si autrui est question d’éthique et si la poésie est question de malaise, la poésie deviendra également une question d’éthique et autrui sera essentiellement question poétique

La véritable union est en fait une notion religieuse impliquant la séparation et c’est quand disparait toute dimension spirituelle que l’union disparait à son tour pour abandonner la séparation à la seule comparaison issue de la taxinomie et du classement. Si je classe, je compare et si je compare, inévitablement je vais hiérarchiser parce que tout en ayant perdu le sens de l’unité , je n’en conserve pas moins une certaine nostalgie de l’Un. Du classement d’un von Liné, le pas sera vite franchi vers un Montesquieu et sa théorie des climats jusqu’à Voltaire plaçant le « nègre » juste avant l’animal. Quand l’un n’existe plus que sur un plan immanent, ce n’est que le plan de ma prétention égotiste, seule la transcendance de l’un préservant les singularité dans son infini, l’immanence de l’unité les fondra en revanche, au sein du fini de son totalitarisme, l’autre de l’unité n’en étant que l’altération fatale . Le cas de Buffon est à cet égard frappant,

s’il est encore chrétien quand il parle de l’unité du genre humain, il passe progressivement vers la nouvelle vision en faisant de l’homme blanc l’archétype et des autres races des écarts ayant dégénéré pour s’être éloigné du modèle premier. Certains propos tenus dans un fameux discours témoignent de cette incapacité toujours aussi forte à voir l’unité autrement que par rejet d’une différence devant plier sous le diktat d’un unique modèle. Jamais le christianisme, du moins dans son essence et sa pensée n’avait jusqu’alors connu cette division entre race supérieure et race inférieure, il aura fallu le mécanisme matérialiste des lumière pour théoriser le racisme , chose fort logique dans un système où l’accident prévaut sur une substance qui de plus en plus se perd de vue.

Significatif au demeurant que ce fut un écrivain d’inspiration chrétienne , l’un des plus grands auteurs américains

qui sut redonner à l’homme noir cette dimension de l’autre comme possibilité de la rédemption du pécheur que je suis. Notons d’ailleurs combien au travers de son cinéma, l’ américain est obsédée par le thème de l’autre,

autre du noir et autre du blanc

autre du « sauvage » et autre du « civilisé »

autre du présent, autre du passé

autre de l’occidental et autre de l’asiatique

ainsi que l’autre du hippie

Rappelons au passage, le thème de ce célèbre road movies des années 60, chef d’oeuvre de montage et d’audace cinématographique qui 40 ans après son tournage n’a pas pris une ride. Trois marginaux vagabondent à moto au travers des USA.

Sortes de Jack Kerouack ou d’Allen Gisnsberg motorisés, ces parangon d’under ground et de contre culture, traversent des villes hostiles, des populations qui ne supportant pas leur cheveux longs leur adressent insultes et quolibets. Ils fument du cannabis autour d’un feu de camps et dorment à la belle étoile. Comme l’un d’eux s’étonne d’être accueilli avec tant de haine, un autre lui répond « Ils ont peur de ta liberté ».

Toute la question de l’autre se trouve condensée dans cette phrase. L’autre apporte la liberté en ce qu’il n’est pas moi.
L’autre est nécessairement arrachement au monde où je vis et je le rejette non tant parce qu’il est libre que parce qu’il donne cette liberté inscrite au coeur d’ un au delà de mes habitudes mentales. L’autre se rapproche alors de l’image de la mort, de ma propre mort parce qu’il est fatalement le glissement de terrain sur lequel j’avais pourtant cru construire ma vie. Aller vers l’autre c’est aussi aller vers ma mort. Altération et altérité ont même racine, « alter », l’autre est l’image altérée de moi-même car c’est le moi qui tend à être dépouillé de son même.

Dans Easy rider, les hippies apportent la mort en tant qu’ils sont l’autre de la face conformiste et bien pensante de l’ Amérique. L’altérité donne la mauvaise conscience qui met en évidence le vrai au travers du mensonge où je vis et ne peut en conséquence que me placer face à ma propre mort.

Mais les hippies d ‘Easy rider s’en vont aussi à la découverte de leur propre mort par leur propre quête de l’autre, autre de l’ Amérique, autre de la pureté des déserts et des cimes d’où à commencé leur périple. S’enfonçant toujours plus vers cet autre, ils filent donc vers la négation d’eux même qui revient à n’être au fond que négation de l’autre. . Se rapprocher de l’autre n’est donc pas nécessairement un service à lui rendre car dans beaucoup de cas ce serait plutôt me rapprocher de moi-même en le confortant dans l’erreur de sa prétention englobante.. Généralement , l’autre ne vous veut que soumis , dépouillé de votre vie pour le moule de son propre cadre conceptuel. On ne pourra jamais conceptualiser sans détruire le face à face et donc sans se détruire soi-même. Convertir l’autre, c’est le convertir à cette mystique du tout autre laquelle mystique ne peut qu’exiger une certaine dose d’échec, nécessaire dans la tentative de conversion. Que l’autre demeure autre n’est qu’un autre aspect de la manifestation de l’insaisissable de sorte que notre puissance de dépassement ne serait en fait que notre impuissance à dépasser quoique ce soit , comme aurait dit Kierkegaard, « Mon départ éternel n’est que mon éternel arrêt ».

La super technologie motorisée dont se servent les marginaux ne leur a peut-être pas donné la sagesse de le comprendre parce qu’elle n’était que fuite horizontale vers la gueule du loup à laquelle ils voulaient pourtant échapper.

Impossibilité d’un dépassement des ambivalences par seul déplacement immanent et dont il fut déjà question à l’occasion de précédents billets:

 

http://falcophil.info/blog/esthetique-de-lebranlement/

http://falcophil.info/blog/exercices-pratiques/

 

 Ici la technologie ramène à sa source qui est précisément son discours totalitaire n’admettant nulle alternative. Si vous vous servez de moi, vous n’avez pas le droit d’être autre que Moi et quoiqu’il en soit, en vous servant de moi , tôt ou tard, vous reviendrez vers moi pour être absorbé en moi. C’est ici que la technique telle que vue par Heidegger comme prévalence de l’étant devient destinée historique de l’être et ne peut que mener à la dialectique conflictuelle car le cadre purement historique de l’être n’est que l’histoire de la mort de l’autre et donc, de notre mort à tous, soit que le triomphe de l’une des deux parties annihilera son vis-à vis, soit que le mélange de l’une dans l’autre ne donnera que la moyenne affadie.

Vers la fin du film , juste avant d’être tué sur la route, à coup de carabine par un camionneur qui ne pouvait lui aussi supporter l’ autrui de la liberté, l’un des hippies conclut ainsi son périple:

« Nous avons déconné ».

75 Comments to “VOYELLES” »

  1. Thierry says:

    J’ai une simple question à te poser:

    que penses tu des déclarations de Benoit XVI sur le préservatif ?

  2. Falcophil says:

    Je n’ai aucune envie d’entrer dans ces polémiques, les autres blogs sont là pour ça.

  3. Thierry says:

    C’est qu’on ne peut pas toujours rester dans les abstractions aussi subtiles soient-elles. La réalité du vécu concret est tout de même là.

  4. Falcophil says:

    mais pourquoi veux tu savoir ce que je pense sur cette question ? Les bastions du conformisme intellectuel comme le nouvel obs ou Télérama sont là pour te dire ce qu’il faut en penser.

    Tu n’as qu’à suivre les indications données par la « pensée unique » et tu sauras ce qu’il faut penser de n’importe quoi.

    Tu n’as pas besoin de moi pour cela.

  5. Thierry says:

    Qui est conformiste et qui ne l’est pas ? Chacun est un conformiste pour l’autre. Pour Telerama , c’est un type dans ton genre qui sera conformiste et d’ailleurs, taxer de conformiste celui d’en face reviendrait plutôt à le réduire à une simplication hâtive peu respectueuse de l’autre.

    Tu n’es donc pas en accord avec ton texte qui pourtant ne cesse de vanter la beauté de l’altérité.

  6. Cristina says:

    Il faut reconnaître que ton interprétation d’Emmanuel Lévinas est plutôt originale.

    Mais il y a aussi la praxis.

    Puisque tu aimes tant concilier les contraires, comment peux tu en ce cas concilier l’inhumanité d’un discours dogmatique auquel tu dois probablement adhérer avec la compassion la plus élémentaire qu’exige toute proximité humaine ?

  7. Falcophil says:

    Les reproches à l’adresse de Benoit XVI me paraîssent relever d’une telle stupidité que je répugne à y répondre. Il y a des niveaux où les plans de réalité ne peuvent se concilier sans mener au discours totalitaire. C’est tout le problème de cette polémique. On veut confondre des plans de réalité qui sont différents et situés à des niveaux forcémment inconciliables. Il y a le plan technique et le plan spirituel. Le discours technique nous dit: « qu’importe que tu cocufies ton épouse, ce qui m’interesse est que tu mettes un préservatif ». Le discours spirituel nous dit: « qu’importe que tu mettes un préservatif, ce qui m’interesse est que tu cocufies ton épouse » . Les deux discours ont chacun leur légitimité dans le champ qui leur est propre mais ils demeurent parallèles et à un pur niveau institutionnel, c’est à dire au niveau de l’autorité, qu’elle soit technique ou spirituelle, ils ne peuvent se rencontrer.

  8. Thierry says:

    « Le discours spirituel nous dit: “qu’importe que tu mettes un préservatif, ce qui m’interesse est que tu cocufies ton épouse” . »

    Ce n’est pas un discours spirituel, c’est un discours moral. Et c’est de la morale de catéchisme et de boy-scout. D’ailleurs, le totalitarisme serait plutôt du côté d’un discours soi-disant spirituel qui prétendrait nous empêcher de jouir. C’est au contraire le préservatif qui est hautement spirituel puisqu’il autorise le vécu d’une sexualité sans complexe, sans peur et sans culpabilité, ou, pour le dire autrement l’authentique rencontre dans la joie et la libération
    Le discours des types comme toi est au fond toujours le même, la jouissance est un péché , la joie est un péché, le malheur est notre sort inéluctable, la mort est notre délivrance.
    Tu as beau redoubler de subtilités absconses dans tes développements philosophiques, on sent toujours l’affleurement de ta conception triste et morbide de la vie.

  9. Falcophil says:

     » on sent toujours l’affleurement de ta conception triste et morbide de la vie. »

    Je ne vois pas ce qu’il ya de triste et de morbide dans ce que j’écris, il faudrait que tu m’expliques

     » Ce n’est pas un discours spirituel, c’est un discours moral »

    S’il s’agit d’un discours dans lequel est impliqué le respect de l’autre, c’est en ce cas beaucoup plus que de la morale.

     » C’est au contraire le préservatif qui est hautement spirituel puisqu’il autorise le vécu d’une sexualité sans complexe, sans peur et sans culpabilité, ou, pour le dire autrement l’authentique rencontre dans la joie et la libération  »

    je la rencontre,
    elle me plaît,
    je la tire,
    je m’en lasse,
    je la vire
    ou elle me vire
    et je passe à la suivante….

    si c ‘est cela que tu appelles la « spiritualité », il n’est effectivement pas certain que ton attitude implique respect pour toi-même et pour autrui, je crains qu’il n’y ait dans ce domaine comme dans beaucoup d’autres, prédominance de la technique sur le spirituel.

  10. Thierry says:

    Tu caricatures parce que tu parles de choses que tu ne connais pas. Cchaque fois la découverte exaltante d’un visage nouveaux ou d’un corps différent avec l’art savant et discret des préliminaires et tu confonds ça avec une vulgaire partouze dans un sauna ! c’est plutôt lamentable. Ce que tu appelles « technique » implique aussi le respect de l’autre , on se protège certes mais aussi afin de protéger l’autre . La « technique » est aussi responsabilité à l’égard d’autrui mais ce sont des choses que l’on est incapable de comprendre quand on est un pantouflard de la queue.

  11. Falcophil says:

    Je savais bien que si on discutait de ça, on risquait d’aller vers le dérapage. Je mets donc le hola et redresse la barre en présentant l’un des plus beaux tableaux du monde


    (Van Eyck : les époux Arnolfini)

    magistrale illustration sur la conciliation des antinomies, l’union la plus intime et la « mystique » de la séparation.

    Seul un authentique poète et un artiste de génie pouvait être capable de faire ce qu’aucun philosophe ne pourra jamais atteindre.

  12. Clash says:

    mais qu’est ce qu’on en a à foutre des conneries de ce vieux débris de Bénêt XVI.

    ça prétend donner des leçons sur le sexe et ça n’a jamais tiré son coup,

    , ça prétend vous dire comment aller au ciel et ç’est même pas fichu de monter au 7ème ciel

    ça prétend connaître la vie et ça n’a jamais connu de vulve

    ça vous dit de s’abstenir et ça se masturbe en cachette

    Pourquoi s’interesser encore à ce cloaque de sous développés du cerveau repaire de l’extrême droite et des réactionnaires de tous crins qui ne peuvent admettre que fort heureusement le monde commence un peu à sortir de l’obscurantisme où ils l’ont pendant si longtemps tenu prisonnier.

  13. Fructidor says:

    Ce que masque ce pitoyable clown ex membre des jeunesses hitlériennes relève toujours de l’ordre de desseins néo-coloniaux de la pire espèce où l’on fait l’apologie du mensonge historique concernant l’Islam ou de la shoah par le biais de Williamson , n’hésitant pas à pousser jusqu’à l’absurdité criminelle en pardonnant au violeur mais en excommuniant la fillette violée.

    Je serais néanmoins plus pessimiste que Clash car le fait que l’Afrique accueille et acclame un tel fossile du XIIIème siècle démontrerait que nous sommes encore loins d’être sortis de l’obscurantisme.

  14. Falcophil says:

    je propose une fois encore la réconciliation dans la contemplation de ce chef-d’oeuvre

  15. Erato says:

    La troublante beauté de ce tableau vient de sa profonde ambiguité. Le couple semble très uni dans une profonde intimité, la main de la femme repose délicatement dans celle de l’homme et l’on voit d’ailleurs le fruit de leur union charnelle au ventre bombé de l »épouse. Et pourtant, chacun semble si seul ! Van Eyck n’a t’il pas voulu nous dire que le mariage n’est au fond que la solitude à deux ?

  16. Falcophil says:

    Oui mais cette solitude n’est pas triste, elle est sereine parce que le respect de la solitude de l’autre, c’est le respect de son altérité, même dans la profonde union du mariage l’autre conserve son secret que l’on n’a pas le droit de tenter de découvrir parce que ce serait alors violer sa part de mystère qui nous échappe et qui lui donne sa densité d’être. La part de l’autre qui nous échappe, c’est ce qui préserve sa dignité, vouloir absolument comprendre l’autre , ce n’est pas vraiment s’intéresser à lui, c’est le mépriser au contraire, c’est vouloir le vider sous la pression de notre outrecuidance, dans une certaine mesure ce serait même l’annihiler puisque cela reviendrait à le réduire à une explication forcément simpliste car toujours en deça d’un mystère que lui même d’ailleurs est incapable d’embrasser totalement.

  17. Erato says:

    Chacun évite de regarder l’autre, on dirait qu’ils ont peur de se regarder en face

  18. Falcophil says:

    Chacun a probablement peur de disparaître en l’autre

  19. Erato says:

    Vous pousseriez donc le paradoxe jusqu’à dire qu’ils évitent de se regarder parce qu ‘ils s’aiment profondément ?

  20. Falcophil says:

    Le respect de l’autre c’est aussi de tenir compte de sa peur de disparaître en moi au travers de mon jugement. Quand quelqu’un détourne le regard, on dit qu’il est hypocrite mais c’est une sorte de condamnation par contumace destinée à punir l’autre de vouloir échapper à ma justice qui de toute façon est toujours injuste. Dans dans mon regard, il y a le silence de ma justice injuste. C’est pourquoi mon regard est pour l’autre une source de malaise parce qu’il est possibilité de jugement, d’un jugement d’autant plus appauvrissant qu’il réduit tout à la simple apparition. Ce qui est surtout frappant dans ce tableau , c’est à la fois la force et la vulnérabilité des visages, l’infini affleure sur la peau mais la peau ce n’est jamais qu’un écume et quand on recueille cette écume, il ne reste plus grand chose, rien que l’eau qui nous coule entre les doigts. Toute la difficulté d’approcher l’autre est là, si je le regarde trop c’est de l’indélicatesse, si je ne le regarde pas du tout , c’est du mépris, il doit y avoir un art de regarder l’autre sans le regarder, c’est pour cela, entre autre que ce tableau est si beau, parce que l’artiste a sû trouver ce subtile dosage.

  21. Erato says:

    Il ya dans votre billet une phrase que j’aime beaucoup quoique plutôt sibylline à vrai dire:

    « Se rapprocher de l’autre n’est donc pas nécessairement un service à lui rendre car dans beaucoup de cas ce serait plutôt me rapprocher de moi-même en le confortant dans l’erreur de sa prétention englobante.. Généralement , l’autre ne vous veut que soumis , dépouillé de votre vie pour le moule de son propre cadre conceptuel. On ne pourra jamais conceptualiser sans détruire le face à face et donc sans se détruire soi-même. »

    L’autre est donc possibilité d’ouverture vers l’infini mais c’est aussi par lui que je peux mourir dans l’équivalence qui est sa propre équivalence?

  22. Falcophil says:

    En quelque sorte oui, l’autre me sauve parce qu’il est autre mais il me tue en ce qu’il n’est que moi-même. Il me sauve par son intelligence qui renvoie à mon courage mais il me tue par sa bêtise qui n’est que ma propre lâcheté.

  23. Clio says:

    Ce que je me demande toutefois c’est si le simple fait de décrire un visage ne reviendrait pas à une forme de réduction voire de domination et en ce sens si cette peinture si objective de Van Eyck ne serait pas en contradiction avec ce que tu dis sur le respect de l’autre comme mystère?

  24. Falcophil says:

    oui

    on peut objectiver une pomme mais pour un visage cela me paraît en effet plus difficile. L’objectivation ce peut-être aussi un rapport de domination. Dans les déformations d’Erato par exemple, il pourrait y avoir également un certain respect du visage qui m’avait échappé jusque là.

    On renonce en quelque sorte à posseder le visage comme confinement solide et on le vaporise dans l’ indiscernable qu’il recèle.

  25. Erato says:

    Il ya eu pourtant une époque où c’était un tout autre discours que vous teniez sur ma peinture !

    http://falcophil.info/blog/phase-terminale/

  26. Falcophil says:

    Mais vous même, souvenez vous de ce que vous avez dit la fois d’avant:

    http://falcophil.info/blog/extinction-des-feux/#comment-2444

  27. Virginie says:

    Symptômes: brûlures d’estomac, spasmes des muscles intestinaux et relâchement non maîtrisé des sphincters. Diagnostique: nourritures avalées trop vite et donc mal digérées ayant causé une logodiarrhée liquido-fécale où fusionnent en effet, Mallarmé, Heidegger, Apollinaire, Levinas, Dennis Hopper, La Bible, Jack Kerouac, Montesquieu, le racisme, Kirk Douglas, l’ontologie, Faulkner, Maïmonide, Al Qaida, Dierik Bouts, on n’est plus chez Prévert mais chez Louis la Brocante, ce n’est plus du pot pourri, c’est carrément du slip merdeux.

  28. Falcophil says:

    Tiens! Je croyais que tu ne voulais plus revenir !?

    http://falcophil.info/blog/nuit-blanche/#comment-1937

  29. Virginie says:

    Pour reprendre une célèbre réplique, je suis là pour te faire chier

  30. Falcophil says:

    Marrantes tes vannes pseudo-médicales sur les phénomènes de digestion-excrétion, je ne me souvenais plus que t’avais raté tes études de médecine et que depuis, tu te consolais avec l’excrémentiel.

  31. Virginie says:

    On se console comme on peut, moi c’est avec l’excrémentiel, toi, c’est en parlant de tout et de n’importe quoi ou en disant une chose et son contraire

  32. Harry says:

    C’est vrai que maintenant il va se mettre à défendre le baroque, il a finalement trouvé le truc, pour avoir toujours quelque chose à dire: il prend le contre-pied de ce qu’il a écrit dans ses précédents articles.

    http://falcophil.info/blog/en-relisant-wolfflin/

  33. Falcophil says:

    Je ne prends le contre pied de rien du tout et je maintiens les propos de cet article qui voulait évoquer le faux infini issu d’un pantheisme de l’énergie, par essence négateur de chaque entité. C’est, tout au contraire, la marque de l’individualité bien cernée qui porte notre regard vers l’infini. Mais l’individualité est avant tout ce qui se dérobe car elle manifeste le lieu de la non coincidence entre l’autre et mon discours. Le visage qu’on laisse se retirer dans l’indéterminé de sa vapeur, le visage volontairement abandonné à la suprématie de son ombre est ouverture vers l’infini en tant que mise en échec de mon propre englobant. Il n’y a d’infini que sous ce qui se voile. Et ce qui se dévoile est toujours perte d’essence, ce qui se cache est toujours l’essentiel, ce qui se dévoile ne sert qu’à mourir pour mieux faire parler ce qui doit rester caché. C’est ce qui m’avait tant attiré dans la peinture de Bernard Mauffrat.

    http://falcophil.info/ifotos/?dir=+Bernard+MAUFFRAT

    Cette façon de mieux faire ressortir la solidité d’une altérité par l’insistance de son affirmation fantomatique.

    Inutile de préciser que Mauffrat a parfois pu influencer ma propre démarche photographique

  34. Erato says:

    L’infini serait-il alors dans le dérisoire? tel le dérisoire d’une petite fenêtre dans la monumentalité d’un édifice?

  35. Falcophil says:

    Si la fenêtre en question tient mon discours en échec certainement. L’infini étant ce qui se dérobe , il est toujours corrélatif à l’impuissance du discours. C’est la puissance du discours, sa capacité à rendre compte d’une totalité qui, au contraire constitue le signe de mon incarcération.

  36. Thierry says:

    Y a pas à dire mais par moment t’es vraiment complètement siphonné …..

  37. Falcophil says:

    Je ne vois pas ce qu’il y a de « siphonné » dans ce que j ‘ écris, cela me semble au contraire d’une logique sans faille, C’est mon impuissance qui fait jaillir l’infini en ce qu’ elle exalte le caché. La réalité de l’ infini se révèle par l’impuissance de mon discours en ce qu’il est non-concordance avec le monde. Si je proviens du monde, mon discours ne peut qu’être en adéquation avec le monde. Si par exemple il y a poésie c’est bien parce que mon discours n’est plus en unité avec le monde. Si la poésie était un pur produit du monde, son discours serait d’une évidence tellement limpide, qu’il n’y aurait même plus de discours poétique, le conformisme ambiant sera toujours en unité avec le monde précisément parce qu’il est donné par le monde et c’est d’ailleurs pour cela que plus une chose est néant, plus elle est voyante. C’est une évidence banale que plus quelqu’un n’a rien à dire plus il est expansif tout comme plus sa vie est stupide moins il sera discret sur lui même, le monde qui est un néant visible ne peut donc donner que des choses qui ne sont que néant dans la mesure où elles sont visibles. Bachelard disait qu’il n’est de science que du caché moi j’ajouterai que plus il y a d’infini plus il y aura de caché.

  38. Erato says:

    Mais la séparation sera t’elle un jour franchie ? Que deviendrions nous si jamais nous pouvions enfin Voir ?

  39. falcophil says:

    La mort présupposant l’interruption du temps, il est difficile en ce cas de parler d’un devenir.

  40. Ichthus says:

    La photo avec le type qui cache sa tête me fait penser à une autruche , c’est donc bien votre autoportrait, vous n’ êtes effectivement qu’une autruche enfouissant sa tête sous la terre, ( votre pédanterie dirait la « lebenswelt ») de vos abstractions absconse par peur d’affronter les vrais problèmes de la vie. Quand vous écrivez :  » Sans doute d’ailleurs assistons nous à un choc de culture entre islam et occident mais cela ne saurait m’intéresser parce que l’affrontement est trop commun et de l’ordre d’une appréhension beaucoup trop dénuée de recul. » c’est le type même d’un raisonnement d’intello irresponsable et qui cherche la facilité en se réfugiant dans l’univers éthéré de la poésie, prétexte superficiel pour invoquer un infini dont il n’a d’ailleurs aucune idée et ceci, afin de prétendre être en mesure de concilier des contraires inconciliables. Il est d’ailleurs relativement facile de trouver une certaine conciliation entre les univers religieux juifs et chrétiens puisque le deuxième découle en bonne partie du premier. Mais ce serait une toute autre histoire avec le bouddhisme, voire avec un ‘Islam en radicale opposition avec l’Occident chrétien et qui n’a jamais pu se résigner à l’idée d’être politiquement, techniquement et militairement supplanté par lui. Hélas mon pauvre Falcophil, la réalité du choc des civilisations est bien là,

    explode_getty410x443.jpg

    vouloir vous en détourner n’est que trop révélateur d’un pauvre petit pusillanime désir de vivre dans les nuages.

  41. Falcophil says:

    J’ai déjà eu quelques échanges assez vifs avec un bouddhiste

    http://falcophil.info/blog/en-relisant-wolfflin/#comment-1737

    mais en application des préceptes dégagés plus haut, je réponds que j’aime le bouddhiste parce qu’il est autre et qu’il manifeste l’infini justement parce qu’il est autre.

    Pour ce qui est d’assurer la conjonction du bouddhisme et du christianisme , c’est bien sûr philosophiquement impossible mais une fois encore , au plan de l’infini, tout se concilie et chacun des opposés préserve son identité dans la fusion, une route reste toujours plane et droite tout en étant courbe et sphérique si elle fait le tour de la planète.

    On ne peut que se répéter, il arrive un point où la philosophie doit se taire pour laisser parler la poésie.

    http://falcophil.info/ifotos/gallery/Triptyques/%20Roi%20est%20mort.jpg

  42. Ichthus says:

    Il est toujours très facile et finalement très infantile de jouer avec des symboles , de les juxtaposer et puis de donner au tout le nom d’infini. Je ne pense pas qu’un poète se contente de retomber dans l’enfance et puis de jouer avec les nuages, le poète est aussi un lutteur, le poète a le regard d ‘un enfant mais il a aussi la lucidité et les muscles d’un adulte car le poète lutte au coeur d’une réalité où il en va tout autrement que dans vos rêves. Il y a ainsi l’indéniable menace de l’Islam, c’est au coeur de l’Islam que prend source le choc des civilisations par ce qui dès le début n’a été qu’un radical refus du monde grec et chrétien, un refus qui n’a fait que s’amplifier au fil du temps pour aboutir à ce monde d’en face, ce monde islamique vivant avec la nostalgie de sa suprématie militaire et culturel perdue au profit de l’Occident, le tout renforcé par la présence humiliante du sionisme. Telle est l’inconciable antinomie entre un occident matérialiste et un islam revanchard, inconciliable antinomie que votre oeil d’enfant refuse de regarder bien en face.

  43. Falcophil says:

    Parce que vous trouvez que je ne lutte pas?!? Ce blog n’est pas une lutte peut-être, toujours à devoir endurer les critiques des uns et les insultes des autre !. Des travaux comme ceux-ci

    http://falcophil.info/ifotos/?dir=Cataclysmes

    ne parlent sans doute pas d’une lutte solitaire au coeur d’une réalité oppressante ! Essayer de sortir quelque chose de la page vierge, d’aller à l’encontre des routines et de tous les lieux communs, tout cela ne relève certes pas d’une lutte!

    Et puis vous commencez à me bassiner avec votre choc des civilisations, je ne suis pas dans cette logique tout comme je n’étais pas dans une logique de « fin de l’histoire » , il ya 20 ans. J’essaie toujours de voir un peu plus loin que le présent immédiat de la fin ou du choc et je n’ai d’ailleurs jamais obéi aux phénomènes de mode, Huntington aujourd’hui, Fukuyama hier, comme toujours modes qui nous viennent des USA parce qu’elles ne servent que trop leurs intérêts miltaro-industriels. Avec le mythe de la fin de l’histoire, il s’agissait de justifier la mondialisation de l’ultra libéralisme économique, avec le choc des civilisations, il s’agit de justifier la guerre au proche et moyen orient par la coalition américano-sioniste et la collusion entre puissance politique et puissance financière dont nous autres européens ne sommes d’ailleurs que les marionnettes,. Mais comme vous le dîtes, je suis trop à l’écart des réalités pratiques, je suis beaucoup plus porté sur la poésie qui voit toujours plus loin, c’est pourquoi plutôt qu’Huntington, je préfère par exemple m’interesser à l’influence en Occident de la poésie islamique et puisque vous dîtes connaître les poètes , écoutez, dans le  » fou ‘Elsa » d’Aragon, l’ hommage rendu au poète persan Djami

    J’ai compris par tes mots la couleurr des turquoises
    Qui change de toucher la peau des bien-aimées
    Ta lampe en moi s’éteind, rien ne m’est plus rimé
    Les pas de ma douleur comme des mains se croisent

    Fontaines taisez-vous et vous chardonnerets
    Ah! si Djami n’est plus que suis-je qui demeure
    Ma lèvre est pâle de silence et mes yeux meurent
    Ah! si Djami n’est plus que me sont les forêts.

  44. Thierry says:

    Cette idée du « choc des civilisations » est en effet très contestable et de très courte vue, d’abord parce que les civilisations ne sont pas des entités fermées non susceptibles d’évolution. surtout à notre époque où le perfectionnement des télécommunications et des moyens de transport ainsi que l’augmentation des transits par le biais du tourisme, peuvent favoriser les échanges culturels. Sur ce point Philippe à raison, si nous nous interessons à l’idée de choc, c’est parce que cela relève du présent immédiat, la presse et certains essayistes plus soucieux de sensationnel que de réflexion sont inévitablement ancrés dans le court terme; mais le long terme serait plus propice à favoriser le metissage culturel, on le voit surtout avec une entité aussi composite que la culture américaine, beaucoup plus imprégnée de pluralisme culturel qu’ on ne croit et d’ailleurs qu’est ce doncque cet Occident que l’on appelle « chrétien », si ce n’est la fusion du judaïsme et de la philosophie grecque, symbiose réalisée sur un long terme de deux mondes qui antérieurement à leur rencontre étaient pourtant plutôt tenus pour inconciliables, c’est pourquoi , je pense que s’il y aura dans un premier temps d’inévitables chocs d’identités culturelles , le long terme basculera dans l’hybridation des cultures par un décentrement de l’occident.

  45. Falcophil says:

    Le métissage culturel n’est pas non plus ce qui m’attire. Il n’y a pas davantage à gagner dans une évolution vers un volapuk culturel car pour qu’il y ait dialogue et fécondations réciproques entre cultures il faut qu’il y ait ancrage de chacun au coeur d’une identité, Ichthus n’ a pas tout à fait tort de dire que cette image

    relève d’un éclectisme plutôt superficiel, butiner çà et là pour fabriquer une image composite fait davantage penser au bricolage intellectuel qu’à la démarche spirituelle. Cette image a été faite , il y a déjà pas mal de temps par un esprit plutôt naïf. C’est dans sa différence que la culture de l’autre peut nous apporter beaucoup et l’autre ne peut nous apporter beaucoup que si nous même avons beaucoup à lui donner et nous n’avons beaucoup à donner que si nos racines sont profondément enfouies dans un terreau philosophique et spirituel. Or quelle est notre spiritualité, quelle est notre philosophie, à nous, pour qui désormais le salut ne passe plus que par un surcroît de pouvoir d’achat, de consommation et d’argent injecté par l’Etat ? Le problème est que l’Occident ne peut plus donner grand chose, lui qui ne croît plus qu’en la puissance de sa technique et qu’en l’accumulation de ses biens matériels. Nous avons choisi la volonté de puissance parce que le seul sens que nous pouvons désormais donner à nos vies est celui de la croissance et cette absence de sens fondée sur l’idolâtrie de la croissance, nous parvenons progressivement à l’inculquer aux autres, en niant finalement leur altérité, c’est cela le totalitarisme de l’Occident qui n’est que le totalitarisme de la technique. La chine vieille culture millénaire ne jure désormais plus que par cela. Selon moi, il ‘y aura moins un choc de civilisations qu’un choc de croissances qui s’il recoupe sans doute les aires géographiques correspondant à d’anciennes civilisations, celles-ci n’en sont pas moins des agrégats humains vidés de leur contenu traditionnel, les civilisations, l’ Occident est tout simplement en train de les tuer en imposant sa mondialisation marchande et acculturée.

  46. Thierry says:

    . Quand je parle de culture , je parle de ce que l’autre peut receler de plus profond, d’ailleurs les termes de « choc » et de « civilisation » me paraissent antinomiques au sens où il ne peut y avoir de choc s’il y a rencontre de cultures. La rencontre entre un Bush et un Ben Laden ne sera jamais culturelle, elle sera passionnelle et de l’ordre du refus réciproque, seule la rencontre entre un Aragon et un poète persan pourra être d’ordre culturel, une rencontre entre civilisation ne peut donc relever du choc, mais uniquement de l’échange réciproque par lequel on donne, tout en étant heureux de recevoir.

  47. Falcophil says:

    Du poète persan Hafiz (XIVè)

     » Comme le cierge brûle l’âme, lumineuse dans la flamme d’amour, d’un coeur pur j’ai sacrifié mon corps.
    Tant que tu ne seras pas, comme les papillons,
    consummé par la nostalgie du tout,
    tu ne pourras jamais t’affranchir
    de la souffrance d’amour »

    5 siècles plus tard, Goethe s’inspire de ces mots pour écrire l’un de ses plus beaux poèmes, intitulé « Meurs et deviens » cela donne (Je cite de mémoire):

    « Je veux louer le vivant qui aspire à mourir dans la flamme
    Dans le printemps des nuits d’amour
    Où tu as reçu la vie, où tu la donnas
    Te saisit un étrange vertige
    Devant la flamme silencieuse
    Tu y brûle comme un papillon
    Tu n’es qu’une ombre dans la nuit de la terre
    Aussi longtemops que tu n’as pas compris cette loi: meurs et deviens »

    Au niveau de Goethe, deux civilisations sont réellement en présence parce qu’il y a dialogue où comme tu le dis si bien , on éprouve la joie de recevoir avec en échange l’espoir de pouvoir donner. La poésie islamique inspire la poésie occidentale (et plus particulièrement Goethe au travers de son « divan occidental-oriental ») laquelle à son tour inspire la poésie arabe contemporaine par exemple chez un grand poète comme Adonis.

    Ce n’est effectivement que sur ce plan et sur celui-là seul que peuvent se rencontrer les cultures.

    Entre un Bush et un Ben Laden, il n’y a pas de choc de civilisations mais rien qu’un choc de sales cons.

  48. ICHTHUS says:

    Il est assez consternant de voir à quel point, vous qui pourtant prétendez toujours sortir des sentiers battus, marinez en fait dans les plus plats des lieux communs.

    Nier la réalité du choc civilisationnel est un déni d’évidence.

    Il suffit de prime abord de rappeler les grandes dates qui ont ponctué l’histoire pour comprendre que la trame historique est jalonnée d’affrontements culturels:

    – 490 avant JC, bataille de Marathon, choc entre l’Orient perse et l’Occident grec

    – Guerres puniques entre Rome et Carthage, une fois encore, choc entre l’Europe et l’Asie

    – 732, bataille de Poitiers , début du choc entre l’Islam et la chrétienté qui sera poursuivi par les croisades, la chute de Constantinople en 1453, la bataille de Lepante en 1571.
    Vous avez raison certes de dire que d’autres facteurs peuvent intervenir comme le choc des économies mais sous le vernis superficiel d’un monde qui semble acculturé parce que le libéralisme économique est effectivement une contre-culture, il n’en demeurre pas moins qu’il existe des identités culturelles qui structurent toujours les couches profondes de notre psychisme. L’impossibilité d’une véritable et totale adhésion occidentale au bouddhisme, par exemple, provient d’une impossibilité viscéralement occidentale d’adhérer à une philosophie niant l’existence du moi, impensable pour nous autres qui sommes convaincus d’exister réellement parce que nos couches profondes restent malgré tout judéo-chrétiennes. C’est à l’occasion des crises profondes que peuvent se réveiller les identités, lors du conflit yougouslave, les serbes étaient convaincus de lutter contre l’avancée islamique de même que dans la profondeur des couches mentales de l’arabe se trouve toujours enfouie cette idée de revanche de l’Islam contre l’Occident, il suffit de voir avec quels cris de joie , les attentats du 11 septembre ont été accueillis dans maints pays arabes. Songeons que plusieurs siècles de présences islamiques en Sicile ou en Espagne ne purent jamais balayer le fond judéo-chrétien lequel, tôt ou tard, devait finir par l(’emporter, tout comme les Etats croisés présents depuis 2 siècles au Proche orient furent rasés en une seule bataille.Les blocs qui structurent l’actuel géo-politique, le chinois, le Russe, l’américain, ne relèvent pas que de simple chocs d’intérêts matériels mais bien d’un ordre où l’identité ainsi que la volonté de puissance constituent la loi de l’histoire. Sans la volonté de puissance de ses conquérants et guerriers, cette poésie de l’Islam que vous aimez tant ne se serait sans doute jamais imposée, c’est la dure loi de ceux qui lucides savent que la vie n’est pas qu’un doux rêve de poète perdu dans ses nuages mais aussi un äpre combat, où la force de l’esprit n’est rien sans l’appui de la force de l’épée. Idée certes insoutenables pour nous autres européens qui depuis 1945 sommes sortis de l’histoire et sommes condamnés à n’avoir plus aucune destinée historique parce que comme vous le dîtes ne sommes plus que de pauvres marionnettes anémiées.

  49. Falcophil says:

    Je vous ai déjà répondu là dessus , tout cela n’est qu’une projection de fantasmes où les convergences d’intérêts politico-financiers manpulent les identités pour jeter les hommes les uns contre les autres. Comme je l’avais écrit précedement,

    http://falcophil.info/blog/extinction-des-feux/

    Le véritable danger , c’est la puissance de l’Etat, envisagée non pas dans une critique à visée libérale mais dans une exigence de sens spirituel. Quand l’Etat prend la forme d’une réalité numineuse alors il sacralise les moyens et légitime les instincts de prédation. Les USA constituent le plus spectaculaire exemple de légitimation des forces de cupidités où le religieux n’est plus qu’un prétexte mis au service de l’excitation sensorielle et de l’avidité corporelle.Pas beaucoup de civilisation là dedans mais surtout , comme vous le dîtes , volonté de puissance. Inutile de préciser que la volonté de puissance n’a ici rien à voir avec Nietszche en ce qu’elle ne considère pas le combat solitaire du poète mais l’avancée moutonnière du GI sous le commandemant unifié d’ Unocal, Halliburton, Chevron et des politiciens dont ils ont finançé la campagne.

  50. Cristina says:

    La guerre un affrontement culturel?

    Là pour une fois je suis entièrement d’accord avec vous Philippe, cela prête franchement à rire, comme si la culture pouvait être source de guerre. L’homme de culture ne faît pas la guerre, il appelle au dialogue et cherche le meilleur de l’autre pour en tirer partie. Le véritable homme de culture, c’est en effet Goethe qui s’inspire de la poésie persane, mais c’est aussi Romain Rolland, se plaçant « au dessus de la mêlée  » refusant les tueries entre allemand et français pour rappeler que lui, français, ses plus profondes joies , il les doit justement à l’Allemagne, celle de Bach, celle de Beethoven et aussi celle de Goethe.

    De même, la vraie rencontre entre Islam et chrétienté n’eut pas lieu à la bataille de Poitiers mais entre l ‘esprit du soufisme et les troubadours d’Occitanie ou la poésie amoureuse de Dante.

    « Civilisation » et « civilisé » ont une même étymologie, or où sont les civilisés dans une guerre? Si dans une tuerie , plus personne n’est civilisé en ce cas il n’y a plus de civilisation mais rien que force de brute et instinct de bête.

  51. ICHTHUS says:

    Ce n’est pas seulement votre conformisme pacifiste qui est consternant mais aussi votre naïveté. Je n’ai pas le sentiment, mon cher Falcone, que dans les pays musulmans , les chrétiens bénéficient des mêmes égards que l’on accorde chez nous à l’Islam. Du Maghreb à l’ Arabie Saoudite en passant par l’Egypte, les chrétiens de là-bas sont tout simplement persécutés. Une conversion au christianisme est punie d’emprisonnement en Algérie quand elle n’est pas punie de torture ou de mort dans d’autres pays comme l’ ‘Arabie Saoudite. Vous êtes vous interessé à la situation des coptes en Egypte? Chez nous, on vend des Corans dans les super marchés, chez eux, toute publication chrétienne est interdite, allez donc dire aux chrétiens de ces pays là, du moins aux quelques uns qui restent, que l’Islam est beau et que sa poésie est belle. Pendant que vous dissertez sur ces magnifiques manuscrits hébreux du moyen Age décorés par des chrétiens, il ne vous reste sans doute plus beaucoup de temps pour vous interesser à la population catholique réduite à presque rien en Iran, Syrie, voire en Israël. A mon tour de rire de vos bon sentiments. Goethe poète génial, certes mais quel rapport? Parce que les allemands ont eu des poètes ou des musiciens qui nous font rêver, il fallait les laisser venir nous humilier en renonçant à se battre en 14 et en 40? La guerre est cruelle, qui dit le contraire ?mais il est des moements où elle s’avère nécessaire car la grandeur d’une civilisation et d’une culture, ce n’est pas seulement sa poésie, ses peintres ou ses écrivains, c’est aussi sa capacité à relever des défis quand des forces extérieures la menacent. Si une invasion n’avait pas été militairement stoppée par Charles Martel que serait-il resté de la civilisation chrétienne ? Y aurait-il eu ces cathédrales et ces grands artistes que vous aimez tant? Pareil pour la Grèce. Si les perses n’avaient pas été défaits à Marathon, croyez vous donc que la Grèce serait devenue cette Grèce que nous aimons tant? Elle se serait probablement orientalisée et son statut soumis de lointaine satrapie ne lui aurait sans doute pas permis de développer cet esprit d’indépendance propice à ce déploiement de rationnalité dont nous somme tant redevables à ses philosophes. Il est certes beau et louable de proposer son patrimoine culturel mais il est aussi des cas où il faut savoir le défendre. Les autres civilisations l’ont d’ailleurs aujourd’hui compris, aussi bien la chinoise que la russe ou que l’islamique lesquelles s’insurgent contre la volonté mondialisante de l’hégémonie américaine. Les américains, héritiers des pionniers du far-west savent eux mêmes que la vie est un dur combat et comprenant que leur hégémonie peut dans les prochaines décénies être remise en cause par la montée en puissance de la Chine ou par le réveil de la Russie sont pbien décidés à ne pas céder un pouce de terrain.Seuls les européens plongés dans l’atonie de leur consumérisme demeurent incapables de renouer avec une véritable volonté de combat. Être prêt au combat , c’est cela la volonté de puissance, rien à voir avec l’instinct brutal ou la pulsion animale mais rien que la simple lucidité nous portant à conserver la guerre comme inévitable horizon de nos vies. Oui ma conception est nietzschéenne mais pas dans le sens où vous la caricaturez. Il ne s’agit pas de réduire la volonté de puissance à un simple souci de quête matérielle, c’est là une logique d’instinct secondaire caractérisant justement l’avachissement de notre monde européen qui ne voit que chiffres d’affaire comme but de sa vie en plus de consommer, de manger et d’assouvir son petit besoin sexuel, non ma conception relève d’autre chose, de la vraie volonté de puissance, l’instinct supérieur de défense de son territoire, de sa culture, de son groupe, de sa patrie et de sa civilisation. Toute la différence est là, entre ceux qui sont prêts à combattre et ceux qui ne veulent que subir., les premiers sont les dominants, les deuxièmes sont les dominés, les premiers sont les véritables défenseurs de l’être, les deuxièmes ne défendent que l’avoir et la matière.

  52. Falcophil says:

    « Entre la force de l’épée et la force de l’esprit , à la longue, c’est toujours la force de l’esprit qui triomphe » Qui a dit cela? Gandhi? Non justement, c’est Napoléon. Lui qui avait passé sa vie à faire parler les canons savait pourtant que la force de la matière n’est que peu de choses face à celle de l’esprit. Car ce que vous défendez là n’est pas la civilisation mais rien que la force de la matière.. Vous me parlez de civilisation chinoise mais qu’est ce au juste que la civilisation chinoise ?.Dans ce déploiement de puissance industrielle et militaire, cette exacerbation de pollution, ces vomissures de gazs carboniques, ces défécations de susbstances toxiques et délétères, cette croissance destructrice de l’environnement, dans tout cela, je ne retrouve rien de la civilisation chinoise, rien de l’esprit du Tao, rien de la sagesse d’une peinture Song et de sa communion avec le tout, rien d’un poème de Li Tai po, encore moins de quoique ce soit d’ hérité du bouddhisme zen, je ne vois que déchaînement de matière avec tout son cortège de clinquant et de pacotille.. Comment produire au plus bas prix pour un maximum de profits le plus de saloperies possibles, c’est cela la civilisation chinoise? Il me semble que cette civilisation a déjà capitulé face à la contre culture occidentale, celle de sa logique de croissance et de son pur impératif de quantité. Les chinois ne défendent pas une civilisation, il défendenet des parts de marché. Le plus risible est que vous parlez ici de « défense de l’être », ce qui démontre que vous ne savez trop de quoi vous parlez. Ce n’est jamais l’être que l’on défend par la guerre, ce n’est que l’avoir, l’être n’a pas besoin d’être défendu puisque sa nature est tout simplement d’être, l’être ne se défend pas, il se contemple, il se vit de l’intérieur, personne ne peut vous empêcher de jouir de l’être, il est en vous, il est dans l’autre , il est même dans celui qui vous tue, mourir est encore jouir de l’être. Ce dont vous me parlez n’a donc rien à voir avec l’être, ce n’est que l’instinct de l’animalité, la défense du territoire, la défense de mes possessions, que cette défense se fasse par les griffes ou par les missiles, par les crocs ou par les mitraillette , que ce territoire soit délimité par de l’urine ou des frontières, cela ne change pas grand chose, cela ne reste que du domaine du cerveau reptilien, certainement pas du domaine de l’être. La victoire de Charles Martel ne fut pas la victoire de l’être, elle ne fut que la victoire de la brutalité. Rien à voir avec l’esprit. L’esprit n’a pas besoin de brutalité pour triompher. Y aurait-il eu des cathédrales sans Charles Martel ? Qu’en sais-je! probablement pas et alors? Probablement qu’il fallait alors se battre mais quel rapport avec notre situation d’ajourd’hui? Sommes nous donc sur le point d’être envahis par des hordes de chinois ou de russes? Sortir de l’histoire, vous le déplorez mais je pense que c’est au contraire une chance qu’il nous faut saisir car sortir de l’histoire c’est sortir de l’agitation inutile, c’est quitter l’enfance pour entrer enfin dans l’age adulte, nous sommes peut-être en décadence mais je soutiens qu’il ne pouvait rien nous arriver de mieux, la décadence c’est comme un ciel au crépuscule, le moment où les couleurs sont les plus belles, où la joie se mêle à la langueur, c’est une façon particulière d’entrevoir l’infini par jonction des contraires et comme disait Nietzsche que vous prisez tant « Les périodes de décadence sont comme l’automne, l’époque où les fruits arrivent à maturité ».

  53. ICHTHUS says:

    Ceque moi j’entends par « être » n’a rien à voir avec vos spéculations abstraites qui ne sont finalement qu’un prétexete hypocrite pour s’évader de la vie vers de vagues objets de masturbations intellectuelles. Pour moi l’être réside avant tout dans le prestige de notre culture et de notre civilisation et dans la capacité de surmonter sa peur pour défendre tout cela.. S’il ya tant de cultures et plusieurs civilisations c’est que chacun a sû se battre pour son identité, ce qui devrait bien susciter votre approbation, vous qui êtes toujours si soucieux d’identité et d’altérité. Vous me parlez d’esprit mais l’homme n’est pas que pur esprit, il est aussi corps et en tant que corps soumis aux exigences du corps et aux déterminismes matériels. PPétendre le contraire n’est que la folle envie de vivre comme un ange. or nous ne sommes pas des anges mais rien que des hommes, soumis nous aussi à des contraintes animales. Croyez vous donc que les chinois ignoraient tout de l’art de la guerre et de l’art de triompher de l’ennemi? N’avez vous jamais lu le traité de stratégie de Sun tzu?, Comme si la guerre ne faisait pas partie de la culture chinoise avec le kung fu, admirable symbiose de philosophie et de statégie guerrière.Comme si l’esprit pouvait à lui seul stopper l’élan brutal de la matière sans l’adjuvant du corps. Les saints le peuvent peut-être mais les saints sont rares et si la plupart des hommes ne sont pas des saints, soumis à tant de défaillances de caractère et à tant d’impulsiosn animales, c’est problement que l’ Esprit veut rabaisser leur orgueil. Cet orgueil, c’est le votre Falcophil. Vous parlez toujors d’esprit probablement pour oublier que votre propre corps est faible, quand la pureté monte à la tête, c’est que le corps est faible et qu’alors, l’hypocrisie n’est pas loin. Reconnaître la nécessité de la guerre n’est au fond qu’humilité puisque c’est reconnaître la faiblesse du corps et de l’esprit. Je crois que les saints eux-mêmes n’étaient pas aussi intransigeants que vous parce êtres parfaits, ils étaients plus compréhensibles envers les faiblesses de leurs semblables, il y en eut même des guerriers comme il y eut aussi des poètes guerriers. Cessez donc de faire la morale aux autres, et vous descendrez peut-être de votre tour d’ivoire pour mieux marcher sur la terre ferme.

  54. Falcophil says:

     » Ce qu’il y a de plus faible au monde, voilà ce que j’ai choisi pour confondre la force ». Nous avons vu que l’infini se manifestait par le caché, par ce qui se voile et ce qui se dérobe, de même pour l’esprit,; ce qui se manifeste par la force ne manifeste pas l’esprit lequel ne peut être que la victoire par le fragile Parce que manifestation d’un tout autre du monde ,l’esprit se sert de ce qui n’obéit pas au monde, en ce que celui-ci n’est que loi de pesanteur, loi du spectaculaire ainsi que loi du visible. C’est entre autre la raison pour laquelle je fais de la photo, j’aime la délicatesse et la fragilité du support

    ainsi que la petitesse du format parce que je vois là, dans le plus délicat, le plus faible, le plus fragile et le plus petit, les modes d’expression les plus adéquats pour la manifestation de l’esprit.

  55. ICHTHUS says:

    Je ne vois rien de plus à vous dire, mon impossibilité d’être d’accord avec vous, prouve en tout cas que certains contraires sont inconciliables ou bien c’est qu’alors, vous êtes fort loin d’être sur le plan de l’infini

  56. Harry says:

    C’ est sûr car dans l’optique de sa philosophie, l’idéal serait justement de canaliser vers la délicatesse les puissances de résistance et les destinées de pesanteur du matériau, là serait le tour de force. Faire du délicat avec ce qui est fragile n’atteste pas d’une très grande présence de l’esprit, cela le confinerait plutôt dans l’impuissance.

  57. Erato says:

    Falcone a parfaitement raison, toutes ces histoires de chocs des civilisations sont d’une stupidité à pleurer, un phénomène de mode éditoriale qui pouvait avoir du succès avec les néocons de Bush mais que bien heureusement Obama est en train d’abandonner. a cet égard je suis plutôt écoeurée par l’attitude d’un sarko qui en s’opposant sans condition à l’entrée de la Turquie dans l’union Européènne pense bassement à sa clientèle politique en spéculant sur le régistre habituel de la peur de l’autre et de sa différence culturelle, religieuse ou raciale. Toute chose dont ce fort intelligent billet de Philippe a bien montré l’immense bêtise.
    Il faut du moins reconnaître à Obama de ne pas craindre les différences culturelles , de faire preuve d’un remarquable esprit d’ouverture et de donner une nouvelle orientation à sa politique étrangère en refusant une logique de guerre entre
    occident et musulmans et en dépassant les clivages religieux par un appui donné à l’admission dans l’UE d’un pays musulman .

    Les ICHTHUS et consorts qui semblent se complaire dans cet esprit d’affrontement serait bien avisés d’observer l’actualité et de reconnaître fût-ce à contre-coeur que la page de l’ère Bush est bel et bien tournée.

  58. ICHTHUS says:

    La page Bush est peut-être tournée mais nullement celle de la bêtise, à en juger par vos propos.

    La seule question qui mérite en fait d’être posée est de savoir ; Une UE ? Pour quoi faire ? Pour quelle utilité ? Dans quel but ? Dans l’esprit d’Obama c’est clair. Une UE couplée avec l’Otan au service des intérêts militaires américains. Obama souhaite l’intégration de la Turquie dans l’UE uniquement parce que la Turquie représente la deuxième armée de l’Otan et qu’une Turquie mieux intégrée dans un marché européen en ferait une base militaire plus sûre. Autrement , on comprendrait mal pourquoi les américains viendraient s’inviter dans un débat qui ne les concernent pas. D’ailleurs , il ne s’agit pas d’un esprit d’ouverture propre à Obama puisque Bush était déjà favorable à l’adhésion de la turquie dans l’UE. Les USA ne s’interessent à l’Europe que comme tête de pont pour leurs menées militaires et comme marché libre pour écouler leur production commerciale. Une UE culturellement désintégrée par l’arrivée de 80 millions de musulmans serait bien une Europe politiquement affaiblie , incapable d’assumer une véritable destinée historique. Les américains ne veulent d’ailleurs voir en l’Europe qu’ une destination touristique ou un musée de vieilles cultures désormais incapables de jouer un rôle véritable sur le plan international. Ne nous leurrons pas, fondamentalement les américains nous méprisent parce que nous sommes quasiment finis, français, allemands , italiens, anglais nous nous sommes tous suicidés lors des conflits fracticides des deux guerres mondiales et maintenant, privés de toute véritable autorité politique, nous vivons dans la léthargie , tout juste bon à servir de réservoir à soldats pour les interventions militaires des USA lesquels dans le but de nous achever, insistent pour que les turcs entrent dans notre communauté. C’est au contraire avec anxiété qu’ils regardent se lever les futurs véritables acteurs de la scène internationale, ceux qui demain seront vraiment appelés à compter, la Chine qui monte en puissance et la Russie qui redresse la tête.

  59. Cristina says:

    « Je travaille main dans la main avec le président Obama, mais s’agissant de l’Union européenne, c’est aux pays membres de l’Union européenne de décider »

    Ce sont les déclarations mêmes de Sarkozy

    Les européens ont encore tout de même leur mot à dire et tiennent à dire leur mot. Vos déclarations sont quelque peu à l’emporte pièce M. Ichthus.

  60. ICHTHUS says:

    Mme Cristina, que les européens puissent encore avoir leur mot à dire sur la question, nul ne le souhaite autant que moi car je veux malgré tout croire encore à une destinée historique propre à l’Europe et indépendante de ce que veulent les américains et leur cheval de Troie britannique.
    Pour la Turquie, la grande erreur serait cependant d’admettre ce pays dans l’Union européenne tant que ne serait pas dissipée l’incertitude suivante: l’Islam politique installé dans le pays depuis 2003 n’est-il qu’une parenthèse qui tôt ou tard sera endiguée par le kémalisme ou est-ce au contraire le kémalisme qui sera tôt ou tard digéré par le fondamentalisme islamique ? Car si comme je le pense, le deuxième cas de figure devait prévaloir, vous devriez convenir sans peine que l’admission d’un pays à la culture radicalement différente de la notre ne serait pas sans nous poser de graves problèmes dont la récente affaire Rasmussen nous donne déjà le leger avant-goût.

  61. Clio says:

    – Personnellement , je déteste plus que n’importe qui l’ intégrisme religieux qu’il soit islamique ou autre mais je pense que pour la Turquie, les gens de votre acabit fantasment beaucoup et se raccrochent un peu trop à leurs préjugés. Il faudrait en effet rappeler tout ce que le kémalisme a réalisé en faveur de l’occidentalisation et de la laicité de la Turquie, rappeler plus particulièrement ce qui a été fait là bas pour l’émancipation des femmes, la promulgation d’un code civil et d’un code pénal inspirés des modèles européens ainsi que l’adoption de l’alphabet latin dans les années 20 (Des milliers de mots arabes retirés de la langue turque!). Le kémalisme est donc bien un laïcité d’inspiration occidentale où notamment la religion est sous contrôle étroit de l’Etat. Tout cela ne peut s’effacer d’un trait de plume. Un grand, très grand film, déjà cité je crois dans ce blog, « UZAK » de Nuri Bilge Ceylan, nous montre une Turquie où les personnages sont davantage aux prises avec des problèmes d’occidentaux modernes comme ceux qu’avait déjà filmés Antonioni, qu’aux prises avec l’Islam fondamentaliste.
    Sachez donc revoir un peu vos idées préconçues M. Ichthus. Comprendre l’autre, et s’efforcer de mieux le connaître, c’est toujours ouvrir la fenêtre dans notre chambre étroite qui pue le renfermé.

  62. Falcophil says:

    Une petite précision Clio pour éclairer le débat, Il est interessant de noter que ce très grand film turc dont tu parles

    a justement été tourné en 2002, un an donc avant l’arrivée des islamistes aux pouvoir. Force est tout de même d’établir un rapport entre cette victoire et le malaise très bien évoqué par ce film au travers du thème du déracinement.

    L’image de ce turc désoeuvré, sans passé, ni présent, ni futur

    et dont le regard désorienté est comme perdu dans un vide sidéral et glacé présente la dimension universelle au niveau de laquelle le problème pourrait se poser de la façon la plus pertinente.

    Une fois encore, c ‘est une oeuvre d’art qui va le plus au fond des choses.

  63. ICHTHUS says:

    En tout cas , Dame Clio ne doit pas ouvrir souvent sa propre fenêtre, à considérer ses jugements superficiels sur le monde alentour. Je lui rappelerai simplement les données du problème sur lesquelles il me semblait pourtant que j’avais été clair. Le kémalisme est-il solidement ancré dans le pays ou ne serait-ce pas plutôt un vernis de surface, n’ayant pas beaucoup imprégné les couches profondes du pays? Vous me dîtes Clio qu’on ne se débarasse pas si facilement de 80 ans de kémalisme mais j’inverserai plutôt le problème en me demandant si l’on se débarasse vraiment de 7 ou 8 siècle de prédominence islamique au point que l’on peut tout de même raisonnablement se dire que le kémalisme ne serait tout compte fait qu’ un épiphénomène dans l’histoire de la Turquie. Vous me dîtes que la Turquie continuerait sur la voie de la modernité occidentale, alors dans ce cas, comment expliquez vous qu’elle puisse être aussi acharnée à détruire ses minorités chrétiennes?. Rappelons d’ailleurs que si le christianisme est plus enclin à l’acceptation d’une stricte séparation entre pouvoir temporel et pouvoir spirituel (Rendez à Cersar ce qui est Cesar….) la chose est beaucoup moins évidente pour l’Islam qui est une religion qui veut englober tous les aspects de la vie y compris les aspects séculiers. Il faudrait rappeler à cet égard que l’Etat turc n’est pas laïc au sens ou serait laïc un Etat comme la république française laquelle ne reconnaît aucune religion. L’Etat turc encourage au contraire la propagation de l’Islam un peu partout, dans les balkans comme au turkestan. Sachons donc ne pas nous leurrer car ce que vous appelez la¨cité kémaliste n’est qu’une arme dont se sert l’islam pour combattre l’Occident. Vous parlez de la nécessité d’ouvrir une fenêtre sur les autres mais justement, cette necessité les musulmans eux l’ont bien comprise car en se servant de cet arme qui caractérise l’Occident, celle de la raison , c’est bien une fenêtre qu’ils ont ouvert sur nous pour mieux comprendre les clés de notre réussite et les utiliser à leur tour pour mieux nous combattre.
    Je vous rappelerai enfin que l’actuel 1er ministre turc Erdogan, déclarait en 1997, alors qu’il était maire d’Istanbul « Les minarets sont nos baionnettes, les coupoles nos casques et ls mosquées nos casernes ». Vous conviendrez que nous soyions alors en droit d’opposer un scepticisme sérieux quand le même Erdogan déclare vouloir respecter la neutralité de l’Etat laïque!
    Nous avons déjà le cheval de Troie britannique servant les intérêts anglo-saxons, prenons garde au cheval de Troie turquequi servirait la propagation de l’Islam;.

  64. Falcophil says:

    N’importe quoi peut-être source de violence, Ils portent en eux la source
    De ma propre violence
    Qu’il me faut tarir
    Pour que leurs minarets
    ne soient plus leurs baionnettes
    Mais une réponse à mon rêve

    Car du fond d’une cathédrale, je n’en rêve pas moins à des appels lointains de muezzin
    Au coeur de vibrants déserts
    De poudre rose
    façonnant les tangibles mirages
    De corps nus qui scintillent et se lovent.

  65. Thierry says:

    « Les corps nus qui scintillent et se lovent! » au coeur du « vibrant désert »

    Tu ne ferais pas le coup de la tentation de Saint-Antoine, des fois ?

  66. Falcophil says:

    Bof! De Bosch à Dali en passant par Flaubert, le thème serait plutôt éculé.

  67. Clio says:

    Une intransigeance comme celle de Ichthus relève effectivement de la pire des étroitesses d’esprit, de celle qui refuse de s’arracher à ses péjugés pour partir à la découverte de l’autre. Il faudrait d’abord rappeler certains exemples comme les huis de Chine démontrant que l’Islam tout autant que le christianisme est capable de vivre dans des contextes sociaux différents et que par ailleurs c’est précisément une histoire plus poussée de la Turquie qui pourrait nous apprendre que la laïcité n’y est pas d’obligatoire importation occidentale mais que l’on en trouvait déjà maintes prémisses dans l’ Etat Ottoman. Rejeter la Turquie hors de l’UE serait me semble t-il la meilleure façon pour favoriser son basculement plus radical dans le fondamentalisme islamique. A t’on d’autre part suffisamment mesurer tout ce qu’une radicalisation de l’Islam peut devoir aux humiliations infligées par l’arrogance occidentale, tout autant cause d’ailleurs d’un certain echec de l’intégration des musulmans de France du fait de notre xénophobie certaine ?

  68. ICHTHUS says:

    Je ne vous contredirai pas sur la question de l’echec de l’intégration de l’Islam en France puisque 70 % environ de la population carcérale est constitué de musulmans. Quant à savoir si la cause de l’hostilité nourrie à notre égard par le monde musulman, aurait trait à notre arrogance, la réponse appelle quelques précisions un peu plus subtiles. Rappelons en effet que le monde islamique garde le souvenir de sa période héroïque, époque de son expansion fulgurante qui a suivi la mort de Mahomet, souvenir d’une splendeur passée ayant connu 2 siècles de conquêtes sous les omeyades et les abbassides. S’il ya sentiment d’humiliation chez les musulmans, il faut donc en chercher la racine dans ce sourd et latent malaise donné par cette obsession d’avoir été supplanté par l’occident chrétien dans cette vélléité d’expansion et de conquête du monde. A cet égard, le bombardement de Bagdad , jadis fabuleuse capitale des abassides, fut un traumatisme qui ne pouvait qu’aviver la plaie. En fait , ce que les mususlmans ne peuvent digérer, c’est le sentiment de leur décadence et de leur splendeur de naguère, aujourd’hui supplantée par l’Occident. Le kémalisme a pu constituer une tentative de réponse à ce malaise par la mise en place d’un état laïque et centralisateur copié sur le modèle occidental, tout comme le fondamentalisme islamique peut constituer une autre réponse. Mais dans les deux cas, ne nous leurrons pas, ce qu’attend le monde islamique, c’est l’heure de sa revanche.

  69. Erato says:

    Oui et donc, choc des civilisations = choc des volontés de puissance, entendons « ma » puissance, « ma » domination ainsi que « ma » totalité, autrement dit, non content d’être enfermée dans « ma » prison, je veux que mes propres chaînes soient imposées à l’autre. C’est ainsi que vous concevez la  » culture », je domine l’autre lequel ruminant sa rancoeur cherche à son tour à prendre sa revanche. Tout cela est tout ce qu’on veut sauf la culture. Découvrir l’autre c’est me libérer par lui mais aussi le libérer de moi même en lui faisant écouter sa propre voix. Les musulmans sont obsédés par l’idée de revanche ? Humiliés que leur hégémonie ait été supplantée par celle de l’Occident? Ils nous envient notre monde de productivisme imbécile et de gaspillage? Alors qu’ils écoutent la voix de leur propre poète, le persan Anwari Soheili:

     » As tu perdu l’empire du monde?
    Ne t’en affliges pas ce n’est rien
    As tu conquis l’empire du monde?
    Ne t’en réjouis pas ce n’est rien
    Douleur et félicité tout passe
    Passe à côté du monde, ce n’est rien »

    ( Cité par Schopenhauer dans « Aphorismes sur la sagesse dans la vie »)

  70. ICHTHUS says:

    Puisque vous vous obstinez à vouloir rester dans la littérature, parlons en ce cas de littérature en évoquant le cas de Nedim Gürsel, écrivain turc qui actuellement est jugé à istambul pour avoir blasphémé et dénigré les valeurs de l’Islam, ce qui constitue un autre significatif exemple de ce qu’il faut penser d’une laïcité chancelant toujours plus sous le poids de l’islamisation de son pays ! . Mais Gürsel est romancier et vous préférez sans doute la poésie et c’est en vain que je m’efforce de vous rappeler à la réalité, cette triste réalité que vous refusez de regarder bien en face, la triste réalité des meurtres rituels pratiqués par les islamistes, ceux que les moudjahids de bosnie ont pratiqué à l’égard des serbes décapités à coups de tronçonneuse ou ceux du GIA en Algérie et de bien d’autres encore. Et puis Rappelons l’appel de cet autre « persan » Khomeiny, invitant à l’assasinat de Salman Rushdie, en conformité d’ailleurs avec son saint Coran incitant « à tuer tous les incroyants ».

  71. Clio says:

    Je n’ai pas l’impression que les « chrétiens » qui tuent en irak ou qui ont tué au Vietnam ou qui se sont entretués en Europe aient sur ce point des leçons de bonne conduite à donner aux islamistes!

  72. ICHTHUS says:

    cela n’a rien à voir! les chrétiens violents sont en désaccortd avec l’enseignement du Christ lequel est fondamentalement non violent (Si l’on te frappe sur la joue…..). Ce qui n’est pas le cas pour les musulmans. Mahomet était un chef de guerre, ses hagiographes nous ont rapporté ses nombreux crimes, ses razzias et ses pillages et rappelons entre autre ce que dit le verset 4 de la Sourate 9 concernant ceux qui ne veulent pas se soumettre  » Allah les tourmentera par votre intermédiaire ».

  73. Falcophil says:

    Le verset 4 de la 9 ème sourate on peut le trouver ici

    http://islamfrance.free.fr/doc/coran/sourate/9.html

    on s’apercevra que ce n’est pas exactement ce que tu dis.

    D’où le problème récurrent, la paresse inetellectuelle et les préjugés entraînent la méconnaissance d’autrui laquelle à son tour alimente la peur….

  74. ICHTHUS says:

    Qu’importe qu’il s’agisse d’un verset mal cité si toute la sourate n’est qu’un appel au crime dans maints autres versets.

    Il est quoiqu’il en soit inutile de discuter avec vous.

    Restez donc dans vos nuages à l’écart des réalités , pauvre petit poète…. Pour que vous fassiez preuve d’une telle manque de réalisme votre gîte doit probablement être bien boueux!….

  75. Syl says:

    Ichtus> »c’est au coeur de l’Islam que prend source le choc des civilisations par ce qui dès le début n’a été qu’un radical refus du monde grec et chrétien[…] »
    C’est faux et bien connu. L’Occident a redecouvert les Grecs anciens grace aux traductions des savants musulmans…

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