( janvier 25, 2009 )

DES SPHERES EN GENERAL et D'UNE PETITION EN PARTICULIER

Relisant cette pétition récemment déposée sur mon site

http://librepenseefrance.ouvaton.org/spip.php?article291

et proposant le panégyrique de ce personnage,

je suis entre autre frappé de lire, parmi tous les mérites qui lui sont attribués, qu’il aurait défini la République comme étant « Une et indivisible »

Qu’est ce à dire ?

Ces termes ne furent pas l’apanage de Robespierre, les révolutionnaires de 1789 sont obsédés par l’unité. Tout comme la République est « Une et indivisible », la déclaration des Droits est « Universelle » (étymologiquement « uni » « versus », tourné vers l’unité) mais en bons héritiers de Hobbes, Locke, Diderot ou Hélvétius, nos révolutionnaires n’étant que théologiens dévoyés incapables d’un dépassement de l’horizontalité spatio-temporelle, leur conception de l’universel ne pourra que tourner à la mascarade.

Pour reprendre en effet cette idée d’unité, dans l’ordre concret , je ne vois pas ce qu’il pourrait y avoir de plus un et de plus indivisible qu’une sphère.

Au point que dans une optique platonicienne la sphère constituait bien l’image de la plénitude de l’être.

Etait-ce donc cela que désignait Robespierre par son expression « Une et indivisible » ? Sûrement pas, l’incorruptible était piètre philosophe et en guise d’ontologie ne faisait  que reprendre les idées d’un penseur tout aussi médiocre

allant jusqu’à se ridiculiser en organisant de pitoyables mises en scènes et de ridicules pastiches .

A vrai dire, la sphère platonicienne depuis longtemps était oubliée.

Etait survenue la phase intermédiaire caractérisée par la sphère dont on ne sait que faire

durmel.jpg

Et puis vint la troisième phase, la sphère de Mercator,

non plus la sphère résumant la totalité de l’être que l’on contemple

,

Mais la sphère résumant la totalité de l’avoir que l’on convoite

Que devient d’ailleurs cette sphère si ce n’est

un objet que l’on range parmi d’autres objets dans un monde ou tout est objectivé.

Avec la sphère de Mercator l’universel s’objective parce qu’il n’est plus quête verticale qui est quête intérieur de l’être mais quête extérieure, horizontale, instrument d’expansion au service de l’avoir. Obnubilé par les signes extérieurs de la puissance au point d’oublier la substance de celle-ci, le monde se laisse alors emporté par le courant de l’histoire qui comme n’importe quel courant n’est que force de pesanteur n’obéissant qu’aux lois de la matière. Le pouvoir d’abstraire détourné de sa finalité première est mis au service de l’appétit et pour mieux soumettre le monde à nos appétits , nous le mangeront rationnellement. Ainsi le monde deviendra t-il plan, géométrie, cartographie, mappemonde et découpage cubique.

L’objectivation de l’universel exprime ce curieux paradoxe où il faut désincarner le monde pour mieux le soumettre à nos convoitises,

paradoxe inversé d’une vraie démarche de poète qui trouve, elle, d’autant mieux l’universel qu’elle s’installe dans la couleur locale.

Paradoxe qui n’est à vrai dire qu’apparent. Pour mieux dominer , il faut objectiver pour mieux objectiver, il faut abstraire, pour mieux abstraire il faut uniformiser pour mieux uniformiser, il faut désincarner.

La collaboration de l’appétit et de l’intellect ou plutôt le pouvoir de l’intellect mis au seul service de l’appétit, ce que la Genèse nomme « péché originel »

« et vous serez comme des dieux » (Genèse III 4)

l’histoire de l’Europe depuis les temps modernes en donne le plus magistrale exemple, détournement de la connaissance et profanation de l’esprit dont la logique d’expansion contamine aujourd’hui la planète entière par le triomphe de l’espace désincarné.

L’espace désincarné par l’universel objectivé de la norme mathématique s’appelle « technique »

L’espace désincarné par l’universel objectivé de la norme mercantile s’appelle « Economie’

Mais comme chaque dualité ne peut fonctionner que par un troisième terme devant la coiffer, norme mathématique et norme mercantile seront unies en un dévoiement de trinité qui constituera l’espace désincarné par l’universel objectivé de la norme juridique, ce qui plus communément s’appelle « Etat ».

Robespierre est un radical exemple de la norme juridique désincarnant l’espace, la Révolution française n’étant d’ailleurs que le soubresaut chaotique d’une histoire commencée longtemps avant elle, l’histoire des hommes et de leur déracinement dans l’abstraction universelle de l’ordre technico-économico-juridique qui n’est autre que l’espace de l’Etat moderne.

Ce que verra bien Tocqueville contre les emportements lyriques d’un Michelet,

de grande qualité littéraire mais de faible intérêt scientifique, sera de souligner que la Révolution française ne fût sur bien des points que la continuation d ‘un processus depuis longtemps amorcé en Europe, celui de la création progressive de l’Etat dont le XVI ème siècle avait déjà vu naître les premières théories, celle de Machiavel ou de Jean Bodin, théories qui seront par la suite radicalisées vers l’abstraction numineuse du pouvoir comme chez Hobbes ou chez Bossuet.

Bien avant 1789, au travers des différents despotismes éclairés ou de la monarchie absolue d’un Louis XIV, on assiste en effet à la mise en place d’une véritable administration d’ état qui s’ appuie sur des fonctionnaires permanents.

L’ancien principe féodal fondé sur les rapports d’hommes à homme laisse place à l’autorité de l’Etat conçue non plus comme un homme incarnant le pouvoir mais comme centre de plus en plus impersonnel de l’uniformisation juridique. Si la Révolution de 1789 balaya les vestiges féodaux , ce fût moins dans l’intérêt du peuple que parce qu’ils entravaient la développement de l’Etat.

La Révolution peaufine d’abord la construction de l’Etat par le nivellement des cadres socio-professionnels désormais de plus en plus enveloppés par l’uniformité du centralisme jacobin, ce qui ne pouvait que semer les germes de tous les abus ultérieurs.

Exemple significatif, le décret d’Allarde et la loi Le chapelier des 7 mars et 17 juin 1791 interdisant toute liberté d’association dans une visée de fluidification spatiale pour une meilleure emprise étatique et commerciale avec pour conséquence de livrer le prolétariat pieds et poings liés à l’arbitraire d’un patronat cupide, de sorte que ce sera contre les principes mêmes de la république « Une et indivisible » qu’il faudra plus d’un siècle plus tard rétablir un peu d’unité au sein du monde professionnel en accordant aux ouvriers le droit d’association syndicale.

Soit, autre solution, on supprime les particularismes par voie d’extermination. Pour la République « Une et indivisible », l’Eglise catholique unissant des homme par communauté de regards unis vers la transcendance, constitue un corps étranger. Il n’y a qu’un seul absolu, l’uniformité de la norme juridique s’incarnant par l’Etat-Nation, ses seuls prêtres ne peuvent donc être que des fonctionnaires, telle sera la décision de l’absolutisme jacobin au travers de la « Constitution civile du clergé ». Les prêtres jurant fidélité à Rome parce que seule l’autorité de Pierre est d’investiture divine, celle de Marianne n’étant que parodie de transcendance, seront dès lors qualifiés de « réfractaire. Cela donnera les déportations,

les milliers de morts par guillotine ou par noyades, les catholiques restant fidèles à ces mêmes prêtres deviendront « ennemis de la nation » d’où les persécutions anti-chrétiennes jusqu’ aux massacres systématiques des habitants au travers des colonnes infernales de Turreau, les centaines de noyades dans la Loire ordonnées par Carrier,

exactions sur lesquelles le Comité de salut public fermera les yeux. Rappelons que certains conventionnels iront jusqu’à envisager l’extermination chimique par épandages toxiques sur les populations vendéennes et n’attendront pas les nazis pour solliciter la collaboration de savants comme Antoine Fourcroy ou Marie-Joseph Proust. Faute de moyens techniques ces méthodes ne seront pas retenues et devront attendre le XXème siècle pour être mises en oeuvres dans d’autres circonstances.

Solution libérale d’un côté, solution totalitaire de l’autre, par l’espace désincarné au moyen de l’universalité abstraite de la norme sont déjà donc expérimentés les futurs excès de l’occident autorisés par le cadre étatique, soit que la présence de celui-ci doit permettre la domination d’une classe et l’étouffement de l’autre, soit que supprimant toutes les classes, il n’en écrase que mieux les individus.

Les anciennes guildes et corporations étant définitivement abolies,

les hommes seront dès lors livrés directement à l’emprise anonyme et froide du pouvoir étatique régnant par l’ objectivation de l’universel qui n’est que l’abstraction de la loi. Pas de corps intermédiaires, un seul cadre de vie l’Etat-Nation, aucun corps ne pouvant exercer de pouvoir qui n’en émane, ainsi que l’exprime l’article 3 de la Déclaration des droits de l’homme, ce que l’on désigne par ce mot de « Nation » n’est en fait que l’autre nom donné au totalitarisme étatique. Mussolini affectionnera une formule beaucoup plus explicite mais qui au fond signifiera la même chose « Tout dans l’Etat, rien contre l’Etat, rien en dehors de l’Etat ».
L’Etat-Nation, entité impersonnelle, présente alors l’inhumaine indifférence de tout ce qui est anonyme, être sans chair et sans visage puisqu’il ne s’agit que d’un mécanisme juridique , ce monstre Hobbes lui avait déjà donné un nom : « Léviathan ». Pour lui insuffler plus de vie on pourra appeler cela « République » ou « Patrie », créer une figure mythique

mais il ne s’agira que d’une abstraction aliénante, une répugnante idole ayant droit de vie et de mort sur des millions de gens lesquels n’étant plus liés par des solidarités professionnelles ou corporatives ne sont plus que juxtapositions dispersées d’atomes autour d’un noyau lointain et occulte irradiant l’universalité de la norme juridique. La Révolution signe d’ailleurs l’avènement de la masse anonyme, l’ ère des foules commence avec elle. Après 1789, la guerre n’est plus l’affaire de quelques aristocrates et mercenaires mais concerne le peuple entier. C’est dans la logique de ce principe qu’au nom de la patrie, l’on décide dès 1793 d’envoyer d’un coup 300 000 hommes à la guerre, provoquant l’insurrection vendéenne, c’est toujours dans la logique de ce même principe que la République fera périr plusieurs millions des siens dans les tranchées de 14-18.

Au reste, notre république n’est pas la seule responsable. Les exterminations à grande échelle furent bien contemporaines de la montée en puissance de l’Etat, celui de la IIIèeme république comme celui de Guillaume II d’Allemagne comme celui de Staline. C’est l’ambition du pouvoir étatique qui déjà avait été cause des guerres de religions, ce furent les monarques qui dressèrent les uns contre les autres catholiques et protestants, en témoigne, entre autre, le jeu d’un Richelieu soutenant la soldatesque suédoise du protestant Gustave Adolphe contre la dynastie habsbourgeoise pourtant tout aussi catholique que celle des bourbons.

La Révolution désincarne ensuite l’espace par la norme mercantile faisant régner la concurrence économique et l’accroissement de la consommation comme objectif prééminent du travail. Au triomphe de l’Etat contribuèrent les velléités d’une caste de commerçants échappant au corporatisme et dont la liberté revendiquée n’était que le souhait de l’expansion illimitée du profit. Bien avant 1789, la puissance de la finance travaillait de concert avec la puissance de l’Etat pour ruiner les corps intermédiaires. La fascination pour l’ingénieur supplantant celle pour le saint, le moine, le chevalier, le poète ou le mystique, il devait en résulter la mécanisation de l’espace politique où chaque organe n’est plus le microcosme vivant d’un grand corps vivant mais rouage d’une grande machine au fonctionnement de laquelle devait intervenir la fornication mutuelle entre le technicien, le fonctionnaire et l’épicier. Rien d étonnant d’ailleurs à ce que la force brutale collabore avec le profit car tous deux n’entrevoient la liberté que comme conjonction de réciproques intérêts dans un monde où chaque homme est comme un iceberg à la dérive et dont les trois quart de sa partie submergée est constituée de pulsions inconscientes et somatiques que d’aucuns pourront plus tard explorer dans un tout autre contexte.

Le peu qui reste de la conscience  forme alors barrage contre l’inconscient son unique terre natale , « Homo Homini lupus » comme aurait pu reformuler Hobbes, et nous aurons ainsi cette philosophie de l’Etat et de la société, celle qui nourrissant d’abord la philosophie politique du XVIIIème deviendra l’auge où viendront s’abreuver les Révolutionnaires de 1789 puis tous les tenants de la démocratie libérale jusqu’aux plus extrêmes conséquences actuelles où l’entrepreneur et le chef d’Etat sont copains comme cochons.

D’où sortira t’ elle donc cette eucharistie pour dépravés si ce n’est de cette mentalité d’appât du gain qui dès le Moyen age commence à façonner la mentalité européenne ? Quel est l’acte fondateur de la société selon Rousseau ? En bon partisan d’une théorie rejetant la nature politique de l’homme , il vous répondra en désignant l’acte le plus mercantile qui soit,

un contrat, une simple association destinée à vous permettre en toute quiétude de gérer votre petite propriété. John Locke avait d’ailleurs déjà utilisé la formule tandis que sous ses yeux , l’Angleterre supplantait l’Espagne dans la domination du monde par la force de son commerce. Comment d’ailleurs se définit l’état de nature selon John Locke?

Par la libre disposition de ses biens; gérer sa possession sans entrave, telle est la définition du bonheur, vous garantir que vous pourrez palper votre bourse sans que le méchant ne vienne vous déranger, tel est le rôle du Leviathan.

Dans ses « lettres philosophiques », Voltaire écrira que le mercantilisme anglais avait assis la grandeur de l’Etat britannique mais il aurait pu ajouter qu’en échange l’Etat le lui avait bien rendu. La synthèse de Hobbes , de Locke et de Rousseau , il faut la voir dans cette collaboration réciproque entre Leviathan et Mammon. Tandis que Mammon finance la brutalité de Leviathan celui-ci lui permet de toujours plus amples possibilités de profits par l’expansion territoriale au moyen de la guerre ou de la marchandisation progressive de la vie.

Enfin la Révolution désincarne l’espace par la norme géométrique qui avec l’uniformisation par le droit et l’uniformisation par le capital achève la sainte trinité de la collaboration entre La politique, la finance et la technique pour une complète rationalisation du cadre de vie. La collaboration entre le
fonctionnaire et l’ingénieur découpe alors l’espace suivant une logique où la circonscription électorale, l’action de l’Etat et le rigorisme mathématique se rejoignent par l’emprunt aux techniciens des Ponts et chaussées du terme de « département ». Troisième approche du déracinement des hommes répartis comme des pions sur un vaste damier dotés de carrés égaux, substituant l’approche géométrique de l’espace à celle de L’Ancien Régime où les provinces résultaient au contraire de l’émergence naturelle du génie local exprimé au travers de la diversité des terroirs et des traditions.

La pétition concernée laisse entendre que puisque des espaces publiques ont été dédiés à Theodor Herzl ou à Jean Paul II, on ne voit pas pourquoi Robespierre ne pourrait y avoir droit. Si la comparaison avec Jean paul II est fort incongrue, en revanche, le rapprochement avec Theodor Herzl

ne pouvait mieux tomber pour illustrer mon propos, d’autant qu’il est en phase avec une actualité récente.

Si l’on autorise donc cette digression qui à vrai dire n’en est pas vraiment une, il sera rappelé qu’en 1910 Herzl visiblement contaminé par la sacralisation du tangible diffusée par le matérialisme européen demandait conseil à Cécile Rhodes pour son projet de création d’un état hébreux, lui spécifiant que ce projet était d’inspiration coloniale. Certains intellectuels juifs comme Albert Einstein ou Martin Buber devaient ultérieurement déclarer leur méfiance envers un état hébreux au motif qu’à leurs yeux les juifs constituaient avant tout une communauté spirituelle et devaient continuer à être tel. A l’heure où de nouvelles exactions d’Israël viennent une fois de plus de défrayer la chronique

dans la continuité des premiers massacres, comme celui de Deir Yassinn, opérés par l’Irgoun, on retiendra bien ce mot de « communauté spirituelle » à laquelle le concept réducteur d’Etat-nation ne peut se poser que comme antithèse.

Le sionisme en prolongeant le colonialisme occidental devait nécessairement recéler le même discours mensonger véhiculé depuis le XVIIème siècle par la pensée politique européenne et relancé par la Révolution française. Aveuglé par le salut illusoire proposé par l’Etat, le juif devenant israelien n’est plus membre d’une communauté pacifique unie par la mémoire et l’esprit mais soldat du Leviathan militaire où l’on communie dans l’attaque meurtrière, l’expansion spoliatrice, l’abrutissement des consciences par l’art de gouverner qui n’est que l’art du mensonge

L’Etat, qu’il prenne la forme d’un Moloch hébreux ou d’une pouffiasse gauloise, aguicheuse et glaçée,

se construit fatalement contre l’homme. Entité impersonnelle, il ne peut souder autour de lui les personnes qu’en leur ôtant leur réalité personnelles pour les réduire à des robots consommateurs en temps de paix ou des robots militaires en temps de guerre. Pour créer un simulacre d’unité, il entretient de toutes pièces de faux idéaux comme la productivité à outrance par la consommation à tous crins ou bien il forge l’ennemi commun, ce fût l’allemand pour les français, et le français pour les allemands comme c’est l’arabe pour les juifs et le juif pour les arabes, dans tous les cas il nous fait toujours payer cher la sécurité illusoire qu’il prétend nous donner contre des dangers qu’il a lui même grandement contribué à causer.

Là voila donc cette « République » sauvée par Robespierre, parodie de théologie , parodie de genèse, parodie de communion , parodie d’unité , parodie de rédemption, mise en scène hypocrite où la communauté spirituelle n’est en fait que communauté de consommateurs, de téléspectateurs, de brutes militaires ou de numéros fiscaux, non pas l’espace où vous reconnaissez l’autre comme votre frère en humanité mais le marché où l’autre n’est qu’un obstacle sur la route, un concurrent à écraser et où le contact n’est qu’échange de service contre argent et le savoir-faire monnayé comme un corps de putain.

Cet ample mouvement d’ objectivation de l’universel visant à l’espace désincarné où tout n’est plus que circulation de marchandises dans un cadre anonyme, ne pouvait déboucher comme conséquence logique que sur l’ Europe de Maastricht, non pas tant désir d’unir les peuples que désir du super Etat devant achever au niveau transnational le processus déracinant et l’exil hors des cadres identitaires amorcés depuis plusieurs siècles par la construction de l’Etat moderne. Quoi de plus représentatif alors de cette idée que les billest de banque européens ?

Ne montrant que des ponts et des portes, non le pont de tel pays conçu dans l’architecture propre à telle époque ou à telle population mais l’en soi du pont, aussi exsangue et froid que son concept. Triomphe ultime de la collaboration entre Mammon et Léviathan travaillant à l’atomisation des sociétés et à l’exil mental des hommes voire à leur soudure artificielle autour d’images factices

ainsi qu’au rêve d’aseptisation générale où l’on mangera des chips sur les sommets du Tibet aussi bien qu’à New York.
Quand, en effet, la sphère signifiant est prise pour le signifié, on atteind cet étrange retournement où ce qui était devenu objet à conquérir devient la chose qui vous écrase de sorte que c’est à ce stade que nous rejoignons alors la dernière phase, celle où le monstre Etat s’efface pour laisser place au maître de tous les monstres

On peut s’en consoler par l’humour en l’imaginant ainsi

ou bien, si l’on est poète le voir ainsi,

Sinon, ne restera que le terme de « Mondialisation »

Falcophil

63 Comments to “DES SPHERES EN GENERAL et D'UNE PETITION EN PARTICULIER”

  1. Zardoz says:

    Etant moi même juif et ayant vécu longtemps en Israël, je ne peux admettre tes comparaisons entre mon pays et l’Etat français. Libre à toi de considérer que la République française est une poufiasse, je constate en effet que le patriotsime est une vertu qui depuis longtemps se perd en France. mais dois-je te rappeler qu ‘Israël incarne la révolte juive contre l’Holocauste,

    ausch.jpeg

    dois-je te rappeler que c’est justement par l’Etat-Nation que les juifs ont retrouvé la dignité que leur avaient enlevé les persécutions chrétiennes et fascistes ? Dois-je te rappeler que c’est justement l’Etat qui les protège contre les visées destructrices du Hamas qui lui même n’a pas honte d’utiliser les siens comme bouclier humains? Dois-je te rappeler que c’est par cet Etat que nous sommes maintenant respectés, tout comme malgré tout, je souhaite sincèrement que demain, les palestiniens soient également respectés au sein d’un Etat auxquels ils ont evidemment droit, à la condition qu’ils ne s’en remettent pas aux fanatiques du Hamas qui ne pensent qu’à notre destruction.

    Tu as peut-être le droit de détester ta propre nation et ce qui s’est fait chez elle depuis 2 siècles mais abstiens toi de la comparer avec un pays que tu ne connais pas et que tu es incapable de comprendre.

  2. Falcophil says:

    Tu me permettras, Zardoz mons scepticisme! Israël protéger les juifs?
    Israël n’est pas un état pire qu’un autre, c’est un état encore jeune et la logique de sa construction est la logique qui préside à la construction de l’état-nation, souder le peuple par la guerre en diabolisant l’autre, c’est l’arabe pour le juif , tout comme c’est le juif pour l’arabe. La même logique perverse se retrouve partout là où le colonialisme européen a laissé ses traces, dans le Maghreb, l’état nation algérien s’oppose à l’état nation maroquain, conséquence, algériens et marocains se détestent alors qu’ils appartiennent pourtant au même peuple. Je ne veux pas recommencer ici ces polémiques qui se son déchaînées sur les autres sites Il faudrait plutôt élever le débat en réfléchissant à la logique souvent criminelle qui préside à la construction de l’état nation lequel se construit sur la haine de l’autre et sur la notion intangible de frontière géographique. L’Etat ne fait trop souvent que décupler les facteurs de violences dont il prétend pourtant nous mettre à l’abri. Le centralisme jacobin a construit l’Etat français en bonne partie sur la haine de l’allemand tout comme l’Etat allemand s’est construit en bonne partie sur la haine du français. . Après les camps de la mort, les juifs aspiraient à une sécurité certes légitime mais l’ont-ils trouvée dans l’état d’ Israël? J’aurais plutôt le sentiment que les juifs d’Israël vivent davantage dans la peur que les juifs de la diaspora. C’est là le noeud de la réfléxion que devrait nous inspirer l’Etat d’ Israël. Le mensonge de la sécurité illusoire que nous promet l’Etat qui nous abrutie de propagande et de désinformation et qui prétend nous protéger contre des dangers dont il n’est lui même que trop souvent la cause. Je constate simplement que le juif de la diaspora, pacifiste et sympathique se change en bourreau, soldat brutal et citoyen abrutie de propagande dès lors qu’il se met à croire au salut par l’Etat.

  3. Zardoz says:

    Encore une fois, tu compares ce qui n’est pas comparable. Tu connais peut-être la France mais tu ne sembles pas comprendre Israël. Nous avons été chassés de Palestine par les romains puis il y a eu la Diaspora. Quand donc avons nous été en sécurité en terre chrétienne? Nous avons d’abord été persécutés en France sous Philippe le Bel, en Espagne, nous étions « maranos » qui je crois voulait dire « cochons » et pour finir, les chrétiens nous chassèrent d’Espagne, même convertis, on se méfiait de nous et on nous persécutait encore, et puis il y eut les immondes exterminations ultérieures, les pogroms en Russie, l’antisémitisme sous la IIIème République avec entre autre l’ affaire Dreyfus

    et souviens toi des insultes racistes que devait essuyer un Léon Blum, les ashkénazes pouvaient s’illusionner en croyant avoir trouver un havre en Pologne, on sait comment cela s’est terminé


    (Sobibor)
    et maintenant tu viens nous dire que nous sommes en sécurité dans la diaspora alors que recemment des synagogues ont été brûlées et des juifs agressés?
    Alors arrête un peu tes comparaisons inutiles. Nous n’avons jamais eu besoin de la haine de l’Arabe pour construire Israël parce que dès le départ nous étions solidaires pour tous ensemble relever la tête afin de retrouver le chemin de notre dignité. Cet Etat nous l’avons tous ensemble construit et même les arabes participent à se construction. Une fois de plus tu ne connais pas notre pays, j’ai à plusieurs reprises travaillé avec des arabes israëlien avec lesquels je suis d’ailleurs moi et les autres en très bon termes, le problème pour nous n’est pas l’arabe mais le terrorisme accompagné du fanatisme religieux, c’est contre lui que nous sommes en guerre pas contre les arabes. Nous nous battons simplement pour la survie de notre pays mais aussi pour la seule démocratie qui existe au Proche et au Moyen Orient. Ne t’en déplaise, , il fait bon vivre en Israël. Demande le aux milliers de réfugiés du Darfour , ainsi qu’ au milliers de clandestins de l’Erythrée qui travaillent chez nous , ainsi qu’aux dizaines de milliers de Gazaouis qui parlent parfaitement l’hébreu pour avoir travaillé en Israël durant des décennies et qui même rêvent d’y retourner trop écoeurés par Arafat et ses sbires corrompus et de leurs enfants naturels, le Hamas et le Djihad.

  4. Falcophil says:

    Les persécutions sont choses indéniables et déplorables mais une chose est intéressante à constater, à quel point elles s’amplifient et deviennent de plus en plus démentes à mesure que se construit l’Etat, il suffit de comparer les persécutions subies par les juifs sous Philippe le Bel et celles qu ‘ils connaîtront avec l’Etat moderne, tzariste ou fasciste. Un exemple significatif, l’Italie où les juifs furent toujours plutôt en paix tant que le pays n’avait pas de véritable Etat mais qui se dota pourtant de lois antisémites sous Mussolini, véritable créateur de l’Etat italien. A mon sens le vrai problème est l’Etat qui redouble et décuple la violence. Les juifs ont voulu créer leur Etat, sois disant pour retrouver leur dignité mais sont à leur tour tombés sous l’emprise du mensonge et du conditionnement pour la guerre.

    Votre Etat ne vous a pas dit par exemple que les premiers à avoir rompu cette fameuse trève ne fût pas le Hamas mais Isarël par un raid aérien opéré en novembre dernier. De même que l’on ne vous dit pas que chaque violence du Hamas fait suite à des initiatives d’assassinat orchestrées par Israël. Il y aurait beaucoup à dire là dessus, par exemple sur la façon dont Israël a tout fait pour torpiller les accords d’Oslo ou comment votre Etat à lui même grandement contribué à la mise en place du Hamas.
    de tout cela, on a amplement disserté sur les autres sites, inutile de revenir là dessus, on en parle assez sur les autres blogs, ce ne sont là que les calculs, dissimulations et stratégies mesquines auxquels se livre vos politiciens qui vous mentent comme peuvent mentir tous les politiciens de tous les Etats du monde.

    Ce qui m’interesse en revanche c’est la perversion de la spiritualité judaiste voire de l’idée même du sionisme par la mise en place de l’Etat. Un fois encore, élevons le débat et posons nous la question, que nous soyons juifs ou français ou sénégalais, que devenons nous par la faute de l’Etat moderne et de sa collaboration avec la finance et la technique ? tel était le sujet essentiel de mon billet.

  5. Clash says:

    « …que devenons nous par la faute de l’Etat moderne ? »

    Dans ton cas c’est très clair, on devient fonctionnaire.

    T’es quand même gonflé de gerber sur l’Etat alors que c’est lui qui te fait vivre! Heureusement qu’il est là l’Etat pour rémunérer un bon à rien comme toi! En dehors d’avoir ton cul assis dans ton administration qu’est ce que tu sais foutre? Rien

    Sans l’Etat t’aurais même pas de quoi payer ton abonnement internet pour écrire tes délires sur ton blog, probablement même que tu serais SDF. J’apprécie l’Anarchie mais à condition qu’on soit crédible en refusant toute compromission avec l’Etat. Un fonctionnaire qui crache sur l’Etat, c’est comme un milliardaire qui prétend mépriser l’argent. C’est soit de l’hypocrisie , soit de la schizophrénie pure et simple !

  6. Falcophil says:

    Que l’on soit sous la dépendance d’une drogue n’empêche pas d’en percevoir lucidement la nocivité. J’ai beau être un « bon à rien », j’ai tout de même pu traiter plusieurs centaines de dossiers depuis près de 8 ans que je suis sur mon actuel poste, assez en tout cas pour me rendre compte à quel point je peux représenter un pouvoir anonyme et lointain à l’égard d’usagers traités comme des numéros et dont je conceptualise le terrain du vécu concret. Ce que j’évoquais dans ce billet portait aussi sur la difficulté que nous avons à sortir d’un système binaire où nous oscillons entre Etat bureaucratique et ultralibéralisme et pour cause puisque les deux marchent la main dans la main. Le sionisme politique constitue un bon exemple des dégâts résultant de cette incapacité à vivre hors de l’étau étatique pour inventer d’autres formes de rapports sociaux qui ne soient pas la guerre de tous contre tous.
    Car les dégâts ne sont effectivement que trop visibles , dans le cadre d’Israël, il ne reste plus rien de la spiritualité juive et de ses prophètes, rien qu’une propagande militaire et nationaliste qui pour justifier ses crimes de guerre parvient même à embrigader le religieux. En se laissant piéger par l’Etat et sa logique de violence, le judaïsme répète les mêmes fatales erreurs du christianisme en Europe.

  7. Sophie says:

    Ce qui m’interesserait serait de savoir dans quelle mesure le judaisme peut se laisser piéger par le sionisme. il me semble tout de même que la population d’Israël , à commencer par Herzl est essentiuellement constituée d’agnostiques et d’athées qui ne doivent pas souvent mettre le pied dans une synagogue. C’est en cela que tu as raison de souligner que le sionisme incarné par l’Etat n’a rien à voir avec la Bible hébraïque mais demeure avant tout un concept laïque hérité des conceptions matérialistes de l’Etat moderne. EN effet, je pense que le Léviathan de Hobbes n’est pas loin.

  8. Zardoz says:

    Encore une fois, vous parlez à tort et à travers et de choses que vous ne connaissez pas. Que savez vous du judaisme? manifestement rien , sans cela vous n’iriez pas proférer cette absurdité que le sionisme est contraire à notre spiritualité. Que savez vous de nos traditions? De nous coutûmes ? Depuis des lustres au sein de la diaspora nous répétons cet espoir : « L’année prochaine à Jérusalem…. », mais aussi lors des mariages où le marié prononce la formule : « Si je t’oublie Jérusalem, que ma (main) droite m’oublie… ».

    Notre livre saint , vous ne le connaissez pas davantage, pas plus que vous ne connaissez notre histoire, déjà durant le premier exil Babylonien existe l’ aspiration sioniste, on trouve dans Isaïe (II, 3) : « Car de Tzion sort la Torah et la parole de YHW de Jérusalem ». L’aspiration au retour vers la terre perdue est un élément centrale du judaïsme car c’est un lien mystique qui s’est forgé entre le peuple Israël, Jérusalem et son Temple et la terre Israël et c’est par cette aspiration mystique que jamais l’espoir de retrouver sa terre ne quittera plus les juifs. Prétendre qie le sionisme est contraire à notre spiritualité est donc bien fruit d’une totale ignorance à notre égard.

  9. Sophie says:

    Mais alors comment expliquez vous que beaucoup de religieux juifs soient hostiles au sionisme?

    Voir par exemple cette inteview d’un rabbin

    http://www.souss.com/forum/actualites/11023-intervew-dal-jazeera-un-rabbin-juive.html

  10. Zardoz says:

    Ce ne sont là que petits groupe de juifs ultra orthodoxe comme les Naturey Karta ou les Hassidim ILs en arrivent même, comble de l’absurdité, à demander la destruction de l’état Israël mais ils sont très minoritaires, Inutile de dire qu’ils sont rejetés par la majorité des juifs d’Israël et par la majorité de nos frères de la Diaspora. Ils sont tout simplement considérés comme des traitres. On insistera jamais assez sur le lien mystique unissant les juifs à leur terre patrie et cela dès l’ origine , lorsque Avraham quitte sa terre il est écrit dans Genèse (XII, 1) : « Va pour toi de ton pays….vers la terre que je te montrerais » et Genèse (XII, 5) : « …et ils sortirent pour aller au pays de Canaan. Et ils arrivèrent au pays de Canaan ». Dans Genèse (XII, 7) il est également dit : « Et l’Eternel apparut à Avram et lui dit : Je donnerai ce pays à ta postérité…

    Etudiez donc un peu nos écritures saintes avant de raconter n’importe quoi sur nous…..

  11. Falcophil says:

    Zardoz, relis un peu ce que j’ai écrit, je n’ai jamais nié que le sionisme ne fasse partie de la spiritualié juive, ce qui est en cause n’est pas le sionisme en tant que tel mais le sionisme étatique. Votre union mystique à la terre sainte vous l’avez remplacée par une mystique de l’Etat-nation, voilà tout le problème. Vous avez incorporé à votre spiritualité cette exaltation de l’Etat qui n’a rien de religieux mais qui n’est qu’une idolâtrie du néo-paganisme occidental. Là est toute la question essentielle.

  12. Clash says:

    Les religieux qu’ils soient chrétiens ou juifs , vous êtes tous des tocards, des pauvres tarés avec vos histoires de Dieu qui vous parlent et vous condamne pour vos péchés . c’est vous qui empoisonnez le monde avec vos goûts morbides pour la mortification, avec vos certitudes de vérités absolues sources des fanatismes de tous bords, les intégristes juifs

    sont persuadés qu’une terre leur est promise, les musulmans sont persuadés qu ‘Allah est de leur côté. C’est quand les croyances débiles en l’au delà auront définitivement disparu que les hommes devenus enfin modeste et humbles sans prétention à un quelconque absolu pourront enfin vivre une véritable tolérance mutuelle.


    (Massacre de la Saint Barthélémy)

  13. Falcophil says:

    J’avais pourtant pris soin de rappeler dans mon billet que les plus grands massacres de l’histoire ont été causés par des idéologies, des Empires ou des Républiques qui n’avaient rien de religieux. Ce n’est pas la religion mais bien des rivalités d’ambitions politiques qui ont été causes de carnages comme les guerres napoléoniennes, Verdun, Stalingrad, Dachau, le Goulag, ou l’actuel conflit en Irak. Que la religion ait cautionné ces conflits est une autres histoire , c’est à mon sens le résultat du rôle prépondérant que l’Etat laïc en est venu à jouer dans nos vies au point de reléguer le religieux comme une option secondaire résultant d’une fantaisie privée. Que des chrétiens puissent tuer en Iraq n’est que la conséquence de l’oubli de leur Foi au profit de la toute puissance de l’Etat meurtrier dont les commandements doivent prédominer sur tous les autres préceptes y compris les préceptes de non-violence exprimés par l’Evangile.

    Ce n’est pas la religion qui est cause des guerres mais l’Etat et le pouvoir politique ou du moins la façon dont le pouvoir politique récupère la Religion pour justifier ses crimes.

    L’étude comparative entre la spiritualité juive et les principes qui sous-tendent l’Etat d’Israël constitue précisément un exemple frappant de cette récupération.

    Tu dis Zardoz, que je ne connais pas votre écriture sainte, tu oublies qu’ elle fait également partie de la spiritualité chrétienne laquelle n’est que la continuation du judaïsme. Moi aussi je suis juif quelque part

    et votre écriture sainte , je pourrais me vanter de la connaître bien mieux que beaucoup de juifs d’Israël qui doivent davantage connaître tel manuel sur l’art de piloter un char d’assaut que par exemple le livre des juges. As tu lu au fait le livre des juges? De quelle manière , l’Etat, la monarchie et leur corollaire, la guerre, sont présentés comme des châtiments envoyés par YWH pour punir les juifs qui rendent un culte à Baal? Chaque fois que le Peuple se voue à l’idolâtrie, il se trouve alors livré au pouvoir politique . Contre le pouvoir politique se dresse alors le prophète qui délivre le peuple mais qui toujours refusera d’être Roi (Juges 8-23) et quand le fils d’un prophète veut devenir Roi et fonder une dynastie, il devient alors un meurtrier et contre lui se dressera un nouveau prophète (Voir la très belle parabole de Iotam dans « juges 7-9 » à propos du buisson désigné Roi parce que contrairement au figuier ou à l’olivier , il ne donne rien et ne sert à rien, si ce n’est à vous étouffer dans son réseau d’épines). Chaque fois qu’Israël se donne un roi se produisent des calamités. Abimelek devenu roi est conseillé par l’esprit mauvais (symbole du pouvoir source de corruption) et chaque fois le livre des juges de préciser que les hommes sont au repos quand ils ne sont plus sous la coupe du pouvoir politique. Et le livre de Samuel, l’as tu lu? Le peuple juif veut un roi pour « ressembler aux autres nations » alors se dresse le prophète Samuel qui avertit le peuple par ces mots: « Vous voulez un Roi? Alors sachez que ce Roi vous prendra vos fils pour les envoyer à la guerre, Il prenra la dîme de vos semailles et de vos vignes pour la donner à ses eunuques et ses serviteurs. Il prendra la dîme de vos troupeau et vous serez ses esclaves ». mais le Peuple refuse d’écouter , et il a son Roi, il s’appelle Saül


    (Salvator Rosa: Saül et la socière d’Endor)

    et l’on découvre que c’est un mégalomane qui mène d’interminables guerres contre les philistins. Si tu connaissais ton écriture sainte aussi bien que tu le prétends, tu saurais que ce qu’avait prophétisé Samuel, se reproduit avec l’actuel état d’Israël.

    La Bible est un trésor de sagesse mais les juifs l’ont oubliée en se livrant à la brutalité du pouvoir politique, tout comme les chrétiens l’ont oublié avant eux en se livrant à l’absolutisme du pouvoir royal puis à celui de la République.

  14. Thierry says:

    Et David et Salomon? Ceux là étaient pourtant de grands rois !

    Plutôt que de perdre ton temps en exégèse bliblique , tu ferais mieux de venir Place de la Bastille pour protester justement contre les carences d’ un Etat défaillant dont on aurait pourtant tellement besoin de la présence pour contrer le tsunami qui s’abbat sur nous. Clash a raison , tu peux te permettre de cracher sur l’Etat parce que (Pour l’instant!) ton petit cul est tranquillement assis dans un bureau ministériel. Si t’étais à la rue , tu serais le premier à la réclamer l’intervention de l’Etat. Je n’approuve pas les bombardements d’Israël mais ne blâme pas non plus les juifs d’avoir voulu un Etat pour les protéger des persécutions.

  15. Falcophil says:

    David et Salomon ? tu n’as visiblement pas lu le « livre des Rois » si pleins de détails sur leurs abus et leurs crimes. Dans la Bible, lorsqu’un Roi est pieux et juste , il est toujours de très faible envergure sur le plan politique, la grandeur de David et Salomon était en proportion de leur corruption.

    Rappelons d’ailleurs que Salomon passe pour être l’auteur du livre de Qohelet célèbre pour ses considération sur la vanité de l’ambition politique.

    . Je maintiens que fondamentalement, le judaïsme est anti-étatique et ce mépris pour l’Etat culmine avec Jésus.

    Quand aux juifs qui aspiraient à la protection de l’Etat, ils en paient maintenant le prix. ce qui fait l’authentique grandeur du juif c’est le grand poème biblique et sûrement pas les exactions de Tsahal.

    NB: je te rappelle Thierry que je suis moi même en grêve aujourd’hui et que je soutiens donc le mouvement même si je pense que l’on se fait beaucoup d’illusions en pensant que c’est là encore, l’Etat qui va nous sauver. Rappelons qu’il porte lui aussi une très large part de responsabilité dans la crise financière.

  16. Zardoz says:

    Ton problème est que tu n’as pas vraiment les pieds sur terre, outre qu’il est effectivement assez déplacé d’écrire contre l’Etat en un moment pareil où l on est bien content de le trouver pour réparer les conneries de l’initiative privée, je ne vois pas , pour revenir au problème spécifique d’Israël, ce qu’auraient dû faire les juifs persécutés en Europe. On ne rappellera jamais assez que ce qui avait motivé Herzl dans son projet, ce qui en avait été l’élément catalyseur c’est l’affaire Dreyfus

    qui lui avait enlevé toute illusion sur la possibilité pour les juifs de s’intégrer réellement dans les sociétés d’Europe.

    Maintenant que devaient-ils faire ? Tendre l’autre joue ? Je sais que votre religion préconise cette solution si peu réaliste que je n’ai jamais vu un seul chrétien tendre l’autre joue mais bien plus souvent au contraire, prendre plutôt l’initiative de donner des coups. Je ne vois donc pas quelle autre solution nous avions que l’Etat, un Etat spécifiqquement juif et bien à nous pour une nation pleinement juive où npus pouvions pleinement nous sentir chez nous avec une autorité juive protègeant ses ressortissants.. Dès le début, un partage de la Palestine avait été proposé aux arabes, partage qui rappelons le, a été avalisé par L’ONU, ils refusèrent et pas la suite nous ont attaqué, nous nous sommes défendus. Il y a eu des abus de notre part, c’est vrai mais les hommes ne sont pas de purs esprits, se salir les mains est parfois nécessaire et il y a des dérapages inévitables, L’Etat est en tout cas la meilleure bride que l’on puisse mettre à l’homme, toujours prêt à s’emballer comme un cheval sauvage si l’autorité n’est pas là pour le maîtriser. Tu es trop content, toi français, d’avoir un Etat qui te protège alors ne nous jette pas la pierre. Sans l’autorité de l’Etat, les violences entre les hommes seraient certainement 100 000 fois plus sauvages, nous serions tout bonnement des bêtes dans la jungle.

  17. Thierry says:

    Affirmer que les guerres sont inhérentes à l’Etat relève d’une incroyable restriction du champ historique. l’Etat n’existait certes pas sous une forme élaborée au Moyen Age pourtant en matière de guerre cette époque n était pas en reste, conflits entre les seigneurs féodaux, Croisades contre les musulmans ou contre les cathares, guerre de cent ans, guerres entre les rois et quant à dire que la religion n’est intolérante que lorsqu’elle est récupérée par le pouvoir politique, c’est à voir, la première croisade contre les albigeois

    fût bien menée par la papauté, les monarques de l’epoque ayant refusé de s’y associer. Et que dire alors de l’inquisition!
    Le problème n’est donc pas l’Etat mais son dévoiement. Si l’Etat n’a été que trop accaparé par les bourgeois et la finance, comme tu l’expliques tès bien, mais l’idée n’est pas nouvelle, tu l’as piquée à Marx, c’est contre le dévoiement de l’Etat qu’est née l’idée démocratique et contre le dévoiement de la démocratie que doit naître la contre -démocratie (Au sens où l’entend Rosanvallon, bien sûr). Augmentation des salaires et des retraites et donc relance de la consomation ainsi que rétablissement provisoire de l’autorisation de licenciement, aide aux entreprises conditionnées par l’interdiction de licenciement ou l’interdiction des délocalisations, telles sont les quelques mesures que pourrait mettre en place l’Etat s’il n’était pas dans les mains de la haute finance mais rendu au Peuple son légitime propriétaire. En dehors de l’Etat, je ne vois pas désormais par qui ou par quoi d’autre on peut s’en sortir.

  18. Falcophil says:

    1.- Les violences entre seigneurs féodaux n’étaient jamais meurtrières. La guerre obéissait alors à un code réglementé où le but n’était pas de tuer mais de montrer son courage physique justifiant son statut de guerrier. Le but n’était pas la mort de l’adversaire mais tout au plus sa capture pour l’échanger contre une rançon. Notons par ailleurs que la stratégie était alors essentiellement défensive, c’était notamment l’esprit des château forts.

    2.- La guerre s’est faîte de plus en plus meurtrière à mesure qu’elle est progressivement devenu le fait d’ un centralisme étatique lui même en progression. C’est à partir du moment où le Roi reconquiert peu à peu son autorité sur les fiefs des seigneurs, en gros à partir de Philippe Auguste que l’on assiste à des progrès toujours croissant dans l’art de tuer car d’une guerre défensive on passe alors à une guerre de conquête, la cavalerie est alors de plus en plus dépassée par l’artillerie, l’archer ou la bombarde supplantent le chevalier, efficacité contre code de l’honneur, la guerre de cent ans est déjà dans cet esprit.

    3.- Pour les croisades Rappelons que son but initial n‘était pas la conquête ou la colonisation mais la défense des chrétiens pèlerins agressés par les turcs. Rappelons aussi que si la Papauté fait la guerre, c’est que l’Eglise avait alors commis l’erreur de vouloir s‘affirmer comme puissance temporelle et que sa violence n’était dès lors que la conséquence de son ambition politique.

    4.- Quant à l’Etat qui est supposé nous sauver de la crise, je te trouve bien naïf. C’est la collaboration entre l’Etat et la finance qui nous a mené dans cette merde et l’on prétendrait que cette même collaboration nous en sorte ? La logique de l’Etat est toujours d’allumer des incendies ou du moins de laisser faire les pyromanes pour ensuite se poser en sauveur et cela afin de mieux vous prendre sous sa coupe. De droite à gauche vous entonnez le même refrain, la croissance, les uns veulent la relancer par le pouvoir d’achat, les autres par l’investissement et vous ne vous rendez pas compte que vous êtes tous pris dans les filets de la même aliénation que vous impose la dogmatique économico-étatique, celle qui consiste à vous réduire au statut de robot-consommateur au moyen du productivisme. Vous viviez jusqu’à maintenant dans une bagnole lancée à toute allure et dans laquelle on vous abrutissait de musique tapageuse. Maintenant que la bagnole à morflé et qu’elle est en panne sur le trottoir, vous pourriez du moins vous interroger sur le sens de cette vie asservie aux impératifs économiques, vous pourriez vous demander si tout compte fait marcher à pied ne vaudrait pas mieux que de remonter dans cette bagnole dont la logique vous impose d’aller toujours plus vite sans savoir au juste vers quoi. Mais de cette bagnole, vous en êtes tellement drogués que vous n’avez pas d’autre idéal de vie que de voir l’Etat la remettre en marche. Vous êtes simplement comme des enfants, Maman Etat et Papa Economie se sont chargés de vous dire ce que vous deviez désirer, à savoir la consommation et quand cette consommation n’est plus au bout de votre porte monnaie, vous vous sentez désorientés parce que vous avez perdu ce qui faisait votre raison d’être. C’est alors que vous appelez papa et maman à la rescousse comme un petit enfant perdu dans les bois appellerait ses géniteurs.

  19. Erato says:

    Ce sont tout simplement des propos de nanti. Trop facile en effet de parler de l’Etat qui aliène et de jouer aux anars quand on a la sécurité de l’emploi.
    Vous seriez SDF ou chômeur vous prieriez sans doute pour avoir le poste que vous occupez. Vous êtes trop en contradiction avec vous-même pour être crédible. Je préfère quand vous parlez d’art, vous êtes plus sincère. Cracher dans la soupe quand les autres ont faim, cela confine franchement à l’indécence.

  20. Falcophil says:

    Je ne crache pas dans la soupe, j’essaie seulement d’imaginer par quel moyen on pourrait la rendre moins indigeste.

  21. Harry says:

    Des moyens tu n’en proposes pas beaucoup, sans doute que tu attends l’opération du Saint Esprit.

    T’en penses quoi au fait de la réintégration au « bercail » de l’évêque révisioniste ?

  22. Falcophil says:

    Je ne vois pas où est le problème, par définition l’histoire est révisionniste, l’art est révisionniste, la pensée même est révisionniste, il y a toujours révisionnisme dès lors qu’il y a tentative pour sortir des lieux communs partagés par le troupeau.

  23. Erato. says:

    Je trouve votre réponse passablement scandaleuse.

    Vous vous rendez compte de ce que vous dîtes?

    Vous parlez de votre sympathie pour les juifs et vous ne verriez aucun inconvénient à ce qu’un négateur des chambres à gaz exercent des fonctions sacerdotales ?

    On sait très bien par ailleurs que les milieux intégristes sont gorgés d’antisémites.

    là, je vous trouve en si totale contradiction qu’effectivement, cela commence à virer à la schizo.

  24. Thierry says:

    Ah ouais il s’agit de ce type qui non content de nier la shoah estime que les femmes ne sont pas dignes de faire des études parce que tout juste bonnes à faire des lardons. Un vrai taré, comme vous pouvez le constater

    http://www.lematin.ch/actu/monde/richard-williamson-vrai-timbre-77000

    Tellement taré que d’ailleurs le Vatican se mord les doigts de l’avoir réintégré

    http://www.lemonde.fr/europe/article/2009/02/04/le-vatican-demande-a-l-eveque-williamson-de-renier-ses-declarations-sur-la-shoah_1150730_3214.html

  25. Clash says:

    On s’en fout du Vatican! C’est quoi ça le Vatican?
    Comme disait Staline: « ‘Combien de divisions? »

  26. Falcophil says:

    Une telle citation ne fait qu’étayer ce qui est soutenu dans ce billet, stalinisme, fascisme, ou démocraties libérales ne sont que les multiples facettes du même phénomème, la croyance en la suprématie du monstre étatique où la force se mesure à la quantité de pesanteurs, de masses et de matières que l’on est capable de déplacer. Qui croît en cette force abdique fatalement le spirituel. Israël n’est qu’un raccourcis de cette déchéance où le sionisme passe de l’echelle sainte à l’escalade militaire.

  27. xlb says:

    Ces critiques de la Révolution française ayant détruit les corps intermédiaires n’ont à vrai dire pas beaucoup de traits originaux. ce n’est que la reprise des critiques formulées par la contre révolution catholique et notamment exprimée dans les encycliques Rerum Novarum de Léon XIII et Quadragesimo Anno de Pie XI.

    La contradiction serait plutôt qu’à partir de là, l’auteur s’autorise une critique de l’EUrope de Maastricht alors que c’est bien cette conception catholique là avec son idée de principes de subsidiarité qui sous-tend l’actuelle construction de l’Europe actuelle laquelle, au trtavers de figures historiques comme Schuman ou De Gasperi fut bien inspirée par ce christianisme prétendûment « social » concocté par les papes.

    revoyez votre copie Monsieur Falcone. Vos propos sont peut-être fort intéressants quand il s’agit de parler d’histoire de l’art mais question politique ou « philosophie politique », il faut retourner à vos études

  28. Falcophil says:

    Avez vous lu quadragesimo anno?

    http://membres.lycos.fr/urnantes/Cadres%20Dossiers%20en%20Ligne/Dossiers_en_ligne/Encycliques/ss%20quadragesimo_anno_fr.html

    Notamment cette phrase

    « Il (Leon XIII) ne demande rien au libéralisme, rien non plus au socialisme, le premier s’étant révélé totalement impuissant à bien résoudre la question sociale, et le second proposant un remède pire que le mal, qui eût fait courir la société humaine de plus grands dangers. »

    C’est en effet en substance ce qui est dit dans le billet, je n’ai pas prétendu à l’originalité mais à l’évidence et à la nécessité d’une 3ème voie entre droite et gauche qui ne font que sortir l’homme de ses milieux naturels.

    Affirmer que l Europe de Maastricht est une application du principe de subsidiarité tel que défini par la doctrine sociale de l’Eglise est une vaste connerie. Nous sommes dans un cas balloté entre l’espace anonyme national et l’espace anonyme transnational alors que dans l’autre cas il s’agit d’articuler un espace anonyme avec un authentique enracinement au sein des communautés de proximité.

  29. xlb says:

    Les « communautés de proximité » on les connaît, des structures dominées par les gros propriétaires terriens et les financiers agents des dictatures fascistes.

    Car c’est bien là que réside votre « troisième voie », pour la connaître réellement, il suffit d’évoquer les régimes qui se se sont réclamés de la doctrine sociale de l’Eglise et qui ont été soutenus par le Vatican, les dictatures de Franco et de Salazar, la Hongrie de l’amiral Horthy, la croatie de Ante Pavelitch ainsi que le régime vichissois et sans oublier bien sûr Mussolini dont le système se réclamait lui aussi du corporatisme. Le comité de Salut public a peut-être fermé les yeux sur les tortures pratiquées par un Carrier mais les curés ont tout autant fermé les yeux sur celles pratiquées par la police politique de salazar!

    Votre « troisième voie » Monsieur Falcone, elle débouche tout simplement sur le trou des chiottes.

  30. Falcophil says:

    Il s’agissait d’un corporatisme d’Etat où les corps intermédiaires ne sont que le relais de la suprématie étatique. ce n’est pas le vrai corporatisme soutenu par l’Eglise et qui n’a rien à voir avec un dirigisme étatique.

    Le corporatisme autrichien des années 20 serait déjà plus proche de la doctrine sociale.

    Que l’Eglise ait soutenu certains de ces régimes , je ne l’approuve pas davantage que vous mais il faut aussi tenir compte des circonstances historiques, les crimes innommables des communistes ont beaucoup contribué à pousser l’Eglise dans les bras de Franco où de Salazar.

  31. xlb says:

    L’ Autriche d ‘avant guerre ce n’est guère mieux. Si vous pensez à Dollfuss!!!!! Quoique vous disiez, vous revenez toujours vers le trou des chiottes Monsieur Falcone !

  32. Falcophil says:

    Je ne pensais pas à Dollffuss mais à Mgr Seipel.

    Quoiqu’il en soit, c’est faire preuve d’ignorance ou de malhonnêteté intellectuelle que de réduire le corporatisme à ses applications fascistes en mettant de côté ses traductions médiévales voire contemporaines au travers de la négociation collective.

    si je reviens toujours vers le trou des chiottes, c’est pour m’en éloigner aussitôt contrairement à vous qui semblez l’avoir choisi comme domicile permanent.

  33. Erato says:

    OK !

    alors dans ce cas faîtes un billet pour expliquer ce que l’on entend exactement par « corporatisme » . Quelle fût sa forme médiévale ?

    Plus que lasse des alternatives droite-gauche et des bonimenteurs de l’un et de l’autre bord, s’il existe vraiment une « 3ème voie », je serais sincèrement « curieuse de la connaître.

  34. xlb says:

    Les corporations médiévales!!!

    elles constituaient de vrais monopoles au profit de quelques familles qui entravaient l’innovation technique ainsi que la libre concurrence , c’est en dehors d’elle que s’est fait le vrai progrès technique. Pour la pédagogie, rappelons qu’elles comprenaient les maîtres, les apprentis et les valets. Que l’accès à la « maîtrise » était réservé aux riches et interdit aux pauvres auxquels on réservait le statut de valet ou d’apprentis, ces derniers se trouvant complètement soumis à l’arbitraire du maître.

    N’oubliez pas ce qu’écrivait Voltaire au sujet de ces corporations : « Toutes ces maîtrises et toutes ces jurandes n’ont été inventées que pour tirer de l’argent des pauvres ouvriers, pour enrichir les traitants et pour écraser la nation »,

    Les corporations n’étaient qu’un aspect de la lutte des classes, une domination à l’égard des plus faibles qui au bout du compte relevait bien d’une domination assurée par l’Etat qui s’en servait comme moyen de contrôle administratif et policier. C’est pourquoi elles plaisent tant à l’Eglise et au fascisme puisqu’ elles ne sont que des instruments de conservatisme , de paralysie. ainsi que de soumissions aux riches. Les décrets d’ Allarde et la loi le Chapelier que vous critiquez fort mal à propos répondaient à une exigence fort simple , celle de « libre entreprise »!

    Trou des chiottes! Trou des chiottes ! Monsieur Falcone!

  35. Falcophil says:

    Et je te répète que le trou des chiottes , c’est toi qui vit dedans de par ta malhonnêteté intellectuelle car il est malhonnête de définir une chose par ses dérives au lieu de la saisir dans son essence. Comme je l’ai dit dans le présent billet, le déclin des corporations fut le résultat de l’association entre le centralisme étatique et la loi du profit. Le système marchait fort bien au Moyen Age où, une authentique démocratie était pratiquée au sein des corps intermédiaires.
    Les artistes médiévaux se trouvaient tous insérés au sein de corporations. Maintenant, si tu trouves que des gens capables de réaliser ceci

    manquaient de savoir faire technique ainsi que de sens de l’audace, c’est une autre histoire.
    La qualité importait alors beaucoup plus que le rendement d’où des exigences sévères en matière de savoir faire contrôlé par la profession elle-même.
    , Cela bien sûr ne ferait pas l’affaire de notre libre entreprise actuelle, plus soucieuse de profit que d’amour du travail bien fait.

    Rappelons ce qui est à la base du principe corporatif, l’auto-réglementation de la profession mais pas que de la profession, de tous les milieux au sein desquels l’homme trouve son insertion naturelle et spontanée pour des raisons tenant aussi bien à l’affectif, au tempérament. qu’au savoir faire professionnel, auto-réglementation réalisée par voie d’accords et de négociations sans intervention de l‘Etat, celui-ci n’ayant qu’un rôle supplétif.

    Dans l’organisation corporative, l’homme est envisagé dans sa dimension profonde puisque les réseaux au sein desquels il s’insère, famille, associations, coopératives, professions, le sollicitent dans la personnalité de ses goûts, aptitudes et sentiments, au lieu que dans nos systèmes actuels, de droite ou de gauche, l’homme n’est sollicité qu’en tant que rouage d’une totalité anonyme appréhendée sous l’angle d’une vaste mécanique, le mécanisme du marché suivant les politiques ultra libérale, le mécanisme de la bureaucratie étatique suivant des politiques d’inspiration gauchiste.
    Ce n’est pas un hasard si notre actuel système est le résultat de philosophies matérialistes, celles ayant germé aux XVIIème et XVIIIème siècle et pour lesquelles le monde, la société ne sont que d’amples mouvements d’horloge sans âme et sans principe spirituel et au sein desquels les hommes ne peuvent être eux-mêmes que roues dentelées, vis et boulons..

  36. ORCIAN says:

    Franchement Philippe, dans un tel système aurais-je eu la possibilité de créer ainsi?

    http://falcophil.info/ifotos/?dir=ORCIAN

    Sûrement pas. On était génial peut-être mais à condition de se plier aux critères définis par la corporation. La liberté individuelle était sévèrement brimée. Celui qui pensait ou créait en dehors des normes tolérées était impitoyablement exclu, ce fût le sort de Rembrandt comme celui de Spinoza.

  37. Falcophil says:

    Je me demande combien il peut y avoir dans notre actuel système individualiste de gens exclus parce qu’ils ne pensent pas ou ne créent pas dans les normes communément admises ? Giotto ou Caravage ont créé en dehors des normes de l’époque et pourtant leur talent était reconnu par leurs contemporains. j’ai plutôt l’impression que c’est sous la République que l’on a commencé à parler de poètes ou de peintres « maudits ».

  38. Erato says:

    Si les travaux d’Orcian n’auraient pas été tolérés au sein d’une corporation, que dire alors des miens!

    http://falcophil.info/ifotos/?dir=ERATO

    Quand vous parlez d’ailleurs d’un système où chaque corps s’autoréglemente, je me demande si au bout du compte on ne va pas aboutir à quelque chose d’encore plus lourd que la bureaucratie étatique!

    D’après mes souvenirs d’école, l’Ancien Régime était une sorte d’usine à gaz ingérable qui croûlait sous les différentes lois et les différents statuts des différents corps et particularismes locaux.

    Je pense qu’effectivement ce doit être un système où les esprits rebelles doivent étouffer.

    A moins d’avoir une mentalité classique.

    Ce n’est donc pas un hasard si les fascistes sont de tempérament classique

  39. Thierry says:

     » Rappelons ce qui est à la base du principe corporatif, l’auto-réglementation de la profession…. réalisée par voie d’accords et de négociations sans intervention de l‘Etat, celui-ci n’ayant qu’un rôle supplétif.  »

    mais n’est-ce pas déjà le principe qui préside à la négociation des conventions collectives et de leurs avenants?

    La question que je me pose alors est de savoir à quel niveau serait décidé dans ton système l’extension d’un texte conventionnel ? Au niveau de l’Etat ou au niveau de la branche ?

  40. Falcophil says:

    Les conventions collectives ne font qu’aménager les dispositions du Code du travail prévoyant parfois quelques clauses plus favorables. Cela me paraît insuffisant. Il faudrait que chaque métier définisse chacun pour lui-même ses exigences et ses contraintes. S’il ne le fait pas, l’Etat devra de toute façon intervenir pour des raisons évidentes de défense du consommateur avec l’inconvénient de légiférer uniformément sans tenir compte de la culture propre à chaque métier. Or chaque métier à ses spécificités lesquelles exigent des dispositions particulières. Qui donc mieux que le métier en question serait plus à même de connaître ses propres particularités et donc de définir le type de règles qui doivent les encadrer?

  41. xlb says:

    Je te faiss d’abord remarquer que la France de 2009 n’est plus la France de Napoléon et qu’en 2 siècles le jacobinisme a dû lâcher du leste au travers d’un processus certain de décentralisation. D’ailleurs sur maints aspects ta vision de la Révolution française est caricaturale. Concernant par exemple le découpage administratif, jamais n’a été retenu un découpage en « damier » qui était effectivement le projet de Thouret mais auquel on a préféré celui de l’abbé Sieyes plus mesuré et qui s’inscrivait davantage dans le respect de la province. Les régions correspondent d’ailleurs aux ancienens provinces.

    Une vision telle que la tienne est purement régressive et d’ailleurs beaucoup trop vague pour être crédible. Concrètement , je ne vois pas ce que cela pourrait donner si ce n’est de déboucher sur un éclatement de l’unité nationale au profit d’une multiplicité de fiefs professionnels qui chacun raisonnerait pour son propre compte sans sa soucier de la dimension collective. La nation est une réalité, ne t’en déplaise, c’est en son sein que s’exerce la démocratie et quiconque prétend vouloir légiférer en dehors du contexte national se place hors de la volonté générale et quiconque travaille en dehors de la volonté générale travaille contre le processus démocratique. Rien d’étonnant donc à ce qu’une institution aussi monarchiste et aussi antidémocratique que l’Eglise romaine puisse défendre le système que tu nous décris.

  42. Falcophil says:

    La corporation n’exclut pas la démocratie. je te rappelle que l’on votait au Moyen Age et qu’au sein de chaque corps, étaient désignés démocratiquement les représentant de la profession. Dans un certain nombre de métiers , les femmes avaient même le droit de voter.
    Toi et les autres, vous êtes incapables de sortir du schéma traditionnel de la nation comme lieu de vie sociale alors qu’il s’agit essentiellement d’une construction idéologique laquelle n’est qu’une chimère qui s’écroule quand elle est confrontée aux visions de certains artistes

    qui sentent plus profondément que leurs semblables endoctrinés de propagande.

  43. Zardoz says:

    Quel rapport entre la peinture de de Chirico et la question de l’identité nationale?!?!?!?

  44. Clio says:

    Moi non plus je ne vois pas le rapport. De Chirico s’inscrivait d’ailleurs dans une certaine identité nationale, on pourrait très bien le relier à un certain classicisme florentin de la pré-renaissance. Être incapable de s’insérer dans une identité nationale est du reste bien triste. Je trouve même que c’est complètement incompréhensible. Quand je suis dans une ville étrangère, au bout d’un certain temps ça me réchauffe toujours le coeur si j’entends parler français au hasard d’une rue.

    Et que répondrais tu à cette définition de la nation donnée par Renan; « Avoir fait de grandes choses ensemble, avoir la volonté d’en faire d’autres « ?

  45. Falcophil says:

    Pour ma part, je la trouve stupide. Quelles sont les grandes choses que nous avons faites ensemble, à part les guerres et les révolutions sanglantes ? Les hommes du Moyen Age ont du moins bâti des cathédrales ou défriché des terres mais nous? Nous avons construit des horreurs de verres et d’acier qui puent la déprime et le boulot chiant, nous avons sali les paysages par des autoroutes et des déchets toxiques. Les quelques rares bonnes choses qui ont été faîtes n’ont pas été réalisée collectivement mais par quelques individus de génie, Balzac, Hugo ou Pasteur qui se sont hissés au dessus de la masse grégaire.

    La nation, laisse moi rire, pour moi elle a surtout l’aspect de centaines d’abrutis en train de hurler en regardant une dizaine de crétins en sueur qui tapent dans un machin tout rond…..

  46. Thierry says:

    Ouais bon, c’est sûr que quand on arrive au boulot à l’heure où les autres vont bouffer et quand on va bouffer à l’heure où les autres reviennent, ça donne aussi ce genre d’impression. Le train où tu voyages est vide, la cantine où tu bouffes est vide. Les rues nocturnes que tu photographies sont vides,

    http://www.photobis.com/PHILIPPE_FALCONE/

    pas étonnant qu’à la longue le monde finisse par t’apparaître comme un désert à la De Chirico.

    Rien d’étonnant aussi à ce que tu ne saches plus la signification du mot « Nation » puisque c’est toi même qui t’es retiré de la vie sociale pour te replier dans ta sphère individuelle où tu as fini par perdre le sens du « collectif ».
    .

  47. Falcophil says:

    Relis donc mon texte que tu n’as pas compris ou que, plus vraisemblablement tu n’as pas lu. Il ne s’agit pas tant de rejeter la collectivité que de se détourner d’une parodie d’unité. ces photos nocturnes que tu cites l’expriment d’ailleurs assez bien, non pas l’isolement qui rejette la société mais la solitude qui s’efforce de la dépasser.

  48. Fructidor says:

    Article nauséabond et réactionnaire, tout à fait conforme à l’idéologie putride à laquelle appartient l’auteur.

    Reste à tes photos Falcophil car en dehors de ça, comme dirais xlb, tu vaux pas grand chose.

    Et pis tiens, voici un petit lien pour te rafraîchir la mémoire sur ce qu’il faut entendre par le terme de « Nation ».

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Nation

  49. Falcophil says:

    Ben merci pour ton lien

    j’aime surtout la fin de l’article:

     » Aux lendemains de la seconde guerre mondiale, le thème de la nation suscite indifférence et parfois même rejet[20]. Ce discrédit est sans doute dû au rôle des idéologies nationalistes qui ont débouché sur des régimes totalitaires »

    ce qui rejoint un peu ce que j’écris. D’ailleurs puisqu’il s’agit de Wikipédia on pourrait leur proposer de compléter l’article en soulignant que l' »idéologie nationaliste » ne débouche pas seulement sur le totalitarisme mais aussi sur un surcroît de guerres. Les incroyables tueries européenens du XXème siècle proviennent de l’exaltation du sentiment national, tout comme la guerre continue toujours à sévir là où il est encore exalté, Israël en constitue le meilleur des exemples.

  50. Clash says:

    Entièrement d’ accord avec toi. (pour une fois)

  51. Erato says:

    Moi aussi.

    Entre l’amibe et le néant, l’homme est une trainée de matière poisseuse modelée par un artiste désoeuvré qui compose et recompose ses formes, sans savoir où il va, complètement inconscient de la stupidité du fait d’être.

    Rien de plus dérisoire que de parler de Nation ou de patrie dans un cosmos où nous n’avons pour terre natale que le hasard des combinaisons génétiques. Sur ce point en effet nous sommes d’accord.

  52. Falcophil says:

    Nous ne sommes sûrement pas sur la même longueur d’onde. S’il est vrai que la Nation m’indiffère, que je pisse sur la République et que je crache sur le drapeau, cela ne veut pas dire pour autant que je n’ai pas de patrie.

  53. Fructidor says:

    Faut quand même être gonflé pour présenter l’Eglise comme salut face à la froideur et l’inhumanité du système politique moderne. Tu as l’air d’oublier que c’est la fondamentale intolérance du monothéisme catholique qui présécutant sans relâche les hérésies a toujours de ce fait naturellement soutenu le centralisme étatique. Tous deux ont toujours marché la main dans la main. Tout comme l’Eglise a toujours été solidaire de exploiteurs, refusant de reconnaître la lutte des clasees au profit d’une parodie de négociation au sein de l’hypocrise corporatiste !!!!!

    Comme artiste et poète t’as peut-être du talent mais comme penseur politique, comme dirait Renaud « Casses tu pues »!!!!!!

  54. Falcophil says:

    Si quelqu’un doit se casser ici ce serait plutôt toi. C’est bien toi qui viens chez moi, non?.

    Mais je souhaite quand même que tu restes, justement parce que je suis poète. Le poète ne rejette pas ce qui lui est contraire, il l’harmonise avec le reste. D’ailleurs tu as mal compris le sens de ma photo. Elle veut dépasser le texte qui la précède parce qu’elle veut apporter la beauté et donc proposer la sagesse. Et la sagesse n’est pas de rejeter un monde pour un autre mais de faire en sorte que deux antagonismes puissent se compléter.

  55. Fructidor says:

    Le seul problème est que la réalité est brutale et non pas harmonieuse comme tu le souhaiterais. Pendant que toi t’es bien planqué et que tu rêvasses en regardant les nuages qui passent, d’autres s’en prennnet plein la gueule avec un patronat qui oppose un niet catégorique à toute augmentation de salaires et cela au nom de la sempiternelle loi du profit et dans l’intérêt des dividendes, avec toujours le même MEDEF qui ne propose que 50 Euros quand les guadeloupéens en réclament 200. Et tu oses alors parler de conciliation des antagonismes qui devraient se compléter! Ce n’est qu’un propos de bourgeois bien replet qui ne pense qu’à son bide pendant que les autres crèvent. Il n’y a qu’un seul antagonisme , celuii de la lutte des classes, c’est eux ou c’est nous, il faut choisr son camp , toi t’as choisi de ne pas choisir parce que tu ne penses qu’à tes spéculations d’esthète.
    Puisque tu parles de réconcilier les antagonismes, le tour de force serait justement de réconcilier la poésie et le sens des réalités pratiques. C’est pourquoi entre Borges et Zola, moi je choisis sans hésiter le deuxième.

  56. Falcophil says:

    « entre Borges et Zola, moi je choisis sans hésiter le deuxième. »

    Je ne vois pas pourquoi il faut absolument choisir, les deux sont interessants à des niveaux différents. Toujours cette manie du choix exclusif se portant sur un terme au détriment de l’autre ! D’ailleurs le problème n’est même pas de savoir comment concilier poésie et politique puisque par elle même la poésie est déjà un choix politique qui veut justement contester un certain ordre de chose fondé sur le conflit et l’accaparement.

  57. ICHTHUS says:

    Vision des choses un peu trop angélique car ce n’est pas l’harmonie qui fait l’histoire mais bien le choc et l’affrontement, la poésie ne fait que s’insérer dans de nouvelles configurations qui ne sont que le résultat de chocs de cultures. Sans partager entièrement les thèses de Huntington force est tout de même de reconnaître que l’existence des états-nations est à elle seule insuffisante pour expliquer les guerres car les identités culturelles et religieuses sont à elles seules inévitablement sources d’affrontements. Encore une fois, l’art et la poésie tirent toute leur vigueur de reconfiguration historiques issues de cataclysmes conflictuels entre nations, certes mais aussi entre civilisations.

    Sans cette toile de fond de l’histoire, l’art et la poésie seraient les premières disciplines à sombrer dans l’étiolement.

  58. Clio says:

    Comme aurait dit Hegel « Les périodes de paix sont les pages vides de l’histoire »

  59. ICHTHUS says:

    Sur un ton plus lyrique mais signifiant au fond la même chose:

     » Le sang est l’engrais de cette plante que l’on appelle le génie ».

    Joseph de Maistre

  60. Falcophil says:

    En février 1848, un visiteur demandait à Corot ce qu’il pensait des évènements au sujet de Louis-Philippe.

    – J’ai eu vent- répondit-il- de ce qu’on n’était pas content de lui.

    Autrement dit, il n’en avait rien à foutre, trop occupé peut-être en cet instant même à peindre ceci:

    En tout cas le sang, il n’en avait pas besoin.

  61. ICHTHUS says:

    Ouais, bof! Corot , un peu fade je trouve. Sa petite existence de père tranquille ne lui a pas donné l’occasion de concevoir des oeuvres vraiment vigoureuses. Désolé mais selon moi , ceux chez qui les chocs politiques avaient des retentissements ont trouvé des occasions pour réaliser des oeuvres un peu plus fortes. Il suffit par exemple d’observer l’évolution d’un Goya qui de peintre aimable et superficiel à ses débuts, devient par la suite, dans le contexte des guerres napoléoniennes le créateur génial de ces peintures fantastiques et expressinnistes que l’on connaît.

    Comme disait aussi Diderot « La poésie veut quelque chose d’énorne, de barbare et de sauvage… »

  62. Falcophil says:

    C’est pourtant bien toi qui , il ya quelques temps, critiquait une création empreinte d’influences africaines et de frénésie de rythmes sauvages

    http://falcophil.info/blog/au-fond-dune-poubelle/#comment-1992

    A mon tour de te prendre en flagrant délit de contradiction!

  63. Erato says:

    Mais pourquoi la contradiction serait-elle un délit?

    Quel mal peut-il y avoir à se contredire?

    Et puis d’ailleurs c’est vous- même qui déplorez

    « …cette manie du choix exclusif se portant sur un terme au détriment de l’autre ».

    Si les alternatives rigides témoignent d’un esprit superficiel, les contradictions me semblent en ce cas inévitables.

RSS feed for comments on this post.

Sorry, the comment form is closed at this time.

   VOYELLES »
|
| RSS | xHTML | WP | GFXedit |